Harry Potter RPG
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Mais où est Charli ? 76 Grand-Rue, samedi 16 juin 2125

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Charli Blackburn

Homme

12 ans

Né-moldu

Britannique

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Inconscient de Service

Message publié le 20/08/2025 à 14:33

T'as révisé. Sûr qu't'as révisé. T'as relu des bouts de ton manuel, et même quelques uns de tes parchemins nappés d'pattes de mouche. Tu t'sens prêt. Enfin. Pas tellement prêt genre tu vas taper tes meilleurs notes, mais tu t'en fous pas mal d'avoir les meilleurs notes. T'es pas l'genre intello comme Patsy Grimes ou Teddy Fisher. Tu chiales pas quand on t'rend un Effort Exceptionnel. Tu l'sais que ça sert à rien à part faire perdre plein d'temps libre pour apprendre des trucs qui te serviront jamais. Typiquement, savoir qu'le type qu'a inventé l'encre à changement de couleur est mort y a plus d'dix-huit siècles, tu t'en bats les reins. Comme de connaitre les dates de toutes les guerres gobelines entre les Ve et XI siècles, ou d'savoir qu'on prononce Leviossa, pas Leviozaaaa.

Bref. T'as autre chose à foutre que t'noyer dans tes manuels un samedi après-midi ensoleillé. D'autant qu'les samedi après-midi écossais l'sont rarement ! Vachement plus que les samedi après-midi d'Cardiff, par exemple. T'es pas l'seul a faire l'impasse sur la proposition des professeurs de vous aider à réviser pour la journée, faut dire. Z'êtes une bonne poignée à vous balader librement dans le château. Theodore a lancé l'idée d'une énorme bataille de bombamousse dans l'parc, et t'as pas pu refuser. C'est fun, les bombamousses. Carrément plus que rédiger des paragraphes entier avec une plume d'oie qui fait trois fois la paume de ta main, ou de dessiner les contours d'un bubobulb pour en décrire chacune des parties. L'match a duré. Vraiment duré quoi. Tout l'monde a fini trempé, mais c'était l'éclate. T'as pas suivi les autres à l'intérieur pour te changer ou quoi.

 

T'as préféré aller t'balader.

T'adores Poudlard, mais c'que tu préfères à Poudlard, c'est l'parc. L'terrain d'Quidditch, surtout. Il est balèze, et tu passes des heures entières à mater les entrainements - quand y en a. C'est super impressionnant. T'as pas réussi à prouver qu'tu valais quoi que ce soit sur un balai de toute l'année, mais t'as réussi à grimper dessus plus d'cinq mètres pendant les cours. Tu lâches rien. Spike t'as promis qu'il t'apprendrais quand t'aurais plus l'vertige, et t'y travailles fort. Y a pas d'entrainement aujourd'hui. Rien qu'un terrain vide, avec des anneaux qui montent presque jusqu'au ciel, et qui brillent sous l'soleil. Tu la repères de loin. La malle. C'est pas la première fois qu'tu la vois, vraiment. Une fois l'mois ou presque, quelqu'un vient et la pose là. Tu vois jamais trop qui c'est, ou juste de dos.

La malle t'intrigues. Elle t'a intrigué toute l'année. C'est une vieille malle, un peu comme celle dans laquelle les joueurs de Quidditch rangent le souaffle, les cognards, le vif, mais plus grande, et t'as pas la moindre idée de ce que y a dedans. Alors forcément : tu veux savoir. Pis y a personne autour, et t'es tout seul, et c'est l'occasion ou jamais, pas vrai ? Alors t'approches, et t'approches encore, jusque t'poster devant le corridor qui mène aux vestiaires des joueurs. Toujours personne. T'y jettes un œil. Rapide. Curieux. C'est pas une malle. Enfin si. C'est une malle, mais c'est une malle magique. T'en vois pas l'fond. À la place, une échelle qui descend, et en bas comme du bordel éclairé par ce qui ressemblerait sans doute à des lanternes, si tu pouvais les voir de là où t'es. 

Les yeux écarquillés, tu zieutes les alentours une dernière fois avant de définitivement approcher, la gueule un peu béate. T'as beau être cerné de magie depuis le début de l'année, t'as encore jamais vu un truc pareil. Alors tu peux pas t'en empêcher. T'hésites pas une seconde avant de rentrer à l'intérieur, maladroitement descendre tout en bas avant de regarder tout autour de toi. C'est l'bordel. Mais c'est un bordel génial. Y en a partout. Ça sent la sciure de bois. Ça et là, y a des manches de balais, et aussi des brosses, et aussi des ustensiles pour entretenir les balais, et aussi des outils, et aussi des trucs que tu reconnais même pas mais qui t'fascine tout pareil. L'endroit est éclairé par des lanternes, comme tu l'avais deviné, et tu commences à t'y balader. T'as envie d'toucher à tout. Tu t'prives pas d'ailleurs.

En fait, on dirait un atelier d'fabrication d'balais, mais un atelier dans une malle. Surtout, ça a l'air interdit d'être là. Alors c'est forcément cool. T'entends des pas, au-dessus, et tu te précipites soudain, sans même réfléchir, parce que même si rien ni personne te l'fais savoir, tu sais que t'es pas sensé être rentré là-dedans. Tu t'planques. Tu t'planques pas forcément super bien, mais assez sans doute pour pas qu'on puisse te repérer facilement : de toute façon, qui irait s'douter que t'es là ? T'as l'habitude de passer plutôt inaperçu. L'avantage d'être petit, ça, et aussi d'être un enfant. Ça t'arrange bien des fois. Prostré derrière ce qui ressemble à un genre d'établi poussiéreux, tu restes là sans bouger, sans trop savoir non plus pourquoi tu t'es planqué.

Mais c'est fun.

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

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Modération

Inconscient de Service

Message publié le 20/08/2025 à 16:13

19h - Poudlard

La sonnerie du vieux Nokia résonne dans tout l'Centre. À peine sorti du vestiaire, les cheveux humides, Elliot l'extirpe de la poche de son sac avec une gueule circonspecte devant l'nom de sa sœur, affiché en gros sur l'écran.

- Yo, Kayla ?

- Elliot, faut aller à Poudlard.

- Huh ? 

- Charli s'est tiré. Fin ils savent pas où il est. Nan j'suis avec Elliot. C'est bon ! J'suis avec Elliot. P'tain.

- S'passe quoi là ?

- Z'ont envoyé un hibou. Y a des plumes partout c'est l'bordel. Bon. T'peux y aller ou quoi ? Genre maintenant.

- Nan mais pourquoi moi ?

- Elliot !

- Qu'il fasse pas chier !

 

La voix du paternel Blackburn surgit du fond de l'appareil, et Elliot l'éloigne avec une grimace.

 

- C'est bon j'vais y aller. Tiré où ? Quand ?

- J'sais pas ! L'trouvent pas, il manque à l'appel ou j'sais pas quoi, nous enverrons quelqu'un dans les plus brefs délais afin de vous accompagner jusqu'au château, blablabla, Daryl Brooks, directeur de la maison Gryffondor et professeur blablabla.

- Bah t'vois qu'ils envoient quelqu'un ! Tranquille.
- Nan mais t'y vas en fait, les parents ils vont pas calculer l'gars c'est sûr, t'sais comment ils sont là, Kayla gronde à voix basse.

- Oh la la mais putain. J'bouge. Réponds au courrier. Dis leur d'envoyer personne...

- Nan mais le temps qu'il reçoive et tout, pourquoi ils ont pas un foutu téléphone aussi ?

- Écris juste Kayla, pose pas d'questions !
- Tu tiens au jus et auss...

 Bip bip bip

Casse-couille. C'est l'seul terme qu'il a jamais eu pour définir son p'tit frère, et ça lui colle à la peau. Y a pas à dire. Il prend pas l'temps de foutre la moindre illusion sur sa gueule. Pas l'temps. Dans quoi il s'est fourré ce petit con encore ? Elliot fait un signe rapide aux gars qui s'éloignent de l'autre côté, et d'un coup de transplanage, il disparait à son tour en un craquement sonore. Les alentours de Poudlard sont trop bien protégés pour y apparaitre n'importe comment bien sûr, alors il se rend au plus proche : Pré-Au-Lard. Il ignore les devantures de boutiques fermées pour rejoindre un sentier des centaines de fois empruntés dans sa jeunesse.

