Amanda regarde attentivement autour d'elle alors qu'elle se dirige vers sa salle commune. Un léger sourire aux lèvres, elle observe les élèves qui vont et qui viennent. Son regard s'attarde tout particulièrement sur ses camarades masculins. Elle se demande à quoi peut ressembler le mystérieux F. avec qui elle échange des courriers depuis quelques semaines.
Est-ce lui, ce rouge-et-or clairement plus âgé qu'elle, avec des dreadlocks et le large sourire qu'il affiche, tandis que son copain semble lui raconter une bonne blague ? Ou alors, justement, le copain en question ?
Est-ce ce petit rouquin tout discret qui s'éclipse par un couloir latéral ?
Ou encore cette grande perche qui arbore les couleurs des bleu-et-bronze ?
Mille et une possibilités.
Amanda ne sait pas grand-chose de F. Quelques éléments familiaux, un sentiment d'être très semblable l'un à l'autre mais rien qui pourrait la renseigner sur son physique, son âge ou encore sa maison.
Dans sa main, elle tient la dernière missive qui date du jour même. Elle l'a récupérée une demi-heure plus tôt, alors qu'elle finissait de déjeuner dans la Grande Salle. Miranda, très intriguée, lui a demandé de qui provenait cette fameuse lettre. A demi-mots, Amanda lui a expliqué l'affaire mais n'a pas voulu lui montrer ce qui était écrit. Son amie a un peu insisté mais face à l'obstination de la jeune fille, elle a fini par céder. Le déjeuner terminé, Miranda lui a dit qu'elle la retrouverait dans la salle commune dans l'après-midi et s'est éclipsée avant qu'Amanda n'ait pu dire quoi que ce soit. Alors, profitant d'être seule, cette dernière a enfin pu prendre connaissance du courrier.
Elle sourit en empruntant le chemin connu par coeur, conduisant de la Grande Salle à la salle commune.
Les questions tournent dans sa tête.
Elle a proposé Finlay ou Frederick comme prénom. F. a continué de faire le mystérieux, affirmant que certaines lettres étaient correctes sans préciser lesquelles. Elle essaie d'imaginer d'autres propositions qu'elle pourrait lui faire.
Elle a hâte de rejoindre le dortoir et de pouvoir s'installer sur son lit afin de relire, plus au calme, la lettre et envisager déjà quelques lignes de réponse.
La porte du dortoir des filles n'est pas fermée et la jeune Poufsouffle se glisse à l'intérieur.
Rapidement, elle constate qu'il n'est pas tout à fait vide : une jeune élève est installée à un bureau et semble penchée sur un parchemin. Amanda se demande si elle est en train d'écrire un courrier ou de rédiger un devoir pour la semaine qui arrive.
Elle entend soudainement la plume crisser sur le papier, en un bruit caractéristique de rature et d'énervement.
Sans trop s'approcher, Amanda demande, d'une petite voix :
-Tu n'y arrives pas ?