Harry Potter RPG

[En Cours]
Réprouver le quotidien Salle à manger, samedi 09 février 2126

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 17/02/2026 à 04:42

L'aube transforme les nuages cotonneux de Dinefrw en barbes à papa, nuancier qui va du vermeil au pêche. Une bourrasque en provenance de l'est fait frissonner le Gallois, debout dehors devant un petit carré de terre retournée quelques jours plus tôt qui le hante.

 

Gwynt traed y meirw, maugrée-t-il pour lui-même.

 

Le vent d'une sensation sinistre. Pas besoin de faire de la divination pour savoir que le présage est évident : Caecilia va le tuer. La sorcière est encore assoupie dans les draps froissés de leurs ébats de la nuit. Peut-être les plus sincères qu'ils aient jamais eus. Manius arrive à croire que pour une fois ils ont fait l'amour. Ensemble, animés par un désir partagé et, peut-être, amoureux. La veille, les époux Fawley ont accompli l'exploit de s'entendre, de s'apprendre. Un agréable après-midi et une virevoltante soirée où ils se sont rencontrés. Et dans quelques instants, il va sciemment faire s'écrouler ce pont de verre construit fastidieusement à coups d'heureux quiproquos et de bonnes volontés.

 

Un bâillement trahit sa fatigue morale et physique. Encore une nuit blanche, la quantième ? Pendant longtemps, il est resté allongé dans les bras nus de Caecilia à caresser distraitement du bout des doigts une épaule qui se souviendrait peut-être un peu de la sensation provoquée par la tendresse. Combien de temps faudrait-il pour désapprendre au corps voluptueux de la jeune femme la morsure de la baise et lui faire accepter la délicatesse de l'amour ?

 

Après Caecilia, c'est Emfield qui avait pris le relai dans la spirale des pensées de l'insomniaque. Il hait infiniment plus ce tocard d'avoir fait du mal à sa femme qu'il ne le haïssait de lui avoir fait l'amour. Ce qui n'était jamais advenu au final. Ces amants-là se faisaient la haine et quand il s'est barré comme un lâche, Caecilia s'est rabattue sur Manius pour continuer à faire la même chose.

 

Mais ce qui a fait se lever l'historien c'est Ophelia. Non pas qu'il ait voulu penser à elle mais elle va de pair avec ce qui lui manque le plus : l'exercice de son métier. Impossible de dissocier la sorcière du travail, du musée de Godric's Hollow qui lui tend les bras et l'appelle. La conservatrice l'accueillerait. Avec ses traités gobelins, son verbe cultivé, sa beauté sobre. Le sorcier écartelé entre deux femmes n'a pas supporté de penser à l'une en étant dans les bras de l'autre. Il est l'homme d'une seule d'entre elles, il ne peut en être autrement. Mais tout ce qu'il sait, c'est que son nom finit par lia.

 

— Orchideus.

 

Une composition modeste de strelitzia prend forme dans sa main libre et Manius rentre dresser la table du petit-déjeuner autour du vase dans lequel il dépose celle-ci.

 

Est-ce que Caecilia avait apprécié la surprise d'être réveillée par un baiser sur son front et les effluves du café ? Le souvenir de son inconfort alors qu'il essayait de partager ce repas matinal apporté au lit dissuade le mari de réitérer l'expérience trop vite. Le cours de sa réflexion interne vagabonde de nouveau, trouve le chemin de la bibliothèque, de son bureau, du cabinet soigneusement scellé par un enchantement gobelin dont il détient la seule clef toujours sur lui pour protéger quiconque de ce qu'il renferme. Le travail. Manius en a besoin sans quoi sa raison s'étiole et son moral s'effrite. Éfrit. Ptahchepsès. Nephtys. Je ne participe plus aux fouilles lui avait-il dit.

 

Qu'est-ce qui l'empêche de mener des recherches ici ? Certes il connaît par cœur chaque page des livres qui ensevelissent les murs de la résidence, a percé tous les secrets des artefacts enfermés en sécurité. Certes il pourrait ramener de la nouvelle documentation, acquérir une pièce inconnue, vivre sa passion entre les murs du foyer. Mais ce ne serait pas suffisant. Et puis, il ne veut pas ramener du travail à la maison. Son père faisait sans cesse cela. Père, viendriez-vous me lancer le souafle s'il-vous-plaît ? Non, père est occupé. À quoi ça sert de demander poliment si c'est pour se voir refouler ? Papa, lance-moi cette foutue balle ! Trop tard pour ça. Mais pas trop tard pour être un autre homme que son père. 

 

Manius a vu, expérimenté, tiré des conclusions de ce que ça faisait d'imiter un père, de reproduire ses erreurs. Jamais. Recalé de Poudlard, écarté de ses expéditions, quelle option lui reste-t-il ? Un petit musée dans un petit village, gardé par une grande sorcière. Alors l'historien rassemble son courage, l’assoit de force côte à côte avec sa peur et essaie d'oublier que son rythme cardiaque l'assourdit alors que Caecilia le rejoint dans la salle à manger. Courtoisies, un minuscule répit enrobé dans trois mots tendres avant de la fixer avec une mine aussi neutre que possible. Manius aimerait que quelqu'un lui enseigne le tact.

 

— Caecilia. J'ai quelque chose à te dire. J'ai besoin que tu me fasses confiance. Je... n'en peux plus de rester ici toute la journée. D'attendre seul que tu reviennes du travail. Il m'en faut un aussi. Le seul endroit qui veuille bien de moi, du fou qui étudie la magie noire, c'est... Godric's Hollow. Je ne veux pas te faire de mal, je sais que tu n'as pas envie que j'y aille. Mais j'en ai besoin.

