Harry Potter RPG

[En Cours]
Se faire les dents Dans la cuisine, vendredi 22 février 2126

Lola Lovell

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Message publié le 22/02/2026 à 23:54

Petit corps chaud et potelé entre les bras presque trop maigres d’un corps abimé. Lola marche de long en large dans la pièce pour mieux bercer. La voix un peu grave qui murmure des paroles apaisées : j’suis là petite tempête, chhht. Ayden pleure à chaudes larmes sur  son épaule. Ses gémissements continus n’irritent pas la jeune maman, pas plus que la salive du bambin qui tache une robe qu’elle n’aurait pas du pouvoir se payer. Étrangement, elle se sent bien.

 

L’enfant perd sa tétine, encore une fois, Lola caresse le dos trop plein de secousses. Si petit et déjà pris dans les affres de la vie. Elle sourit. Et ce n’est que le début. Petit guerrier, futur briseur de cœur, cette souffrance sera peut-être la pire de ta vie dans un monde qui te tend trop les bras pour que tu t’y casses ces jolies dents qui poussent seulement.

 

La jeune Lovell s’assied un instant. Ses pieds nus coincés dans une paire de chaussures à talons la font trop souffrir que pour continuer l’exercice. Les pleurs cessent alors que le petit être de feu se concentre sur la tétine qu’il a finalement accepté de récupérer. La jeune femme chasse les larmes des joues du marmot : c’est bien, c’est bien.

 

L’enfant lutte contre le sommeil, elle voit ses grands yeux mouillés ciller, ses petites mains frotter un visage encore rouge d’avoir tant crié. Brève accalmie, nouveau hurlement, petite moue sur le visage de la maman qui se relève un moment, descend jusqu’à la cuisine pour essuyer d’une serviette la bouche du bébé torturé. Ses yeux maquillés de noir se déposent avec tendresse sur le visage du poupon. Elle lui tend un morceau de banane froide pour l’aide à soulager une douleur qu’il n'a pas encore la force de contrôler. Ça viendra, ça viendra.

 

C’est dans cette position, la tétine d’Ayden glissée comme un anneau sur un de ses doigts, le tout petit bébé accroché à son bras qui soulage ses gencives avec un bout de fruit frais, qu’elle entend Quintus Bulstrode rentrer. Un coup d’œil sur la montre à son poignet gauche, Lola pince les lèvres, minuit passé. Ses talons claquent alors qu’elle se dirige vers l’entrée pour accueillir le maître des lieux. Une journée harassante de plus pour le sorcier qu’elle n’a pas même croisé. La sorcière murmure une chanson sur le trajet, son fils arrête quelques instants son activité de mastication pour la regarder, puis il reprend sa tâche, concentré.

 

Bonsoir, salue-t-elle le sorcier de la voix enjouée et douce qu’elle utilise en présence du bébé, nouveau regard sur le cadran, ou plutôt bonjour en fait, c’est selon, s’amuse-t-elle. Si vous n’avez pas déjà mangé, il y a de quoi dans la cuisine. Ayden émet un petit gémissement, sans doute déconcerté de ne plus être le centre de l’attention de sa maman. Lola replace la tétine dans sa minuscule bouche avant de justifier le comportement de l’enfant : il fait ses premières dents.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Avatar de Maren
Maren

Maître du Jeu

Message publié le 23/02/2026 à 05:24

Souvent, Bulstrode en avait plus qu'assez de ses fonctions d'ambassadeur. Toujours pour la simple et néanmoins excellente raison qu'il ne les a pas choisies. Comme tout ce que sa famille lui a imposé dans sa vie, il hait profondément s'acquitter de ses devoirs par principe quelle que soit la situation. Ce qui est dommage car il apprécie réellement la culture et la gent égyptiennes mais son conflit familiale a déposé un arrière-goût d'amertume sur tout ce qui pourrait être positif, ou presque. Parce que cette fois, son rendez-vous du jour a su chasser tout le négatif et s'est avéré une aubaine à bien des égards.

