Harry Potter RPG
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Black Hollow

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bistrot du Niffleur Doré, Mercredi 28 Juin 2124

- Ouais ! Vingt heures c'est parfait Miss Bergame ! J'serais là !

 

Il sait pas bien pourquoi Leo, mais il est partit très rapidement dans les minutes qu'ont suivies. Comme si qu'un sentiment d'urgence l'avait pris pour Merlin sait quoi. Emporté par les répliques graveleuses qu'avaient pu sortir les clients du bar, il s'était éclipsé en agitant une main vers la tenancière, à reculons ou presque, à s'en prendre une chaise, une table, la porte d'entrée même. Rouge comme une pivoine, il s'était alors retrouvé à la rue. C'est là et seulement là qu'il avait compris le sentiment d'urgence. 

D'abord, il fallait qu'il trouve le fameux bistrot, dont le nom seul lui était venu sans qu'il ne se rappelle où l'endroit pouvait bien se trouver, où la raison pour laquelle cette enseigne l'avait marqué plus qu'une autre. Ensuite, il fallait qu'il s'assure qu'ils servent bel et bien les pâtes fantômes promises, sans quoi il aurait sans doute l'air d'un crétin. Enfin, il fallait qu'il se change pour avoir l'air d'un type cool. Un type cool qui sortait avec une fille. Un type cool qui sortait avec Miss Bergame.

 

Fichtre, quel stress.

Alors pressé, Leo se décide à héler le Magicobus pour un retour vers Londres spectaculairement rapide, pendant lequel il échange longuement avec son conducteur : Patrick. Leo connait bien Patrick. Il faut dire que Patrick est son successeur, et que Leo est l'homme connu pour avoir coincé le Magicobus en mode aplati. Mais surtout, Patrick est une mine d'or en terme d'informations, car il sait aussitôt de quel bistrot Leo veut parler lorsqu'il lui demande. 

 

- Ah ! Mais c'est à côté ça ! Enfin à côté. J'me comprends. En Magicobus y a tout qu'est à côté t'vois. C'est à Black Hollow, dans le nord tu sais ?

Leo connait effectivement Black Hollow. Autrefois, il avait travaillé sur son port. Il faut dire qu'enchanter des navires de cette envergure en partance pour des routes commerciales on-ne-peut-plus secrètes avait son charme, voyez. Un charme qui s'était rompu dès lors qu'il s'était avéré qu'il n'avait pas vraiment les compétences nécessaires même aux tâches les plus simples, et qui lui avait valu se faire licencier pratiquement dans la même semaine que son embauche. Bref. C'était là, sans doute, qu'il avait mis les pieds pour la première fois au Bistrot du Niffleur Doré.

D'ailleurs, il se souvenait à présent de ce qui l'avait grandement marqué au sujet de ce bistrot. Sa forme, d'abord, fièrement sculptée à l'image d'un village majoritairement composé de pêcheurs, héritiers de quelques pirates de renom dont on contait encore les histoires ce jour. Il prenait la forme d'un navire, ou plutôt de l'avant d'un navire, sa coque sertie de richesses - probablement fausses, néanmoins brillantes - qui ne manquaient guère attirer l'œil de ses visiteurs. En fait, il avait l'aspect d'une épave de pirate qui aurait dérobé des montagnes de pièces quelque part sur une île lointaine, peut-être gardé par un dragon.

C'est l'image que s'en faisait Leo du moins, et qu'il se prenait à se remémorer alors que le Magicobus faisait halte à Londres.

- Merci Patrick ! T'crois que tu pourras m'ramener tout à l'heure ? Dans... deux heures !

- Ouais ouais ouais, t'inquiète même pas. Pis j'peux même t'conduire avec ta d'moiselle jusqu'au bistrot tu vois.

- Trop bien.

 

Il était fier, Leo, de voir que finalement tout s'emboitait si bien. À son appartement, il récupère les vêtements les plus classes qu'il détient. Une chemise blanche qu'il ne porte que pour les grandes occasions, une veste de costume que son père lui a acheté lorsqu'il a reçu son diplôme de Poudlard - inespéré -,  un jean parfaitement ajusté qu'il est persuadé de lui porter chance. Il verni ses chaussures, se recoiffe, se parfume, se recoiffe encore avant de se décider à guetter le temps qui passe. Le temps passe diablement lentement quand on est impatient, voyez. Il s'écoule à la manière d'un robinet qu'on aurait mal fermé. Un compte-goutte abominable qui vous fait croiser et décroiser les jambes tellement de fois qu'on ne sait plus dans quel sens on est tourné.

