Harry Potter RPG

Liste des messages de Basil Banks

Basil Banks

Homme

14 ans

Sang-mêlé

Britannique

Celui qui se tenait plus droit qu'une Tour Eiffel

Message publié le 16/12/2024 à 19:16

Un instant, Basil reste observer Nikolaï avec des yeux ronds, la bouche un peu entrouverte. Il n'est pas bien certain du lien étiré par le russe entre les autres garçons se moquant ouvertement de lui, et sa mort. Il faut dire cependant qu'extirpé de la guerre, l'on tire souvent une mentalité dure comme celle-ci. Il l'a lu dans diverses archives d'articles de presse, et même dans plusieurs romans. Sa fascination pour ce genre de phénomène est loin de dater d'hier. Pratiquement incollable sur la première guerre mondiale qui a ravagé le monde moldu, ainsi que sur celle qui a suivi, Basil est au fait de nombre de leurs conséquences désastreuses sur les populations. Alors, sa bouche se referme bientôt, et il se contente d'un simple mmh qui n'approuve ni ne désapprouve les dires de son camarade slave.

Il hausse par ailleurs les épaules lorsque l'autre refuse de comprendre que ses visions se produisent systématiquement, que ce soit ou non de la volonté de ses protagonistes. Nikolaï le verrait bien par lui-même, comme tous ceux qui ne l'avaient pas cru auparavant.

- Ok...

Peu certain des conseils prodigués - même la tête haute, il en faisait bien une de moins que l'ensemble de ses camarades -, Basil se contente de froncer les yeux en s'imaginant les suivre : parler fort n'est pas dans sa nature, et il serait probablement tétanisé rien que d'entendre le son de sa propre voix faire écho dans les couloirs en réponse aux provocations. Nikolaï n'avait, qui plus est, pas répondu à sa question. Alors, un instant passe. Pas tant gênant que silencieux. Étrange. Peut-être absurdement long, à moins qu'il ne dure qu'une poignée de secondes. Basil n'est sûr de rien. Simplement qu'il reste observer Nikolaï, puis le couloir, Nikolaï de nouveau, avant d'émettre un genre de raclement de gorge, et d'élaborer un geste flou qui se veut peut-être illustrer un salut.

Quelque chose comme ça.

Mais alors qu'il commence à s'en aller, pensant planter là le russe et sa posture militaire, Nikolaï commence à le suivre. Les yeux ronds de nouveau, Basil se sent étrangement soulagé de le constater, et il se pince brièvement les lèvres en ce qui ressemble peut-être vaguement à un sourire. Pour lui-même, pour le monde. Un garçon marche à ses côtés, un garçon dont personne n'oserait se moquer. Nikolaï Polyanski. Le garçon qui se tient plus droit que la tour Eiffel. Sans vraiment s'en rendre compte, Basil se redresse, les épaules vers l'arrière, le menton haut, les yeux non plus vissés sur la pointe de ses souliers, mais vers le bout du couloir. Son pas s'adapte à celui, plus rapide et plus assuré, de Nikolaï. Le silence se prolonge, et aucun d'eux ne semble vouloir le briser.

Quelques regards les suivent, lui semble t-il. Planqués dans les alcôves, entre deux armures. Sur le palier des escaliers de l'étage suivant. Dans le recoin d'un couloir. Mais la magie opère, car personne ne lui adresse la parole, ni ne tente de lui lancer le moindre croque-jambe, ni ne lui lance de boulette de papier, ni ne l'asperge d'encre, ni rien. Basil se sent comme une confiance terrible qui le pousse vers l'avant avec davantage de vigueur, jusque bifurquer vers l'escalier qui s'enfonce dans les sous-sols, les mènera en salle de potions. C'est-là, dans la semie obscurité d'un couloir sombre, que parait un groupe de serpentards, visiblement décidés à lui barrer la route. Ils n'ont pas l'air de même calculer la présence du russe à ses côtés, peut-être persuadé qu'ils ne font que marcher côte à côte, et non ensemble.

C'est là que le doute survient, dans l'esprit de Basil. Marchaient-ils seulement côte à côté depuis tout ce temps ? Ou simplement dans la même direction...

