Harry Potter RPG

[En Cours]
Réunion de crise Dans le salon, jeudi 24 janvier 2126

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 24/01/2026 à 22:07

Réunion de crise, c’est comme ça qu’elle a contacté Quintus et Prisca, ses âmes sœurs amicales, piliers de son existence qui semble un peu plus bancale que d’habitude. Elle a tellement à leur raconter à commencer par la trahison – again – de ce lâche de Scott qui s’est bien payé sa tête avec son môme. Elle va leur faire jurer, promettre, sous serment inviolable s’il le faut, qu’aucun des deux ne pensera même à accepter d’être le parrain ou la marraine du mioche de Vanessa. Caecilia ne tourne pas la page, elle aura sa vengeance.

 

La brune arpente la demeure, au moins cent un pas, en attendant l’arrivée du conseil de guerre. Manius est sorti, il lui a dit qu’il la laisserait tranquille. Elle ne comprend pas cet homme, ses réactions, son flegme intempestif qui l’irrite, elle, parce qu’elle est incapable de maîtriser ses émotions en ce moment. Caecilia a au moins besoin de quatre oreilles attentives pour s’épancher. Coup d’œil à sa montre, pas encore l’heure. Elle croise son regard dans un miroir, essaie de relever ses cheveux pour voir ce que ça donne. Il faut qu’elle recoupe sa frange, pas tout, rupture, mais quand même, elle va pas en plus montrer à Emfield que ça la touche, parce que ça la touche pas en fait, ça la détruit.

 

Caecilia essaie de se retenir, mais finit par allumer une cigarette, encore, ça la fait chier de pas arriver à s’en empêcher. Qu’est-ce qu’il va dire le Fawley, si elle continue avec un gosse dans le bide ? Elle secoue la tête, fait tournoyer sa baguette, arme meurtrière, son essentiel de survie. Elle fera pas de bavure, pas de blessure : la violence physique serait trop douce, elle préfère le narguer parce qu’au fond d’elle, elle sait que c’est désespéré. Elle n’a plus qu’à le faire souffrir, atrocement, lui faire payer ses années de bonheur reprises en un claquement de doigts. Elle peut pas croire qu’elle n’était qu’à une caresse de Vanessa.

 

La sonnerie retentit, enfin, l’épouse court presque pour accueillir ses amis. Quintus, Prisca et son plus beau sourire. Elle les enlace un peu trop fort, claque des baisers sur les joues rougies par le froid, à grand renfort d’exclamations de joie. Vous m’avez trop manqué purée, restez pas là. Elle ferme la porte, les emmène avec elle. Vous buvez quoi ? Et toujours la clope entre ses doigts.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 25/01/2026 à 02:31

En même temps, comme par hasard. Et il est tout sourire en plus. Forcément, il va la voir. Prisca a envie de crever les yeux à Quintus Bulstrode pour qu'il ne pose plus jamais son regard vil sur sa meilleure amie. Ou se crever ses propres yeux pour ne plus avoir à supporter la vue de ce sale traître et sentir son estomac se révulser.

 

Sssalut, le provoque-t-elle.

— Pripri...

— Ne t'avises pas.

— Prisca. Réunion de crise. Elle a besoin de nous. Tous. Faisons une trêve.

— Pour Nem-nem, d'accord.

— Tu vas me sauter à la gorge à la moindre occasion.

— Fais avec. Moi au moins j'attaque de face.

— Où est Scotty ? Déjà dedans tu crois ? fait-il diversion.

— À tous les coups, bas.

— C'est petit.

— C'est pour que ça te touche, Bullshitstrode.

 

Ils parcourent le sentier encadré de topiaires, ensemble. Elle a mal au ventre. La porte s'ouvre sur une Caecilia enthousiaste en apparence mais Prisca ne peut s'empêcher de se demander quel est le motif de cette réunion de crise. Et pourquoi Scotty n'est pas dans l'embrasure de la porte avec une main sur la hanche de son amante, comme il devrait l'être. Elle ne dit même pas bonjour à sa meilleure amie.

 

— Evanesco, prononce-t-elle presque trop calmement, baguette pointée vers Caecilia.

 

 

La cigarette disparaît de la main de la fumeuse.

 

 

— Devant moi, Nem-nem ? Vraiment ? T'as la cervelle fondue ou quoi ? Pourquoi Scotty n'est pas là ? Vous vous êtes encore disputés ?

 

Prisca essaie d'ignorer Bulstrode qui jubile forcément à cette idée. S'il se figure qu'une petite dispute entre Caecilia et Scotty risque de les séparer et de lui donner la moindre opportunité, c'est qu'il est vraiment illusionné. Débile en tout cas, c'est sûr. Crampe. Elle devrait peut-être demander une potion à Nem-nem pour son estomac. Ou un poison pour Bulstrode. Les douleurs disparaîtraient forcément avec lui, non ?

 

— T'as encore à boire à proposer à tes invités ? Ou Monsieur Fawley a fait les courses pour que son petit canari ne manque de rien ?

 

Nul besoin de prendre des gants avec Caecilia. Les reproches sont des attentions affectueuses déguisées en coups de griffes impitoyables. La sang-pur écoute mieux quand on mord plus fort qu'elle. Du moins la méthode fonctionne-t-elle pour Prisca. Clopes, alcool, elle a déjà dit à son amie d'arrêter. Elle va finir par emprunter la batte de sa coéquipière pour lui expliquer.

 

— Woah ! cette bouteille vaut plus que mon balai. Tu peux t'offrir ça toi, Quintusss ? Putain mais y a pas de bière ? Gallois de mes ovaires, y a des Irlandaises ici.

 

— Moi au moins je n'habite pas dans un cagibi. Sans offense, Nem-nem. Ce n'est pas de ta faute. Je prendrais volontiers un cherry.

 

— Tant de mépris pour un mec dans le fondement duquel on avait du mal à ne pas trouver ta langue.

 

— Il était mon préfet en chef et d'une famille plus influente. Ça s'appelle le respect, tu gagnerais à te renseigner sur le sujet, Pripri.

 

— Ho mais c'est qu'il essaie de mordre le p'tit bout'chou, nargue la joueuse de Quidditch avec condescendance en pinçant la joue de Bulstrode. Dégoûtant, elle aurait dû s'abstenir de le toucher. Aïe...

 

Les hostilités pourraient toujours reprendre plus tard. Prisca s'est assez amusée avec son ex-ami. Il est plus que temps de faire parler Nem-nem. Elle la toise en posant une main sur sa hanche, moue impatientée.

 

— Bon alors ? T'accouches ?

Prisca Thompson a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Griffe !

Sortilège
Sortilège de Disparition
Difficulté
4
Résultat D20
8
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

La cigarette disparaît de la main de la fumeuse.

Autres résultats possibles

La cigarette disparaît de la main de la fumeuse.

Le sort ne prend pas mais qu'à cela ne tienne. La main vive de l'attrapeuse darde comme des griffes pour s'emparer de la cigarette.

Le sort ne prend pas mais qu'à cela ne tienne. La main vive de l'attrapeuse darde comme des griffes pour s'emparer de la cigarette.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 25/01/2026 à 11:24

Le vent de fraîcheur qu’insuffle Prisca en entrant dans la pièce adoucit la morosité de son amie. Caecilia pourrait presque oublier la douleur lancinante qui la consume depuis quelques heures, jours, elle ne sait plus, presque. Sitôt repérée, la cigarette s’envole de ses doigts pour rejoindre… le néant. Rah tu saoules Pripri, elle râle pour la forme, hésite à en allumer une deuxième, puis n’ose pas provoquer son amie. La joueuse professionnelle doit avoir une hygiène de vie irréprochable au vu de son statut d’athlète de haut niveau, Caecilia se demande dans combien de temps sa propre attitude négligente finira par avoir des conséquences sur son travail. Un seul faux pas pourrait bien lui coûter cher : il faut qu’elle se reprenne, travaille son cardio, se décrasse un peu. Les transitions entre semaine d’astreinte et jours de repos sont de plus en plus difficiles à supporter.

