Harry Potter RPG

[Terminé]
Le match caritatif Côte sauvage, sur l'île de Quiberon, vendredi 21 septembre 2125

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Owen Carter Quidditch
Intendant des greniers

Message publié le 17/12/2025 à 10:03

Il regrette rien. La rouquine se gausse bêtement, car, quel espèce de gars regretterait d'avoir passé ne serait-ce qu'une nuit avec Miss Petra Frostweel et ses deux boobs en forme de souafles ?!! Bien sûr, un seul prénom vient à ses lèvres ; Jun, qui aurait probablement renvoyé la bimbo à ses tapis de défilé, totalement imperméable - eunuque, certains diraient. Nan mais j'pense bien qu'vous avez dû avoir des "conversations... profondes", s'amuse encore Freya en ponctuant sa phrase de guillemets mimés entre ses doigts. Elliot sait pertinemment qu'elle n'est pas dupe, de toute façon, et qu'il vaut mieux éviter de la baratiner. 

 

Dans la voiture, l'Écossaise fronce les sourcils en essayant de comprendre quelques mots, et le nom du bar conseillé par les moldus. Elle donne une dernière caresse affectueuse au chien avant de sortir sur le trottoir lorsqu'ils arrivent. Dehors, au moment où Elliot désigne l'enseigne du BaraGwin, un vendeur de jouets lumineux fait sursauter la sorcière en agitant sa balle sous son nez. Putain j'ai eu peur ! ...euh, non merci, refuse-t-elle poliment en secouant sa main devant l'homme tandis qu'ils s'engouffrent à l'intérieur du bistro. Immédiatement, ses yeux captent plusieurs personnes avec des verres à pieds remplis de liquide rubis ou légèrement doré. On va boire du vin français ! sourit Freya, enjouée à l'idée de tenir elle-même l'un de ces élégants verres. En un rien de temps, ils se font guider vers une table, cartes et menus tendus à chacun d'entre eux. Un groupe de clients plus agités que les autres lui rappelle l'ambiance d'un pub. Au fond de la salle, quelque-chose se prépare. 

 

Sur un trépied, une tige, et au bout, un amplificateur sonore- un. Attends. un.. râh, souffle-t-elle, le mot oublié parmi sa liste de vocabulaire moldu. Des deux côtés, des blocs noirs bordés de lumières colorées, et à l'arrière, un écran où les pixels défilent pour donner le titre de musiques principalement en Français et un peu en Anglais. Y'a un concert ? elle questionne Elliot pendant que le groupe de clients bruyants est penché autour d'un classeur répertoriant des centaines de chansons du monde entier. 

 

On revient déjà prendre leur commande. Du vin ? tente Freya, des picotements d'excitation et de chaleur aux joues, en posant son index en haut de la liste des boissons où un dessin de verre à pied donne le ton. 

 

Après un échange hasardeux et quelques minutes d'attente, ils ont deux verres servis, le reste de la bouteille de blanc posée dans un seau à glaces près d'eux, et plusieurs petites assiettes sous les yeux, dont une avec 6 énormes escargots et une autre avec des huîtres. L'aînée Carter jette à Elliot un regard incertain. Bon. Elle se marre, soudain perplexe. On goûte le vin d'abord ? On trinque ? demande-t-elle en soulevant son verre comme - selon elle - une Française le ferait. Ses prunelles agrippent celles du brun, presque romantiques, et pile à cet instant, le crissement du micro trop proche de l'enceinte leur arrache une grimace de douleur. C'était quoi ça ?! s'inquiète-t-elle, avant de constater que personne n'a l'air paniqué. Au contraire, des applaudissements joyeux encouragent la femme qui vient de se placer derrière le micro. C'est une soirée karaoké. 

Elliot Blackburn

Homme

26 ans

Né-moldu

Britannique

Avatar de Deb
Deb

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel
Vif de Cœur 2025

Message publié le 21/12/2025 à 21:00

- Micro, Elliot annonce à l'intention de Freya, qui trouve visiblement pas le bon terme. Putain non j'crois pas c'est un concert. Wah.

Ils sont attablés au cœur du pub, le menu ouvert devant eux, l'intégralité des intitulés incompréhensibles pour l'un comme pour l'autre. Le serveur a l'air assez habitué à se coltiner des touristes cependant, et bientôt ils se retrouvent avec une large bouteille de vin blanc, et tout un tas de trucs étranges à bouffer. À peine ils ont dressé leur verre pour trinquer qu'un larsen perce la salle et les fait grimacer.

 

- Le micro. Z'ont pas du l'tourner dans la bonne direction, il explique brièvement en zieutant le groupement autour de la machine du soir. Apparemment c'est soirée karaoké.

Elliot trinque finalement, et s'enfile une bonne gorgée de vin blanc avant de reposer son verre sur la table. Il est obligé de capter assez rapidement que Freya sait pas ce que c'est un karaoké, alors tout en récupérant un escargot pour le faire tomber dans son assiette, il énonce :

 

- Ils vont chanter. Sur des morceaux moldus connus. Avec la musique qui passe en fond et les paroles qui s'affichent à l'écran.

D'un signe de tête il désigne le bordel de machines tandis que déjà, un groupe semble s'affairer. Ils ont visiblement pris un bon apéro qui les a suffisamment ambiancé pour ouvrir le bal. Elliot croque dans l'escargot. Agréablement surpris par le goût persillé, il apprécie pas mal, jusqu'à ce que la texture commence à se faire relativement impossible à ignorer.

 

- Ch'est chuper chelou. T'aimes bien ?

En fait, il arrive pas à savoir s'il aime pas où si ce qu'il aime se cantonne à la sauce dans laquelle est enrobée le bordel. Il mange quand même parce qu'il a la dalle. La musique s'enclenche en toile de fond, un tube français probablement parce que le pub s'anime brutalement, comme si tout le monde reconnaissait le morceau. 

