Harry Potter RPG

[Terminé]
Bonne poire à louer Cour de l'horloge, samedi 12 janvier 2126

Accueil Poudlard L'extérieur Bonne poire à louer
Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 12/01/2026 à 21:18

Enfin le week-end ! Nombre d'élèves partageaient la joie de cette pause bienvenue entre deux semaines de cours bien remplies mais concernant Mellitus, la raison divergeait peut-être un peu de ses congénères. Il adorait les cours, chaque infime détail du monde magique l'émerveillait comme un enfant. Non, ce qu'il appréciait vraiment pendant le week-end, c'était de pouvoir laisser son uniforme traîner en boule au pied de son lit et de se prélasser dans ses fringues moldues.

Quoique prélasser n'était pas tout à fait le terme de circonstance. Malgré les températures basses de la saison, l'adolescent avait profité d'un temps dégagé pour se vider l'esprit le temps d'un bon footing revigorant et de quelques exercices de musculation. Mel goûtait la sagesse de Juvénal et se faisait un devoir d'entretenir son corps et son esprit à égale mesure, ce qui impliquait une pratique régulière du cardio pour rivaliser avec son investissement académique.

 

Le prix à payer quant à lui était pour le moins désagréable : dégoulinant de sueur, il reprenait son souffle dans la cour de l'horloge avant d'attaquer sa prochaine série, le vent mordant le harcelant de ses assauts glacés contre la chaleur moite de l'effort fourni. Le contraste était fort déplaisant en termes de sensations mais Mellitus s'en accommodait sans sourciller. La douche qui ne manquerait pas de suivre n'en serait que plus délicieuse encore.

 

Ses dernières séries complétées quelques minutes plus tard, le Serdaigle se livra aux étirements adéquats tout en haletant de grosses volutes blanches qui s'épanouissaient brièvement dans l'air avant de faner et mourir aussi vite. Leur vue insuffla à Mellitus l'irrépressible envie d'enfourcher un balai et d'embrasser la liberté des nues qui lui demeurait hélas inaccessible. Il ne disposait pas de son propre balai et déchu qu'il était de son équipe de Quidditch, les occasions d'en emprunter un ne s'offraient guère plus à lui, le clouant implacablement au sol.

Égaré dans ses songeries après avoir été concentré sur l'effort, l'accroc qu'il avait malencontreusement fait dans la veste d'un rouge tape-à-l'œil de son survêtement échappait encore à son attention. Rien qu'un reparo ne puisse résoudre, une formule que Mellitus connaissait sur le bout des doigts. Dans les faits, il peinait pourtant encore à l'exécuter fiablement. 

tl;dr : Mellitus fais de l'exercice à l'extérieur et s'arrête dans la cour de l'horloge pour ses étirements sans remarquer la déchirure, petite mais ostensible, dans ses vêtements.

Cassie Dunn

Femme

17 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 12/01/2026 à 23:44

Nonchalamment adossée contre l’une des colonnades qui donnaient sur la cour de la tour de l’horloge, Cassie tentait de trouver une distraction. Quoi que ce fut qui puisse lui faire penser à autre chose qu’à ses fichues révisions qui, dernièrement, prenaient trop de place dans son quotidien. À croire que ces débiles de profs s’étaient fait passer le mot pour les harasser de travail dès la rentrée. Comme si une montagne de devoirs avait le pouvoir d’atténuer la médiocrité évidente des autres élèves. C’était n’importe quoi. Subir l’incompétence des autres irritait la Gryffondor, qui avait ce jour-là estimé qu’il était temps de décompresser un peu.

 

Son regard scannait l’endroit avec curiosité, tandis qu’elle mâchouillait distraitement le batônnet de sa suçacide. Ses friandises préférées, qu’elle achetait chez Honeydukes lors de chaque visite à Pré-au-Lard. Elle s’impatientait déjà d’ailleurs de la prochaine sortie, car son stock était à présent à sec. Si elle n’avait au début pas apprécié l’acidité particulière de ces sucettes, Cassie avait progressivement développé une légère addiction à ces dernières. Non pas qu’elle ait pris goût à leur saveur - elles n'en avaient pas et pouvaient même causer des trous dans la langue -, mais plutôt à l’aspect qu’elles donnaient pendant un cours instant à son visage : l’aigreur du bonbon avait tendance à creuser brièvement ses joues lorsqu’elle les mettait en bouche. Un détail minime qui ne laissait pourtant pas indifférente la jeune fille dont le miroir renvoyait systématiquement un reflet trop large à son goût et pour qui l’apparence avait tant d’importance.

