Harry Potter RPG

[En Cours]
Celui qu'il n'était pas Dans un pub, vendredi 01 février 2126

Accueil En dehors du Château Londres Celui qu'il n'était pas
Luke Huston

Homme

20 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 17/02/2026 à 20:40

- HAAAAAN LES PEEEECS ! ROH LA LA LA LES EPAAAUUULES !

 

Ces cris provenaient d'une cabine d'essayage d'un grand magasin, une enseigne populaire moldue où se pressaient tant des locaux que des touristes impatients de dégoter un tshirt à l'effigie de la capitale britannique.

 

 

 

 

 

Rembobinons.

 

Quelques jours plus tôt, Luke avait eu une idée. Une bonne, cette fois. Car pour utiliser convenablement le polynectar, il lui fallait un cheveu ou un poil d'une personne en qui il pourrait se transformer pour se rapprocher de la cible que Quintus Bulstrode avait désignée pour lui. Ce même homme avait été généreux pour qu'il pût accomplir sa mission et l'avait doté d'une coquette somme pour couvrir les frais de sa filature. Luke avait eu du mal à en croire le poids de la bourse qu'il lui avait mis entre les mains. C'était si lourd qu'il s'était même posé la question de s'enfuir avec. Mais l'occasion était trop belle de briller et d'avoir un nouvel associé. Surtout que cet associé lui faisait miroiter qu'une telle somme pourrait devenir sa nouvelle normalité pour les mois à venir s'il travaillait correctement.

 

Par conséquent, Luke avait décidé de s'appliquer. Tout d'abord, il lui fallait trouver la bonne personne. Pour trouver la bonne personne, il fallait être au bon endroit. Luke avait jeté son dévolu sur une salle de sport du centre-ville : c'était là que les londoniens les plus friqués se rendaient, et forcément, il allait trouver parmi eux ce qu'il cherchait. Il prit d'ailleurs un abonnement pour l'année après avoir échangé une part des gallions en livres sterling, investissement qu'il espérait utile en temps et en heure, quand il deviendrait lui-même de la même trempe que Quintus Bulstrode, mais en plus beau. (Pour l'intelligence, il était réaliste.)

Et ce fut donc dans cette salle de sport qu'il trouva l'Homme A Qui Il Voulait Ressembler.

 

> Le Spécimen <

 

Convaincu de tenir donc le parfait spécimen de l'espèce qu'il chassait dans cette jungle urbaine, Luke dut quand même passer une bonne demi-heure à essayer de pousser de la fonte tout en essayant de n'avoir pas trop l'air de reluquer ce voisin d'appareil de musculation, qui semblait savoir faire du rameur comme s'il travaillait pour une équipe olympique. La sueur dégoulinait dans sa nuque brune et il était parfaitement pas rasé, avec des muscles qui débordaient de son débardeur. Bref, c'était lui. Et en prime, des cheveux suffisamment longs pour être récoltés facilement.

 

La récolte fut d'ailleurs aussi simple que grossière : quand l'homme s'assit sur un banc pour se passer une serviette sur le visage, Luke laissa tomber son propre poids au sol. Il se dirigea droit vers la cible, sortit son cutter - 4,90£ chez Tool Shop au coin de la rue, pas vraiment ce qui avait généré sa plus grosse dépense pour l'opération, avec le petit manche jaune en plastique - et s'empressa de couper une bonne mèche de cheveux - histoire d'avoir du stock pour l'avenir, ça pourrait toujours servir pour aller pécho dans des pubs.

 

Après quoi, Luke prit la fuite sous les cris de surprise de la clientèle de la salle de sport.

 

Il réalisa seulement après avoir couru sur cinq cent mètres dans la rue, hors d'haleine, qu'il s'était enfui sans ses affaires.

 

Alors il y retourna.

 

Après une demi-heure d'explications alambiquées que personne dans la salle ne comprit, il fut proprement mis dehors - avec ses affaires, cette fois - par la sécurité, mais la mèche de cheveux bien en poche, ayant argumenté qu'il ne pouvait pas la remettre sur la tête de son propriétaire. Il avait payé son abonnement annuel inutilement, car ils ne le laisseraient plus rentrer. Petit loupé, mais l'objectif était atteint : une bonne poignée de cheveux d'un éphèbe était en sa possession.

 

 

 

 

Mais toutes ces péripéties valaient bien le résultat.

 

- HAAAAAN LES PEEEECS ! ROH LA LA LA LES EPAAAUUULES !

