Femme
23 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 03/02/2026 à 23:44
Le craquement significatif d’un transplanage fait sursauter Ophelia. Elle a à peine le temps de comprendre ce qui se passe que déjà la tempête Fawley s’abat sur elle. En un instant, l’espace qui semblait si vide depuis deux semaines se remplit de la présence d’un historien de décidément très bonne humeur. Il s’enquiert de comment elle va, n’attend pas qu’elle réponde et s’affaire du côté de la desserte qu’elle n’a pour ainsi dire pas approché ces derniers temps. Tout va très vite, et la brune ne pense même pas à s’étonner de le voir trouver quoi que ce soit de cuisinable ici.
La surprise passée, la conservatrice finit par retrouver un peu de contenance et se lève de la chaise sur laquelle elle s’était avachie. Elle s’approche de la kitchenette pour mieux le voir, pour s’assurer que ce n’est pas son imagination un poil fertile qui lui joue des tours. Un sourire ravi fleurit alors sur son visage où le doute persistait encore quelques instants plus tôt.
- Manius. Je suis contente que vous… tu sois venu.
Ça parait peu en comparaison de tout ce qu’il lui a dit, lui. Mais les mots manquent à la jeune femme. Elle ne devrait pourtant pas être étonnée de le voir là. Il avait prévenu qu’il était décidé à garder le contact avec elle. Et elle s’en veut immédiatement d’avoir douté de la curiosité intellectuelle de l’homme qu’elle sait passionné par tous ces artefacts et surtout de sa parole. La lueur qu’elle perçoit chez lui ne lui est pas inconnue et permet, bizarrement, d’atténuer ses propres incertitudes sur le contenu de la boîte. Sans le savoir, il l’aide à se réapproprier la joie d’une telle acquisition.
- La dynastie Ptahchepsès ? Cela devait être passionnant ! Vous avez abordé le point sur le djinns dont vous m'aviez déjà parlé ? Comment était-elle, Nephtys ? demande-t-elle avec une curiosité sincère.
Le compliment qu’il lui glisse au passage la flatte. C’est généralement à ce moment-là qu’elle pourrait sentir ses joues chauffer, mais la coupure de blond l’en distrait. À la place, ses sourcils se froncent légèrement et elle laisse échapper un petit claquement de langue réprobateur.
- Toutes les petites coupures sont importantes. le sermonne-t-elle gentiment.
L’expérience qui parle. Une coupure sur le bout d’un doigt, c’est souvent synonyme d’une goutte de sang vouée à venir tacher ce qu’elle touchera. Inenvisageable pour Ophelia et les livres qui l’entourent. Elle a appris très jeune à prendre au sérieux ce genre de petits désagréments, pour l’intégrité de ses précieux bouquins. Son regard se pose sur le doigt que Manius a porté à ses lèvres et ne voit pas l’absence de bijou, trop focalisée qu’elle est sur le sang qui coule.
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Ophelia observe alors la coupure se refermer. Il ne reste alors que le sang qui a déjà coulé.
Avec tout ça, elle n'a même pas répondu à toutes les questions de son ancien collègue sur la raison de sa venue. Le mystère reste entier sur l'artefact.
Ophelia Frost a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Rannrok !
- Sortilège
- Sortilège du Bisou Magique
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 18
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Ophelia observe alors la coupure se refermer. Il ne reste alors que le sang qui a déjà coulé.
Autres résultats possibles
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Ophelia observe alors la coupure se refermer en moins de temps qu'il ne faut pour dire magicobus. Il ne reste alors que le sang qui a déjà coulé.
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Visiblement, elle aurait du demander à Manius d'arrêter de gigoter et de suçoter son doigt, car cela ne fonctionne pas très bien. L'égratignure reste intacte.
En un geste, sa baguette se retrouve pointée vers l'égratignure sorcier.
- Episkey. prononce-t-elle
Visiblement, elle aurait du demander à Manius d'arrêter de gigoter et de suçoter son doigt, car cela ne fonctionne pas du tout. Elle a même l'impression que ça saigne encore plus à présent.
Message publié le 03/02/2026 à 21:26
La boîte est arrivée la veille, livrée après l’heure de fermeture du musée. Elle trône depuis lors sur la table de la salle d’étude. Ces arrivages sont bien les seules occasions pour lesquelles la jeune femme libère l’espace, d’habitude occupé par les piles de vieux livres. Maintenant que la caisse en bois est là, elle n’ose pas l’ouvrir. Et si c’était un faux ? Et si elle s’était fait avoir ? Des questions qu’elle aurait dû se poser plus tôt, c’est certain. Au moment de l’achat par exemple. Mais les commissaires-priseurs de ce genre de ventes ont l’art de rendre leurs marchandises indispensables. Et puis surtout, le destin lui a envoyé un signe en mettant cet objet sur son chemin.