Bientôt, il atteint les grilles de Poudlard, et s'annonce. C'est l'concierge qui l'accueille. L'air plus grave qu'à l'accoutumé. Les yeux peut-être un peu pâles aussi. Les lèvres serrées. Elliot inspire, et le suit sans qu'ils n'échangent beaucoup plus de paroles que de brefs salutations polies. On va le retrouver Elliot, j'peux te l'assurer. Il peut pas être parti bien loin. Nan mais il s'est juste planqué. J'le connais hein. J'suis même pas inquiet. Il n'est clairement plus sur le domaine de Poudlard, on l'a ratissé dès qu'on a su... Oh. Il arrive à être un minimum inquiet alors qu'il se fait larguer dans le bureau de Daryl Brooks. Il connait pas Daryl Brooks. L'type était pas en poste à son époque. Alors il entre sans trop savoir à quoi s'attendre, et avec tout sauf l'impression d'être à sa place.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 21/08/2025 à 09:39

Plusieurs fois par semestre en fonction des saisons, Freya se rend à Poudlard où l'attend une flotte d'OCQ400 maltraités lors de l'entraînement des étudiants. Malgré plus d'une dizaine d'années d'existence, le dernier modèle reste une référence dans son domaine, et conjugue facilement sécurité, performance, stabilité et maniabilité. Créé en 2113 sous la direction d'Owen Carter, l'engin répond simplement aux attentes d'un père vis-à-vis de sa fille passionnée de vol. C'est d'ailleurs à cette même époque que l'ancien capitaine de quidditch a équipé l'école gracieusement avec des OCQ400 flambants neufs, gage de remerciement à l'ancienne direction pour lui avoir permis de pratiquer son sport entre les mailles d'un planning scolaire disloqué, et aussi en support à la découverte de nouveaux talents.

 

Parmi les opérations d'entretien des balais, l'aînée Carter s'occupe d'égaliser et regarnir les queues de brindilles effilochées, de colmater les craquelures grâce à une pâte résineuse et un sortilège de consolidation, de resserrer les diverses fixations de ferronnerie, de réajuster les trajectoires défectueuses ou problèmes d'altitude, et encore bien d'autres étapes souvent négligées par les collectivités, petits clubs, et même certains clubs moyens, dont elle taira le nom.

 

Rodée à l'exercice, il suffit en général d'une heure et demi ou deux heures pour venir à bout de la corvée, sauf lorsqu'elle s'autorise un détour nostalgique à Poudlard. Ici, sur le terrain, dans le parc, autour des gradins, chaque odeur et chaque élément du paysage lui évoque un souvenir lointain.

 

Elle se rappelle les matchs passés à brandir une écharpe, tantôt jaune et noire, tantôt rouge et dorée, les mains engourdies de ferveur, la gorge enrouée d'avoir trop chanté, en attendant son tour d'avoir l'âge de pouvoir rejoindre l'équipe. Elle se rappelle le crépuscule, les moments interdits à se faire la course pour frôler les sensations d'un match. Elle se rappelle d'être venue encourager Elliot lors des sélections, alors qu'elle-même n'aurait plus eu le temps de participer au moindre entraînement. Elle se rappelle l'avoir longuement admiré, suivant chacun de ses mouvements, le coeur battant.

 

Aujourd'hui Freya évite les appels de sa mémoire. Elle retourne à sa grosse malle magique dès le travail terminé, et la referme d'un claquement sonore, pressée de rentré à Pré-Au-Lard où l'espoir de revoir Owen Carter occupe une grande partie de ses pensées. Son bagage en lévitation devant elle, la rouquine quitte le chateau et prend le sentier en direction du village quand soudain, la voix familière de Charlie retentit. Frey', attends moi !

 

— Salut toi. Comment ça va ?

— Y'a des nouvelles de Papa ?

— Pas de nouvelles de Papa ma Friselune

— Oh... 

 

Les deux sœurs terminent la route ensemble. La malle est abandonnée dans l'arrière-boutique, près de l'établi en bois. Elle n'est plus scellée car Freya y a plongé un bras afin de récupérer une huile dont elle avait besoin avec un client de dernière minute. Fenella et Charlie l'aident à nettoyer puis ranger la boutique, et Fenella s'en va. Comme chaque soir après la fermeture du magasin, la Poufsouffle active les runes et charmes de protection qui se déclencheront pour prévenir d'une intrusion, avant de monter à l'étage. Elle et la Serdaigle ne tarderont plus à s'attabler, enfin.

 

L'horloge indique bientôt 19h. 

 

Au moment où du bruit retentit à l'étage inférieur alors qu'elles sont en plein repas, Freya se tourne vers leur petite chouette aux yeux grands ouverts, à l'air effrayé, puis vers Charlie qui tend l'oreille aussi.

 

— T'as entendu du bruit en bas ?

— Tu crois que c'est Papa ?

— Tu crois qu'on a une goule ?

— Les alarmes ont pas sonné.

 

L'aînée prend son courage à deux mains et descend prudemment l'escalier, suivi par la benjamine, quelques marches derrière elle. Papa ?- shhht, interrompt Freya en arrivant sur le seuil de la vieille porte tordue, qu'elle ouvre lentement, avant d'allumer les lanternes de la pièce à l'aide d'un sortilège de manumagie. Oh non, c'est pas une goule, c'est un gnome de jardin.

 

— Quoi ? Qu'est-ce. C'est Charli Blackburn, le frère d'Elliot, continue la Serdaigle en mâchant le bout de pain qu'elle avait coincé dans sa joue. Qu'est-ce que tu fais là ?

Charli Blackburn

Homme

12 ans

Né-moldu

Britannique

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Inconscient de Service

Message publié le 21/08/2025 à 10:13

T'as pas osé sortir de ta cachette. Ni quand la lumière s'est brusquement éteinte, comme soufflée par magie. Ni quand l'intégralité de la pièce s'est mise à trembler. Ni quand t'as senti que t'étais comme soulevé dans les airs, alors que tes pieds restaient vissés au sol. T'as pas paniqué. Enfin. Presque pas. Ton cœur a eu un sursaut, ta respiration s'est accélérée, et tes yeux se sont agrandis comme deux soucoupes. C'est à peu près tout. Parce que rapidement, t'as compris que la propriétaire de la malle devait juste l'avoir fermé, et qu'elle t'embarquait avec elle.

 

Du coup t'as pas su s'il fallait qu'tu paniques ou non, et la pression est retombée.

 

Tu sais pas trop combien de temps t'es resté là, dans ton coin poussiéreux, à te laisser bercer par le mouvement étrange, plongé dans l'obscurité. L'noir t'as jamais fait peur, contrairement à Russell qu'aurait sans doute chialé comme une gonzesse. Tu te demandes juste où tu vas atterrir. T'as jamais trop sur ce que la personne de la malle venait faire à Poudlard, mais t'es à peu près sûr que ça a à voir avec le Quidditch, parce que la malle est toujours près du terrain d'Quidditch.

 

Alors si elle se tire du terrain d'Quidditch... est-ce qu'elle se tire de Poudlard ?

 

Est-ce que t'es en train d'quitter l'château sans le vouloir ? L'idée t'fais un peu rire. Ça s'rait une histoire super cool à raconter. Même les plus grands ils savent pas faire. S'tirer d'Poudlard sans autorisation. Tu l'sais parce qu'Elliot il a essayé, et l'directeur a carrément écrit à la maison tellement c'était grave et tout. Tu connais personne qu'a réussi. Mais peut-être bien que toi tu vas l'faire. Putain, quand tu vas raconter ça à Mika, il va jamais t'croire.

T'as soudainement l'impression d'te prendre le sol en pleine gueule alors même que t'as pas bougé. La malle a été posée. La malle a été posée avec tout qui s'est figé dedans, y compris toi, et bientôt c'est le silence qui drape tout l'endroit. Un silence de courte durée. La trappe s'ouvre. Tu t'arrêtes de respirer, brièvement, mais y a qu'un bras qui s'balade, une poignée de secondes à peine, avant que tout se referme de nouveau. Tu lâches un soupir alors que les pas s'éloignent.

Plusieurs longues minutes s'écoulent pendant lesquelles tu t'étires un peu dans tous les sens, te balade à tâtons, manque de faire tomber la plupart de ce qui s'entassent sur les étagères. Ça y est, c'est officiel, tu t'emmerdes. Tu t'emmerdes et personne revient. Si t'es vraiment plus à Poudlard en vrai, ça craint peut-être un peu. Tu sauras pas y revenir. Tu pourras pas raconter à Mika. Tu pourras raconter à personne. Tu s'ras juste paumé au milieu d'rien.

Tu grimaces, pis tu commences à grimper l'échelle. T'as aucun mal à pousser la trappe, et en un instant tu t'es extirpé de la malle pour te retrouver dans une nouvelle pièce. Une pièce plus grande, mais tout aussi bordélique, et pleine à peu près du même bordel que dans la malle en fait. Juste vachement plus éparpillé, et peut-être un peu plus organisé. Vite fait. Ça sent l'bois ici aussi. L'bois, et les produits d'entretien. T'y vois pas grand chose, mais ça t'empêche pas d'explorer.

