Harry Potter RPG
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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

Je repose mon regard sur toi. Un instant, j’avais oublié que tu existais encore. Tu es là, devant moi, le dos droit, le menton relevé comme si tu voulais me signifier que tu existes, toi aussi, dans cet univers. Et voilà que tu tends ton bras. Quoi, tu crois vraiment que ça fonctionne comme ça ? Tu veux jouer ? Tu crois pouvoir inverser les rôles ? Un sourire étire mes lèvres. Lentement. Cruellement.
 

- On ne range pas Viviane Valcourt, darling.
 

Je prononce ça avec cette légèreté mordante, celle qui caresse avant de mordre, celle qui dit : je ne fais pas office de faire-valoir, moi. Mes doigts effleurent à peine ton coude, comme un caprice d’un instant, une caresse fantôme. Puis je le repousse.

- Gary le sait très bien.
 

Je pivote légèrement, j’ôte toute consistance à ta tentative. Tu es là, mais je ne t’y laisse pas de place. J’incline la tête, amusée. Les flashes sont éteints, mais je demeures sous le feu des projecteurs, tu ne vois pas ? Je ne t’accorde pas un regard de plus. Les projecteurs s’éteignent les uns après les autres, avalés par l’arrivée d’une toute autre lumière, plus feutrée, plus dorée. Les tables apparaissent, nappes tendues d’un claquement de doigts, chandeliers dressés comme des sceptres de cire, et tout autour de nous, les serveurs s’affairent déjà, comme une nuée parfaitement synchronisée. Un ballet de mains gantées qui ajuste, dispose, polit, perfectionne. Un monde qui se construit en temps réel.
 

Mon monde.
 

L’agitation vibre dans l’air, bruits feutrés de porcelaine, éclats métalliques de couverts qu’on aligne à l’infini, murmures précipités de ceux qui veulent s’assurer que tout sera parfait avant qu’il n’arrive. Je n’ai pas besoin de lever les yeux pour savoir que c’est Gary Oldmore que tous attendent. Et puis, il entre. Un pas lourd, une présence qui impose un silence instantané. Lord Oldmore n’a pas besoin de mots pour s’annoncer : il occupe la pièce. Ventripotent, massif sans être maladroit, il porte son embonpoint avec une assurance qui le rend imposant. Son ventre s’arrondit sous les broderies fines d’un veston soigneusement ajusté, mais ce sont ses yeux qui frappent. Vifs. Scrutateurs. Toujours en mouvement. Des yeux qui prennent tout, qui savent exactement qui compte et qui ne compte pas. Ses tempes grisonnantes ne l’alourdissent pas : elles l’anoblissent. L’âge ne l’a pas affaibli, il l’a huilé, poli, aiguisé. L'absence de sa femme n'éveille chez moi qu'un haussement de sourcil imperceptible.
 

- Gary.
 

Mon sourire est plus large, plus sincère. Il tourne la tête, et c’est comme si tout le reste du monde s’effaçait un instant.


-Viviane !
 

Sa voix résonne et tout ralentit autour de nous. Un instant, je suis une enfant qui accourt dans ses bras sous les plafonds trop hauts des salons d’été. Un instant, je suis celle qu’il a toujours connue, qu’il a vue grandir dans cet univers de velours et de dentelle. C’est mon espace. Il m’ouvre les bras, et j’y glisse avec aisance.


- Par Merlin, te voilà encore plus ravissante que l’été dernier.

- Je n’ai pas grandi d’un centimètre, je ne peux pas t’avoir manqué tant que ça.


Je ris, légère, et tout le monde écoute. Ils doivent écouter. Autour de nous, les verres s’emplissent en silence, les assiettes se posent avec une précision chirurgicale, et je sais que la mécanique du dîner tourne autour de notre conversation.


- Tu brilles autant que ton père, je suis certain qu’il est très fier de toi.

- Il l'est.
 

C’est une évidence que je m'efforce d'assener chaque jour lorsque je croise mon reflet. Je n’ai guère besoin d’humilité, de doute. Quelque chose brise ce moment. Un détail. Un regard. Celui de Gary qui dérive légèrement. Derrière moi. Je sais ce qu’il voit. Un garçon. Toi. Une silhouette mal intégrée au tableau.
 

- Et ce jeune homme est… ?


Je pivote. Mon regard se pose sur toi. J’évalue. Je pèse mes mots. Puis je parle.
 

- Lyle Sørensen. Le nom se détache dans l’air comme un fil de soie tendu entre nous. Petit-fils d’Oswald Sørensen. Le célèbre auror.

Je laisse cette information s’installer, comme un titre inscrit en lettres d’or. Son héritage est là, son ambition aussi. Le reste, il devra le gagner lui-même.
 

- Il voulait te rencontrer.


Autour de nous, les premiers invités commencent à s’installer, le cliquetis discret des chaises repoussées accompagne le mouvement. Un serveur passe, ajustant un centre de table trop imposant, et je sens déjà l’effervescence du dîner qui se prépare. Mais je n’en perds pas une miette. Je t’offre ton entrée. À toi de voir si tu sauras la traverser avec élégance, ou trébucher sur le seuil.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

D'aucun disent que tu n'es jamais sortie avec la moindre fille, comme cela ne pouvait guère t'intéresser. Permet moi d'en douter. Tu joues l'inaccessible, voilà tout. N'ai-je pas déjà longuement révélé combien j'exige l'inaccessible ? C'est ta dernière rentrée, après cela je n'aurais plus la moindre chance, ou cela n'aura simplement plus la moindre importance. Dans le micro-univers de Poudlard, ce qui peut bien se passer au dehors n'a pas de signification. L'essentiel se déploie dans le long cheminement de rumeurs qui courent les couloirs et les classes, jusque s'endormir dans la pseudo-intimité des dortoirs. Le pouvoir appartient à celui qui la fait naître, tu ne le savais pas ?