- Basilic...
- T'as zappé tes manières ou quoi ?
- T'as pas un truc à nous donner ?
- De quoi ? N... Nan.

La seconde qui suit le voit dresser le menton, tâchant de faire face tandis que les trois garçons, de son année, forment une véritable barrière entre lui et le reste du couloir. Déjà-vu. Des dizaines de fois, en réalité. Il sait pertinemment ce qu'ils veulent. Comme chaque lundi : les sous que lui envoie sa mère par courrier pour profiter de Pré-Au-Lard.

- Bah si Basil. On t'apprend rien qu'tu sais pas déjà quand même.
- L'mec voit que ce qu'il veut en fait.
- Laissez-moi passer ! Il s'exclame subitement, d'une voix forte, le menton toujours relevé.

Sauf que ça le surprend plus que les autres, qui se mettent plutôt à rire bêtement, se balançant des coups de coude.

- Laissez-moi passer ! L'imite Foley d'une voix aigüe.

- T'vas faire quoi si on t'laisse pas passer, nous photographier ?
- J... Nan...
- N... Nan...
- P'tain mais quelle grosse victime. Bon file c'que t'as là, on a pas qu'ça à foutre.


Low profile

Message publié le 02/12/2024 à 20:13

Il a froncé le nez sans trop s'en rendre compte. Bart. C'est qui, Bart ? Pis ça lui vient. M'sieur Beckett. Lord Beckett, qu'il se plaisait à leur rappeler parfois en se donnant des airs faussement importants. Devaient être vachement proches de Charlie pour qu'elle l'appelle comme ça. Il arrive pas à s'imaginer un monde où il appelerait le bibliothécaire Bart, ou n'importe quel professeur par juste son prénom. Ça doit quand même faire un peu bizarre. Quant à la mention du bal de noël de l'année précédente, ça lui fait juste afficher un genre de sourire un peu crispé. Aussi amusant que ce soit d'imaginer Ryan Hedgecombe se faire repousser par les filles à cause de son haleine de tartare de dragon, ça reste un moment dont il ne garde pas le meilleur des souvenirs.

 

Voyez, Basil Banks n'avait pas pu assister au bal de noël, car il avait passé toute la soirée enfermé à double tour dans un placard à balai du quatrième étage.

 

- Few, c'était moins une, il chuchote une fois le concierge reparti.

Les yeux de Basil se posent alors sur la paume teintée de Charlie et il étouffe un rire derrière la sienne. Il jette un œil à Monsieur Milbourne, qui s'est affaissé plus loin pour répondre aux interrogations de plusieurs étudiants de sixième année, avant de braquer sa baguette sur Charlie.

- Bouge pas hein.

C'était un sort qu'il n'avait jamais testé que sur lui-même, et sans grand succès, mais il avait peut-être un peu envie d'impressionner sa camarade. Alors avec application, il prononça la formule, la voix basse et les yeux braqués sur sa cible.

 

- Encaustum Corpus !

La paume reste désespérément violette, et Basil en devient rouge jusqu'au bout des oreilles.

- Zut. Ça marche d'habitude, il murmure avant de chercher un mouchoir dans la poche de son uniforme. Tiens, essuies là à la main si tu veux.

Absurde héritage de la bonne éducation de sa mère : toujours avoir sur soi de quoi nettoyer de potentielles bêtises. Basil se pince les lèvres avant d'affaisser le regard sur son parchemin, honteux de son échec.

Basil Banks a lancé un sortilège !

Sortilège
Enchantement de l'Encre Divine
Difficulté
Résultat D20
5
Interprétation
Réussite
XP gagnée
3
L'immense tâche, semblable à une marque de naissance, gesticule absurdement sans prendre de forme réelle, et bringuebale d'un bord à l'autre de la main de Charlie avant de se planquer quelque part au sommet de son pouce, comme encrée sous son ongle. 

- Bon bah voilà t'as l'pouce violet maintenant, il se contente de dire en haussant les épaules, sa baguette de nouveau rangée dans les replis de sa robe. 

