Harry Potter RPG
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Deb
Message publié Lundi 24 Février 2025 à 10:06

Apparemment ce serait la nouvelle activité du WAC. Personne l'avait vu venir. Pas faute d'avoir secoué des boules comme celle qu'elle tient entre ses mains. Tout ça pour vérifier que les moldus tiendraient pas un truc dans le domaine de la divination. Bon, en vrai c'est juste la première session de théâtre lancée par Horace : il a mis au défi l'intégralité des participants d'apporter un objet du monde moldu et de faire une improvisation autour. Fatalement que Miss Aisling y participe, faut bien montrer l'exemple quand on est à l'origine du club, pensez pas ? Bon mais alors vous devinerez jamais ce qu'elle a fait ensuite.

Sinon je viens de voir Katherine Dennison montrer une émotion. Si, j'vous jure. Regardez. Enfin j'crois ?
 

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Horace Milbourne

Concierge de Poudlard 67 ans Sang-Mêlé·e Française Notoriété

Deb
Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Hall de Poudlard, près de l'entrée de la salle commune des Poufsouffles, Mardi 05 Septembre 2124

Horace avait l’habitude du bazar, mais là, il fallait bien reconnaître que la situation atteignait un niveau inédit de cacophonie. Il aurait pu répondre à Amanda sur-le-champ, lui raconter comment Peeves était né du chaos estudiantin, comment les professeurs eux-mêmes avaient tenté en vain de s’en débarrasser durant des siècles, comment le légendaire Dumbledore en personne l’avait toléré, ce qui équivalait à une invitation officielle à semer le désordre… Mais la théorie du chaos s’appliquait ici avec une intensité toute particulière. D’un côté, Rusard éructait toujours depuis son cadre, l’accusant de laxisme éhonté. De l’autre, Peeves flottait en plein milieu du hall, giclant de l’encre dans tous les sens en tournoyant comme un peintre possédé.

Pour couronner le tout, les balais ensorcelés avaient visiblement perdu la tête, puisqu’ils s’attaquaient désormais aux mauvaises cibles. L’un d’eux, particulièrement zélé, s’acharnait sur Amanda, frottant son uniforme imbibé d’encre avec une intensité qui frisait l’agression physique. Horace claqua la langue.


- C’est bon, on arrête le massacre ! Il bondit vers Amanda et attrapa le balai par le manche en plein vol, comme on rattrape un hibou trop pressé de livrer son courrier. Ah non, ça suffit, toi ! Le balai se tortilla violemment, tentant de s’échapper, mais Horace serra son emprise avec fermeté. On attend les ordres avant de récurer les élèves, compris ?


L’objet trembla une dernière fois, puis s’immobilisa comme un enfant pris en faute. Horace, encore un peu essoufflé par l’intervention, relâcha une grande inspiration exagérée, puis plaqua ses mains sur ses hanches en scrutant l’étendue des dégâts. C’était un carnage. Le hall n’était plus qu’un champ de bataille artistique, un tableau mi-Jackson Pollock, mi-Poudlard après une attaque de gobelins enragés. Il fallait nettoyer ce foutoir. 

- Rusard, avec tout le respect que je vous dois, on ne met plus d’élèves aux cachots depuis deux siècles. Je sais, terrible déception. Mais si vous voulez absolument voir de la torture, je peux vous envoyer en excursion au cours de Botanique, ils étudient les Filet du Diable cette semaine. Quant à vous, bande de tiges en bois ensorcelées, c'est Peeves qu'il faut attraper, pas Miss Howcraft ! Il énonça à l'intention d'une armée de balais penauds.
 

- Je vous le dis, Milbourne, vous êtes un incapable ! De mon temps, ce château était tenu d’une main de fer, et regardez où nous en sommes aujourd’hui ! Une FOIRE !
 

La vieille sorcière en robe mauve, encore maculée d’encre, secoua son mouchoir dramatiquement.


- Je suis DÉSHONORÉE ! Mon portrait est RUINÉ ! C’est un SCANDALE ! Son voisin, un magicien bedonnant, roula des yeux. Oh, par Merlin, arrête ton numéro. On dirait une tragédienne du Théâtre du Chaudron Enflammé.
 

Horace soupira.


- S’il vous plaît, mesdames, messieurs les peintures, si vous voulez bien me laisser faire mon travail, je vous en serais infiniment reconnaissant. Il tourna alors les yeux vers Amanda, son éternel sourire malicieux aux lèvres. Miss Howcraft, je vous encourage fortement à me donner un coup de main. Mais si vous préférez juste admirer mes talents magiques… Eh bien, vous allez être servie. 

Avec un geste théâtral, il leva sa baguette.

Une grande partie de l’encre disparaît, le sol et les murs redeviennent propres, mais l’eau provoque un mini-déluge sur quelques marches, et un balai dérape et se cogne contre un banc. Les portraits se plaignent en véritable concert.

- Quelle HORREUR, je suis TOUT MOUILLÉ !


Peeves est encore là, mais plus agacé que motivé, il se contente de flotter en râlant. Rusard peste encore, mais avec un peu moins de conviction, comme si voir Milbourne réussir le mettait en rogne.

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Horace Milbourne

Concierge de Poudlard 67 ans Sang-Mêlé·e Française Notoriété

Deb
Poufsouffle
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Bibliothèque de Poudlard, Dimanche 03 Septembre 2124

- Bart !

Excessivement excité, Horace déboule dans la bibliothèque avec la vigueur d'un adolescent, les cheveux érigés en tous sens, la peau tannée d'avoir passé son été sous le soleil, une tenue - celle de droite évidemment - que l'on ne saurait qualifier autrement que de parfaitement excentrique. Bien évidemment, pas âme qui vive entre les rayonnages, ni même sur les tables de travail : seulement trois jours sont passés, et il n'existe pas un seul monde où quelque étudiant que ce soit irait se terrer brusquement dans la biblio... Ah. Certes. Un groupement de Serdaigles. L'œil ne les attrape qu'au vol, car ce n'est pas le genre de vision qui viendra arrêter notre légendaire gus, au contraire.

 

- Salut les gosses, il balance simplement avec le sourire avant de s'en revenir au principal concerné. Bart, donc. Suivez un peu.

 

Les mains appuyées sur le bureau, la silhouette se penche vers le congénère - ils fêtent cette année leur cinquantième année d'amitié, ce n'est pas rien n'est-ce pas ?

 

- Bart, va y avoir un bal de noël. Non, fais pas cette tête là ! T'as promis, j'veux rien savoir. On va l'faire.