 

Mon regard se perd sur les contours de ton profil, alors que tu te perds dans le cœur d'un livre qui semble si prenant que tu ne t'en es pas détourné une seule depuis plus de quinze minutes. Une plume immaculée m'effleure les lèvres à un rythme régulier tandis que je songe éveillé à la meilleure façon de faire ployer celui qui n'est connu que pour garder ses distances. Je suppose que tu m'as toujours un peu attiré, avec ton élégance naturelle. Dommage que tu ne sois qu'un sang-mêlé, car j'aurais pu m'imaginer plus avec toi qu'une simple rumeur jetée au milieu des couloirs. Aisément. Cependant, ta famille se résumé a bien peu de choses face à la mienne, et je devrais me contenter d'un petit jeu de chat et de souris. Ne te fais pas d'illusion. Malgré tes airs assurés de prédateur, c'est bien toi, la souris.

 

D'un seul mouvement, je fais claquer le manuel de métamorphose qui n'occupe que la table faute de mon attention, avant de me redresser de mon siège. Beckett n'est nulle part en vue, et je compte bien profiter de notre solitude récemment acquise. Tu n'as pas même remarqué le départ du reste de ton groupe d'études. Tu remarqueras mon arrivée, c'est certain. Elle est soignée. Une mèche blonde repassée derrière une oreille, mon uniforme parfaitement ajustée bercée d'un côté et d'un autre, mes souliers qui claquent avec une détermination dont tu n'oserais même pas rêver. Lorsque je vais quelque part, je n'hésite jamais.

 

- Lyle Sørensen. Tu es le petit-fils de Oswald Sørensen, c'est bien ça ?

 

Je n'en ai pas le moindre doute, évidemment, mais la courtoisie est dépeinte sur mon visage tandis que je viens siéger à ta table sans attendre ton invitation.

 

- Viviane Valcourt. Mais tu le sais déjà, je présume. Mon grand-père a travaillé avec le tien. Comprenez qu'il l'a vêtu, non qu'il a joué les renifleurs de mages noirs. Il m'a fait comprendre que je devrais me présenter avant que tu ne quitte Poudlard. Alors je me présente.

 

Une main est tendue, rigide et sûre, mon sourire minaudeur appuyé sur une joue, une nouvelle mèche ramenée derrière l'oreille. Tu as perdu ton ami, récemment. Je le sais, comme je sais beaucoup d'autres choses sur toi. Je suis préparée à cet entretien. Ce challenge. Tu ne l'es probablement pas.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

Un sourire torve et mesurée me coulisse sur les lèvres, car bien sûr que tu ne relève pas la tête immédiatement. Je ne fais ni cas de la froideur de ton accueil, ni de cette réplique absurde sur mon âge. Seuls les vieux s'inquiètent de ce genre de banalité, tu dois passer bien trop de temps avec Oswald, darling. Une jambe passe par dessus l'autre, mes mains se joignes délicatement sur le bois de la table tandis que je t'observe. Mon regard finit par se détourner, comme profondément ennuyé.

 

- Sa boutique

 

La Maison Valcourt habille les plus grands, crois-tu sincèrement qu'une seule et unique enseigne se dresse dans le monde entier pour répondre aux demandes de ses clients fortunés ? Oh, c'est un test. Je vois. Tu ne peux pas ignorer mon vaste héritage d'un business qui fleurit depuis plus de dix générations, n'est-ce pas ? Tu es Serdaigle, tu ne peux guère être si ignare. Je ne te ferais pas l'injure de répondre à cette question pathétique.

 

- C'est en vue d'une collaboration, bien sûr. Il m'a dit avoir écrit à Oswald à cet effet. Valcourt recherche un visage pour sa jeune collection, que je ai aidé à designer. Je serai l'image des vêtements féminins, mais il est évident que je ne pourrais pas présenter les autres pièces. Tu as clairement le profil idéal.

 

Mes mains se sont décrochées, et mes bras sont venus se croiser sous ma poitrine pour mieux t'observer, comme te jauger. Tes traits sont si aristocratiques. D'une élégance certaine. C'est moi qui ai proposé ton nom, tu sais ? Papa m'a immédiatement demandé de t'approcher. Il me laisse prendre de plus en plus de décisions pour la marque. Il a confiance en moi. Tu devrais avoir confiance aussi. Je peux représenter un tremplin non négligeable de ta dernière année, Lyle. Je m'attends à ton refus, tu sais. C'est pourquoi je me suis permise de faire contacter ton grand-père par le mien. L'on est jamais mieux conseillé que par ses proches tu ne crois pas ?

Enfin, si l'on omet ma sœur.

 

- C'est un travail rémunéré, j'enchaine avec le ton d'une véritable entrepreneuse. Bien rémunéré, ça va sans dire - mais je tiens à le souligner malgré tout. Une journée seulement, au cœur de Paris, et le trajet est offert par la maison. Qu'en dis-tu ?

J'ai coulissé mon regard sur mes ongles parfaitement manucurés, comme pour vérifier l'état, avant de papillonner des cils dans ta direction. Mon chronomètre interne s'est déjà mis en route.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Salle commune de Serpentard, Vendredi 22 Septembre 2124

- Oh. My. God.

- J'te jure Vee. Nan mais faut voir le type, j'comprends même pas comment elle a pu...

- Cht.