Le concierge n'allait pas s'insurger de ça, si ? D'ailleurs il n'était même pas sûr que Monsieur Milbourne ait grand chose à faire d'une tâche d'encre, de manière générale.

Autres résultats possibles

L'immense tâche, semblable à une marque de naissance, prend soudainement la forme d'aigle élégant, qui vient se glisser sur le dos de la main de Charlie. Un clin d'œil à sa maison, bien sûr. L'animal semble prendre son envol sur le bras de la jeune fille, dans des allers et retours vertigineux qui le voit faire quelques figures vraiment impressionnantes, avant de simplement reprendre place au creux de la paume de Charlie. Basil, pas peu fière, se contente de lui tendre un mouchoir qu'il garde toujours à sa poche - un héritage de la bonne éducation de sa mère.

- Tiens, t'as qu'à l'essuyer à la main, il se contente de dire en tirant la langue, sa baguette de nouveau rangée dans les replis de sa robe.

La paume reste désespérément violette, et Basil en devient rouge jusqu'au bout des oreilles.

- Zut. Ça marche d'habitude, il murmure avant de chercher un mouchoir dans la poche de son uniforme. Tiens, essuies là à la main si tu veux.

Absurde héritage de la bonne éducation de sa mère : toujours avoir sur soi de quoi nettoyer de potentielles bêtises. Basil se pince les lèvres avant d'affaisser le regard sur son parchemin, honteux de son échec.

La tâche s'agrandie mystérieusement, pour se répandre non seulement sur le dos de la main de Charlie, mais aussi le long de son poignet, et jusque son coude, trempant sa chemise au passage. Basil se pince les lèvres avec des yeux ouverts comme deux billes tandis que le concierge semble se redresser pour leur accorder de nouveau toute son attention. Un hoquet de stupeur semble lui avoir échappé à son insu tandis qu'il en laissait tomber sa baguette sur la table. Des rires voisins pulsaient à ses oreilles.

- Mais qu'est-ce qui se passe là-bas. Les enfants, les enfants, c'est un instant d'étude et de calme, on arrête de rire, merci. Monsieur Banks, Ch... Miss Carter !

Dans de grandes enjambées il approchait tandis que Basil observait la tâche prendre davantage d'ampleur encore, rendant Charlie intégralement violette sous ses yeux à la fois fascinés et horrifiés.

Low profile

Message publié le 25/11/2024 à 18:32

Son rire est étouffée derrière une manche bouffante alors qu'il complète d'une voix hilare : Pundibilum ! Y avait même des chansons à son propos, que l'on pouvait entendre en ouvrant certaines chocogrenouilles collectors lorsque l'on était particulièrement chanceux. Basil se pince la lèvre avant d'hocher la tête, dans un sens puis dans l'autre. Nan j'l'ai pas, j'la veux bien. J'pourrais te l'échanger contre celle de Haka si tu veux. Il n'en avait qu'une, mais il savait qu'il en aurait d'autres. Alors bon. Ses yeux suivirent le concierge du regard jusque sa disparition, et il les ouvrit comme deux soucoupes en entendant Charlie lui confesser qu'elle le connaissait depuis toujours. Vraiment ? Est-ce qu'elle avait vécu à Poudlard toute sa vie ? Non, c'était stupide. Il avait du mal, parfois, à s'imaginer que le personnel de l'école pouvait avoir une vie en dehors du château.

- Tu rigoles ? J'crois pas hein. 

 

Basil avait entendu parler du bal de noël. En fait, c'était le sujet numéro un de pas mal d'élèves depuis que l'information avait fuitée, quelques jours plus tôt, d'un groupe de serdaigles qui sortaient de la bibliothèque. Rien qu'à l'idée de danser devant tout le monde, il avait rougit jusque la pointe des oreilles, et préférait ne même pas répondre à l'enthousiasme que montrait sa camarade pour un tel évènement. Il ne pouvait rien imaginer de plus humiliant que de se mettre à faire une telle chose volontairement. On se moquait suffisamment de lui comme ça pour qu'il n'en rajoute pas une couche. Il enviait Monsieur Beckett et Monsieur Milbourne de pouvoir prendre de telles initiatives sans craindre qu'on les bouscule ensuite dans les couloirs. Simplement parce que c'était deux adultes.