 

Pour sûr que ce bougre de Bartholomew sait pertinemment où il veut en venir, pour sûr qu'il est déjà probablement en train de réfléchir aux centaines de raisons pour lesquelles il voudrait esquiver une promesse datée d'il y a presque dix ans. Mais. Un Horace est une bestiole obstinée, et s'il s'est armé de patience pendant aussi longtemps, c'est pour mieux s'ancrer brutalement dans le sol au moment venu, et ne pas céder un seul pouce de terrain.

 

- C'est l'moment où jamais hein. R'garde, on est en septembre, on a trois mois pour s'mettre au point !

 

Un poing, d'ailleurs, s'abat légèrement sur la table, avec suffisamment de force probablement pour provoquer une ou deux ratures. Le sourire éclatant s'accompagne d'un redressement de sa personne, qui guette son ami avec une lueur fière dans l'œil, et la posture de celui qui vient de se voir combler son plus brillant rêve d'enfant. Il se met à s'agiter, comme habité d'une musique absolument inexistance, sous le regard interdit des gamins de Serdaigle, dont certains se mettent à pouffer.

 

- La la la, la la la, la la la. Un bal, de, no-ël !

 

L'occasion ? Il l'a oublié. N'a perduré que ce fait, improbable, qui n'a plus été vécu à Poudlard depuis belle lurette. Est-ce un choix qui vient passer la crème sur la blessure de quelques joueurs dégoûtés par la perspective d'une année sans l'ombre du moindre match ? Probable. À moins que la direction ne se sente d'humeur à la fête.

 

- Riez pas vous, y en a un seul qui sait danser ici ? J'vais vous donner des classes moi attention. Anton, savez danser la carioca ? Mh ? Non, bah non, pourtant vous devriez, c'est un essentiel mon p'tit gars. La, la, la.

 

Les hanches s'agitent dans une bibliothèque qui n'a plus grand chose de silencieux, avec les éclats de rire des deux filles de la table, et les remarques puérils du reste des garçons. Ses mains attrapent celles de Jeanne, et il l'entraine au milieu des rayonnages avant de la relâcher soudainement pour se tourner de nouveau vers Bartholomew.

 

- Bon, alors, oui hein ? Mains sur les hanches, il attend. Faudrait pas mettre la charrue avant les bœufs quoi. 

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Deb
Message publié Mardi 22 Octobre 2024 à 17:01

Oui bon. C'est que ça là en face - vous l'avez pas reconnu ? C'est la mairesse de Pré-Au-Lard. Si. C'est-à-dire qu'elle est pas connue pour tirer son relationnel de nulle part quoi. Elle aime bien se faire plaisir quoi. Vous voyez c'que je veux dire quoi. Mairesse, maitresse, y a qu'un seul pas Ou un seul t d'ailleurs. Les rumeurs elles courent vite, et Horace il a du mal à faire la part des choses entre premier et second degré quand il a un petit coup en trop. Bon ce qui est gênant c'est que y avait son époux pas bien loin. Heureusement il a un gros humour de beauf, alors il a cru que c'était une vanne. C'était une vanne, en vrai, Horace lui aurait pas mis un doigt à la mairesse. Enfin juste de whisky. Enfin vous voyez, quoi. Mais juste il a pas dit ça pour rien non plus, si vous voyez c'que je veux dire. Ça aurait pu. Enfin bon.

 

Ahum.

 

Spike Ryder, mais que t'arrive t-il beybou ?
 

 

 

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Horace Milbourne

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Hall de Poudlard, près de l'entrée de la salle commune des Poufsouffles, Mardi 05 Septembre 2124

Le coup d'envoi a été donné. Une quarantaine de nouvelles têtes distribuées parmi les quatre maisons fondatrice en la bagatelle d'une heure de cérémonie de répartition, sous l'œil solennel de l'ensemble du corps professoral, mais aussi de ses membres moins éminents du personnel. Horace a déjà retenu la plupart des noms, nécessitera encore plusieurs semaines avant d'être certain du reste. Les visages juvéniles se sont encore émerveillés devant les splendeurs d'un château dont les moindres recoins ont, pour l'occasion été parfaitement astiqués. Du moins l'espère t-il. C'est-à-dire que commanditer une horde de balais demande autant de précision que de confiance, et il est déjà arrivé que plusieurs vieilles brosses ne se rebelles-nt, et décident de plutôt se lancer dans des duels au milieu des couloirs.

 

Tout ne peut pas être de son ressort.

 

Les premiers jours se distillent avec la mesure régulière des plannings de tout un chacun. Seule ombre au tableau, l'annonce de l'annulation de la coupe de Quidditch, qui aura vu la déception s'installer dans de nombreux regards. Horace a su faire preuve d'empathie envers les quelques joueurs qu'il a entendu se plaindre à ce sujet, sans se sentir grandement concerné. Ce sport-ci ne l'a jamais franchement intéressé. Ses pensées à lui sont à vrai dire encore pleinement tournées vers le dernier périple estival, qui les a vu lui et Bartholomew profiter d'un immense road trip à la moldu le long d'une célèbre route soixante-six. Sachez que chevaucher une Harley a quelque chose de bien plus palpitant que n'importe quel Comète aux brindilles usées à plusieurs mètres de hauteur.

 

- Amanda Howcraft.

 

La voix est chaleureuse, les lèvres étirées en un sourire franc qui fait briller ses yeux d'un éclat enfantin. La silhouette menue de la jeune Poufsouffle de troisième année vient d'être aperçue non loin de l'entrée de sa Salle Commune, tandis qu'il ensorcelle tout un banc de chiffons pour épousseter les tableaux du hall gigantesque. Peeves a cru bon, la veille, d'y faire éclater plusieurs bombapoudres volées à quelques étudiants trop distraits.

 

- Comment se sont passées vos vacances ? Bonnes j'espère. Vous avez pris des couleurs !

 

Peut-être était-ce vrai, peut-être ne l'était-ce pas. Toujours est-il que la rentrée lui semble donner un teint plus éclatant à bien des élèves, comme si retrouver la chaleur de Poudlard les ravissait d'une manière ou d'une autre. Qu'importe la longueur de certains cours, la rigueur de certains devoirs, l'endroit demeure un lieu bercé d'une magie ancienne. Une seconde maison. Un point de repère on-ne-peut-plus important dans l'existence parfois chaotique de beaucoup de ces adolescents. Horace doit admettre avoir une préférence, toujours, pour les élèves arborant le blason jaune et noir, si cher à sa propre enfance. Au-dessus de leur tête, des claquements secs dans l'air qui semblent résonner dans tous les étages au-dessus.

 

- Hey ! Pas de ça ici. Et voilà d'où vient l'expression on ne mélange pas les chiffons et les serviettes, il récite dans un français impeccable en agitant sa baguette magique histoire de séparer les agitateurs.