 

- Damn. Mates ça. C'est toi dans une heure quand t'auras bu trop d'vin français, il la taquine alors que les chanteurs improvisés braillent dans le micro sans justesse aucune.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Owen Carter Quidditch
Intendant des greniers

Message publié le 24/12/2025 à 10:22

Être ici, le nez enfoncé dans un verre de vin français, les prunelles vissées sur l'explication d'Elliot à propos du karaoké, ça semble irréel, comme une parenthèse trop précieuse - qui ne durerait qu'un temps, et dont il faut conserver chaque seconde en mémoire. Freya observe son... son... ancien (?) petit ami, goûter bravement l'escargot en grimaçant. Putain, t'l'as fait, rit-elle en posant son verre pour saisir à son tour la minuscule fourche de métal au bout duquel gît un gastéropode recroquevillé sur lui-même, que le serveur a bien voulu sortir de sa coquille en démonstration. Attends, j'vais te dire, mais déjà, le vin ? C'est trop bon, nan ? Ils sont coupés par le chant des clients et l'Écossaise ricane encore. Elle jette un œil amusé à l'ensemble de la salle sans rien comprendre aux paroles de la musique. C'est un air entraînant et certains se prennent bras dessous, bras dessus, pour se balancer avec ferveur.

 

— Dans tes rêves Blackburn, ce soir j'garde le contrôle, assure-t-elle, malgré la bouteille d'alcool qu'ils s'apprêtent à partager à deux. À son tour d'affronter l'escargot. Elle le fixe, louche un peu, le renifle, et recule sa tête. Ça m'rappelle quand Joy a bouffé la queue d'une salamandre en cours de potion, elle avait la même forme, j'vais mourir ! Elle cache sa bouche, tourne les yeux, et croise le regard d'un serveur posté plus loin, qui l'encourage à essayer d'un geste muet. Bon, j'suis coincée, déclare alors Freya en passant l'animal entre ses lèvres. Séduite par la saveur du beurre persillé, elle mâche, croque, et confirme immédiatement l'impression d'Elliot. Oh ouais putain, c'est chelou. C'est bon, j'crois, mais la texture... on dirait la peau du Haggis - un plat traditionnel écossais fait à partir d'une panse de brebis farcie d'abats de moutons. Elle en mange directement un deuxième, qu'il faut aller chercher au fond de sa coquille grâce à la petite fourche, et prend le temps de l'analyser. Si t'en bouffes pas tous les jours, j'pense que l'beurre là, avec les herbes dedans, c'est addictif ça par contre, c'est trop bon, ça m'fait penser au garlic bread le goût, commente-t-elle, investie, avant de prendre une huître qu'elle détaille scrupuleusement. T'as déjà testé ? On en mangeait des fois avec mes parents avant, mais ça fait mille ans qu'j'ai pas re-goûté. À l'aide du couteau, elle détache l'huître de la coquille, puis y dépose une cuillère de vinaigre aux échalotes en expliquant à Elliot qu'il peut aussi mettre du citron s'il préfère. Pour terminer sa bouchée, la rouquine avale une gorgée de vin. J'me sens Français, ça y est, plaisante-t-elle en faisant tourner le liquide dans son verre. 

 

Du côté des enceintes, la musique change. Les premiers mots d'un classique de Brassens retentissent et illuminent le regard de Freya. J'la connais celle-là ! Fin j'la connais. J'peux pas chanter hein, mais j'la reconnais plutôt. Horace m'l'a déjà chanté, j'en suis sûre, s'émerveille-t-elle. Encore une fois, la plupart des clients accompagnent joyeusement les refrains, et elle se surprend à taper en rythme ses mains l'une contre l'autre pour les imiter. Finalement, la vie de moldu, c'est assez facile jusqu'à maintenant. Un serveur vient resservir leurs verres en vin blanc et leur demander si tout va bien, et les lumières de l'établissement finissent par se tamiser, laissant place à une ambiance plus festive. 

 

L'aînée Carter saisit un morceau de pain dans le panier qu'ils ont à disposition, près de la terrine et des rillettes. Baguette baguette, rit-elle, avant de s’extasier en le faisant croustiller à sa propre oreille. Nan mais wah, mais pourquoi on n'a pas ça en Écosse ?! Elle recommence à côté de l'oreille d'Elliot. Écoute ! J'te jure, y'a un business de boulangerie française à ouvrir à Pré-Au-Lard, ce serait l'feu ! Les habitants s'y presseraient à la recherche de viennoiseries dès le matin, à l'heure du goûter, et au soir, en rentrant chez eux. 

Elliot Blackburn

Homme

26 ans

Né-moldu

Britannique

Avatar de Deb
Deb

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel
Vif de Cœur 2025

Message publié le 03/01/2026 à 14:11

- T'es sûre ? Même qu'il est entre déçu et sceptique.

L'vin est bon. D'autant plus de raison pour Freya d'en abuser sans trop faire attention, pas vrai ? Il s'marre au souvenir de Joy et de sa queue de salamandre. 

- La sauce est grave bonne, il l'encourage.

Elle tarde pas à tester le bordel à son tour tandis qu'il se reprend une gorgée de blanc. Vrai qu'le vin est putain d'bon. Évidemment, Freya est aussi convaincue par le beurre persillé qu'il l'a été. Il approuve la comparaison avec le pain à l'ail. Ça ressemble. Pour être honnête, c'est meilleur. C'est juste un peu gâché par la texture ultra chelou et à moitié élastique qui se trouve au cœur. 

- P'tain en une soirée t'es d'venue française et moldue. Truc de dingue nan ?

Il teste une huître. C'est pas franchement ce qu'il y a de plus appétissant. En fait, c'est même plutôt l'inverse d'appétissant. Il imite les gestes de la sorcière, et grimace immédiatement alors que la chose coule contre sa langue, et part descendre dans sa trachée. Il s'envoie une gorgée de vin blanc pour faire passer l'goût. À quelques mètres, un serveur secoue la tête.
 