 

Tiyi Ptahchepsès avait longuement insisté pour rencontrer l'ambassadeur britannique et fini par obtenir ce qu'elle voulait. Une femme pourvue d'un caractère fort, sachant exactement ce qu'elle veut et ne se contentant d'aucun compromis. Sans faire d'esclandre, avec la grâce d'un coucher de soleil, elle avait exposé ses griefs, même ceux concernant l'indisponibilité de Bulstrode pour l'accueillir, avec une diplomatie maîtrisée et en sachant se montrer en tout point délicieuse. Le goût sucré de ses lèvres et son parfum entêtant semblent même ne plus vouloir quitter celui qu'elle a pris comme amant pour sceller des accords qui arrangeaient déjà celui-ci à tous les niveaux. Car le sujet de ses doléances concernait une irritante équipe de fouille archéologique dirigée par un certain Fawley. Quintus avait dû revêtir son meilleur masque d'impassibilité pour ne pas qu'elle sache qu'il jubilait à l'idée de saper les recherches du compatriote historien. Résultat, il était reparti avec tous les bénéfices possibles sans avoir à faire de réelle concession. Cerise sur le gâteau, Tiyi lui a promis quelque chose qu'il n'entrevoyait auparavant aucun moyen sûr d'obtenir sans son aimable coopération.

 

En rentrant, il relève son courrier et découvre sans surprise encore une lettre de Prisca qu'il n'a pas besoin d'ouvrir pour en connaître le sujet. Comme d'habitude, il lui répondra inlassablement qu'il n'a pas le temps de la retrouver pour cette "discussion importante" avec laquelle elle le bassine. Pas pour le moment du moins. Heureusement, la jeune femme est assez oisive pour le harceler chaque jour mais pas suffisamment pour pouvoir se permettre de débarquer chez lui et faire le pied de grue afin de lui tomber dessus comme elle en est pourtant bien capable. Et puis, elle l'a évincé quand il a voulu s'enquérir d'elle après sa chute de balai alors elle peut bien avoir la monnaie de sa pièce et patienter pour le voir, maintenant.

 

Une fois à l'intérieur de son manoir, Quintus n'a pas le temps de finir de se débarrasser que déjà une autre sorcière l'alpague. Mais ses paroles à elle ne sont que doux miel, offrande reconnaissante qu'elle lui fait de bonne grâce et qui contribue au sourire satisfait par lequel il lui répond.

 

— Bonjour, Lola. Tu es une bénédiction, vraiment.

 

En passant près d'elle, il pose sur son nourrisson un regard attendri ainsi qu'un baiser du bout des lèvres. Ce garçon éveille en lui un instinct protecteur qu'il s'est découvert avec l'installation de Lola et de son fils dans son quotidien. Quintus se demande depuis ce que serait sa vie avec un enfant bien à lui, s'il serait aussi facile de l'apprécier avec le poids des responsabilités paternelles. Mais le seul qu'il aurait jamais serait celui de Neith Ptahchepsès et il n'est même pas certain de pouvoir aimer le fruit de cette union indésirée. Alors pour l'heure, il dévoue sa tendresse insoupçonnée au petit être dans les bras de Lola.

 

— Bonjour Ayden, lui murmure-t-il avant de regarder de nouveau sa maman. Est-ce qu'il y a quelque chose qui pourrait le soulager ? Tu n'as qu'à demander et je ferai le nécessaire.

 

Pressé de combler la faim trop longtemps ignorée, Quintus se dirige d'un pas leste vers la cuisine où l'attend à n'en point douter un succulent repas préparé par sa talentueuse invitée permanente qu'il incite à le suivre car il a à lui parler. Tout en se servant, il questionne sans détour la jeune maman sur le sujet qui l'intéresse.

 

— Toi qui a travaillé avec Fawley, tu peux m'éclairer sur son caractère ? Son expédition gêne une entrepreneuse en Égypte et j'aurais besoin de lui faire renoncer à certains projets de fouille. Une idée de comment je pourrais le convaincre ?

 

Quand il y réfléchit, sa collaboration avec Lola Lovell est providentielle à tout point de vue. Celle-ci ne cesse de se démontrer plus utile de jour en jour, même quand c'est parfaitement inattendu. Si seulement Huston pouvait s'inspirer un peu d'elle. Idée qui pourrait par ailleurs être creusée, éventuellement.

Lola Lovell

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Message publié le 24/02/2026 à 15:24

Doux ménage un peu cocasse. Le trio hétéroclite, petite bulle d’air dans la nuit, pour eux, pour lui. Le retour de Quintus ramène l’équilibre de la maisonnée et Lola sourit avec les yeux à ce charmant monsieur, ange gardien de leur vie trop rapidement bousculée, une figure masculine bienveillante à offrir à son futur petit gentleman. La jeune maman rayonne dans l’obscurité.