 

- C'est pas parce que des gens dansent ensemble qu'ils sortent. Faut faire d'autres choses tu sais.

 

Il n'avait certes pas une grande connaissance du sujet, mais il avait vu comme Sasha Shevchen avait bécoté Alison Carter à la sortie d'un cours. Charlie savait-elle que sa sœur sortait avec l'un des expatriés de la guerre ? Basil n'eut pas le temps de lui poser la question, car brusquement la sorcière tire son parchemin sous sa plume, et il est a un geste de recul. L'encrier se renverse sous leurs deux regards catastrophés, mais elle a un réflexe si rapide qu'il en devient particulièrement impressionnant. La table, elle, n'est guère impressionnée, nuancée d'un violet sombre en une longue tâche immense qui rivalise aisément avec celle qui macule son propre parchemin. Basil se pince les lèvres, ne peut pas s'empêcher d'échapper un genre de rire étouffé en regardant le désastre. 

Il guette à droite et à gauche avant de saisir sa propre baguette, et de la pointer vers le mobilier, décidé à aider sa camarade.

-

Basil parvient à bout de l'énorme tâche d'encre, non sans fierté. Il adresse un large sourire à Charlie avant de redresser à la main son encrier.

!

Basil Banks a lancé un sortilège !

Sortilège
Sortilège Détergent
Difficulté
Résultat D20
14
Interprétation
Réussite
XP gagnée
3

Basil parvient à bout de l'énorme tâche d'encre, non sans fierté. Il adresse un large sourire à Charlie avant de redresser à la main son encrier.

Autres résultats possibles

Basil parvient à nettoyer la tâche entière, si brillamment qu'on aperçoit qu'il y a dessiné quelque chose... un triton.
Animer de l'encre, ça lui vient presque naturellement à force, mais alors l'essuyer c'est une autre affaire. C'est à peine si les contours font minent de s'estomper, et Basil se pince les lèvres en lançant un regard d'excuse à Charlie.
Basil ne pensait même pas que c'était possible, mais l'encre semble s'étaler plus encore, gagnant cette fois le parchemin miraculeusement sauvé précédemment par le réflexe de Charlie. Horrifié, il se prépare déjà à perdre dans la seconde le seul semblant d'ami qu'il a pu se faire dans les trois dernières années.

Low profile

Message publié le 22/11/2024 à 14:44

Un sourire intimidé a ponctué la mention de son nom complet. Personne ne l'appelle ainsi, ou alors parfois sa mère lorsqu'elle est très fâchée après lui. Charlie ne semble pas fâchée, elle. Charlie n'a jamais vraiment l'air fâchée. En fait, chaque fois que Basil croise la route de Charlie, elle lui donne l'impression d'être la personne la plus gentille du monde, sans doute incapable de s'énerver après qui que ce soit. C'est peut-être ça qui l'avait mené jusque sa table aujourd'hui. De toutes les options présentes, il était évident que c'était la meilleure. Les gens n'embêtaient pas Charlie Carter comme on pouvait l'embêter lui. Parce qu'elle n'était pas aussi étrange, peut-être, ou plus simplement parce que son père était une célébrité reconnue du monde sorcier.

 

- Merci.

C'est le seul mot qu'il avait prononcé dans les dernières longues minutes. Son manuel d'histoire de la magie avait été grand ouvert devant lui, un large parchemin soigneusement déroulé, une longue plume maladroitement trempée dans l'encre avant de venir goutter sur le papier, et goutter encore. En équilibre précaire dans sa main, il n'y prêtait guère attention, ses yeux sur les lignes étriquées qui s'amoncelaient sur les pages. Parfois il était distrait par quelques gestes de la fille qui lui faisait face. Par la présence de bracelets colorés dans un angle éloigné de son champ de vision. Parfois il glissait un regard timide vers elle qu'il rabattait aussitôt sur son étude d'un paragraphe joyeusement intitulé le gobelin à travers les âges, aussi peu intéressant soit-il.