- Mais au s'cours. Freya, c'est juste de l'eau d'mer je jure. Horrible. Il grimace encore en regardant les autres huîtres comme si elles lui avaient fait un affront personnel, la langue un peu tirée comme un gosse pas content. J'te les laisse fais toi plaisir.

La musique change, et de nouveau les clients s'attroupent pour chanter les paroles en chœur. Elliot hausse les sourcils alors que Freya annonce connaitre la chanson, et s'enjaille à suivre un peu le mouvement en frappant des mains sur la table.

- Mate ça, une vraie française. Il récupère un autre escargot dont il s'applique à lécher le contour avec soin.

 

Un serveur apparait de nulle part pour leur servir un autre verre, visiblement au taquet, et Elliot approuve d'un hochement de tête. C'est cool le service à la française. Les lumières se tamisent finalement, et les clients semblent s'assembler davantage autour du poste de karaoké, s'encourageant les uns les autres. Alors que Freya fait croustiller son pain à son oreille, il tourne brusquement la tête pour croquer dedans, et le vole sans hésitation aucune pour le récupérer dans sa main.

 

- Ch'est vrai. Tu d'vrais proposer ça à Alison cha la f'ra rêver. Boulangère de Pré-Au-Lard, les miches les plus chaudes de ta région ! Merde la gueule de Freya. Priceless. Ça va j'déconne. Il s'envoie une autre rasade de vin blanc.

Derrière eux, l'ambiance change soudain, la musique plus entrainante, les paroles familières résonnant dans un accent abominable. Un groupe de français s'est lancé dans du Queen, et ils donnent tout ce qu'ils ont. Mort de rire, Elliot balance le menton dans la direction de Freya :

 

- Alors, premières impressions sur le karaoké ?

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Owen Carter Quidditch
Intendant des greniers

Message publié le 03/01/2026 à 17:12

— J'préfère les écouter massacrer Freddie Mercury que d't'entendre dire des conneries sur ma sœur ! aboie la sorcière à travers la musique trop forte, un sourire vengeur aux lèvres. Elle fixe Elliot, les yeux brillants, et l'imite en avalant quelques gorgées de vin, juste avant de protester, faussement excédée. Ouais mais s'ils nous resservent à chaque fois aussi, on peut pas compter les verres ! Moi j'ai des transplanages après hein ! Elle n'en pense rien, décidée à se payer un hôtel si ça lui permet d'allonger la soirée en compagnie du batteur aux yeux ténébreux. Son menton opine au rythme de la guitare électrique tandis qu'elle fredonne en préparant la prochaine huître qu'elle mangera, lorsque son regard s'arrête sur Elliot, en train de lécher un troisième escargot. T'es sérieux ? ricane-t-elle, les joues rougeoyantes, tu vas tous les sucer comme ça ?! On va s'faire virer ! Davantage pour illustrer son propos que par réelle inquiétude, elle jette un œil vers les membres du staff. Puis elle pouffe, et aspire son huître au goût d'eau de mer face à la grimace du brun. Moi au moins j'fais honneur à la nourriture française, tssss ! Elle se beurre un morceau de pain en évitant soigneusement le regard du Gallois qui pourrait la faire mourir de rire en une seconde. M'en reste encore trois, tu vas survivre ? se moque la rouquine entre un couplet haché au couteau et un refrain chaotique. Ils font pas semblant de bousiller l'accent anglais. Elle se retient de cracher la prochaine huître tellement c'est horrible. J'préfère p't'être t'entendre dire des conneries sur Alison en fait. Nan tais-toi j'ai rien dit ! Deux huîtres avalées plus tard et le même nombre d'escargot léchés par Elliot, le serveur revient remplir leurs verres - il termine d'ailleurs la bouteille

 

L'Écossaise tend son bras pour trinquer avec le brun, une fossette creusant sa joue couverte de tâches rousses. T'as dit que Française et moldue c'est un truc de dingue, mais moi j'crois que c'est pas ça le vrai truc dingue de la journée, lâche-t-elle quand leurs verres s'entrechoquent. Puis les clients décident de s'attaquer à The Clash, et Freya avale une grande gorgée de vin avant de se lever, saisie par l'envie de rejoindre la piste de danse improvisée. ...you got to let me know... Should I stay or should I go?!! commence-t-elle à chanter en mimant la guitare qui divise les couplets, ses yeux dans ceux d'Elliot. Elle attend qu'il se décide à venir, et s'il ne vient pas, elle recule quand même, rapidement au milieu d'autres fêtards. 

 

La sensation d'enivrement est trop bonne pour qu'elle puisse prétendre garder le contrôle, un sourire mou aux lèvres, ses cheveux lâchés sur ses épaules. Autour d'elle, les gens dansent et acclament le couple derrière le micro. 

 

Lorsqu'enfin son ancien camarade d'école surgit, les dernières notes de musique retentissent malheureusement. Trop tard, beugle l'aînée Carter à côté de l'enceinte. Et les chanteurs cèdent leur place, et très vite, une douce mélodie enveloppe le bar. Un slow. Freya rougit. Un instant, ils se fixent bêtement - de vrais adolescents. Les couples se forment à gauche et à droite, et des sifflements retentissent. Elliot et Freya ne comprennent pas les paroles qui racontent l'histoire d'un gars dont les draps se souviennent encore du rêve qu'il a fait de son amante, et c'est mieux comme ça. Elle s'approche, accroche ses bras autour des épaules du Gallois et laisse sa tête dodeliner. Tu sens l'escargot.