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Horace Milbourne

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La poudre s'agglutinent sur le chiffon avec force, l'enterrant sous une couche épaisse de blanc qui bientôt, le fait éternuer. Levant un sourcil surpris, Horace se contente de lui faire les gros yeux alors qu'il répand de nouveau la poudre autour de lui dans un soubresaut, et s'affaisse contre la main du concierge. Ce dernier claque simplement la langue contre son palais en secouant la tête avant de reprendre son geste mécanique. Dans un coin opposé du hall, un balai s'éveille brusquement, comme quelqu'un qui aurait manqué son réveil et se retrouverait en retard au travail. Ses poils épousent le sol dans une danse pataude alors qu'il s'empresse de grimper les marches pour disparaitre dans les étages.

À en croire le manuel Le ballet des balais d'Enora Winkelhome, même le plus ancien Brosstout s'amusait sur son temps libre à faire voler les poussières en rythme, comme pris par une musique qu'aucun autre ne pouvait entendre. Alors Horace avait bien du mal à croire qu'une Amanda Howcraft puisse manquer des prédispositions à une chose aussi commune que la danse. Il ne commente pas pourtant, se contente d'étirer l'ombre d'un sourire énigmatique, avant de laisser s'échapper le chiffon pour qu'il aille éternuer plus loin. Le concierge se tourne vers la jeune élève, les poings sur les hanches, les jambes ancrées dans le sol, le visage serein. Il acquiesce à sa question, brièvement pris dans le souvenir des pas esquissés dans une certaine bibliothèque, avec son vieil ami.

- Nous nous entrainons régulièrement ! Nous allons même donner des leçons aux élèves, il ajoute avec un regard complice. On aiguise même les moins doués.

Le chiffon revient, lui permettant de s'en retourner à son travail, et il hausse les épaules avant de répondre à la seconde question d'Amanda :

- Je vais vous dire, Miss Howcraft, la colère est...

Ce que la colère est ou n'est pas se fait ravaler brusquement par les injures aboyées par un portrait, moins de deux mètres plus haut :

- Aux chaînes les trouble-fêtes ! De mon temps, c'était comme ça que ça se faisait ! Ce château est devenu une foire ! Une foire !

L'illustre Argus Rusard beuglait dans le confinement d'un cadre qu'il ne quittait jamais - était-ce parce qu'il avait été un cracmol de son vivant, ou simplement parce que la perspective de partager l'espace d'un autre le terrassait, nul ne le savait. Sa chatte entre ses mains ridées fixait Horace de ses yeux jaunes, comme appuyant les propos de son maître, qui n'approuvait certainement pas les méthodes laxistes de son pénultième successeur. Dans le même temps, un bris de verre fait dresser toutes les têtes vers le haut des marches du hall, desquelles sont déversés des litres d'encre sous le caquètement régulier d'un esprit frappeur au sommet de sa forme. L'encrier géant, en mille morceaux sur le palier du premier étage, a visiblement été enflé d'un sortilège, et l'on ne peut que soupçonner l'indébilité de ce qu'il contenait jusqu'alors.

- Un peu de noir sur tout ce blanc, c'est mieux pour l'équilibre des couleurs, pas vrai ?
- Par Merlin.

C'est tout ce que peut formuler Horace avant que Peeves ne s'avance en un tourbillon de chaos spectral, pour faire éclabousser son forfait sur tous les murs, n'excluant aucune des personnes se trouvant dans l'espace pourtant vaste du hall. L'encre noir vient s'ajouter aux monticules de poudre blanche en lot de tâches presque contemporaines tandis que Peeves se met à chanter de sa voix nasillarde, résonnant probablement sur plusieurs étages. Un lustre tremble tandis que plusieurs balais débarquent de plusieurs couloirs comme paré à un assaut quelconque.

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Horace Milbourne

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Salle de Classe, Dimanche 10 Septembre 2124

Pour sûr qu'Horace serait de la partie. Comment pourrait-il en être autrement ? Voilà bien des années que Poudlard n'avait vu naître aucun club. En trente ans de conciergerie, il était peut-être même grandement surprenant qu'il n'en ait pas pris l'initiative, avec son comparse de toujours. L'idée ne lui avait pas même traversé l'esprit, à dire vrai, bêtement parce que si du temps de Poudlard il lui avait semblé naturel de se lancer dans des projets de cette envergure, il s'était attendu à son retour à ce que les élèves en fassent finalement de même à leur tour. Cela n'avait pas été le cas. Quant à instaurer un club de professeurs destiné lui-même à pousser ces chères têtes blondes à s'inscrire à plusieurs activités extra-scolaires, il ne pouvait que saluer la démarche.

 

Lorsque les jeunes oublient de penser, il est bon de savoir que le personnel de Poudlard est plus que prêt à penser pour eux. Du moins leur montrer le chemin dans le brouillard d'une existence dont ils commencent tout juste à percevoir l'horizon des possibles.

Pour l'occasion, Horace avait opté pour de la haute couture - une fois encore la tenue de droite, ni plus ni moins que du Lacarcelle - marque française plébiscité par les sorciers parisiens. Il ne serait pas venu les mains vides, s'il n'avait pas été informé par les elfes en cuisine que Bartholomew n'avait pas déjà fait une razzia dans leurs quartiers. Les grands esprits se rencontrent. C'est donc avec un très léger retard que le concierge débarque dans la salle de classe qui tient lieu de rendez-vous, un large sourire sur les lèvres, ses souliers claquant inexorablement contre la pierre. Bonjour, bonjour ! L'annonce, sitôt la porte ouverte, est précédée d'une inspiration profonde qui le voit profiter amplement des flagrances laissées par un petit déjeuner fraîchement apporté par son ami.

 

- Un lait sucré pour moi s'il te plait, il annonce de but en blanc en attrapant entre ses doigts un gâteau sec dans lequel il croque promptement.

 

Aussitôt nonchalamment installé sur une table, les jambes croisées l'une sur l'autre, il darde un œil gamin sur le reste de l'assistance, et particulièrement sur la jeune Aisling - à l'origine de l'idée merveilleuse de ce club.

 

- Le WAC, hein ? Moi j'aime bien. J'adore. Aingeal, laisse moi te dire que c'est vraiment gé-nial. D'entrée de jeu moi ça m'a rappelé Molière, tu t'souviens de Molière Bart hein ? C'était le club de théâtre que j'avais lancé quand j'étais élève ici. On pourrait faire du théâtre, c'est bien le théâtre.