 

Puis Charlie avait parlé, et Basil avait redressé la tête vivement. Sa plume n'avait toujours pas gratté le moindre mot sur son parchemin qui n'avait pourtant plus rien de vierge tant la mare d'encre commençait à y prendre de la place. Il ne semblait définitivement pas le réaliser, et la manche de sa chemise n'était qu'à quelques centimètres de tragiquement finir bleutée jusqu'au coude. Il secoue la tête, car non, ils n'ont pas eu les résultats, et sans doute qu'il va avoir une sale note car il n'a rien compris à tous ces cours sur la Confédération lui non plus. Basil n'a pas vraiment l'habitude qu'on lui adresse la parole pour autre chose que pour lui rappeler qu'il est taré cela dit, alors il tarde à répondre. Mais finalement c'est un sourire qui se dessine sur ses lèvres à la mention des géants, et il acquiesce :

 

- Han ouais les géants c'était cool.

 

Basil avait été fasciné par les photographies de ces guerres dans le manuel. Ils ne rentraient jamais tout à fait dans le cadre, à moins de se pencher grossièrement, et leurs proportions étaient définitivement incongrues. Comme des hommes dessinés à la va-vite par la main d'un enfant. Un éclat de rire lui échappe devant les images que lui montre Charlie du bout d'un ongle violet, et il place rapidement une main devant sa bouche avant de rencontrer le regard du concierge. Ce dernier se contenta de plisser les yeux en claquant sa langue contre son palais à répétition, un index porté devant ses lèvres comme seul avertissement. Basil hocha la tête avant de se pencher plus avant pour mieux observer la glace géante qui n'allait pas tarder à se faire dévorer.

 

- Huh ? Oh. Quelques doigts viennent lui triturer l'arcade, et il réalise qu'il y a un peu de sang, pratiquement sec. C'est rien. J'suis tombé dans l'escalier, il énonce en essuyant encore et encore du bout de ses doigts avant de chercher dans une poche de son sac de quoi faire ça plus proprement. Ne trouvant rien, il finit par simplement les frotter contre son jean. Tu dessines bien, il énonce à voix basse. Il se met à feuilleter son propre manuel pour trouver la section des géants, et lui montre quelques croquis qui semblent se battre ici et là. L'on peut aisément voir que le livre est pratiquement couvert de ce genre de chose, ainsi que parfois de quelques notes inscrites dans les coins de pages. R'garde j'avais fait Conan et pis Haka le Terrible avec sa hache ensorcelée. On disait à son propos qu'il était tombé amoureux de cette dernière, et l'avait épousé. Basil s'était disputé avec le professeur car il maintenait que la hache avait autrefois été une femme, alors que rien ne l'avait prouvé jusqu'ici. 

L'arrivée éminente de Monsieur Milbourne le fit baisser la tête brutalement, mais ce dernier se contenta de refaire claquer sa langue en leur faisant les gros yeux avant de disparaitre entre deux rayonnages. Il n'était pas bien sévère, mais Basil n'aimait guère attirer l'attention comme ça.


Low profile

Message publié le 20/11/2024 à 20:56

- T'fais quoi en fait ?
- Rien j...
- Tu calcules la distance au sol ? S'tu veux on t'jette ça ira plus vite hein.
- Non c'est juste...

- N... n... non... c'est j... juste...

- ... le livre est sensé être là.

- Le l... livre est s... sensé... être làaaaa.

- P'tain de taré.

- Si on l'brûle t'fais quoi ? Incendio !
- Ça va pas marcher.

- Incendio !

- Parce qu'il est sensé être là en fait et...


Bam. L'impulsion d'une jambe qui vient faire valdinguer le bouquin qu'il vient de lancer à plus de trois étages de distance. Le livre prend le mur, fait s'exclamer un tableau, s'en retourner un autre, un fantôme, et enfin un élève, qui esquive miraculeusement le frisbee à dents de serpent qu'il se serait inévitablement pris sur le crâne. Basil n'a guère le temps de constater les effets de tout cela, car Gideon le tient par le col et l'envoie valser jusqu'au bas des escaliers, qui dans un mouvement abrute s'accolent au pallier du second étage. Basil y échoue lamentablement.