 

Bref.

Leo n'en peut bientôt plus d'attendre. Il repasse devant la glace pour se recoiffer encore, se parfumer encore, avant de quitter l'étroit appartement pour aller faire un tour. Faire un tour accélère toujours le temps qui passe. Puis, alors qu'il s'est trouvé en chemin un fleuriste, il hèle de nouveau le Magicobus, et venir se reposter non loin des Trois-Balais. Il est dix-neuf heures trente, et Patrick lui a assuré qu'il se pointerait dès qu'il lèverait de nouveau sa baguette tout à l'heure. Alors Leo hésite. Entrer en avance et attendre Miss Bergame alors même qu'elle travaille encore ? Attendre dans le froid pour ne se montrer qu'à la dernière minute et l'embarquer avant que quiconque n'ait eu le temps de le charrier ? Il guette le temps qui passe, encore, à la montre magique que lui a offert son père quelques mois plus tôt, et il décide d'attendre.

D'attendre encore.

Jusque dix-neuf heures cinquante deux, où l'homme se met en branle sans parvenir à démontrer de plus de patience, pour entrer de nouveau aux Trois-Balais d'un pas qu'il espère déterminé. Aussitôt, il est enveloppé d'une vague de chaleur lui rappelant combien il faisait froid, là dehors, et il manque rentrer dans une serveuse qui lui passe sous le nez, s'attirant quelques regards ainsi que quelques rires. Il se pince les lèvres. Rajuste inutilement ses cheveux tandis que d'une main il resserre sa poigne sur le bouquet de fleurs qui semble flancher sous la température ambiante. Il se racle la gorge. Cherche du regard Miss Bergame. Se sent suer terriblement, et se demande s'il a mis assez de parfum. C'est éreintant, de sortir avec une fille.

C'est là qu'il réalise qu'il a oublié de demander à Patrick si au bistrot, on pourrait lui servir des pâtes fantômes. Merde.

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Isaya Bergame

Gérante des Trois Balais 34 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bistrot du Niffleur Doré, Mercredi 28 Juin 2124

Après le départ de Leo, la journée s'est écoulée normalement. Les quelques rires et remarques des clients faisant suite à l'invitation du jeune homme se sont vite dissipés, bientôt remplacés par les sempiternels sujets de conversation : la boisson, le Quidditch, les échecs de potion et les compétitions amicales de Bavboules. 

Kelly a demandé, à voix basse, si Isaya était vraiment sûre de ce qu'elle faisait, arguant que le garçon était jeune et touchant à sa façon et que ce serait méchant de briser son petit coeur plein d'innocence. Ce à quoi la gérante a affiché une mine à la fois gênée et désespérée : "je saaaaais, j'ai eu trop pitié ! Mais c'est trop tard, là, je peux plus faire marche arrière !" La jeune serveuse a eu un hochement de tête compréhensif, notant mentalement qu'elle n'aimerait pas être à la place de sa patronne.

 

Dix-neuf heures cinquante-deux.

L'heure tourne vite, bien plus vite qu'estimé.

La porte s'ouvre, fait tinter la cloche, l'air frais du dehors s'engouffre, le temps d'un instant, dans l'établissement. Puis la porte se referme et la chaleur, les éclats de voix et l'odeur de nourriture se retrouvent à nouveau enfermés.

Kelly reconnaît, au premier coup d'oeil, le jeune homme qui est entré. Il manque de lui rentrer dedans alors qu'elle navigue, un plateau à la main surmonté de trois bièraubeurres. Elle va déposer son fardeau à la table convenue et revient vers le nouveau venu. Il n'a pas l'air tout à fait serein, sans doute stressé du premier rendez-vous. S'il savait, se dit-elle, avec une pointe de compassion.

 

-Tu cherches la patronne, n'est-ce pas ? lui dit-elle lorsqu'elle arrive à sa hauteur, avec un joli sourire. Je vais lui dire que tu es là.