 

Dans la cabine d'essayage, donc, face à un miroir légèrement amaigrissant, Luke contemplait ce magnifique nouveau corps qu'il habitait : les yeux écarquillés, il passait ses doigts sur les muscles saillants, les touchant comme s'il réalisait à peine qu'il s'agissait, pour ce soir tout du moins, de sa chair. Dans le miroir, le visage qui l'observait semblait taillé pour le mannequinat, mais il gardait la bouche ouverte de stupéfaction en s'exclamant encore et encore, faisant fi de ce que pouvaient entendre les autres clients du magasin. Après une minutieuse observation de son torse nu, il remarqua que le pantalon qu'il portait avait un peu craqué, un bouton ayant sauté - la faute à ses muscles abdominaux et fessiers qui remplissaient un peu trop le jean habituel de Luke. Il eut soudain l'idée de tirer dessus pour regarder à l'intérieur de son caleçon.

C'était moins impressionnant que le reste mais ça irait, jugea-t-il.

 

 

 

 

Trois heures plus tard, dont une petite passée à faire du shopping pour habiller ce nouveau corps, la nuit était suffisamment avancée pour que les foules se déplaçassent des restaurants jusqu'aux boîtes de nuit et autres pubs. Luke avait obtenu de Quintus l'adresse d'un établissement que la jeune femme qu'il visait fréquentait régulièrement. C'était un bar qui donnait sur une rue relativement fréquentée, dont l'entrée était flanquée de gros piliers habillant une façade colorée façon Art Déco. L'enseigne lumineuse brillait dans la nuit et les fenêtres aux vitres fumées suintaient d'une musique faites de basses saturées et de guitares électriques, alternant des rythmes rock à des rythmes plus jazzy pour satisfaire la variété de la clientèle qui se pressait devant les portes. Les fumeurs riaient aux éclats en se bousculant sur le trottoir, et Luke les dépassa avec une allure assurée, vêtu d'un costume noir - le plus cher vêtement qu'il eût jamais acheté dans sa vie - qui s'ouvrait sur un simple t-shirt moulant son nouveau corps de mannequin londonien.

 

Dès qu'il ouvrit la porte, la chaleur humide de l'intérieur du pub l'enveloppa, et il s'avança en roulant un tout petit peu des épaules. Avec une pointe de déception, il ne trouva pas que toutes les femmes le dévisageaient subitement, mais ce n'était pas très grave : cela lui offrait le loisir de rechercher la personne qu'il était censé épier. Il logea ses lunettes de soleil sur son crâne pour mieux y voir : un long comptoir occupait l'espace à sa gauche et de multiples tables et autres carrés de canapés en cuir s'alignaient à sa droite et jusque profondément dans la grande pièce aux plafonds hauts ornés de lampes noires suspendues qui rappelaient un style industriel. Les lumières jaunes et tamisées rendaient l'endroit intimiste malgré le bruit ambiant et l'odeur de l'alcool. Tout au fond, un groupe de musiciens jouaient devant quelques danseurs et danseuses animées, et Luke progressa tranquillement dans cette direction quand il la vit : Caecilia Fawley. Reconnaissable à sa longue chevelure brune, son visage parfaitement composé. Luke sentit son coeur - enfin, celui de l'inconnu vachement plus beau que lui - tambouriner dans sa poitrine.

 

Il s'avança sans réfléchir puis il réalisa subitement un petit détail : personne ne semblait venir ici seul. Tout le monde semblait accompagné. Mais c'était trop tard. Ses jambes le portaient en avant. Il y avait une table libre juste à côté de Caecilia. C'était sa chance.

 

Alors il s'y rendit - petit roulement des épaules - le visage sans émotion, pour se laisser tomber sur l'un des canapés en cuir devant la table libre encore encombrée de quelques verres vides.

 

Regard à droite.

 

Merde, elle m'a vue.

 

- J'ATTENDS QUELQU'UN.

 

Merde, j'étais pas censé lui parler.