 

Caecilia ignore délibérément la remarque de son amie sur l’absence d’Emfield, elle aura bien le temps de s’épancher plus tard. Son regard amusé passe successivement sur ses deux invités : qu’il est bon de les revoir se chamailler amicalement. Sourire amusé, qui aime bien châtie bien. Crois-moi Pri, si t’étais mariée à Fawley, t’aurais besoin de plus qu’une pinte de bière ! Elle rit franchement, heureuse d’observer Prisca, qui la secoue comme pour éviter de la voir sombrer. Ça la change des précautions anxieuses de Manius qui semble à chaque seconde sur le point de la casser en deux, comme s’il était en mesure de la briser réellement. Scott devrait lui donner des cours.

 

La jeune femme sert sa liqueur à Quintus avant de farfouiller pour remettre la main sur une bouteille de bière qu’elle est sûre d’avoir vue traîner. Bingo. J’espère que tu repères mieux les cognards que les bouteilles d’alcool, rit-elle en finissant de servir ses deux amis. Bah tu nous recevras la prochaine fois, ajoute-t-elle amusée en direction de Quintus pour apaiser les fausses tensions. Leur histoire de préfets lui glisse sur la peau sans manquer d’y dessiner quelques éraflures au passage. Trop vulnérable peut-être pour supporter le mot tranchant aujourd’hui. En parlant de respect, Caecilia détaille le visage de son ami, cherche un signe, une expression qui justifierait l’état de son invitée égyptienne dans ce salon quelques jours plus tôt. Elle lui frappe l’épaule d’un petit coup sec avant de lui tendre son verre, ne crois pas que tu vas repartir d’ici aujourd’hui sans m’avoir expliqué ce que t’as fait pour mettre Neith Ptahchepsès dans cet état. Elle se retourne vers Prisca : il m’a envoyé sa fiancée au beau milieu de la nuit, t’aurais dû voir la gamine Pri, effondrée, elle insiste sur le mot avec un regard suspicieux pour le Bulstrode. J’sais pas Quintus, ça devrait te parler non ? Les jeunes filles forcées à se marier ?

 

Parfois elle a l’impression d’être drôlement seule, comme si tout le monde avait accepté la situation, s’en accommodait bien, pouvait plaisanter sur son mari, sa vie de prisonnière, d’un ton léger. Certains jours, ça lui fait du bien, mais aujourd’hui… elle pourrait en crever. Ouais pardon, elle soupire, s’installe face à ses amis, verre de whisky à la main. T’accouches, si elle savait. Caecilia retient une grimace. Il faut qu’elle se lance rapidement, sinon elle va craquer, c’est certain. Un regard pour le paquet de clopes hors de sa portée, tant pis, elle tapote sa baguette du bout des doigts, sur le qui-vive, presque agressée. Emfield et moi c’est fini, annonce-t-elle brutalement, vraiment fini, elle insiste pour Prisca qui va sans doute lever les yeux aux cieux face à cette déclaration qu’elle doit avoir entendue au moins une dizaine de fois. Sa péta… Elle se retient. Vanessa est… enceinte et il ne, sa voix se brise soudain, il veut plus me voir, gorgée d’alcool, avalée trop brusquement. Bien, elle se relève, marche un peu, tourne le dos à Prisca et Quintus pour qu’ils n’observent pas son visage défait, fait passer nerveusement sa baguette d’une main à l’autre en regardant par une fenêtre le décor hivernal aussi morne que son avenir. Vous savez tout, et vous qu’est-ce que vous racontez ? Piètre diversion, amère. Elle ferme les yeux, compte jusqu’à trois, souffle puis se retourne, prête à affronter leurs regards apitoyés.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 25/01/2026 à 12:46

Si cette sang de bourbe croit que ses mesquineries peuvent l'atteindre, c'est qu'elle a oublié d'éviter un cognard lors de son dernier match. Ses morsures sont celles d'une vieille croup édentée. C'est ça, une chienne. Elle a toujours été la plus compréhensive d'entre eux. Pourquoi ne peut-elle pas admettre toute l'affection qu'il a pour Nem-nem ?

 

Nem-Nem qui parle. Les accueille. Quintus l'écoute cérémonieusement. Il sait savourer la voix de son amie, lui, contrairement à Thompson qui ne ferme jamais son clapet.

 

— T'as raison, je dois encore m'entraîner pour repérer les gros boulets.

 

Regard en biais. Aucune finesse. Le répit aura été de courte durée. Et voilà que même Nem-nem se met à lui faire des reproches. Enfin, ce n'en sont pas vraiment. Il s'attendait aux questions et il a soigneusement préparé ses réponses. Tout ça est entièrement la faute de Ptahchepsès. Ce qu'il n'a pas prévu, c'est que Thompson serait là aussi. Et il ne peut manquer ses yeux de rat curieux qui s'étrécissent en le dévisageant, beaucoup trop intéressés à son goût. Il ne lui donnera aucun levier supplémentaire pour le faire chanter. Il a des plans pour elle aussi. Oui, les nés-moldus sont beaux et gentils, aussi bons sorciers que les sang-purs. Mais à toute cause un martyre est utile. Prisca Thompson, morte pour la cause. L'épitaphe appropriée pour celle sur la tombe de qui s'élèvera son empire. Impatience.

 

En bon gentleman, Quintus écoute Nem-nem, sourit d'un air contrit quand elle le taquine. Sourit d'un air compatissant quand elle se lamente à demi-mots. Sourit intérieurement quand elle parle de Scott mais prend l'air du deuil aux yeux de son amie. Thompson peut bien le regarder de travers, encore. Elle n'a manifestement pas encore lâché la bombabouse. Il a le temps de la sortir de l'équation avant qu'elle ruine sa chance. Nem-nem est plus à portée qu'elle ne l'a jamais été. S'il a failli éprouver des remords pour Ptahchepsès, il réalise qu'il a juste ouvert son troisième œil. Les deux amis d'enfance libres comme l'air, qu'est-ce qui pourrait encore empêcher qu'il l'aie enfin rien que pour lui ? Il devra peut-être juste se débarrasser de l'attrapeuse un peu plus vite que prévu. Une chute de balai, c'est si vite arrivé. Et ça la ferait descendre de son ego trop démesuré pour une si insignifiante garce. Il sourit à cette dernière, provocateur. L'air de dire essaie de m'en empêcher, alors qu'il se relève et saisit le paquet de cigarettes pour en tendre une à Nem-nem quand elle se retourne vers eux.

 

— Tiens, t'en as besoin. Et ça aussi.

 

Il l'enlace. Amicalement, avec tendresse et affection. C'est dans ses bras à lui que se trouve le réconfort. Quintus est un homme de la qualité de Caecilia et il sait lui faire plaisir. Lui donner ce qu'elle veut. Elle pourra tout avoir de lui et plus encore. Elle n'a qu'à se donner à lui en contrepartie.

 

— Je suis là, comme depuis le début, comme toujours. Laisse-toi aller. Emfield est stupide de renoncer à toi Regarde-toi ! Tu es la meilleure, Nem-nem.

 

La voix retentit trop proche. Quand s'est elle levée ?

 

— C'est pas trop tôt !

 

Une main se pose avec une apparente douceur sur l'épaule de Quintus. Les doigts, surprenants de force, cherchent, trouvent, broient les tendons près de la clavicule. Il est obligé de lâcher Nem-nem pour ne pas crisper son étreinte trop fort sur elle. Catin.

 

— Il était temps que Scotty devienne un homme. Il a fait le mauvais choix mais c'est sa perte. Tu vas enfin pouvoir devenir la femme que tu n'as jamais laissé éclore, Nem-nem.

 

— Prisca ! s'offusque Quintus.