Elliot Blackburn

Homme

26 ans

Né-moldu

Britannique

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Deb

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel
Vif de Cœur 2025

Message publié le 03/01/2026 à 18:07

- S'tu compte les verres c'est qu'tu t'amuses pas ! Il rétorque. Pis t'as pas d'transplanage, t'es une moldue j'te rappelle, il souffle en s'avançant pour baisser le ton comme s'ils étaient deux agents secrets en mission.

Un autre escargot subit le même sort que les précédents, le beurre persillé suçoté avec attention, jusque la coquille.

- Quoi t'préfère que j'suce autre chose ? Branleur, certes. Mais bon. Elle cherche. C'est pas ma faute j'aime que leur sauce là, c'est trop chelou d'bouffer un escargot c'est genre... du caoutchouc. Il grimace en la voyant aspirer une autre huître. J'sais franchement pas comment tu fais. 

Derrière eux, les français dégomment Queen couplet après couplet, et Elliot s'anime brusquement ah ouais t'es sûre ? pour mieux s'affaisser dans la seconde suivante, et échapper un rire crétin. Bien ce qui lui semblait. Freya vient à bout d'ses huîtres tandis qu'il vient à bout du beurre persillé qui nappe les escargots, et entre deux la bouteille y passe. Le vin est bon

 

- P't-être bien qu'non, il répond en trinquant avec Freya sans trop s'avancer, un sourire un peu débile sur les lèvres qui le crame sans doute un peu quand même. C'est vrai qu'la victoire c'était dingue aussi. Pour ça qu'on célèbre pas vrai ? Rien à voir avec la présence de Freya Carter en face de lui, qu'a accepté un foutu date.

Il reste cuver son vin pendant que la sorcière se lève pour rejoindre l'attroupement de clients qui dansent sur les Clash et hachent menu les paroles sans la moindre hésitation. Amusé, il la mate un moment. Des années qu'il a plus connu cette Freya là. S'il a seulement déjà connu cette Freya là. Relâchée, elle profite juste de la liesse générale et se laisse clairement porter. D'un geste Elliot termine son verre et se lève pour la rejoindre, mais déjà les derniers accords retentissent. La transition est rien moins qu'abrupte, vers un tempo bien plus lent, les paroles entonnées par plusieurs personnes autour d'eux.

 

- J'ai encore rêvé d'eeeelle. C'est bête, elle n'a rien fait pour çaa.
 

Les sourcils froncés par l'incompréhension, Elliot secoue la tête mais récupère les hanches de Freya entre ses doigts, et ils se balancent tranquillement. Ils sont probablement les seuls à le faire premier degré dans le bistro, parce que les autres couples formés ont l'air de juste brailler les paroles en se marrant, mais rapidement le batteur se perd juste dans le regard de Freya. Il s'en fiche pas mal de ce que la chanson raconte. D'où ils se trouvent, où de la masse ivre autour d'eux. Des sifflements des uns ou des autres. Il a vaguement l'impression d'avoir quinze ans de nouveau, et une seconde chance à un bal auquel il aurait sans doute du l'inviter. Puis Freya lui balance qu'il sent l'escargot, et il s'approche pour lui lécher la joue sans prévenir, brisant l'instant comme il sait parfaitement le faire.

 

- J'bave tout pareil aussi, c'était contagieux Freyaaaa.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Owen Carter Quidditch
Intendant des greniers

Message publié le 04/01/2026 à 11:27

Mais t'es trooop deg' ! s'exclame Freya, la tête penchée en arrière d'hilarité, un rire de gosse bananant ses lèvres humectées de vin français. Elle se tord le cou afin d'éloigner sa joue d'Elliot et l'essuyer, le nez retroussé. J'vais puer l'escargot ! râle-t-elle encore sans franchement quitter les bras du Gallois. Il en faudra plus pour la déloger d'ici. Leurs chaussures se chevauchent maladroitement le temps qu'ils retrouvent l'équilibre, et la rouquine se marre, finalement bel et bien collée à son batteur préféré. Une boule à facettes concurrence ses tâches de rousseur avec autant de points lumineux projetés sur leurs silhouettes enlacées. Ils ignorent le tintamarre des autres clients jusqu'au dernier refrain qui monte dans les aigus et fait lever les sourcils de Freya. Elle capte l'air tout aussi éberlué d'Elliot, et s'en amuse, louchant pour provoquer son rire. 

 

Puis au milieu des couples en pleine interprétation mélodramatique, l'Écossaise tend le menton et embrasse le brun aussi lentement que leurs corps tournent l'un contre l'autre. Une fois, deux fois, trois fois, elle picore ses lèvres amoureusement. Et à nouveau, la musique s'éteint, et elle rouvre les yeux, un peu paumée. Bien sûr, ça ne lui a pas échappé que les mains d'Elliot ont commencé à devenir baladeuses, qu'elle a aimé ça, et qu'un dérapage pourrait arriver vite entre eux. Un sourire badin au visage, Freya essaye de garder le contrôle. J'sais qu't'as trop envie d'sucer et d'lécher des trucs là, mais calme-toi ; la France, c'est le pays de l'élégance, chuchote-t-elle au creux de son oreille en retirant les mains du sportif accrochées à ses reins. Elle retient un rire en comprimant ses lèvres, et fixe les alentours, l'air de rien. La réalité, c'est qu'elle préfère résister plutôt que de finir comme Petra Frostwell et les autres filles dont Elliot a fini par obtenir ce qu'il voulait. Et soudain le karaoké reprend, et Freya remarque un attroupement près d'une table. 

