Harry Potter RPG

Liste des messages de Quintus Bulstrode

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 22/01/2026 à 02:21

Parfait. La haine dans le regard condescendant qui ferait office de dessert pour le repas était la meilleure façon pour Ptahchepsès de l'aider à accomplir ses objectifs. Il avait souhaité le faire avec ou sans elle. Mais contre elle, c'était sans aucun doute plus simple. Tant mieux si elle essayait de mordre aussi fort qu'elle aboyait. Dans les prochains jours, Bulstrode aurait besoin d'opposants. Car un héro qui ne rencontrait aucune adversité ne jouissait d'aucune crédibilité. Il lui fallait des ennemis, des tyrans à occire. Si sa fiancée montait ostensiblement au créneau, cette soirée compterait comme une victoire. Amère. Solitaire. Nécessaire.

 

Quand le fracas des mots, des talons et de la porte claquée se tut pourtant, Bulstrode n'éprouva aucune satisfaction. Dans le silence et le vide de sa demeure, il se retrouvait face-à-face avec un épouvantard dont il ne pouvait se défaire. L'homme qu'il eût souhaité ne jamais être. Pas la peine de l'affronter, ce dernier l'emportait toujours. Dans un soupir, Bulstrode enleva sa chevalière et pointa sa baguette dessus. Tant pis pour les autorisations ministérielles. Il pourrait toujours fabriquer un prétexte pour obtenir une autorisation a posteriori ou pour justifier l'urgence de la nécessité même s'il écopait à tout le moins d'une amende.

 

— Portus.

 

Cela ferait l'affaire. Les problèmes à régler seraient ceux du Bulstrode de demain.

 

Quoi que lui inspirât la jeune femme, il ne pouvait pas la laisser errer dans la rue comme une mendiante. Peut-être qu'il la haïssait davantage qu'il ne voulait bien le croire mais sa hargne connaissait tout de même quelques limites. Bulstrode se dirigea vers l'entrée en espérant que l'Égyptienne n'ait pas eu le temps de disparaître.

 

Ce fut en la trouvant sur le pas de la porte qu'il réalisa à quel point il avait été dur avec elle. Elle était perdue sur ces terres qui lui étaient étrangères et s'il ne l'avait pas mise à la porte directement, il avait cependant fait plus que la forcer à s'enfuir. Il se planta à côté d'elle en présentant la chevalière dans sa paume ouverte.

 

— Ne passez pas la nuit dehors. Je ne m'attends pas à vous convaincre de rentrer alors tenez. Je vous envoie chez une Dame qui saura vous accueillir comme il se doit, surtout si vous lui présentez ceci. Son mari est en déplacement, vous serez seules. Vous verrez, c'est magnifique le Pays de Galles. Et loin de moi.

Quintus Bulstrode a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Pax !

Sortilège
Enchantement du Portoloin
Difficulté
15
Résultat D20
19
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Cela ferait l'affaire. Les problèmes à régler seraient ceux du Bulstrode de demain.

Autres résultats possibles

Cela ferait l'affaire. Les problèmes à régler seraient ceux du Bulstrode de demain.

Rien. Du moins le ministère n'aurait pas vent de cette tentative ratée a priori. Et tant pis pour Ptahchepsès qui risquait de trouver mauvaise la farce de lui faire prendre le Magicobus.

Rien. Du moins le ministère n'aurait pas vent de cette tentative ratée a priori. Et tant pis pour Ptahchepsès qui risquait de trouver mauvaise la farce de lui faire prendre le Magicobus.


Défaire les frontières du sang

Message publié le 21/01/2026 à 12:14

L'exercice s'avéra rapidement bien plus éprouvant que Bulstrode ne se l'était figuré. Bruyante, sale, la foule s'esbaudissait autour de lui en cherchant à l'approcher, le toucher. La douche qui l'attendait dès qu'il en aurait fini ici se profilait dans l'avenir comme une douce délivrance.

 

L'individu qui se ficha devant lui telle une flèche tirée en sommation lui fit hausser un sourcil. Un opposant ? Bulstrode n'avait pas exclu la possibilité de quelques contestations plus ou moins véhémentes et ce plébéien n'aurait pas le temps de se montrer bien menaçant. Mais le type déclara son approbation malgré qu'il n'eût manifestement pas bien compris ce dont il était question. L'équitation pour tout le monde ? Celui-là fonctionnait avec deux neurones qui se disputaient la troisième place du podium. Bulstrode lui sourit aimablement et s'apprêtait à continuer de se pavaner quand une main lui saisit brusquement la sienne. Qu'est-ce que cet olibrius espérait pouvoir accomplir pour sa cause ? Tout ce qu'il inspirait au candidat ministre, c'était la promesse d'une migraine imminente.

 

— Merci, votre soutien est la plus grande aide que vous puissiez apportez, cher Monsieur, répondit-il courtoisement.

 

Espérant passer à autre chose, Bulstrode se dégagea de la poigne un rien trop féroce et amorça la suite de sa parade. Mais voilà que l'autre lui collait aux basques avec la dégaine d'un croup de garde qui ne laisse même pas les amis de son maître l'approcher. À cet instant, le futur Ministre décela chez cet homme un certain potentiel. Ils partageaient quelques choses en réalité. La résolution farouche de ne jamais lâcher prise et de s'approprier tout ce qu'ils estimaient devoir leur revenir, de gré ou de force. Bulstrode déserta aussitôt la foule. Quintus, lui, demeurait. Ses yeux se posèrent avec un intérêt authentique sur le sorcier qui lui avait emboîté le pas. D'un geste paternel malgré l'âge ostensiblement similaire de ces deux-là, il posa la main sur son épaule et sourit de plus belle.