 

En témoignait d’ailleurs sa tenue. Loin du sac à patate qui leur servait d’uniforme réglementaire la semaine, la brune prenait grand soin de laisser exprimer sa féminité avec des tenues plus personnelles le weekend. Son cadeau de Noël, un manteau de fourrure noire  dont elle ignorait l’origine animale ou pas, ne laissait dépasser qu’une jupe courte et des collants noirs presque transparents agrémentés de jolies bottines cirées. Même le vent frais de l’hiver ne pouvait avoir raison de sa coquetterie.

Elle finit par remarquer, au bout d’un moment, la présence d’un garçon. Pas trop moche, mais dont l’aspect dégoulinant de sueur venait absolument tout gâcher. Réprimant d’abord une grimace, elle ne put ensuite contenir un petit sourire moqueur lorsqu’elle constata l’état de lequel se trouvait la veste du concerné. Bingo, elle avait trouvé sa distraction du moment. Et pourquoi ne pas aller plus loin même ?

 

La sixième année laissa tomber le bâtonnet de sa sucette par terre avant de se redresser. Les elfes de maison étaient bien là pour quelque chose non ? Ils n’auraient qu’à nettoyer ça au passage. Elle s’avança ensuite d’un pas serein en direction du sportif en herbe, resserrant autour d’elle son manteau pour se réchauffer un peu. Une fois à sa hauteur, elle s’éclaircit doucement la gorge :

 

- Euh.. excuse-moi. Je peux te parler ? demanda-t-elle de cette fausse voix douce qu’elle avait fini par maitriser et qui se voulait presque timide.

 

Cassie observait une distance raisonnable avec le blond, pour qu’il ne comprenne pas trop vite que son aspect la répugnait un peu.

 

 

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 13/01/2026 à 02:05

S'il y a une chose à laquelle ne s'attendait pas Mellitus, c'était d'être interpellé pendant sa séance de sport. Les gens avaient tendance à choisir un autre contexte pour aborder autrui. Avant de répondre, il dut réprimer l'écho de la sévère voix paternelle qu'il entendait claironner : "Excusez-moi, c'est un ordre. Quand on est bien élevé on demande pardon." Si lui avait acquis l'habitude d'observer systématiquement cette discipline, il ne s'offusquait pas que d'autres ne soient pas si rigides en s'adressant à lui. Soit, la jeune fille qui l'avait sollicité devait avoir une raison et celle-ci était possiblement d'une certaine importance compte tenu des circonstances.

À l'aide de la serviette qu'il portait autour du cou, il épongea sommairement son visage luisant puis sa nuque. Une bourrasque glaciale lui arracha un frisson tout en déclenchant son réflexe pilo-moteur, parsemant sa peau d'une texture granuleuse. Quelle riche idée d'aller se faire suer dehors dans pareilles conditions météorologiques.

 

— Me parler à moi ? Enfin je veux dire, oui bien sûr. À quel propos ?

 

Le Serdaigle observa plus attentivement son interlocutrice. Elle avait quelque chose de vaguement familier. Après bientôt sept ans passés presque cloîtré dans ce château avec quasiment toujours les mêmes personnes, tous les élèves d'un âge avoisinants avaient quelque chose de familier. Mais là c'était un peu plus évident que cela, ils avaient dû se croiser récemment. Ils ne se connaissaient pas davantage pour autant. La demoiselle était vêtue avec un certain goût, du mauvais goût selon les critères de Mellitus mais il s'interdirait formellement de jamais le mentionner. Sa coquetterie apparente laissait le jeune sorcier dubitatif. Pourquoi s'infliger une tenue aussi peu commode ? Peu importe, cela ne le regardait pas. Elle avait délibérément choisi de s'habiller de la sorte, cela devait donc lui convenir à elle et il n'y avait rien à redire à cela.

Le regard de Mellitus s'arrêta sur un détail impromptu. Quelque chose jurait dans le cadre qu'il fallait reconnaître assez idyllique de l'école. Quelque chose de minuscule, insignifiant même. Et pourtant cela avait capté son attention.

— Tu veux bien m'excuser un instant s'il-te-plaît ? Il y a... un truc. Là.

 

Le Serdaigle contourna sa condisciple pour s'approcher en fronçant les sourcils de ce qui l'intriguait. Un simple bâtonnet tombé par terre. Vu la propreté impeccable du terrain scolaire, découvrir un déchet équivalait à tomber sur un trésor perdu quoique sans valeur. Néanmoins, cette idée amusa Mellitus qui se surprit à sourire et ramassa le détritus pour le jeter plus tard à un endroit approprié. Il reporta ensuite son attention vers la jeune fille en lui présentant le bâtonnet comme s'il s'était agi d'une relique.

