Harry Potter RPG
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Le poids du silence

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Rowan Murray

Guérisseur-en-Chef du Service d'Empoisonnements par Potions et Plantes 30 ans Sang-Pur Britannique Notoriété

Castelobruxo
Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Lorsqu’iel poussa la porte d’Ollivanders, un tintement cristallin s’éleva, fragile, suspendu dans l’air comme un écho du passé. Le bruit se répercuta un instant entre les rayonnages serrés avant de mourir dans un silence feutré, presque respectueux. Une odeur épaisse l’enveloppa aussitôt, mélange de bois ancien, de cire oubliée et de quelque chose d’indéfinissable – une trace de magie figée dans le grain des étagères, incrustée dans la poussière qui s’accrochait aux boîtes empilées. L’air lui-même paraissait dense, alourdi par des siècles de chuchotements et d’attente.

 

Rowan hésita sur le seuil, sa silhouette encadrée par la lumière grise de l’extérieur. Un frisson imperceptible lui remonta l’échine, mais ce n’était pas le froid. C’était ce poids étrange, cette impression de vacillement intérieur qui le suivait depuis des semaines. Iel avança d’un pas, et le plancher grinça sous ses bottes en cuir, protestation discrète d’un lieu qui avait appris à reconnaître ses visiteurs.

 

Aon reposait dans sa paume, inerte. Un vestige familier devenu étranger. Le bois de sorbier, autrefois vibrant sous ses doigts, était désormais tiède, comme assoupi. Plus d’écho rassurant, plus de frisson discret courant le long de son bras. Seulement un silence creux, un vide entre elle et lui. Rowan la fit rouler entre ses doigts, et le tintement de ses bagues contre le manche résonna comme une note fausse dans le sanctuaire des baguettes.

 

Iel ferma brièvement les yeux. Longtemps, cette baguette avait été une évidence, une extension naturelle de son être. Un fil invisible les liait, un murmure entrelacé à sa magie. Et maintenant ? Le fil s’effilochait, ténu, fragile.

 

Les premiers signes avaient été subtils – un Lumos hésitant, un sort de soin vacillant au moment critique. Des détails que l’on met sur le compte de la fatigue. Puis étaient venues les hésitations, les sortilèges qui semblaient réticents, qui réclamaient une volonté plus farouche pour s’exécuter. Et hier… Hier, à Sainte-Mangouste, lorsqu’iel avait voulu stabiliser un patient, iel avait senti la résistance. Comme si la baguette s’ancrait dans sa paume au lieu de couler avec lui. Comme si elle exigeait un effort conscient pour un geste autrefois instinctif.

 

Rowan rouvrit les yeux. Devant lui, les ombres s’étiraient entre les rayonnages, et les boîtes empilées semblaient le scruter en silence. Chaque baguette ici portait une histoire, une résonance unique avec celui ou celle qui la maniait. La sienne… Était-elle en train de lui échapper ?

 

Un soupir lui échappa, léger comme un fil de fumée. Ses pensées dérivèrent vers Castelobruxo, la moiteur verte de la forêt, la pulsation de la magie qui s’insinuait jusque dans l’air et les os. Là-bas, iel n’avait jamais douté. La magie se déployait comme un fleuve, fluide et indomptable, et son Aon s’accordait à ce flot sans effort. Ici, tout était plus rigide, taillé dans la pierre et la tradition.

Et si elle aussi avait le mal du pays ?

Ou bien… était-ce lui ?

 

L’idée lui serra la gorge. Iel repensa à l’Occlumencie, à cette muraille intérieure patiemment construite au fil des années. Protection nécessaire, oui, mais aussi isolement. À force de verrouiller son esprit, avait-iel fini par s’éloigner d’elle ? Avait-iel trop coupé le lien ?

Ses doigts se crispèrent sur le bois poli. L’espace d’un instant, iel crut percevoir un écho, infime, une résistance qui n’était ni acceptation ni rejet, juste une attente muette.

Un craquement discret s’éleva de l’arrière-boutique, mais Rowan ne détourna pas le regard de sa baguette.

Iel n’était pas venu.e chercher une nouvelle baguette.

Iel était venu.e retrouver la sienne.