 

- Taré.

- Grave.


Jules lui balance un mollard qui vient s'écraser sur l'avant de son uniforme et Basil reste bête à les regarder s'en aller. Finalement il se relève, et guette le rez-de-chaussée avec espoir. Le livre est contre un mur, et c'est bien tout. Il pousse un soupir avant de se pincer les lèvres et de s'engouffrer dans le couloir, les épaules affaissées. Nikolaï avait sans doute raison. Il fallait qu'il apprenne à se défendre. Le souci c'est qu'il ne se sentait pas en mesure d'imposer la même stature que son camarade, d'arborer son regard sur le monde. Les portes se succédèrent, jusque celle du laboratoire de photographie, et après un regard à gauche et à droite, il s'y enferma complètement. Trempées d'un bain à l'autre, ses photos commençaient à prendre vie - grace, notamment, aux potions de fixation temporelle que fournissait le professeur Brooks. 

Certaines images furent tirées de leur baignade pour être accrochées en hauteur par de grosses épingles grossières, d'autres changèrent de contenant pour être plongées dans des fixateurs éthérés ou autre eau de rinçage purifiante. Basil observa longuement les visages qui lui faisaient face - eux ne le jugeaient ni par sa dégaine, ni par sa façon de leur parler de ce qu'il avait pu voir ou non en les photographiant. Puis, lorsqu'il eut terminé, il quitta la pièce sans hésitation, pour rejoindre le rez-de-chaussée. Il avait pas mal de devoirs à faire, et la salle d'études semblait un meilleur endroit pour compléter ses devoirs qu'une salle commune pleine de gens qui chercheraient à le distraire d'une manière ou d'une autre. Malheureusement pour lui, l'endroit était complètement envahit.

Ses yeux se fixèrent sur la silhouette menue de Charlie Carter, quelque part au fond de la pièce, et il s'avança vers elle avec timidité.

- Ça t'embête pas si j'm'installe à ta table ?

À la table à côté, plusieurs élèves de leur année se tournèrent, et quelques rires vinrent ponctuer le silence, aussitôt éteints par un concierge visiblement de garde ce jour là.


Celui qui se tenait plus droit qu'une Tour Eiffel

Message publié le 20/11/2024 à 15:49

La réponse, tranchée, ne laisse aucune place à la négociation. Basil a les épaules qui s'affaissent, et son regard se perd quelque part derrière la silhouette parfaitement rigide de son camarade de classe. Il s'attend presque à le voir partir, de sa démarche militaire, mais Nikolaï ne s'en va pas. De nouveau il lui parle, aussi durement que pour son refus précédent, mais étonnamment pour balancer une observation qui n'a strictement rien à voir avec l'article que Basil souhaite écrire. Les yeux bleus se sont perchés en hauteur - le jeune russe fait peut-être une tête de plus que lui -, et les lèvres s'ouvrent et se referment alors que la pointe des oreilles rougissent. D'avoir été étudié et jugé ainsi, peut-être. Basil n'est pas du genre à s'inquiéter beaucoup de ce qu'on pense de lui, ou de quelque première impression qu'il ferait à un camarade. Celle qu'il vient de faire à Nikolaï cependant, lui importe, bien qu'il ne sache pas en déterminer la raison.

 

Un simple haussement d'épaules fait office de réponse, cependant, et Basil se détache du regard incisif du sorcier russe pour braquer ses prunelles contre la pierre derrière lui.

 

- Pour quoi faire ? Il réplique en toute simplicité.

 

L'ignorance, c'est encore ce qui marche le mieux. Plus jeune, Basil avait tenté de se défendre. Ça ne rendait jamais la situation que pire que ce qu'elle était avant. Au moins maintenant on ne faisait que lui donner des surnoms idiots. C'est à peine si on le bousculait dans les couloirs. On ne le voyait pratiquement pas. Il était devenu ce gamin invisible dont on ne se rappelait que pendant les cours, lorsque les professeurs l'interrogeaient directement malgré sa manière de s'enterrer sur son siège.