 

— Merci d'avoir patienté. Ça doit être pour ça que les bonbons collent : pour éviter que nos cadets ne les perdent par mégarde. C'est la première fois que je vois une ordure traîner. Elle a dû échapper à la vigilance de nos amis les elfes, la coquine. Mais je me comporte en malotru. Mellitus, et toi ?

L'intéressé essuya soigneusement sa main sur sa serviette avant de la tendre à cette pauvre jeune fille apparemment un peu timide qu'il avait irrévérencieusement fait attendre. "C'est marrant, sa tenue contraste avec son attitude réservée," remarqua-t-il ce faisant. 

tl;dr : Mellitus éponge sa sueur, demande à son interlocutrice de patienter un instant et ramasse un détritus avant de se présenter.

Cassie Dunn

Femme

17 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 14/01/2026 à 07:49

Avant même qu’elle n’ait pu commencer à lui parler, le gars l’interrompit. Quelque chose semblait avoir capté son attention, derrière elle. La brune ne put alors que suivre du regard le blond, tandis qu’il la contournait pour se pencher et ramasser un truc.

 

Cassie se sentit à la fois vexée (sa présence méritait un peu plus de concentration, surtout venant de quelqu'un capable de remplir une pensine avec sa sueur) et fascinée lorsqu’elle constata que l’objet perturbateur n’était autre que le batônnet qu’elle venait d’abandonner. Et non content de jouer les elfes de maison, le gros dégueu venait de surnommer l’ordure  "la coquine" et arborait un sourire, comme s’il venait de capturer le vif d’or. Erk.

 

Si la jeune fille avait voulu une distraction, il semblait qu’elle était tombée d’emblée sur le gros lot. Son champion avait le charisme d'un Bylliwig. Elle dut se faire violence pour ne pas laisser transparaitre les sentiments que lui inspiraient son camarade, et surtout pour ne pas lui dire qu’il se trompait totalement. Des ordures, il y en avait tout un paquet à Poudlard, même dans les couloirs. Et la plupart portaient une cravate verte ou parlaient français.

 

- Oh, mais je te connais. mentit-elle avec aplomb en affichant un sourire qui se voulait charmant, avant de se présenter plus sobrement. Cassie.

 

Ce n’était, en fait, pas totalement un mensonge. Car à bien y réfléchir, maintenant qu’elle remettait un prénom sur ce visage, le blond ne lui était pas totalement inconnu. Oui ! Elle avait déjà entendu parler de lui, l’année précédente. C’était le gros looser qui s’était fait virer de son équipe de Quidditch chez les Serdaigle. Une histoire qui l’avait vaguement amusée sur le moment, mais pas suffisamment marquée pour qu’elle se souvint du visage du concerné. Et en même temps, si le bougre suait comme un veaudelune à chaque fois qu’il avait le malheur de faire un peu de sport, pas étonnant que ses coéquipiers aient fait en sorte de l’évincer. La brune n’osait même pas imaginer l’odeur dans les vestiaires… Mettant temporairement l’idée initiale qu’elle avait eue pour l’aborder de côté, elle ne put s’empêcher de saisir l’occasion devant elle.

 

- Tu t’entraînes pour garder la forme pour le prochain match de Quidd ? Tu fais partie de l’équipe, si je me trompe pas ? demanda-t-elle d'un air innocent, la tête légèrement penchée et un petit sourire aux lèvres.

 

Si ce sujet était délicat pour lui, elle était ravie à l’idée d’ajouter un peu de sel sur une plaie ouverte.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 14/01/2026 à 09:01

Cassie ? Non, cela ne rappelait rien au blond qui se demandait toujours quel était l'objet à propos duquel la jeune femme au large sourire voulait l'entretenir. Le sien s'évanouit brusquement lorsqu'elle mentionna le Quidditch et son appartenance à l'équipe qu'elle ignorait manifestement n'être plus d'actualité. Si elle ne savait pas que cela faisait plus d'un an désormais qu'il ne jouait plus pour Serdaigle, c'est qu'elle ne s'intéressait pas beaucoup au sport sur balai. Autant s'offrir le loisir de changer rapidement de sujet, celui-ci étant bien trop sensible pour le joueur déchu qui s'était crispé à sa seule évocation.

— C'est pas pour le Quidditch. J'ai quitté l'équipe l'année passée, grinça-t-il en s'efforçant de ne pas paraître trop amer.

