Harry Potter RPG
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Flou artistique

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Freya Carter

Owen Carter Quidditch 24 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Situé initialement à Glasgow, le studio Altitude possède une expérience solide en photographie magique d'extérieur et se spécialise dans les sports aériens. Ils ont bâti leur réputation sur des portraits de joueurs célèbres, à l'instar d'Owen Carter voici une trentaine d'années. Photographes attitrés de l'équipe nationale d'Écosse depuis cette période, ils travaillent aussi ponctuellement avec des clubs de Ligue comme celui des Catapultes de Caerphilly.

 

La séance d'aujourd'hui se déroule au milieu des majestueuses Highlands écossaises où plusieurs tentes ont été dressées pour accueillir le matériel, le staff et la star du shooting. "Elliot Blackburn ? Ouuais, ouais, ouais, on peut dire que j'le connais !", s'était empressée d'affirmer la photographe en envoyant un sourire de connivence à Freya qui voulait seulement s'assurer du bon déroulement de leur après-midi. Comment ça, ouais ouais ouais, on peut dire qu'elle le connaît ? se répète la jeune femme en vérifiant une dernière fois l'ordre des différents OCQ500 alignés sous la tente du matériel.

 

— Tu devrais mettre le cerisier avant le sycomore, il prendra mieux la lumière, le soleil va descendre vite, recommande calmement Jun, l'assistant synthétiste d'Owen Carter Quidditch. Il se tient derrière Freya en simple observateur, aussi placide qu'elle semble agitée. Tu crois ?

 

Un doute palpable subsiste entre ces deux là, et on ne parle plus de l'ordre des balais.

Si Elliot représente l'un des opposés de Freya, alors Jun représente l'autre. 

 

Sensible, élégant, il intellectualise et poétise la vie. 

 

— "Il est là, il est dans sa tente", interrompt un membre du staff avant de disparaître pour préparer les sortilèges météorologiques qui écarteront l'humidité du terrain. Un vent désordonné souffle sur la colline bordée d'immenses rochers. L'écharpe orange de Freya Carter se déroule et s'enroule toute seule tandis qu'elle rejoint l'espace privilégié d'Elliot, accompagnée du Japonais. Salut ! Déjà j'te présente Jun, précipite la rousse, visiblement vêtue du même genre d'accoutrement que d'habitude et pas prête à passer devant l'objectif.

 

— Bonjour Elliot, enchanté, affirme le synthétiste en tendant une main cordiale au joueur pendant qu'un assistant sort plusieurs tenues de leur housse de protection, et qu'un autre apporte à boire et à manger sur une petite desserte. Bon, t'as tout c'qu'il te faut ?

 

Elle s'est briefée pour rester distante. Terminé de flirter avec le danger.

Alison a raison, Freya est ridicule. L'approche des fêtes de Noël vont la rendre encore plus mièvre alors la Poufsouffle préfère ériger maintenant une solide barrière entre elle et Elliot Blackburn.

 

— On discutera après, pour ton balai. J'imagine que t'as hâte de d'être fixé sur un bois et un coeur.

— Bonjour Elliot ! surgit soudain la photographe sous l’œil surpris de Freya. On va peut-être le laisser se changer par contre hein ?

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Elliot Blackburn

Joueur de Quidditch Professionnel 25 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Elliot n'était pas de bonne humeur. La dernière défaite des Catapultes n'en était étrangement pas la cause - mais jouait définitivement son rôle. Il s'agissait plutôt de sa famille, et de la pression que lui imposaient Rhys, Lexie - et même cet enculé de Connor - concernant l'éducation de Charli. Comme quoi c'est un sorcier, c'est à toi de gérer, qu'est-ce que tu veux qu'on fasse Elliot. Sans doute que ça l'énerverait pas tant si c'était pas vrai. Il pourrait pas être plus conscient d'avoir été le seul de la famille à présenter un don pour la magie dans les vingt années précédent la découverte des pouvoirs de son frère. Il a pas envie en fait. C'est juste ça. Personne lui a demandé son avis, et la vérité c'est qu'il a pas envie.

Personne a été là pour lui quand il a débarqué à Poudlard, alors pourquoi ça devrait être différent pour Charli hein ?

Il se sent coupable, évidemment. Parce qu'il sait ce que ça fait ok ? Pis bon. Il le sait, que Charli collectionne des trucs sur lui. Kayla lui a redis ça dans sa dernière lettre. Sa chambre est rempli de poster d'Elliot Blackburn, la star des Catapultes de Caerphilly. De ses vieux manuels, de ses vieux devoirs, de figurines putain. Mais qu'est-ce qu'il peut y faire hein ? Il a pas demandé à être un exemple en fait. Merde. Il a pas envie. Il a la flemme, voilà. Il peut se démerder seul le môme, comme lui s'est démerdé seul quand il était môme avant lui. Pas vrai ? Elliot est pas de bonne humeur, parce que son père est pas de bonne humeur et bref, autant dire que c'est pas joli-joli.

- Ah mais dégagez !

Le maillot parfaitement ajusté comme il l'a jamais pendant les match, le jogging qui redescend parfaitement sur les chevilles, les cheveux laqués comme il déteste, Elliot a envie d'hurler. Mais personne le lâche. Parce que c'est ça d'être une star. Célèbre. Faut être parfait constamment. Ça le rend fou des fois. D'une manière qu'on peut pas imaginer. Il a envie de péter un plomb, mais il sait qu'il peut pas. Il a envie d'hurler, mais faut sourire. Il a envie d'se planquer et de vivre sa meilleure vie sous les radars, mais faut assister aux rendez-vous que lui calcule au millimètre près l'assistante de communication des Catapultes, avec tous les investisseurs.

La maquilleuse le lâche, consciente qu'il a besoin d'air, mais le répis dure qu'une poignée de minutes avant que n'apparaissent Freya et son synthétiste, et cette foutue photographe qu'a l'air de lui taper ses meilleures répliques de pute dès qu'elle croit que le reste du staff est absent. Il en peut plus, franchement.

- Mh, mh, il marmonne en inspirant devant son miroir.

On croirait une star trop gâtée, et probablement qu'on serait pas bien loin de la vérité. Il est content de voir Freya quand même, et il se focalise là-dessus avant de se lever de son siège pour serrer la main de l'un et de l'autre tour à tour, avec tout ce qu'il a de professionnel.

- Salut. Jun c'est ça ? L'incarnation parfaite du joueur sponsporisé et bien briefé. J'ai carrément hâte. C'est peut-être le seul truc sincère qu'il sort depuis deux heures à se faire tirer dans tous les sens par les stylistes. J'vais shooter avec mon balai et tout ? Ce serait le pied, vraiment. Même qu'il jette un regard presque désespéré à Freya avant que la photographe - hyper intrusive - ne le kidnappe pour vérifier son maquillage.

 

- Tu t'souviens d'moi ? Elle lui chuchote à l'oreille pas franchement subtilement.

Elliot cligne juste des yeux comme un con parce qu'honnêtement ? Non. Pas du tout. Même que la nana doit le capter au vu de son air fermé dans la seconde suivante, de son air pincé. 

 

- C'est pas grave.

 

Merde, bon. Ça pourrait probablement mieux se passer. Quand même il suit parce que c'est ce qu'il doit faire, adresse un regard à Freya genre putain quel enfer avant de s'avancer vers la lumière.