 

Il hésite. Comment tout peut partir en vrille aussi vite, aussi bêtement ? Le destin n'a-t-il donc aucune pitié pour les hommes qui se débattent et tentent de tracer leur voie ? La réaction de Prisca peut tout faire basculer. En bien ou mal. Si elle commet une erreur maintenant, elle aura aidé Quintus bien davantage que quiconque ne pourra jamais le faire. Mais si elle convainc Nem-nem... Merde. Thompson convainc toujours Nem-nem.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 25/01/2026 à 14:30

Quintus réagit immédiatement, elle s’y attendait un peu, son ami a toujours été là, comme il le souligne lui-même, et particulièrement dans les moments où Scott la mettait dans tous ses états. Ça lui fait un bien fou de savoir qu’elle est soutenue, de sentir ses bras autour d’elle. Caecilia ferme les yeux, rend l’étreinte, souffle un merci en essayant de retenir ses larmes. Elle a déjà trop chouiné à son goût pour ce pauvre type. Les paroles réconfortantes, peu objectives, peut-être réconfortantes parce que peu objectives, apaisent son cœur blessé. Ça fait parfois du bien, les beaux mensonges.

 

Caecilia garde la cigarette entre ses doigts sans l’allumer. Un regard à Prisca. Elle ne veut pas décevoir celle qui a toujours tenté de la tirer vers le haut. Elle a besoin d’alliés, plus que jamais, pour ne pas se laisser sombrer. Ses amis accueillent presque positivement la nouvelle qui la réduit en miettes. Elle hoche la tête en entendant les sages paroles de son amie. Elle s’éloigne des deux et s’affale dans un fauteuil. La cigarette éteinte tourne entre ses doigts, l’air de rien. Quel genre de femme j’peux devenir ici Pri ? La petite boniche de Manius ? Elle soupire, regard dans le vide, aurait bien besoin d’un nouveau câlin. Je sais que t’as raison, mais pas de larmes, pas de larmes j’ai toujours cru qu’on aurait notre happy end.

 

La sorcière dépose la cigarette pour ne pas être tentée, elle joue avec les manches de sa chemise blanche, tente de les réajuster : que lui reste-t-il à présent ? Fawley est au courant, avoue-t-elle après un instant de réflexion. Il nous a surpris l’autre soir au moment où Scott allait partir. Elle grimace à ce douloureux souvenir. Son mari sait, mais à présent, il n’y a plus rien à savoir. C’est presque frustrant. Il m’a proposé de faire un gosse ou de divorcer. J’sais pas, ils sont obsédés par ça les mecs en fait. Elle cherche son verre, reprend une gorgée. Prisca et Quintus allaient probablement la tuer après ça : figurez-vous que j’ai choisi le gosse, mais c’est parti en vrille. Petit rire sans joie. En fait je saurais même pas quoi faire de ma liberté sans ce crevard d’Emfield, s’il m’avait attendu putain… Tant pis, les larmes coulent. Elle hausse les épaules, finit son verre, se lève pour se resservir.

 

Peut-être ses amis savaient-ils déjà pour Vanessa, ça ne la surprendrait pas de la part de cet enfoiré de Scott. Et à présent ? Qu’allaient-ils faire ? Où irait leur allégeance ? Sur les deux tableaux : des yeux pleins de tristesse pour Caecilia et des sourires émerveillés pour Emfield junior ? Elle ne peut pas s’imaginer qu’ils la laisseront tomber eux aussi pour dorloter le poupon. Caecilia sait qu’elle risque de se prendre quelques claques en avouant ses projets à Prisca, peut-être que c’est justement pour ça qu’elle lui en fait part, pour que sa meilleure amie lui botte les fesses et la remette sur le droit chemin.

 

De Quintus, elle ne veut aucun conseil conjugal. Le sorcier n’est apparemment pas capable de s’occuper correctement de sa fiancée et, malgré toute l’amitié qu’elle lui porte, Caecilia ne peut pas imaginer l’enfer qu’aurait été son mariage avec le Bulstrode si réticent à ce type d’engagement imposé. Elle ravale ses larmes pour le charrier : enfin, ça pourrait être pire, hein Quintus, c’est à toi que j’aurais pu être fiancée. Elle sourit doucement, un peu amère, un peu plus légère.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 25/01/2026 à 18:49

La blonde fulmine. C'est pour ça qu'elle s'attache pas. À part à ces trois-là. Bulstrode, même pas la peine de l'évoquer. Vipère. Avec ses manières affectées et son amour, ose-t-il appeler ça, pour Nem-nem. Scotty et son immaturité qui avait passé sept ans à les foutre tous dans les emmerdes jusqu'au coup et cinq ans de plus à jouer avec les sentiments de la personne que Prisca aime le plus au monde. Et même elle, surtout elle. Ils ont ce pouvoir qu'elle ne veut céder à personne, celui de l'affecter. De l'énerver. De se glisser insidieusement sous sa carapace plus fragile qu'elle ne laisse paraître. Et là, Caecilia l'emmerde profondément. Mais sa meilleure amie blessée a besoin d'elle. D'une autre elle. Prisca sait quand la sévérité heurte la limite et doit céder sa place à la tendresse. Sauf que...

 

Ça, c'est la meilleure vanne du siècle. Nem-nem qui met le plus gros râteau du monde à Bulstrode sans même s'en rendre compte. Sa meilleure amie pleure, elle éclate de rire. Heureusement que Caecilia essaie de plaisanter, ça passe. Mais quand même. tant qu'elle y est, elle en profite pour se foutre ouvertement de sa gueule d'hypocrite. Elle en pleure. Tant mieux, les larmes de rire se mélangent aux larmes de peine tandis qu'elle enlace son amie avec ce mélange doux et farouche à la fois d'une louve qui protège sa couvée. Elle embrasse Nem-nem, sa Nem-nem, sur les lèvres ; platoniquement. La serre fort, plus fort qu'un homme ne pourra jamais.

 

— Tu seras qui tu veux, ma belle. Les happy end, c'est à la fin de l'histoire. Je suis pas romantique mais je crois que pour quelqu'un qui l'est ce qui compte c'est pas la première personne dans sa vie, c'est la dernière. T'as mis ta vie entre parenthèses à quinze ans et tu te réveilles à vingt-deux, c'est dur. C'est normal. Mais ta vie commence maintenant. Il est trop tôt pour que tu le comprennes mais Scott t'as rendu service. Il s'est rendu service et il a rendu service à Vanessa. Je sais que tu la hais, je comprends. Mais elle est même pas au courant de ton existence. Que tu le veilles ou non, elle est aussi innocente que son futur marmot. C'est pas ma Nem-nem qui va se laisser démolir par un mec et une gonzesse qui la calcule pas. T'as pas besoin de lui, de personne. Fuis ou fais un gosse à Manius, comme tu veux. T'as raison : ça pourrait être pire. Manius est un connard d'homme mais pas un sale type. C'est pas lui qui te ferait le coup de cette sale merde de Scott. Au contraire. Bon, il est un peu con par contre. Il croit probablement toujours qu'il pouvait nous couvrir discrètement pendant nos virées nocturnes en suivant de loin quelqu'un qui peut repérer un vif d'or à deux cent mètres. Il t'a mis la corde au cou mais s'est bien abstenu de la nouer. T'as toujours eu ta liberté en fait. Alors tu vas la prendre et en faire ce que tu veux, comme tu veux. Regarde-toi dans le miroir. Cherche à l'intérieur ce que tu veux et vas le prendre. Et si t'as peur d'y aller toute seule, tu sais que je suis là. Pour toujours.

 

Prisca reprend son souffle. Elle a l'impression de venir de livrer un match acharné. Une hésitation accompagnée d'une sensation. Comme l'intrusion inopinée du métal froid et aiguisé dans son ventre. Elle serre les dents. Après tout, elle a dit qu'elle consent à une trêve si c'est pour Nem-nem. Perdre deux amis en même temps, c'était trop.