 

Inutile de préciser que la décision avait été prise contre son gré. Mellitus marqua une pause le temps de réfléchir à ses options pour dévier la conversation. Il ne voulait pas la brusquer et donner l'impression de vouloir couper court en lui demandant pourquoi elle l'avait abordé. Mais tout ce qu'il pouvait se figurer de Cassie, c'était ses goûts vestimentaires et ce n'était vraiment pas un domaine dans lequel il pouvait confortablement disserter. Même la maison à laquelle elle appartenait lui échappait. Dommage, c'eût été un début pour avoir au moins une vague idée la concernant. La seule chose à faire, c'était de s'aventurer prudemment en terrain neutre en espérant qu'elle en vienne sans trop tarder aux faits.

 

— Men sana in corpore sano, récita-t-il académiquement. La dixième satire de Juvénal. Je m'entraîne pour ne pas avoir tout dans la tête et rien dans les muscles. Et, heu, toi ? Qu'est-ce qui t'amènes dans la fraîcheur hiémale de si bonne heure ? Sans indiscrétion je veux dire, tu as peut-être des raisons personnelles.

 

Dire que Mellitus était mal à l'aise eût été un malhonnête euphémisme. Son inconfort de la situation redoublait à cause des efforts qu'il mettait en œuvre pour le dissimuler, exécrablement mal au demeurant, afin de ne pas incommoder son interlocutrice. Il s'en serait voulu que son malaise devienne contagieux. Trop conscient de lui-même dans l'instant, il remarqua que ses lèvres s'étaient affaissées et que la chaleur avait déserté sa voix. Ce n'était pas le genre d'impression qu'il voulait donner. Il ambitionnait d'être de ceux qui illuminent les journées d'autrui, pas qui les gâchent. Il força sur ses zygomatiques afin d'afficher une expression plus enjouée.

 

— Au fait, je crois bien que les premiers flocons ne tarderont plus. J'ai hâte que le parc enfile son pâle manteau et de regarder les jeunes faire des batailles de boules de neige. Ça me rend nostalgique, pas toi ? On est trop matures et trop occupés pour ça à notre âge mais quelque part ça me manque. Tu aimes la neige ?

 

C'est officiellement que le fond avait été atteint. La voix qui résonnait toujours impromptue dans sa tête s'exprima sous forme d'applaudissements lents et sarcastiques. S'il est bien un art que Mellitus pratiquait malgré lui avec grand brio, c'était celui d'avoir la conversation assommante de banalité. Il commençait à éprouver de la peine. Pas tant pour lui que pour la malheureuse Cassie qui devait subir cela stoïquement. 

 

tl;dr : Mellitus perd son sourire et répond qu'il a arrêté le Qudditch à Cassie. Il essaie ensuite de changer de sujet en dissimulant mal son malaise.

Cassie Dunn

Femme

17 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 14/01/2026 à 12:37

Le renfrognement passager du Serdaigle lui fit comprendre qu’elle avait visé juste. Et le joli euphémisme selon lequel il avait quitté l’équipe la fit sourire intérieurement. Tout le monde savait que ce n’était clairement pas une décision de sa propre initiative. Il n’était pas parti, il avait été viré. Aussi, elle décida de vérifier jusqu’où elle pouvait enfoncer le couteau dans la plaie :

 

- Oh mince. Quel dommage, dit-elle d’un ton affecté avant de se justifier. Je ne suis pas de très près les matchs, c’est pour ça. J’ai dû louper un épisode ou deux. Ça ne te manque pas trop ? Jouer avec l’équipe et tout ?

 

Mais Mellitus (encore un qui ne devait pas avoir été désiré à la naissance, vu le prénom) semblait visiblement pressé de changer de sujet, car il se lança dans une tirade latine, suivi d’un bref cours magistral tout ce qu’il y avait de plus barbant. Plus le garçon parlait, et plus il devenait difficile pour Cassie de maintenir son masque de neutralité. La fraicheur hiémale ? Sérieusement ? Ce bouffon devait avoir bouffé un dictionnaire ou s'astiquer sur des encyclopédies. Elle ne voyait pas d’autres explications. Ou alors c’était juste un petit vieux sous déguisement.

 

Ses doutes sur la seconde option s’épaissirent d’ailleurs lorsqu’il se mit à lui parler… de la météo. Ce fut précisément le moment où la jeune fille se demanda si elle ne s’était pas trompé de cible en venant aborder le sportif du dimanche. Comme si c’était elle à qui on était en train de faire une mauvaise blague. Mais derrière ses expressions désuètes et le sourire affable qu’il lui servait, elle distinguait un malaise certain en lui. C’est dans cette attitude gênée qu’elle trouva son réconfort et l’envie de poursuivre son dessein.

 

- En fait, je voulais te parler d’un truc. commença-t-elle pour expliquer la raison de cette interpellation. Je suis là pour une fille de mon dortoir qui dit beaucoup de choses à ton sujet. Elle en pince carrément pour toi. Disons que t’es... vraiment à son goût.