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Leslie Harrison

Ollivander’s - Fabriquant de Baguettes Magiques 30 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Le silence était absurde. Leslie ne le remarquait pas. Prise dans la monotonie d'un travail minutieux, pratiquement chirurgical, Leslie l'épousait même, ce silence. D'une respiration suspendue. D'un regard acéré surplombant les poussières figées dans l'air au-dessus de ses doigts. La plume vient s'insérer avec une délicatesse insoupçonné tandis que dans des murmures psalmodiés Leslie refermait l'interstice avec la même application qu'une couturière. Les runes s'injectaient en dorures brillantes pour disparaitre aussitôt. C'est le tintement discret de la porte d'entrée qui vient rompre l'instant. Leslie redresse la tête brièvement, installe la baguette sur un support prévu à cet effet avant de s'étirer le cou d'un côté et d'un autre. D'une caresse distraite elle effleure le bois qu'elle vient de travailler jusqu'à la souche. Elle se lève de son siège, et ses quelques pas sur le planche de l'arrière boutique font survenir un craquement subtil.

- J'arrive ! Elle annonce, sachant pertinemment qu'elle est seule aujourd'hui pour gérer la boutique. Un instant !

Ses outils sont rangés en quelques gestes de poignets précis, lévitent pour ici s'accrocher contre le flanc d'un plan de travail, là s'étirer le long d'un mur. Leslie est quelqu'un d'organisé. Chaque chose a sa place propre. Elle ne laisse jamais un chantier en suspens. Son père lui appris à toujours garder un espace bien rangé. Pour éviter les incidents, Lili. Mais aussi pour que ce soit rangé là-dedans ! Il martelait toujours sa tempe de son index énorme, le pressant contre son crane comme s'il pouvait y forer parmi tous ses secrets. Des secrets qui, aujourd'hui, semblaient inateignables même par lui. Leslie replace les mèches de ses cheveux sur sa tête, rajuste son tablier comme par réflexe, s'extirpe finalement de la pièce exigüe pour gagner le comptoir. Son sourire est immédiat, travaillé par l'habitude, mais brutalement sincère. Les mains ramassées sur le dessus du comptoir, elle note immédiatement l'obsession du client pour sa baguette, qui semble au cœur de sa venue dans la boutique. Quoi d'autre, de toute manière ?

- Bonjour ! Qu'est-ce que je peux faire pour vous aider aujourd'hui ?

Le ton de sa voix est doux, contraste étrangement avec un regard incisif qui semble s'affaisser encore sur l'instrument de son client :

- Un problème avec votre baguette ?

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Rowan Murray

Guérisseur-en-Chef du Service d'Empoisonnements par Potions et Plantes 30 ans Sang-Pur Britannique Notoriété

Castelobruxo
Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Rowan se tenait immobile dans la boutique, enveloppé par le silence et l'odeur du bois ancien. Le tintement cristallin de la porte d'entrée résonnait encore faiblement, comme un écho lointain. Les ombres des étagères s'étiraient autour de lui, et chaque baguette semblait murmurer des histoires oubliées.

 

Ses doigts, ornés de bagues, serraient Aon, la baguette de sorbier, autrefois vibrante de magie. À présent, elle reposait inerte dans sa paume, le bois tiède et silencieux. Rowan ferma les yeux un instant, cherchant à retrouver cette connexion perdue, ce fil invisible qui les avait toujours liés. Mais il ne sentait qu'un vide, un écho creux là où la magie aurait dû pulser.

 

Rowan rouvrit les yeux, croisant le regard de la sorcière. Il prit une profonde inspiration, cherchant les mots justes pour exprimer ce qui le tourmentait.

— Bonjour. Oui. Ce n'est pas un simple dysfonctionnement, commença-t-il, la voix teintée d'une hésitation inhabituelle. C'est comme si... comme si elle et moi avions perdu notre harmonie.

Il marqua une pause, ses pensées dérivant vers les moments où la magie coulait naturellement entre eux, comme une danse parfaitement synchronisée. 

 

 Ces moments semblaient désormais appartenir à un passé lointain.

— C'est difficile à expliquer, reprit-il, c'est comme si elle ne répondait plus à mes intentions. Les sorts sont... hésitants, réticents. Rowan baissa les yeux vers Aon, la faisant rouler entre ses doigts. Le bois, autrefois si réactif, semblait maintenant indifférent à son toucher.