 

— Putain ils font un bras de fer là-bas ! Elle hallucine, se fraye un chemin à travers les épaules des spectateurs, et tombe sur deux trentenaires rouges vifs, penchés, paumes serrées et phalanges blanches. Les tatouages du premier s'animent lorsqu'il contracte son muscle, et la jugulaire du deuxième a l'air de vouloir sortir de son cou. C'est lui qui perd, à peine quelques secondes plus tard. On demande un volontaire, et allez savoir pourquoi, elle n'hésite pas une seule seconde avant de rejoindre la place en face du gars tatoué. C'est pour toi Bébé, déclame-t-elle avec toute la beauferie du monde en fixant Elliot alors que des sifflements retentissent encore, mais pour l'encourager cette fois. On lui parle, elle comprend rien, et visiblement, l'homme s'amuse d'avoir une Anglaise sortie de nulle part en adversaire. Loin de se démonter, Freya retire son pull, exhibant un vieux t-shirt marron rayé de jaune. Elle fait mine de relever sa manche qui retombe aussitôt. Les clients attroupés sont euphoriques tandis que la sorcière et l'homme tatoué s'agrippent les mains. 

 

La différence de taille entre leurs doigts n'impressionne pas la fille du quasi-géant Carter. Elle sourit en observant son challenger. Personne n'y croit. Ils ont raison, à égalité, ce serait impossible. 

 

Sauf que l'Écossaise possède un atout que les moldus ignorent, la manumagie

 

Elle sait qu'elle devrait pas. Mais qui va s'en rendre compte, à part Elliot ? Elle lui jette un regard malicieux alors que certains spectateurs tapent la table pendant que le combat fait rage. L'autre en face se crispe, pige rien, marmonne des trucs en Français, et s'évertue à garder le sourire. 

 

Les pieds ancrés dans le sol, le dos tendu en avant, elle tire la langue, concentrée pour doser sa magie davantage que pour contracter ses muscles. Le gars transpire. La musique fait trembler les murs. Les clients crient et rient, et puis soudain, elle abat la paume de son adversaire contre la table sous l'ovation générale de la petite foule du bistrot. 

 

Quelques minutes plus tard, au bar, on leur offre des verres d'un alcool appelé Chouchen. Freya trinque avec Elliot. Cul sec ? Dans ses yeux, elle capte la revendication silencieuse et s'offusque faussement. Quoi ? T'avais dit balai interdit, baguette interdit, et passer pour une complète moldue... j'ai rien transgressé hein ! s'exclame la Poufsouffle avant de descendre la boisson d'un trait. 

Elliot Blackburn

Homme

26 ans

Né-moldu

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Deb

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel
Vif de Cœur 2025

Message publié le 04/01/2026 à 19:18

C'est l'genre de souvenir qui va lui rester. Il le sait. Il s'souviendra pas forcément d'la musique, ou alors juste de l'air. Il s'souviendra pas plus du nom du bar - imprononçable -, ou des français qui beuglent des paroles autour de lui auxquelles il pige que dalle. Il s'souviendra pas du goût du vin blanc - même s'il est bon. Des escargots peut-être bien. Ça s'oublie pas d'bouffer un escargot. Mais il se souviendra surtout d'Freya dans ses bras. qui s'penche pour l'embrasser sous les lumières d'une vieille boule disco. Il s'souviendra d'son rire et d'ses yeux brillants. Il s'souviendra de la sensation de ses mains sur ses hanches et de l'impression d'plus vraiment toucher terre.

 

Un genre de souvenir fugace comme ça qu'on s'voit pas vraiment vivre. Précieux sans qu'on puisse trop s'en rendre compte avant qu'il soit déjà passé. Il est vite remplacé d'ailleurs. Par celui d'Freya affrontant un type du bar au bras de fer, dans un tête à tête absurde qui le fait marrer avec le reste des clients : elle a juste zéro chance. Mais l'air mutin de la sorcière se reflète bientôt sur la gueule d'Elliot alors qu'il capte que la chance, elle la crée d'elle-même. En trichant, purement et simplement. Les sourcils haussés, les lèvres étirées dans un sourire en coin, il secoue la tête imperceptiblement, faussement choqué par la victoire complètement déloyal qui laisse son adversaire sur le cul - et plusieurs autres bonhommes autour d'eux.

 

- Ça c'est ma copine ! Il balance à la cantonade.

On leur offre du chouchen. Pas qu'il comprenne le terme chouchen. Il capte juste que ça va d'pair avec le verre qu'on leur colle dans les mains. À ce stade, le contrôle et l'élégance à la française ont toutes les deux virées par la fenêtre. De toute manière vu la gueule des clients de BaraGwin, l'élégance à la française à de ça que l'nom. Sont tous pétés au vin et à la bière à beugler des chansons. Y a comme un air britannique dans l'air. Faut dire qu'ils sont un peu cousins, aussi séparés qu'ils soient par la Manche. Ils s'enfilent cul sec le chouchen, et même sa petite sœur, non sans qu'il ait intensément fixé Freya d'un air accusateur en attendant qu'elle s'trouve une défense à peu près potable.

- T'as triché et tu l'sais très bien, Elliot indique en s'rapprochant volontairement pour le lui glisser dans l'oreille, volant un baiser sur sa joue au passage. T'as changé, Freya Carter. Une vraie serpentard.

Même qu'il en pense pas un mot.

La soirée devient floue à partir de là. Il sait pas combien ils s'enquillent de chouchen ou d'verre de vin blanc. Il sait juste qu'il est convaincu d'parler français au bout d'un moment. À peu près autant qu'Freya, qui les a lancé dans un tournoi d'fléchettes à côté du bar face à deux types au moins aussi rincés qu'eux. La différence avec l'Alambro, c'est qu'la cible parle pas. Ils s'marrent comme des gosses, et tout a l'air tellement facile que c'est un peu comme s'ils étaient rentrés dans une autre dimension. Une dimension dans laquelle ça serait normal d'être en date avec Freya Carter, même au bout d'dix ans sans s'être vraiment adressé la parole. Elliot est plutôt fan de cette dimension. Quand ils sortent du bar, Elliot tient Freya par la main.

 

- Nan. Nan un chupacabra ça gagne que dalle contre un pansedefer, Frey, on parle d'un fucking dragon ! 