 

— Allons bon. C'est moi qui t'invite. Comment tu t'appelles ?

 

Briser inopinément la distance en se montrant familier afin, espérait Quintus, que ce gars-là se sente plus proche de lui. Reconnu. Redevable. Aucun doute sur le fait qu'il était inutile à Monsieur Bulstrode. Mais l'individu caché sous le masque du politicien lui trouverait peut-être un usage. À condition de l'employer avec une certaine précaution.


Défaire les frontières du sang

Message publié le 20/01/2026 à 02:13

Affiche de la campagne électorale Bulstrode

 

Impassible, Bulstrode avait attentivement examiné le parchemin. Couleur, typographie, chaque menu détail passé au crible fin. Le résultat était rien moins que parfait, avait-il conclu en donnant son approbation à sa chargée de communication. Celle-ci n'avait pas été choisie pour ses compétences mais elle ne l'avait pas déçu.

 

— J'en veux partout. Chemin de Traverse, Pré-au-Lard, Godric's Hollow... Faites attention au secret magique, il va de soi. Et préparez le nécessaire pour mon discours. Nous partons à la conquête du Ministère.

 

_____

 

Grâce aux bons services de sa chargée de communication cracmolle, Bulstrode disposait d'une tribune bien située dans le Chemin de Traverse, de laquelle il dominait la foule. Lui-même semblait petit avec dans son dos la bannière démesurée qui était une version géante de ses tracts électoraux. La presse avait été conviée. La propagande était présente jusque dans les gens qui composaient l'équipe en charge d'aider le sang-pur à mener sa campagne. Une cracmolle au premier plan, enfin, juste derrière lui plutôt ; des sang-mêlés et des nés-moldus voire même l'une ou l'autre hybride. Un message omniprésent, fer de lance du pari insensé d'un homme dont la folie le disputait à l'ambition.

 

Bulstrode défait les frontières du sang.

 

Un sang-pur qui promeut l'égalité des origines magiques, des êtres magiques. Qui lutte contre l'esclavage des elfes. Qui réclame que les corporatistes rendent aux centaures leurs territoires volés. Un démocrate qui mène une lutte ouverte contre l'oligarchie de sa propre classe sociale.

Telles étaient les promesses répétées ad nauseam dans des pamphlets dénonçant les privilèges de sa propre famille et dans des tracts distribués partout. Et puis, il y avait les projets plus confidentiels. Mais chaque chose en son temps. Bulstrode pointa sa baguette sur sa gorge et prononça la formule Sonorus.

 

La voix amplifiée par magie du politicien salua la foule du Chemin.

 

— Bonnes gens, bonjour ! J'ai l'incomparable honneur aujourd'hui de me présenter devant vous en toute humilité afin de pouvoir demain me présenter au ministère en héro. Défaire les frontières du sang. Un rêve que je nourris depuis mon enfance. Un rêve alimenté par des rencontres avec des sorcières et des sorciers plus grands que moi dont les parents sont moldus. La vision d'un monde plus juste, plus équitable ; où les cracmols et les hybrides ne sont plus des parias que l'on écarte éhontément de notre société. Dont l'on piétine les droits et la dignité sans aucun remord. Des pratiques répugnantes que je renverrai là où elles appartiennent : au passé. Car l'avenir de Bulstrode, c'est pour vous que je le construis dès à présent !

 

Un discours enflammé, rythmé. Conçu, relu et éprouvé pour captiver l'attention. Empreint de tours et astuces pour en décupler l'impact. Voué à rallier sous sa bannière ce qui constituait d'après Bulstrode la véritable force de la Grande-Bretagne sorcière : le peuple. Car si une minorité de nantis s'accaparaient le pouvoir, le peuple lui était conséquent. Il constituait le noyau de la société. Le peuple pouvait décider. Décider, certes, mais décider Bulstrode quand même.

 

Tant qu'il fut sûr de conserver l'attention, il entretint sa tirade sans faiblir. Éloquent, imposant, compatissant. Ce n'est qu'après avoir délivré la conclusion qu'il salua la foule dans son ensemble.

 

— ... Ministre de la magie, peut-être. Mais avant tout, un serviteur du peuple auquel j'appartiens !

 

Son regard parcourut la foule, évaluant les réactions. Cherchant. Un visage familier, souriant, venu le soutenir, l'encourager. Il y avait celui d'un né-moldu qui avait usé les bancs de Poudlard à ses côtés. Mais où était celle qu'il espérait voir ? Pas là. Sinon elle se serait tenue à côté de leur meilleur ami commun.

 

Le politicien, électrisé par l'engagement total dans sa représentation, descendit de l'estrade. Remercia ostensiblement les gens qui l'aidaient à rendre tout cela possible. Puis il s'offrit à la foule et aux journalistes. Serrer des mains, répondre aux questions. Se rendre accessible. Ne faire plus qu'un avec ce peuple sur lequel il misait toutes ses ambitions.