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Freya Carter

Owen Carter Quidditch 24 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Freya tend machinalement sa main, un peu bête face au comportement d'Elliot. Elle voulait mettre des distances entre eux mais se prend finalement une douche froide quand c'est lui qui semble ailleurs, soûlé d'être là. Ça l'affecte plus que ça ne devrait, car la fille d'Owen Carter connaît les revers de la célébrité, et les dommages irréparables causés par cette pression du qu'en-dira-t-on.

 

— Pas pour le shooting non malheureusement. Il me manque du matériel sur place,... interrompu tandis qu'Elliot s'éloigne avec la photographe, le Japonais offre un sourire affectueux à Freya. 

 

— Tout va bien se passer, détends-toi. Elle détourne son regard du joueur de Quidditch au moment où la jeune femme au Mekapteur se penche et chuchote quelque-chose à son oreille. Mh-mh, marmonne vaguement Freya avant de se frotter le visage, fatiguée. Merci de me soutenir, ajoute la rousse en rendant son sourire à Jun, reconnaissante du temps qu'il a encore passé dans l'atelier avec elle cette nuit. Elle rabat ses mèches en arrière, qui ne le resteront pas longtemps, bientôt chahutées par le vent écossais.

 

Dehors, une équipe d'un peu moins d'une dizaine de personnes attend le batteur des Catapultes de Caerphilly. Deux assistants contrôlent les conditions météorologiques à l'aide de sortilèges qu'il faut renouveler fréquemment. Trois personnes s'occupent des lumières et du reflet. Un apprenti est chargé de donner les balais dans l'ordre prévu par Freya et une assistante s'occupe du matériel de la photographe. Quant à Jun, il se place en observateur, l’œil alerte.

 

Pour le moment, c'est l'apprenti qui flotte dans les airs, juché sur le premier balai, pendant que les autres magiciens rectifient leurs réglages, rejoints par la photographe. 

 

Freya en profite et s'empare prudemment du bras d'Elliot pour l'écarter un peu du groupe. Dès qu'ils ont fait quelques pas, elle le relâche, son écharpe orange devant le nez. Hey, euh. J'vois bien qu'ça t'amuse pas tout ça, commence-t-elle, hésitante. Sa Rangers shoote mollement l'herbe autour de ses pieds. 

 

— On a autre chose à faire. Comme, de boire des bières à l'Alambro et se lancer des gages débiles en regrettant l'école. J'veux dire, t'as autre chose à faire, j'ai autre chose à faire, chacun de son côté, rectifie l'aînée Carter, une légère coloration rouge aux joues. Elle enfonce ses mains dans ses poches, ignorant les prunelles déstabilisantes du sportif, pour se concentrer plutôt sur les équipements OCQ500 flambant neufs qu'il porte.

 

— On peut y'aller ? Tout est prêt ici, on n'attend plus qu'Elliot ! La mâchoire de Freya se serre. Elle rajuste une sangle sur l'épaule du Gryffondor en silence. Elle peine à trouver les mots, elle-même presque au bout du rouleau. 

 

 

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Elliot Blackburn

Joueur de Quidditch Professionnel 25 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Il aurait eu son balai entre les mains, ça aurait peut-être changé toute la donne. Mais même ça c'est pas possible. Ça fait que l'estime d'Elliot pour Jun le synthétiste demeure nulle et non avenue. La main de Freya stoppe Elliot alors qu'il s'apprête à s'installer où on lui demande, et il se laisse entrainer en s'imaginant bêtement que c'était peut-être une vanne, pour le balai. Qu'ils avaient bien ramené le sien pour le shooting. L'espoir crève dans son œuf alors qu'elle se contente de planter son regard dans le sien pour un pseudo pep-talk parmi les plus nazes de la planète. Il reste la regarder, un peu couillon, les mains dans les poches et les sourcils froncés d'un mec qu'attend la suite. Elle vient jamais.

- Waw, il balance, sarcastique.

Plus loin, il entend qu'on l'attend, mais il est trop occupé à se foutre de la gueule de Freya pour s'en faire.

- C'est l'pire discours d'encouragement que j'ai entendu de toute ma life. Pis j'en entends toutes les semaines hein !

Malgré lui ça le fait marrer, un peu. Un souffle hilare au milieu d'une tension ambiante qui continue de lui affaisser les épaules. Aussi bref que le flash d'un appareil.

- Ce sera vite expédié, il annoncé en lui tapotant l'épaule avec sans doute un brin de condescendance.

Au moins maintenant il sait qu'elle a autant envie d'être là que lui, c'est bien. Elliot la plante sans rien ajouter, répondant aux appels répétés qui le pressent de se mettre en place. Alors il s'exécute. Avec la détermination et le professionnalisme d'un type qu'a fait ça souvent dans les dix dernières années. Le cœur y est pas, mais pour être franc le cœur y est vraiment jamais, parce qu'il s'est jamais fait à ce côté là de la célébrité. Les tunes qui rentrent en masse tous les mois, les fans qui font le pied de grue en bas de son hôtel, les courriers grotesques ou absurdes, occasionnellement adorables, qui font ployer le bureau de son attaché de communication, ouais. Les paparazzis qui le surprennent à la sortie des bars et des boîtes, les interviews où on lui rabâche les mêmes questions - plus souvent sur sa vie personnelle que sur les matchs, non.

Mais globalement si on lui demande, la seule chose qui l'intéresse là-dedans c'est vraiment de monter sur un balai sous les applaudissements de la foule, tout donner pendant la trentaine de minutes que ça dure, retrouver les équipiers dans l'vestiaire et aller se murger en se remémorant les meilleurs moments du matchs. Un truc qu'existe déjà depuis Poudlard finalement. S'il avait pas eu l'opportunité d'en faire son métier, Elliot a pas la moindre idée de la direction qu'il aurait pris. Sans doute qu'il se serait bien fait chier. Alors pour sûr qu'il regrette rien. Mais parfois, dans des moments comme ça, alors que les flashes se succèdent et qu'il voit dans le regard des producteurs que dans l'histoire il est rien de plus qu'une image qui fait vendre. Des balais, des figurines, des posters.

- Tu peux retirer ton maillot ?
- Huh ?
- Ton maillot. T'peux l'retirer pour t'éponger le front tu sais, comme après un match.
- Yup.

Nonchalance incarnée, il obéit docilement à tous les ordres qu'on peut lui donner. On le fait grimper sur le balai à plusieurs reprises, on l'arme d'une batte, on fait même tournoyer autour de lui par moment un cognard, ensorcelé pour ne pas abîmer sa gueule - ce serait con de balafrer l'égérie. Par moment la photographe sort des vraies punclines qui le font marrer, le sortent un peu de sa mauvaise humeur. Pis finalement l'équipe a l'air satisfaite, se félicite, et il inspire profondément, soulagé.

- Oy. Ça le prend alors qu'il voit Freya en train de commencer à ranger les équipements avec son collègue - il a déjà zappé son nom. Freya, tu d'vais poser aussi, il accuse brutalement, attirant sur lui l'attention de plusieurs personnes en même temps. C'est la tête d'OCQ, faut qu'on pose tous les deux aussi, il insiste plus fort alors que plusieurs têtes affichent des yeux perplexes. Si, si, si, j'veux rien savoir. C'est dans l'contrat et tout, R'ssortez le bordel, on a pas fini !