 

Une exploration d'courte durée. Juste assez longue pour te dire que t'as pas la moindre foutue idée d'où t'es arrivé.

- Huh ?

Y a la voix d'une fille qu'appelle son père. Une autre qui lui dit d'se taire. Et toi, planté debout au milieu d'la pièce comme un lapin pris dans les phares d'une voiture. Tu bouges sans trop réfléchir, et tu t'prends les pieds dans le manche d'un balai, qui roule au sol bruyamment. Tu t'arrêtes, les épaules haussées, une grimace étirée sur la gueule, tes yeux éclairés par les lanternes qui viennent de s'enflammer.

 

- J'suis pas un gnome ! Tu réponds par réflexe, les traits énervés, alors que tu reconnais Charlie Carter.

Ton regard passe d'elle à la femme qui se tient près d'elle. Une femme qui lui ressemble énormément, en plus vieille, et en plus jolie.

 

- Heu... T'es moins sûre, d'un coup, parce que bon. C'est vrai quoi. Qu'est-ce que tu fais là hein ? J'ai pas fait exprès, t'expliques vaguement en cherchant la malle des yeux. C'est que j'... tu comprend, alors, que la femme, cette femme, c'est la femme de la malle, et un plan se forme dans ton crâne en panique : c'est vous, vous m'avez kidnappé ! T'accuses en pointant un doigt sur elle avec toute la conviction du gosse de onze ans - presque douze - que t'es.

Charlie Carter

Femme

14 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 21/08/2025 à 19:54

L'odeur de pommes de terre aux oignons a suivi les deux sœurs jusqu'en bas des marches séparant l'habitation du magasin. Accablée par la déception, Charlie s'assoit au milieu de l'escalier, et observe vaguement les explications du première année. Elle aurait tant préféré qu'il s'agisse de son père ! Elle y croyait cette fois ! La fin du bout de pain passe difficilement dans sa gorge nouée. Devant Freya, le petit Charli gesticule. T'étais là-dedans ? questionne l'aînée en désignant à son tour la malle entrouverte, d'où vont et viennent des lucioles brillantes, probablement logées au creux des pièces de bois. 

 

Les rouquines n'ont aucun mal à comprendre comment le Gryffondor est entré chez elles maintenant. Mais surtout, ignorant l'accusation de kidnapping, Freya réalise en posant ses mains sur ses hanches. Tu peux sortir les weekends toi ? Nan, il peut pas, il peut pas sortir du tout, c'est un 1ère, répond la benjamine qui redessine machinalement le tracé d'une rune protectrice gravée dans le bois de la montée d'escalier. Ce faisant, elle aperçoit nettement les yeux du brun s'écarquiller face au stock de la boutique. Au lieu de ronchonner, il admire soudain les étagères remplies de matériel, équipement, gadgets, et autres fantaisies liées au quidditch, puis les affiches d'Owen placardées au plafond, la table basse décorée de cartes à collectionner- Oh, Charli, tu m'entends ? Parce qu'ils vont s’inquiéter là-bas si tu manques à l'appel, interrompt Freya. Elle referme la malle, prenant conscience un peu trop tard du problème d'être partie sans vérifier qu'un élève se soit glissé à l'intérieur. 

 

— T'as fait exprès ? demande curieusement la Serdaigle, toujours assise.

 

Les clients répètent souvent qu'ils rêveraient de se faire enfermer chez Owen Carter Quidditch la nuit, pour essayer les balais et les tenues à volonté, alors elle n'a aucun mal à penser que le jeune Blackburn ait sauté sur l'occasion. Tu dois mourir de faim, s'inquiète Freya, tandis qu'elle réfléchit à la meilleure façon de gérer son enlèvement involontaire. Elle fouille parmi les outils encombrant l'établi et trouve un morceau de parchemin. J'vais prévenir Horace, j'pense qu'il te cherche, marmonne-t-elle en griffonnant un message.

 

" Bonsoir Horace, 

Nous avons trouvé Charli Blackburn au magasin ce soir, 

il va très bien, je t'expliquerai.

Tu peux venir le chercher ? Je vais lui donner un repas en attendant.

Si tu préfères, il peut dormir ici et rentrer demain avec Charlie.

 

Freya "

 

— Voilà, ça nous laisse le temps de te nourrir, et de faire connaissance, maintenant qu't'es là. Ah oui, par contre ton frère est partout ici, pas seulement lui, mais tu vas beaucoup le voir, c'est normal. Elle pose ses yeux noisette sur l'élève, ignorant la sensation de brûlure qui comprime son coeur, et prépare le papier pour un envoi. Je vais donner ça à MicMac, elle se faufilera où elle peut, et trouvera Horace. Vous montez manger ?

 

L'aînée disparaît à l'étage après avoir caressé affectueusement les cheveux de Charlie en passant près d'elle. Ce geste suffit à faire comprendre à la Serdaigle que sa grande sœur aussi avait espéré qu'Owen soit là. Qu'elles en rediscuteront, plus tard sûrement. Viens, j'te montre en haut, dit-elle en se redressant. 

 

- -

 

L'appartement du foyer Carter surplombe la boutique comme un empilement d'étages, sans plan d’architecte ni souci de symétrie. Chaque extension semble avoir été créée sous le coup de l'impulsion, et pour cause. Dès l'installation d'Owen et Kate, il avait fallu s'adapter quand le colosse d'un mètre cinquante s’est cogné partout dans la salle de bain minuscule. Une baignoire démesurée a été installée au centre d'une petite pièce annexe ouverte à la va-vite, suspendue au-dessus de l'arrière-boutique comme un nid d’aigle. En 2100, la naissance de Freya a imposé l’ajout d’une première chambre mansardée. Puis, à chaque grossesse de Kate, les murs ont été repoussés à coup de charmes d’agrandissement, les plafonds rehaussés, les planchers rétrécis par endroits, jusqu'à ce que l’appartement ressemble à une étrange accumulation de souvenirs et de compromis. Ici, un palier penché donne sur un bureau minuscule, là, un couloir en zigzag débouche sur une verrière qui regarde le jardin. Quelques mezzanines accrochées entre les poutres cachent d'autres secrets. Rien n’est droit, rien n’est logique, mais tout raconte l’évolution chaotique de la famille. 

 

Il flotte dans l’air une nostalgie persistante qu’aucun sort de nettoyage ne parvient à faire disparaître. Au mur du premier couloir, les cadres désaxés témoignent de jours meilleurs : un article encadré de La Gazette du Sorcier titrant "La dynastie Carter, balais et boussoles", une photo animée de Kate saluant depuis les dunes de Gobi, un trophée du championnat d’Europe de Quidditch signé d’Owen en lettres flamboyantes.

 

Les promesses d'un avenir légendaire ont pris la poussière, les couleurs ont pâli, la pendule familiale tourne parfois à vide, et certaines pièces restent fermées des mois entiers.

 

La cuisine ressemble à une vieille dame côtoyant un vieux monsieur, le salon. Ils s'embrassent maladroitement et forment une scène de casseroles cabossées suspendues au plafond, tasses ébréchées alignées sur une étagère qui penche légèrement, large table de bois rayée par les années, entourée de chaises dépareillées. L’odeur du feu, du café, du cuir mouillé et d'un potage cuit la veille flotte dans l’air. Au mur, la pendule s'essouffle, amputée de deux aiguilles ; celle de Kate, au métal terni, pointe inlassablement vers "En voyage", une mention unique que Freya a elle-même gravée à la baguette quand l'aiguille refusait de se positionner ailleurs. Celle d’Owen a récemment glissé de "Inconnu" à "En déplacement".

 

Au fond du salon, une grande cheminée en pierre trône, accompagnée d’un vieux tapis râpé où s’entassent coussins fatigués et manuels de Quidditch. Au-dessus du manteau, trois rangées de livres se disputent l’espace avec des trophées rouillés et des cartes du monde annotées à la plume. Le fauteuil d’Owen est usé aux accoudoirs, toujours tourné vers l'âtre, tandis que celui de Kate reste vide, une couverture américaine soigneusement posée dessus.

 

Sur les meubles bousculés, on peut voir des photos animées d'Owen plus jeune, brandissant un Souafle sous les acclamations du public. D’autres révèlent Kate, casquée, en pleine ascension d’un glacier ou accrochée à un balai survolant une infinie étendue de sable, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Des babioles rapportées d’Amérique ou d’ailleurs - attrape-rêves, pierres gravées, statuettes ou carnets mystérieux, attestent d’un quotidien d'aventures brutalement interrompu.