 

tl;dr : Quintus prononce un discours en public dans la rue. Il cherche à rallier à sa cause la majorité en désignant comme ennemi commun à l'épanouissement de la société ses propres pairs, les sang-purs. Il conclut son allocution par un bain de foule.

 

Disclaimer : l'affiche électorale de Quintus a été générée à l'aide de l'IA. Je comprends que cela puisse déranger d'un point de vue éthique et, si cela gêne quiconque, je la supprimerai.

Quintus Bulstrode a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Pax !

Sortilège
Sortilège d’Amplification sonore
Difficulté
4
Résultat D20
15
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

La voix amplifiée par magie du politicien salua la foule du Chemin.

Autres résultats possibles

La voix amplifiée par magie du politicien salua la foule du Chemin.

Un regard vers un membre de son équipe de campagne suffit à convoquer ce dernier afin qu'il enchante la voix du politicien. Rien de très gênant, cela pouvait renforcer le message selon lequel les né-moldus pouvaient autant, si pas plus, que les sang-purs.

Un regard vers un membre de son équipe de campagne suffit à convoquer ce dernier afin qu'il enchante la voix du politicien. Rien de très gênant, cela pouvait renforcer le message selon lequel les né-moldus pouvaient autant, si pas plus, que les sang-purs.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 19/01/2026 à 23:25

La main toujours tendue, Bulstrode digéra les paroles de Ptahchepsès en silence, impassible. Était-elle trop effrontée ou pas assez ? Ce qu'elle n'était pas, manifestement, c'était curieuse. Un instant, il se demanda ce que c'était que de voir le monde à travers le voile des yeux de Ptahchepsès. Triste, probablement. Dénué de magie dans un monde de sorcellerie.

 

— Je vois.

 

Avec des gestes mesurés, Bulstrode retourna vers sa place et extirpa sa baguette. Son souvenir le plus précieux avec celle-ci était aussi un souvenir d'amitié. Quand les quatre inséparables avaient décidé de trouver ensemble un nom pour elles. Un nom porteur de rêves et de promesses. L'avenir qu'il voyaient. Pax avait décidé Quintus sous les yeux admiratifs de ses amis, de Caecilia. Ils auraient honte de lui s'ils le connaissaient comme il se connaissait lui-même.

 

— Evanesco.

 

La vaisselle brisée disparut.

 

Sans dire un mot, il entreprit de servir la salade, amer. Il se serait damné pour un shawarma. Au lieu de quoi il allait ruminer de l'herbe en même temps que ses sentiments, ses pensées et les paroles de sa fiancée. Il lui fallut de temps pour retrouver la parole. Pas l'envie de lui parler. Mais il fallait bien dire quelque chose. Ne pas laisser cette princesse avoir le dernier mot.

 

— J'ai de la peine pour vous.

 

Son regard se perdait à l'horizon de la table, absent. Ses gestes étaient lents et las, comme lui. Les sang-purs étaient foutus. Condamnés. Aveugles. Ptahchepsès ne faisait pas exception. C'était à lui de changer les choses mais il lui fallait revoir ses ambitions ou du moins la vitesse d'exécution de celles-ci. Cela ne se ferait pas du jour au lendemain, ce serait une œuvre dont il ne serait peut-être même pas témoin de son vivant. Elle était là, la tragédie des révolutionnaires.

 

— Alors nous y voilà. Vous ne goûtez rien. Pas la liberté ni l'honnêteté ni l'originalité. Je vous demande de me parler de vous et vous me répondez "Ptahchepsès". Je vous ouvre mon âme, vous m'insultez. Je vous présente mes excuses, vous me dédaignez. Alors : non. Je ne vous excuse pas non plus, Ptahchepsès.

 

C'était la règle chez Bulstrode. La loi qu'il avait toujours appliquée. Œil pour œil. Il la toisa. Sans hostilité, juste pour qu'elle sache qu'il n'avait pas honte.

 

— Un danger, moi, pour vous ? Pour le clan ? Si cela vous fait trembler, c'est que votre colosse d'empire a des pieds d'argile. Mais coupons court aux élucubrations, voulez-vous ? Si je vous ai fait venir ici, c'était pour déterminer les règles de notre vie commune. Les voici.

 

Froidement, comme des vérités inaltérables, il énonça ce qu'il imposerait. Elle avait refusé la part de lui en laquelle il souhaitait encore croire, la meilleure. Pas une bonne part pour autant, cela dit. Ne demeurait que le serpent, armé de venin.

 

— Nous ne nous verrons que lorsque cela sera strictement nécessaire. Et, à votre soulagement je présume, vous ne verrez jamais plus mon visage dénué de masque. Je pourvoirai à vos besoins dans la mesure de mes moyens. Vous n'aurez rien à apporter en contrepartie. Votre image sera en toute circonstance rien moins que parfaite. Je ne tolérerai pas les éclaboussures qui me parviendraient dans le cas contraire. Si quelqu'un vous manque de respect, vous blesse ou que sais-je, vous m'en informerez afin que je répare l'affront.

 

Inlassablement, jusqu'au bout. Sans donner à Ptahchepsès l'illusion de croire qu'elle pouvait dire "non". Et pour s'assurer que son adversaire — que pouvait-elle être d'autre ? — ne se relève jamais avec l'idée de répliquer ; le coup de grâce.