 

L'empressement sur lit sur mon visage, et tu te tais brutalement en regardant autour de toi. Parfois ma pauvre Sarah, tu ressemble à une chouette effarouchée. Tu devrais arrêter de mettre autant d'eye-liner et te concentrer sur les kilos qui te ceinturent la taille. Par réflexe, je fais claquer la langue contre mon palais en attendant qu'Alison et sa troupe de copines ait entièrement disparu pour reprendre :

 

- Il l'a forcé c'est sûr.

- Quoi ? T'es dingue !

- Tu l'as dit toi-même, faut voir le type. C'est pas une bombe mais c'est quand même une jolie nana, tu pense bien qu'elle se serait pas contenté d'un gars qui parle qu'à moitié anglais si elle avait eu le choix !

- Tu crois vraiment ?

- Je suis prête à le parier, darling.

- C'est super grave Vee.

- Y a qu'un moyen de le savoir pour de bon.

 

Tu me regarde avec des yeux ronds. Quoi tu me crois incapable de lui demander en face ? Chérie, tu connais pas ma subtilité ou quoi ? Je lève les yeux au ciel avant de brièvement secouer la tête, et de m'éloigner d'un pas distingué. J'ai toujours le pas distingué. Je sais que tu m'envies, Sarah. C'est écrit sur ton expression à chaque fois que j'entre dans une pièce. Et j'adore ça.

 

- Alison ?

 

J'ai soudainement une voix différente. La voix de la sollicitude. Vous ne voyez pas ? C'est celle que l'on utilise lorsque l'on cherche à obtenir quelque chose de quelqu'un.

 

- Excuse-moi, t'as deux minutes ma chérie ?

 

C'est-à-dire que tu devrais m'en offrir autant que je veux si je te fais l'honneur de ma présence, tu crois pas ? Je papillonne, avec cette même sollicitude, mes cils parfaitement maquillés jugent sûrement les tiens que je considère grossiers. Je nous éloigne, bien sûr, je fais paraitre le mesage important. Il ne l'est pas tant, en vérité. Qu'est-ce que j'en ai à faire que tu te laisse rouler dessus par un russe couvert de cicatrices immondes ? Non moi je déteste qu'on me raconte les choses, j'ai besoin de les savoir. Je nous estime suffisamment éloignées pour discuter, probablement pas suffisamment pour nous couvrir de regards curieux qui voient peut-être pour la première fois Viviane Valcourt adresser la parole à une cinquième année.

 

- Écoute, je voulais te dire que je suis désolée. J'ai entendue pour l'autre taré là. Chechen. Tu sais il faut en parler aux professeurs s'il t'a forcé. Tu peux pas te laisser faire comme ça.

 

Cette même sollicitude me barre le visage, couvre mon mensonge. C'est en prêchant le faux que l'on finit par savoir le vrai.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

Est-ce un mensonge que tu raconte à qui veut bien l'entendre ou à toi-même, Lyle ? Tout le monde a besoin d'argent. C'est l'un des moteurs essentiels de ce monde. Mais, évidemment, j'ai bien conscience qu'il ne s'agisse pas là de ta priorité. J'en suis informée. Je réprime le sourire qui manque me tordre les lèvres à ta réponse évidente. Ton véritable intérêt se tient ailleurs. N'est-ce-pas ? Trois, deux, un. Mon regard n'a pas quitté ton faciès déjà replongé entre les lignes de ton livre alors que tu renchéris, en véritable joueur de poker. Précisément ce que j'attendais. Je me plais à rester t'observer alors que la question reste en suspens entre-nous, l'air parfaitement innocente.

 

- Lyle, la maison Valcourt habille les plus éminents, j'énonce comme une leçon que je tiens à te faire apprendre, retenant le darling qui m'aurait naturellement coulé d'entre les lèvres. J'ai l'intime conviction que ce genre de surnom ne passerait pas chez toi. Tout de même. Le réseau de ma famille s'étend bien au-delà de tes espérances. Cette opportunité n'inclue pas seulement de jolis gallions, elle implique certaines rencontres. Cela va sans dire, darling

 

Déjà je me redresse, prête à plier bagage et me rendre là où ma présence sera mieux tolérée. Déjà je semble abandonner l'idée de te voir porter l'image de Valcourt à mon côté, car tu es si aisément remplaçable, Sørensen, certains tueraient pour se trouver à ta place.

 

- La vérité c'est que je ne me tourne vers toi qu'en raison de l'historique entre nos familles, mais je comprends que tu n'aies pas forcément envie de suivre le mouvement. C'est tout à fait naturel.

 

Raven n'était-elle pas, après tout, l'exemple le plus concret de ce genre de détournement ? Jamais elle ne s'était sentie impliquée ni de près ni de loin dans les affaires dont elles devaient hériter toutes les deux. Au contraire, sa cracmol de sœur cherchait plutôt à en briser l'image à tout instant, se pressant à fricoter en terrible compagnie, affublé de tenues qui n'avaient jamais rien d'élégant.

 

- Je suis persuadée que Gary saura trouver son chemin vers un sorcier aussi brillant que toi sans que nous n'ayons besoin de vous présenter, j'ajoute avec un sourire bienveillant. Pardon de t'avoir fait perdre ton temps.

 

Le nom jeté avec nonchalance n'est autre que celui de l'ambassadeur lui-même, client régulier de son paternel, détenteur d'un faible pourcentage de parts même de la noble maison. Satisfaite de mon petit effet, je replace quelques mèches derrière mon oreille avant de prétendre trouver un intérêt sur le livre que tu semble vouloir dévorer du regard davantage que ma silhouette parfaitement apprêtée. Cela fait en vérité plusieurs minutes que j'ai noté ce que tu t'appliquais à décortiquer avec tant d'attention. Un sifflement m'échappe.