Ophelia n’est pas fière de se rendre dans les allées sombres où se déroulent régulièrement ces ventes interdites. Hélas, c’est étonnamment le seul endroit où il est possible de dénicher ce genre de pépites sans devoir systématiquement hypothéquer un rein en contrepartie. Les voies légales ont plus rapidement tendance à gonfler les prix, à son grand regret, et son maigre salaire ne lui permettrait pas d’acquérir les reliques qu’elle convoite si elle ne glissait pas vers les Embrumes de temps en temps.
Évidemment, elle a pris l’habitude de se déguiser pour y aller. Méconnaissable, c’est une autre personne qui s’enfonce alors dans les rues sinueuses et malodorantes de ce quartier londonien. Là où rares sont les sorciers qui connaissent la véritable valeur des « babioles gobelines » qu’ils revendent. Et la bourse de la jeune femme ne peut que saluer leur ignorance. Même si ça n'avait pas été totalement le cas la semaine précédente.
Ce soir-là, elle avait perdu espoir de trouver quoi que ce fut digne d’intérêt. Entre les vieilles fioles de potion et les faux grimoires maudits, rien n’avait suscité un semblant d’excitation chez elle. Jusqu’à ce que le contenu de la boîte ne fut présenté. Un autre temps, elle n’aurait probablement même pas accordé un regard à l’objet. Son domaine à elle, en dehors des passionnants traités de paix, c'était les armes, les épées, les poignards. Mais dès qu’elle l’avait vu, une certaine conversation qu’elle avait eue quelques semaines plus tôt avait résonné en elle. Une jolie coïncidence qui ne pouvait pas en être une. Alors elle s’était prêtée aux jeux des enchères, avait échangé une partie de ses économies pour l’acquérir et fait un véritable bras de faire pour gérer l’aspect logistique sans qu’on ne puisse remonter jusqu’à elle. Tout ça avait pris une semaine, jusqu’à hier.
Quand il est arrivé la veille, elle est restée assise à contempler le colis pendant une bonne heure sans parvenir à décider si c’était le bon moment pour l’ouvrir. Elle a réalisé que sur le coup de l’émotion, elle avait peut-être manqué d’attention, n’avait pas pris le temps d’analyser l’authenticité de sa trouvaille. Mais cette dernière ne relevait pas de son domaine d’expertise, contrairement à... Le bureau à côté du sien lui a semblé encore plus vide, d’un coup. N’avait-il pas dit avant de partir qu’ils resteraient en contact ? Il était le seul à qui elle pouvait demander un avis professionnel sur ce sujet. Il n’en avait pas fallu beaucoup plus pour qu’elle prenne sa plume et adresse, d’une écriture élégante, quelques mots à Manius Fawley. Le vouvoiement, une habitude ancrée, avait naturellement repris le dessus alors qu’elle l’invitait à la rejoindre pour authentifier un nouvel artefact qui risquait de le rendre « happy ».
Pas plus avancée qu’hier, Ophelia est de nouveau assise à observer le colis. Des gants blancs sont posés à côté sur la table et le gramophone crachote la voix de Otis Redding en fond. Elle a lancé l’appareil par habitude, et le blues l’aide à se décider. Ou plutôt à rester là à contempler la boîte. Toute une journée de travail n’a pas su l’aider à trancher.
Doutez de tout au monde, et jamais de l'amour.
Message publié le 03/02/2026 à 17:46
L’endroit n’est pas rempli. Il ne l’est, en vérité, jamais vraiment. Seules les vacances scolaires amènent un plus large public désœuvré entre ces murs. Cela n’empêche pas Ophelia de s’efforcer de donner le meilleur d’elle pour que, quel que soit le visiteur, il en ressorte, si pas satisfait, avec au moins la certitude de se coucher moins bête le soir venu. Ce jeudi ne fait pas exception à la règle. C’est avec une attention toute particulière qu’elle refait le parcours de l’exposition, qu’elle vérifie que chaque chose est à sa place. Car même s’il n’y a pas encore grand monde aujourd’hui pour venir apprendre, elle se fait un devoir d’honorer le savoir en ces lieux.