 

Rien n’était vrai. Mais elle était là pour s’amuser et voir jusqu’où pourrait aller la plaisanterie. Décidant de mettre les pieds dans le plat, elle demanda de but en blanc :

 

- T’as une copine ?

 

Pour ne pas non plus lui donner l’impression de le prendre au piège (ce qui était pourtant un peu le cas), elle se joignit à sa conversation sur la pluie et le beau temps. L’entendre appeler les mioches de première et deuxième « les jeunes » confirma encore un peu ses doutes sur l’âge véritable de ce gars et lui arracha une grimace. Heureusement, elle put la mettre sur le dos de sa réponse à la question qu’il venait de poser.

 

- Non, pas vraiment. Je suis pas fan de la neige. Je préfère l’été.

 

Ce n’était qu’à moitié vrai. Mais elle ne jugea pas utile de développer toutes les raisons qui la poussaient à ne pas aimer la saison froide. ça ne le regardait pas. 

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 14/01/2026 à 17:22

La sollicitude de Cassie eût pu toucher l'ancien joueur en d'autres circonstances. Ses questions n'avaient rien de malintentionné puisqu'elle ne pouvait pas savoir à quel point l'éviction de l'équipe l'avait affecté, et continuait d'être la racine de la discorde froide qui régnait entre Mellitus et son ami. C'était pour ce genre de raison que lui-même s'excusait tout le temps quand il s'inquiétait pourtant sincèrement pour autrui. La compassion était parfois malvenue et dans ces cas là il était difficile d'en informer son interlocuteur avec tact. Quelque part dans les yeux du Serdaigle se manifestait la supplique tacite de passer à autre chose.

 

— Si, bien sûr que ça me manque. Mais de toute façon avec les ASPIC mieux vaut que je me concentre sur l'étude. Les entraînements prenaient du temps. Je préfère tirer un trait là-dessus et voir ce que l'avenir me réserve.

 

La torture perdura jusqu'à ce qu'enfin la demoiselle abrégeât les cordialités d'usage pour clarifier la raison qui l'amenait à avoir cette conversation. Celle-ci partit alors de Charybde en Scylla et le malheureux garçon se retrouva au supplice en apprenant que tout cela découlait d'un inoffensif béguin qu'il avait apparemment suscité à son insu. Cette partie là de leur échange n'allait pas l'aider à se ressaisir, bien au contraire. Cette Cassie venait en émissaire et bousculait en toute innocence Mellitus loin, à mille lieues même, de sa zone de confort. Lui qui y tenait tant et ne sentait en sécurité que quand tout était simple et évident, voilà qu'il était jeté en pâture, sacrifié sur l'autel impitoyable de l'amour. Enfin, il était un peu tôt pour parler d'amour. Il s'agissait d'une attirance tout au plus, sans doute guère davantage qu'une curiosité. Sa bouche s'ouvrit, refusa d'émettre un son et se referma comme s'il venait de perdre toute faculté de communication.

 

— Ho ! je... suis, heu, flatté.

 

C'était comme si une ardoise vierge venait de prendre la place de son vocabulaire. Les mots s'égaraient, il ne savait quoi dire et peinait à articuler. Au moins ne mentait-il pas. Ce genre d'attention atteignait son ego. Seulement, ce n'était pas forcément positif. Et cerise sur le gâteau, cela le ramena directement à sa période de Quidditch ; quand quelques groupies lui déclaraient inopinément leur flamme de temps en temps. Une notoriété qu'il n'avait pas goûtée du tout. 

 

— Et, heu, je la connais ? Qui est-ce ?

 

La question sans détour de Cassie le désarçonna encore davantage alors qu'il se croyait déjà au fond du gouffre. Mellitus était plutôt aguerri en terme de célibat.

— Non, j'ai pas de copine. Mais qu'est-ce que... enfin, non, je vois ce que tu veux dire. C'est pour envisager de se voir ou quelque chose comme ça ? Elle est, genre, sûre ? Je voudrais pas la décevoir mais... donc. Alors. Bref. Qu'est-ce que je disais ?

 

Sujet, verbe, complément. Ce n'était pourtant pas bien compliqué de formuler une phrase. Comment se sortir de là sans être un goujat ou se ridiculiser ? La situation ne lui plaisait pas et le gênait même profondément. Mais de quel droit pouvait-il s'esquiver sans considération aucune pour la personne concernée ? Le sentiment de s'être fait fourré dans les mains l'estime de soi de l'inconnue l'envahit. À la moindre maladresse, celui-ci risquait d'être brisé. C'était fragile ces choses-là, il en savait quelque chose.