Voyez, y a un délire de la célébrité auquel Elliot il s'est vachement fait, c'est la manière dont les gens ont tendance à pas vraiment discuter ce qu'il peut bien exiger sur le pouce. Il prend un malin plaisir à réclamer les boissons les plus absurdes avant les interviews. À réclamer des trucs introuvables, juste pour emmerder son monde. Pis quand il voit la gueule de Freya alors qu'il rameute tout le monde avec autorité, il peut que foncer davantage dans la connerie. C'est peut-être puéril, mais ça lui sort la tête de tout le reste. De se dire qu'il emmerde profondément Carter, qu'avait autre chose à faire

- Allez, on s'fait ça vite fait. Freya tu d'vrais porter le maillot des Catapultes. T'es sponsor ou t'es pas sponsor ?

Il balance le vêtement sur la sorcière qu'a rien demandé, l'air vachement plus enjoué soudainement que ce qu'il a affiché depuis le début de la journée.

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Freya Carter

Owen Carter Quidditch 24 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Un rire nerveux siffle entre les dents de Freya qui retient les larmes de lui monter aux yeux. Merci, souffle-t-elle, deux émotions carrément contradictoires au bord de ses cils orange. D'un côté, l'impression d'avoir tout gâché avec Elliot, sans réussir à vraiment mettre des mots dessus ; mais leurs retrouvailles ne sont-elles pas plutôt catastrophiques depuis octobre ? De l'autre, cette façon qu'elle a de s'accrocher aux détails, comme son rire au milieu du brouillard, et sa manière d'être présent, professionnel en toutes circonstances. La jeune femme reste un moment plantée à l'écart du shooting, les yeux posés sur la silhouette du batteur.

 

Pleines de bonnes résolutions en arrivant, elle s'en veut de constater qu'une fois de plus, Elliot Blackburn débarque et balaye tout d'un revers de bras, sans même s'en rendre compte. "T'es ridicule" ma pauvre fille, se flagelle-t-elle intérieurement, hantée par le sourire démoniaque de sa sœur. 

 

— Ils assurent.

— Mh ? Jun sort Freya de ses ruminations, couvrant ses épaules avec un large plaid de tartan vert tandis qu'elle acquiesce et tourne son attention vers le travail parfaitement orchestré des équipes du studio Altitude. J'ai hâte de voir le résultat, commente le Japonais avant d'engager une conversation plus technique à propos des réactions qu'ont les différents balais entre les mains du Gryffondor. Sans surprise, une majorité des prédictions de compatibilité ou d'opposition bois/coeur/joueur qu'il avait faites s'avèrent confirmées lorsqu'Elliot grimpe sur chaque modèle d'OCQ500. Tu vois, heureusement qu'on a réduit l'effet de balance sinon il serait au sol avec le Griffon, remarque-t-il sous le regard approbateur de l'aînée Carter. Elle sait que le synthétiste, doté d'une mémoire exceptionnelle, enregistre la moindre information utile à l'aboutissement de l'exemplaire unique d'Elliot. Les minutes passent, presque une heure, et Freya se reconcentre sur le but initial de l'après-midi : obtenir des images pour promouvoir la sortie du prochain bijou OCQ.

 

Elle finit par tourner le dos à la photographe et ses mimiques insupportables, occupée à ranger convenablement les premiers balais, quand soudain, son ancien petit-ami la rappelle à l'ordre. Quoi ?

 

Sa stupéfaction semble authentique tant elle avait oublié (volontairement), cette histoire montée autour d'un match de fléchettes et quelques pintes. C'est une bonne idée ça Freya, ajoute Jun qui rattrape le t-shirt, enthousiaste. Nan. Nan, nan, nan, c'est précisément pas une bonne idée, s'empresse-t-elle de répondre la sorcière, déjà écarlate.

 

— Regardez ma tête. J'vais juste avoir l'air de rien. 

— Bon vous faites un peu fatiguée, mais y'a du maquillage si- pas de maquillage, interrompt la rouquine en jetant un regard assassin à Elliot qui se marre bien. Il lâchera jamais. Il serait capable de rester planté ici jusqu'au soir pour avoir ce qu'il veut, elle le connaît un peu. Il se fiche de faire attendre les équipes, tandis qu'elle, gênée d'attirer l'attention, elle commence à sentir l'étau se refermer. C'était vraiment dans le contrat ?

 

Freya serre les dents,

et enfile le maillot des Catapultes au nom d'Elliot Blackburn.

 

On lui retire l'écharpe orange, on lui ajuste le vêtement, on arrange ses cheveux, et la Poufsouffle se sent marionnette entre les mains des assistants, tandis que Jun s'occupe de lui préparer un balai. Chêne blanc, commente-t-il alors que la Gérante d'OCQ essaye de retrouver une couleur normale en respirant lentement, en vain. 

 

— T'es content ? houspille-t-elle sans réelle colère envers le joueur pendant qu'ils rejoignent le centre de la zone déjà bleutée par la lumière descendante de l'hiver écossais. À peine son pied posé sur l'étrier, le balai s'envole à quelques mètres et Freya dessine une boucle, le temps de se stabiliser en face de l'objectif aux côtés de la célébrité. Et comme il peut pas s'empêcher de dire qu'elle a l'air coincée, qu'elle devrait se détendre, et qu'il la cherche du bout de son balai contre le sien, moqueur, la rousse lève les yeux au ciel.

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Elliot Blackburn

Joueur de Quidditch Professionnel 25 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
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Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Toute l'équipe a les yeux braqués sur elle. Elliot sait pertinemment ce qu'il vient de déclencher, et on peut pas dire qu'il en soit peu fière. Voyez, c'est une pression qu'il connait et qu'il gère. La pression de devoir faire un truc qu'on a pas vraiment envie de faire, juste parce que tout un tas de gens vous y forcent involontairement, en vous faisant comprendre d'une manière ou d'une autre que de votre choix dépendent beaucoup trop de choses. Vraisemblablement, Elliot laissera personne partir avant d'avoir eu ce qu'il veut, et tout le monde l'a très bien compris. Y compris Freya. Le synthétiste marque un point purement parce qu'il encourage l'idée, et bientôt un clin d'œil vient répondre à la question faiblarde de la sorcière. Sûr que non, c'était pas dans le contrat, et elle le sait très bien. Ou alors dans un autre genre de contrat, imbibé d'alcool et gouverné par la dure loi des fléchettes.

Alors que l'équipe s'agite autour de Freya pour lui arranger sa tenue, replacer ses cheveux, la photographe cause au producteur avec un air un peu pincé.

- Y aura rien sera exploitable. C'est une perte de temps.
- C'est ton métier d'faire en sorte que ça en soit pas une.
- Mais regarde là, c'est...
- C'est ce que Blackburn veut. Bordel tu sais combien on touche pour ce shooting ? Discute pas et fais ton boulot, c'est tout c'qu'on te demande.

