La déclaration de Jimmy lui fait chaud au coeur. C'est peut-être pas la plus belle du monde, n'empêche que Balt il sait que c'est sincère, et c'est bien tout ce qui compte. S'il avait pas ses amis, il sait pas trop où il en serait depuis l'été qu'il vient de vivre. Alors il tire sur le pétard avec un vrai sourire débile aux lèvres, l'air plus niais que jamais, tandis que son regard se perd sur un point fixe qui n'a strictement aucun intérêt mais qu'il ne parvient pas à quitter des yeux. Il aime bien phaser comme ça. Comme si son cerveau se mettait sur pause pour de vrai. C'est sûrement les moments où il est le moins con, ceux où il pense pas.
N'empêche que le silence lui vrille les oreilles, et le fait sortir de cette petite transe. Même que Jimmy le ressent aussi, et qu'il y fout des mots. Peut-être pas dans le bon ordre, les mots, mais ça reste vachement la même chose qu'il ressent. Et puis, quand ils éclatent tous les deux de rire, le silence redevient plus acceptable. Avec le pétard, il a l'impression que son coeur bat pas toujours à la même allure. Même qu'il essaie des fois de compter les battements, mais qu'il arrive jamais à se concentrer assez. Alors finalement il retire dessus, parce que c'est encore ça le plus simple.
Et quand Jimmy part dans son délire, Balt explose de rire.
- Si tu veux t'asseoir sur mes g'noux dis-le direct hein, ça m'évite de penser que j'suis une chaise !
Et il se bouffe une chocogrenouille, en faisant un peu la gueule devant la carte d'Alguff le Fétide dont la gueule rappelle bien le nom.
- T'crois que... Tuer c'est faire un choix ?
Elle est pas mal glauque cette conversation. Et quand Balt cherche pourquoi ils l'ont, en plus de ce fichu corps qui a été trouvé dans la Cabane, il trouve une réponse un peu cheloue sous sa crête verte.
- C'bizarre. En c'moment j'm'intéresse aux choses commençant par la lettre M. Morue, mutinerie, meurtre, malice...
Et ce, sans avoir la moindre idée de ce que peut-être une mutinerie.