Homme
24 ans
Sang pur
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 16/02/2026 à 03:19
— J'accepte ton invitation, Caecilia Fawley.
Plus tard, quand après la comédie musicale se poursuit celle des époux impossibles, Manius se voit répondre par un petit rire à sa demande. Il a encore sauté les étapes. La soirée ne se terminera pas sur le rythme effréné qu'il s'est figuré sur un coup de tête mais dans une ambiance plus classique, plus propice à permettre aux danseurs d'apprendre à suivre les pas l'une de l'autre. D'un hochement de tête, le sorcier approuve la marche. Cela lui permettra de dompter son ardeur et de renouer avec le calme.
— Tu as dit que tu voulais danser, restons sur quelque chose que tu connais pour ce soir. Et puis on m'a fait savoir récemment que je n'ai pas vocation à être professeur, plaisante-t-il sans amertume, s'essayant à l'humour.
La main de Caecilia dans la sienne. Une première que de se promener ainsi comme deux vrais amoureux sous un crépuscule urbain. Manius s'en veut de ne pas apprécier le geste à sa juste valeur. Tous les efforts du monde seront-ils jamais suffisants pour vivre aux côtés de la personne dans laquelle il a cru voir l'envie de le tuer sous le coup d'une jalousie qu'il ne comprenait même pas et qui avait déclaré sans équivoque qu'il la dégoûtait ? À quoi rime cette comédie-là s'il lui inspire tant de rejet et si son propre cœur s'est fermé à cette formidable sorcière, exécrable épouse ?
Mais pour l'heure, tout va bien. Ils jouent leurs rôles. Celui des mariés du moins. À la crainte de Caecilia concernant la parenté s'ajoute la résolution catégorique de Manius de ne pas engendrer d'enfant dans une union aussi bancale, avec une femme qu'il doit réapprendre à aimer. Dire que s'ils sont là, c'est parce qu'il est revenu pour satisfaire à la demande d'un héritier qui ne verra finalement jamais le jour. La question qui tombe de nulle part, comme c'est toujours un peu le cas avec sa moitié, prend encore l'historien au dépourvu.
— Mais, on n'est pas des... hum.
Cela fait sens. Les prédispositions dramatiques de la jeune femme, sa vie d'épreuves et de peines, celle qu'elle essaie de se réapproprier aux côtés d'un homme dont elle n'a jamais voulu. Comment se termine cette pièce-là ? Protagoniste de sa propre histoire, Les mésaventures de Caecilia. Une tragédie en cinq actes. Mais quelle distribution pour les rôles ?
— Si on était des personnages de théâtre, je serais l'antagoniste. Tu crois que le public voudrait voir l'héroïne à son bras ?
Non, ce que le public souhaiterait c'est voir l'amour impossible revenir à sa promise. Ce serait de retrouver Emfield lors de la dernière scène qui vient emmener sa dulcinée à dos d'abraxan et qui s'envole avec elle vers de meilleurs lendemains. Mais alors qu'il se croyait en paix avec l'idée d'une Caecilia dont le cœur appartiendrait toujours à son premier amour, imaginer ce scénario révulse l'estomac de Manius.
— J'espère que le public voudrait voir ça. Ça aurait le mérite d'être inattendu.
Une courte réflexion. Tout ça n'est qu'hypothétique. Et puis, pourquoi se contenter de jouer un rôle ?
— Mais on n'est pas des personnages de théâtre. On n'a pas de scénario imposé. Tu préfères pas décider du dénouement ?
Oui. Que fera Caecilia pour reprendre les rênes de la narration entre ses mains et quelle fin voudra-t-elle vivre ? Que se passerait-il si les personnages d'une pièce réalisaient qu'ils disposent de leur libre arbitre et décidaient de s'emparer de la scène, de ne plus se soucier du public et de faire un pied-de-nez au dramaturge qui croyait décider pour eux ? Manius brûlait de connaître la réponse de Caecilia. Du même feu qui le consumait quand la curiosité lui donnait la fièvre de la découverte. C'est qu'elle est surprenante, cette épouse.