Elliot prête pas plus d'attention à eux que depuis le début de la journée, occupé à engloutir une poignée de fizbizwiz refilé par une technicienne quelques secondes plus tôt. Son regard est sur Freya alors qu'elle se fait manipuler comme lui tout à l'heure, et il peut pas s'empêcher de se marrer devant son air déconfit. Les bonbons lui pètent dans la bouche en série, et ça prend plusieurs secondes avant qu'on lui réclame de repasser se faire arranger à son tour. Puis, lancés sur leur balai respectif, ils se retrouvent à plusieurs mètres de hauteur tandis que se braquent sur eux des appareils énormes à prise de vue rapprochée. Elliot éclate de rire alors que Freya, une fois encore, se plaint, et il acquiesce immédiatement avec énergie en la regardant tirer la gueule dans son maillot des Catapultes. À son nom. Ça devrait honnêtement pas tant la dépayser, elle a déjà la chemise de nuit.

- Un pari est un pari, Carter, t'croyais quand même pas que j'allais te laisser t'en sortir comme ça ?
 

Il se redresse sur son balai, l’air de celui qui a fait ça toute sa vie – parce que c’est le cas. Il sait comment se placer, comment gérer la lumière, comment donner une impression de contrôle absolu, même quand il s’en branle profondément. Freya, par contre ? Rigide. Crispée comme une statue qu’on aurait vissée sur le manche d’un balai. Ouais, ça va pas du tout. Il ne lui laisse pas le temps d’y réfléchir. D’un coup de talon sur les étriers, il s’élance, plonge vers elle avec une trajectoire un peu trop audacieuse et dévie au dernier moment, passant juste sous son balai.


- Putain Carter, t’es tellement figée qu’on dirait que t’es sponsorisée par les Détraqueurs.
 

Un rire l’étrangle, et il sent qu’elle a failli réagir, mais qu’elle se retient encore. Trop tard. Il la traîne avec lui. D’un mouvement fluide, il se met à slalomer dans l’air, jouant avec les courants, testant la réactivité de l’OCQ 500 comme s’ils étaient en plein essai technique et pas en train de servir de mannequins pour une putain de pub. Il la voit hésiter, puis amorcer un virage plus serré, se laissant prendre au jeu sans même s’en rendre compte.


- Ah, ah ! Elle bouge ! Un miracle !
 

Elle lui fait un doigt d’honneur, mais elle bouge, et c’est tout ce qui compte. Autour d’eux, l'équipe suit, tentent de capturer le mouvement, mais ils n’ont plus aucun contrôle sur ce qu’ils font. Elliot s’en fout. Il veut juste qu’elle oublie où elle est, qu’elle se recentre sur ce qu’elle connaît, sur ce qu’ils font de mieux. Ça commence à marcher. Ils enchaînent quelques mouvements, accélèrent, et il sent que Freya est de moins en moins tendue, de plus en plus concentrée sur son vol. C’est là qu’il frappe. Il accélère juste un peu, prend une trajectoire absurde, puis revient brusquement vers elle, simulant un contact un peu trop proche. Elle esquive de justesse, et lui pousse un hurlement faussement paniqué. En bas, l'équipe s'agite. Un mouvement bref qui s'arrête dès qu'ils captent qu'il est juste mort de rire. Et qu'elle aussi. Enfin, bordel.

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Freya Carter

Owen Carter Quidditch 24 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

C'est précisément ça, la Magie d'Elliot sur Freya. En trois pirouettes et deux provocations cinglantes, il lui fait oublier le reste du Monde et dissipe l'irritation. À Poudlard déjà, le Gryffondor usait d'humour, parfois lourd, pour fendre les carapaces installées par la jeune Carter entre eux. Ça fonctionnait, jusqu'à ce qu'elle le voit embrasser Stinky Vicky au bal de Noël de leur quinze ans, puis d'autres filles peu après, et qu'elle ne s'éloigne totalement du joueur prodige en comprenant qu'il n'attendrait pas qu'elle retrouve le goût de rire à ses blagues, ou celui de succomber à ses baisers. 

 

Ils ont suivi des routes aux tracés diamétralement opposées dans la sphère médiatique, elle fuyant les interviews, et lui plongeant sur le devant de la scène à chaque occasion, sous les projecteurs hostiles des tabloïds. Pourtant, Freya continue de voir la partie immergée de l’iceberg nommé Elliot Blackburn. Attachée à une facette plus sensible de la personnalité du sportif, elle continue de succomber aux rires sincères déclenchés par leur proximité, à la manière dont il sait parfaitement comment la sortir du brouillard, et cette complicité enfantine, visible à travers les gros appareils d'Altitude.

 

En l'air avec le batteur gallois, la rouquine se prend au jeu, enfin aussi rayonnante qu'une gosse de 12 ans qui chamaillerait entre potes sur un balai. Elle ignore les équipes au sol et prépare sa vengeance en prenant un peu de hauteur, un éclat vif au fond de ses prunelles noisette. Tu vas le regretter Blackburn, siffle-t-elle à son tour en rabattant ses cheveux vers l'arrière.

 

Freya possède deux avantages face au Gryffondor : une connaissance accrue de l'OCQ500, et la manumagie. 

 

S'il reste impossible d'ensorceler même le moins cher des balais à distance en 2124, la fille d'Owen Carter a travaillé jours et nuits sur les stabilisateurs de vol, et s'est entraînée avec pour les ajuster au mieux. Elle mordille sa lèvre inférieure en avisant le bois et le coeur du modèle qui porte Elliot, et le sien, puis s'approche du centre. J'ai une idée de cliché, suggère la sorcière en se hissant, debout sur les étriers. Son pied droit glisse soudain vers le nez de l'OCQ qu'elle frappe vigoureusement afin de lui donner l'impulsion de faire un 360 tandis qu'elle chute légèrement, mais qu'il revient sous ses fesses au dernier moment.

 

Impressionnée, l'équipe applaudit ; Jun en première ligne. Freya sourit et réduit la distance entre elle et la célébrité des Catapultes. À toi ? Elle passe devant Elliot pour enfoncer un peu le nez de son balai qui réagit, nerveux, proche d'entamer un flip. 

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Elliot Blackburn

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Le phénomène Freya Carter ? Maîtrisé. Il est pas peu fier de sa performance, Elliot. La sorcière semble avoir entièrement oublié la présence de l'équipe de production, ses caméras, les enjeux même de la journée, pour ne plus s'occuper que de voler. Accessoirement bien sûr, lui rendre la monnaie de sa pièce. Il l'a vu venir parce qu'il est pas que con, ou parce que c'est précisément ce qu'il cherchait à obtenir. Le fait est qu'on sait jamais comment ça va nous retomber sur le coin de la gueule, d'emmerder Freya Carter, alors s'il s'attend au retour de bâton, il a juste aucune foutue idée d'à quoi ressemblera le bâton. Encore moins de quand ça va bien pouvoir arriver. Un sourire môme lui fend les joues tandis que la sorcière se hisse sur ses deux étriers, pour frapper brusquement l'avant de son balai et lui faire engager une figure à laquelle personne s'attend.

Un genre de salto plus accompli par l'engin lui-même que par Freya, qui se contente de faire en sorte de rester pile au même endroit.

Impressionné, il place ses mains en mégaphone pour l'encourager d'un cri avant d'applaudir avec le reste de l'équipe, lâchant le manche sans trop réfléchir. Y a un truc qu'il a noté avec ce dernier modèle OCQ, comme il l'avait déjà noté sur celui sur lequel il est monté pour les tests une semaine plus tôt. Leurs réactions ont rien à voir avec ce qu'on attend d'eux. Un peu comme s'ils avaient leur volonté propre. L'anticipation des virages. La prise de vitesse. L'impulsion d'un changement de direction. Elliot peut pas vraiment nier que s'il avait senti un lien avec celui que lui avait refilé Freya à l'atelier, c'était moins le cas du modèle sur lequel on le photographiait aujourd'hui. Ça rendait ses mouvements moins fluides, globalement, même s'il espérait que ça se voit pas trop au travers des caméras.