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Horace Milbourne

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Bibliothèque de Poudlard, Dimanche 03 Septembre 2124

Le visage éclairé, Horace passe les mains sur son propre col en réflexe miroir du geste produit par Bartholomew. Involontairement, il fait claquer ses talons puis ses mains alors qu'est sorti le gramophone, et il ne fait aucun doute que l'homme tout entier se prépare au spectacle. Le groupe d'élèves présents aussi, par ailleurs, puisqu'aucun ne s'est rapatrié dans la section d'études pour fuir l'inévitable, s'amusant plutôt de voir la paire de sorciers se placer au cœur de la bibliothèque. Le mobilier gênant est écarté de quelques coups de baguette magique, organisant une place sommaire suffisamment spacieuse pour organiser, déjà, une première répétition.

 

Le nœud papillon est brièvement remonté, les bras agités d'un mouvement que l'on pourrait presque qualifier d'échauffement, de même que les jambes qui murmurent déjà la promesse d'une chorégraphie peut-être déjà envisagée. Et un, deux, trois, et quatre. Le haut-parleur du gramophone beugle déjà les premières notes de cuivres prometteurs, laissant leurs deux silhouettes immobiles. Leurs regards se croisent, complice de toujours, avant que brusquement les corps ne se mettent en mouvement, en balancier. Une poignée d'élèves restent les regarder, hilare. D'autres sont victime d'un mouvement générale, et, poussés les uns par les autres, quelques timides se placent derrière Horace et Bartholomew pour tenter de les imiter.

 

Les hanches agitées provoques des rires, mais Horace se laisse simplement porter par la partition d'une musique qu'il aime tendrement, agripe soudainement les mains d'un Bartholomew au moins aussi sérieux que lui, pour les faire partir en diagonale à travers la pièce.

 

L'instant semble avoir glissé du fun au solennel en quelques instants seulement, mais bien sûr, bien sûr ils ne sont pas au point, et bien sûr les jambes se plantent brutalement de direction, et bien sûr Horace se marre mais ne se démonte en rien. Reparti de lui-même sur la musique, il se met à attraper des élèves au hasard pour leur montrer précisément les pas qu'il cherche à leur apprendre, tandis que de l'autre côté Bartholomew en fait de même. Chantonnant dans une barbe imaginaire, chacun des hommes semble globalement très pris par la situation, comme s'il s'était agit finalement d'un évènement des plus sérieux de leur existence, et de l'existence de chacun de ces étudiants. Étudiants qui se prennent par ailleurs tous au jeu, dans de grands éclats de rire.

 

- Bien sûr le jour J vous devrez tous porter un costume au moins aussi cool que le mien, Horace annonce, parfaitement sérieux, près de cinq minutes plus tard. Pas vrai Bart ? J'ai le look, coco, clin d'œil.

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Le visage d'Horace se détend étrangement, les yeux grands ouverts et la bouche en ovale, la mâchoire décrochée d'une surprise peu être un peu feinte, un peu surjoué. Il s'abaisse un peu, juste un peu, un index porté sur le nez qui lui tapote l'arête à la manière d'un homme qui garde bien trop de secret.

- Oh, Miss Howcraft, il se peut que vous soyez parmi les premières au courant, en fait, il confie soudain dans un chuchotement, agrémentant sa réplique d'un clin d'œil.

L'idée jetée par la superbe Aingeal n'avait après tout vu le jour que dans l'intimité des salles du personnel, la réunion prévue bientôt l'introduction d'une chose qui n'avait pour l'heure qu'un nom, et l'ombre d'un potentiel qu'Horace lui prêtait volontiers. Redressé, il reprend d'une voix plus forte.

- Vous aurez plus de détails en temps et en heure bien sûr, mais comme je vous l'ai dit, tenez vous au courant. Guettez l'affichage de votre salle commune, des fois que Monsieur Bowers passe par là dans les prochains jours, ou moi-même. Horace n'avait jamais montré le moindre scrupule à venir orner la pièce de ses propres représentations sur Pré-Au-Lard, ou de quelque activité dont il avait entendu parler aux alentours. Ce que je peux vous annoncer officiellement par contre, c'est la venue d'un bal de noël en décembre. Un bal de noël Amanda, imaginez. Vous aimez danser ?

Si ce n'était pas proposé, Horace comptait bien avancer à la réunion du club quelque cours de théâtre jumelé à des cours de danse en vue de préparer les élèves à participer au bal pour de bon. C'est-à-dire que les jeunes avaient la fâcheuse tendance à se regarder dans le blanc des yeux d'un bout à l'autre d'une pièce sans savoir vraiment que faire de leurs jambes ou de leurs bras, alors même qu'une musique battante leur hurlait de se répandre sur la piste. L'amusement le plus simple semblait d'une complexité sans précédent, pour ces nouvelles générations, à moins que ce ne fut l'âge qui l'aveugle quant au réalité de la sienne alors qu'il était encore adolescent. Il a souvenir pourtant d'interactions plus vives entre les maisons, entre deux spectacles, et même pendant.

Peut-être le WAC changerait tout ça.

- Bartholomew et moi devrions ouvrir le bal. Un vieux pari d'amis, il énonce avec malice en souriant, reprenant l'ensorcellement de ses chiffons. Les bombapoudres, il s'attriste un peu trop dramatiquement pour véritablement le penser. Furieuse invention que celle-ci, je suppose que les sorciers les ont inventés avaient quelque chose contre les sortilèges de ménage dans leur intégralité.

La poudre blanche sommairement gluante s'agrippait partout, et il arrivait qu'on en trouve encore des semaines après que l'une d'entre elles ait explosé. Aucun enchantement parmi les plus basiques n'en venait à bout, bien sûr, et il fallait toujours astiquer à la moldu pendant de longues minutes pour parvenir à décrasser ce dont elles avaient été la cible. Le travail ne dérangeait pas Horace outre mesure, qui voyait dans l'espièglerie de l'enfance - car les jeteurs de bombapoudres n'excédaient que rarement les treize ans en vérité -, un regain de vie dans le château. Quelque chose qui palliait agréablement aux grimaces bougonnes d'adolescents plus âgés, et aux fantômes hantant éternellement les murs de Poudlard.

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Ça le rend tout chose, Horace, de voir que le délire qu'aura germé dans leurs deux crânes imbéciles va finalement prendre forme. Ça a toujours été, en réalité. L'un comme l'autre se complimentent parfaitement quand il s'agit de faire avancer une idée. Que ce soit lui ou Bart, il y en a toujours un pour prendre les choses en main, l'autre suivant sans même chercher à discuter. Une danse chorégraphiée avec la précision d'une horloge, qu'ils mènent depuis déjà cinquante années.

 

- J't'ai toujours dit. On est des éternels adolescents. C'est c'qui fait tout notre charme !