 

La tendresse du sorcier à l’égard de son fils la touche : c’est qu’il n’est pas évident d’accueillir un bébé, même dans une demeure aux chambres insonorisées, un jeu d’apprivoisement mutuel et la douceur d’une harmonie méritée. Les regards curieux du nourrisson tentent de suivre la conversation, Ayden pointe une main maladroite en direction de Bulstrode avec un léger son en a qui lui fait à nouveau lâcher sa tétine. Lola la récupère avec une moue amusée : merci, il a tout ce qu’il lui faut et plus encore, n’est-ce pas ? Regard tendre vers le bébé sourire qu’elle cale un peu mieux dans ses bras.

 

La douleur, c’est normal, il faut les mériter ces premières armes. La Lovell emboîte le pas de son hôte permanent en direction de la cuisine. Ses paroles la ramènent quelques mois en arrière sur un chantier de fouille égyptien, loin d’un enfançon laissé à regret derrière elle. Fawley… murmure-t-elle comme pour elle-même alors que la cuisine se dessine dans son champ de vision. Lola tente de déposer le bébé sur sa chaise haute, mais Ayden n’est pas coopératif et se met à pleurer pour ne pas quitter les bras de sa maman : ce que tu es compliqué, lui murmure-t-elle avec des yeux doux. Un regard en direction de Quintus : cela vous ennuie de le prendre un peu ?

 

Le sorcier fait partie des rares élus auxquels elle confierait son fils sans ciller, privilège invisible, mais bel et bien remporté, après tout : il est l’homme qui le voit grandir. L’apprentie potionniste dépose le petit entre les bras de Bulstrode avant d’essuyer sa bouche qui ne semble cesser de saliver. Elle laisse le bout de tissu à Quintus pour éviter que l’enfant ne salisse le sorcier tiré à quatre épingles. Tttt, gronde-t-elle le bébé qui tente d’attraper les lunettes de l’homme qui le maintien, Lola repousse délicatement les petits doigts du visage du sang pur.

 

Se détourner de son fils, attraper la portion de lasagne réconfortante laissée de côté juste au cas où et puis un petit enchantement réchauffant pour rendre au plat les délicates saveurs d’une sauce longuement mijotée. Lola est patiente, chaudron ou casserole, une préparation ne vaut pas moins d’une autre et puis, un plat de pâtes recèle parfois plus de magie que n’importe quel philtre. La jeune femme s’applique ensuite à savamment doser le mélange du biberon d’Ayden pour le réchauffer à son tour. Elle dépose l’assiette devant le sorcier et récupère son bébé. Le corps calé contre une chaise, l’enfant occupé à se nourrir avec avidité, elle peut recommencer à réfléchir à la question de Quintus. Lola caresse distraitement la tête du petit être, très concentré, qui tente d’agripper lui-même son biberon.

 

Le visage de l’historien lui revient en mémoire avec un vif déplaisir, elle grimace intérieurement, sans doute toujours trop blessée d’avoir été écartée de l’expédition, autant que d’avoir échoué à la première mission confiée par son protecteur. Manius Fawley. Un an de moins qu’elle, petit préfet parfait, sa comédie sérieuse ne devait pas s’être arrêtée aux bancs de l’école : Manius Fawley est... insupportablement procédurier, tente-t-elle de se remémorer, et plutôt prudent, un euphémisme en réalité. La sorcière n’aurait pu compter les fois où le superviseur des fouilles avait retardé leur travail de plusieurs jours pour respecter l’inutilité d’un protocole que l’ancienne Gryffondor aurait bien envoyé valdinguer d’un coup de baguette magique. Même à distance, il y a fort à parier que le sorcier veille à ce qu’aucun risque ne soit pris par les membres de son équipe.

 

Oui, un sens du devoir assez exacerbé, songe-t-elle en relevant les yeux vers Quintus. Et puis le verdict : je ne sais pas s’il s’agit de le convaincre, mais, pour arrêter son chantier, vous pourriez probablement l’enfermer dans un monstre administratif contre lequel il se débattra longtemps, ou bloquer les fouilles en prétextant un danger quelconque : il ne s’entêtera probablement pas. Non, monsieur Fawley éviterait forcément de faire courir à son équipe un danger inconsidéré. Ayden émet soudain un petit bruit de frustration. Lola repositionne correctement le biberon : ou vous pourriez attirer son attention ailleurs, termine-t-elle. Il doit bien y avoir des recherches plus alléchantes que celle d’une vieille tablette perdue on ne sait où et devant révéler une information qui ne changerait de toute façon pas grand-chose à la face du monde. La jeune maman embrasse un instant le front du bébé : ces intellectuels coincés semblent fuir une évidence toute trouvée, douceur d’exister blottie en cet instant même entre ses bras.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Avatar de Maren
Maren

Maître du Jeu

Message publié le 24/02/2026 à 19:20

Featuring Jacques Brel.