Parce que bien sûr, non contente de tricher au bras de fer, Freya avait zappé l'idée de passer pour une moldue à environ trois chouchen trois quart - ce qui passait globalement inaperçu devant des gens assez bourrés pour débattre sur de potentiels combats entre des créatures légendaires complètement inexistantes dans leur monde. Pas qu'Elliot ait vraiment relevé, faisant lui-même partie de ces gens trop bourrés - et accessoirement d'un monde dans lequel ces créatures légendaires existent bel et bien. Cela devait sans doute aider de ne pas vraiment parler la même langue.

- Putain ça caille, Elliot commente brutalement. On va faire l'impasse sur l'bain d'minuit j'crois.

Y avait pas d'plan à partir de là. Pas qu'il y ait eu de plan jusque là d'ailleurs. Ils avaient brièvement parler de bouger rejoindre les festivités sorcières au QG des Tapesouaffles, mais maintenant qu'il était dehors Elliot réalisait n'avoir pas la moindre idée de la direction à prendre.

- Chais pas c'est par où, il annonce bêtement en récupérant Freya contre lui pour s'en servir de radiateur personnel. On est perdu dans un pays qu'on connait pas on va tous mourir ! Dramatique much ? Ok peut-être bien qu'il est inquiet de rien et juste content d'être là, son nez fouinant dans le cou de la sorcière en quête de chaleur. Y a p't-être des meutes de loups à Quiberon. On dort où ce soir Yaya ? J'ai froid.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Owen Carter Quidditch
Intendant des greniers

Message publié le 04/01/2026 à 21:08

— Un seul peut-être, mais six chupabra-chubrapa-chu-..râh ! Bref, six, ça se plante là, partout, ça lui suce le sang, j'te jure qu'il peut rien faire ton pansedefer ! rétorque Freya dans un grand mouvement du bras, les joues plaquées de rouge et la capuche de son manteau à fourrure qu'elle remonte soudain, surprise par la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur. Par contre ils sont trop nuls en créatures les moldus !!! Ils connaissent la licorne, le dragon - comme si y'en avait qu'un seul, le troll, et voilà quoi, c'est pas faute d'avoir essayé de mimer une chimère, sauf qu'aucun n'a compris ce qu'elle voulait dire avec sa fourrure d'un côté et ses nageoires de l'autre. 

 

N'empêche que ce soir, Freya Carter peut se targuer d'avoir retrouvé l'état d'esprit Pouffy, quoiqu'en pense Elliot en la qualifiant de Serpentard. Elle appartient à la maison des épicuriens, de ceux qui savent s'amuser, jamais derniers pour une connerie. Dans les bras d'Elliot, elle étire un sourire en coin. T'as peur d'en avoir une toute petite à cause de l'eau froide, Blackburn ? La rouquine se marre, et se marre encore lorsqu'il joue la comédie, et que sa voix sort étouffée par la capuche tant il a enfoncé sa tête loin contre son cou. Ça paraît si naturel qu'aucun d'entre eux n'a besoin de réfléchir, et que leurs corps s'aimantent, se cherchent, se collent, bercés d'une tendresse bien présente depuis plus de dix ans. Si c'est des loups aussi mignons qu'mon frère sous potion, je gère, répond-elle en caressant distraitement la nuque du brun. Autour d'eux, la brume envahit les alentours du bar, et la houle bringuebale les voiliers du port Haliguen, à seulement quelques enjambées. 

 

— Hey les British ! Vous faites quoi après ?! Vous dormez où ?!! s'exclame un client du bar accompagné du grand tatoué. Il presse ses mains sous son oreille et prétend ronfler devant Elliot et Freya. Mal de mer ? Vomir ? Cinq longues minutes de language des signes et de Franglais après, les sorciers comprennent que les deux hommes possèdent des bateaux amarrés au port, et leur proposent l'hébergement gratuit. Vous allez jamais trouver d'hôtel là, tout est fermé à c't'heure-ci !

 

— Oh oui vas-y, t'as dit qu't'avais jamais fait de bateau ! Ils comprennent pas tout, sauf qu'ils décident d'aller jeter un œil, persuadés qu'il peut rien arriver à deux sorciers armés de leurs baguettes face à deux moldus, aussi musclés soient-ils. Nous on va crécher là, moi j'peux vous prêter l'mien pour la nuit, continue joyeusement le plus bavard en désignant tour à tour des voiliers amarrés non loin l'un de l'autre. 

 

Alors voilà, en un froissement de paupières, Elliot et Freya se retrouvent emmitouflés sous une épaisse couverture, assis à même le pont du bateau dans lequel ils vont dormir cette nuit. L'Écossaise lève sa tête vers le ciel. Des étoiles françaises, marmonne-t-elle, rieuse, blottie contre le brun. L'homme du bistrot a allumé un chauffage d'appoint au cœur de la minuscule cabine avant de quitter le voilier en gardant les clés du contact avec lui. C'est au tour de la rouquine de promener son nez au creux du cou d'Elliot. 

 

— T'vois, j'étais fairplay, j'ai gagné le bras d'fer, mais j'ai fait exprès de perdre aux fléchettes. Du coup égalité, c'pour ça qu'il nous héberge, murmure-t-elle encore, alors que quiconque l'a déjà vue jouer aux fléchettes sait pertinemment qu'elle est simplement nulle à ce jeu. Bon alors, t'en penses quoi d'ce date ? 

Elliot Blackburn

Homme

26 ans

Né-moldu

Britannique

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Deb

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel
Vif de Cœur 2025

Message publié le 04/01/2026 à 21:39

- C'est pas... il l'embrasse... la taille... il l'embrasse encore... qui compte.

Même que l'instant n'appartient qu'à eux, jusqu'à ce que d'autres s'en mêlent. Pas qu'il s'en plaigne. Parce qu'ils ont des solutions pour eux qu'il aurait sans doute jamais eu d'lui même. 
 