 

C'est même une promesse qu'ils se sont faites. Prendre des rides oui, mais c'est tout. Le cœur lui, doit rester celui d'un enfant toujours prêt à tout pour vivre de nouvelles aventures. Le silence de la bibliothèque les cerne à présent que les étudiants sont partis, mais cela ne semble guère les gêner outre mesure. Horace se perche d'ailleurs sur le bureau de son ami, empruntant l'ouvrage sur lequel il avait été penché avant leur petite séance de carioca. Il ne le zieute que d'un air distrait, ne tardant pas à redresser la tête vers le sorcier.

 

- Miss Aisling prévoit de fonder un club. T'as su ? Le WAC. La prononciation est semblable à un aboiement, qu'il joue bien sûr en faisant mine de mordre l'air à pleine dents. Wizard Adventure Club. Tu peux me dire pourquoi on a jamais pensé à faire ça nous hein ? Il a l'air outré, même s'il n'en est rien. L'expression est d'ailleurs aussitôt remplacée par une autre, rêveuse : peut-être que je vais pouvoir donner un second souffle à Molière, suffirait de trouver une demi-douzaine d'étudiants assez motivés à l'idée de monter sur scène et hop !

 

Molière avait représenté les plus beaux moments de son collège. C'est sur les planches qu'il avait mis un terme au b... bégayant Horace Milb... bourne, pour faire place à l'intrépide personnage qu'il jouait depuis lors. Le rôle s'était fondu peu à peu en lui pour qu'ils ne fassent plus qu'un.

- On va en être hein ? C'est même pas une question. Pas plus que le fait d'en être tous les deux. Depuis quand font-ils des choses séparément de toutes façons ? Apparemment il y aura une première réunion dans une semaine. J'trouve tout ça très excitant. Le sourire est large, l'éclat dans les pupilles pétillant. Adventure Club, Bart, adventure. J'ai déjà dix mille idées de ce qu'on pourrait y faire. Je n'imaginais pas Miss Aisling lancer ce genre d'initiative, mais il faut croire qu'on a jamais fini de se faire surprendre par les nouvelles générations !

Horace se détacha du bureau, finalement, reposant le bouquin là où il l'avait trouvé avant de balayer la pièce du regard.

 

- Bon, si t'as fini ici, j'propose qu'on aille à Pré-Au-Lard terminer la journée. C'est soirée quiz ce soir aux Trois-Balais. On peut pas manquer ça.

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Horace Milbourne

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Bibliothèque de Poudlard, Jeudi 12 Octobre 2124

Les couloirs résonnaient encore de quelques échos de pas précipités, un tumulte rythmé par un souffle court et une succession de pardon !, attention !, bougez-vous mes petits ! lancés à la volée à l’encontre des élèves trop lents pour esquiver un Horace Milbourne en pleine mission. Il avait une illumination, et comme à chaque fois qu’un éclair de génie traversait son esprit enfiévré, il lui était impossible de garder cela pour lui plus de quelques minutes. Et qui d’autre que Bartholomew Beckett, son plus fidèle complice, pour être le premier récipiendaire de sa grande révélation théâtrale ?


Le théâtre ! Le théâtre, bon sang !

Il n’avait pas dormi de la nuit – ou si peu – et s’était retourné dans ses draps en songeant à cette œuvre magistrale, cet opus oublié des dramaturges sorciers, qui se prêtait à la perfection à une mise en scène moderne par leurs chers étudiants. Il lui fallait son avis. Son oreille critique. Son sarcasme contenu mais toujours présent. Et c’est donc avec la grâce d’un centaure emballé qu’il poussa les grandes portes de la bibliothèque avec un fracas digne d’un duel en plein champ de bataille.

- Lord Beckett !

Sa voix fusa à travers l’espace silencieux, attirant instantanément une dizaine de regards courroucés, dont ceux d’étudiants penchés sur leurs parchemins et d’un fantôme un brin pincé. Mais il n’en avait cure, il bondit entre les tables, frôlant de peu une tour de livres branlante qu’un pauvre première année tentait d’aligner sur son bureau.

- Mon cher ami, j’ai eu une révélation nocturne !

Il s’arrêta devant le bureau de Bartholomew, s’appuya lourdement sur le bois poli, la respiration légèrement précipitée, mais les yeux brillants comme s’il venait d’assister à l’éclipse du siècle.


- Je sais quelle pièce nous allons monter cette année.


Il brandit sous son nez un livre poussiéreux, vraisemblablement déniché dans les archives du château, et l’ouvrit à la première page jaunie, pointant un titre avec la fierté d’un explorateur découvrant un trésor perdu.
 

- Les lamentations de Salomé Selwyn !

Il fit une pause dramatique, guettant la réaction de Bart. Une tragédie du dix-huitième siècle, inspirée des véritables événements de la sorcière Selwyn, condamnée à vivre dans un portrait hanté après avoir trahi son propre clan ! D’un geste théâtral, il tapota l’ouvrage, le tournant vers Bart comme s’il lui offrait une relique sacrée.
 

- C’est brillant, c’est grandiose ! Il y a tout : de la magie, du drame, de l’amour interdit, une scène où un duel oppose deux jumeaux maudits… Il leva un doigt pour appuyer son propos. Et ! Une apparition spectrale qui nécessite une mise en scène complexe mais terriblement audacieuse !

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Horace Milbourne

Concierge de Poudlard 67 ans Sang-Mêlé·e Française Notoriété

Deb
Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Auberge des Trois-Balais, Samedi 14 Octobre 2124

La porte de l’auberge s’ouvrit avec fracas, projetant un sillage de vent froid dans l’atmosphère chaleureuse des lieux. Les conversations se turent quelques secondes, le temps que l’étrange silhouette qui venait d’apparaître se découpe dans l’encadrement, éclairée par la lueur des chandelles. Un long manteau noir, un chapeau haut-de-forme tordu sur le côté, une main gantée de rouge posée sur le cœur, et un visage tordu par l’affliction. L’homme – ou plutôt, l’étrange créature qui venait de franchir la porte – avança lentement, d’un pas mesuré et tragique, comme un roi déchu pénétrant dans une ville en ruines. Puis, la voix tonna :
 

- Isaya Bergame !
 

Le silence se fit immédiatement. Une table de Gryffondor échangea un regard inquiet, un habitué reposa sa chope avec précaution, un elfe de maison en pause recula lentement sous le comptoir, par pur instinct de survie. L’homme dégaina un mouchoir noir, le porta avec solennité à son visage, puis déclara avec toute la détresse du monde :
 

- Ah… Si seulement vous saviez ce qui me pousse aujourd’hui… en ces lieux maudits par les souvenirs !

Il avança encore d’un pas, se tourna vers un pauvre client pris au hasard, et lui saisit brusquement l’avant-bras.
 

- Vous, oui, vous ! Dites-moi… Comment fait-on pour survivre, lorsqu’on a tout perdu ?!
 