Elle aurait probablement davantage sa place dans un musée sur les guerres gobelines, mais ce n’est pas ce qui intéresse les sorciers britanniques. Alors ce genre de lieu n’existe pas, malheureusement. Enfin, pas encore. L’idée germe déjà quelque part en elle, d’arriver un jour à intéresser les autres sur le sujet, dans un lieu semblable à celui-ci et qu’elle aurait conçu de toutes pièces. Mais ce n’est pas la priorité, pour l’instant. En attendant de voir ses ambitions se réaliser, elle prend soin de cet écrin de savoir qu’on lui a confié. Elle se console en pensant à Godric Gryffondor qui a su reconnaître le talent gobelin en confiant la création de sa célèbre épée à l’un d’entre eux.
Il n’est pas rare qu’elle s’abandonne à la contemplation de la réplique de l’artefact dont ils disposent. Précieusement protégée sous une cloche en verre, comme si l’objet avait seulement une once de la valeur de son modèle original. Au moins, elle lui ressemble et permet à la jeune femme de se perdre dans ses pensées. D’un geste mécanique, elle s’efforce d’effacer les traces de doigts sur une vitrine, de faire disparaître les grains de poussières sur un tableau… C’est son quotidien, et elle s’y plait bien malgré tout.
Lorsque son petit tour d’inspection est terminé, elle revient vers l’entrée du bâtiment. En milieu de semaine, elle sait qu’il n’y aura pas grand monde, alors elle a déjà prévu de poursuivre sa lecture. Là, derrière son petit guichet, personne ne la remarque généralement. Mais pas avant de remettre un peu d’ordre dans les brochures d’exposition. C’est pendant qu’elle remet les livrets en place qu’une voix féminine la surprend. Une visiteuse ! Quelqu’un qui lui demande de l’aide.
La jeune femme délaisse son rangement et se tourne avec un sourire sincère vers la nouvelle venue.
- Bonjour. Vous ne me dérangez pas du tout. Comment puis-je vous aider ? lui demande-t-elle doucement.
Que cela soit une visite guidée, un renseignement, ou tout autre chose, Ophelia est prête à se rendre utile.
Message publié le 03/02/2026 à 02:10
Le moment semble passer en quelques secondes à peine. Manius se révèle être un excellent danseur et, guidée par lui, Ophélia réussit à paraître moins gauche qu’elle ne l’est vraiment. Son regard concentré ne parvient pas à soutenir celui de son partenaire de danse pendant toute la chanson, car sa prudence la pousse à vérifier ses pieds de temps en temps. Elle-même peine à croire qu’elle arrive à ne pas marcher sur les chaussures vernies en face… Et tant mieux, car elle ne serait même pas sûre d’avoir assez d’un salaire pour lui repayer, si elle les abimait. La simplicité de Manius Fawley lui a fait oublié qu’ils ne viennent pas du même milieu…
Lorsque cette parenthèse s’interrompt, la jeune femme se surprend à penser « déjà ? ». Le morceau de blues lui a déjà semblé plus long, lorsqu’elle l’écoutait assise à son bureau, et elle en vient même à se demander si le gramophone n’a pas passé un morceau de la musique… C’était trop court. Mais l’homme qui s’écarte d’elle la distrait déjà en la traitant gentiment de menteuse. Affirmation à laquelle elle rit doucement. Il lui rappelle au passage sa nuque, qu’elle avait déjà oubliée, focalisée sur plus important.
- Vous savez surtout bien guider, le corrige-t-elle gentiment. Ma nuque va bien, oui.
Cette sollicitude va lui manquer. Elle le réalise un peu plus à mesure que le temps passe, et les rapproche du dernier au revoir. En se levant ce matin dans son petit lit sous les combles, Ophelia ne s’était pas imaginée passer une journée aussi riche en émotions. Elle n’a pas l’habitude, n’est pas dans son élément de prédilection : elle se sent pataude. Quand il l’élève au rang d’amie, elle ne peut que se sentir flattée, heureuse. Une légère chaleur vient lui bruler les joues, réaction normale chez elle dès qu’elle est un peu gênée. Il ne lui doit rien, mais elle ne se sent pas en mesure de le lui dire.
L’idée d’une invitation transforme l’adieu en un simple au revoir qui réconforte un peu Ophelia. Alors, de nouveau, elle lui sourit sincèrement. Elle non plus ne pourrait pas se passer de ses traits d’esprit et de leurs discussions. Un petit mouvement de tête négatif vient le contredire lorsqu’il dit avoir été froid, et ne s’interrompt qu’à cause de la surprise du tutoiement. Il parvient à le glisser au milieu de sa phrase, doucement, naturellement. Avec l’élégance qui l’a toujours caractérisé. Sa main vient doucement tirer sur le bord de sa propre chemise, comme pour la remettre en place. C’est surtout pour se donner un peu de contenance.