 

- Les Feudeymons ? Waw. Nous n'en sommes qu'aux révisions contre les attaques de manticore. Je comprends que tu sois si fasciné.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
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Salle commune de Serpentard, Vendredi 22 Septembre 2124

Tu sais ce qui transparait le plus chez toi, Alison ? Ton absence d'élégance. Tu mets tellement d'énergie à prendre soin de ton apparence que tu en oublies les plus basiques des manières. Sans doute est-ce cela qui creuse le gouffre béant entre le statut que tu as, et celui que tu voudrais atteindre. Tu ne dois ta notoriété qu'à la célébrité d'un père depuis longtemps disparu des revues de presse, et tu n'as jamais reçu l'éducation nécessaire à faire bonne figure au milieu de la bonne société. C'est si évident. Je me contente de lever les yeux au ciel alors que tu t'épanches maladroitement en familiarité, claquant finalement ma langue contre mon palais dans une dernier esbrouffe dramatique.

 

- Tssk. Aucune fille n'a ce genre de fantaisie. Ce sont les garçons qui se passent ce genre de rumeur, Ali-chérie. Ton Sasha n'a pas du lésiner sur les détails, je prononce avec acidité. Tu te traine une sale réputation par sa faute maintenant.

 

On me croirait outrée. La vérité c'est que je viens de comprendre que s'il s'est passé quelque chose, c'est certainement de ton plein gré. Tu dois sans doute mériter cette réputation. Je vais pouvoir renforcer ces tristes rumeurs, les arranger comme il m'en vient l'envie.

 

- Je sais pas c'que tu lui trouve à ce type, mais ça me rassure de savoir qu'il a rien fait de ce qu'on raconte. Tu devrais faire attention quand même. Tu sais parfois les garçons s'échangent des souvenirs entre eux. Ils peuvent être si immatures.

 

Je redresse le menton, guettant les autres élèves de la salle commune avant de m'affaisser à ton oreille comme pour délivrer un secret d'une éminente importance.

 

- Tu sais ton Sasha il traine avec d'autres quand tu tournes le dos. L'autre jour je l'ai vu qui trainait au parc avec cette fille de l'est. Anna Nikitofna. Si ça se trouve c'est elle qui raconte ça rien que pour vous emmerder.

 

De nouveau je t'observe avec ce qui semble être mon regard le plus sérieux, débordant d'une sollicitude que ne ressent guère. Que serait une bonne école si l'on ajoutait pas un peu de piquant, me demanderez-vous ? Je n'ai rien contre cette fille, ni contre Alison Carter, mais j'aime rester maîtresse de la cour et surplomber les drames qui ne manquent jamais de pousser d'une classe à l'autre. 

 

- Si c'est ton petit-copain, j'élabore comme s'il s'agissait d'une information essentielle, tu devrais sans doute lui apprendre à ne pas trainer avec n'importe qui ou raconter n'importe quoi. Prends ça comme un conseil d'une sorcière à une autre. Je détesterais qu'on s'imagine n'importe quoi sur toi. Les gens peuvent être si horribles avec les rumeurs.

 

Mais quelle bienveillance. Accordez-moi un oscar.

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Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

- Évidemment.

C'est à peine si je l'ai sifflé entre mes dents. Il ne faut pas s'appeler Dumbledore pour savoir que l'on ne se renseigne pas sur les Feudeymons sans autorisation spéciale. Ce n'est pas pour rien que la magie noire n'a jamais été au programme de Poudlard. J'imagine sans peine que ton intérêt a tout à voir avec la carrière dans laquelle tu te projette. Ce n'est pas pour rien non plus que j'ai mis l'emphase sur cet aspect précis de tes recherches. Ton implication ne sous-entend qu'une chose, à mes yeux. Ma proposition n'est guère quelque chose que tu peux te permettre de refuser. Une raison simple à la grossierté de mes manipulations. Que cela te plaise ou non, Lyle, il n'y avait nul besoin de subtilité dans un cas de figure tracé si brutalement, à la craie grasse.

 

La subtilité m'aurait montré sous mon vrai jour, or je préfère que tu m'imagine aisée à contrecarrer, vois-tu. La leçon numéro une lorsqu'il s'agit d'hameçonner quelqu'un n'est pas de lui faire croire monts et merveilles. C'est de lui faire croire qu'on lui apporte quelque chose de bien précis, sans qu'il réalise qu'il ne pourra plus ensuite se passer du reste - invisible sur le talon du contrat. Je prétends la gêne, alors, décroisant et recroisant mes jambes comme si tu venais de lire en moi comme dans un livre ouvert, laissant mes joues s'empourprer d'une chaleur que je ne ressens guère. C'est une comédie que j'ai appris à jouer très jeune, et dont Raven a fait les frais de nombreuses fois. Papa n'a jamais su faire autre chose que de prendre mon partie, car ma jumelle n'a jamais eu mon sens aiguisé du contrôle.

 

- C'est tout ce que je veux, j'assure en réponse à l'attention que tu me porte soudain plus intensément que dans les minutes précédentes. Ton image pour Valcourt, et en retour Valcourt pour ton image. C'est un deal équitable. L'assurance me fait relever le menton, alors que je m'avance sur mon siège pour croiser mes bras sur la table et agiter mes doigts pour y dessiner un planning imaginaire. Comme je te l'ai dit, cela ne prendra qu'une journée. Le shooting se déroule le premier weekend d'octobre, nous partirions samedi matin par portoloin, nous serions de retour samedi soir. Ton image sera utilisé pour le lancement de la nouvelle collection qui se tiendra début novembre. Gary devrait d'ailleurs être présent ce jour là, puisque tout se déroule à l'intérieur de l'ambassade. Le décor y est particulièrement saisissant, comme tu peux t'en douter. Je délaisse la table pour affuter un sourire bref avant de clôturer mon joli discours. Ce sera l'occasion pour toi de le saluer, et de négocier un entretien privé. C'est un homme occupé, mais il ne sait vraisemblablement pas dire non à un dîner en bonne compagnie. Le nom Sørensen associé à celui de Valcourt ne pourra que lui donner l'envie d'en apprendre plus sur toi et tes objectifs de carrière. Gagnant, gagnant.