Le garçon, un pauvre étudiant de Serdaigle venu boire une simple infusion, fige son regard sur celui du comédien improvisé, avant de bégayer :
 

- Euh… ben… je suppose qu’on avance… ?

- Avancer ! s’écria l’homme en jetant son chapeau à terre. Mais comment avancer quand son honneur est piétiné, quand son nom est souillé, quand tout ce qu’on a construit… a été anéanti par la main impitoyable du destin ?!
 

Il pivota dramatiquement, balayant la salle d’un regard trouble, puis posa une main tremblante sur sa poitrine.


- Moi, Salomon J. Van Der Wickensworth III du Duché de Catzbury, j’ai autrefois eu TOUT. Les terres, les honneurs, les pièces d’or sonnantes et trébuchantes… et aujourd’hui…


Il recula, s’appuya sur le comptoir, soupira comme si son âme venait de se détacher de son propre corps, et poursuivit d’une voix lourde de douleur :


- Aujourd’hui, je n’ai plus rien.

Une table au fond étouffa un rire, mais Salomon J. Van Der Wickensworth III ne se laissa pas démonter. Il continua sa lamentation, s’agrippant maintenant au premier tabouret venu, les yeux levés au ciel. 

- Et tout cela, à cause d’une seule erreur… une seule


Il porta un regard perçant vers l’assemblée, suspendit son souffle, et murmura d’une voix rauque :


- J’ai confié ma fortune à un gobelin clairvoyant du nom d’Alfred-Orius Le Grand.


Un silence de plomb. Puis, un éclat de rire. Puis un autre. Puis toute une tablée qui explosa. Mais Salomon J. Van Der Wickensworth III ne vacilla pas. Il posa une main sur son torse, hocha la tête avec gravité, et poursuivit comme si personne ne venait de rire de son infortune.

- Oui… Vous riez, mais… un jour, vous verrez ! Vous comprendrez ce que cela fait d’être un homme brisé, de supplier pour un simple gobelet d’hydromel, d’être dépossédé de tout, jusqu’à son titre…
 

Il tendit un bras vers l’horizon invisible, comme s’il appelait un fantôme du passé, et déclama :
 

- Oh, mon duché de Catzbury ! Mon royaume ! Mon honneur perdu !


Il bascula en arrière. Heureusement, un tabouret amortit sa chute. Le rire devint général. Et enfin, comme un acteur qui s’offre un dernier instant de gloire, il bondit sur ses pieds, enleva son chapeau, et tournoya avant de s’écrier :


- Ah ! Quand on a du talent, on se doit d’en tirer profit !


Il fit une révérence théâtrale, balaya la salle d’un sourire éclatant, et annonça tout en élégance et en absurdité :


- C’était une modeste représentation des Blues Biscottes ! Merci, merci !

Et, comme un souffle de vent soudainement aspiré hors de la pièce, Horace disparut, cape au vent, laissant derrière lui un Trois-Balais conquis… ou profondément perplexe.

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Horace Milbourne

Concierge de Poudlard 67 ans Sang-Mêlé·e Française Notoriété

Deb
Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Hall de Poudlard, près de l'entrée de la salle commune des Poufsouffles, Mardi 05 Septembre 2124

Horace ignore bien sûr, les protestations des portraits, plus qu'heureux de laisser Miss Howcraft mettre la main à la pâte. Ou plutôt, à la baguette. Il darde d'ailleurs sur elle un regard intéressé avant d'hocher gravement la tête, un éclat joyeux dans le fond des prunelles.

- Excellent Miss Howcraft ! Cinq points pour Poufsouffle ! Puis, se tournant vers le bonhomme semi-outré, semi-soulagé de la réussite de l'élève : c'est une école Melchior, quel meilleur endroit pour laisser les adolescents expérimenter de la sorte, je vous l'demande. Qui plus est, ce genre de tâche inculque des notions essentielles de responsabilité, il termine à l'intention de Rusard.

Bien sûr, cela ne servait à rien d'argumenter avec ces antiques personnages qui se trouvaient figés dans leur propre époque, incapables  de changer d'opinion par rapport à celle qu'ils avaient eu de leur vivant. Rien n'empêchait pourtant Horace de le faire dès que l'occasion se présentait. Le décor autour d'eux semblait avoir retrouvé son accalmie, du moins en grande partie. Quelques balais s'agitaient afin d'éponger l'eau avant de s'étirer théâtralement pour se diriger vers la sortie, et probablement s'essorer à l'extérieur. Quant à Peeves, il avait fini de caqueter et s'en était disparu dans les étages avec un air boudeur, probablement d'avoir vu ses plans déjoués si rapidement et efficacement. N'en reste que bien des portraits continuaient à se plaindre de l'humidité ambiante, ou de quelques tâches sur leurs extrémités.

- Votre aide est plus que bienvenue. Je crains que certaines armures aient pris peur et se soient planquées dans la Grande Salle. Elles détestent la rouille, voyez-vous, bien plus que l'encre.

Horace avait bien vu, tout à l'heure, au moins deux d'entre-elles avoir un mouvement de recul devant son sortilège avant de partir dans un vaste bruit métallique qui avait été couvert par la cacophonie des portraits.

- Eh vous !

Deux balais venaient de se heurter et d'entrer en duel au milieu de l'escalier, et se figent sous l'intonation d'Horace avant de s'effondrer sur le sol bêtement. Faire le mort était l'une des principales activités des balais de nettoyage lorsqu'ils estimaient avoir fait une quantité suffisante de travail. Le concierge pousse un soupir, secoue légèrement la tête avant de brandir sa baguette vers un portrait à l'angle déchiré qui lui braille dans l'oreille depuis plusieurs secondes :

La toile se referme parfaitement, et l'occupant du tableau pousse un soupir frustré avant de daigner remettre un pied au milieu de sa peinture, pour s'enfoncer dans un siège. Satisfait, Horace ignore le reste des plaintes pour rejoindre Miss Howcraft.

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Horace Milbourne

Concierge de Poudlard 67 ans Sang-Mêlé·e Française Notoriété

Deb
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Hall de Poudlard, près de l'entrée de la salle commune des Poufsouffles, Mardi 05 Septembre 2124

L'attention reportée sur Miss Howcraft, Horace ne manque pas lui étirer un sourire large et chaleureux, encourageant. Il parait évident que la jeune sorcière est intimidée. Ils le sont pour beaucoup à cet âge, principalement dans la maison des jaunes et noirs - à l'omission de quelques têtes brûlées bien sûr. Loin d'être perturbé par l'évident bégaiement de l'élève, Horace délaisse son activité pour s'approcher, un éclat nouveau dans le regard.