 

— Et Quat'zyeux est là aussi. Tu peux être sûre qu'il te lâchera jamais.

 

Même ce chacal semble avoir compris et signe l'accord voilé proposé par la jeune athlète. Il se joint à l'étreinte. Ça la brûle mais chaque problème en son temps.

 

— Je t'aime, Nem-nem.

 

Allez, profites-en, Bulstrode. C'est ta seule chance de pouvoir prononcer ces mots à la personne que tu souhaites.

 

— Je... tiens trop à toi pour supporter de te voir dans cet état, Nem-nem.

 

Prisca a du mal à déterminer si c'est de la lâcheté ou de la décence. Elle lui offre le bénéfice du doute et approuve tacitement.

 

— Il est temps que tu apprennes à t'aimer aussi.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 25/01/2026 à 20:49

Prisca explose presque littéralement de rire en entendant la boutade qu’elle sert à son meilleur ami. Quintus, en revanche, ne répond rien, semble même se décomposer. Caecilia lui offre un petit sourire contrit à travers l’hilarité de son amie : désolée Quintus, je sais ce que tu penses des mariages arrangés. Elle lui serre un peu le bras. Puis son amie l’enlace, lui pique un léger baiser et la sorcière respire un peu mieux entre ses bras forts, solides, honnêtes : elle sait qu’elle ne la laissera jamais tomber. Ça lui fait du bien, elle se sent soudain petite et protégée. Son ancienne camarade raisonne bien, elle comprend qu’elle n’a pas tort, mais ça lui fait trop mal pour arriver à prendre du recul : elle fond en larmes, sanglote comme une môme parce qu’elle n’y arrive pas, que c’est trop dur. Sa petite gueule d’ange, les plis inquiets de son front, sa manière de l’attirer contre lui, douce, ferme. Ça la fait chialer encore et encore.

 

Caecilia les serre tous les deux, presque trop fort. J-je comprends pas pourquoi il l’a épousée, p-pourquoi il m’a pas attendue. Elle est en boucle, elle le sait. J’pouvais pas lui donner plus, je l’ai jamais trompé, je… J’ai jamais joué sur les deux tableaux. Elle a envie de hurler, d’aller trouver cette Vanessa, de lui cracher au visage les secrets de son mari, de briser sa vie comme elle a brisé la sienne, qu’elle quitte ce connard d’Emfield pour qu’il revienne en rampant vers elle. C’est injuste, c’est… tellement injuste. Et puisque le chagrin allait avec les grandes déclarations : cette vie est un putain de calvaire depuis cette histoire de salle de bain à la con.

 

La sorcière essaie de se calmer, relâche son étreinte, cherche un mouchoir pour éponger ses joues. La couleur de son visage est déformée par la douleur. Ça lui prendra combien d’années pour l’oublier, son parfum, pour arrêter de l’attendre, d’espérer qu’il lui écrive, se présente un soir, comme avant. Va-t-il résister ? Ça l’emmerde que Prisca prenne la défense de Vanessa, du mioche et de Scott avec. Il s’est mis tout seul dans cette situation, il les y a mis avec lui, mais de son plein gré. Il la dégoûte. Moi aussi j’peux faire un bébé, marmonne-t-elle avec dédain avant de se moucher. Il fera moins le malin. Puis Manius, cet homme à demi brisé dont elle ne sait pas quoi faire, qu'elle ne sait pas comment gérer. Peut-être qu'il faut qu'elle arrête les mecs, se barre avec Prisca et porte un nouveau coup à ses parents, à sa mère sur laquelle la colère du paternel ne manquera pas de retomber. Putain d'impasse

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 25/01/2026 à 22:51

Jamais personne n'avait laissé Quintus Bulstrode muet. Thompson avait toujours le dernier mot mais il répliquait malgré tout. Nem-nem, c'était pour l'écouter. Même Ptahchepsès, c'était juste pour lui faire payer d'avoir le malheur d'être sa fiancée. Mais voilà qu'elle se montre, la vérité toute crue de ce que pensent les femmes de Quintus : "certainement pas". Même Nem-nem, qui lui avait promis sa main dans leurs jeux d'enfants, une des rares personnes à l'aimer un tant soit peu préfère l'espèce d'immonde salopard qui l'a enchaînée à lui plutôt que son ami de toujours. Mâchoire entrouverte, rouge de honte, il n'entend pas un mot de tout ce que débite Thompson pour réconforter Nem-nem. Elle parle beaucoup. C'est suffisant pour que Quintus comprenne que même elle, la ratel de Poufsouffle, est désemparée. Elle ne sait pas comment protéger son amie.

 

Et puis il y a une invitation. De la part de Prisca. Ses esprits lui reviennent. Il participe à l'étreinte collective. Essaie de frôler le moins possible Prisca parce qu'il sait qu'il la dégoûte désormais. Une déclaration qui précède un flottement. Peut-il se permettre de répéter les mêmes mots ? Il en meurt d'envie. Mais il n'a pas le droit. Nem-nem mérite mieux.

 

Ce qu'elle peut en être bleue de son Scott. Comment a-t-il fait pour avoir autant d'amour de la part de cette femme merveilleuse ? Et surtout, pourquoi l'avoir remplacée par un vulgaire ersatz ? Et Nem-nem qui se met à sonner comme un vinyle rayé. Des fois, elle est pénible. Chaque fois à cause de Scott. Et puis... la salle de bain.

 

Tout a commencé là. C'est à cause de la salle de bain que nem-nem est malheureuse. Mariée. Enfermée dans son adolescence. Que Quintus a découvert sa fiancée et ressassé pendant si longtemps sa rancœur envers cette femme qu'il ne connait pas du tout. Que Prisca le maudit et l'insulte en boucle. Même Manius en fait les frais. Et la racine du mal, c'est la salle de bain. La racine qu'il a plantée soigneusement, comme il agit toujours, de ses petites mains avides. Parce qu'un jour, du haut de ses, quoi ? cinq ans peut-être ? Nem-nem a accepté qu'ils joueraient au papa et à la maman toute leur vie. Elle est coincée dans cette salle de bain, à quinze ans. Lui est coincé dans un souvenir à cinq.

 

Quintus se lève. Il se sert un verre pendant que Prisca recommence à houspiller Nem-nem qui dit des conneries.

 

— Ta cervelle a vraiment définitivement fondu pour de bon. Si tu fais un môme juste pour te venger de Scott, je t'écharpe !

 

— Il fallait le savoir.

 

Trop tard pour faire semblant de rien maintenant. L'aveu a été planté. Il n'a pas besoin de soleil ni d'eau pour devenir un filet du diable qui l'étouffera s'il se débat. Alors il reste serein. Prisca le regarde. Vraiment. Pour la première fois depuis qu'il a vidé son sac à la mauvaise personne.

 

— Le prof n'avait aucune raison d'aller vérifier cette saleté de salle de bain. Quelqu'un l'a envoyé. Pas Scott, forcément. Prisca presque encore moins...

 

C'était si simple depuis le début. Ça fait du bien. Un tout petit peu de soulagement, le poids de la culpabilité à peine allégé avant que ça ne fasse mal, très mal. Les deux femmes en face de lui peuvent le tuer d'un geste. L'une avec sa baguette, l'autre avec ses dents. Et il se tient là, presque trop calme. Évidemment, il n'a pas eu le courage de se dénoncer. Pathétique jusqu'au bout, il laisse Caecilia déduire la seule possibilité restante.

 

— Je garde ça depuis trop longtemps. Il fallait que ça sorte. Vous savez maintenant. Je ne m'étais jamais confié à personne.

 

Anodine. Juste une phrase pour s'assurer que Caecilia ne sache jamais que sa meilleure amie avait été contrainte de lui cacher cette vérité insoutenable. Elle aurait besoin de la dernière personne qui lui restait. Il n'a pas d'excuse à formuler. Ce serait futile.