Lola n'attend pas vraiment la réponse de Quintus qui a tout juste le temps d'amorcer un hochement de tête avant de voir Ayden atterrir entre ses bras trop grands et maladroits pour y accueillir un nourrisson. L'homme regarde le garçon avec une expression interdite, mélange de crainte et de tendresse. Pas des plus à l'aise avec cette responsabilité qui pèse bien plus que sa masse réelle, il le manipule avec des précautions exagérées. Manipuler pour prendre soin, pas pour tirer profit. Est-ce qu'un enfant peut rendre quelqu'un meilleur ? La pureté de l'innocence immaculée est-elle contagieuse ? Sans force et sans armure, plus fragile que le chérubin, Quintus le berce lentement en lui laissant un doigt auquel s'agripper pour le distraire des verres qui l'attirent.

 

— Laisse-le donc. Il découvre.

 

Les yeux rivés sur Ayden comme s'il risquait de disparaître à la moindre inattention, le sorcier ne voit pas Lola s'affairer pour nourrir ses deux protégés. Se rend-t-elle seulement compte à quel point elle s'occupe autant de Quintus que lui ne tente de l'aider ? Le déséquilibre de leur relation est doux-amer : il la couvre de largesses principalement pécuniaires et elle l'ensevelit d'attentions délicates, douceurs imméritées qui apaisent son âme souillée. Parfois, il se sent indigne de cette sorcière trop serviable. Alors quand il lui restitue son fils, il lui adresse un regard habituellement réservé aux deux autres femmes capables de l'ébranler si intensément.

 

— Merci, Lola.

 

La lasagne n'est qu'une goutte dans la rivière de sa gratitude. Les premières observations fournies par la jeune femme rappellent à Quintus sa première expérience en tant que préfet sous la supervision d'un Poufsouffle effectivement insupportable.

 

— C'est vrai qu'être sous son autorité était pour le moins fatigant, approuve-t-il.

 

La première bouchée, délicieuse, comble son palais alors que la réflexion de Lola s'approfondit. Stopper les ambitions excavatrices de Fawley semblait d'une simplicité presque décevante pour l'ambassadeur qui envisageait un bras de fer avec l'empêcheur de tourner en rond qui avait capturé Caecilia. Une petite complication administrative, une autorisation malencontreusement égarée et l'historien renoncerait là où d'autres n'en feraient qu'à leur tête, forceraient les choses et se joueraient d'une bureaucratie aux engrenages en réalité trop fragiles et mal huilés pour défaire efficacement le statu quo et empêcher quoi que ce soit. Ou faire peser une épée de Damoclès imaginaire sur ses gens occupés à accomplir ses volontés. Parce que Falwey ne concevait pas que la main d'œuvre puisse n'être que cela, des anonymes sacrifiables et remplaçables à volonté investis seulement de l'utilité qu'on leur confère.  Qu'il doit être épuisant et inefficace d'avoir tant de considération. C'est pour cela que, contrairement à Bulstrode, Fawley n'accomplirait jamais rien de significatif. Il n'est pas capable de prendre les mesures qui s'imposent, de concéder sa vertueuse intégrité.

 

Faire diversion apparaît comme une solution moins pertinente. Quintus n'est pas versé dans les vieilleries et n'a aucune idée de ce qui pourrait davantage intéresser le gêneur que ce qu'il cherche sur les rives du lac Nasser. Mais peu importe, ce ne sera pas nécessaire.

 

— Tes conseils sont précieux. J'ai bien fait de m'en remettre à toi.

 

Une fois le repas dûment savouré avec sa concentration accaparée par le plan à ourdir afin de saper Fawley, Quintus observe le bébé s'agiter dans les bras de sa maman, songeur. Des souvenirs d'enfance qui remontent à la surface font s'exprimer malgré le sorcier une nostalgie peut-être incongrue qui se présente comme une proposition potentiellement tout aussi malvenue formulée spontanément à Lola.

 

— Quand j'étais petit, je jouais souvent les contes de Beedle. Ce serait amusant de se donner la réplique pour le border. Seulement si tu le souhaites, bien sûr.