 

C'était sorti tout seul. Tant pis. Il lui sourit. C'était un sourire aux dents parfaitement alignées, entouré d'une petite barbe parfaitement entretenue, qui tenait sur une mâchoire carrée comme dans les films américains. Mais c'était aussi un sourire un peu crispé façon j'ai mal au bide.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 20/02/2026 à 22:49

Scott Emfield. Quelques lettres, deux mots, plus qu’assez pour l’avoir conduite dans ce bar que les amants aimaient fréquenter il y a quelques mois, quelques jours, quelques années. Elle ne sait plus. La faute peut-être à ce énième verre de whisky que le serveur lui resserre sur un simple regard contrit. Caecilia Fawley fait pitié. La sorcière attend, à cette table qu’ils prenaient toujours, qui leur était presque réservée parce qu’elle s’en fichait qu’une poignée de moldus voit madame Fawley en train de minauder dans les bras d’un autre, non, ça l’amusait, le goût du danger sur les lèvres de l’ancien Gryffondor qui lui rappelait celui de la vie libre.

 

Peut-être même espérait-elle que l’information remonte jusqu’aux oreilles de son père, plante un poignard dans le cœur de son geôlier. La violence d’un coup dument mérité.

 

Ce soir pourtant, la fin de la provocation d’un conte de fées parti en fumée. Caecilia n’est plus qu’une ombre qui sent la clope et l’alcool. Deux yeux qui attendent un prince charmant absent. Le futur papa ne doit sans doute plus fréquenter ce genre d’endroit, mais elle espère, pourtant, se damnerait pour le voir passer cette fichue porte et la prendre par la taille. Putain.

 

Trop de bruits, trop de gens, elle ne sent plus rien, presque anesthésiée par le chagrin. Retournera-t-elle, l’âme fendue dans les bras de monsieur Fawley ce soir ? Cet inconnu qui l’a si tendrement consolée avant de lui avouer la tromper, lui aussi. La sorcière ne sait plus si elle est de mauvaise fois ou a fini par croire à ses impressions erronées, ses extrapolations exagérées. Un sentiment de trahison si puissant qu’il la rend incapable d’utiliser une autre grille de lecture. Ce soir, elle est trop maquillée, trop habillée, méconnaissable. Peut-être que Scott passerait devant elle sans la voir, sans un trouble, sans un mot. La douleur lui fait tourner la tête – ou est-ce l’alcool ? Impossible à dire. Elle a mal, c’est suffisant.

 

La main gauche dépourvue d’alliance comme si tout n’avait jamais été qu’un rêve. Elle pense à Prisca qui lèverait probablement les yeux aux cieux de la voir revenir sur les lieux du crime, comme si le fantôme de son cœur brisé aurait pu avoir, subitement, ce soir, le même instinct. Mais après tout, les âmes sœurs ne sont-elles pas censées se retrouver miraculeusement dans ce type de circonstances ? Caecilia réfléchit trop, ou plutôt est-elle en boucle sur les mêmes pensées. C’est selon.

 

Peut-être est-ce pour ça qu’elle ne la voit pas tout de suite, cette belle gueule qui lui soulève le cœur, qu’elle écarquille seulement les yeux quand il s’assied près d’elle avant qu’une voix ne mette un terme à l’illusion. La ressemblance est frappante, mais non, il ne s’agit pas d’Emfield. Caecilia hausse un sourcil : est-ce le destin qui a décidé de la narguer dans cette soirée rendue poussiéreuse par les souvenirs torturés ?

 

Il attend quelqu’un, oui. Tout le monde attend quelqu’un dans ce putain de bar, d’ailleurs, elle-même n’y venait jamais seule, avant. Le bras de Scott. Peut-être le plus beau couple de ces fichues soirées. Et ce crétin qui se sent le devoir de lui rappeler qu’elle est tristement seule. Hé bah moi j’attends personne, connard.

 

En fait, Caecilia ne voit pas pourquoi elle serait la seule à avoir le cœur brisé ce soir. 

Une si grosse peine ne mérite-t-elle pas d’être partagée ?

 

La sorcière prend son verre, avance d’un pas moins assuré qu’à son habitude vers le canapé occupé par l’individu qui ressemble cruellement à son ex-amant. Hé bien, vous en avez de la chance, sourit-elle avec toute la fausseté qu’elle parvient à ramasser, moi aussi, j’attends quelqu’un, ce n’est qu’un demi-mensonge après tout, mais si vous voulez, nous pouvons attendre ensemble. Le corps peut-être un peu trop proche de celui du jeune homme. Ce Scott de substitution fera finalement fort bien l’affaire pour une soirée de pacotille comme celle-ci. Qu’est-ce que vous buvez, monsieur… ?, interroge-t-elle pour récupérer un nom. Puis un haussement d’épaules mental, peu importe finalement, seule la lancinante douleur de son cœur implorant le premier remède venu semble compter.