 

— On peut toujours envisager de boire un thé ensemble et, je sais pas, voir ce qu'il advient ?

 

Ce qu'il adviendrait, Mellitus pouvait se le figurer sans peine. La jeune femme découvrirait sa vraie nature passablement dénuée d'intérêt et freinerait des quatre fers avant de rebrousser chemin. Ainsi, tout rentrerait dans l'ordre. Elle serait désabusée mais pas blessée et lui serait tranquille. Qu'est-ce que ça lui coûtait de partager un thé ? C'était l'équivalent de s'arracher un pansement vite fait. Mais dans un contexte social. Quelle angoisse !

 

Réflexion faite, la météo était un excellent sujet de conversation. Maintenant qu'il avait fourni un semblant de proposition, autant retourner sur des sentiers plus insignifiants.

 

— Ouais, l'été c'est cool. Les personnes vespérales peuvent profiter du soleil. C'est bon pour le moral. Et les vitamines. Et puis on caille moins en faisant du sport.

 

Mellitus força un bref rire comme s'il venait de faire une blague dont il était fier. Conscient d'être ennuyeux, il se dit que mieux valait un moment barbant qu'un moment gênant.

 

tl;dr : Mellitus fait son possible pour éluder le sujet du Quidditch et perd complètement pied suite à la déclaration de Cassie. Il tombe magistralement dans le panneau puis s'empresse d'essayer de passer à autre chose.

Cassie Dunn

Femme

17 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 16/01/2026 à 12:29

C’est qu’il était presque crédible avec ses excuses puantes de vouloir se tourner vers l’avenir et se concentrer sur ses ASPIC. La lueur qu’elle percevait pourtant dans son regard ne faisait que renforcer la jouissance qu’elle retirait de ce moment visiblement très gênant, voire pesant pour lui.

 

- C’est quand même dommage de laisser tomber le sport, surtout si ça te manque. Mais bon, tu dois savoir ce que tu fais… glissa-t-elle innocemment pour asséner le coup final.

 

L’inconfort du grand blond sembla croître, comme elle l’avait espéré, lorsqu’elle lui mentionna le prétendu crush d’une de ses camarades de chambre. Alors que sa bouche s’ouvrait et se fermait dans une imitation parfaite du boullu hors de l’eau, la brune dut se faire violence pour ne pas pouffer de rire et risquer de mettre à mal son petit plan.

 

Évidemment, il lui demanda plus d’informations sur cette camarade, voulait savoir s’il la connaissait. Vu le personnage, elle ne put s’empêcher de penser qu’à part l’infirmière de l’école et les deux femmes membres de l’équipe professorale, il était fort peu probable qu’il connaisse beaucoup de filles à Poudlard… Il suffisait de voir sa dégaine pour comprendre qu’il ne devait, en vérité, pas attirer grand monde. Un visage plus ou moins correct ne faisait pas tout. Et s’il se retrouvait souvent dans l’état actuel – c’est-à-dire poisseux de transpiration -, il devait même au contraire les repousser.

 

Mais puisqu’elle devait jouer le jeu jusqu’au bout pour que la blague fonctionne, elle afficha un petit sourire en déballant l’histoire cousue de toute pièce :

 

- Oh, je ne suis pas sûre que tu la connaisses. C’est quelqu’un de très discret, même un peu timide. Elle s’appelle Sarah. Pas très grande, pas très bavarde. Pas sûre que ça te dise quelque chose.

 

Voilà. Un prénom tout ce qu’il y a de plus banal pourrait lui semer le doute, surtout si elle restait vague sur les détails pour la distinguer. Avant même qu’elle n’ait eu le temps de mettre les choses un peu plus en forme, le blond se mit à faire la proposition parfaite. C’en était presque moins drôle de le voir se jeter seul dans la gueule du loup, sans qu’elle ne l’y pousse elle-même d’abord.  Mais puisqu’elle était si bien engagée dans la plaisanterie, elle se devait de la terminer.

 

- Justement, en parlant de boire un thé… Elle aimerait te donner rendez-vous au Salon de Madame Pieddodu à la prochaine sortie à Pré-au-Lard. Tu serais d’accord ?