— Et je ne vous connaîtrai pas, jamais. Votre branche de la lignée s'arrête ici. Je refuse de vous toucher. Allez vous plaindre auprès des vôtres si cela vous chante, je nierai. Il n'y a rien, aucun témoin, aucune preuve de ce que je vous affirme maintenant. Vous êtes acculée. Si vous faites annuler nos fiançailles, cela m'arrange. Mais c'est vous qui porterez le déshonneur.

 

Un regard. Un sourire. Perfide. Celui de l'homme qu'il eut aimé ne jamais être. Celui qui poignardait sans une once de remord jusqu'à ses propres amis. Indifférent.

 

— Reprendrez-vous un peu de salade ou souhaitez-vous passez au plat principal ?

 

tl;dr : Quintus reste interdit devant la réaction de Neith. Il se rassied et ressasse. Enfin, il mord et déverse son venin.

Quintus Bulstrode a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Pax !

Sortilège
Sortilège de Disparition
Difficulté
4
Résultat D20
4
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

La vaisselle brisée disparut.

Autres résultats possibles

La vaisselle brisée disparut.

Rien. Ce devait être la lassitude.

Rien. Ce devait être la lassitude.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 19/01/2026 à 01:25

Surpris, Bulstrode se figea avec sa cuiller à mi-chemin entre le bol et sa bouche puis la reposa lentement. L'attitude de Ptahchepsès oscillait sans qu'il soit sûr d'en connaître la raison. Se détendait-elle ? Était-elle tombée dans le panneau du jeu de la diplomatie ou bien tissait-elle tranquillement sa toile sous les yeux de l'ambassadeur ? Elle redevint intéressante. Mais... elle ne lui accorda pas ses excuses, ce dont il prit bonne note dans le registre de ses rancunes.

 

Jusqu'au bout, il écouta attentivement sa fiancée. Elle savait manier les mots et l'esprit et les manières. Elle n'était pas dénuée de talents et, sans doute, d'armes mortelles figurées qu'elle dissimulait là quelque part. Amusé, il sourit. Elle n'était peut-être pas encore l'alliée qu'il espérait mais elle était là comme il l'avait demandé et elle faisait, tout comme lui, de son mieux. Sauf qu'elle avait un peu plus l'air que lui de savoir pour quoi elle se donnait cette peine. Parce que faire de son mieux, c'était forcément insuffisant quand on essayait de concilier des intérêts divergents pour soi-même. L'urgence de montrer à Ptahchepsès la raison pour laquelle il l'avait mandée le pressa et il posa sa main gauche à droite de sa soupe.

 

— J'apprécie de voir que vous ne goûtez pas la flatterie. Je suis convaincu qu'elle n'a prise que sur les faibles d'esprits. Je vais vous soumettre au supplice, Neith. Je me permets. Je vais vous raconter une histoire. La mienne. Car j'aime m'entendre parler. Je m'aime, moi, plus que quiconque. Et je suis un égoïste immature et irrévérencieux indigne de votre rang. Mais vous savez quoi ? J'en ai rien à foutre. 

 

Cette réplique, il l'avait éhontément dérobée à son ancienne amie Prisca. Il prenait exemple sur le ratel. Ses prédateurs étaient plus gros que lui. Mais rien à perdre, tout à gagner. Et survivre. Le ratel survivait justement parce qu'il n'en avait rien à foutre. Et d'un revers de la main, sans violence toutefois, la vaisselle devant lui vola par terre et contre le buffet. Bris de porcelaine et de conventions. Rien à foutre. Si ça ce n'était pas une philosophie de vie !

 

— Pour commencer, je déteste la cuisine française. Ensuite, notre maison, Serpentard, j'ai menti à son sujet. Elle n'accueille pas que l'élite. Elle accueille aussi la lie du monde sorcier. L'un ou l'autre, rarement l'entre-deux. Et franchement, je ne suis pas certain de pouvoir prétendre me situer du bon côté de la frontière.

 

Il desserra sa cravate, recula sa chaise en la raclant et la pencha sur ses pieds arrière pour poser ses chaussures sur la table. Un peu de mise en scène théâtrale, il en faisait des caisses. Ça, c'était une leçon apprise auprès de Scott. Les lions ne se soucient pas de manger proprement. Ce sont des rois.

 

— J'avais à peu près votre âge actuel quand j'ai appris nos fiançailles. Et vous savez dans quelles circonstances ? Je les ai apprises en me voyant refuser la main de la femme que j'aimais. Vous dire que j'étais furieux serait un euphémisme. Notre mariage ne me blesse pas : il me meurtri. Mais je réitère que ce n'est pas à vous que je dois en faire le reproche. Quoi qu'il en soit, si je n'avais pas été bien entouré à l'époque, j'aurais étranglé chacun des Bulstrode que je connais avec une immense satisfaction.

 

Le regard marron de Quintus détailla Neith de haut en bas, ostensiblement. Il ne méritait pas de se l'être vue imposer. Ni pour le meilleur ni pour le pire.

— Mon rang dans la société sorcière équivaut chez les moldus à celui d'un baron, un comte tout au plus si je mets de côté l'humilité. Je vous le dis par acquis de conscience bien que je ne doute pas de votre instruction et de votre culture sur de nombreux sujets : c'est le bas de l'échelle de la noblesse. Dès lors, que nous vaut d'être fiancés, tous les deux alors que je ne vous mérite pas ? Le savez-vous ? Moi je l'ignore. Mais ce que je sais, c'est que cela ne peut être anodin. Cela cache forcément quelque chose. Cela sert un intérêt et ce n'est certainement pas le nôtre. Mais peu m'importe. Je me rendrai utile à vous et au clan Ptahchepsès.

