Harry Potter RPG

[Unique]
La tournée des Blue Biscottes Tête-de-Sanglier, mercredi 12 septembre 2125

Horace Milbourne

Homme

67 ans

Sang-mêlé

Français

Avatar de Deb

Modération

Vif de Cœur 2025

Message publié le 23/11/2025 à 14:52

L’air de septembre était doux, parfumé des premières senteurs automnales. Horace rabattit le col de sa cape prune - moins par frisson que par habitude - tandis qu’il descendait la rue principale de Pré-au-Lard, son pas oscillant d’un pavé à l’autre, mains jointes dans le dos, l’œil alerte. Il sortait tout juste de chez les Carter. Sa rencontre avec Freya lui avait réchauffé le cœur. Revenue de ses vacances- elle avait parlé de falaises, de petits ports de pêche et d’un troquet où le jus de citrouille se servait dans des coquilles de coco -, elle avait retrouvé sa maison, sa boutique… et ses soucis, sans doute.

Horace ne lui avait pas demandé de détails et s'était contenté de la saveur de son sourire, franc et sincère. Ce qui l’avait vraiment surpris, c’était l’objet qu’elle avait sorti de sa poche. Un téléphone portable. Un vrai, complètement moldu. Freya Carter, en possession d’un tel engin. Il n’en revenait toujours pas. Pour Marley, avait-elle dit. Il faut bien que j’apprenne à vivre dans son monde aussi. Touché. Amusé, emballé, même, l lui avait proposé de chercher une solution pour la recharge - elle avait bien une batterie externe, mais pas de prise. Il ignorait encore comment, mais il trouverait. 
 

Sa visite aux Trois-Balais avait été brève et efficace. Là-bas, on était toujours friand de spectacle. Sa prestation de Sir Salomon J. Van Der Wickensworth III du Duché de Catzbury de l'an dernier jouait en sa faveur, et on lui avait proposé le créneau du samedi soir. Deux heures de scène, avec autorisation de faire participer les étudiants du WAC. Un sans-faute ! C’est donc la Tête-de-Sanglier qui restait. L'affaire allait être toute autre, bien qu'Horace ne se fasse guère de souci quant au résultat de son argumentaire. Ce n'est pour rien qu'il se faisait porte-parole des Blue Biscottes dès lors qu'on lui en laissait l'occasion.
 

Il poussa la porte grinçante du troquet. L’odeur familière de bière, de vieille laine humide et de bois brûlé lui piqua les narines. La lumière était plus faible, plus tamisée. Une cheminée bâillait paresseusement dans le fond. Quelques habitués levèrent à peine les yeux de leur chope en le voyant entrer. Horace ne s’en formalisa pas. Il avait l’habitude de jouer devant plus récalcitrant que ça.

Il se fraya un chemin jusqu’au comptoir, où un grand type à la barbe en jachère rinçait lentement un verre.
 

- Bonjour l’ami, lança Horace avec ce ton aimable et enjoué qui masquait toute tentative d’analyse. Vous pensez qu’il serait possible d’échanger deux mots avec le responsable ? J’ai une proposition à lui faire qui pourrait bien... secouer un peu les murs.


Le barman le regarda de travers, puis haussa une épaule en direction du fond de la salle.  

- Si c’est pour du théâtre, je vous arrête tout de suite. Les clients d’ici veulent pas entendre parler de tragédie shakespirienne pendant qu’ils descendent leur hydromel.


Horace sourit.
 

- Pas de panique. Pas de vers, pas de rimes. Juste un peu d’impro. Des sketchs absurdes. Et quelques élèves de Poudlard pour en profiter, et participer selon leur bon vouloir !
 

Un grognement retentit quelque part à gauche. Un vieux sorcier à la gueule rougie par les pintes aboya :
 

- J’espère que vos mômes savent ce que c’est que fermer leur clapet. Parce que si c’est pour brailler comme à la fête du village…

- … ils seront là pour jouer, pas pour brailler, assura Horace, avec un clin d’œil. Promis. Les Blue Biscottes sont des professionnels. Et moi… leur directeur artistique en chef, fondateur et unique costumier !
 

Quelques ricanements, une ou deux tapes sur la table. Un autre client - une femme au regard perçant et au furet endormi sur l’épaule - leva son verre.
 

— Si c’est aussi bon que l’année dernière aux Trois-Balais, moi j’dis banco. Le vieux en robe bleue avec la perruque de juge, c’était vous ?

- Salomon J. Van Der Wickensworth. En chair, en os, et en dentelle, répondit Horace en s’inclinant.


Elle leva son verre plus haut, et d'autres suivirent. Il quitta l’établissement une bonne demi-heure plus tard, le contrat verbal en poche, et l’impression agréable d’avoir planté une nouvelle graine. Il espérait pouvoir mêler élèves et habitués pour cette soirée-là. Peut-être même Marley, s’il en avait l’envie. Il faudrait en reparler à Owen. Peut-être à Freya aussi. Il y avait des sourires à semer. Des ponts à créer. Des étoiles à allumer !

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