 

Et elle s'éclipse. Retourne derrière le comptoir où elle laisse son plateau et se dirige vers la cuisine où Isaya est en train de faire le point avec Erwan sur les commandes de plats à préparer. Lorsqu'elle voit Kelly apparaître, elle sait de suite pourquoi. Pas de mots, seulement un échange de hochement de tête.

Erwan sent une communication non-verbale entre les deux femmes mais ne comprend pas. Il sait juste que la patronne doit exceptionnellement s'absenter cette fin de soirée et qu'ils seront tous les deux à gérer la fermeture. Ca ne le dérange pas : il aime voir qu'on lui confie des responsabilités et qu'on lui fait confiance. Et puis, faut bien l'avouer, il aime bien passer du temps avec Kelly. Même s'il n'est pas sûr que ce soit forcément réciproque.

 

Isaya réajuste rapidement sa coiffure -ramener les mèches rebelles en arrière, les fixer avec les autres dans un chignon oscillant entre le soigné et le négligé, disons une forme de négligence maîtrisée.

Elle n'a évidemment pas eu le temps de changer de tenue depuis le début d'après-midi mais estime que ça ira. Après tout, de son point de vue, c'est une invitation acceptée par pitié. Elle a une certaine affection pour le jeune Leo, c'est sûr. Il la touche, d'une certaine façon. Mais c'est une affection platonique, presque... maternelle ? Ca devient malsain tout ça...

 

Chassant ces pensées encombrantes, elle fait irruption de la cuisine et retrouve Leo, lequel a l'air passablement stressé. Elle note qu'il a changé ses vêtements pour un joli costume qui fait classe et qu'il s'est même parfumé -voire un peu trop.

Elle lui fait un grand sourire pour tenter de détendre l'atmosphère. 

 

-Tu es très ponctuel ! remarque-t-elle d'un ton qu'elle veut enthousiaste. Je te suis ? Ce soir, tu es mon guide !

 

Sur ce, les deux quittent les Trois Balais et se retrouvent bientôt sur le trottoir de Pré-au-lard.

Leo sort alors sa baguette pour faire signe et, rapidement, le Magicobus surgit devant eux. Isaya ne cache pas sa surprise : elle ne pense jamais à utiliser ce moyen de transport. Elle quitte peu Pré-au-lard et lorsqu'elle le fait, elle a davantage l'habitude du transplanage voire de la poudre de cheminette. Décidément, ce Leo l'étonnera jusqu'au bout.

Tandis qu'ils montent, elle constate que le jeune homme et le conducteur semblent bien se connaître. Ce dernier la dévisage d'ailleurs avec une certaine curiosité. Isaya soupçonne qu'il sache totalement pourquoi elle est avec Leo et où ils vont... D'ailleurs

 

-Alors, où se trouve le restaurant qui a plein de chaises et des pâtes fantômes ? demande-t-elle à son cavalier d'un soir.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bistrot du Niffleur Doré, Mercredi 28 Juin 2124

Un sourire éclatant lui fend le visage d'une joue sur l'autre alors que Miss Bergame se montre, le complimente sur son sens de la ponctualité. C'est quelque chose d'important, la ponctualité. Maman le lui a toujours dit, Papa aussi, parfois. Lorsqu'il annonçait qu'il avait un entretien, ils ne manquaient jamais lui rappeler d'arriver en avance, pour mettre toutes les chances de son côté, montrer qu'il pouvait être ponctuel. Ça, et bien s'habiller. Miss Bergame n'avait rien d'un futur employeur, cependant Leo n'était pas sans savoir qu'une femme n'attendait pas moins de la part d'un homme : qu'il soit bien habillé, et ponctuel. Ça il ne le tenait pas de quelconque film, mais bien de magasines empruntés à Madame Gillespies, qui ne manquait par ailleurs jamais de bon conseil en la matière :

 

- Les femmes, elles te diront parfois le contraire, mais ce qu'elles aiment ce sont les fleurs et les compliments. Mais les vrais compliments Leo, attention. Si tu l'pense pas, ça compte pas !