 

Quintus se releva et s'approcha doucement de Neith.

 

— Je serai votre allié, Neith. Certainement pas celui que vous attendiez. Mais peut-être mieux ou alors bien pire encore. Qui sait ? Souhaiteriez-vous découvrir la réponse ? Si non, je vous souhaite "bon appétit", formula-t-il en français. Si oui...

 

Il remit en place sa cravate et tendit la main vers la jeune femme, un sourire aussi sincère que ses épanchements accroché aux lèvres.

 

— Le prochain Ministre de la magie vous invite à dîner. Quelque chose de bon. Quelque chose d'inconvenant.

 

tl;dr : Quintus change une nouvelle fois d'attitude. Il envoie voler la vaisselle et les conventions. Il confie à Neith dans quelles circonstance il a découvert leurs fiançailles. Finalement, il lui tend la main et la réinvite à dîner en assurant être le prochain Ministre de la magie.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 17/01/2026 à 11:24

Le clan. Elle n'avait que ce mot à la bouche. Bulstrode espérait qu'à son contact, fût-il forcé, l'Égyptienne apprendrait qu'il était possible d'élargir les horizons. Le fier homme connaissait des blaireaux qui mangeaient du serpent au petit-déjeuner, terrassaient les lions au zénith et planaient par-dessus les aigles au soir. Il lui restait au moins un ami de basse extraction, la plus basse qui soit aux yeux de ses pairs, qui à lui seul valait mieux que tout l'empire Bulstrode, Quintus compris. Neith n'était pas prête pour cela apparemment. Peut-être qu'avec le temps...

 

Une lueur d'espoir lui apparut pourtant. La naissance ne faisait pas tout et elle avait manifestement durement appris cette leçon. La fissure par laquelle pourrait s’immiscer la sincérité de Bulstrode venait de se dévoiler à lui. Une dernière chance pour que Neith rencontre Quintus. Du reste, Ptahchepsès aurait affaire à l'ambassadeur.

 

— Je regrette que nous n'ayons pas davantage en commun. Vous pouvez néanmoins avoir l'assurance de ma pleine et entière collaboration avec vous et les intérêts de votre clan.

 

Avec toute la dignité possible pour un maître de maison qui se retrouvait contraint au service, Bulstrode débarrassa les assiettes qu'il remplaça par la soupe après s'être assuré que sa fiancée en avait terminé avec l'entrée. Quand il découvrit la rouille, il changea d'avis concernant son chef qu'il ne congédierait finalement pas. Il allait l'étriper.

 

— Vous avez raison de vous appuyer sur votre clan. J'aurais dû voir la sincérité de la solidarité qui vous unit. Il n'en est pas de même ici. J'ai dû trouver mes alliés hors des liens du sang. Je vous envie en vérité.

 

Un sourire sincère, une déclaration à cœur ouvert. Quintus estima pouvoir se risquer à entrouvrir la porte du monde qu'il voyait au vu et au su de Ptahchepsès.

 

— Il me semble que nous pouvons nous accorder sur le fait que la naissance seule ne suffit pas à définir la valeur d'une personne. Puissent ces fondations porter l'entente cordiale que je souhaite possible entre nous.

 

Bulstrode remonta le pont de ses lunettes sur son nez avec le même geste que s'il s'était paré d'un masque.

 

— Je ferai de vos intérêts et de ceux du clan Ptahchepsès ma priorité. En toute humilité, j'espère m'en montrer digne. En gage de bonne foi, je reconnais avoir laissé s'exprimer mon amertume. Elle ne vous était pas destinée aussi vous prierai-je de bien vouloir me pardonner de m'être conduit en goujat. Si je ne puis vous être agréable, je vous demande de me guider afin de ne pas être l'inverse au moins.

 

Malgré la répugnance qu'il avait pour la flagornerie, Bulstrode s'y essaya en espérant apaiser la tension devenue palpable dans la salle à manger. Il vérifia que le verre de vin de sa fiancée lui permettait de porter un toast et lui leva le sien.

— Au fait, félicitations d'avoir intégré la maison Serpentard. Seule l'élite possède le talent pour y parvenir, cela démontre bien que vous êtes une personne d'exception.

 

Las des élucubrations politique, Bulstrode s'abandonna à la curiosité de mieux connaître la femme vouée à partager sa vie. Ce serait utile en plus de s'avérer, il en avait bon espoir, une discussion plus détendue.

 

— Et si nous faisions mieux connaissances ? Neith, si vous me permettez, et Quintus, j'entends. Je serais délecté que vous m'en disiez plus sur l'exquise dame que j'ai l'honneur d'avoir pour fiancée.

 

tl;dr : Quintus entrevoit un terrain d'entente avec Neith, tente de concilier leurs points de vue divergents et présente des excuses à sa fiancée. Puis il la félicite pour son entrée à Serpentard et lui propose de faire connaissance.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 17/01/2026 à 03:49

Neith Ptahchepsès accomplit très vite un exploit, et ce à peine assise. Elle inculqua une leçon d'humilité à son hôte. Comme quoi, même Quintus Bulstrode pouvait se tromper. Le nundu n'était que le masque sous lequel se dissimulait un de ces insupportables roquets qui ne font qu'aboyer en se cachant dans les robes de leur maître. Et il devait épouser ça. Cette fiancée qui le toisait lui inspirait finalement quelque chose de concret : du dégoût.