Alors, quand Freya l'approche pour brutalement enfoncer le nez de son balai vers le bas histoire d'enclencher la même figure que celle qu'elle vient de réaliser, Elliot a pas du tout la réaction d'un type qu'a confiance en son modèle de balai. Pour cause, le balai lui-même a pas la réaction d'un balai qu'aurait confiance en Elliot. Pas qu'il ait déjà expérimenté beaucoup de relations avec des balais, savez. Bref. Affaissé vers l'avant pour récupérer le manche entre ses deux mains, Elliot s'apprête à montrer son meilleur. Question d'égo, voyez. Jusque là tout va bien. Sauf qu'à son contact, l'OCQ 500 réagit comme une monture qui se serait fait monter par un mauvais cavalier. Il frissonne. Tressaille. Fait une embardée latérale à la manière d'un poney caractériel.

- Heu... attends, attends, attends.

Mais le balai n'attend pas. Elliot se crispe instantanément alors que le bordel commence à essayer de le désarçonner malgré toutes les tentatives de redressement d'Elliot, accélère subitement pour se tirer droit devant.

- Oh putain.

Il tente de le freiner. Pire idée. L'engin freine hein, mais il freine sec. Il pile comme une vieille bagnole moldue. Elliot se retrouve à moitié couché sur le manche, les jambes qui battent dans le vide.

- J'MAÎTRISE HEIN ! Il annonce à la cantonade.

Mensonge éhonté. En bas, ça commence à réagir. On lui demande s'il faut intervenir. Certains se marrent. Des flashs le foudroient malgré tout.

- NAN NAN, J'AI LE TRUC !

Il tente de se redresser, secoue les épaules, fait genre qu'il est parfaitement en contrôle. Sauf que l'OCQ 500 a l'air de capter la douille et se met à piquer du nez à répétition, comme pour se lancer dans un salto qu'il avorte systématiquement dernière minute, secouant Elliot comme un sac de pommes de terre.

 

- RESTE EN PLACE BORDEL !
 

Le balai fait un brusque virage sur la droite, Elliot manque de s’éjecter tout seul, s’accroche comme un cowboy en plein rodéo, bascule en arrière, les jambes volant dans deux directions absurdes :


- WOH WOH WOH WOH WOH !
 

Un petit looping imprévu le fait tourner sur lui-même. Il s’accroche comme il peut, serre les dents, se tasse sur le manche pour pas finir projeté dans le décor.
 

- OK, J’AI UN PEU MOINS LE TRUC.
 

Freya est pliée de rire à côté, les caméras captent tout. Jun s’avance, l’air plus préoccupé.


- Elliot, vraiment, t’es sûr que...

- OUI, OUI, C’EST JUSTE… UN PEU... CAPRICIEUX, CE MODÈLE...
 

Il tente de stabiliser. Le balai vibre. Mauvais signe. Il fait un écart nerveux, rebondit presque sur lui-même, et cette fois, c’est trop. Elliot se retrouve à moitié retourné, suspendu par une jambe, les bras ballants dans le vide.


- PUTAIN MAIS C’EST QUOI CE BALAI ??!
 

La photographe est en larmes, morte de rire. Freya aussi. Jun tente de le guider, mais Elliot, par pure fierté, refuse catégoriquement de l’aide.

- LÂCHEZ-MOI, JE VAIS LE DOMPTER.

Mauvais choix de mots. Le balai le sent. Jure, il réagit à l'instant même où Elliot balance sa réplique. Il fait une dernière embardée. Elliot lâche une exclamation gutturale et, dans un dernier réflexe de pur instinct de survie, il se jette sur le balai de Freya et s’y accroche comme une moule à son rocher.


- OK, STOP, STOP, J’ABANDONNE !


Son balai fou s’éloigne tout seul, continuant de faire des petits soubresauts d’insolence, tandis qu’Elliot, toujours scotché à Freya, reprend difficilement son souffle. Un long silence. Puis, explosion de rires en bas. La photographe essuie une larme, Jun plaque une main sur son front. En bas, il entend une sale réplique qu'il soupçonne de venir de son producteur, et auquel il balance un énorme doigt.


- Alors Blackburn, t’as perdu ton mojo ?
 

Elliot garde un instant le front collé à l'épaule de Freya, avant de lâcher d’un souffle dramatique :


- Ce balai me déteste.

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Freya Carter

Owen Carter Quidditch 24 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Hilare, Freya reste vigilante et récupère Elliot en tenant son avant-bras contre elle, au moins le temps qu'ils se stabilisent à deux sur le balai. Dans le t-shirt du Gryffondor, dans les bras du Gryffondor, elle sent une chaleur confortable l'envahir, qu'elle expire en tapotant amicalement le poignet de la célébrité. Bon, châtaigner-ventricule de dragon, on va éviter hein, rigole l'aînée Carter qui aurait pu prédire le sketch avant qu'il ne se déroule sous ses yeux.

 

Certes, elle et Jun possèdent une connaissance accrue de l'OCQ500, mais les modèles d'aujourd'hui ont été sélectionnés pour leurs qualités esthétiques davantage que leur compatibilité avec le joueur au fort caractère. Et tandis que le balai de châtaigner finit par s'ébrouer et se poser au sol, la Poufsouffle ricane encore en se remémorant le rodéo d'Elliot. Ça sera difficile de choisir quel moment j'vais afficher sur la vitrine du mag', plaisante-t-elle, toujours à quelques mètres au-dessus des équipes techniques. 

 

— Moi j'ai c'qu'il faut ! signale la photographe, soutenue par le producteur du Gallois qui lève son pouce dans leur direction. On va arrêter là, confirme-t-il alors que Freya jette un regard vers le ciel sombre d'un début de soirée hivernal en Écosse. Elle n'a pas tellement envie d'arrêter là. Elle n'a pas ce qu'il lui faut.

 

En bas, le staff agite ses baguettes pour commencer à retirer le matériel. Accroche-toi, j'te fait une vraie démo, prévient la Poufsouffle à son ancien camarade de classe en tournant légèrement la tête avant de descendre auprès de Jun. On revient, on fait juste un tour. Ce dernier sourit. Accroche-toi, avise-t-il à l'intention d'Elliot en lui renvoyant son clin d’œil de tout à l'heure. D'un geste leste, l'asiatique tourne sa baguette et couvre les deux passagers d'un voile de chaleur protecteur. Prêt ?

 

La sorcière frôle l'herbe et tape du pied pour donner l'élan au balai de remonter en trombe, le coeur fiévreux. Elle entame quelques lacets et l'OCQ500 s'éloigne lentement des tentes. Freya prend le temps de s’imprégner du point d'équilibre décalé vers l'arrière par la présence du brun dans son dos, puis elle se penche en position plus sportive, et laisse la vitesse s'emparer d'eux jusqu'aux premières montagnes rocheuses. Le vent froid cingle leurs visages mais elle ne sent qu'une bouffée d'adrénaline inonder chacun de ses muscles concentré à la tâche, le sortilège de Jun les préservant de se transformer en glaçons.

