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"Aldebert Wickerson ?" "C'est à côté."

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Accueil En dehors du Château Royaume Uni [Terminé] "Aldebert Wickerson ?" "C'est à côté."
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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

Il reste con, Aldebert. C'est-à-dire qu'il le sait, que Balthazar Grimfire est pas le couteau le plus affuté du tiroir. C'est même un fait plutôt évident pour tout le monde parmi le personnel de Poudlard. Mais quand même. Il pensait pas à ce point. Ça le prend complètement de court de voir l'adolescent se mettre à courir après sa mère imaginaire dans le cimetière avant de sauter sur sa planche en vu de la retrouver à la maison. Inutilement, sa bouche s'ouvre et se referme à la manière d'un poisson carpe. C'est alors que Grimfire disparait derrière la grille du cimetière que l'astronome se met en branle.

Non sans marmonner quelques jurons bien sentis dans une barbe aussi imaginaire que le fantôme de Laïka Grimfire.

Les longues jambes élancées avec une fougue certaine, l'homme ne tarde pas à atteindre la sortie, et son regard se perche sur la silhouette lointaine de l'adolescent. Perché sur un skate dans son état, il n'y a pas mille manières dont tout ça peut se terminer. Majoritairement sans les dents. Aldebert guette les alentours avant de transplaner dans un craquement sonore pour écourter la distance le séparant du bougre. D'un geste il se décide à formuler un sortilège de sobriété. Mieux vaut ça qu'attirer sur lui l'attention des quelques moldus qu'il aperçoit désormais au bout de la rue.

Le pas pressé, l'agacement étalé sur un visage aux traits définitivement plissés, Aldebert reprend alors sa route. Sa baguette a retrouvé sa place dans la poche intérieure de son veston, et ses mains enfoncées dans ses poches, il maugréé tout au long du trajet qui le sépare de la demeure Grimfire. Ladite demeure est perchée au sommet d'une librairie à l'ancienne, l'enseigne frappée de vieux lettrages en or probablement peints à la main. La vision provoque la halte de Wickerson, dont le regard épouse chaque recoin du bâtiment outrageusement familier. Laïka Grimfire. La fucking libraire. 

La rencontre avait été mémorable. Dans sa tête il avait fini par la rebaptiser la fille aux livres parce qu'il était infoutu de se souvenir de son prénom. En réalité, elle lui avait jamais dit. Elle avait commencé par l'engueuler parce qu'il mettait des traces de boues sur son plancher. Elle avait un regard vif. Une force de caractère assez folle. Aldebert en était vaguement tombé amoureux. À l'époque, Aldebert tombait amoureux fort facilement. Jamais bien longtemps, non plus. Pas assez pour ne pas quitter l'endroit dès l'affaire accompli pour continuer sa vie sans jamais se retourner. Pas assez pour demander à la fille aux livres comment elle s'appelait.

- Bordel.

Le murmure s'éclate sur le bitume, se répand dans le caniveau. Il en aurait presque la gerbe. On a beau lui avoir confirmé avec des foutus tests, c'est que maintenant que ça devient réel. Aldebert conduit le regard sur la porte entrouverte. Grimfire est à l'intérieur, et il l'imagine déjà beugler Maman dans tous les sens comme le dernier des débiles. Il arrive pas à le juger pour autant. Parce que maintenant il voit le visage de Laïka Grimfire, son corps entier déployé dans l'encadrement de la porte, bras croisés, qui le regarde de haut en bas en l'assassinant du regard.

Le visage dressé vers des étoiles qu'il ne peut pour l'heure que deviner, Aldebert se force à avancer pour pénétrer l'endroit, grimper les escaliers menant vers ce qu'il sait être l'appartement des Grimfire. L'endroit est exigü, mais pittoresque. Un parfait pied à terre Edimbourgeois, pas grandement différent de ce qu'il habitait à l'époque avec sa propre mère. Aldebert se racle la gorge avant d'entrer dans la pièce principal, ou il trouve un Balthazar décidément silencieux. Silencieux de n'avoir rien trouvé entre les murs de son enfance. Silencieux d'avoir perdu sa mère une seconde fois dans la même semaine. Merde.

- Seuls les sorciers peuvent décider de devenir des fantômes Monsieur Grimfire, il se contente d'annoncer d'une voix neutre.

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Balthazar Grimfire

15 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Membre actif de la bêta - merci !
Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

Il se rend même pas vraiment compte qu'il est plus bourré, totalement obnubilé qu'il est par le fait d'atteindre la maison dans laquelle il a toujours vécu au plus vite. Sa semelle bat le bitume à toute allure, tandis que les roulements de son skate semblent faire un bruit assourdissant. Il faut qu'il arrive. Il sait pas trop combien de temps ça lui prend. Longtemps, c'était pas la porte à côté. Il est totalement en sueur quand il ouvre la porte de la librairie. L'odeur familière des pages et du bois le frappe, comme un coup en plein coeur, tellement c'est l'odeur de sa mère. Mais il s'arrête pas, il traverse les rayonnages jusqu'au fond, la porte vers la réserve, et les escaliers.

 

Le bois grince, comme il l'a toujours fait, mais dans un silence si lourd et si pesant que ça lui affaisse les épaules. Il lâche sa planche et son énorme sac en arrivant à l'étage, directement dans le salon. Le canapé. Celui-là même où elle est mort. Et il est toujours vide. 