 

Un soupir exaspéré fut tout ce que le Britannique exprima de sa déconvenue. Il aurait pu remettre cette môme à sa place, l'incendier de propos qui lui auraient fait regretter de ne pas être sourde. Mais il avait prévu de la laisser parler et s'en tiendrait au plan, quoi qu'il pensât d'elle. Avec moins de considération pour la demoiselle cependant. Elle ne méritait pas son respect. Elle remplirait le rôle qu'il lui imposerait et ensuite il se débarrasserait d'elle comme d'un outil usé.

 

Lui, un Ptahchepsès ? Plutôt crever. Le sort d'un esclave était plus enviable que cela. Des enfants ? Elle en était un elle-même, l'idée de la toucher lui donnait la nausée. Elle sortait à peine du berceau et se permettait de parler d'ancienneté, l'insolente. Et elle s'octroya le droit de le taxer d'égoïsme. Bulstrode se targuait d'être égoïste. Elle ferait bien de l'être un peu au lieu de se complaire dans la cage dorée qui ne ferait que resserrer ses barreaux jusqu'à la broyer si elle n'avait pas la vision de saisir sa liberté tant que la geôle était entrouverte.

 

Vous et moi. Elle répétait l'expression comme un ennemi vaincu tend les bras devant lui avant d'être achevé. Le "nous" que le sang-pur avait envisagé possible dans cette histoire n'existerait jamais à ce rythme. Il connaîtrait l'ascension en la laissant derrière lui si elle refusait sa main tendue. Et quand il aurait placé le monde sous son joug, les Ptahchepsès ne seraient pas épargnés, la faute à leur émissaire incompétente. Il les mettrait à genoux, suppliants, et les libérerait de leur humiliation en les écimant. Ainsi, la plus ancienne famille de sorciers de la terre disparaîtrait tandis que Bulstrode demeurerait. Il ne manquerait pas de rappeler cela à celle qui serait alors son épouse quand en guise de cadeau d'anniversaire de mariage elle recevrait la tête de ses ancêtres. 

 

Posément, Bulstrode entama l'entrée. De fichus escargots. Qu'ils aillent à Raczidian ces maudits Français et leur exécrable conviction que n'importe quoi pouvait faire office de nourriture. Le chef serait congédié dès son retour au manoir. Sa consigne du jour était de cuisiner de la gastronomie française, pas de s'affranchir des critères de comestibilité. Entre deux bouchées gluantes qu'il mâchait sans trahir sa répugnance, il adressa un sourire froid à Ptahchepsès.

 

— Je suis un égoïste, c'est vrai. Je prends ce que je veux au détriment des autres si nécessaire.

 

Bulstrode laissa le sous-entendu s'imprimer dans l'esprit de son interlocutrice avant de poursuivre.

 

— Mais je vous promets que j'aspire à de bien plus vastes et nobles fins. Et vous, qu'est ce que vous désirez ? Qu'attendez-vous de moi, de nos fiançailles et de votre lignée ?

 

Comme pour se livrer à une confidence, il se pencha légèrement vers elle et mua son sourire en une expression plus chaleureuse, plus sincère. Plus intrigante. Si elle ne mordait pas à l'hameçon, il lui faudrait la harponner. Il espérait ouvrir l'esprit de l'ingénue à un monde de possibilités qu'elle n'avait apparemment jamais envisagé. Ce serait peut-être fastidieux. Les bêtes captives craignaient la liberté.

 

— Qu'attendez-vous de la vie ?

 

L'héritière avait encore le temps de rattraper le rythme de la valse. Si elle y parvenait, elle danserait dans les bras froids mais protecteurs de Quintus. Sinon, elle danserait au bout des doigts manipulateurs de Bulstrode.

 

tl;dr : Quintus est désabusé quant à Neith. Il admet un défaut avant de promettre qu'il a des ambitions plus seyantes que son propre plaisir et de demander à sa fiancée ce qu'elle souhaite tirer de sa vie et des cartes qui constituent sa main.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 15/01/2026 à 23:42

Nundu. Encore juvénile, certes, mais doté de crocs mortels dont la jeune fille apprendrait tôt ou tard à se servir efficacement. La première impression qu'elle lui fit adoucit le sourire dès lors un peu plus sincère de Bulstrode. Son entrée en matière quelque peu agressive avait principalement pour objectif d'évaluer l'instinct de sa fiancée, de voir si son premier réflexe était la fuite ou la lutte. Une faible chose effrayée ne lui serait d'aucune utilité pour ses projets. Son impatience de s'y atteler fut accrue par le potentiel qu'il décelait chez celle qui serait sa complice à conditions qu'elle réponde à ses critères. Et qu'elle s'y prête consensuellement bien sûr. D'où la nécessité d'amadouer un peu la fauve. 

 

À ce sujet, elle semblait hermétique à la prévenance qu'il tentait de lui témoigner. Le diplomate allait devoir essayer une autre approche pour s'assurer de la coopération de Ptahchepsès. Quel pouvait bien être son point faible, l'élément exploitable afin de la manipuler ? Qu'avait-il à proposer dont elle ne pût résister à la tentation ? Un frisson d'excitation le parcouru. Ce jeu-là promettait d'être très divertissant.