 

Jadis, c'est Caecilia qui jouait l'autre part pour endormir la poupée d'un binôme qui avait récemment fait semblant d'être la maman et le papa pour la dernière fois. 

Lola Lovell

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Message publié le 24/02/2026 à 23:48

C’est qu’elle se sent presque vide lorsque, les bras ballants, elle évolue dans un quotidien sans poupon à cajoler. Six mois se sont écoulés, et pourtant, Ayden semble toujours faire partie d’elle-même. Son corps s’apaise contre celui du nourrisson qui termine son biberon : le monde peut bien s’arrêter de tourner en cet instant, plus rien ne compte, à part lui, elle et cet homme qui lui a donné la chance inespérée d’offrir à l’enfant un avenir loin des cruautés de la précarité.

 

Le petit n’a plus soif, elle dépose le biberon sur la table. Un bout de tissus sur l’épaule droite avant d’y porter le menton du bébé. Des doigts rendus experts par l’habitude caressent le pyjama, tapotent légèrement le dos du petit garçon. C’est vrai que vous avez eu ce plaisir, rit doucement la jeune femme, en se rappelant vaguement du jeune sorcier, impeccable dans son uniforme vert et argent serti d’un insigne tant convoité. Avec plaisir monsieur Bulstrode. Petite courbette de la main gauche avant que ses doigts ne retournent câliner le petit corps.

 

Lola ferme un instant les yeux pour chercher à savourer la plénitude d’un moment volé. L’odeur de son fils enrobe son cœur de vagues de bonheur qui lui font oublier l’heure avancée et la fatigue accumulée. Ayden finit par remettre un peu de lait en une convulsion légère qui lui offre le droit de retourner sur les genoux de sa maman. Lola nettoie le tissu d’un coup de baguette. Ses yeux dévorent les petites joues rebondies du bébé : bravo mon chéri.

 

La jeune maman sourit à la proposition de Quintus. Cette fois, elle ne sera pas seule pour mettre l’enfançon au lit. Vous en avez un exemplaire ?, interroge-t-elle en se relevant. La douleur du petit semble être passée pour le moment, combien de temps avant la prochaine poussée ? Elle frotte le bout de son nez contre celui d’Ayden qui rit aux éclats : il a de la chance ce petit bébé. Puis, une odeur incommodante reconfigure soudainement l’ordre des priorités : je vais le changer, rejoignez-moi avec le livre si vous le souhaitez.

 

Un dernier regard pour leur sauveur avant de filer en direction d’une salle de bain qui s’est subitement vue dotée d’une table à langer. Le mobilier pour poupon que ce dernier a nécessité semble presque mal à l’aise dans le décor de la demeure. Un peu de désordre dans un quotidien bien réglé, comme un miroir matériel du chamboulement qu’a pu provoquer l’arrivée de l’enfant dans leur vie, à tous les deux. Lola change rapidement son fils. Ayden gémit de déplaisir face au contact de la fraicheur de l’air contre sa peau. La sorcière rattache rapidement son petit pyjama. Sa baguette fait disparaître la couche sale comme si de rien n’était. L’apprentie potionniste déteste laisser le chaos derrière elle, même avec un bébé, elle a du mal à ne pas chercher à tout contrôler.

 

Quand mère et fils retrouvent la chambre du poupon, Bulstrode est déjà assis dans le fauteuil qui jouxte le lit d’Ayden. Faute de place, Lola s’installe sur les genoux de Quintus, son bébé tout contre elle comme un petit emboîtement de poupées russes. D’une main gauche un peu maladroite, largement aidée par le sorcier qui tient l’ouvrage entre ses doigts, elle tourne les pages jusqu’à trouver le conte qu’elle cherchait : Il y a longtemps, dans un pays lointain, vivait un roi stupide qui avait décidé qu’il devrait être le seul à disposer de pouvoir magique... Dans ses bras, Ayden tente encore de lutter contre un sommeil qui le gagne avec de plus en plus d’intensité. Sa bouche s’ouvre en un looong bâillement auquel répond le sourire de sa maman. Dos de la petite main qui frotte un visage trop doux, le bébé se laisse lentement sombrer entre les voix des deux sorciers.

 

C’est avec une délicatesse infinie que la jeune maman dépose le petit dans son lit avant d’attraper la main de Quintus pour les faire délicatement reculer sans un bruit vers la sortie. Un dernier regard pour le visage angélique avant que la porte ne se referme. Lola sourit en rendant sa liberté au sorcier : une petite tisane ?, murmure-t-elle comme un secret.