 

Cassie regretta d’avoir poursuivi la conversation sur la météo et d’avoir évoqué sa préférence pour l’été. Pendant  un instant, son masque d’amabilité feinte se craquela pour laisser très brièvement apparaître son exaspération et son jugement quand il prononça le mot « vespérale » et qu’il accompagna sa phrase d’un rire. Elle s’empressa de se reprendre en feignant à son tour un léger rire, mais elle n’en pensait pas moins. Par Circée, ce mec bouffait des dictionnaires pour s’amuser, ce n’était pas possible autrement. Il n’y avait aucun doute : elle était tombée sur le puceau originel. La cible idéale.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 16/01/2026 à 13:39

Pour une profane qui ne s'intéressait pas au sport, elle s'attardait décidément bien longtemps sur le sujet. Et elle sembla être venue à la conclusion que le jeune homme avait quitté l'équipe de sa propre initiative. Mellitus avait l'impression de lui mentir et presque envie de la détromper mais il devait bien admettre qu'il espérait justement ne pas avoir à avouer qu'il s'était fait jeter en employant des euphémismes et des demi-vérités. 

 

Il se focalisa plutôt sur la description vague que Cassie lui fit de son amie Sarah. Celle-ci ne l'aida aucunement à se faire la plus insignifiante idée de la personne dont il pouvait bien s'agir. Une fille qui n'attirait pas l'attention, pour lui qui n'était déjà pas attentif à la gent féminine ; ça lui faisait une belle jambe ! "Je sais même pas c'est quoi ta maison !" s'insurgea la voix qui heureusement était dénuée d'une bouche pour s'exprimer publiquement. Sarah. Mellitus n'en connaissait aucune mais ne doutait pas pour autant que s'il criait ce nom dans un couloir bondé de l'école, une vingtaine de têtes se tournerait vers lui. La moitié concernée, l'autre par curiosité de voir l'idiot qui aurait crié dans ledit couloir.

 

— Désolé, elle ne me dit rien. Mais je suis sûr qu'elle est charmante.

 

Les trappes de la potence se dérobèrent sous ses pieds quand Cassie asséna le coup de grâce. Mellitus se sentit tellement tomber qu'il en perdit réellement l'équilibre et trébucha sur place en se rattrapant à la prise la plus proche qui n'était pas Cassie. Sérieusement, qui trébuche sans bouger ? Un rendez-vous chez Madame Pieddodu, vraiment ? Le coin des amoureux que le Serdaigle n'avait jamais approché qu'en compagnie d'Isha qui y emmenait systématiquement ses conquêtes, jamais deux fois la même soit dit en passant. La proposition l'enchantait d'autant moins que la prochaine sortie n'aurait pas lieu avant longtemps et qu'il n'avait aucune intention de maintenir le statu quo pendant des semaines alors que cette Sarah poireautait. Ou alors c'était le bon plan pour que cette dernière se ravise ou rencontre quelqu'un d'autre. Un vrai mec.  Mais miser sur des paramètres hypothétiques ne convenait guère au garçon pragmatique.

 

— Pieddodu ? Haha, ricana-t-il nerveusement. C'est peut-être, comment dire... relativement inadéquat ? C'est juste pour discuter et puis on ne retournera pas à Pré-au-Lard avant un moment. Ce serait mesquin de ma part de la faire attendre. Je connais quelqu'un qui fait de délicieux chocolats chaud et la neige... pas quelqu'un qui fait de la neige. Ce que j'essaie de dire, c'est la neige, elle va tomber et...

 

S'il y avait un cours de gestion du stress à Poudlard, les résultats de Mellitus feraient baisser sa moyenne générale toute entière sous le seuil de réussite. "Tu prends les mots, tu les mets dans l'ordre, ça fait une phrase. Ça ira mon grand ?" Non ça n'allait pas, pas du tout du tout.

 

— Du coup il va neiger, parce que la neige se forme dans des nimbostratus comme ceux qui se profilent en ce moment. Et comme c'est beau la neige, je me disais que ce serait bien de boire la neige en regardant du chocolat chaud tomber. Enfin, l'inverse. Genre depuis l'intérieur si elle est frileuse. Sarah, pas la neige. Parce que je parle de neige et que ça peut prêter à confusion mais la neige peut pas être frileuse, haha. Ou s'asseoir sur un banc du parc. Quelque chose comme ça. Non ? Je sais pas si c'était clair.

 

Après sa longue explication sans queue ni tête, Mellitus dévisagea Cassie avec un sourire niais. Il se sentait, se savait, ridicule. Ce n'était peut-être pas plus mal. Si Cassie courait prévenir son amie que le Serdaigle était en fait un débile bien infiltré, celle-ci pourrait laisser tomber cette idée saugrenue de rencart.

 

tl;dr : Mellitus laisse Cassie conlure qu'il a quitté volontairement l'équipe, ne parvient pas à mettre un visage sur le prénom Sarah et panique de plus belle à la mention du Salon de Madame Pieddodu. Il propose une alternative en démontrant sa résistance au stress inexistante par une tirade inintelligible.