- Ce serait avec plaisir, Manius. répond-t-elle à la fois pour l’invitation, et à la fois pour ce « tu » plus intime.
La jeune femme réalise que cette journée marque à la fois une fin et un début. Son ressenti est ambivalent alors qu’elle ne peut s’empêcher d’analyser, comme elle le fait toujours, la situation. Car si le départ de Manius signifie la fin d’une collaboration qu’elle appréciait sincèrement, la conversation qu’ils viennent d’avoir, elle, marque le début de leur amitié.
- Un dernier thé pour la route ? suggère-t-elle finalement.
Message publié le 02/02/2026 à 22:51
La tasse réparée, Ophelia se redresse pour faire de nouveau face à son collègue. Pourquoi la remercie-t-il alors qu’elle vient visiblement de commettre une bourde en appuyant sur un point sensible ? Elle a envie de lui dire de ne surtout pas le faire, mais il semble vouloir changer de sujet. Alors elle n’insiste pas, le laisse dévier. Et quand il commence à évoquer le temps passé ensemble ici, c’est à son tour d’avoir envie de verser une petite larme. Ses mots la touchent bien plus qu’il ne pourrait l’imaginer, en particulier quand il parle d’elle en des termes que personne n’a jamais envisagés à son sujet. Pas même sa famille. Mais elle se doit de se retenir. Il y a eu assez de larmes ici, pour aujourd’hui.
Une éminente historienne. Là, elle a le réflexe de baisser le regard et de balayer le propos d’un petit geste de la main. C’est trop, ce n’est pas vrai. ça le sera peut-être un jour, si elle continue de s’en donner les moyens. Elle l’espère. Tout à coup, la brune redresse brusquement la tête sous le coup de la compréhension. Plus tôt, lorsqu’il a parlé de renoncer aux expéditions, elle n’avait pas saisi l’ampleur de ce que cela signifiait. De ce que cela impliquait. Maintenant qu’il dit être triste de la laisser seule ici, elle réalise que ce ne sont pas que les expéditions qu’il doit laisser tomber, mais ses recherches au musée également.
Ophélia ne voit pas la tâche humide disparaître sous le coup de baguette de Manius, car c’est lui qu’elle observe. Déstabilisée. Son collègue, celui qui lui tenait compagnie lors de ces soirées de recherches intenses à potasser de vieux grimoires poussiéreux, s'en va. Celui à qui elle pouvait demander un avis professionnel et qui avait toujours une remarque intelligente à faire. Le même qui ramenait des objets incroyables à analyser et dont ils pouvaient parler longtemps. Plus de plaisanterie sur ces histoires de gobelins qui la passionnent tant. Car il est le seul à s’y être seulement intéressé, sans qu’elle ne perçoive cette moquerie ou cet ennui qu’elle discerne souvent chez les autres. Bientôt, il ne sera plus là.
- Vous aussi, vous allez me manquer. lui répond-elle en s’efforçant d’atténuer la sensation de sa gorge serrée.
Le gramophone crache toujours ce son blues qu’elle aime tant. La main qu’il lui tend est une invitation qu’elle envisage un instant de refuser, par convenance. Mais ce n’est qu’une danse, et il va partir. Elle ne se sent pas la force de lui refuser, pas pour la dernière fois où ils travaillent côte à côte. Les regrets la rongeraient si elle ne le faisait pas. Sa main vient doucement se poser sur la sienne.
- Volontiers. accepte-t-elle.
Ophelia n’est pas à l’aise, c’est un exercice qu’elle ne maitrise pas et qui ne s’apprend pas dans les livres. Mais la musique la porte et la nostalgie aussi. Elle laisse une distance entre eux, comme pour se préparer à celle qui sera bientôt sa nouvelle réalité, mais un sourire perle sur ses lèvres. Manius a raison, ces adieux ne peuvent pas rimer avec tristesse.
- J'espère que vous ne tenez pas trop à vos pieds, le taquine-t-elle gentiment.
Message publié le 30/01/2026 à 01:24
Tu es une idiote, Ophelia Frost. C’est la première pensée qui vient à l’esprit de la sorcière, quand Manius Fawley s’effondre devant elle. L’écart est grand entre les petites conversations sur la météo ou leurs recherches en buvant un thé et les confidences qu’il vient de lui faire. Trop pour elle qui n’a visiblement pas su tenir sa langue au bon moment. Et si elle s’était contentée de saisir la diversion au vol et de rebondir sur Nagluk ? Et si elle avait simplement écouté au lieu d’interpréter et d’analyser ? Et si, et si… Elle entend la voix de sa mère qui lui répète « qu’avec des si, on refait le monde ». Mais il est trop tard pour regretter. Le mal est fait.