— J'ai l'impression qu'elle s'éloigne de moi, murmura-t-il. Comme si le lien entre nous s'effilochait. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?

 

Il releva les yeux vers la commerçante, cherchant dans son regard un signe de compréhension. Il n'était pas du genre à se confier facilement, mais la situation le dépassait.

— Je suis venu comprendre pourquoi ce lien s'est abîmé, et comment le réparer. Vous pouvez m'aider ?

Dans l'ambiance boisée de la boutique, les ombres semblaient murmurer des encouragements, les baguettes alignées sur les étagères semblaient veiller sur lui, témoins silencieux de sa quête. Ou du moins était-ce ce qu'il espérait, car il fallait pouvoir soigner Aon. Rowan soupira.

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Leslie Harrison

Ollivander’s - Fabriquant de Baguettes Magiques 30 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
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Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Le silence s’étire à peine un instant alors que Leslie observe la baguette, sans la toucher immédiatement. Elle écoute. Pas uniquement les mots de l’homme en face d’elle, mais aussi les signes discrets que donne l’objet lui-même. Un lien brisé. Une baguette réticente. Elle a déjà entendu ces symptômes, mais chaque cas est unique. Et chaque baguette, comme chaque sorcier, possède une histoire propre. 

- Je vois. Les baguettes ne sont pas que des outils, vous le savez. Elles sont un prolongement de nous-mêmes. Si votre baguette ne vous répond plus comme avant, c’est qu’un déséquilibre s’est créé quelque part. Il peut venir de la baguette, bien sûr… mais il peut aussi venir de vous. Parfois, nous changeons sans même nous en rendre compte. Ce que nous étions quand nous avons reçu notre baguette n’est pas toujours ce que nous sommes aujourd’hui. Cela arrive plus souvent qu’on ne le croit.

Elle tend la main, paume ouverte, pour recevoir la baguette. Pas d’empressement. Elle attend que le client la lui donne volontairement. Lorsqu’elle referme ses doigts dessus, son pouce glisse légèrement sur la surface du bois, analysant sa texture, sa densité, son grain. Un bois nerveux, qui vibre d’une énergie subtile mais contenue. Du sorbier, probablement. Son regard glisse sur la longueur. Assez longue, légèrement souple. Une belle facture :
 

- D’où vient-elle ? demande-t-elle d’un ton calme et professionnel.

Les fabricants étaient rares, leur marque unique mais pas toujours reconnaissable. Leslie devait bien admettre que cette création-ci l'intriguait par sa singularité. Elle tourne légèrement la baguette entre ses doigts, testant son équilibre. Son regard, précis et concentré, ne quitte pas l’objet, comme si elle le lisait à même le bois.
 

- Quand avez-vous remarqué les premiers signes de rupture ? Vous diriez que c'était progressif, ou plutôt soudain ? Peut-être qu'il y a eu un évènement particulier... ?
 

Une baguette qui change de comportement peut réagir à une transformation intérieure du sorcier, mais aussi à une usure du cœur magique, une exposition prolongée à certaines magies, ou même un choc physique qui aurait affecté son équilibre. Elle tient la baguette légèrement éloignée de son propre corps, comme pour ne pas interférer avec son énergie. Elle ne saute pas aux conclusions. Elle veut des faits. Parce qu’une baguette n’est pas qu’un outil. C’est une alchimie.

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Rowan Murray

Guérisseur-en-Chef du Service d'Empoisonnements par Potions et Plantes 30 ans Sang-Pur Britannique Notoriété

Castelobruxo
Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Rowan sentit le poids de ses propres mots flotter un instant entre eux, suspendu dans l’air parfumé de résine et de parchemin. Iel observa la commerçante en silence, suivant son regard posé sur Aon. Une tension sourde s’enroulait autour de son estomac, semblable à un fil tiré trop loin, prêt à rompre.

 

Quand elle tendit la main, Rowan hésita avant de céder la baguette. Dès que le bois quitta sa paume, une étrange absence s’y installa, froide et persistante, comme si Aon n’avait jamais vraiment été sienne. Iel referma les doigts dans un réflexe inconscient, cherchant une chaleur qui n’y était plus.