 

Il saisit le manteau qu'elle lui tendit pour le suspendre à une patère du hall et inclina la tête en guise d'acquiescement quand elle demanda à ce qui le dîner fût servi.

 

— Comme il vous plaira, Mademoiselle Ptahchepsès.

 

D'un geste, il l'invita à le suivre jusque dans la fastueuse salle à manger où il lui tira la chaise à la place qui lui revenait, aussi bien figurativement que d'après l'étiquette : à la droite du haut bout de la table où lui-même s'installerait une fois qu'il lui aurait révélé l'entrée soigneusement préparée par son compétent cuisinier et qui n'attendait plus que d'être consommée. Pour le repas, Bulstrode avait réclamé un terrain neutre : la gastronomie française.

 

Cet interlude fut l'occasion de considérer un peu plus les dispositions de Ptahchepsès. Elle avait fait montre d'observation durant son monologue. Tapie comme un prédateur, elle avait détecté la faille dans les propos tenus et bondit directement à la gorge. La clef pour se servir de l'Égyptienne résidait-elle dans la stratégie de lui laisser croire qu'elle contrôlait la situation ? Si, comme pour lui, on lui avait toujours dicté quoi faire, la sensation de prendre en main sa destinée pouvait bien être celle qui lui ferait baisser sa garde.

 

— Je n'éprouve rien à votre égard. Nous n'avons montré jusqu'à présent que les faux-semblants que nos familles attendaient de nous. Je vous ai adressé cet avertissement pour deux raisons. Par principe, je n'admet pas que l'on me force la main. Fût-ce ma propre famille. Je veux bien leur faire croire qu'ils me contrôlent mais pas les laisser interférer dans mon libre arbitre. Je suis sincèrement navré que vous soyez prise entre le marteau et l'enclume. Ce qui nous amène à la seconde raison. Je tiens à vous épargner d'être la spectatrice ou même la victime de ces exercices de pouvoir. Mais pour cela, il vous faudra me convaincre que je peux vous faire confiance.

 

Parmi ses défauts, Bulstrode devait admettre celui d'aimer s'écouter parler. De plus, il fallait bien donner quelque chose à se mettre sous la dent à sa fiancée. Sans appât, aucune chance de la hameçonner. Mais dans les minutes à venir, il se contenterait d'écouter. Il espérait que Ptahchepsès aurait la courtoisie de lui rendre la tâche plus aisée en s'ouvrant. Lui aussi avait besoin d'observer, de calculer. De trouver son angle d'attaque. Il allait donc la laisser parler, la relancer sobrement si nécessaire mais de rester suffisamment taciturne pour l'inciter à devoir se lancer à la recherche des réponses qu'elle pouvait désirer. Soit elle s'élançait dans cette acrobatie aérienne sans filet de sécurité soit elle n'était pas digne d'entrer dans ses confidences. En l'invitant à le convaincre, il lui lançait un défi. Bulstrode avait placé ses pièces sur l'échiquier. Restait à voir de laquelle sa partenaire allait s'emparer.

 

Attentif, il servit le vin à son invitée en retenant un soupir. Il détestait le vin.

 

tl;dr : Quintus suspend le manteau de Neith et l'emmène à la salle à manger où il l'installe. Puis il lui dévoile quelque peu ses intentions en préparant son prochain déplacement sur l'échiquier de leur entrevue.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 15/01/2026 à 14:53

Le signal attendu retentit. Le son de la cloche était celui qui annonçait le moment fatidique. Alors qu'ils s'étaient rencontrés plusieurs fois au cours de leur vie, c'était la première où les deux fiancés allaient pouvoir se dévoiler en toute franchise l'une à l'autre. Ou au contraire devraient-ils se parer d'un masque supplémentaires pour tolérer la vie commune qui les attendait et préserver les apparences ? La jeune dame qui se tenait actuellement devant sa porte d'entrée était-elle une nundu sauvage qu'il lui faudrait apprivoiser patiemment ou une croup docile qui accepterait sagement ses exigences ?

 

Bulstrode se leva, vérifia qu'aucun pli ne déformât son costume et alla ouvrir la porte muni de son arme la plus dangereuse : son sourire chaleureux. Devant lui se dressait dignement Neith Ptahchepsès, sa présentation soignée. À partir de là, tout devenait une savante mise en scène où le moindre geste cachait un message et où les mots étaient à double sens. L'ambassadeur envoya le premier signal : sa main tendue vers la demoiselle. Il instaurait de la distance. Qu'elle la serre ou pas en dirait long sur ce qu'elle pensait de lui, de ces fiançailles, de tout.

 

Bonjour, prononça-t-il en arabe avant de passer à l'anglais. C'était courtoisie que de la saluer dans sa langue natale mais ils étaient sur la terre de ses ancêtres à lui. Je vous suis reconnaissant d'avoir accepté mon invitation (une convocation en réalité) et très honoré de vous accueillir chez vous et moi. J'espère que vous avez fait bon voyage.