Luke Huston

Homme

20 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 21/02/2026 à 13:50

Luke toisait la jeune femme qui s'était déplacée dans sa direction. Contre toute attente, elle ne l'avait pas ignorée comme un gros lourd, non : elle lui parlait.

 

In-cro-yable.

 

C'était bien la preuve que tout était question de physique : la femme qu'il était censé filer était déjà collée à lui ! Tout s'expliquait donc ! S'il n'avait jamais pu attirer des filles, c'était parce qu'il n'était pas suffisamment beau. S'il avait su ! Il serait allé à la salle de sport bien plus tôt dans sa vie. Il trouvait aussi qu'il avait la voix plus grave, plus rauque, et cela devait jouer un peu aussi.

 

- Ah ? Hum, ouais, pourquoi pas. Peut-être qu'on s'attendait l'un l'autre et qu'on l'savait pas ! décréta-t-il en haussant les sourcils, le corps raidi par la présence si proche de Caecilia Fawley, tireuse d'élite, elle peut t'abattre à trois cent mètres sans sa baguette.

 

Luke arbora un sourire un peu figé. Quand il respirait - un peu trop fort pour quelqu'un qui était venu se détendre dans un bar - il sentait ses pectoraux distendre son tshirt et s'émerveilla encore de posséder de pareils atouts. D'ailleurs, il bomba un peu le torse histoire de les faire ressortir.

 

- Je prends toujours du whisky, annonça-t-il d'une voix assurée.

 

Il savait que là-dessus, il ne pouvait pas se tromper : parce que monsieur Bulstrode buvait du whisky, c'était du whisky qu'il fallait boire, et puis il avait reconnu la même boisson dans le verre de Caecilia.

 

- Et je m'appelle heu...

 

Pas Luke Huston, non non non. Vite, un nom.

 

- Arsène.

 

Arsène comment ? Ses yeux tombèrent sur la table devant eux, qui n'avaient pas été débarrassée : des chopes de bière vides portaient encore des traces de mousse blanche et entre eux, un paquet de cigarettes froissé. Pris d'une soudaine inspiration, il précisa :

 

- Marlboro. Arsène Marlboro, j'm'appelle, et alors mes copains pour rigoler ils m'appellent Lucky Strike. Mais vous pouvez m'appeler comme vous voulez, au fond ça m'dérange pas c'est pas très important.

 

Luke se mordit subitement la lèvre inférieure, suffisamment fort pour se faire un peu mal. Il le fallait, sinon il allait beaucoup trop parler et faire fuir la cible qui s'était assise près de lui. Il coula vers elle un regard curieux. Elle avait un profil qui approchait la perfection : un nez doux, des lèvres parfaitement dessinées, des yeux en amande ornés de noir, et une peau semblable à celle des mannequins dans les publicités. Il avait envie de toucher sa joue, pour en constater la douceur, mais il savait qu'il ne pouvait pas.

 

- Et vous, vous vous appelez comment ? se souvint-il de demander, histoire de ne pas commettre d'impair en prononçant son nom par inadvertance - il était un cador, ce soir ; ça aussi, ce devait être l'effet des muscles.

 

Caecilia sentait l'alcool, remarqua-t-il. Ca ne le dérangeait pas le moins du monde. Aurait-elle senti la morue en train de sécher, qu'il n'aurait pas eu l'idée de s'éloigner d'elle. Monsieur Bulstrode allait être rudement content s'il était déjà capable de lui ramener quelques informations. Il se pencha un peu en avant pour mettre un coude sur la petite table et poser son menton dans sa paume, afin de pouvoir la voir un peu mieux. Ce qu'elle était belle.

 

- Sinon, vous aimez discuter de quoi ? Avec vos copines par exemple ?

 

Leurs prunelles se miraient, muettes - pouvait-elle se méfier ?

 

- Pour que je sache avec quoi vous aimez être assommée, parce que j'ai tendance à trop parler, précisa-t-il pour ne pas avoir l'air suspect, et il lui offrit un sourire gêné. Heu, pas réellement assommée hein, c'pas ça que j'voulais dire !

 

Ca y était, il s'emmêlait les pinceaux. Luke se passa une main sur le visage, tâchant de retrouver son calme intérieur - qui, s'il existait, avait dû être fort bien caché depuis de longues années. D'ailleurs, il ne le trouva pas. Et si Caecilia pensait qu'il voulait vraiment l'assommer ? Il aurait plus qu'à courir et puis quand il aurait atteint trois cent mètres, pfouit, plus de Luke. Enfin, plus d'Arsène. 

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