 

Pourtant en regardant bien, la vie existe toujours ici. Dans le désordre d'une cape jetée à la va-vite, dans les miettes traînant au sol, Freya et ses sœurs empêchent l'appartement de se figer totalement. Derrière le grand canapé, un trait de rouge à lèvres mal essuyé rappelle les expérimentations audacieuses d’Alison. Sur le rebord d'une chaise, un manuel de sortilèges trahit la manie qu'a Charlie de lire n'importe où. Le plan de travail de la cuisine, lui, n’échappe pas à la routine de Freya : tasses empilées, parchemins annotés, et une boîte à recettes qu’elle consulte rarement. L'aînée est partout sans jamais s'imposer, à l'image des outils proprement alignés contre le mur de l'entrée, d'une boîte à courrier qu'elle seule contrôle, ou du kit de couture en plein raccommodage d'une paire de gants en cuir, ensorcelé pour travailler en autonomie.

 

- -

 

Sur la table deux assiettes entamées attendent Freya et Charlie, et une assiette fumante, tout juste servie, lévite jusqu'à une chaise libre. Assieds-toi, Horace va bientôt recevoir le courrier, je lui expliquerai que c'est d'ma faute quand il viendra, d'accord ? Il va rien te dire, j't'assure. Personne ne va mentir cette fois hein ? La grimace de Charlie en dit long à propos de son souvenir du début d'année, tandis qu'elle rejoint sa place et reprend le fil de son repas. 

Charli Blackburn

Homme

12 ans

Né-moldu

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Message publié le 21/08/2025 à 20:28

Ton regard noir se braque sur CharliE, que tu peux pas t'empêcher de traiter intérieurement de grosse balance. Sans doute qu'elle peut le lire dans tes yeux d'ailleurs. Qu'est-ce qu'elle a besoin de dire un truc pareil hein ? Bon. Tu tardes pas à te décrocher d'elle en vrai, parce que maintenant que les lanternes sont allumées, y a un tas d'choses à voir beaucoup plus intéressantes. Tas atterris dans un foutu temple du Quidditch. D'ailleurs, y a ton frangin qui t'salue du haut d'un balai, affiché partout sur les murs. 

 

- Woaaaaah.

T'essayes de tout voir. C'est impossible de tout voir. Y en a partout. Même jusqu'au plafond. Des balais flambants neufs qui s'coursent en huit. T'as jamais vu ces modèles. C'est dingue. Tu sais où t'es, maintenant que t'y réfléchis plus de deux secondes. Parce que y a CharliE Carter et que ça peut signifier qu'une chose : Owen Carter Quidditch. La dame de la malle c'est la dame d'Owen Carter Quidditch ! Tu connais la boutique que de nom. Mais c'est genre une légende ok ? Ton frère est l'égérie du dernier balai. L'OCQ500. 

 

Tu pensais pas pouvoir y mettre les pieds avant au moins ta troisième année à Poudlard

 

- Huh ?

Tu te tournes vers les deux Carter avec un air ahuri. T'en oublies le mépris pour CharliE. L'respect pour sa mère - ça peut qu'être sa mère, pas vrai ?

 

- Nan j'ai pas fait exprès, tu te défends avec chaleur. T'crois quoi.

Pour autant tu regrettes rien. Parce que t'as sous les yeux l'plus cool atelier de fabrication de balais du monde entier.

 

- Hein ? Non j'ai pas faim, que t'assures plus par réflexe que par souci de rétablir une quelconque vérité. Dites rien s'il vous plait ! On va m'engueuler et tout !

Ok bon. La mère Carter elle déconne pas. Tu sais que toi t'as déconné. Mais si elle prévient le concierge, ça craint. Tu vas encore faire perdre des points à ta maison. Ça doit être de famille d'être une grosse balance, tu penses en jetant un regard noir à l'une, puis à l'autre. T'es rapidement distrait par la chouette de la famille en vrai, parce qu'elle fait tout un speech de piaillement qui résonne et qui te fait éclater d'un rire léger, soudain, parfaitement enfantin. T'essaye de lui caresser les plumes, mais elle a pas l'air de vouloir, alors tu te décides à la laisser tranquille.

 

- Vous lui dites bien que j'ai pas fait exprès hein ? Tu peux pas t'empêcher de demander en zieutant de biais ce qu'écris la mère Carter sur son parchemin.


Tu peux pas t'empêcher d'suivre du regard la main qui traine dans les cheveux de CharliE, alors qu'elle grimpe les escaliers. Ta maman  à toi fait jamais ça. Tu grimaces alors que tu te décides à suivre la rouquine à ton tour. En vrai ? T'as faim. L'endroit est dingue. C'est bordélique, un peu comme l'appartement que vous vous partager avec tes parents, tes frères, et Kayla, mais bordélique magique. Tout est différent de chez toi, en même temps d'être un peu pareil. T'aimes bien. Mais tu l'montres pas. Tu fais la gueule tout l'long. T'as une réputation à tenir.

Bon. Quand tu vois les aiguilles tricoter toutes seules des gros gants d'cuir, t'as quand même la bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau. Ça doit être fort de grandir dans une maison pareille. T'es jaloux, un peu. Parce que toi ta maison ressemble à ça sans ressembler à ça. C'est juste le bordel, et ça pue, et maman s'fait avaler par l'canapé, et papa gueule dans tous les coins, et c'est vraiment pas super magique. T'oses pas poser ton cul sur la chaise qui reste. Tu te contentes de regarder la bouffe avec l'air de la jauger. 

 

- Mmmf, tu réponds à la mère Carter sans trop y croire.

 

T'es à peu près sûr que c'est du pipeau et que ça va te retomber dessus, tout ça. Parce que sans mentir, t'avais rien à foutre dans sa malle, et elle le sait très bien. CharliE le sait très bien. Et CharliE est une grosse balance que l'concierge aime vachement bien.

- J'ai pas faim j'vous dit, t'insiste en croisant les bras, les yeux trainant sur l'décor.


Tu comprends pas la moitié de c'que tu vois. Les photos, qui montrent une femme encore plus âgée qu'la mère Carter - la mamie Carter peut-être bien -, et aussi Owen Carter lui-même. L'horloge avec des aiguilles qui montrent pas l'heure. Tu vois celle d'Owen Carter qu'affiche en déplacement, et tu te demandes vaguement à quoi ça sert de savoir que quelqu'un est en déplacement, vu que n'importe qui qu'est pas là l'est forcément. Aussi, c'est quoi la différence entre en voyage ou en déplacement, et est-ce que Owen Carter va débarquer ?

 

Tu sais qu'il est un peu porté disparu. Tu lis les magasines. Mais t'es dans sa maison. C'est super bizarre. Alors tu restes là, bras croisés, à attendre que ça se passe. T'as vraiment plus faim, parce que t'as une boule dans l'ventre à l'idée que déboule Horace Milbourne le pote de CharliE Carter, qui va fatalement t'tirer les oreilles, et t'faire faire des corvées pour avoir grimpé sans autorisation dans la malle de M'dame Carter, même que tu l'as pas fait exprès. Tu boudes, en fait. C'est écrit sur toute ta gueule que tu boudes. T'as le même air à peu d'choses près que ton frère sans trop l'savoir, alors que t'affiches ton air pas content.

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

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Inconscient de Service

Message publié le 21/08/2025 à 20:45

L'entretien l'plus bref du monde, peut-être bien. Daryl Brooks est un gars cool, mais un gars fatigué. Elliot ? Elliot est aussi un gars cool, et un gars fatigué. Un gars inquiet, aussi, vaguement, parce que son frangin a réussi à disparaitre vraiment au milieu d'une école aussi sécurisée que celle de Poudlard, et que à quel moment en fait ? Mais l'inquiétude a pas l'temps de s'installer et d'grandir, parce que le concierge refait surface. Ce même concierge qui lui faisait de longs monologues théâtraux alors qu'il était tout gamin, en train d'braver les règlements.

 

- Charli va bien, il est chez les Carter. À Pré-Au-Lard. 

- Quoi ? Mais qu'est-ce que ce môme fout à Pré-Au-Lard ?

- Comment ça chez les Carter ?

 

Y a peu d'explications. Juste l'assurance que Charli est effectivement à Pré-Au-Lard, par le biais d'un courrier rédigé par Freya Carter, quelques minutes auparavant. Elliot le fixe intensément plusieurs secondes sans trop savoir quoi foutre de cette information lunaire. Il sait pas pourquoi il décide d'annoncer de but en blanc qu'il ira l'chercher, qu'il sait où c'est, qu'ils avaient un truc de prévu ce weekend de toutes façons. Brooks a l'air plutôt soulagé de pas se taper l'aller retour à faire, tandis que le concierge se contente d'afficher un air affairé et d'pincer les lèvres en hochant la tête à plusieurs reprises.