 

S'il n'avait pas tout simplement employé le "nous", c'était pour ne laisser planer aucun doute quand au fait qu'elle était concernée. Qu'ils le veuillent ou non, ils partageraient beaucoup de choses et constitueraient une équipe. Il s'écarta pour permettre à sa noble compagnie d'entrer avant de refermer la porte derrière elle.

 

— Préférez-vous dîner ou visiter pour commencer ? Veuillez excuser l'absence de personnel, je serai exceptionnellement votre serviteur ce soir. J'ai à vous entretenir de propos qui ne doivent sous aucun prétexte avoir de témoin. D'ailleurs, je n'ai pas pour habitude de tergiverser dans mes affaires alors permettez-moi d'annoncer la couleur en toute transparence. Vous ne devez attendre aucune affection de ma part. L'arrangement qui nous lie est purement politique et je n'entretiendrai aucune ambiguïté dans mon attitude envers vous. Cela étant...

 

La pause marquée était tout à fait théâtrale. Bulstrode la mit tout de même à profit pour tenter de percer le ressenti immédiat de Ptahchepsès. Son regard fouillait celui de son interlocutrice sans chercher à s'en dissimuler. Il la jaugeait et elle en ferait de même dans l'autre sens, rien de plus normal.

 

— Je n'ai aucune raison de vous rendre la vie plus difficile. Vous et moi portons déjà bien assez de chaînes ainsi, je ne serai pas celui qui vous en imposera plus que le strict nécessaire. C'est la raison pour laquelle je vous ai demandé de me rejoindre ici. J'entends que nous établissions, ensemble, les règles qui régiront notre relation en privé. Nous connaissons déjà tous deux celles qui nous sont imposées en public. Je me disais que nous pourrions être un peu plus... détendus entre nous. Sans faire preuve d'imprudence cependant, il va de soi.

 

Le sang-pur s'interrompit là. Il cédait la tribune à l'Égyptienne et attendait impatiemment de savoir quelle serait sa réaction, ce qu'elle avait à dire. Et, bien sûr, il l'observait toujours attentivement. Maintenant que les partenaires, quelle que soit la signification qu'ils donneraient à ce mot, étaient en tête à tête, la partie pouvait commencer.

 

tl;dr : Quintus accueille Neith avec une politesse réservée et lui annonce de but en blanc l'objet de leur entrevue. Puis il attend de voir comment réagit la jeune femme.


Première étape : établir les règles du jeu

Message publié le 15/01/2026 à 10:33

Sa tournée d'inspection arrivait à son terme avec une conclusion satisfaisante : les lieux étaient d'une netteté impeccable. Puisqu'il n'avait plus mis les pieds ici depuis des lustres, l'état de sa résidence londonienne préoccupait quelque peu Bulstrode. Sur place demeuraient une poignée de gens de maison qui logeaient dans une annexe du luxueux manoir de style Tudor, l'excellence britannique avec une touche d'originalité par rapport au classique victorien estimait-il. S'il les payait honnêtement pour entretenir l'endroit, son absence prolongée avait pu être prétexte au laxisme mais il n'en était rien. Bulstrode savait s'entourer de gens efficaces.

 

Le maître de maison rassembla son personnel et leur fit don d'un cadeau intéressé. Il leur donna congé pour le week-end en leur faisant bien comprendre que leur présence dans le domaine n'était pas souhaitée. Aucune autre oreille que celles de son invitée ne devait entendre ce qu'il avait à dire. Et là encore, un risque perdurait. Bien qu'il envisageât une certaine franchise, il ne devait pas négliger le tact. Si tout se passait bien ce soir, non seulement son fardeau s'allègerait mais il comblerait peut-être aussi une femme dont le bonheur ne lui importait guère mais pouvait substantiellement influencer son quotidien. 

 

Tout était prêt. Le manoir désert était chauffé d'un feu nourri dans chaque âtre de la demeure, le dîner conservé par enchantement n'avait plus qu'à être servi — l'ambassadeur devrait s'accommoder de le faire lui-même mais soit — et Monsieur Bulstrode paré de ses plus beaux atours. Sa fiancée ne tarderait plus, aussi s'installa-t-il dans le petit salon des invités près de l'entrée afin de ne pas la laisser attendre sur le pas de la porte. Il avait pour s'occuper des documents rapatriés de son bureau du Caire mais ne travaillait pas pour autant, malgré son intention de le faire au moment où il les avait déposés devant lui.

 

D'être là, en Grande-Bretagne, influençait le cours de ses préoccupations. La dernière fois qu'il avait séjourné dans son pays natal, il avait passé la soirée avec son ami Scott qui l'avait hébergé. Bien sûr, Prisca avait décliné l'invitation. Quant à elle, Caecilia n'avait pas pu se libérer de ses obligations pour se joindre à eux. Elle lui avait manqué. S'il avait su où la trouver en dehors de son domicile, il eût profité de son séjour sur le sol britannique pour aller la voir. Hélas, elle était tireuse d'élite dans les forces de l'ordre magique, pas le genre de fonction qui s'exerce dans un bureau où on pouvait la rejoindre.

 

Après un long soupir, Bulstrode rangea la paperasse sortie en vain et se servit un whisky pur feu. Autant prendre son mal en patience, Neith Ptahchepsès allait arriver d'un instant à l'autre.

 

tl;dr : Quintus s'assure d'être prêt à recevoir Neith dans les meilleures conditions puis s'installe à proximité de la porte pour patienter jusqu'à son arrivée.

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