 

J'ai déjà la représentation en tête de nos deux silhouettes braquant un regard noble sur le monde. Aux yeux de tous, nous serons une entité. Gagnant, gagnant, Lyle. 

- Des questions ?

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J'ai marqué un point, n'est-ce pas ? C'est écrit sur ta figure. Le doute est né dans tes veines, s'insinue dans ton sang comme un poison. J'en éprouve une fierté toute personnelle. Je n'en montre rien, pourtant.

 

- Je ne m'en fais pas, je te rassure immédiatement, darling, les rumeurs sont la seule raison de ma présence à tes côtés. Je laisse se suspendre pourtant ces quelques mots qui pourraient prétendre du contraire. Je ne m'en fais pas, tu es un grande fille, pourrais-je avoir l'air de dire, si je n'élabore pas le fond de ma pensée.

 

Mes yeux t'observent avec une intensité terrible alors que tu t'explique, comme si cela pouvait subitement taire ces vilaines choses que l'on dit à ton sujet. Je n'en demandais pas tant, Alison. Je plisse le nez avec dégoût, à la mention d'expérience. Que crois-tu, ma belle, que tu n'es pas aux yeux de Sasha, une expérience toi-aussi ? Plutôt mourir que d'être l'essai d'un garçon aux doigts rustres qui s'empressera de raconter qu'il m'a ploter dans des placards à balais, merci bien. Je suppose que tu as du y perdre ta dignité, en même temps que ta virginité. Il me parait évident à présent que tu n'as été forcé à rien, et si c'est un pari que j'aurais volontiers gagné, je ne suis guère déçue d'en constater l'échec.

 

- Oh, je me réserve pour quelqu'un qui en vaudra l'expérience, j'assène brutalement, avec assurance. Je ne suis pas une catin comme toi, Alison. Je n'ai aucune envie de voir se répandre les on-dits qui sont parvenus à mes oreilles te concernant, avec mon nom à la place du tien. Je suppose que nous n'avons pas les mêmes attentes, en ce qui concerne les garçons. J'ai eu tort de m'inquiéter pour ces rumeurs. Tu n'as visiblement rien subi de ce que l'on ne raconte pas.

 

Je joue le rôle de la vexation. Quoi d'autre ? Je me suis après tout inquiétée pour une camarade, alors que cette dernière ne faisait qu'utiliser un sorcier pour ses petites expériences. Terrible, non ? C'est presque mieux à raconter que d'affirmer ce que je n'étais sans doute pas seule à m'imaginer tout bas. Alison Carter est ouverte à l'expérience, elle veut essayer des choses. Elle se sert des garçons, même de ceux qui ne parlent qu'à peine anglais, pour s'affuter les lèvres et devenir la meilleure suceuse de tout Poudlard. Non, vraiment je n'en attendais pas tant. Redressé sur mes souliers parfaitement cirés, mes lèvres rouges d'un gloss hors de prix, je détend mon regard vers le reste de la salle commune. Certains visages semblent comme en suspend d'un verdict quelconque. J'en reviens au tien, blanc et maquillé d'une manière que je considère grossière.

 

- En tous cas si tu sais ce que tu fais, tant mieux pour toi. J'avais peur que tu... enfin, c'est mieux que tu saches ce qui se raconte plutôt que de l'entende d'un mec lourdeau dans un couloir tu vois. Fais gaffe à toi. Mon sourire est de nouveau étiré de cette sollicitude incarnée.

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Salle commune de Serpentard, Vendredi 22 Septembre 2124

L'incrédulité se lit dans la courbure de mes sourcils parfaitement épilés alors qu'un rire manque de m'échapper devant ta réplique absurde. Le corps sacré des filles ? T'imagines-tu que je sors directement du siècle dernier ? Que, parce que je ne me suis pas offerte au premier venu, je n'ai pas la moindre expérience avec les garçons ? Grossière erreur. La différence entre toi et moi, c'est que mes expériences à moi se terrent dans des corridors luxueux desquelles elles ne s'échapperont jamais. L'on ne me prendrait pas à me laisser sauter par un garçon de Poudlard qui viendrait directement s'en féliciter haut et fort devant le reste de ses camarades. L'on ne me prendrait pas à devenir la source des rumeurs qui s'agitent autour de toi. Une grimace me fait plisser le nez de dégoût alors que tu me nommes par un surnom qui n'appartient jamais qu'à une catégorie de personnes. Celle qui s'enroule bêtement autour de mon petit doigt. J'ai pourtant un sourire de courtoisie qui s'étire pour laisser paraitre des dents immaculés.

 

- Oh. Je vois. Je n'avais pas vu les choses comme ça.