 

Iel humecta ses lèvres, suivant le moindre mouvement de la commerçante. Chaque geste avait une précision mesurée, une attention minutieuse qui rendait l’attente presque insoutenable. Rowan s’était souvent demandé si les artisans de baguettes percevaient en elles des frémissements imperceptibles aux autres. Peut-être était-ce pour cela qu’iel redoutait tant ce moment.

 

Les questions tombèrent, rythmées, précises.

 

— Elle vient de São Paulo, répondit-iel à mi-voix. Un artisan local. Sorbier, corne de basilic, vingt-huit centimètres.

Les mots déclenchèrent un flot d’images : la lumière tamisée filtrant à travers la canopée, l’odeur des copeaux de bois, la pression rassurante de la baguette entre ses doigts. Tout semblait si évident à cette époque. Fluide. Comme si la magie n'était qu'une extension de son être.

Aujourd’hui, Aon gisait inerte entre des mains étrangères, et cette évidence lui échappait.

 

— Ç'a commencé il y a quelques mois, admit-iel. Au début, c’était infime. Une latence imperceptible. Puis les sorts ont perdu en fluidité. Comme si… elle doutait de moi.

Le mot s’échappa avant qu’iel ne puisse le retenir. L’entendre à voix haute fut un choc. Rowan baissa les yeux, son pouce glissant machinalement sur une bague en argent terni. Iel avait toujours cru ce lien indéfectible. Et pourtant, il était là, à chercher une explication à ce qu’iel n’aurait jamais imaginé possible.

 

— Il n’y a pas eu d’accident, ajouta-t-iel plus bas. Pas de choc, pas d’altération visible. Juste… une distance.

Comme une note dissonante dans une mélodie autrefois parfaite.

 

Iel inspira profondément, relevant lentement les yeux. Chaque mot alourdissait l’inquiétude tapie sous sa peau, un poison lent qui gagnait du terrain. Mais la question qui lui brûlait les lèvres finit par franchir la barrière de sa prudence.

— Est-ce… réversible 

Le mot lui-même sembla suspendu dans l’air, incertain, une prière murmurée à l’inconnu.

 

La boutique retenait son souffle avec lui. Les lanternes vacillaient doucement, projetant sur les étagères d’innombrables ombres mouvantes. L’odeur du bois ancien, mêlée aux effluves de cire et d’herbes séchées, formait un cocon à la fois apaisant et oppressant.

 

Iel ferma les yeux un instant. La première fois qu’iel avait tenu Aon, la certitude inébranlable qui avait embrasé sa poitrine. Rien ne paraissait impossible, alors.

Aujourd’hui, cette flamme vacillait.

 

Iel rouvrit les yeux, cherchant dans le regard de la sorcière une réponse qui ne viendrait peut-être pas. Mais une décision prenait forme au creux de son souffle. Si ce lien pouvait être réparé, iel ferait tout pour le retrouver. Si ce n’était pas le cas… iel devrait, un jour, avoir le courage de lâcher prise.

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Leslie Harrison

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Deb
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Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Les informations tombent. Précises, claires. São Paulo. Un artisan local. Sorbier, corne de basilic, vingt-huit centimètres. Leslie ne laisse paraître aucune réaction immédiate, mais dans son esprit, les rouages tournent déjà. Une baguette issue d’un artisanat différent, hors du circuit traditionnel britannique. Elle fait tourner lentement la baguette entre ses doigts, testant sa densité, la manière dont elle capte la lumière. Le bois est nerveux, comme elle l’avait deviné, mais le cœur en corne de basilic l’intrigue. Un matériau rare, peu utilisé dans les baguettes européennes.
 

- Le sorbier est un bois de loyauté et de protection, commente-t-elle à voix basse, plus pour elle-même que pour son client. Un bois qui lie profondément son porteur… Mais la corne de basilic, c’est autre chose. Elle marque une pause, son regard analytique. C’est un cœur capricieux. Extrêmement réactif, mais instable si le sorcier change plus vite que la baguette ne peut s’y adapter.
 

Elle repose la baguette sur le comptoir, du bout des doigts.
 