 

— Je voulais te séparer de Scott. t'avoir pour moi. Je tenais une correspondance régulière avec ton père pour le tenir informé de tes "mauvaises fréquentations". Et j'arrive à être étonné quand tu dis que je serais le pire fiancé possible.

 

Au fond de lui, Quintus Bulstrode a toujours besoin d'être un héros. Même en se révélant la pire des enflures, il essaie de sauver le monde. D'éviter les éclaboussures.

 

— Tout ce qui t'est arrivé, ce n'est la faute de personne. Pas Scott, pas Manius, encore moins toi. Personne sauf moi.

 

Jamais de la vie il ne pourrait être un héros. Il ne serait que le martyre de son propre supplice.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 26/01/2026 à 17:24

Caecilia n’a pas choisi sa famille, ni celle qui l’a engendrée, ni celle qu’elle engendrera peut-être un jour. Elle a choisi Scott, puis le sorcier l’a laissée tomber. Elle a choisi Prisca, Quintus, son ami d’enfance en qui elle a toujours eu une confiance aveugle ; eux sont là. La couvrent de leurs yeux compréhensifs, acceptent ses jérémiades d’adolescente, la faiblesse immature dont la jeune femme fait preuve parce qu’ils l’apprécient avec ses petits et plus grands défauts, ses sorties de femme un peu trop abîmée. Pour elle, rien de trop, rien de surjoué, la vérité nette d’un cœur brisé, elle n’exagère pas puisqu’elle le sent, dans sa poitrine, la douleur lancinante de l’organe si bien qu’elle en est certaine : n’importe quelle imagerie médicale montrerait, à coup sûr, une profonde fêlure à l’intérieur. Après tout, Emfield est son premier amour : l’oublie-t-on jamais vraiment ?

 

Les remontrances de Prisca la touchent, elle en avait besoin, se laisse insulter, secouer pour sortir de la léthargie dans laquelle l’abandon l’a plongée. Son corps entre hypo et hyperactivation a besoin d’aide pour fonctionner, il lui manque une pièce, le mécanisme est cassé et ça ouvre dangereusement les vannes de ses yeux. Elle aimerait bien que Quintus dise quelque chose, insulte Scott, prenne son parti à elle, elle a besoin de la sagesse de son amie et du soutien malhonnête du Bulstrode, c’est comme ça que fonctionne son équilibre. Mais il ne dit rien, ça l’agace presque. Il se sert un nouveau verre, pas concentré, pas concerné ?

 

Puis, soudain, il parle et la sorcière comprend pourquoi elle aurait préféré qu’il se taise, n’ouvre jamais cette maudite bouche, en ce jour glacé de janvier, pour avouer l’impardonnable et plus encore. Chaque mot prononcé entaille violemment ses certitudes, leur relation, la confiance déplacée qu’elle se sent brusquement idiote d’avoir déposée entre ses mains. Elle reste interdite, ne comprend pas, la bouche entrouverte. Elle attrape le bras de Prisca, enfonce ses ongles trop fort dans la chair de la pauvre joueuse, comme pour la retenir, ou se retenir, elle ne sait pas. T’avoir pour moi, la nausée la prend, elle porte une main à ses lèvres, l’estomac retourné par l’alcool, la clope, le poison en trop grande quantité.

 

Caecilia quitte la pièce, sans un regard, file brusquement vers les toilettes les plus proches pour y rendre un mélange de boisson alcoolisée et de trahison. Son corps tremble, elle se sent faible, ouvre le robinet et laisse couler un filet d’eau sur ses mains, longtemps. Spasmes violents, incontrôlés, les crampes qui lui nouent un estomac désormais vide, comme elle, comme les émotions qui la quittent petit à petit avant de la submerger à nouveau en lourdes vagues de passions violentes. Elle ne gère pas, elle n’a jamais géré. Des erreurs de jeunesse, voilà tout ce dont elle a été capable dans sa demi-liberté.

 

Il y a définitivement au fond d’elle, quelque chose de tordu, de cassé. Elle ne peut pas vivre avec cette vérité, pas faire une croix sur Quintus, sur tout ce qu’ils ont partagé. Elle veut oublier que, comme tous les autres, lui aussi a voulu contrôler sa vie, se l'approprier. Elle cherche, dans ses souvenirs, ce sur quoi elle a déjà véritablement eu prise, les éléments uniquement marqués par l’honnêteté, mais elle ne sait plus, n’y arrive pas. Caecilia asperge son visage, tente de redescendre d'un cran, de récupérer un semblant de contrôle, une illusion peut-être, la force de retourner affronter ses amis ou ce qu’il en reste. Elle espère secrètement que Prisca se sera occupée du nouveau traitre qu’elle peut accrocher au palmarès des hommes de sa vie. 

 

La jeune femme sort de sa cachette, tremblante encore, peut-être à jamais névrosée. Que lui reste-t-il ? Une demi-vie à se méfier ? Un pas après l'autre, parce qu'il ne faut pas flancher, même quand tout tangue, que le mouvement semble désespéré. Elle y retourne, confronte ses amis, toujours vivants, en un seul morceau ou plutôt deux, pose un regard sur Quintus : oubliette moi, je t'en supplie, je ne veux pas le savoir, je n’y survivrai pas. Cette voix blanche encore une fois, sans âme. La violence de la douleur qui la noue, la crispe. Petite marionnette désarticulée, paumée, à bout de souffle.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 26/01/2026 à 22:15

Rien ne pouvait préparer Prisca à ça. De tous les défauts, surtout récemment, qu'elle a jamais pu associer à Quintus, être stupide n'a jamais figuré dans la liste. Elle n'arrive pas à trouver la satisfaction qu'elle espérait obtenir avec les aveux de son ancien ami. La bonne chose à faire, le mauvais moment. BORDEL.

 

La douleur la prend par surprise. Elle ne peut pas être comparable à celle de Caecilia qui s'enfuit brusquement mais elle est suffisante pour terrasser la jeune femme plus fragile qu'il n'y paraît. Elle ne peut pourtant pas céder maintenant. Scott est parti. Quintus est cinglé. sa Nem-nem est brisée. Qui d'autre qu'elle peut encore faire quelque chose ? Elle a un reniflement méprisant qui remet une larme à sa place : plus tard. Les insultes qu'elle a envie de hurler à Quintus restent bloquées dans sa gorge trop serrée. Alors elle s'exprime avec ce qui fonctionne encore. Craaac.

 

Elle ne sait pas si ce sont seulement les lunettes ou le nez avec qui viennent de produire ce craquement. Tout ce qu'elle sait c'est qu'il est par terre et saigne tandis qu'elle a mal à la main qui vient de porter le coup. Ça ne l'empêche pas de recommencer. Tempête à califourchon sur lui sauf que cette fois elle ne cherche pas la petite mort. Ses poings se déversent dans un déluge et quand elle n'a plus la force de frapper elle griffe. Jusqu'où serait-elle allée ? Se serait-elle arrêté si Caecilia n'était pas revenue ?

 

Oubliette. La nausée de Prisca redouble. Un sortilège aussi immonde, qui devrait être un Impardonnable. Et Caecilia le demande comme un remède ? Mais Quintus gît au sol. Tout dégénère. Comment en sont-ils arrivés là, eux quatre ? Prisca ne peut pas céder. Elle cède quand même un peu. Plus jamais elle n'aimera quelqu'un. Même Scott et Quintus, elle ne peut plus les aimer. Déjà parce qu'elle ne veut plus de ça. Ensuite parce que tout son amour ne sera pas encore suffisant pour en recouvrir Caecilia alors elle ne peut plus le gaspiller pour ceux qui n'en valent pas la peine.

 

— Je vais le faire.