 

- Ça va ils font que rire. C'est pas si grave.

 

De nouveau ce haussement d'épaules alors qu'il ose de nouveau affronter le regard de Nikolaï.  Anya non plus n'avait pas voulu, pour la photo. Mais il avait pu la convaincre. Est-ce qu'il pourrait convaincre Nikolaï ? Un flash lui passa brutalement devant le regard, et un instant il paru complètement absent. Il avait vu le garçon dans cette même posture militaire. Il était dans un portrait. Un portrait dont le cadre était identique à tous ceux qu'il avait fait jusqu'alors pour les autres élèves expatriés de la zone de guerre. Un sourire se glissa sur son visage, et il sembla être extrêmement soulagé soudainement.

 

- Tu diras oui ! Il annonce sans réfléchir.

Grimace dans la seconde suivante en réalisant que si le garçon n'est pas convaincu dans la seconde, c'est qu'il n'a probablement pas envie d'entendre qu'il le sera dans les jours suivants pour une raison ignorée à ce jour. Personne ne veut savoir ce qui va arriver, Basil. Sa tête s'affaisse, et c'est à peine s'il sent le coup d'épaule qu'il se prend alors qu'un groupe de Serpentard remonte le couloir dans l'autre sens.

- S'tu veux on peut marcher ensemble jusqu'au prochain cours, il offre dans un murmure, les yeux braqués sur le bout de ses chaussures.

Peut-être qu'à côté de Nikolaï Polyanski, on rirait moins de Basil Banks et de ses manières étranges.


Celui qui se tenait plus droit qu'une Tour Eiffel

Message publié le 12/11/2024 à 18:20

Si Basil avait été surpris que l'autre garçon ne connaisse son nom, il n'en avait rien montré. Du moins s'était-il acharné à ne rien montrer. Son regard s'était quelque peu écarquillé, tandis que ses lèvres s'étaient entrouvertes à demi. Il n'était pas très doué pour cacher ses émotions, en vérité. Ce ne fut rien bien sûr à côté de l'air de stupéfaction qu'il prit lorsque Nikolaï attrapa un frisbee au vol juste avant que ce dernier ne le percute avec brutalité. Basil resta bêtement silencieux à l'observer avec deux yeux ronds.

 

- Woah. T'es rapide.

 

Il n'avait bien sûr pas répondu à la question de l'autre Gryffondor, et il n'hésita qu'un bref instant avant d'hausser les épaules.

 

- Ouais.

 

Le problème voyez, c'est que les autres élèves n'étaient pas tellement fans de cet état de fait. Que Basil voit des choses avant. La plupart du temps, ils ne le croyaient simplement pas. Parfois, ils s'imaginaient que cela faisait de lui un fouineur. Quelqu'un qui se mêlait de ce qui ne le regardait pas.

 

- J'fais pas exprès. C'est comme ça, il se contenta de vaguement expliquer en récupérant le frisbee tendu par Nikolaï.

- EH BASILIC !
- Uh ?
- Renvoi l'bordel. P'tain j'vous dit ce gars est allumé. Renvoi !
- Oh.

 

Basil affaissa le regard sur le frisbee avant de le balancer au travers du couloir, dans la direction du petit groupe de serpentard. L'object échoua bêtement à moins d'un mètre de lui.

 

- Oh la la mais t'es naze hein.

 

L'autre garçon récupéra le frisbee en secouant la tête, sous les rires de ses copains. Basil rougit jusque la pointe des oreilles, murmurant un vague désolé. Les élèves l'ignorèrent complètement, s'éloignant vers les escaliers.

 

- J'avais une question, il se décide finalement à énoncer en reportant son attention sur Nikolaï. Enfin ça va t'paraitre bizarre peut-être hein, t'as l'droit de dire non et tout mais enfin... j'fais ce truc... c'est comme un article tu sais, comme un truc de journaliste quoi, avec les élèves qui sont arrivés l'année dernière et cette année, à cause de la guerre. Il sait pas si la rigidité du garçon qui lui fait face, ou son regard complètement froid, mais il a beaucoup de mal à en venir au fait, bizarrement. Bien plus encore que lorsqu'il avait posé la question à Anya, et pourtant Anya était une septième année. Enfin j'me demandais si t'accepterais que je te prenne en photo ? Pour mon article.