À la seconde où les premiers sanglots brisent le carapace de pudeur de l’homme, Ophelia reste interdite. Ses prunelles noisette s’écarquillent un instant de stupeur et elle se revoit des années en arrière, incapable d’être consolée par la grande sœur qui venait de la blesser accidentellement. Elle se sent impuissante face au mal qu’elle a causé et reste là, pendant que son cerveau s’active furieusement pour trouver un moyen de réparer ce qu’elle a abimé.
Dans un sursaut, elle se lève de sa chaise, ignorant la serviette qui tombe alors à terre. Sa nuque engourdie est à présent le moindre de ses soucis. Puis, comme elle l’aurait fait avec un animal blessé, elle s’approche lentement de Manius. Plantée à côté de lui, le creux soucieux s’est accentué sur son front et elle reste là, à ne pas trop savoir quoi faire. Analyser, réfléchir, réagir. C’est ce qui l’aide à se reprendre un peu. Topo de la situation ? Elle a merdé. Grave. Et maintenant son estimé collègue craque. Que fait-on dans ce genre de situations ? On essaie d’apaiser la situation. D’apporter du confort et du réconfort.
Son regard scrute leur environnement, à mesure qu’elle sent la panique monter. Mais elle n’en montre rien : ça ne l’aiderait pas lui. Quand elle voit le fauteuil qu’elle vient de quitter, elle se décide enfin. Avec lenteur, elle approche sa main du bras de l’historien. Celle-ci reste en suspens pendant un bref instant avant qu’elle ne se décide à glisser ses doigts au niveau de son coude.
- Venez, asseyez-vous, ne restez pas là… lui chuchote-t-elle avec le plus de douceur possible.
Elle sait d’expérience que ce genre d’état ne permet pas de réfléchir par soi-même. C’est le genre de craquage qui nécessite quelqu’un pour nous guider. Il a juste besoin d’une impulsion et c’est ce qu’elle fait en le poussant très légèrement au niveau de la pliure de son bras, pour qu’il avance lentement vers sa chaise de bureau. Elle l’aide à contourner les éclats de la tasse qu’il a lâchée sous le coup de l’émotion. Un petit sort règlera ça rapidement, il y a plus urgent.
Quand il est suffisamment près du vieux fauteuil, elle l'aide à s'asseoir. Sa main quitte le coude du blond une fois qu'il est assis. La jeune femme se met alors en mouvement. Il faut qu'elle bouge, sinon elle est sûre de finir par s'enfoncer dans le sol de honte. La tasse cassée lui donne une raison de se détourner un peu de Manius, pour lui laisser l'intimité dont il a probablement besoin.
Ophelia s'accroupit près de la tasse en miette et extirpe sa baguette de son étui, accroché à sa taille. Elle chuchote « reparo » en visant les débris. Il faut un petit temps pour que les morceaux de porcelaine se rejoignent pour former à nouveau la tasse. Après coup, elle reprend la forme qu'elle avait juste avant l'incident. Seule la tache humide sur le sol et les sanglots du sorcier assis plus loin indiquent qu'il s'est passé quelque chose...
Ophelia Frost a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Rannrok !
- Sortilège
- Sortilège de réparation
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 13
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Ophelia s'accroupit près de la tasse en miette et extirpe sa baguette de son étui, accroché à sa taille. Elle chuchote « reparo » en visant les débris. Il faut un petit temps pour que les morceaux de porcelaine se rejoignent pour former à nouveau la tasse. Après coup, la tasse reprend la forme qu'elle avait juste avant l'incident. Seule la tache humide sur le sol et les sanglots du sorcier assis plus loin indiquent qu'il s'est passé quelque chose...
Autres résultats possibles
Ophelia s'accroupit près de la tasse en miette et extirpe sa baguette de son étui, accroché à sa taille. Elle chuchote « reparo » en visant les débris. Dans les secondes qui suivent, les morceaux de porcelaine se rejoignent pour former à nouveau la tasse. Il ne reste, à part la tache humide sur le sol, plus aucune trace de la vaisselle cassée.
Ophelia s'accroupit près de la tasse en miette et extirpe sa baguette de son étui, accroché à sa taille. Elle chuchote « reparo » en visant les débris. Les morceaux tremblotent, à peu près autant que sa main, et peinent à se rassembler. Le résultat n'est pas convaincant et il manque un morceau important à la base de la tasse. Crotte.