- Votre lien n’est pas brisé. Il est en tension. Son ton est posé, précis. Pas de réponses toutes faites, pas de faux espoirs. Juste des faits tangibles, des possibilités à explorer. Vous dites qu’elle doute de vous, reprend-elle lentement. C’est une bonne manière de le formuler. Les baguettes sont des catalyseurs, mais elles répondent aussi à ce que nous sommes, consciemment ou non. Vous avez changé. Peut-être pas en apparence, mais en profondeur. Quelque chose en vous ne vibre plus à la même fréquence qu’avant.


Elle croise les bras, réfléchissant. La corne de basilic est un cœur agressif, connu pour favoriser les sorts offensifs et les transformations profondes. Un tel matériau réagit au tempérament du sorcier… et parfois, s’y oppose.

- Quand vous l’avez obtenue, vous souvenez-vous de ce que vous ressentiez ? Étiez-vous dans un état d’esprit différent ? Un objectif précis en tête ?

Elle ne force pas la question, mais l’invite à creuser plus loin que le simple constat d’une perte de lien. Puis vient la question suspendue. Est-ce réversible ? Leslie laisse planer un court silence. Elle n’est pas du genre à enjoliver la réalité. Mais elle n’est pas cruelle non plus.

- Ça dépend. Ses doigts tapotent le bois du comptoir, une seconde de réflexion avant d’ajouter : si la rupture était totale, vous n’auriez déjà plus accès à sa magie du tout. Là, elle hésite. Ce n’est pas une fin, c’est un avertissement. Il y a des choses à essayer avant d’envisager une séparation définitive.


Son regard se pose sur le sorcier. Elle jauge autant l’individu que la situation.
 

- Je peux examiner votre baguette plus en détail, tester son équilibre magique, vérifier si quelque chose dans sa structure a changé. Mais je ne peux pas la forcer à vous répondre. La seule vraie question, c’est : êtes-vous prêt à aller au bout du processus ? À chercher pourquoi elle hésite… même si la réponse ne vous plaît pas ?

Elle n’attend pas une réponse immédiate. Elle sait que ce genre de réflexion demande un moment d’acceptation. Dans un geste précis, elle saisit sa baguette et trace un mince cercle lumineux au-dessus de l'instrument. Une simple lecture d’aura, première étape avant de poser un vrai diagnostic. Parce qu’avant de réparer quoi que ce soit, il faut comprendre où se situe réellement la fracture.

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Rowan Murray

Guérisseur-en-Chef du Service d'Empoisonnements par Potions et Plantes 30 ans Sang-Pur Britannique Notoriété

Castelobruxo
Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Rowan se tenait immobile, enveloppé par l'atmosphère feutrée de la boutique. Les paroles de la sorcière résonnaient encore dans l'air, chaque mot s'infiltrant lentement dans son esprit. La lumière douce des lanternes dansait sur les murs, créant un ballet d'ombres qui semblait épouser le rythme de ses pensées. L'odeur du bois ancien et des herbes séchées emplissait ses narines, un parfum à la fois apaisant et lourd de souvenirs.

 

Iel observait la blonde, ses gestes précis et mesurés, tandis qu'elle manipulait Aon avec une délicatesse presque chirurgicale. Chaque mouvement de ses doigts sur le bois de sorbier paraissait révéler une vérité cachée, une histoire que seule la baguette pouvait raconter. Rowan sentit une boule se former dans sa gorge, une tension qui refusait de se dissiper. Les mots de la jeune femme résonnaient en lui, éveillant des émotions qu'iel avait longtemps refoulées.

 

Un bois de loyauté et de protection — ces paroles se répétaient en boucle dans son esprit. Rowan se souvenait du jour où iel avait choisi Aon, ou plutôt, où Aon l'avait choisi. Ce jour-là, iel s'était aventuré dans le quartier animé de Vila Madalena, à São Paulo, où les rues étaient ornées de graffitis colorés et vibrants. C'est là qu'iel avait découvert la boutique "Varinhas Encantadas da Floresta", nichée entre deux bâtiments, sa devanture envahie par des plantes grimpantes et des fleurs exotiques.

 

En poussant la porte en bois sculpté, Rowan avait été immédiatement enveloppé par une atmosphère chaleureuse et mystique. Les murs de la boutique étaient décorés de fresques représentant des scènes de la forêt amazonienne, où des créatures magiques se cachaient parmi les arbres et les lianes. Au centre, un grand arbre sculpté s'élevait jusqu'au plafond, ses branches soutenant des dizaines de baguettes magiques, chacune unique et magnifiquement ouvragée.