 

- Bien, bien. Bon mais il y aura des conséquences bien sûr.

- Des conséquences ? Milbourne, on l'colle en retenue hein, j'veux rien savoir.

- Bien sûr ! Daryl. Évidemment. Bon. Elliot. File.

- Et puis va falloir m'expliquer comment c'est arrivé parce que vraiment un môme de onze ans est pas sensé pouvoir quitter Poudlard sans qu'on s'en rende compte hein !

Elliot laisse les deux autres échanger, prend congé sans trop demander son reste. Il s'en branle un peu de la punition dont va écoper Charli. Dans l'fond, y a d'la fierté pour le frangin, parce qu'il a réussi là ou de nombreux élèves ont échoué, y compris lui. Il a un peu envie d'rire. L'truc c'est qu'il a pas tellement envie de rire alors qu'il file en direction de Pré-Au-Lard, vers la maison Carter. Putain. Pourquoi il a dit qu'il allait le chercher hein ? Il sait pas. Il sait pas, alors même que ses pas continuent de l'approcher de la boutique devant laquelle s'affiche sa gueule en grand.

 

- Fuck it.

 

L'casse-couilles de service a encore frappé. Elliot inspire profondément avant de toquer, plusieurs coups secs, sur le panneau de bois. Ses mains s'enfoncent ensuite dans le fond de ses poches larges. Rencontre avec un Nokia parfaitement silencieux. Kayla. Faut qu'il rappelle Kayla. Plus tard. Il attend. Il attend avec l'image Freya qui lui passe dans l'crâne, qui s'marre de la situation, alors qu'ça fait des mois qu'il a réussi à pas la croiser, à pas l'encadrer. Bordel. Quand la porte s'ouvre, il prend l'temps de rien. Ni d'regarder qui c'est. Ni d'dire bonsoir. Il beugle :

 

- Yo, Charli, t'ramènes ton cul !

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 22/08/2025 à 10:09

Ça fait plus de 4 mois qu'Elliot et Freya prétendent douloureusement qu'ils se connaissent à peine, que leur relation est strictement professionnelle, uniquement tenue par un contrat. L'Écossaise possède une triste faculté à verrouiller son coeur, se plonger entièrement dans le travail et sa vie de famille sans penser au reste, et mettre de côté son propre bien-être. C'est facile lorsque vous avez de quoi vous occuper.

 

Elle et Jun forment maintenant un couple ennuyeux mais stable. Il lui offre des fleurs, elle remplace l'ancien bouquet défraîchi par le nouveau. Il l'embrasse peu ; elle n'a jamais été très tactile paraît-il. Ils discutent beaucoup des balais ensemble, et sont complémentaires au laboratoire, alors ça suffit, non ? Freya ne ressent rien pour le Japonais. De la gratitude, au maximum. Tu voulais la sécurité, tu l'as, se blâme-t-elle intérieurement quand la voix d'Elliot martèle qu'elle ne pas sait ce qu'elle veut.

 

Enfin si. Si. " Tu veux pas avoir mal. "

 

Pourtant elle a mal, là, en regardant le visage de Charli devenir celui d'Elliot. Elle a mal de l'entendre dire qu'elle doit arrêter, que c'est chiant. Elle a mal au bide lorsqu'elle se retrouve seule le soir, sans son père, sans ses sœurs, sans distraction à sa douleur.

 

Elle préférait être la folle, fan d'un ancien petit-ami, que d'être perdue, les t-shirts du batteur en boule au fond de son armoire, à éviter mille fois par jour le regard des posters, à prendre toutes ses dispositions pour ne pas le croiser en allant au centre. Elle aurait préféré d'autres articles dans la presse que ceux évoquant l'histoire entre le synthétiste et la première fille d'Owen Carter.

 

Heureusement MicMac revient en voltigeant et en piaillant, et bientôt MacDuff pousse le cri qui annonce un visiteur. C'est Horace, prévient Freya à l'intention des deux gosses. Elle se lève, balaye la mélancolie de son visage, et dévale l'escalier jusqu'à la porte d'entrée du magasin, derrière laquelle attend.. Elliot Blackburn. Passé l'effet de surprise et le sursaut de son coeur, la Poufsouffle ouvre. Son salut se fait recouvrir par l'appel du Gryffondor. Elle recule pour laisser la place devant le seuil. 

 

— Entre, tu vas t'faire repérer. J'sais pas s'il t'entend, il- mais des bruits de pas frappent l'escalier, et Freya devine que Charli va débouler d'une seconde à l'autre. On croyait que c'était Horace, il voulait pas s'faire engueuler, ajoute-t-elle en jetant un coup d’œil vers la fente du rideau séparant la boutique et l'arrière-boutique. Et comme l'expression d'Elliot reste sévère, et que l'aînée Carter s'est engagée auprès du petit Charli, elle répète, tandis que ce dernier arrive. C'est pas d'sa faute, c'est moi. 

 

Immédiatement après, une quatrième personne arrive dans la pièce. Salut Elliot. La Serdaigle s'arrête au comptoir, observant curieusement la scène avec distance. Elle s'assoit sur le tabouret haut qui sert aux pauses du personnel en caisse, et tourne de gauche à droite, lentement. Elle a perdu la vivacité de leur rencontre en octobre.

 

Terre à terre, maternelle avant l'heure, Freya passe une main affectueuse dans la longue tignasse désordonnée du jeune Gryffondor. Il a rien mangé par contre. Il a pas touché son assiette.

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

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Inconscient de Service

Message publié le 22/08/2025 à 12:37

Elliot a enfilé son meilleur masque. L'visage fermé, l'regard dur, il s'contente de regarder Freya avec distance pour mieux se focaliser sur ce qui s'passe derrière. L'vacarme de pas précipités. Il s'en tape, actuellement d'se faire repérer. Il a pas prévu d'rester. Il le fait bien sentir. C'est pas un connard impoli non plus, alors évidemment qu'il lui balance un 'soir qui s'perd un peu dans le bordel de ce qu'elle a l'air de tenir à raconter. Qu'elle pensait que c'était Horace. Qu'Charli veut pas s'faire engueuler. Tout ça. Ça aurait du être Horace, c'est clair. Ça aurait même du être Daryl Brooks en fait. Mais non. C'est Elliot Blackburn qui s'est porté volontaire. Et bien sûr que si, Charli va s'faire engueuler.

 

- Elliot ?!

 

La gueule du môme est un peu incrédule. Ses cheveux bouclés cernent un visage môme. Se sont pas vus d'puis un bail. L'été dernier. Pour autant, Elliot se contente de l'regarder avec une gueule de type que faut pas v'nir emmerder. Tout l'enthousiasme de Charli est tué dans l'œuf alors qu'il affaisse le r'gard et scrute le bout d'ses pompes. La sœur de Freya a suivi Charli dans les escaliers, apparait de derrière le rideau, et il porte son attention sur elle alors qu'elle le salue, mollement, se perche sur un tabouret. Il balance son menton dans sa direction, lui renvoie son salut sans y mettre vraiment d'cœur. La main d'Freya vient secouer les boucles de Charli, qui se dégage d'un mouvement, s'avance.

 

- Ben c'est con. Pour l'assiette. On y va.

- C'était pas moi ! Il beugle subitement en relevant la tête. C'était elle ! Il pointe du doigt Freya, les joues roses, les yeux révoltés.

- Ben oui, c'était elle, évidemment, t'as pas du tout fait d'connerie, t'as jamais fait d'connerie, et c'est pour ça qu'on m'fait bouger d'mon entrainement pour venir te chercher au village d'à-côté, c'est ça ? 

- Nan mais c'est la malle, et l... je savais pas qu... enfin...

 

Elliot lui claque la main derrière le crâne. Pas violemment. Juste assez pour lui remettre les idées en place. Faut, des fois. L'est casse-couilles, Charli, a jamais assumer la moindre de ses foutues conneries.

 

- T'savais pas ?

- J'savais pas ! Il insiste avec des larmes dans les yeux. Pis j'ai réussi à fuguer qu'toi jamais et tout alors ça va, t'es juste jaloux !

Elliot écarquille les yeux, échappe un rire involontaire. Pas forcément joyeux. Juste un peu stupéfait. Ce gosse est con.

 

- P'tain t'es con je jure.

- ÇA VA T'ES PAS OBLIGÉ D'LE DIRE TOUT L'TEMPS !


Charli l'pousse. Genre vraiment il le pousse. Elliot inspire, essaie d'retrouver un semblant d'calme.

 

- Tu casses les couilles Charli. T'réfléchis pas. C'est tout. On y va, bouge.

 

Il l'embarque avec lui d'une poigne ferme, et Charli le rejette violemment de ses deux bras minuscules.