Ophelia s'accroupit près de la tasse en miette et extirpe sa baguette de son étui, accroché à sa taille. Elle chuchote « reparo » en visant les débris. Les morceaux restent parfaitement immobiles. Et sur le coup, elle a l'impression que quelque chose vient également de se briser en elle... Tu n'es qu'une bonne à rien, se maudit-elle intérieurement.
Message publié le 29/01/2026 à 22:28
Quand Manius émet un petit sifflement, Ophelia pense directement qu’il exagère. Ça ne peut pas être aussi grave qu’il le dit. Et puis ce n’est qu’un muscle, qu’une gêne. Elle a l’habitude. Ce sont les genre de détails qu’elle a tendance à balayer d’un revers de main, car des choses plus importantes méritent son attention. Le savoir a ses raisons que sa santé ignore. Cela dit, elle ne peut s’empêcher de sourire doucement lorsqu’elle voit son collègue lui réchauffer un serviette et la lui tendre. L’attention la touche et elle accepte volontiers le tissu qu’elle saisit délicatement.
- Merci. C’est déjà bien gentil de me l’avoir réchauffée. Ne vous en faites pas, ça finira par passer.
Car ça passe toujours. Pendant un temps. La jeune femme vient alors disposer la serviette chaude au niveau de sa nuque, et sa tête bascule en arrière quand son dos s’appuie à nouveau contre la chaise. Un petit soupir de plaisir lui échappe au contact apaisant de la chaleur contre la zone endolorie, et elle reste un temps les yeux fermés à profiter du moment. Au bout de quelques instants, elle se redresse, et ne peut s’empêcher de rebondir sur la remarque qu’il vient de faire. C’est la chercheuse qui parle, alors qu’une lueur malicieuse brille dans son regard.
- Mais c’est justement en vérifiant comment ça fonctionne, que cela pourrait passer d’une théorie sans fondement à… peut-être une découverte de grande importance ! Cela dit, il y a peut-être d’autres moments pour le tester, vous avez raison…
Puis un léger silence s’installe, vite rompu par la voix de Manius qui, pour la première fois depuis qu’ils se connaissent, se confie. Le sourire de la brune s’amenuise à peine, ne restant en fond que pour lui montrer qu’elle écoute, qu’elle est là. Quand il lui demande si elle se souvient de la beuglante, elle se contente d’hocher lentement la tête. Peu ne s’en souviennent pas… Il ne fallait pas forcément être branché ragots pour avoir entendu parler de l’événement. Un fameux scandale, qui l’avait fait se sentir compatissante à l’égard de la destinataire du bruyant et véhément courrier.
Elle ne comprend pas comment il est encore possible, de nos jours, que certaines familles perpétuent ces traditions archaïques. Ils traitent leurs enfants comme du bétail, juste bon à procréer pour perpétuer leurs lignées. Il est très rare que de bonnes choses résultent de ce genre d’unions imposées. Elle sent peser sur les épaules de son collègue une pression qu’elle n’avait jusque là pas imaginée. Ou peut-être n’avait-elle simplement pas ouvert les yeux. Ophelia attend qu’il ne dise plus rien, et sourit en douceur à sa tentative de diversion. Elle ne s’en offusque pas, comprend que c’est plus facile de dévier du sujet. Sa voix n’est qu’un chuchotement quand elle confirme l’anecdote historique :
- Oui, c’est lui. Mais contrairement à ce veut nous laisser croire l’Histoire, Nagluk n’était pas au courant pour les agissements du mage fou.
Pendant un instant, la sorcière laisse un silence s’installer. Elle voudrait pouvoir se montrer réconfortante, avoir les mots ou les bons gestes… Que ferait Angie ? Elle l’emmènerait très probablement boire un verre, ou deux, ou cinq. Puis elle la prendrait dans ses bras avant de la sermonner pour qu’elle se reprenne, toujours en trouvant les bons mots. Mais l’idée ne semble pas réellement possible avec Manius, ils ne se connaissent pas assez. Elle est touchée par ses mots, par la faute qu’il s’est attribuée, et par le tourment qui semble le ronger. Doucement, elle vient glisser son doigts sur le bord de sa tasse, ça l’aide à réfléchir.
- Je ne suis pas vraiment de celle qui cautionnent ce genre d’alliances, commence-t-elle par admettre pour poser les bases en toute honnêteté. Elles sont forgées dans la peur, le calcul et la prétendue pureté… alors qu’elle ne font que recycler la souffrance sous des noms plus respectables.
Elle espère ne pas le blesser en lui disant cela, mais ne peux pour autant pas jouer faux jeu avec lui. Aussitôt, la brune s’empresse de poursuivre toujours d’une voix douce.