 

Rapidement, ils filent entre les crêtes couvertes de neige au sommet, abandonnant la cime des pins qui devient une ombre floue sous la silhouette du balai. L'enchaînement de reliefs est si fluide que le paysage ressemble davantage à un dégradé blanc, bleuté, gris et sombre, où parfois surgit le rugissement d'une bourrasque à leurs oreilles. 

 

— Accroche-toi mieux ! crie-t-elle au Gryffondor avant de piquer le long d'une falaise en sentant Elliot s'appuyer lourdement contre elle. Freya résiste, les cuisses contractées, ses pieds forçant sur les étriers, et lâche le manche du balai en se retenant aux genoux du Gryffondor pour lui faire comprendre qu'elle ne dirige plus rien.

 

L'OCQ semble chuter un instant, comme une masse morte qui tournoie, mais très vite, les énergies du coeur et du bois combinées à la volonté de l'aînée Carter reprennent le dessus, et l'engin redresse tout seul sa trajectoire, renversant leurs estomacs au passage. Wouuuuuhouuuuuu ! hurle la jeune femme, exaltée, tandis qu'ils traversent une arche rocheuse et surgissent de l'autre côté en dérangeant un rapace en pleine chasse. À peine remise de ses émotions, Freya récupère le contrôle en reposant ses mains sur le chêne blanc qu'elle tire afin d'incliner le balai. Ok c'est pas fini Blackburn, prononce-t-elle à la manière d'Elliot lorsqu'il l'appelle Carter.

 

La fille d'Owen fonce en direction de la forêt, bien décidée à impressionner le batteur des Catapultes quant aux capacités de l'OCQ500. Face aux troncs des pins écossais qui se dressent vers la brume hivernale, la rouquine slalome, un sourire enthousiaste aux lèvres. Pour la deuxième fois, elle lâche le manche, et croise ses bras devant sa poitrine, laissant le balai éviter lui-même les arbres. Anticipation d'obstacles, commente-t-elle avec fierté pendant qu'ils glissent entre les branches et les fougères. 

 

— J'pourrais fermer les yeux, ajoute l'ex-petite amie d'Elliot en saisissant les mains de ce dernier qu'elle pose sur ses paupières, gorgée d'une audace qui rappelle leurs courses de deuxième ou troisième année. À l'aveugle, Freya lègue sa confiance au bois de chêne blanc et à la plume de phénix en son coeur, et l'engin s'occupe du reste. Elle s'appuie un peu contre le brun, une fossette au coin de sa bouche, tandis qu'ils dévalent la forêt en pente jusqu'à suivre le cours d'un ruisseau gelé par endroits. L'idée, c'est surtout de pas opposer de résistance... Jun te fera une initiation d'façon, conclue brutalement la jeune femme en relâchant les doigts d'Elliot pour reprendre le manche alors qu'ils sortent de la forêt. 

 

Bientôt, les tentes apparaissent au loin, puis l'équipe technique, et le staff du sportif. 

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Elliot Blackburn

Joueur de Quidditch Professionnel 25 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Elliot prend une inspiration, toujours accroché à Freya comme un naufragé sur une planche de bois. Ok. Bon. Il a survécu à cette merde de balai capricieux, il est toujours en vie, et maintenant Carter lui annonce qu’ils vont faire un vrai tour. Frère. Elle veut le buter pour de bon ou quoi ? Sauf que voilà. Là, c’est pas le même délire. Il sent direct la différence. L’OCQ500 sous eux réagit au moindre micro-mouvement de Freya, comme s’il comprenait ses intentions avant même qu’elle les applique. Le vol est fluide, organique, ultra précis. Et quand elle lâche brusquement le manche et que le balai gère tout seul le slalom dans les arbres, il est obligé d’admettre que c’est un putain de chef-d’œuvre.


- Oh bordel, c’est complètement taré ce truc…
 

Ça sort tout seul, un souffle impressionné. Pas juste parce qu’ils sont en train de se faufiler entre des arbres sans toucher une seule branche, mais parce qu’il sent le potentiel du balai sous eux. C’est une révolution, putain. L’espace d’un instant, il n’est plus Elliot Blackburn, la star du Quidditch, ni le mec qui s’est tapé l’affiche en rodéo aérien. Il est juste un gosse qui découvre un truc qui le fait vibrer. Il se laisse porter, complètement absorbé par le vol, le paysage qui défile à toute vitesse, le lâcher-prise complet que Freya impose en retirant même ses mains du manche. C’est jouissif, en fait. Le frisson, le pur contrôle du balai qui réagit avec l’instinct d’un prédateur. Puis Freya le fait. Elle lui prend les mains et les pose sur ses paupières, se lançant en full aveugle dans la forêt.

- Carter, j’te jure que si on crève j’vais hanter toute ta descendance.
 

Mais y a aucune peur dans sa voix. Juste un rire incrédule, un mélange d’adrénaline et d’excitation pure. Elle est tarée. Et c’est foutrement bien pensé. 

- J’sais pas si t’es plus ou moins flippante que ton balai, mais c’est clairement du génie.


Puis, tout aussi brutalement, elle reprend les commandes et ils filent à travers la brume hivernale pour rejoindre les tentes. Elliot sent encore l’adrénaline dans ses veines, un putain de sourire vissé sur la tronche alors qu’ils amorcent leur atterrissage. Quand ses pieds touchent le sol, Elliot s’étire exagérément, fait craquer ses épaules, comme s’il venait de sortir d’une expérience mystique.


- Ok. J’ai officiellement survécu.
 

Un silence dramatique, avant qu’il lève les bras vers le ciel en mode cérémonie des Oscars.


- Je tiens à remercier mes parents, mes coéquipiers, et Merlin en personne pour cette immense victoire contre la gravité. Surtout Merlin. Ce frère m’a sauvé plusieurs fois aujourd’hui.


Le staff rit, Jun secoue la tête avec un rire discret, la photographe se pince les lèvres avec un amusement mêlé à autre chose. Elliot se tourne vers le producteur qui l'a accusé d'avoir perdu son mojo tout à l'heure pour dresser un index accusateur dans sa direction :

- Pour info Nate, c’est le balai qu'avait un caractère de merde.
 

Les rires fusent. Jun est déjà en train d’étudier le modèle qui a failli l’éjecter, et Elliot passe une main dans ses cheveux en regardant Freya. C’est une dinguerie les OCQ500. Il veut le sien. Genre. Hier. Il a jamais eu aussi envie d’avoir un balai taillé pour lui. L’équipe de prod débriefe le shooting, commence déjà à parler des visuels à exploiter, du tri des clichés, du montage final. Elliot s’en tape complètement. Il est déjà ailleurs. Loin des caméras, des sponsors, des attachés de presse. Il a encore l’adrénaline du vol dans le sang, l’étrange sensation du balai qui pense presque à sa place, et surtout un putain de million de questions en tête. Alors au lieu de rester là à sourire comme une mascotte bien élevée, il se détourne de la prod et traverse directement l’espace entre lui et Freya et Jun, qui sont déjà plongés dans leur discussion technique.
 

- Ok, attendez, faut qu’on cause.
 

Il débarque sans aucune transition, presque trop proche, les sourcils froncés comme s’il était face à une révélation capitale.