- Je suis allé en Amérique !

Le voyage, mémorable, ne manquerait pas faire rêver. Approchant comme pour révéler un secret à la jeune Howcraft, le concierge poursuit d'un chuchotement :

- Par moyens moldus bien sûr, quoi de plus palpitant.

Redressé brutalement il poursuit, incluant Amanda dans son récit d'une main sur l'épaule tandis que l'autre dépeint devant eux des paysages imaginaires. :

- Avec Monsieur Beckett, nous avons traversé l'état d'un bout à l'autre en chevauchant une splendide Harley,  sur la célèbre route soixante-six. Imagine ça. Des kilomètres d'un désert aride ; surmonté d'immenses roches en grès taillé par les vents ; ponctué de végétaux insolites, hostiles, qui se répandent même sous la sécheresse. Les villes ! Miss Howcraft, j'aime la France, et la Grande-Bretagne, mais rien n'est comparable à l'ambiance d'une ville américaine. 

Bercé par les films que se plaisaient à regarder ses deux parents lorsqu'il était enfant, Horace a toujours eu ce désir de se rendre de l'autre côté de l'océan Atlantique pour visiter ces lieux qu'il ne voyait jamais que sur petit ou grand écran. Un rêve partagé par son comparse de toujours, et qui les avait vu errer comme deux bougres bien heureux tantôt entre de vastes baraques typiquement américaines de quelque zone urbaine reculée, tantôt entre les buildings démesurés de cité gigantesques frôlant l'absurde.

- Si un jour vous avez l'occasion de vous y rendre, n'hésitez pas une seule seconde. C'est l'aventure d'une vie ! Il termine avec une note de gaieté en tapotant doucement l'épaule de l'adolescente avant de la relâcher complètement. Bon, et comment se passe votre rentrée ? Le nouveau planning ? Vous savez qu'un club se met en place. Il faudra vous tenir au courant. Il annonce avec un clin d'œil. 

Horace ne savait guère pour l'heure ce que le WAC pourrait leur réserver comme surprise, mais il avait déjà plus d'une vague idée de ce qu'il voulait voir y fleurir. Il n'avait d'ailleurs grande hâte de participer à la réunion du personnel organisé par la jeune Aisling à ce propos.

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Salle de Classe, Dimanche 10 Septembre 2124

Les idées fusent, toutes plus enthousiasmantes les unes que les autres. Théâtre, voyage, cours de cuisine, de musique, concours de vol, rien moins pour faire fulgurer dans les pupilles du concierge l'éclat le plus solaire, posé tour à tour sur chacun de ses collègues. Le badge est récupéré, épinglé fièrement sur la poitrine, sa main tapotant l'objet comme pour illustrer la mise en route de toute cette merveilleuse initiative.

- Au-delà d'un plaisir, même, une fierté ! Il approuve en jetant une œillade sur la jeune Aingeal.

Il était certes vrai que l'annonce de l'annulation de la coupe avait jeté un froid sur l'ensemble des étudiants, mais il ne faisait aucun doute que les activités prévues entre ces murs suffiraient à embellir le quotidien de nombre d'entre eux. Sans doute était-ce même une bénédiction que de voir les sportifs mis au placard pour un temps, poussant la curiosité des élèves à se tourner vers quelque chose de nouveau qui pourrait, potentiellement, les saisir jusqu'au plus profond de leur cœur. À l'instar du théâtre pour lui-même, pierre angulaire d'une personnalité haute en couleur qu'il n'aurait sans doute jamais assumé autrement.

- Avons-nous fait le tour ? Quel dommage que nous soyons si peu. J'aurais pensé que ce bougon de Wickerson aurait été au moins intrigué par le projet. Vous savez quoi ? J'vais lui prendre un badge et essayer de le pousser au vice en personne, il annonce avec malice, piochant dans la coupole avant de glisser la broche dans son veston. Tu ne crois pas que tu pourrais convaincre Daryl, Bart ?

Inutile de compter sur Lysander Bramblethorn, probablement. L'homme n'avait de cesse de rappeler à tous combien il était satisfait de n'avoir affaire qu'à une poignée d'étudiants réellement motivé pour sa matière, n'ayant visiblement ni l'envie ni la patience de passer la moindre minute supplémentaire avec le reste de la population du château. De nouveau, Horace récupère une gourmandise qu'il s'engouffre bruyamment, et sans pudeur, ses doigts faisant glisser distraitement les miettes qui lui retombe sur le col.

- Lesgley, il articule malgré sa bouchée, un autre ? Il désigne le plateau, conscient qu'aucun poufsouffle ne dirait non à une telle proposition.

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Hall de Poudlard, près de l'entrée de la salle commune des Poufsouffles, Mardi 05 Septembre 2124

Visiblement, Amanda n'a guère eu le temps de se mettre en quête des armures fugueuses. En fait, elle s'est faite alpaguer par le portrait d'une jeune femme de belle allure, devant lequel elle se tient fièrement.

 

- L'appel du devoir je présume ? Il s'annonce en débarquant à ses côtés.

- Cette demoiselle est très serviable, Monsieur Milbourne.

- Oh je n'en doute pas.

Il adresse un clin d'œil complice à la demoiselle avant de lui indiquer l'entrée de la Grande Salle d'un signe de tête. Deux têtes semblaient y poindre, couvertes de casques, et bientôt deux corps entiers suivirent.

- Je crois qu'on a récupéré nos fuyards, il annonce en se dressant légèrement. Tout va bien, tout est sec !


Dans de grands mouvements rigides, les armures s'en vont définitivement reprendre leur place de part et d'autre de la large porte du château.

- En dehors de mon personnel en révolte, je suppose que tout est rentré dans l'ordre, il observe judicieusement.

Voilà plusieurs minutes qu'il soupçonnait l'ensorcellement de certains de ses chiffons, et même de quelques balais, par des élèves de connivence avec Peeves. L'esprit frappeur pouvait à lui seul créer le chaos, mais il était rare qu'il s'étende à ce point. Comme pour lui donner raison, quelques uns des tissus, encore imprégnés de restes de bombapoudres, se mirent subitement à gesticuler pour répandre de nouveau du blanc sur les tableaux dans de grands mouvements désordonnés.

 

- Finite Incantatem ! Il prononce d'une voix forte en pointant sa baguette sur eux.

Le sort fonctionne parfaitement, et les chiffons s'amassent au sol alors qu'ils tombent un à un. Les portraits, révoltés, se plaignent jusqu'à ce qu'Horace ne dupliquent les victimes en tissus pour en ériger de propres, qui semblent malheureusement  tout aussi farceurs que les précédents. C'est comme s'ils avaient été conçus pour répliquer le comportement des autres. 