 

Ses yeux bleus fixent Nikolaï avec espoir. Parfois, il aimerait avoir des visions sur commande. Pour savoir par exemple si on allait répondre favorablement à ses demandes étranges, avant même qu'il n'ait posé la moindre question. Malheureusement les visions n'arrivaient que dans l'anarchie et le chaos, bien souvent pour des choses qui n'avaient pas grande importance.


Celui qui se tenait plus droit qu'une Tour Eiffel

Message publié le 06/11/2024 à 19:52

Ils sont tous un peu étranges vous savez. Les expatriés. Les premiers sont arrivés l'année dernière, et cette année encore on en retrouve. Basil les a tous photographié, y compris la plus âgée. Anya Nikitovna. Ça lui avait pris des jours avant qu'elle n'accepte enfin, parce qu'il avait lourdement insisté, et qu'il avait fini par lui offrir en échange des gouttes de son propre sang. Étranges, tous autant qu'ils étaient. Certains moins que d'autres, sans doute, mais ils semblaient tous provenir d'une autre planète, plutôt que d'un autre pays. Ils arboraient une mine sombre, des yeux froids, portaient leur uniforme comme les elfes faisaient leurs lits : au carré. Aucun n'étaient jamais en retard en cours, ni ne bronchaient lors des demandes parfois incongrus ou même injustes de certains professeurs.

 

Ils avaient tous l'air presque militaire, comme sur les vieilles illustrations de grand-père.

 

Nikolaï n'était pas en reste. Basil était davantage intrigué par lui que par tous les autres ; peut-être parce qu'ils avaient le même âge, et que le garçon faisait partie de la même maison. À moins que ce fut la posture du sorcier qui le fascinait tellement. Il semblait par instant qu'il n'était même pas humain, tant il se tenait droit, le regard droit dans le vide, ses bras flanqués d'un côté et d'un autre comme deux éléments détachés de son propre corps. Quelques jours seulement étaient passés depuis la rentrée, mais déjà Basil s'était fixé sur un objectif simple : photographier Nikolaï pour le glisser dans les pages d'un carnet justement nommé Les expatriés. Il rédigeait un article, avait-il annoncé à certains élèves. Comme un vrai reporter. Basil avait entendu ce mot de la bouche de la professeure d'Études des moldus, et l'avait rabattu aux oreilles de sa mère absolument tout l'été.

 

- Salut Nikolaï, il se présente simplement alors qu'il approche le garçon au milieu du couloir, à la sortie du cours de métamorphose.

 

Basil avait appris de ses erreurs. Approcher sans le Mekapteur était fichtrement plus efficace que le brandir à la face des gens qu'il souhaitait photographier. Ses yeux bleus plantés sur ceux, tout aussi bleus, de son vis-à-vis, il étire un sourire peut-être un peu incertain devant la mine patibulaire qui lui fait face. Il n'a pas souvent l'occasion de le voir d'aussi près, en réalité, car le sorcier ne partage pas leur salle commune - bien que la raison soit inconnu de tous ceux à qui il avait demandé. La raison de sa venue semble tourner à l'intérieur dans son crâne, souligné d'un rouge alarmant qui le pousse à bifurquer brutalement pour plutôt annoncer :

 

- C'était pas mal comme cours hein ?

 

S'il est une autre chose à noter sur Nikolaï, c'est peut-être l'absence d'élèves autour de lui. À l'instar de Basil, se faire des amis ne semble pas être parmi ses compétences les plus fortes. Alors sans doute qu'un brin de sympathie saura évei...

 

- Attention !

 

Un bras s'élève pour écarter Nikolaï d'un projectile qui n'arrive jamais, et Basil reste le regarder comme un idiot, à jeter sa tête vers le bout du couloir, et son camarade de maison.

 

- Hum. Pardon. J'ai cru voir un truc, il annonce en passant une main sur sa nuque, gênée.

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