Harry Potter RPG
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Un soupçon de doute

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Dawn Douglas

Adjoint à la Direction du Département des Mystères 60 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Bureau de Dawn Douglas, Mercredi 21 Février 2125

Les talons résonnent sur le sol du Département des Mystères, frappant la pierre avec une régularité mécanique. Son pas est rapide, tendu, chargé d’une énergie contenue prête à exploser. Elle serre une pile de dossiers contre elle. Les doigts crispés sur le cuir épais. Les jointures blanchies sous la pression. Son visage est figé dans un contrôle parfait, mais l’orage gronde sous la surface. Elle aurait dû s’y attendre. Luth ne cède jamais. Ce projet ne sera pas approuvé. La phrase tourne en boucle dans son esprit, sèche, définitive, tranchante comme un couperet. Un refus net. Sans appel. Comme si son travail, ses recherches, ses arguments, tout ce qu’elle avait préparé avec soin et précision, n’avaient aucune valeur. Comme si elle n’avait jamais eu la moindre chance. McBrown a écouté, bien sûr. Elle l'a laissé parler, exposer ses conclusions, poser chaque pièce du puzzle devant elle. Et puis, avec ce calme insupportable, elle a refermé la discussion d’un simple geste. Un revers de main, un regard pesé, un silence appuyé. Et tout s’est effondré.

Mais ce n’est pas seulement le refus qui la met dans cet état. C’est le regard. La directrice ne s’est pas contentée de lui dire non. Elle l’a observée, évaluée, pesée. Elle la soupçonne. Dawn n’a pas rêvé cette fraction de seconde où les yeux de la vieille femme se sont attardés sur elle un peu plus longtemps. Où la méfiance a transpercé son masque de neutralité. Elle sait. Ou elle pense savoir. Et c’est bien là le problème.

Depuis l’attentat à la Coupe du Monde de Quidditch, le Département entier est en tension. Chacun se surveille, chacun s’interroge. Personne ne sait qui a permis que cela arrive. Qui a laissé passer ce détail dans la faille de sécurité, donné librement cette information cruciale. Qui a fermé les yeux volontairement. Personne ne veut être le coupable. Alors tout le monde devient un suspect potentiel. Mais là où les soupçons flottent et se dispersent, Luth, elle, semble avoir fait un choix.

Douglas arrive à son bureau, referme la porte un peu trop sèchement. Et jette les dossiers sur son bureau. Une feuille s’échappe, glisse lentement au sol. Mais elle ne se baisse pas pour la ramasser. Son regard se perd un instant sur un tiroir verrouillé. Un simple meuble de bois verni qui ne paie pas de mine. Mais elle sait ce qui s’y trouve. Des copies. Des documents que personne ne devrait conserver. Des notes sur des recherches qui auraient dû être effacées. Il faudrait qu'elle les brûle. Dans ce climat de paranoïa ambiante, il suffit d’un détail, d’une ambiguïté, pour que l’ombre du doute devienne une condamnation. Et ils ne doivent pas fouiller son bureau si ça arrive jusque là.

Dawn ferme les yeux un instant, inspire profondément, chasse une mèche rebelle derrière son oreille. Son cœur bat trop vite. La frustration pulse dans ses tempes. Elle a toujours su se maintenir en équilibre sur la ligne fine qui sépare l’ambition de la compromission. Mais cette fois, elle a l’impression que le sol se dérobe sous ses pieds. Luth l’a tenue à l’écart, et ce n’est pas anodin. Elle pourrait se contenter d’attendre que l’attention se détourne, que le ministère trouve un autre coupable plus évident. Mais elle n’a jamais été du genre à subir. Si McBrown pense avoir trouvé sa responsable, alors elle devra en payer le prix. La rousse ouvre lentement les yeux, redresse les épaules, reprend son masque d’assurance glaciale. Elle ne laissera pas la vieille la piéger. Si on veut la voir tomber, il faudra davantage qu’un simple regard suspect.

Rien ne prouve que c’est elle.

 

Rien ne pourra jamais le prouver.

 

Et tant que cela reste vrai, elle compte bien garder le contrôle.