 

- M'MAN ! M'MAAAAN ! J'suis là m'man ! J'suis rentré ! qu'il gueule à plein poumons, incapable d'abandonner ce dernier espoir alors même que l'évidence est sous ses yeux tandis qu'il ouvre chaque porte une par une.

 

Et ça va vite. Il n'y a que deux chambre, la cuisine et la salle de bain en plus du salon. Et toujours ce foutu silence. Cette immobilisme total. Y'a rien d'autre que lui dans cette maison. Y'a rien d'autre que lui, et son coeur aussi vide que les petites pièces. L'odeur de renfermé qu'il n'y avait jamais quand sa mère était là. Une légère couche de poussière qui commence à se déposer, qu'elle n'aurait jamais laissé apparaître. Un désordre qu'il avait mis, qu'elle n'a jamais eu l'occasion de ranger. Tout hurle qu'elle n'est pas là, et qu'elle n'y sera plus jamais. Et lui, il hurle plus qu'à l'intérieur tellement ça lui fait mal. 

 

Il sait même pas où se foutre. Comme si c'était plus chez lui, sans elle. Il a plus de chez lui. Il s'en fout, du toit et des murs. C'est d'elle qu'il a besoin. De son rire quand il raconte une connerie. De ses sourcils qui se froncent quand elle sait qu'il lui ment. Des soirées devant la télé, à refaire les répliques de films qu'ils ont déjà vu un milliard de fois avec des airs bien trop sérieux mais un jeu d'acteur complètement éclaté. Au lieu de quoi il pose son regard sur Wickerson.

 

- J'sais.

 

Parce que c'est le genre de trucs que même lui il sait. N'empêche qu'il y a toujours une première fois avant qu'un truc arrive pour de bon, et que ça aurait pu être la première cracmole fantôme. Il aurait accepté ça. Sans aucun souci. Mais non. Il doit accepter la boule dans sa gorge trop grosse pour être ravalée. La douleur de la perte qui frappe comme un ras-de-marée. Et pour la première fois depuis qu'elle est plus là, les larmes qui dévalent ses joues. Il s'effondre par terre, au pied du canapé. 

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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
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Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

Merde. Il est pas équipé pour ça. Y a des gens équipés pour ça ? Sans doute pas. Personne est équipé pour ça. La réplique a l'air d'avoir enfoncé une pointe quelque part dans le fond de sa gorge, il décide. Parce qu'il arrive plus à parler, Aldebert. Il arrive plus très bien à respirer non plus. Ça fait ça de voir un humain s'effondrer sous ses yeux. Parce que y a pas d'autre mot pour ce qu'est en train de se passer. Balthazar est prostré sur le seul, en train de subir une peine qu'Aldebert est pas certain d'avoir jamais vécu. Un truc qui prend tellement aux tripes qu'on préfèrerait crever. C'est physiquement douloureux de le regarder. Curieusement pourtant, il arrive pas à détourner le regard. Les secondes s'écoulent sans qu'il parvienne à bouger même d'un millimètre. C'est absurde. Stupide. Le truc c'est qu'il a aucune idée ni de quoi faire, ni de quoi dire. Il s'imagine bêtement Laïka Grimfire quelque part dans un coin de la pièce qui les regarde. Ça forge une boule énorme de culpabilité qui lui bousille les entrailles en quelques instants.

- Balthazar, il s'entend dire. Balthazar relevez-vous mon garçon.

Il sait pas vraiment pourquoi, ça parait important. De pas laisser l'adolescent ainsi prostré sur le sol. Sa voix lui est étrangère. Comme bloquée dans le fond de sa gorge. Cette foutue pointe, voyez. Ses yeux sont embués. Il ne l'avait pas réalisé. Posté au-dessus du garçon, Aldebert a une main qui lui tient l'épaule, l'autre bêtement suspendue dans le vide. Puis il se met en action, force Balthazar a se redresser, à s'assoir dans le canapé.

- Là. Là.

L'adolescent est secoué de sanglots violents. Son regard vitreux est comme mort, par instant, et Aldebert essaie de chasser l'idée d'une inspiration vaine. Assis aux côtés de Balthazar, il se trouve démunie aussitôt qu'il a cessé de s'agiter pour redresser l'adolescent et l'installer dans le canapé. Maintenant quoi ? Maintenant rien. Alors il patiente. Renifle discrètement alors que son regard coulisse sur le décor simpliste de l'endroit. Il reconnait chaque meuble. La porte menant à la chambre. Bordel. Les minutes s'écoulent à leur tour, plus pernicieuses que des secondes encore. Elles instaurent un silence étrange et désarticulé. Brutal, finalement. À vous dévorer la poitrine et tout ce qui pourrait se trouver à l'intérieur. Le silence s'étend encore, tel un détraqueur qui aurait aspiré leurs âmes, les aurait lentement digérés. Parfois, Aldebert le déjoue d'un raclement de gorge, mais ça n'y fait rien. Il se sent presque étouffer sur place. Mais là encore il ne dit rien. Il n'y a rien à dire.

Il ne peut qu'être là, comme il n'a jamais été là. Aussi fugueur soit-il d'une quelconque sédentarisation, Aldebert demeure. Figé dans un canapé usé, sous les lueurs vacillantes d'ampoules poussiéreuses et fatiguées. Il ne pourrait pas bouger même s'il le voulait.

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