- Ce sont toujours les enfants qui en paient le prix. Des enfants façonnés pour perpétuer des lignées et porter des attentes qui n’auraient jamais dû leur appartenir. Vous n’auriez pas dû avoir à vivre cela, vous non plus, Manius.
Ophelia inspire, comme pour rassembler ce qu’elle va dire.
- Je.. je ne peux pas vous regarder et y voir un bourreau, comme vous le dites. Ce que vous décrivez ressemble davantage à un homme pris dans un engrenage ancien qui a cru sincèrement pouvoir offrir une issue moins cruelle à l'une des siens. Vous avez agi en pensant au bien-être de cette jeune fille. Peut-être maladroitement, peut-être avec les moyens limités que ce monde vous laissait… Mais l’intention était là. Et elle compte.
Tout dans l’expression de son visage laisse transparaître la compassion – et non la pitié – qu’elle ressent pour lui.
- Votre dévotion est admirable, Manius. Mais… commence-t-elle alors qu’un pli de souci lui creuse légèrement le front. Est-ce que vous avez pris le temps de penser à vous ? À votre bonheur, je veux dire. Vous êtes heureux ?
La tête penchée, elle regarde Manius d’un tout nouvel œil, avec un intérêt sincère. L’historienne ne peut s’empêcher de s’en vouloir immédiatement d'avoir trop parlé, de s'être laissée porter par son esprit analytique.
- Pardon, ça ne me regarde peut-être pas, j'ai dépassé les limites… s’excuse-t-elle, embarrassée, en remettant en place la serviette qui a un peu glissé de sa nuque.
Message publié le 28/01/2026 à 00:59
- Oh non, ne vous excusez pas. Je ne dormais pas, dit-elle pour le rassurer.
Il est vrai que l’on pourrait s’y tromper parfois, tant le silence est pesant dans la pièce quand elle est trop intensément plongée dans ses vieux parchemins. Seul le bruit des pages et parfois du gramophone vient rompre ce calme ambiant. Manius se lève pour aller jusque la petite desserte où est posée la théière, ne s’interrompant qu’un instant pour commenter l’ouvrage qui trône devant elle. En l’entendant faire des suppositions sur le déroulé des négociations entre gobelins, elle ne peut s’empêcher de rire doucement.
- Non, il n’a pas accepté… Mais je crois surtout que c’est parce que Larknas était mort depuis longtemps quand Ugrak est arrivé. C’est son frère Nagluk qui a accepté la tête d’Eggor. ne peut-elle s’empêcher de préciser.
Ce genre de discussion est monnaie courante dans cette pièce. Sa sœur lui a déjà dit qu’elle tenait assez de sujets ennuyants pour lancer son propre business, un truc pour endormir les gens sans potions. Angie n’a jamais été très portée pour l’Histoire, contrairement à elle. Mais avec Manius, c’est différent. Ils peuvent parler longtemps de ce genre de choses. D’ailleurs, exclusivement de ce genre de choses.
- Merci. dit-elle en souriant doucement et en attrapant la tasse de thé qu’il lui a préparée, exactement comme elle l’aime, à n’en pas douter.
Quand elle était à Poudlard, Ophelia éprouvait déjà un profond respect pour celui qui était alors son préfet. Elle appréciait à l’époque sa gentillesse et l’attention dont il faisait preuve à l’égard des autres. Ils n’étaient que des camarades se disant bonjour au détour de la salle commune ou d’un couloir. Pas grand-chose en somme, mais suffisamment pour qu’elle ait vraiment été heureuse de le retrouver quelques années plus tard. L’adolescent avait alors laissé place à un homme, un chercheur dont le travail la laissait rêveuse. Par le fruit du hasard, sans qu’elle ne se rappelle vraiment comment, elle s’était retrouvée à partager la salle d’étude du petit musée de Godric’s Hollow avec lui. Même si travailler à ses côtés était devenu naturel, elle n’avait jamais poussé leur relation au-delà de la plaisanterie gentille, ou de la conversation de trottoir. La brune n’avait même pas osé suggérer le tutoiement, comme si cela n’avait pas été envisageable avec quelqu’un de sa trempe à lui.
À présent qu’elle le voit déambuler dans la pièce, à observer les trésors qu’ils ont ramené – eux et d’autres avant eux -, elle comprend que ce soir est différent des autres. Son intuition se confirme lorsqu’il commence à se confier, plus qu’il ne l’a jamais fait. Renoncer aux expéditions ? Elle se redresse d’instinct sur sa chaise, en la faisant un peu grincer.