 

- NAN C'EST BON ON M'A INVITÉ À MANGER J'VAIS RESTER LÀ ET J'RENTRERAIS DEMAIN !

- Huh ?

 

Ben celle-là il s'y attendait pas. Pourquoi Charli doit systématiquement rendre tout compliqué. Elliot voit bien au regard de Freya qu'elle aime pas du tout c'qu'elle voit, et ça participe à son agacement profond.

 

- Ben c'est bien, bah reste là, il balance en jetant un bras en l'air. Rien à foutre en fait.

Son Nokia sonne. Brutalement. Fend l'air de sa sonnerie antique.

 

- Kayla. J'l'ai trouvé c'est bon.

- C'est Kayla ?
- Nan, il fait un gros caprice de mioche. La prochaine fois t'es mignonne tu m'appelles pas.

Elliot s'éloigne pour avoir sa discussion tranquille, alors que Charli reste en retrait, pas trop sûr de ce qu'il devrait faire ou non, les doigts s'croisant et se décroisant, les épaules affaissées.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 22/08/2025 à 14:00

Ce masque d'Elliot, Freya commence à bien le connaître. C'est l'attitude qu'il arbore les quelques fois où ils sont obligés de se croiser ; chez les Catapultes, devant la presse magique, pour signer des documents. La distance est devenue familière, et aussi les regards évités. La rouquine serre les dents en comprenant que ce soir n'y changera rien. Elle préférait quand il était heureux qu'ils se voient. Quand elle sentait leur complicité se rallumer dès les premières secondes. À son tour, elle ignore le froid entre eux, et se concentre sur Charli.

 

L'enfant suspendu aux paroles de son grand frère bouillonne d'excitation, d'indignation, d'un mélange d'émotions qui le font ressembler à... un gnome de jardin. Freya jette un œil à Charlie. La Serdaigle soupire en niant de la tête face aux accusations du jeune Gryffondor. Mais très vite, le geste d'Elliot surprend les deux sœurs alors tournées vers la scène d'engueulade des Blackburn.

 

Freya retient Charli qui recule sans le vouloir vers un portant à robes de quidditch. Doucement. Le changement d'avis du benjamin l'interpelle. Elle fixe la silhouette nerveuse d'Elliot, et s'apprête à parler quand une sonnerie stridente les interrompt. Il lui faut quelques secondes pour réaliser qu'il s'agit d'un téléphone. Charlie tend le cou, intriguée par l'objet. Elle observe le batteur en pleine conversation tandis que la Poufsouffle se penche à hauteur de l'élève aux joues rouges. Charli ? Moi j'suis d'accord avec toi, c'est pas d'ta faute, ok ? J'aurais dû vérifier la malle. Je le ferai à partir de maintenant. Elle retient sa main d'aller dégager les mèches brunes du garçon en arrière, et se contente de caresser affectueusement son épaule. 

 

— Si tu veux rester ici ce soir, t'es le bienvenu, j'peux réchauffer ton assiette. Les posters aux alentours qui avaient été troublés par la sonnerie du téléphone reprennent leur activité. Derrière Freya, Charlie s'est rapprochée, décidée à enterrer la hache de guerre. J'pourrai te montrer mon cahier d'inventions de tactiques de quidditch si tu veux, propose-t-elle, un léger sourire aux lèvres. Au-dessus d'eux, plusieurs balais miniatures dessinent des lacets. L'aînée se redresse et rejoint Elliot qui termine son appel. C'est toi son responsable ? demande-t-elle, un mélange d'appréhension et d'empathie dans le regard. 

 

Appréhension, car ils n'ont pas tellement l'air de s'apprécier tous les deux.

Empathie, car Freya connaît bien la situation.

 

Les secondes suivantes paraissent longues. Elle sait qu'elle devrait se taire. Elle inspire. Elle ravale ses mots, étouffe le hurlement de son coeur. Mais c'est plus fort qu'elle. Tu veux monter le temps qu'il mange ? T'as mangé au moins ? s'entend dire la sorcière. Elle regrette aussitôt, l'écho des paroles du brun encore en tête. "Arrête de faire ça. Juste arrête. C'est chiant." -déso, se reprend-elle alors. 

 

— Tu peux partir, j'les accompagnerai demain à l'école. 

Charli Blackburn

Homme

12 ans

Né-moldu

Britannique

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Inconscient de Service

Message publié le 22/08/2025 à 17:30

Ton regard quitte pas la silhouette d'Elliot alors qu'il cause, plus agité à chaque seconde. Toi aussi t'es agité. Agité à l'intérieur surtout. T'sais pas si t'es plutôt triste, ou en colère, ou content, ou tout ça en même temps. T'sais juste que c'est la première fois qu'tu vois Elliot depuis des mois et qu'il est fâché après toi, comme d'habitude, et aussi qu'il est tard, que t'as faim, que t'as envie d'hurler et d'envoyer tout l'monde s'faire foutre, et même la mère de Charlie qui t'parle comme si t'étais genre un bébé. T'esquive son regard alors qu'elle chercher à te causer les yeux dans les yeux, t'dis que c'est sa faute. Tu l'sais que c'est sa faute. C'est Elliot qui veut pas l'croire. Il veut jamais t'croire de toute façon.

T'sais pas tellement quoi faire de ce qu'elle dit, alors tu t'contentes d'hausser les épaules et d'pousser un grognement, parce que de toute façon t'es sûr qu'Elliot il va pas t'laisser manger là en fait, c'est sûr. Charlie t'parles, elle aussi. Te dis qu'elle peut t'montrer son cahier de tactiques de Quidditch, et même si t'es plus que vaguement intéressé, t'en montre rien. Tu r'gardes juste Elliot, là dehors, qui parle et qui parle, et qu'agite les bras, et qui tourne en rond jusque l'autre bout d'la rue. Il gueule, tu l'sais, même si tu comprends pas c'qu'il dit. T'sais que Kayla gueule aussi. Tout l'monde gueule tout le temps, à la maison. C'est comme ça qu'on s'parle.  Il raccroche. R'vient. Tu l'quittes pas des yeux.

- Nah, Elliot répond sans r'garder la mère de Charlie, juste en t'regardant toi.

- Elle a dit quoi Kayla ?


Il répond pas. Il pousse un soupir. Il t'regarde plus, d'un coup, et ça t'énerve.

 

- ELLE A DIT QUOI ?

- Elle a dit qu'tu pètes les couilles ! D'après toi p'tain.

- MENTEUR !

- C'est bon, Elliot enchaine sans même t'accorder une seconde de plus. Il r'garde la mère de Charlie. C'est mon frangin, j'm'en occupe.
- C'est pas toi qui décide hein. Tu fronces les yeux. Une vraie terreur.
- Pourquoi tu m'fais chier là ?

- T'avais qu'à pas v'nir ! M'dame Carter elle m'a invité déjà.

- Mais M'dame Carter ça la r'garde pas c'que t'as l'droit d'faire ou d'pas faire !
- BAH TOI NON PLUS !

 

C'est l'impasse. Tu l'sais. Elliot le sait. T'as les bras croisés, et t'en démordras pas. Alors bien sûr, la solution vient d'aucun d'vous deux. La solution vient d'volets qui s'ouvrent plus loin, et qui font tourner la tête d'Elliot tellement vite que tu rentres la tête dans les épaules.

 

- Ok c'est bon, il capitule brusquement en t'poussant à l'intérieur. Putain. Il mange on s'tire. Tu manges on s'tire c'est pigé ?

Il balance dans ta direction avec un r'gard noir. Tu lui rends l'même.

 

- Déso, il ajoute à l'intention d'Madame Carter.
- Ça va c'est sa faute en fait, tu marmonnes, intérieurement enchanté d'la tournure de la situation. Déglutit en croisant l'regard d'Elliot. T'es pas obligé d'être fâché tout l'temps comme papa.

Il soupire. Il soupire et tu sais qu't'as gagné. T'sais qu'il est même pas fâché après toi, parce qu'Elliot il est jamais fâché après toi. Il est juste fâché après tout l'monde de la famille. Sauf Kayla. Mais c'est normal, parce que Kayla c'est la meilleure quoi. Tu lui chopes la main, et il s'écarte pas, alors t'en profites.

 

- T'viens manger aussi, comme ça tu racontes ta saison ok ? J'ai tout suivi dans les magasines hein, t'as fait des supers scores.

- Mf. 