 

La pendule de la sorcière oscille de son mouvement perpétuel. Manius observe, attentif. Ordre ou chaos ?

Manius Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Illyius !

Sortilège
Sortilège du Charmanpetitbouket
Difficulté
4
Résultat D20
16
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Une composition modeste de strelitzia prend forme dans sa main libre et Manius rentre dresser la table du petit-déjeuner autour du vase dans lequel il dépose celle-ci.

Autres résultats possibles

Une composition modeste de strelitzia prend forme dans sa main libre et Manius rentre dresser la table du petit-déjeuner autour du vase dans lequel il dépose celle-ci.

Trop incertain pour créer un bouquet de fleur à destination de son épouse, Manius renonce et rentre préparer la table du petit-déjeuner d'humeur maussade.

Trop incertain pour créer un bouquet de fleur à destination de son épouse, Manius renonce et rentre préparer la table du petit-déjeuner d'humeur maussade.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 17/02/2026 à 16:41

Le corps engourdi a du mal à accepter la réalité du petit matin. Caecilia a mal aux pieds d’avoir trop dansé. Elle émerge doucement entre des draps désespérément vides, cherche le corps d’un Manius déjà disparu. Long soupir, petite moue : où sont ses bras quand elle a besoin d’eux ? Le contact du tissu contre sa peau lui donne envie de replonger dans un sommeil sans rêves, elle passe une main dans ses cheveux, son corps est encore chaud.

 

La sorcière glisse ses doigts sur Eleftheria, elle fait un instant tournoyer sa baguette, pensive. Dans sa tête, un trop-plein de l’historien, de ses gestes, de ses mots, le cadeau d’une force plus douce, d’un cadre plus stable pour l’aider à repousser ceux qui la blessent. Ce matin, elle en est sûre : Scott ne reviendra dans sa vie que sous la forme d’un mauvais souvenir.

Léthargie douce-amère dont elle a fini par se réveiller.

 

Les rideaux s’ouvrent sur un paysage d’hiver que le vent fait ployer. Caecilia grimace en se refusant une énième clope. Fumer au petit matin, le regard vague dans un horizon dont elle connaît toutes les saisons lui manque terriblement. Elle tapote nerveusement sur le rebord de la fenêtre.

 

Devant le miroir, la tireuse sourit un peu, attache des cheveux qu’elle n’a toujours pas coupés malgré la courte discussion avec Prisca sur le sujet. L’eau glacée sur son visage achève de la réveiller, et elle s’octroie un brin de toilette avant de retrouver son mari, toujours impeccable.

 

L’odeur du café l’attire vers la salle à manger. Sa baguette glissée à sa ceinture, la tireuse relève les manches de sa chemise en entrant dans la pièce, peut-être plus mécaniquement que pour de véritables questions de température. Ses yeux rencontrent rapidement les strelitzias qu’elle caresse d’un regard charmé avant de retrouver ceux du sorcier. Merci monsieur Fawley, murmure-t-elle en volant un baiser à son mari. Gratitude innocente qui englobe pourtant bien plus qu’un petit bouquet. Pas trop mal aux pieds ? interroge-t-elle en attrapant une tasse à café. Les matins sont brusquement plus doux depuis quelques minutes.

 

Caecilia repère sa boîte à musique sur un coin de la table. Encore un mystère non élucidé qui avait su faire diversion. Elle la remercie silencieusement. Combien de petits détails de ce type ont-ils permis aux deux époux de finir par tomber dans les bras l’un de l’autre ? 

Ce matin, la sorcière est reconnaissante, elle a brusquement l’impression d’avoir avancé.

L’impression.

 

Les mots de Manius claquent brusquement dans l’air. Le tremblement incontrôlé de ses doigts, puis une sensation de brûlure sur le dos de sa main gauche. Caecilia laisse échapper un gémissement de douleur physique et psychologique en déposant la cafetière sur la table un peu trop brusquement. Elle éponge sa main avec une serviette en lançant à son mari un regard désemparé.

 

Son corps retrouve soudain son état d’alerte, l’estomac noué, le cœur serré. Elle sent l'organe se tordre dans sa poitrine en une douleur bien plus intense que celle du café brûlant. La sorcière essaie de capter le regard de Manius, d’y chercher une explication à ce retournement de situation.

 

Que lui disait-il encore la veille ? Je n'ai pas pris l'emploi au musée parce que je ne veux pas que tu t'inquiètes de me savoir près d’elle. Et aujourd’hui ? Le léger bonheur de la matinée quitte brusquement Caecilia, qui se demande quel impair elle a encore commis pour qu’il décide de fuir dans d’autres bras. Alors qu’elle a eu l’impression qu’ils étaient parvenus à effleurer un bout d’harmonie entre leurs mains liées, le voilà qui repart déjà.

 

Parce que, dans la tête de la jeune femme, le musée de Godric's Hollow ne rimait qu’avec un seul mot :

O-phe-li-a.

 

La sorcière sent son cœur battre douloureusement dans sa main. Elle s’assied lentement. Sur la nappe, une tache colorée retient le déni de lui boucher les oreilles.

Caecilia se sent vide. Vide et conne.

La douleur l’empêche d’écouter la prévenance de son mari, la nécessité de lui faire confiance, la volonté de ne pas lui faire de mal. Les pas qu’elle a faits dans sa direction n’ont eu qu’une et unique conséquence : le faire reculer.

Qu’est-ce que j’ai fait ? articule-t-elle douloureusement en levant les yeux vers un visage qui lui semble soudain étranger.