Harry Potter RPG
Ancre
Ancre

Solitude

Ancre
Ancre
Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
La cabane hurlante, Mercredi 14 Mars 2125

La nuit tombait sur Pré-au-Lard dans un silence feutré, engloutissant les ruelles pavées sous un ciel chargé d’étoiles mortes. L’hiver n’avait pas encore mordu, mais l’air portait déjà cette sécheresse mordante qui annonçait les premières gelées. La silhouette sombre d’Anya Nikitovna se détachait dans l’ombre des bâtisses, glissant entre les venelles désertes d’un pas mesuré, presque absent. Elle n’avait pas de destination précise, pas d’endroit où aller. Elle marchait pour s’éloigner, pour chasser la sensation suffocante des murs de Poudlard qui se refermaient sur elle. Elle détestait cette école. Tout ici lui semblait faussement chaleureux, artificiellement bienveillant. Les élèves riaient trop fort, s’inquiétaient de choses insignifiantes, se liaient avec une facilité déconcertante, comme si l’attachement n’était pas une faiblesse. Comme si l’amitié ne pouvait pas se retourner contre eux et leur arracher ce qu’ils avaient de plus précieux.

 

Elle n’avait jamais eu d’amis. Elle ne savait pas comment faire.
 

Sa seule famille était un père tombé au front, une mère enterrée sous les décombres d’un ministère en ruine, un frère disparu, peut-être mort, peut-être pire. Chaque soir, elle dormait dans un dortoir rempli de filles qui la regardaient comme une étrangère, une ombre figée dans un monde trop bruyant. Anya pressa le pas, longeant la lisière du village jusqu’à ce que la silhouette de la Cabane Hurlante se découpe dans l’obscurité. Un endroit abandonné. Un endroit aussi isolé qu’elle. La porte grinça lorsqu’elle la poussa, laissant derrière elle la lumière distante des lampadaires de Pré-au-Lard. L’odeur de poussière et de bois pourri s’engouffra dans ses narines, et elle inspira profondément, s’imprégnant de cette odeur de mort et d’abandon. Ici, personne ne viendrait la chercher. Elle referma la porte derrière elle. Les planches craquèrent sous ses pas lorsqu’elle traversa la pièce principale, passant un doigt sur les murs griffés, témoins silencieux de décennies de légendes et de rumeurs. On disait que cette maison était hantée, qu’elle résonnait des cris d’un loup-garou qui y avait vécu autrefois. Des histoires pour effrayer les premières années.
 

Elle n’avait jamais eu peur des histoires.
 

Anya s’accroupit près d’une vieille cheminée éteinte et déposa son sac à côté d’elle. Elle le fouilla distraitement, en tira un paquet de cigarettes moldues qu’elle avait échangé à un élève contre quelques mornilles. Ses doigts tremblaient légèrement lorsqu’elle porta l’une d’elles à ses lèvres et l’alluma d’un coup de baguette. Une première bouffée. Lentement, la fumée envahit ses poumons, brûla sa gorge, s’échappa en volutes pâles qui se dispersèrent dans l’air glacial. Elle fixa les flammes invisibles d’un feu qui ne brûlait pas. Pourquoi est-ce que tout lui semblait si lointain ? Le monde continuait de tourner sans elle. Chaque jour, elle assistait aux mêmes conversations vides, aux mêmes jeux d’adolescents insouciants. Elle ne savait pas comment être comme eux. Elle ne savait pas comment exister dans ce monde où l’on pouvait rire sans arrière-pensée.


Elle était seule. Et elle le resterait.

Ses mèches s’assombrirent d’elles-mêmes, et son regard se perdit dans le vide. Elle n’appartenait pas à cet endroit. Elle n’appartenait plus à la Russie non plus. Elle n’appartenait nulle part. Alors à quoi bon essayer ? Anya laissa échapper un rire sans joie, étranglé dans le silence, et écrasa sa cigarette contre le plancher. Personne ne viendrait la chercher. Personne ne l’attendait. Ce soir, la Cabane Hurlante était le seul endroit où elle se sentait réellement chez elle.