 

La scène a besoin d'être aménagée pour que Nem-nem puisse croire au mensonge. Elle explique chaque étape à Caecilia d'une voix neutre, comme on briefe un match. Puis elle exécute le plan. Elle transplane avec Quintus dans sa chambre d'hôtel et le laisse sur le lit sans s'attarder une seconde de peur de laisser sa meilleure amie seule. Elle nettoie méthodiquement le carnage qu'elle a commis. Elle avance l'heure de l'horloge. Elle allonge doucement Nem-nem sur le fauteuil. Elle sort sa baguette. Elle fait tout. Jusqu'au bout.

 

Sauf ne pas céder. Tant pis, ça colle avec le scénario. Quand Caecilia émergera de la brume éphémère provoquée par cette incantation maudite, elle verra le visage défiguré de douleur et de peine de Prisca qui lui dira qu'elle a fait un malaise et que Quintus est parti trouver Scott pour l'injurier. Une blairelle pour veiller sur elle et un serpent pour mordre celui qui lui a fait du mal. Petits pansements futiles sur les plaies mais grandes promesses pour les cicatrices qu'elles laisseront. Ses amis ne l'abandonneront pas et un jour tout ira mieux. Pas bien peut-être mais juste mieux.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 28/01/2026 à 20:40

Quintus ensanglanté, Prisca sur lui. Caecilia reste un instant interdite, dévisage son amie comme si elle la voyait pour la première fois. Il faut qu’elle oublie cette scène, ce cauchemar, cette folie qui n’a pas de sens, n’en a jamais eu, ne doit jamais en avoir. Elle tremble encore. Pas Prisca sur qui on peut compter, qui n’abandonne pas, qui est là, dernier rempart entre elle et la folie, dernier espoir de voir l’ordre rétabli. Elle se laisse porter, ne dit rien, ne pense rien, espérant que, très vite, si vite, le visage du Bulstrode en sang s’efface à tout jamais de sa mémoire. Elle ne veut pas savoir, non, non, non.

 

La douceur des bras de Prisca, nouvelle preuve d’amour de sa camarade, et, bientôt, elle n’aura plus besoin de se dire qu’il n’y a qu’elle sur qui elle peut compter, que le reste du monde lui veut du mal, se joue d’elle est traitre comme eux tous, les autres, ceux qui avaient des droits, mais surtout tellement de devoirs dans les relations qu’elle a partagées. Caecilia ferme les yeux : elle ne veut pas voir son amie pointer sur elle sa baguette pour l’ensorceler.

 

 

La jeune sorcière voit un instant trouble en se réveillant sur le fauteuil du salon. Elle fronce les sourcils : Quintus a disparu et Prisca. Prisca a l’air d’incarner la souffrance. La jeune femme tente de se redresser, elle sent sur ses joues le poids des larmes séchées. Pri ? Je… où ? Son amie lui explique : un malaise ? Par Merlin je… Il lui semble avoir sous la langue un goût acide, la nausée peut-être. Wow Pripri ce Déboussolée, le cœur qui bat encore un peu trop vite, toujours aussi déchiré. Elle inspire, expire, tente de retrouver des gestes professionnels pour se calmer, fond dans les bras de son amie. Ça craint les chagrins d’amour. Léger sourire. Désolée de vous euh de t’embêter avec ça. Sa tête tourne encore un peu.

 

Quintus est trop gentil, je savais que je pouvais compter sur lui. Elle ferme les yeux, lovée contre son amie. J’ai de la chance de vous avoir. Caecilia se sent un peu mieux dans les bras rassurants de Prisca. Même sans Scott, le monde continue de tourner, ce qu’elle se dit à ce moment précis. Emfield ne la mérite pas, ils le lui ont dit, il perd au change, tant pis pour lui. Mais le temps lui semble long avant d’imaginer accepter de revoir l’ancien Gryffondor avec son mioche, de cesser d’espérer qu’il reviendra à l’improviste lui offrir son corps adultère dans la demeure des Fawley. Son premier amour, peut-être son dernier. Elle soupire, passe une main dans ses cheveux.

 

Merci, Pripri, je t’aime fort, souffle-t-elle sans lâcher la joueuse qui doit en avoir assez de supporter sa Nem-nem accrochée à elle telle une moule à son rocher. Caecilia s’écarte un peu. La douleur de l’aveu quelque peu passée, elle se sent plus légère. Au fait, puisqu’elles étaient entre filles, figure-toi que j’ai couché avec Manius hier, un peu de malice dans le sourire, comme quoi tout arrive. C’est drôle cette pointe de gêne qui teinte doucement sa voix, inhabituelle même, comme ces joues qui rosissent légèrement, les siennes. Bah c’était, elle tapote du bout des doigts sa baguette qui ne la quitte pas c’était pas mal.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 28/01/2026 à 22:12

Comme si tout était rentré dans l'ordre. Comme si. Ou presque car après tout Caecilia a toujours le cœur brisé par Scott. Sauf que rien n'est rentré dans l'ordre et Prisca le sait. Pire peut-être, la seule personne à partager ce secret avec elle est Quintus. La jeune femme se fait violence pour ne pas vomir. Et surtout... le regard que lui a jeté Caecilia, comme si elle était une étrangère, elle, son amie de la première heure à Poudlard. Qui la protégera de ce souvenir enfoncé dans son cœur comme une lame de glace ?

 

Pas le temps de se préoccuper d'elle-même. Nem-nem est sa seule priorité, elle a déjà tellement souffert. Prisca peut bien encaisser ça au nom de l'amitié ineffable qui lie les deux jeunes femmes. Pourtant elle sait qu'elle n'est pas à la hauteur quand Nem-nem revient à elle, l'esprit encombré par ce foutu sortilège. Elle sait que sa voix tremble de tous les maux qui les accablent toutes les deux et que tout ce qu'elle peut faire pour le justifier c'est de tout coller sur le dos de Scott. Il n'y a pas de sourire dans ses réponses laconiques à sa meilleure amie. Quand reviendra-t-il ?

 

— C'est pour ça que j'évite de tomber amoureuse... Tu ne nous embêtes pas, c'est normal... Oui, on pourra toujours compter sur Quintus... On a de la chance de t'avoir, toi... 

 

Une toute petite lueur bienfaitrice, des paroles qui ne peuvent l'atteindre que dans la bouche de Nem-nem. Qui donnent à Prisca la force de répondre sincèrement.

 

— Moi aussi je t'aime plus que tout, ma Nem-nem.

 

Qui, il y a à peine quelques instants, la dévisageait comme un monstre. Pendant que Caecilia reprend peu à peu ses esprits et assimile la douleur des évènements, Prisca fait tout pour refouler cette pensée loin, au plus profond d'elle-même. Mais elle se sent creuse et ne sait pas où cacher ça. Une amie chère lui a bien dit très récemment que ça craint les chagrins d'amour. Prisca ne comprend que trop bien, mieux qu'elle n'aurait jamais souhaité.

 

La confidence de Caecilia donne un peu le change, allège la conversation. Prisca aussi trouve le courage de sourire et de badiner avec son amie. L'athlète ne relève pas que ce soit l'expression "coucher" qui soit employée par son amie. Coucher, c'est ce qu'elle, la femme sans attache, faisait. Sa Nem-nem était censée faire l'amour. Tant pis, c'était un début pour sa nouvelle vie sans Scott. Avec Manius. L'idée lui aurait parue incongrue quelques heures plus tôt. Et pourtant ça sonne bien. Quelle meilleure issue pouvait-il y avoir pour Caecilia que de... peut-être pas aimer mais au moins s'habituer à son mari ?

 

— Il va me falloir plus de détails, miss Nem-nem. Je veux savoir ce que ça fait de coucher avec Manius Fawley le bon garçon. Je lui en veux toujours d'avoir refusé mes avances.