Cassie Dunn

Femme

17 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 20/01/2026 à 18:40

Plus les mots sortaient de la bouche du blond, et plus Cassie se réjouissait de voir son malaise croître. Le coup de grâce avait été assené avec la mention du célèbre salon de thé, allant jusqu’à faire perdre un instant l’équilibre à la limace dégoulinante face à elle.

 

Elle écouta calmement les explications et la tentative d’esquive qu’il essayait de lui servir, bien prête à ne pas l’empêcher de se retirer du pétrin où elle était en train de le pousser. Maintenant qu’il semblait évident qu’il ne voulait absolument pas se rendre là-bas, il ne faisait aucun doute qu’elle ferait tout pour l’y envoyer.

 

- Ce qui serait inadéquat, c’est que tu refuses l’invitation d’une jeune fille comme Sarah. Ça lui briserait le cœur. Le salon de thé de Madame Piedoddu sera parfait, je t’assure. Elle a besoin de temps pour se sentir prête, de toute façon. dit-elle, comme si c’était d’une évidence absolue.

 

Il avait l’air du genre à ne pas vouloir blesser les gens. En insistant ainsi sur la peine que cela causerait à cette prétendue compagne de chambre, Cassie était quasi certaine de parvenir à le convaincre d’accepter. Quoi qu’il n’ait pas vraiment le choix, de toute façon. Puis, il se mit à parler. Trop. Et de choses tout à fait inintéressantes, qu’elle fit mine d’écouter, sans en comprendre un mot. Évidemment, quand il demanda si c’était clair, elle se contenta de sourire et de confirmer :

 

- Très clair. 

 

Se désintéressant aussi rapidement de ce qu’il venait de dire, Cassie se mit à se frotter les bras à travers sa fourrure. L’air de rien, l’air se rafraichissait. Il était temps de rentrer pour trouver une autre occupation.

 

- Allez, on fait comme ça, c’est super. Je vais lui dire que t’as accepté. En plus, la prochaine sortie sera pas loin de la St-Valentin. Tu vas adorer les décorations du salon à cette période. annonça-t-elle avec enthousiasme.

 

Mais sa joie n’avait rien à voir avec lesdites décorations. Satisfaite de sa petite blague toute innocente, Cassie se détourna de lui pour commencer à s’éloigner.

 

- À la prochaine, Meditus. le salua-t-elle en partant, non sans penser à nouveau que c’était un nom de chiotte. Au fait, tu feras gaffe, t'as un trou sur la manche. 

 

Au moins il ne pouvait plus voir la grimace de dégoût qui avait accompagné ce commentaire.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 20/01/2026 à 20:07

Acculé. Les paroles implacables de Cassie résonnaient comme des arguments imparables que Mellitus n'avait d'autre choix que d'accepter. Non, pas question de briser le cœur de Sarah. Pas comme ça. Qu'elle se rende compte qu'il fût un gros nul, c'était une chose. Qu'il se comportât effectivement comme un gros nul en était une autre. Il appuya son index et son majeur entre ses sourcils, comme quand ne pas trouver de solution lui donnait la migraine. Dans le cas présent, la solution n'existait pas.

 

Pour ne rien arranger, la jeune fille ne lui laissa pas davantage le temps de réfléchir. Elle décréta qu'il avait accepté. Mais il n'avait rien accepté du tout encore ! Enfin, si. Il s'était résigné mais n'en avait encore rien dit. Cassie lisait-elle sur son visage comme dans un livre ouvert ? Ou peut-être était-elle legilimens, une perspective fort terrifiante s'il en était. 

 

Vaincu, Mellitus leva à moitié la main quand l'oiseau de mauvaise augure fit volte-face et il balbutia quelques syllabes inintelligibles. Il finit par se reprendre quelque peu, quoiqu'encore abasourdi. Comme Cassie s'éloignait déjà sans se retourner, il parla plus fort pour couvrir la distance qui les séparait.

 

— D'accord, super. C'est Mellitus au fait ! Li, pas di. Et merci pour le trou !

 

Maintenant qu'il était averti, le Serdaigle détailla sa manche pour identifier l'emplacement de l'accroc qui n'avait rien de bien fâcheux. Il connaissait parfaitement le sortilège adéquat pour réparer ça. Il savait également où trouver du matériel de couture qui ferait tout aussi bien l'affaire et risquait moins de crever un œil à quelqu'un. La seconde option était beaucoup plus sûre et digne du moldu.

 

Madame Pieddodu, prochaine sortie à Pré-au-Lard, Sarah. "Génial," émit la voix sans conviction.

Accueil Poudlard L'extérieur Bonne poire à louer