- Merci les gars, c'est cool, Elliot parvient à articuler, conscient d'se faire comprendre qu'à moitié.

Ni une ni deux, ils se retrouvent collés serrés dans un bateau, avec vue sur les étoiles. Il aurait voulu qu'il aurait pas fait mieux. Ça en deviendrait ridicule savez. Même qu'à tout moment ils descendent dans la cabine du bateau, chauffée. Ça pourrait pas mieux s'présenter.

 

- T'crois ? Il en pense quoi d'ce date ? Elliot a pas d'réponse à ça. Alors quelques instants il ferme sa gueule. Puis. C'est un date ?

Tourné vers la sorcière, il tape sa meilleure gueule de con jusqu'à s'en prendre une. Pis de mater les étoiles l'air de rien, plongé dans le silence, sans rien ajouter d'autre. Les années ont beau avoir passé qu'il sait toujours pas comment clôturer. Du moins, pas avec Freya Carter. Pas si bourré. Alors il s'contente de pointer des étoiles au hasard et d'raconter des dingueries à leur propos, sans grand rapport avec leur réelle signification. 

- T'm'as manqué tu sais ? Il sort au milieu de rien.

Là comme ça, il a du mal à croire que c'est pas juste un rêve. Que Freya va pas juste se barrer le lendemain. Disparaitre de sa vie pour une autre dizaine d'années encore.

- Nous manques un joint. Nous manque toujours un joint, il s'plaint alors qu'il se morfond tout près d'elle, respire son parfum. J'ai froid. 

Ils finissent à l'intérieur. Bercé par la houle, pas franchement prêts pour davantage, ils se racontent tout et rien, pis se cherchent. Beaucoup. Passionnément. Jusqu'à ce qu'ils s'endorment sans être allé au bout des choses, serrés comme deux amants qui se seraient pas encore trouvés. Elliot la serre contre lui dans son sommeil sans vraiment le réaliser, ses rêves ponctués de son rire, et de choses qui se sont pas encore réalisées. Il s'réveille avec la pâteuse et le barreau, pas foutu capable de savoir l'urgence première de la situation.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Owen Carter Quidditch
Intendant des greniers

Message publié le 05/01/2026 à 11:47

P't'être qu'il avait raison de s'inquiéter. P't'être qu'elle s'est tirée. Elliot se réveille avec la pâteuse et le barreau, mais sans Freya. Un édredon serré entre les bras, il est dans le petit lit vide d'une cabine de voilier qui tangue, et tangue, et n'en finit plus de tanguer. Dehors, les chaînes tintent contre les coques en plastique, et les mouettes piaillent bruyamment. Quiberon s'éveille. 

 

De toute façon, fallait s'en douter ; leurs vies sont incompatibles, nan ? Ils habitent carrément pas dans le même pays l'un et l'autre ! Et Freya qui fuit, ce serait pas la première fois. 

 

Soudain, le rayon de soleil rempli de poussière traversant la porte d'entrée de la cabine disparaît, et la rouquine apparaît, vêtue comme la veille, ses cheveux attachés en queue désordonnée, son manteau ouvert jusqu'en bas. Putain ça ballotte ici, commente-t-elle en croisant le regard un peu con d'Elliot. Elle prend soin de refermer la porte et s'assoit sur les marches de l'escalier. Bien dormi ? J'suis réveillée depuis 7h j'crois, fallait qu'je sorte, ça m'a filé la gerbe à force, pas toi ? Elle l'observe, un sourire fugace aux lèvres. Elle sait pas trop c'qu'elle fout là, et comment ils vont gérer leurs souvenirs, et leurs trous noirs, suite à la soirée. À tout moment, ils feront style de rien, se diront au-revoir, et prétendront que ça n'a jamais existé. Il est 9h45, tu devais partir quand ? demande-t-elle en désignant un petit réveil posé sur l'une des étagères de la cabine.

 

On est samedi, donc Charlie rentrera tôt ou tard à Pré-Au-Lard.

La boutique va être blindée de clients, et Jun passera sans doute à l'atelier dans l'après-midi. 

 

Freya se frappe les cuisses en même temps qu'elle se redresse. Bon ! Moi j'me suis lavée vite fait à l'évier au-dessus des toilettes, tu verras c'est drôle, y'a une mini douche, plaisante-t-elle, étrangement détachée. Y'a un truc un peu lunaire, comme s'ils avaient subitement quitté la dimension facile pour atterrir brutalement au milieu de la dimension où ils se comprennent jamais. Et sinon j't'ai volé des euros, et j'suis allée acheter du café et des cwoissantes, mais j'vais t'attendre dehors, y'a un banc, moi j'peux plus rester là hein, annonce finalement Freya avant de disparaître à nouveau. Sur le pont, elle inspire l'air frais en fermant brièvement les yeux, puis récupère les deux gobelets de boisson chaude, et le sachet en papier avec les croissants. 

 

Ses rangers foulent le sol stable de la presqu'île, à quelques mètres du ponton. Baguette au fond de la poche de son pantalon cargo, elle a continué de jouer la femme moldue, incapable de savoir si des infrastructures magiques sont assez proches d'eux pour risquer un sortilège ou pas. Un soupir lui échappe lorsqu'elle se laisse tomber sur le banc face au port. D'un geste, elle éloigne une mouette un peu trop curieuse. Hey, c'mon p'tit dej ça, pas l'tien ! Des touristes en balade arpentent déjà le bord de l'eau, et les commerçants sortent leurs panneaux, déploient leurs stores, et la vie de Quiberon reprend. En fixant les mâts ballottés par les vagues, elle sent un vide l'envahir. Son esprit se perd, et l'aînée Carter sort l'un des cafés pour l'envelopper de ses paumes - geste réconfortant. La tête dans le cul, elle attend Elliot, sans vraiment savoir si elle l'attend réellement. 