 

Ce n'était pas tout à fait vrai, mais qu'importait ce petit mensonge innocent pour taquiner son amie. Prisca s'était interdit Manius parce que, en dépit des circonstances, il y avait Nem-nem. Pourtant elle avait un faible pour les bons garçons dans son genre. Les mauvais aussi cela dit. Et les femmes. Ainsi que toutes les personnes qui étaient les deux ou ni l'un ni l'autre. Bref, Prisca aimait la vie. Et la vie, c'est les gens. Pourquoi se priver de la moindre partie des plaisirs qu'elle avait à offrir ?

 

Prisca presse Caecilia de s'expliquer par le menu de tout ce qu'il s'est passé en essayant de naviguer prudemment entre les écueils des souvenirs forcément douloureux de la veillent qui jalonnent ce récit à deux faces. Elle essaie aussi de ne pas faire le lien entre ce que lui raconte son amie et les informations qu'elle lui a données un peu plus tôt. Manius qui voulait un enfant, Caecilia qui voulait se venger de Scott. Elle ne connaissait une stupidité suffisante à aucun des deux pour avoir voulu faire un enfant dans ces conditions là mais songea tout de même que si ça arrivait, elle aurait deux meurtres sur la conscience et un bébé adopté sur les bras.

 

— Ce serait bien que tu t'entendes un peu mieux avec Manius, conclut-elle. Je crois pas que ce soit un mauvais bougre. Et puis te connaissant, tu seras jamais sa boniche. C'est lui que je plaindrai quand tu le mèneras à la baguette. Vous pourriez être heureux tous les deux. Donnez-vous juste une chance de trouver comment. Ou toi du moins. Lui je m'en fous.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 29/01/2026 à 15:49

Avec Prisca, tout est plus doux, plus sûr, même un cœur blessé. Caecilia profite, se nourrit de sa présence avant que le devoir ne la reprenne, que la demeure ne se vide de la compagnie si rassurante d’une amie, d’une sœur. Il y a définitivement trop d’hommes dans l’existence de la jeune sorcière, il faut qu’elle y remédie. J’sais pas comment t’évites Pri, j’te jure ça me prend à la gorge, impossible de m’en débarrasser. Et puis, en même temps, sept ans, ce n’est pas rien, presque une demi-vie pour la jeune femme, un si grand morceau d’elle offert en pâture au néant. Après tant d'années, tout la ramène à lui : les bruits, les odeurs, les lieux, les objets. Il faut qu’elle cesse, qu’elle arrête son cerveau, qui prend forcément les chemins mentaux qui mènent à lui, la conduise à y penser de manière presque compulsive.

 

Elle rit quand Prisca lui parle de ses avances à son mari. Qui, avant elle, avait donc bien pu se glisser dans ses bras ? De toute évidence, elle ne pouvait pas être la première. Alors elle lui souffle, les joues roses, la tendresse, le plaisir, comme si elles n’étaient que deux adolescentes en pleine séance de confidence, qu’elles parlaient d’un petit crush d’un soir et non d’un homme marié, à l’une d’entre elles qui plus est. Tu penses que je serais une mère de merde Pri ? Si quelqu’un peut le lui avouer, c’est bien elle. Puis merde, ça remonte les larmes dans ses yeux. Tu penses que c’est pour ça qu’il m’a quittée ? L’envie de crever soudain, ses phalanges trop blanches autour d’Eleftheria, comme pour se protéger d’un ennemi invisible, sournois, insidieux : le virus de l’amour qui se mue doucement en haine dans son cœur. Qu’allait-il rester d’elle après ça ?

 

Manius qui veut qu’elle lui fasse un enfant par envie, par amour peut-être sûrement. Elle n’a pas envie d’un mioche, juste peut-être de lui : est-ce qu’elle n’a pas le droit de faire d’une pierre deux coups ? Elle voudrait lui donner ce qu’il souhaite, comme un crachat à la gueule d’Emfield, mais ne sait même pas si elle pourrait arrêter la clope. Ses pensées s’égarent vers le sorcier. Et quand il sera rentré de sa petite course, que se diront-ils ? Dormiront-ils à nouveau ensemble cette nuit ? Si seulement communiquer faisait vraiment partie de ses capacités.

 

Oui… Manius, songeuse, regard dans le vide. S’entendre ? Non, pas vraiment : ils ne parlent pas la même langue, c’est évident. Ils ne désirent pas la même chose, ne fonctionnent pas de la même façon ou bien c’est juste elle, parce qu’elle est un peu tordue et fait tout foirer sciemment : pour ne pas avoir la pression d’essayer de bien faire, elle préfère se saboter directement. Pour le moment, ça lui réussit plutôt bien, elle est même parvenue à faire vriller le bon garçon. J’pense je vais le rendre fou, mais grimace un peu malhonnête, j’fais pas vraiment exprès.

 

Elle pense à se resservir un verre, abandonne rapidement l’idée, joue avec les cheveux de Prisca. J’l’aime pas, elle déclare ça comme une gosse devant son assiette d’épinard, bébé capricieux, fatigué qu’on ferait bien de foutre à la sieste rapidement. Tu penses pas que j’devrais me recouper les cheveux ? Superbe diversion, de quoi prendre au piège une athlète de son niveau, c’était plutôt bien joué. Caecilia glisse ses doigts dans ses propres mèches, les remonte pour jauger à la mine de son amie la tête que ça lui ferait, puis les laisse retomber. Non trop chiant un carré pour le boulot, j’pourrais plus les attacher. Oui voilà, bonne idée pour se déconcentrer des problèmes importants. Ça la tente pas de devoir jouer les femmes matures, elle préfère s’amuser avec son amie : d’ailleurs, selon une source sûre, j’pense bien que Quintus est amoureux de toi depuis des années, grand sourire malicieux, votre petite partie de jambes en l’air a dû le marquer. Un peu de légèreté et du baume sur le cœur.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 29/01/2026 à 18:01

Le sourire redevenu sincère, Prisca se sentait un rien soulagée par ces petites confessions et papotages d'amies. Comme si tout allait bien. La question de l'amour, forcément un peu compliquée pour Caecilia qui s'était toujours plus débattue qu'épanouie dans ce foutu tourbillon d'emmerdes. Attentive à son amie qui a besoin d'une oreille pour l'écouter et non qu'on lui réponde des conseils approximatifs, elle l'écoute jusqu'à ce que la tireuse lui confie un brin de considération pour son époux. Ça la fait sourire et elle se dit que le moment est bien choisi pour balancer sa punchline.

 

— La première règle pour pas tomber amoureuse c'est de pas coucher deux fois avec la même personne.

 

L'image fugace de Malya, joues rouges et cheveux en pagaille qui lui sourit essoufflée traverse l'esprit de Prisca. Combien de fois s'étaient-elle "échauffées" ensemble avant un match ? Mieux vaut ne pas y penser. Surtout pas maintenant.

 

— Ce qui veut dire que si tu refais l'amour au teeeeendre Monsieur Fawley, c'est que c'est le bon mec pour toi.

 

Alors comme ça Nem-nem envisageait vraiment la maternité ? À la voir comme ça, ravagée par son chagrin d'amour et dans un entre-deux pas convaincant avec son mari, la réponse à sa question crevait les yeux. Et ce n'est pas Prisca Thompson qui allait se gêner pour le lui dire. Avec une nuance importante à soulever toutefois.

 

— Évidemment que tu serais à chier dans ce rôle, Nem-nem. Si tu l'endosses pour les mauvaises raisons. Que ce soit pour faire chier Scott, et franchement je doute que ça fonctionne en plus, ou juste pour faire plaisir à Manius. Si c'est pour ça que tu tombes en cloque, je le saurai et je te ferai la peau, vu ?

 

Le feulement d'avertissement expiré, la douceur pouvait lui succéder.

 

— Mais si tu veux un bébé pour toi, pour être sa mère et en prendre soin, alors tu seras merveilleuse comme en tout. Et n'oublie pas sa marraine.