- Par Merlin, on est pourtant pas le premier avril ! Calmez-vous ! Calmez-vous. Miss Howcraft, est-ce que vous pouvez aller ouvrir ce placard là-bas pour me sortir d'autres chiffons ?

Pendant ce temps Horace s'occupe de faire disparaitre chiffon après chiffon.

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Sitôt le dernier chiffon disparu dans le néant, Horace se met à guetter les alentours, convaincu que l'auteur de la farce ne peut pas se trouver loin. Après tout, quel intérêt de se lancer dans ce genre d'opération si l'on n'était pas là pour profiter des résultats ? Son regard ne trouve cependant que les silhouettes entassées d'étudiants de première et seconde année à l'opposé du hall, dévorant la scène avec curiosité. Il était certain qu'ils n'avaient pas le niveau pour enchanter des objets d'une telle manière. Plus haut, derrière la balustrade du premier étage, deux sixième années font un passage rapide, mais leurs visages trop sérieux ne présage rien qui permette de les accuser. L'attention d'Horace est rapidement détournée de son enquête alors que survient de nouveau Amanda.

Enthousiaste, elle se lance d'ailleurs elle-même dans l'ensorcellement des nouveaux chiffons, et Horace lève un sourcil.

 

- Oh, mais c'est parce que vous n'avez pas fait le bon geste, Miss Howcraft, il annonce en voyant ses épaules s'affaisser devant son échec.

Sa propre main répète le mouvement au ralenti pour la jeune élève, et il délaisse volontairement la moitié des chiffons pour qu'elle retente l'opération :

 

- Entrainez-vous si vous voulez, pendant que je m'occupe de calmer la galerie.

S'il est une chose qu'il a remarqué avec pas mal d'élèves, c'est qu'ils avaient tendance à mieux réussir lorsqu'ils n'étaient pas observés. Comme si la pression d'un regard adulte pouvait les saisir d'effroi, d'une certaine manière. À l'exception de certains enfants particulièrement demandeurs d'attention, mais ces derniers étaient rares. C'était normal, après tout. Tout adolescent qui se doit se veut de se révolter contre la hiérarchie pour mieux prôner son indépendance. Horace se détourne donc de Miss Howcraft, récupérant sa part du butin pour l'animer d'un geste précis, faisant par ailleurs attention de prononcer la formule à haute voix.

- Anima Onmat !

Les chiffons s'élèvent les uns après les autres pour se mettre au travail. Ça prend un certain temps bien sûr, et les portraits ne manquent pas de se plaindre tout le long du processus, mais le sortilège a le mérite d'avoir été assez efficace pour que chacun soit nettoyé avec suffisamment d'efficacité pour se taire. Horace déplore quelques traces persistantes de Bombapoudre ça et là, mais il sait que ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne vienne à bout du désastre dans son intégralité. Alors, laissant les chiffons œuvrer, il se tourne vers Miss Howcraft :

- Et voilà !

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Horace Milbourne

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Horace récupère les chiffons tendus avec délicatesse, sans la moindre moquerie dans le regard. Au contraire, un sourire sincère vient s’épanouir sur son visage, aussi chaleureux que les rayons de soleil qui filtrent à travers les vitraux du château.
 

- Allons, Miss Howcraft… ce n’est qu’une question de pratique. Vous n’imaginez pas le nombre de fois où j’ai raté un Lumos à l’époque. J’ai cru longtemps que j’étais voué à vivre dans l’obscurité, il glisse avec un air conspirateur, l’œil rieur. Et puis regardez-moi maintenant, je fais danser des chiffons !
 

Il secoue doucement lesdits chiffons comme des marionnettes avant de les glisser dans une besace qu’il attrape au passage. Puis, redevenant un peu plus sérieux – mais jamais tout à fait, il jette un regard circulaire au hall redevenu à peu près décent, les derniers balais époussetant l’air comme pour signifier la fin de la représentation. Ça et là, un filet d’eau glisse encore le long des marches, quelques chiffons se trémoussent sur le marbre, mais l’essentiel du chaos a été maîtrisé. Même les portraits semblent avoir retrouvé leur verve d’habitude : ils râlent moins fort, comme s’ils savaient qu’ils avaient déjà trop crié pour qu’on les prenne encore au sérieux.
 

- Sans vous, je crois que cette scène aurait tourné à l’opéra tragique. Et encore… sans musique. Aussi j'octroie de nouveau cinq points pour Poufsouffle, pour votre loyauté indéniable envers le château et tous ses occupants.
 

Il les annonce avec toute la solennité du monde, accompagné d’un petit geste du bras, presque comme s’il décorait Amanda d’un ordre honorifique. Puis il ajoute, à voix plus basse, comme une confidence glissée entre deux soupirs :
 

- Vous avez raison cela dit… ce n’est pas toujours facile, il admet enfin, un soupçon de sincérité en fond de voix. Mais j’aime ça, moi. Ce château, ses tableaux râleurs, ses escaliers capricieux… ces élèves farceurs, et ceux qui sont simplement curieux. Il y a toujours quelque chose à vivre ici.
 

Il tourne les talons un instant, fait deux pas, puis se ravise aussitôt pour se retourner, comme si un détail venait de lui revenir. Son index se lève, pointant le plafond avec emphase.


- Retenez bien ça, Miss Howcraft : quand on a du talent, on se doit d’en tirer profit. Même si ce talent, aujourd’hui, c’est d’avoir de la patience avec un chiffon têtu.
 

Il ponctue sa phrase d’un clin d’œil appuyé, puis d’un rire bref et clair. Il paraît soudain presque léger, comme si tout le poids de l’encre, de la poudre, des balais révoltés et des portraits geignards s’était envolé avec cette seule pirouette.
 

- Si jamais l’envie vous prend de rejoindre le WAC - lorsque son existence sera officielle bien sûr -, ou de venir voir se représenter les Blue Biscottes un jour… vous êtes la bienvenue. Je vous verrai très bien dans un rôle d’apprentie sorcière opiniâtre. Avec un balai un peu trop rebelle pour lui obéir. Un beau duo comique en perspective.

Il s’éloigne pour de bon cette fois, les mains croisées dans le dos, siffle un air vaguement entraînant dont les notes se perdent dans les hauteurs du hall. Un dernier regard jeté par-dessus l’épaule, juste assez pour qu’Amanda le voit sourire à nouveau, cette fois un peu plus doucement.
 

- Bonne journée, Miss Howcraft. Et surtout, ne laissez jamais un chiffon vous faire croire qu’il a le dernier mot.
 

Et sur cette étrange sagesse, Horace disparaît dans l’ombre d’un couloir, suivi d’un balai épuisé qui traîne des poils comme un vieil acteur tirant sa révérence.