- L'bordel il anticipait avant même que t’appuies sur quoi que ce soit. Il fera ça aussi l'mien hein ? Faut j'passe à l'atelier pour tester des bois où quoi ? J'aimerais bien éviter de me retrouver avec un balai qu'essaye de me foutre en l'air à la première occasion. Est-ce que faut qu'ce soit le même bois que ma baguette ?


Y a cette flamme d’intérêt pur dans ses yeux, le même genre d’obsession qu’il a quand il décortique des schémas de jeux, qu’il analyse un match, qu’il essaie de comprendre pourquoi un mouvement a été plus efficace qu’un autre. Il est carrément prêt à donner de son temps pour permettre à Jun de lui synthétiser le meilleur du meilleur, bien plus motivé que pour poser devant des caméras en réalité.

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Freya Carter

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L'air gamin d'Elliot ramène Freya au début des années 2110, quand l'insouciance lui permettait de partager les rires du Gryffondor. Elle grave son expression dans un coin précieux de sa mémoire, où demeurent leurs souvenirs d'école, et chaque fragment de sa "vraie" personnalité qu'elle arrive encore à saisir maintenant. Elle sait qu'il existe quelque-part au fond de lui un garçon sensible, attachant, contrairement à l'image que lui donne la presse et qu'il se donne en réponse au phénomène médiatique. Elle voudrait croire qu'il est plus accessible qu'il n'y paraît. Qu'il ouvrirait ses murailles défensives pour elle seule. Mais une fois redescendue sur Terre et débarrassée du t-shirt Blackburn, la rouquine se résonne farouchement à coups de c'est mieux comme ça.

 

Dans la tente destinée à accueillir le matériel de vol, elle et Jun débriefent de la séance, des réactions du bois, et de sa petite démonstration au batteur des Catapultes. T'as bien choisi ; avec son caractère ça passe ou ça casse. On fera en sorte que ça passe, on aura plus rien à prouver, rassure le Japonais face à l’inquiétude de l'héritière Carter. Elle connaissait pertinemment l'énergie explosive d'Elliot avant de proposer le contrat à son manager, mais n'a-t-elle pas fait une erreur ? Et s'ils ne trouvaient pas à temps une association de matériaux qui lui conviennent ? L’irruption soudaine du sportif interrompt ses pensées. Calme-toi Elli,  sourit Freya, emballée par l'engouement d'Elliot.

 

— Ça dépend, tu t'entends bien avec ta baguette ? demande simplement Jun en fixant le brun. L'histoire du bois, c'est plutôt une compatibilité entre vos énergies. On doit trouver l'essence qui canalise parfaitement ta magie pour la fusionner à celle du coeur. Et c'est là que le bois va capter la moindre de tes intentions. Mais il y a des bois qui sont trop faibles pour supporter un vol. C'est quoi ton- du cerisier nan ? interrompt la jeune femme occupée à trier les balais alignés sur plusieurs socles en métal.

 

— Ah cerisier ? On l'utilise beaucoup au Japon. Ventricule de dragon ? s'intéresse Jun, son visage perdu en pleine réflexion. Il a une énergie similaire au cyprès, à l'ébène aussi. J'te dirais bien laurier mais ça risque de faire des dégâts. Ou alors le noyer, t'aurais sûrement de bons résultats, après un sérieux temps d'adaptation, c'est farouche le noyer. Tu l'as depuis quand ta baguette ? Concentré, l'assistant synthétiste poursuit son interrogatoire en occultant le reste. Soudain, il amorce quelques enjambées dans la tente et se penche au-dessus d'une malle, sa voix résonnant comme face à un puits. On peut déjà tester deux ou trois essences, ce sera jamais mieux qu'au labo, enfin ça va nous donner une direction. Certains bois vont absorber ta magie, d'autres vont l'amplifier au contraire.

 

— Tu veux faire ça ici ?

— Juste un essai, répond l'homme en se redressant avec plusieurs baguettes entre les mains. Elles sont comme vides, elles ont un coeur neutre, explique-t-il alors qu'il les étales sur un plan de travail. Freya s'approche, observatrice, tandis que Jun continue et désigne tour à tour des morceaux de bois. Cerisier pour te faire un référentiel, ébène, cyprès, laurier mais j'ai des doutes, et noyer. Si tu fais de la manumagie, fais-les léviter vers ta paume, t'auras déjà une idée, sinon prends-les et ressens juste ce qu'elles te renvoient. 

 

— Tu pourras pas jeter un sort avec, explique la fille d'Owen au batteur, impatiente de connaître le verdict. C'est plutôt un feeling, si ça pulse, si ça brûle, si ça te fait rien. Si c'est pas probant maintenant, on retentera au calme au laboratoire, complète le Japonais en attendant qu'Elliot se lance.

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Elliot Blackburn

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Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Jun est un geek. Elliot l'aurait sans doute jamais remarqué s'il s'était contenté de se présenter pour le shooting avant d'se tirer comme s'était prévu. Mais les questions qu'il vient de poser ont l'air d'avoir enclenché le mec. Sévèrement. À peu près autant qu'Elliot quand il se met à causer Quidditch en fait. Ça le dérange pas. Au contraire. Il est plutôt carrément intrigué par les créations révolutionnaires qu'il vient de tester pour la seconde fois seulement. Il est même prêt à parier que d'ici un an ou deux, ces balais seront la norme dans le milieu du sport tellement ça va cartonner. Obligé.

 

- Du cerisier, il répond avant même que Jun ne termine sa question.

Légèrement interloqué d'entendre Freya lui faire écho pratiquement au même moment, il hausse un bref sourcil dans sa direction - parce que merde, d'où elle se rappelle de quel bois est fait sa baguette en fait ?  - avant de retourner toute son attention sur le synthétiste.

 

- Poil de Womatou, il corrige ensuite.

Dingue le nombre d'idées qui semblent surgir du type à la seconde, à croire qu'il a sous le crâne un genre d'encyclopédie des bois. C'est peut-être bien le cas. Elliot a pas la moindre foutue idée des études qu'il faut pour devenir synthétiste - pis d'ailleurs il connaissait même pas le terme synthétiste encore tout récemment -, alors y a fort à parier que l'gars soit juste un gros cerveau. Du genre capable de lister toutes les compatibilités entre les cœurs et les bois selon les phases de la lune, ou un autre délire du genre. Pas que la lune ait le moindre impact sur ces choses là, à sa connaissance. Le problème c'est que les connaissances d'Elliot justement sont plutôt restreintes sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres qui ne tournent pas autour du Quidditch spécifiquement.

- Heu, j'l'ai depuis toujours. Enfin. Ma première année à Poudlard quoi, Elliot répond. Quinze ans. À quelques mois près.

Il sait honnêtement pas ce que ça fait, depuis combien de temps il a sa baguette. Encore moins le rapport que ça peut bien avoir avec son futur modèle d'OCQ 500. Mais Elliot est près à répondre à n'importe quelle question pourvu que ça accélère l'obtention dudit modèle. D'ailleurs, il ressent une pointe d'excitation en voyant Jun se diriger vers une lourde malle en vue de lui faire tester des trucs.

- J'fais pas d'manumagie, il balaye d'un revers de main en s'approchant du synthétiste de sa démarche un peu brute.

Il hoche la tête à l'intention de Freya, bien conscient qu'il est pas en train de se chercher une nouvelle baguette, mais bien de tâtonner pour qu'on lui taille le futur manche de son modèle tout à lui.