 

J'ai l'air de m'interroger sérieusement sur la question ? Regarde bien mon visage, Alison. Je suis Viviane Valcourt, je ne m'inquiète pas de telles trivialités à mon sujet. Le premier qui parle de moi d'une façon qui ne me plait guère se retrouve enterré sous un talon qui vaut le prix de sa garde-robe toute entière. Tu ne le savais pas ? Ma route est tracée devant moi avec des pavés d'or sur lesquels personne ne viendra porter son ombre. Ce doit être complexe d'évoluer dans les souliers d'une Carter. Ancienne riche. Fille d'une ancienne célébrité. Vouée à se contenter d'esquisser de vagues sentiers boueux dans le parc mal famé d'un Poudlard envahit depuis peu par une racaille de l'est sur laquelle se portent les pires rumeurs. J'ai un reniflement méprisant, que l'on pourrait aisément confondre avec un gloussement si l'on n'y prêtait pas attention. Je me penche un peu. Légèrement. Subtilement. Pour t'accorder quelques dernières secondes de ma précieuse attention.

 

- Je te rassure tout de même. Personne ne parle dans mon dos. Mais si un jour ça devait arriver, je suis sûre que tu aurais la gentillesse de m'en parler comme je viens de le faire.

 

Mon clin d'œil est absolument ravissant, mon sourire tragiquement étiré avec la sollicitude revenue au galop, que je viens d'élever au rang de monnaie d'échange. Sans plus de cérémonie, je claque deux baisers dans l'air, contre une joue puis l'autre, avant de t'abandonner là, mes souliers claquant derrière moi avec la fermeté d'une femme dont le corps serait, en fait, sacré, si on le regarde sous un certain angle. Mes cheveux rejetés vers l'arrière d'un simple geste alors que je passe devant quelques garçons qui semblent occupés à nous jeter des regards curieux, je plante mon regard sur Sarah en faisant mine d'oublier tout ce qui se passe autour de moi, lui intime d'un seul geste du menton de me suivre pour que nous montions dans les dortoirs. Je n'aurais plus un regard pour toi, Alison Carter, mais tu feras bientôt l'objet de rumeurs sans doute plus incisive que tu n'aurais pu l'imaginer. Peut-être aurait-il mieux fallu que ce Sasha te force la main pour que tu passe au moins pour la pauvre victime, tu ne crois pas ?

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

Ma cape d'obsidienne, maintenue fermée par une broche délicatement travaillée et marquée du sigil emblématique de Valcourt, ne dissimule que partiellement mon chemisier en organdi de soie ivoire, d'une légèreté éthérée - les poignets sont brodés de fils d'or fins. Noué autour de mon cou gracile, le foulard signature de la maison, en crêpe de soie enchantée d'un bleu nuit profond, dans lequel j'enfonce un menton glacé. Mon pantalon, taillée avec une précision parfaite dans une gabardine de laine noire, met en valeur ma silhouette élancée tout en me protégeant d'un automne qui se fait rigoureux. Du bout de mes bottines en cuir verni - réhaussées de délicats motifs gravés à l'aide d'un sortilège d'embossage -, je bute contre la pierre d'un muret dressé là et à demi tombé en ruines. 

Je suis en avance bien sûr. Je le suis toujours. À cette heure matinale, Pré-Au-Lard est complètement désert, et le froid semble avoir pris possession de chaque chose. Mon regard se dresse sur l'horizon, et alors que ma montre indique neuf-heure moins deux, je te vois remontant le sentier d'un pas assuré. Ta ponctualité, impeccable, n'a rien de bien surprenant. Ni en retard, ni en avance, tu arrives précisément à l'heure prévue. J'envie, quelque part, cette faculté que j'estime porutant tout à fait déraisonnable. Les imprévus sont si vite survenus que je préfère pallier à toute éventualité en me rendant à tous mes entretiens avec un minimum d'un quart d'heure d'avance. Tournée vers toi, je lève un menton fier, patiente jusqu'à ce que tu arrive à ma hauteur pour te saluer. Une main tendue, un sourire de courtoisie, un regard incisif sur ta tenue que je juge plutôt peu à la hauteur au vu de l'endroit où nous nous rendons.

 

- Lyle.

 

Je m'écarte pour révéler la pièce de cuivre qui fera œuvre de notre départ vers la France. Un portoloin réclamé des mois plus tôt par Papa, prévu pour neuf heures précise à cet endroit. Heure que nous avons atteint pratiquemment à la seconde où nous nous sommes serrés la main. Immédiatement donc, et d'un mouvement communs, nous touchons les bords de l'objet minuscule avant de nous faire happer par un crochet violent qui nous entraine à des kilomètres d'ici. Bien que j'ai l'habitude de ces méthodes de transport - barbares si on me demande mon avis -, j'en ressens toujours une profonde nausée. De la poche de mon pantalon, je tire une boîte métallique dont je tire une pastille sensée me faire recouvrir un semblant d'équilibre intérieur, et d'un geste je t'en propose une. Tu ne peux que les connaître. La boîte est refermée d'un claquement sec une fois la transaction effectuée, et je claque mes bottines sur un sol bétonné sans doute un peu triste. La météo est aussi grisonnante qu'elle ne l'était en Écosse, et il fait bien plus sombre du fait du décalage horaire. Ici, le soleil n'a pas fini de se lever.

 

- Voici l'ambassade. Nous allons être pris en charge tout de suite, nous rencontrerons mon père après le shooting. Ainsi que Gary, évidemment, j'ajoute en t'observant avec insistance. Les règles sont simples. Porte ce qu'on te demande de porter, obéis au photographe. Ce n'est pas un travail compliqué. En apparence, du moins. Le mannequinat a tendance à dissimuler ses mauvais côtés. L'obligation de bienséance, la nécessité d'être parfait en tout point, à tout instant. L'absurdité de demandes parfois étranges, qui vous font tenir des positions abominables pendant plusieurs minutes bien trop longues, parfois plusieurs heures. Si tu as des questions, je suppose que c'est maintenant qu'il faut les poser, j'ajoute en entamant l'ascension des marches.