Il a pas envie d'être là. Il a jamais envie d'être là. Dans la même pièce que toi. T'as toujours eu cette impression, et tu détestes ça. Parce que toi t'as tout le temps envie d'être dans la pièce que lui en fait. Alors tu t'pinces les lèvres et tu l'entraines à ta suite, mais ses yeux ont l'air juste scotché au décor, sans écouter vraiment un mot de c'que tu racontes. C'est chiant qu'il écoute jamais c'que tu racontes. C'est comme ça. Tu chuchotes à l'intention de Charlie, oubliant momentanément qu'tu la détestes parce que c'est une grosse pétasse et une grosse balance :

 

- Il est juste jaloux parce que moi j'ai réussi à fuguer d'Poudlard et pas lui, faut pas croire.

Charlie Carter

Femme

14 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 23/08/2025 à 08:52

— Ah oui oui, sûrement, répond Charlie au jeune Gryffondor persuadé qu'Elliot Blackburn pourrait le jalouser d'avoir réussi à quitter Poudlard en cachette. Dans tes rêves, penses-t-elle, mais bon, elle ne veut pas le contredire et provoquer la colère du gnome de jardin. Freya referme la porte et le store du magasin grâce à une combinaison de gestes de la main, puis remonte après tout le monde. 

 

 À l'étage, MicMac s'interrompt de picorer les miettes laissées sur la table pour piailler à l'intention de la Serdaigle. T'as vu Horace ? répond cette dernière en ébouriffant un peu le duvet du sommet du crâne de l'oiseau. L'aînée fait venir à table une bouteille de whisky et deux verres, dont elle remplit les fonds. J'ai pas de glaçons, ajoute-t-elle en se s'asseyant, juste avant d'envoyer un autre sortilège en direction de l'assiette de Charli. Les pommes de terre recommencent à fumer aussitôt, une odeur alléchante s'en dégage à nouveau. J'vais chercher mon cahier, annonce la benjamine en quittant la pièce à vivre.

 

Autour de la table, Freya débarrasse les assiettes vides sans bouger de sa chaise, et avale une gorgée d'alcool. Elle semble fatiguée. Elle surveille Charli. Mange, ça va te faire du bien. Elle se demande comment ils ont pu en arriver là, elle et Elliot, à ne même plus se regarder en face

 

— On a reçu un courrier d'mon père y'a un mois et demi, déclare finalement la rouquine en fixant le liquide ambré au fond de son verre. Au-dessus d'eux, les lanternes renvoient une lumière légèrement vacillante. Il est vivant, c'est déjà ça, souffle-t-elle avant de boire encore. Une grimace traverse son visage ; elle n'est pas du genre à s'enfiler des rasades de whisky normalement. Elle rajuste la manche de son t-shirt ample retroussé sur les épaules, et lève la tête en direction de sa petite sœur qui réapparaît. Regarde. Charlie étale un grand cahier plein d'annotations et de dessins à côté du 1ère année. Chaque page contient l'élaboration d'une stratégie pour marquer un but, contrer un adversaire, ou encore coincer le vif d'or. Ici c'est un petit pont, ça vient du foot moldu, c'est Mike de ma classe qui m'a donné l'idée, faut envoyer le souaffle derrière celui d'en face, et le récupérer avant lui. Son doigt désigne l'action. D'autres idées sont plus fantasques, impliquant le passage d'un oiseau au milieu du terrain, ou invoquant une météo en particulier.

 

Ses prunelles perdues quelques secondes sur les explications de la Serdaigle, Freya revient soudain à la disparition d'Owen Carter. Il m'a demandé de faire suivre du courrier pour lui, de pas le chercher. Il va revenir dès que possible, lâche-t-elle, sans vraiment savoir si Elliot sera soulagé ou non d'apprendre que les trois sœurs ont eu de maigres nouvelles de leur père. J'te l'dis parce que j'sais que tu diras rien. Car le prodige des Catapultes irait pas balancer une information à la presse ; il sait trop le mal que ça fait. 

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

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Inconscient de Service

Message publié le 23/08/2025 à 17:52

Tu pense qu'à ta gueule Elliot, il a que onze ans tu l'sais ça ? Il le sait. Il le sait, comme il sait pertinemment qu'à cet âge, il a été au moins tout aussi casse-couilles que Charli, si c'est pas plus. L'truc c'est qu'il a rien demandé. Il en veut pas d'cette responsabilité. Ça a toujours été toi qu'il regarde et tu l'sais très bien. Ça a toujours été Elliot que Charli suivait partout, même tout gamin. Fasciné par ses capacités magiques, comme s'il savait dans l'fond qu'il en aurait lui aussi. Alors quand il en a eu... ça a juste été pire. D'toute sa famille, Charli est l'seul a lui avoir jamais écris des lettres.

 

Des longues, très longues lettres, bourrées d'fautes d'orthographes.

 

Au départ il a répondu. Rapidement. Brièvement. Il a envoyé quelques badges qu'on lui refilait gratos ici et là. Quand il se pointait à la baraque, il montrait à Charli deux ou trois sortilèges, lui racontait un peu l'Quidditch, les matchs avec les Catapultes. Ça restait rare. Elliot a jamais été du genre à visiter régulièrement. La vingtaine, des meufs qui lui tournent autour, une équipe de branleurs qui l'emmènent en beuverie pratiquement tous les soirs, l'en faut pas plus pour s'décrocher, doucement mais sûrement, du peu d'habitudes prises. 

- T'inquiète, Elliot commente à propos des glaçons, déjà carrément surpris d'se faire servir un pur-feu.

Son regard est projeté sur le décor de la baraque carrément atypique des Carter. L'a jamais eu l'droit d'y foutre les pieds. Grand joueur de Quidditch, Owen Carter, mais si Elliot était un d'ses fans, on peut pas dire que ça ait été même un peu réciproque. Les yeux posés sur les photos qui s'amoncellent aux murs, Elliot peut pas effacer l'sourire vague qui lui tord les lèvres devant la gueule de Freya encore toute gamine. L'époque, lointaine, est gravée dans sa mémoire. Superposé au visage fatigué de la sorcière qui lui propose un verre ce soir, spontanément, il se terni finalement, et Elliot retrouve un air renfrogné. 

- Dis merci au moins, il ordonne à Charli, qu'a déjà chopé des couverts pour entamer son assiette chaude.

- Merchi !

Elliot secoue la tête, récupère son verre de pur feu, et rencontre enfin l'regard de Freya pour lâcher à son tour.

 

- Ouais. Merci.

Il le lève avant de se l'engouffrer pratiquement d'une traite. Faut au moins ça pour survivre à la soirée.

- Oh. 

 

Adossé au mobilier de cuisine, Elliot reste un peu con, pas prêt pour l'information qu'elle vient d'lui balancer. Charlie reparait, coupant court à toute réponse qu'il aurait pu avoir l'temps d'imaginer. Il en a aucune, en réalité. L'verre est reposé sur le plan d'travail alors qu'il reporte son attention sur les gamins. Son frère a l'air fasciné par c'que lui montre la sœur de Freya, et commente tout à toute vitesse, la bouche pleine, ses doigts gras s'baladant sur les pages pour donner son avis. C'est une bonne nouvelle, l'retour d'Owen Carter. Il sait qu'Freya attend qu'ça. Ne serait-ce que pour arrêter d'avoir à être l'seul parent à domicile.

- L'est temps, il commente finalement en plantant son regard dans celui d'Freya. 

Il dira rien, parce que bien sûr qu'il dira rien. Il a même pas b'soin d'le confirmer. Les yeux un peu froncés, il grimace brièvement.

 

- Vous d'vez être soulagées, il poursuit. Tu dois être soulagée. Il hésite rien qu'une seconde avant d'ajouter. J'suis content pour vous. Toi, il voudrait dire.

Il voudrait bien la prendre dans ses bras aussi, dans son vieux tee-shirt kaki, avec ses foutues mèches rousses et ses grands yeux noisettes. C'est encore plus horrible d'être là, serré dans sa cuisine, que d'être devant sa porte là en bas, ou dans l'même couloir du Centre de Cærphilly. Parce qu'il est . Dans son espace personnel, dans son intimité, sachant pertinemment qu'il y a pas la moindre fucking place. Difficile de garder un masque dans ces conditions. Il s'éclaircit la gorge, secoue son verre avec un air un peu impertinent, mais surtout incertain.

 

- T'en as pas un autre ? Ça s'célèbre j'imagine. Un peu.
- Qu'est-ce qui se célèbre ? Demande Charli en s'tordant le coup pour les regarder.