- C'est pour vous Miss Bergame ! Il annonce alors en offrant son bouquet à l'aubergiste, d'une voix forte et sûre. J'en ai pris d'toutes les couleurs, parce que les couleurs ça fait joli, voyez ? Comme vous.

Il rougit un peu quand même, parce c'est plus facile à dire qu'à faire que de courtiser une jeune femme, surtout quand elle est aussi jolie que Miss Bergame, mais il se démonte pas en lui refilant ses fleurs avant de lui offrir un bras. Parce qu'il est son guide. Sûr qu'il va être un bon guide. L'meilleur, pour Miss Bergame. Pas que Leo soit très doué pour guider les gens d'manière générale, mais pour ce soir au moins, il sait où il va emmener la sorcière, et même comment ils vont s'y rendre. Alors ça se présente pas si mal. Il ignore les quelques regards de biais qui semblent un peu les suivre alors qu'ils s'en vont de l'auberge, et se met bien sûr à parler pour occuper l'espace, occuper le silence, occuper Miss Bergame et s'assurer qu'elle n'ait pas le temps même de penser qu'elle risque de prendre froid.

- Z'allez voir Miss Bergame, vous allez pas en revenir d'l'endroit où j'vous emmène. Enfin si bien sûr, vous ne reviendrez. J'suis pas un gars comme ça qu'emmène des filles à des endroits dont elles reviennent pas. Il rit nerveusement, ferme la bouche un peu brusquement avant de la rouvrir : c'est pas bien loin d'ici. Il lève sa baguette pour héler le Magicobus, dont les phares surgissent à quelques mètres dans la seconde suivante. Salut ! 

 

Il avise Patrick, se décroche de Miss Bergame pour lui régler deux billets, échangeant un regard complice avec le contrôleur, qui connait parfaitement sa destination. Puis il revient s'installer près de Miss Bergame, ignorant la manière dont le Magicobus se met en branle dans un grand chaos sonore, les chahutant d'un bord et d'un autre sans délicatesse.

 

- Ah ! On va à Black Hollow Miss Bergame ! Connaissez Black Hollow ? Il n'attend guère de réponse. Laisser un silence s'installer, c'est laisser la relation mourir avant même qu'elle n'ait vécu, page 23 de Sorcière Hebdo. Un vrai village de pirates Miss Bergame ! Enfin. De descendants d'pirates, alors on risque pas grand chose. Black Hollow était par ailleurs davantage connu comme un village de pêcheur dorénavant, bien qu'il conserve son charme corsaire affluent en son sein son flot de touristes chaque année. L'Bistrot du Niffleur Doré c'est un incontournable voyez. Il imagine, du moins. Pis comme j'vous ai dit. Z'ont des pâtes fantômes. Ça il l'espère encore.

Patrick est d'une aide essentielle quand il s'agit de ne pas laisser le silence s'installer, avançant ses propres questions dans la direction générale de Miss Bergame, ou parfois de Leo. C'est vous qui t'nez les Trois-Balais alors ? Celui-ci a tenu l'Magicobus savez. Pas vrai Leo ? Bien sûr, Leo acquiesce, avec cet air paniqué qui stoppe probablement Patrick dans son élan, avant qu'il ne déborde à raconter pourquoi, au juste, Leo ne conduisait plus le Magicobus. Bon et alors vous avez entendu parler d'tous ces meurtres dans votre région Miss ? On sait plus à qui faire confiance de nos jours. Le silence ne s'installe pas, mais parfois Leo se demande s'il n'aurait pas été préférable, car la conversation de Patrick n'est pas toujours du genre à se faire valider par quelque Sorcière Hebdo que ce soit.

Lorsque le véhicule fait halte, une halte brusque qui les envoie presque se ficher directement dans le pare-brise, Leo récupère le bras de Miss Bergame pour la faire sortir, secouant un bras vers Patrick pour le saluer, soulagé intérieurement qu'ils soient enfin à Black Hollow. Au devant même d'ailleurs du Bistrot du Niffleur Doré, vaste pub aux allures d'épave échouée avec sa coque sertie de trésors aussi brillants que des gemmes. Joyeux, Leo rajuste le col de son costume d'une main, lève un peu le menton, puis tend un bras pour présenter la bête boisée ensevelie sous quelques dunes de sable à Miss Bergame.

- Tada !