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Viviane Valcourt

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- Qu'est-ce qu'une journée de travail, Lyle ? Mon ton condescendant devrait suffire à te rappeler ce pourquoi tu es là. Les conditions ont été posées dès le départ, on-ne-peut plus claires. Tu rencontres ton précieux piston dans les hautes sphères, ton corps est à la disposition de la marque. Une transaction vieille comme le monde, tu ne trouves pas ? Mon sourire est presque amusée lorsque je me tourne vers toi gracilement, te surplombant d'une marche. Ce sera terminé quand j'annoncerai que c'est terminé. Ah, oui, je ne te l'ai pas dit ? Ma satisfaction est primordiale aujourd'hui. C'est moi qui ai dessiné plus de la moitié des modèles, alors bien sûr on me lègue certaines responsabilités. Mais ne t'en fais pas, même si on doit faire des prises de vue en extérieure, on sera chouchouté. On est les stars du show ! Enfin. Moi plus que toi. Bref.

Si Gary doit passer pendant que tu t'étends sur un long sofa dans mon fabuleux boxer glamour, c'est la vie mon chéri.

L'intérieur de l'ambassade est prestigieux. Ornée de multiples moulures dorés, de boiseries en chêne foncé, d'un parquel ancien qui craque subtilement sous les pas, elle est immense. Des lustres en cristal ensorcelés sont suspendus au plafond, vertigineusement haut. Plusieurs tapisseries mouvantes parent les murs, représentant là le duel célèbre de Dary Levison contre le géant Ulrich, ou encore ici la rencontre qui aura scellé la première collaboration entre le ministre de la magie britannique, et celui de la France. Bien sûr, nous ne sommes pas laissés à nous-même dans ce décor imposant qui ne me fait finalement ni chaud ni froid.

 

- Poppy, darling ! Je feins l'enthousiasme comme personne. Papa m'a bien appris. La bise que j'offre à la directrice artistique Valcourt, que je sais arrivé là par son talent naturel pour le léchage de pompes, est purement aérienne. Mon regard ne demeure pas bien longtemps sur son visage, et c'est sans attendre mon camarade de tournage que je commence à m'avancer vers la pièce, en véritable propriétaire des lieux. Je suis cependant arrêté par ta main terrifié, et ton regard m'aurait échappé un rire s'il ne m'avait pas tiré une grimace de mépris. La lingerie, Lyle. Ce sont les articles que tu portes sous tes vêtements, au niveau de tes parties intimes ? Mon explication a tout de celle d'un professeur à un élève particulièrement lent, et j'esquisse un fin sourire indulgent avant de rejoindre Penelope. Gary est arrivé ?

 

L'effervescence de l'endroit est effroyable pour quiconque n'a jamais mis les pieds sur un plateau de shooting. Moindre qu'une scène moldue dans laquelle on aurait vu courir des fils d'un bord à l'autre de la pièce, on peut toutefois percevoir la présence de nombre de projecteurs enchantés qui flottent occasionnellement dans l'air, leur luminosité ajutée par quelques techniciens à la pointe de leur domaine. Les appareils, tous cernés de runes complexes qui leur permet de capturer les instants dans une qualité parfaite au visuel léché, sont déjà en place face à ce que l'on peut décemment supposer être le premier endroit dans lequel nous allons devoir nous installer, Lyle et moi.

- D'abord vous filez vous changer, Assia est là pour le maquillage et les enchantements corporels. On va commencer par la pièce maîtresse, évidemment.
- La robe caméléon. Oui, c'est ce que j'avais conseillé. Les sortilèges sont complexes, il faut profiter que les équipes soient au meilleur de leur forme.
- Exactement.
- Miss Valcourt.
- Bonjour, sourire polie, de circonstance. Baya, je suppose ? 
- Oui, Miss Valcourt. Est-ce que ça vous ennuie si je commence par votre collègue ?
- Pourquoi n'a t-on qu'une maquilleuse ? Cordial mais ferme. Mon regard perçant se tourne vers une Penelope soudainement tendue.
- La... Nous en avons deux. L'autre ne devrait pas tarder. Un problème de transport apparem...
- Je vois.
- Elle sera là bientôt, Miss Valcourt.
- J'espère pour elle.

Je m'installe dans le siège qui jouxte celui sur lequel est inscrit le nom de Sørensen en toutes lettres, croise une jambe sur l'autre avant de rencontrer mes yeux dans le miroir.

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Un soupir m'échappe alors que l'enchantement de ma robe caméléon se réajuste sous les doigts experts de la couturière, modifiant subtilement les nuances du tissu en fonction de la lumière. Un bleu nuit profond, aux reflets mordorés sous certains angles, qui glisse sur ma silhouette comme une seconde peau. Sublime. Évidemment. Ma main gantée s’élève avec une nonchalance étudiée, venant effleurer mon propre reflet dans le miroir, tandis qu’une assistante ajuste l'attache délicate d'une manche. Dans mon dos, j'entends des bribes du drame qui se joue de l’autre côté des rideaux.


Il faut bien qu'on ajuste tous les détails au plus près du corps.


Je ne peux retenir un sourire amusé. Pauvre Lyle. Voilà que tu découvres, sans doute pour la première fois de ta vie, le concept même de l’inconfort social. Qu’est-ce qui est plus humiliant que de se tenir en sous-vêtements devant une équipe de stylistes aux mines cliniques ? Absolument rien.