 

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 24/08/2025 à 22:15

Ça pourrait faire trois mois comme deux ans qu'Owen a enfourché son balai de voyage et n'est jamais revenu à Pré-Au-Lard. Le temps est passé de manière décousue, entre les impératifs de l'OCQ500, le planning de la boutique, et les filles à gérer. L'aînée des Carter a rentré la tête dans les épaules, foncé, et n'a pas tellement regardé autour d'elle pendant toute cette année. Face à la grimace dubitative d'Elliot, elle avale une gorgée de whisky. Les gens vont causer, car bien sûr que les gens vont causer. La présence de Charlie l'empêche de parler à coeur ouvert. Elle acquiesce, et fait tourner l'alcool au fond de son verre. Soulagée, oui. En attente de réponses, aussi. La question principale serait "pourquoi ?". Pourquoi un an ? Pourquoi sans avoir donné de nouvelles ? Freya croise l'air sincèrement concerné du batteur, et étire un bref sourire. 

 

Qu'est-ce qu'il fout là déjà ? 

C'est lunaire. 

 

Le raclement de gorge retient la rouquine de trop cogiter sur ce qu'elle ressent à cet instant. D'un claquement de doigt elle ramène la bouteille dans sa main, et répond au jeune Gryffondor. Les ventes du nouveau balai. L'OCQ500. T'en a entendu parler j'espère Charli ? Elle lui jette un œil, ainsi qu'à sa soeur. Ça fait longtemps qu'elle sait que Charlie peut écouter une conversation en étant occupée à autre chose, mais la Serdaigle ne moufte pas, et tourne la page pour dévoiler sa prochaine tactique au benjamin Blackburn. 

 

— Le moineau frondeur. Le poursuiveur lance le souaffle en direction du terrain, tellement bas que les adversaires hésitent à descendre, mais son coéquipier plonge et récupère la balle au ras du sol. Risqué. S'il pleut c'est encore plus impressionnant. Ici, le croquis animé montre un sorcier qui pique en direction de l'herbe boueuse sous le regard surpris de l'équipe opposée. Entre temps, Freya s'est redressée pour servir elle-même le verre d'Elliot. Elle attend que la conversation reprenne du côté de la table, et s'appuie contre le mobilier de cuisine à son tour, en baissant la voix. J'en ai une qu'est soulagée. J'ai l'autre qui veut le renvoyer d'où il vient. Moi j'ai surtout des questions. J'espère qu'il aura avancé un peu au moins. Parce qu'il est trop souvent parti en revenant bredouille les fois d'avant. 

 

La Poufsouffle récupère son propre verre dans lequel deux bons centimètres d'alcool ambré lui renvoient son reflet. Son épaule à distance raisonnable de celle du Gallois, elle inspire, et souffle. J'ai hâte que ça s'finisse.

 

Devant eux, MicMac grimpe sur le bras de Charlie qui dégage aussitôt ses cheveux, et la laisse se nicher contre son cou. Celle-ci est inspirée de ton frère, commente l'adolescente en pointant le dessin d'un joueur tournoyant sur lui-même. Le batteur fait diversion en imitant une girouette folle, et les poursuiveurs peuvent se faire un passe discrète. Freya pince ses lèvres pour retenir un sourire, qu'elle noie en buvant la moitié de ce qu'il lui reste de Whisky. 

 

— Charli, il reste du gâteau si t'as encore faim, sers-toi, annonce-t-elle ensuite à l'intention du 1ère année, tandis que trois belles tranche de cake aux fruits confits trônent au centre de la table. Tu veux toujours rien d'autre ? demande-t-elle alors à Elliot avant de se rappeler qu'il est monté à cause d'un grincement de volet dans la rue, et qu'il repartira dès que possible, remettra Charli à l'école, et ne reviendra plus tant qu'il n'y sera pas obligé. Si t'as quoique ce soit avec ton frère, tu peux me demander tu sais hein, j'suis juste à côté, si jamais. Le ton de sa voix est sincère, emprunt d'un naturel dévoué. 

Charli Blackburn

Homme

12 ans

Né-moldu

Britannique

Avatar de Deb

Modération

Inconscient de Service

Message publié le 25/08/2025 à 19:28

C'est bon. T'as pas l'réflexe de l'dire, mais c'est bon. Ça s'devine sans doute à la manière que t'as d'engouffrer l'plat ceci dit. T'as décidé d'ignorer complètement la présence d'Elliot, parce qu'Elliot est resté. Même que tu sais bien t'y prendre, c'est jamais tellement facile. Contre toute attente, c'est la fille Carter qui t'viens en aide. Avec son cahier. Tu l'regardes avec mépris, au départ. Mais ton intérêt s'fait happer dès lors que t'avises les croquis qui s'déplacent sur les pages. Des stratégies d'Quidditch comme on en voit dans les magasines, un peu. T'sais pas faire ça. T'aimerais savoir faire ça. Comme t'aimerais savoir voler. Alors t'as vite fait d'oublier qu'tu détestes CharliE, penché sur ses dessins et son écriture de fille, bercé par ses explications.

 

Tu t'fends parfois d'ton commentaire, comme si tu r'présentais l'avis d'expert. T'es doué pour analyser un terrain, faut dire. T'as épluché tous les matchs joués par les Catapultes, et plus encore. T'es rôdé sur l'sujet. Bien plus que pour t'percher sur le manche d'un balai et imiter tes idoles, que tu t'contentes jamais d'admirer que des gradins, ou au travers de pages glacées superbement animées. Tes doigts s'posent partout. Tes questions aussi, fusent résonnent bruyamment dans la cuisine. C'est pas interdit d'faire ça ? Ou encore nan mais par contre faut l'bon modèle de balai pour faire une figure pareille sinon tu t'plantes direct dans l'décor !

C'est à peine si tu captes la discussion qui s'passe en arrière-plan. Deux, trois mots peut-être bien. Mais t'as toujours eu l'attention volage, et tu peux pas t'empêcher de t'en mêler dès que t'entends un second verre couler du côté d'ton frère, qu'a même pas fait semblant d'vouloir mettre les pieds sous la table. Comme quand il vous visite à la maison, il se contente de boire et d'regarder. Tu lorgnes sur le pur-feu, puis hoche la tête en direction de la maman d'CharliE pour montrer qu'ouais, t'en as entendu parler des ventes du nouveau balai. Comme t'as vu les coupures de presse qui r'présente ton frère qui s'rapproche violemment d'une caméra à plus d'dix mille gallions pièce, et la jette au sol.

 

- Ouais ! T'approuves. C'est l'meilleur balai d'tous les temps il parait ! Moi aussi j'voudrais l'tester un jour.

Elliot se contente d'un reniflement méprisant. Tu lui jettes un r'gard méchant avant d'te rapatrier sur le cahier de la fille Carter, vachement plus intéressant. Tu continues sur ta stratégie d'base. Ignorer la présence d'Elliot. T'aurais bien beuglé qu'si, t'aurais bien testé, avec un aplomb d'fou furieux, mais t'as peur que Charlie Carter balance que t'sais toujours pas vraiment tenir sur un balai, et qu'elle a entendu les rumeurs à ton sujet. T'es renfrogné que cinq secondes avant d'passer à autre chose, tes doigts tâchant d'gras quelques pages alors que tu t'enflammes.

 

- Oh celle-là elle est super cool !

Tu rigoles alors que CharliE t'montres la figure pompé sur ton frère, et tu peux pas t'empêcher de saisir le carnet pour lui montrer.

 

- T'as vu ? C'est toi qui fait diversion. Elliot te r'garde même pas. Tu t'retournes vers Madame Carter pour lui montrer à elle plutôt : z'avez vu m'dame ? C'est Elliot qui fait la girouette ! Tu te marres, puis secoues la tête. J'ai plus faim c'est bon, merci ! Au même instant Elliot secoue la tête à la négative en levant son verre : j'ai c'qu'il m'faut. La réplique de Madame Carter t'échappes pas, juste derrière, et tu te détournes complètement du cahier. C'est bon j'me débrouille hein, j'suis pas un bébé. 

Tu détestes qu'on parle de toi comme si t'étais pas là.
 

- Visiblement si Charli, vu l'bordel que t'as foutu ce soir.

- Ça va toi aussi t'as fait des conneries quand t'étais à Poudlard hein.

- Mais j'me suis pas fait prendre.

 

Tu lui jettes encore un regard noir, mais t'as pas vraiment le temps de répliquer qu'il enchaine :

 

- J'ai pas b'soin d'aide, Freya. T'as assez à gérer, et Charli c'est mon problème.

- J'suis pas un problème !

- Nan t'es juste mon frère, mais dans l'fond ça r'vient au même.


Tu lui fais un doigt, et il te l'rend avec une nonchalance qui t'donnes envie d'rire. Tu ris pas. C'est super sérieux. Pourtant tu l'vois, l'début d'un sourire sur la gueule d'Elliot. Alors tu fronces le nez comme un gamin histoire de lui taper ta meilleure grimace, et il te rend la même, et tout va bien dans l'meilleur des mondes. Jusqu'à ce que son visage se ferme de nouveau, comme s'il venait d'se rappeler où il était.