 

Elle n'avait toujours que Scott à la bouche, logique. L'amour faisait ce genre de choses aux gens. Eurk. Scott était un con, l'avait prouvé. L'avait même prouvé à chaque fois qu'il échangeait les bras de l'une pour l'autre de ses conquêtes en n'ayant aucune considération pour leurs sentiments. Il ne perdait rien pour attendre celui-là.

 

— Scott est qu'une sombre merde. Il vaut pas mieux qu'un autre. Il t'a juste fait perdre ton temps avec ses fils de marionnettiste. Je vais le défoncer comme j'ai défoncé...

 

Quintus. Mais Caecilia a oublié. La culpabilité inflige brusquement une vive entaille dans le cœur de Prisca.

 

— ... les Canons de Chudley. Quel match, un carnage. Scott n'a qu'à bien se tenir.

 

Et voilà que Nem-nem se remet à se comporter comme une chouineuse agaçante. Elle a envie de lui envoyer le menu cinq services à base de phalanges, spécialité de la maison. Ouais c'est ça, tu fais bien de faire diversion avec tes cheveux, Fawley. Parfois, juste parfois, Prisca a envie d'insulter son amie. Personne lui demande d'aimer son mari, même pas le principal intéressé. Mais elle fait du drame un art et sa relation avec Manius semble être son magnum opus.

 

— Pourquoi t'arrêter au carré ? Fais la coupe garçonne. Tu vas voir, c'est un kiffe de se faire appeler "Monsieur" de dos. J'pense bien que le dernier à me l'avoir fait a ses usines à mioches en miettes. Ducon.

 

Comme si tout allait bien, jusqu'à ce que Caecilai évoque un prétendu béguin de Quintus pour Prisca. Le sourire qu'elle avait dû feindre avant qu'il redevienne sincère s'évanouit juste un bref instant avant qu'elle le force à revenir. Saleté de sortilège. Putain. Et cette douleur dans l'estomac qui revient. Qu'il aille crever, Quintus. Prisca force un rire.

 

— Je t'avais bien dit qu'il faut pas coucher deux fois avec la même personne. 

 

Clin d'œil pas complice.

 

— Si tous les gens que je me suis tapé veulent me mettre la bague au doigt, je vais devoir demander aux Harpies de me prêter le stade. Quintus est pas amoureux de moi. Il sait juste faire la différence entre un bon coup et une aventure sans intérêt. Et si tu veux tout savoir, il baise comme un lapin. Alors non merci !

 

Les pensées de Prisca dérivent. Scott, Quintus, Manius... mis côte-à-côte, impossible de douter qui de ceux-là est le plus apte à aimer Caecilia comme elle le mérite. Mais ce con qui n'entend rien à la gent féminine va avoir besoin d'un coup de main pour y arriver. La liste des tâches s'allonge. De tous les coups d'un soir qui s'étaient cru permis d'essayer la retenir avec un "je t'aime" le lendemain matin, Prisca eût aimé que l'un d'eux soit la moitié de Manius Fawley. Pas qu'elle aurait répondu "moi aussi" pour autant. Juste qu'elle aurait peut-être envisagé d'y croire. Et dire qu'il était possible que ce soit arrivé ce matin, entre lui et Caecilia. Sauf qu'elle lui avait sûrement répondu "Scott".

 

— Il faut que tu prennes soin de toi, ma Nem-nem. Vraiment. Et correctement, pas juste céder à tes petits vices qui ne font que retarder ta peine. Alors pas de bêtises, je le saurai sinon. Et je ne te pardonnerai pas de faire du mal à ma Nem-nem d'amour.

 

Prisca dévisage gravement sa meilleure amie. Puis, ses traits se radoucissent alors qu'elle se souvient avoir dans son sac trois billets pour des places V.I.P. à son prochain match. Un pour Nem-nem, bien sûr, un pour Scott, l'enflure, et un pour Quintus, l'ordure. Elle les brandit et les fourre dans la main de Caecilia.

 

— Tu viens me voir au prochain match. Amène qui tu veux, tant que ce sont des supporters de notre équipe.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 30/01/2026 à 17:24

Caecilia se fige alors qu’elle entend Prisca énoncer la première de ses règles pour éviter les tourments de l’amour. Petit flash de son corps dans les bras de Manius le matin même, les joues roses d’un plaisir coupable. Pas étonnant qu’elle ne parvienne pas à survire aux émotions qui la dévorent si elle se montre toujours si faible.

 

Une caresse pour se venger de Scott, une seconde pour garder Manius d’aller voir ailleurs. La petite fleur bleue a un parfum toxique, bien distillé dans le bon philtre, il s’agit d’un poison redoutable.

 

Oh euh, c’est peut-être déjà mort ça Pri. Regard coupable. Elle ne comprend pas pourquoi évoquer son abandon dans les bras du Fawley crée cette petite retenue en elle, même face à sa meilleure amie. Le bon mec pour elle, la joueuse a de ces formules. L’homme idéal, le grand amour, voilà à quoi aspire le romantisme de la tireuse, rien de moins que l’évidence faite couple. Peut-être qu’elle a vu trop de films, s’est trop accrochée à l’idée pour parvenir à se détacher vraiment d’Emfield et de sa stricte rationalité.

 

C’est qu’elle n’a jamais vraiment remis en question son couple.

N’a jamais pensé qu’il pourrait prendre fin malgré les nombreuses difficultés, dont un mariage arrangé.

Est-elle profondément naïve d’y avoir cru ?

 

Un simple passage dans les bras de Manius remet pourtant déjà en question les certitudes qu’elle pensait profondément ancrées. Parce qu’il existe d’autres lèvres, d’autres mots. Au fond, l’amour, elle n’y connait rien, commence à se demander si la dépendance nocive qu’elle appelait relation avec Scott ressemble vraiment à une histoire de cœur ou plutôt à une histoire de cul teintée de disputes plus ou moins violentes. Le constat la blesse profondément.

 

La jeune sorcière est plutôt réceptive aux mises en garde de son amie et pour cause, elle sait Prisca capable de mettre ses menaces à exécution. Elle se jure mentalement de faire une croix sur cette histoire de maternité vengeresse, même si elle reste intimement persuadée qu’il s’agit du moyen le plus sûr de porter un coup violent à l’égo de son sorcier d’ex-petit ami.

 

Caecilia sait pourtant qu’elle pourrait faire pire.

Faire volontairement un gosse à Fawley, par amour, voilà qui achèverait le Scotty. Malheureusement, ce plan est hors de sa portée. Elle se demande même si elle n’aurait pas besoin de faire la paix avec ce désir de vengeance pour fomenter cette dernière : ça n’a donc aucun intérêt.

 

Elle grimace en écoutant les conseils de son amie en matière de cheveux, pas vraiment convaincue. De toute façon, il est hors de question qu’elle coupe, ne serait-ce qu’un centimètre de peur qu’Emfield pense être la cause de ce changement capillaire et évidemment qu’il le serait ce petit enfoiré.

 

Prisca évacue la question de Quintus, mais Caecilia ne la lâche pas tout de suite : en fait, il a dit à sa fiancée qu’il ne pouvait pas supporter leur union parce qu'il était amoureux d’une autre femme, elle scrute la réaction de son amie, il a appris ses fiançailles en demandant à sa famille le droit de l’épouser ou quelque chose comme ça. Elle se demande ce que ça lui ferait si ses deux meilleurs amis venaient à sortir ensemble. Un amour de jeunesse, tu vois, c’est forcément toi.

 

Elle récupère avec bonheur les invitations que lui tend Prisca : une pour elle, une pour Quintus et… Bon, peut-être une pour Manius alors ? Merci ! J’ai hâte de t’y voir ! Caecilia pince les lèvres en se levant pour les ranger soigneusement dans un tiroir. Un peu déboussolée. Je fais de mon mieux Pri, elle soupire, le dos tourné. Son amie doit bien voir que ce n’est pas simple : elle s’est même carrément évanouie de chagrin il y a seulement quelques minutes. Je crois que j’ai vraiment peur de grandir.