 

Rowan avait été invité à toucher et à essayer les baguettes, sentant leur énergie et leur connexion avec la nature. C'est alors qu'il avait ressenti une connexion immédiate avec Aon. Elle semblait vibrer dans sa main, comme si elle cherchait à le convaincre de son amitié. Comme si elle l'avait attendu durant des années. À cet instant, rien ne paraissait impossible pour Rowan. Iel avait trouvé plus qu'une baguette ; iel avait trouvé une compagne pour ses aventures magiques, une extension de lui-même.

 

Rowan avait quitté la boutique empli d'une profonde gratitude, reconnaissant d'avoir découvert ce sanctuaire en lequel magie et nature s'entremêlaient harmonieusement. Ce lieu offrait une expérience unique et envoûtante à quiconque en franchissait le seuil, une rencontre qui marquait les âmes de manière indélébile. Il imaginait que les jeunes Britanniques devaient ressentir une émotion similaire en pénétrant chez Ollivander's, où chaque baguette racontait une histoire singulière, tissant un lien intime avec son futur maître.

 

Mais aujourd'hui, ses certitudes vacillaient. Rowan regarda ses mains, désormais vides, et ressentit une absence glaciale. Aon, qui avait été une extension de son être, gisait inerte entre les mains de l'experte. La distance entre eux semblait infranchissable, un gouffre creusé par le temps et les changements. Cependant, ses mots le rassurent, ou l'encouragent tout au moins. 

— Je comprends, murmura Rowan, brisant le silence qui s'alourdissait. Ce n'est pas seulement Aon qui a changé, mais moi aussi.

Iel marqua une pause, cherchant ses mots avec soin, conscient de la présence attentive de la fabricante. 

 

— Les années passées ici, loin du Brésil, ont laissé des traces. Peut-être que je me suis perdu en chemin, sans m'en rendre compte.

Iel releva les yeux, croisant le regard de sa nouvelle alliée. Il y avait une lueur de compréhension dans ses yeux, une invitation à poursuivre sans jugement. Il ne veut pas trop en dire, et pourtant, iel se sent le devoir d'aller au bout du processus envisagé par la commerçante.

 

Rowan inspira profondément, laissant l'odeur apaisante de la boutique emplir ses poumons. Les lumières vacillaient toujours, projetant leurs ombres mouvantes sur les étagères remplies de baguettes. Iel sentit une résolution nouvelle naître en lui. eIl était prêt à aller au bout du processus, à affronter les vérités cachées et à retrouver la connexion perdue.

 

Elle semblait lire au-delà des apparences. Rowan hocha la tête, un geste imperceptible, mais lourd de sens. Iel était prêt. Prêt à plonger dans les profondeurs de son âme, à comprendre les changements qui avaient altéré son lien avec Aon. Prêt à retrouver la flamme qui avait autrefois brûlé en iel.

— Je suis prêt à explorer ce chemin, à comprendre ce qui a changé. Pour Aon, et pour moi-même.

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Leslie Harrison

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Deb
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Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Leslie observe la baguette un instant de plus, comme si elle écoutait quelque chose que Rowan ne peut pas entendre. Il y a une énergie qui palpite encore en elle, mais désaccordée, brouillée, comme un instrument dont les cordes auraient perdu leur justesse. Quand le client parle, sa voix est plus posée cette fois, teintée d’une résolution nouvelle. Leslie ne commente pas immédiatement. Elle laisse un bref silence s’installer, un silence utile, celui où les vérités flottent avant de se figer. Elle finit par poser ma baguette sur une étoffe de velours, le geste mesuré, précis.
 

- C’est bien.


Un simple constat. Pas un compliment. Pas une évaluation. Juste un fait. Elle tapote légèrement du bout des doigts le bois de sorbier, testant sa résonance sous la pulpe de son index.


- Si vous êtes prêt à explorer ce qui a changé, alors Aon vous suivra. Pas immédiatement, peut-être. Pas sans effort. Mais une baguette ne se détourne pas d’un lien sans raison. Elle redresse légèrement le menton, évaluant le sorcier en face d’elle avec cette lucidité perçante qui trahit son métier. Je vais effectuer une lecture énergétique.

