Le feu était encore chaud.
Il sentit la densité de l’air changer, la brume se reformer après le sort de Katherine. Il resserra les doigts sur sa baguette, les sens en alerte. Pas un bruit, hormis le bruissement constant du vent contre les branches mortes. Le silence, ici, n’était pas un vide naturel. Il était imposé.
Kaelen s’accroupit près du tas de feuilles en combustion lente. Il tendit la main à quelques centimètres du foyer, puis la retira rapidement. La chaleur était réelle, vive, mais maîtrisée. Ce n’était pas un feu accidentel. Quelqu’un contrôlait sa lenteur, voulait qu’il perdure sans s’éteindre.
Une technique pour masquer des traces, ou pire : un appât.
Il se redressa, le regard rivé vers la bâtisse. Elle tranchait avec tout ce qui l’entourait. Trop solide, trop… propre. Il plissa les yeux en observant les fenêtres opaques. Aucune lumière. Aucune ombre. Mais elle n’était pas abandonnée. Il le sentait dans chaque clou, chaque planche en place.
— Ils sont proches. Ou ils veulent qu’on pense qu’ils le sont, souffla-t-il.
Il s’approcha lentement de la porte, longeant le mur en silence pour ne pas se présenter directement dans l’axe d’entrée. D’un regard rapide vers Katherine et Alaska, il désigna d’un geste discret une position d’approche : un triangle, chacun couvrant un angle.
Il leva à nouveau sa baguette, prêt à intervenir si nécessaire. Il se concentra, ferma les yeux une seconde, puis pointa sa baguette en direction de la bâtisse :
Hominum Revelio
Sa voix était calme, mais ferme. Il voulait des réponses. Et il était prêt à ce qu’elles ne soient pas belles à entendre.