D’un pas gracile, je m’éloigne du miroir et quitte ma cabine, laissant dans mon sillage un parfum luxueux de bergamote et de lys blanc. La scène qui se joue devant moi est aussi délicieuse que je l’espérais : Lyle Sørensen, bras croisés, crispé dans une tentative dérisoire de préserver sa dignité, encerclé par deux femmes aux mines bien trop professionnelles pour qu’il ose les envoyer promener.


Un ravissement.
 

- Vous êtes adorables, dis-je en arrivant dans l'encadrement des rideaux, ma silhouette parfaitement mise en valeur par l’éclairage flatteur de la cabine. Mais vous risquez d’attendre longtemps.
 

Tu relèves les yeux vers moi avec une expression mi-exaspérée, mi-désespérée. Mes doigts se posent sur ma hanche, et mon regard glisse sur toi comme une créatrice jaugerait une ébauche prometteuse mais inachevée.
 

- Oh, mais tu es tendu, darling. C’est donc la première fois que tu enlèves ta chemise devant des inconnues ? C’est fascinant. Mon sourire s’étire, incisif. Voyons, Lyle, il va bien falloir que tu t’y fasses. C’est la norme dans ce genre d’environnement. À moins que tu préfères que je reste pour te superviser personnellement ?


Je papillonne des cils, faussement ingénue, sachant pertinemment qu’il préférerait mille fois être réduit en cendres par un Feudeymon plutôt que d’accepter cette offre perfide. Puis, haussant légèrement une épaule, je décide de l’achever.
 

- Après tout, j’ai moi-même été contrainte de supporter l’impudeur d’un shooting en lingerie il y a quelques mois. Crois-moi, tu t’en remettras. Mieux encore, ça pourrait même donner un peu de vitalité à ton allure froide et inabordable. Un silence. Ne me regarde pas comme ça, Lyle. Je t’offre une leçon précieuse aujourd’hui. Être un Sørensen ne te protégera pas toujours du regard des autres. 

Puis, d’un geste aérien de la main, je tourne les talons avec une élégance naturelle, mon sourire flottant comme un vestige triomphant.
 

- Allez, mesdames, ne lui laissez pas trop de répit. J’aimerais que ce shooting démarre avant le coucher du soleil.
 

Et sans plus attendre, je quitte la cabine, te laissant derrière moi évaluer les différentes manières de m’étrangler dans mon sommeil.

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Familière de l'orchestre Valcourt, je suis en place avant même que n'en parvienne l'ordre. Mon entrée ne pourra être que remarquable. À l'image de ma personne. Immédiatement mon regard se porte sur toi. Tu es nerveux. Je le vois. Je veux le voir. Tu crispes tes doigts sur ta coupe, et moi, je guette le moindre tremblement. Pourquoi ? Pourquoi cette tension dans tes épaules, cette manière de serrer la mâchoire, ce regard qui cherche à s’accrocher quelque part sans jamais trouver d’ancrage ? Est-ce le shooting ? Les projecteurs ? Est-ce moi ? C’est moi, n’est-ce pas ? L’idée me plaît. M’effleure. M’enivre. Je devrais m’en contenter. Mais non. Je veux plus. Alors j’avance. Lentement. La robe glisse sur ma peau, je sens son poids, son éclat, son rôle. Je suis la robe. Je suis ce qu’ils veulent voir. Je suis ce tu dois voir. Tu me regardes, Sørensen ?

J’espère bien.

Je prends place contre toi, et je veux croire que c’est la chose la plus naturelle au monde. Que ce n’est rien. Je n'ai jamais été si proche d'un garçon, pas comme ça. Je te sens. Ta chaleur à travers le tissu. Ton souffle, là, tout près. Je tends la main vers la coupe, et je guette. Ce tremblement, furtif. À peine visible. Mais il est là. C’est moi. C’est bien moi qui te fais ça. Je devrais être satisfaite. Je le suis. Alors pourquoi ai-je aussi l’impression que je n’arrive plus à respirer ? Je détourne le regard. Reprend mon rôle à la perfection pour mieux me distraire. Bois une gorgée de champagne. Le monde appartient à celui qui prétend le mieux le connaitre, dis toujours Papa. Alors bien sûr, je me dois de prétendre. Je suis la force inquisitrice de ce jour. La pierre angulaire des créations qui nous couvrent à peine le corps.  Je suis Viviane Valcourt. J'ai déjà posé pour des magasines, j'ai déjà fait la une de la presse, mon visage est apparue en trois par deux dans le réseau magique de Paris. Je n'ai peur de rien. Mais voilà. Tu es là. Vraiment là. Ce n’est pas du bluff, pas du théâtre, pas du paraître. Ça me dérange. Tu me déranges, Lyle Sørensen.


Alors je fais ce que je sais faire de mieux. Je reprends le contrôle.


Un sourire. Un angle précis. Une mise en scène parfaite.
 

- Tu sais, Sørensen, c’est fascinant…
 

Le silence est voulu. Calculé. Il te force à m’écouter.
 

- Certaines personnes sont faites pour être des ombres, d’autres pour briller.
 

Je lève ma coupe.
 

- À ta discrétion.
 

Je termine mon verre d’un seul trait. Le champagne est glacé. Mais pas assez pour calmer cette chaleur qui me brûle la peau. Les flashes s'éternisent, puis la fin de la scène est annoncée, et je m'élève presque brusquement.

- Le plus dur est derrière toi Lyle, j'annonce avec condescendance.

À présent, il s'agissait de s'habiller et de reprendre des postures normales, dans des accoutrements complexes qui nous couvriraient davantage que ce que nous portions sur le dos. Esquivant ton regard, je m'échappe en loge avec un pas dramatique, prétendant m'inquiéter de l'alignement des textures du prochain vêtement.