 

Son ton est calme, technique, mais pas dénué d’une certaine gravité. On ne manipule pas une baguette en crise avec désinvolture.


- Cela va me donner une idée plus précise de son état, de ce qui la perturbe.

 

Elle récupère la baguette avec délicatesse, son pouce glissant sur les veines du bois, comme on sentirait le grain d’un instrument ancien avant de l’accorder. Puis, elle lève sa propre baguette et, dans un mouvement mesuré, trace un cercle lumineux autour de Aon. Un fil d’énergie argentée s’élève, tissant un motif délicat, révélant les pulsations invisibles de la baguette. À mesure que les filaments s’étirent, Leslie perçoit. Des résistances. Des fluctuations. Une baguette qui n’est pas brisée, mais en tension. Comme un pont entre deux rives qui ne se comprennent plus. Elle plisse légèrement les yeux, analysant les entrelacs subtils qui révèlent des réponses que son client ne peut pas voir lui-même. Puis, enfin, elle parle :
 

- Elle ne vous rejette pas. Elle incline la tête, croisant le regard de Rowan avec sérieux. Mais elle ne vous reconnaît plus entièrement. Un léger silence suit, puis elle ajoute, d’un ton légèrement plus bas : Quelque chose dans votre magie a changé. Son regard glisse sur Aon, toujours entourée de son halo vibrant. Je vais devoir affiner ma lecture.


Un sourire discret vient alléger la tension dans son visage. Pas de panique. Pas d’alarme. Juste une vérité à découvrir. Elle enchaîne immédiatement, poursuivant son analyse comme une musicienne qui ajuste un accord. Elle serre légèrement Aon entre ses doigts, canalisant son propre flux magique, et trace un nouveau motif lumineux autour de la baguette. Cette fois, les filaments argentés réagissent différemment. Certains frémissent, d’autres oscillent, hésitants, comme s’ils cherchaient un équilibre perdu. Il y a du tiraillement. Ce n’est pas une rupture nette, ce n’est pas une cassure. C’est une dissonance. Une disharmonie entre deux forces qui s’éloignent l’une de l’autre. Leslie touche à peine la baguette du bout de l’index, et un frisson ténu lui remonte l’avant-bras, juste assez perceptible pour qu’elle comprenne. Elle expire lentement, analysant la réponse.
 

- Elle vibre encore avec vous. Ce n’est pas un rejet, c’est… Elle cherche le bon mot, le bon parallèle. Puis, son regard se pose sur son client, et elle comprend. C’est une résonance en décalage.
 

Elle laisse les filaments énergétiques onduler encore un peu, puis referme le cercle lumineux, dissipant l’aura qui entourait la baguette. D’un mouvement fluide, elle la repose sur le velours. Son regard ne lâche pas celui du sorcier.


- Votre magie n’a pas disparu. Elle s’est affinée, transformée. Et Aon tente de suivre le mouvement. Elle tape légèrement du doigt contre le bois, réfléchissant à voix haute. Quand une baguette ne répond plus comme avant, ce n’est pas qu’une question de perte. C’est aussi une question d’évolution. Il y a quelque chose en vous qui cherche un autre équilibre. Quelque chose qui a changé…


Elle laisse la phrase en suspens. C’est à lui de combler ce vide. Elle sait que ce qu’elle dit ne parle pas uniquement de magie. Elle laisse quelques secondes défiler avant d’exposer les options.


- Je peux procéder à une harmonisation. Ce serait une sorte de réajustement énergétique entre vous et Aon. Cela pourrait améliorer votre connexion, au moins temporairement, et vous permettre de mieux ressentir ce qui cloche. Elle tapote doucement du bout des doigts sur le bois de la baguette, pensive. Mais si la source du problème vient d’un changement profond en vous, ce ne sera qu’un pansement sur une fissure plus grande. Son regard se fait plus perçant. L’autre option, c’est d’explorer votre propre magie. Voir si elle a changé au point qu’une autre baguette pourrait mieux vous correspondre. Elle laisse un silence planer, mesuré. Mais je ne vous ferai pas essayer une autre baguette tant qu’on n’a pas tout tenté pour Aon.