L’historienne ne sait pas où placer la limite entre eux. Jusqu’ici, il n’a jamais été question de parler de vie privé. Pas qu’elle ne l’ait pas voulu, ça ne s’était juste pas fait. Son front se barre d’un léger pli inquiet. Il doit être arrivé quelque chose de grave pour que Manius Fawley renonce à ses expéditions, et qu’il pense en prime que sa femme le déteste. Même en tentant de l’imaginer, Ophelia ne parvient pas à concevoir un monde où le blond puisse avoir fait quelque chose de détestable. Cela dit, elle ne connait pas non plus l’épouse du sorcier, à l’exception de son nom… et d’une histoire de beuglante qui l’avait suivie, à l’époque.
- Vous ne m’ennuyez absolument pas. Vous… voulez en parler ?
Elle ne veut pas l’y obliger, mais simplement lui faire savoir qu'elle peut être une oreille attentive, s'il en a besoin. Il semble cependant prêt à parler d’autre chose car il lui présente l’un de ses artefact, qu’elle ne connait pas. Visiblement, sa gêne à la nuque n’est pas passée inaperçue et elle se sent presque embarrassée d’avoir été si transparente. Mais la curiosité l’emporte, alors elle penche un petit peu la tête.
- Ça fonctionne comment exactement ? demande-t-elle en plissant légèrement les yeux de curiosité.
Sa main guide sa tasse jusqu’à ses lèvres, juste assez pour qu’elle souffle un peu avant de prendre une gorgée de thé. Parfaitement sucré.
Message publié le 27/01/2026 à 22:13
Le musée a fermé ses portes depuis un moment et la soirée est bien avancée. À cette heure-ci, Ophelia devrait avoir rangé ses affaires et pris la route pour rejoindre son appartement. Enfin… Appartement est un grand mot pour la chambre de bonne à peine plus grande qu’une cage à lapin qu’elle loue pour une poignée de pain. À défaut d’être spacieux, l’endroit a le mérite de se situer à cinq minutes à pied de là où elle travaille. La propriétaire à qui elle loue est une vieille femme qui, en dehors de l’odeur de chou qu’elle dégage à toute heure de la journée, est charmante et se montre d’une gentillesse infinie avec elle. Ophelia passe sans problèmes outre sa curiosité maladive et ses quelques petites bizarreries si ça peut lui permettre d’avoir un endroit où dormir et de mettre de l’argent côté en économisant sur le loyer.
La jeune femme n’a pas besoin de plus, puisqu’elle ne passe au final que très peu de temps chez elle. Trop occupée à poursuivre ses recherches, à nourrir son âme et son cerveau. Ce soir ne fait pas exception à la règle. Là, dans l’ambiance feutrée de la salle d’étude, bercée par le bruit des pages qu’elle tourne au fil de sa lecture et par les Blues Cousins qui jouent en fond, elle se sent bien.
Ce n’est qu’au bout d’un moment, quand elle sent le picotement léger et familier de ses yeux fatigués, qu’elle réalise qu’elle vient de faire un saut dans le temps. Un petit regard sur la montre fine à son poignet lui indique que trois bonnes heures viennent de disparaître, en un battement de cil. Sa soif de lecture lui a encore joué des tours. Mais ce traité de paix entre clans gobelins est tellement fascinant, qu’elle ne regrette absolument pas. La raison lui souffle pourtant à l'oreille qu'il faudrait qu’elle fasse une pause. Ne serait-ce que pour faire ce à quoi le commun des mortels comme elle ne peut se défiler... Manger, boire, dormir, c'est tellement surfait.
Alors qu’elle se redresse sur sa chaise de bureau pour s’étirer un peu, le soupir de Manius attire son attention. Son regard glisse jusqu’à lui, et tente de déchiffrer ce que peut bien cacher ce souffle qui lui a échappé. Il semble fatigué, plus que d’habitude. Elle ne devrait probablement pas se mêler de ça, parce qu’après tout ils ne sont que des collègues. Ou plutôt des confrères, des passionnés d’Histoire qui partagent occasionnellement un espace de travail. Mais en plus de le respecter pour son travail, la jeune femme a appris à apprécier l’homme pour sa gentillesse et le fait qu’il ait rendu si facile de le côtoyer quasi quotidiennement.
- Quel soupir… dit-elle en brisant doucement le silence, alors qu’un petit sourire perle sur ses lèvres. Tout va bien ?
Son dos vient retrouver le dos de sa chaise, lorsqu'elle s’appuie pour mieux le regarder. Ce serait pas mal d'investir dans des fauteuils plus confortables, pense-t-elle brièvement en sentant une raideur naitre dans sa nuque.