- Ok, ok.

D'instinct, il se dirige vers le cerisier. C'est le bois dans lequel a été taillée Brimstone après tout, et il bosse avec depuis près de quinze ans. Sa main se referme sans hésitation sur le corps de baguette, et sans grande surprise ça lui procure un genre de chaleur un peu tranquille, familière. C'est comme de porter un gant de cuir qu'on aurait moulé directement sur sa main. Bien sûr, c'est pas précisément la même sensation qu'avec Brimstone, mais ça y ressemble assez pour lui donner l'impression que ça pourrait matcher. Il commente pas pourtant, se concente de valider d'un hochement de tête avant de reposer la baguette et d'en empoigner une autre. Celle d'ébène. Y a tout de suite une sensation de lourdeur qui se propage dans tout son corps.

- C'est super désagréable.

Rigide. Froid. Résistant. Il a la sensation que ça pèse le double de ce que ça devrait. Il la relâche pratiquement aussitôt, saisi celle de laurier. Il a l'impression vive de se prendre un shot d'adrénaline direct. Électrisé, il est pris d'un sursaut et affiche une gueule entre l'amusement et l'excitation.

- Putain c’est comme si ça vibrait ! Plutôt cool.

Même que s'il la garde trop longtemps, il a la sensation qu'il va devoir entamer un sprint pour relâcher l'énergie qu'il vient de se prendre dans la gueule. Il la repose pour secouer la main légèrement, chope la suivante. Cyprès. Une sorte de picotement léger survient dans sa paume, un frisson étrange qui court sur tout son avant-bras. Pas franchement super agréable. Ça pulse un peu, puis ça s’éteint. C'est comme insaisissable, trop subtil pour qu’il le capte complètement. Il a presque la sensation que le manche glisse un peu dans sa main, qu’il est difficile à maintenir.

- C'est heu... volatile, il essaie d'expliquer. Fin c'est bizarre. Fin j'aime pas.

Elliot est pas connu pour ses explications pleines de clarté. Il repose le bordel avec une grimace avant de récupérer la dernière. Celle de noyer. Pis là, rien. Zéro réaction. Un peu comme s’il tenait un simple morceau de bois. C’est pas désagréable, c’est juste vide. Pas de chaleur, pas de résistance, pas d’éclat. C’est une bête sensation d’objet, comme si la baguette se foutait de lui.

- Ben celle-là y a pas de doute elle est neutre. J'me fais même carrément chier. On est sûr c'est taillé dans du bois sorcier ?

Il attend quand même. Parce que bon. On sait jamais. Mais vraiment y a rien à en tirer. Alors il finit par la laisser de côté pour désigner tour à tour les baguettes de cerisier et de laurier :

- Ben c'est celle-là qui matchent le mieux j'crois. Il saurait pas dire s'il a préféré la douceur familière du cerisier, ou l'adrénaline procurée par le laurier. Il sait juste que ça a été plus agréable à vivre que toutes les autres. Il se redresse subitement vers Jun pour lui demander, un peu aléatoirement : t'en as pas d'autre ? Genre du chêne blanc. J'me souviens que j'avais testé une baguette en chêne blanc avant la mienne et que c'était pas si mal.

Tellement pas si mal en fait que la vendeuse avait bien hésité une heure avant de laisser trancher Elliot lui-même. Et entre la sensation d'une baguette qui semblait directement lire à l'intérieur de son âme et le connaitre complètement, et une autre plus confortable qui semblait dédié à faire n'importe quoi pourvu qu'il le demande correctement, il avait choisi la seconde.

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Freya Carter

Owen Carter Quidditch 24 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

— Womatou, comme moi tiens.

 

D'un côté, Jun reste immobile, les mains jointes dans une posture que l'on pourrait qualifier de méditative, observant scrupuleusement la moindre réaction d'Elliot sans sourciller. De l'autre, Freya s'affaire à ranger des trucs, ça-et-là, s'arrêtant quelques secondes à chaque nouvelle baguette de bois pour prêter un œil attentif au batteur des Catapultes, avant de s'en retourner à ses housses de protection et son matériel de vol. Mais soudain elle se fige et tourne la tête vers son ancien petit-ami. Du chêne blanc, toi ?

 

— C'est le bois de prédilection de Freya, explique Jun en s'abaissant afin de fouiller l'intérieur de la malle enchantée. À nouveau, sa voix résonne au-dessus du vide provoqué par le sortilège d’agrandissement. Le Roi de la forêt : loyauté, fidélité magique, valeurs primordiales, courage, ajoute la rouquine en dévisageant Elliot, curieuse de connaître sa réaction s'il réalise qu'ils ont des compatibilités similaires, du moins, en essence de bois. Un brouhaha résonne dans la malle et l'Asiatique se penche encore. En parlant de valeurs, l'organisation n'en fait pas partie, commente-t-il, vite rejoint par la sorcière qui se penche de l'autre côté pour l'aider à trouver la baguette de chêne blanc.

 

— C'est très organisé ! C'est juste ma propre organisation ! Son buste disparaît brièvement, puis elle se redresse, prend appui sur les rebords de la malle, et prévient son assistant. Pousse-toi, j'vais dedans. En un bond, Freya se fait avaler entièrement par le bagage sous le regard déconcerté de Jun. Eh, j'ai retrouvé la boussole à énergie, s'écrie-t-elle immédiatement. Ça tombe bien, j'en avais besoin le mois dernier, plaisante son interlocuteur entre deux claquements retentissants. On aura peut-être ton échantillon pour Noël, ajoute-t-il à l'intention d'Elliot, un sourire détendu aux lèvres. 

 

— Je t'entends hein !

— Mais j'ai rien à te cacher !

— Tu me décrédibilises sans aucune gêne là !

— Je me ferai pardonner.

— Ouais, ouais.

 

Elle ressort victorieuse, brandissant une baguette poussiéreuse que Jun attrape et époussette rapidement avant de la tendre à l'égérie de l'OCQ500. Vas-y, et au pire, on a le balai sous la main. Il récupère dans le même temps les morceaux de bois incompatibles avec le brun, pour les aligner proprement sur un linge qu'il commence à rouler, s'arrêtant lorsqu'il s'agit d'observer l'effet du chêne blanc.

 

— Freya t'as parlé des cœurs ? Basiquement, on peut utiliser les créatures qui appréhendent l'espace en quatre dimensions. En gros, celles qui volent,bien sûr- et celles qui nagent ! coupe la jeune femme en repoussant une mèche épaisse de ses cheveux vers l'arrière. Mais attention-  oui, attention, il y a une charte d'éthique sur l'OCQ500. 

 

— Pas de créatures sacrifiées pour des balais, pas de créatures illégales ou menacées. Que des prélèvements autorisés en réserves naturelles, ou sur le lieu d'habitat de l'animal, sans nuire à sa qualité de vie. Sinon, Charlie me tue, ajoute-t-elle en enfonçant son index contre sa gorge comme si c'était l'extrémité d'une baguette menaçante. Nan sérieux, ça a de l'importance, puis ça aura le mérite de t'redonner des points de karma. Elle appuie sa plaisanterie d'un clin d’œil tandis que Jun demeure sérieux.

 

— On a quand même le choix au final, on a trouvé beaucoup de collaborateurs qui ont accepté de changer leur façon de travailler pour coller à la charte.