 

Quand il arrive, elle sait qu'elle l'attendait. 

 

Elle fixe sa silhouette, sa démarche, et détourne le regard, gênée. Alors qu'il est assez proche, elle lui tend un gobelet coiffé d'un couvercle en plastique. Tu t'rappelles si on a chanté toi ? questionne-t-elle, en faisant style de rien

Elliot Blackburn

Homme

26 ans

Né-moldu

Britannique

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Deb

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel
Vif de Cœur 2025

Message publié le 05/01/2026 à 13:30

Pas d'Freya. Elliot réalise à retardement qu'il est seul dans l'pieu du bateau balancé par la houle. Est-ce qu'elle s'est tirée dans la nuit ? Possible. Elle a bien pris la tangente la dernière fois quand elle est restée dormir à l'appartement. Assis sur les draps froissés, pris par un mal de crâne qu'il avait pas vu v'nir, il a pas l'temps de se poser la question bien longtemps. La sorcière apparait dans l'encadrement de la porte, aussi fraîche que lui, les mèches rassemblées par un élastique. Elle garde ses distances. Rien à voir avec la veille.

- Nah, il s'contente de répondre en restant l'observer, pas trop sûr d'savoir comment s'y prendre soudain.

C'était plus facile hier. Ils avaient l'impression d'avoir tu temps devant eux. Du temps et d'la liberté. Sous les rayons d'soleil de ce nouveau jour, c'est comme si l'horloge s'était remise à tourner. Comme s'ils étaient revenus dans leur dimension étrange, où il capte pas la moitié de ses réactions, où elle fuit son regard et sa présence comme la peste. Ils ont passé la nuit serrés l'un contre l'autre après une tentative infructueuse d'aller au bout des choses, et maintenant c'est comme si tout un monde revenait les séparer.

 

- J'sais pas. Sont d'jà partis y a moyen.

 

C'est pas comme l'voyage était obligatoire. Il a bien d'autres moyens d'rejoindre l'autre côté d'la Manche que l'portoloin réservé pour les Catapultes. Une main fatiguée passe sur son visage, et se perd dans des mèches qui pointent dans toutes les directions. Son regard traine sur le bordel ambiant, revient sur Freya. Elle approche pas. Il commente pas. On va pas s'mentir. Il s'y attendait un peu. Elle tarde pas à se tirer sous prétexte de l'attendre dehors, et il s'contente de lâcher un okay un peu paumé. J'arrive. Il s'laisse mollement retomber entre les draps. Y reste plusieurs longues secondes avant de se lever de nouveau et d'chercher l'évier.

 

D'abord s'rincer la gueule. Pis boire. Beaucoup. L'vin blanc était bon, mais ça l'a complètement niqué. À moins qu'ce soit l'chouchen. À moins qu'ce soit l'mélange des deux. Au moins il s'souvient d'la veille. À peu près. Dans les grandes lignes. Freya était vachement plus tactile qu'elle l'est ce matin. Il essaie d'arranger son bordel capillaire en quelques gestes vains, retrouve ses vêtements éparpillés partout dans la chambre, et bientôt il surgit sur le pont pour une bouffée d'air frais. Ça pèle sa mère. Pis y a du vent. Mais ça lui fait plutôt franchement du bien, alors il fait pas cas en quittant l'bateau pour remonter jusque là où s'trouve Freya. 

- Merci, il balance d'une voix un peu rauque. Ça lui r'vient alors même qu'elle pose la question, et il échappe un rire. Ouais. Ouais on a chanté. On a dansé aussi. Tu t'souviens pas ? Son regard la cherche alors qu'il fait exprès d'se coller à elle, jette un bras par dessus le dossier du banc l'air de rien. Ça caille putain. 

Un silence s'installe entre eux alors qu'il mate l'horizon, les rayons de soleil caressant la mer sur laquelle s'amasse tout un paquet de bateaux plus ou moins similaires à celui sur lequel ils ont crêché.

 

- C'était plutôt pas mal comme premier date nan ? Il la bouscule avec une fausse nonchalance, enchaine sans lui laisser l'temps de répondre. Sont où les croissants ? J'ai la dalle. 

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Owen Carter Quidditch
Intendant des greniers

Message publié le 05/01/2026 à 17:31

Une chose est sûre : elle portait son pantalon au réveil, et son soutif aussi. Le t-shirt gisait au sol, accompagné de leurs autres vêtements éparpillés dans la cabine, écharpe BLACKBURN incluse. À bien y réfléchir, ils ont dû s'endormir comme des cons qu'auraient trop tourné autour du pot, étourdis à force de pas savoir comment s'y prendre pour clôturer un date à peine croyable. C'est quelque-chose qu'a toujours échappé à leur couple : la sexualité. D'abord trop jeunes, puis trop occupés, et trop séparés par des vies opposées, et maintenant trop quoi ? Trop effrayés sûrement, de traverser le mur, de gâcher un truc tellement fragile qu'il a l'air d'exister seulement dans l'autre dimension - celle où c'est facile, vous suivez ? 

 

Freya se souvient ; ils ont enflammé la scène. Elle rit. Les Beatles putain, c'était l'gage des fléchettes, le massacre ! Ouais j'me rappelle pas tout, mais ça m'revient, commente-t-elle en frottant ses yeux alors qu'Elliot s'installe contre elle sur le banc. Elle lui jette un regard de biais avant de retourner à son observation du port, le café encore brûlant enveloppant leurs narines. Du haut d'un mât, une mouette piaille, et bientôt, un vélo passe, et la rouquine se demande si le Gallois rame autant qu'elle à savoir comment lui dire au-revoir. Soudain, sa question semble la réveiller. Hein ? Elle tourne vivement la tête en direction d'Elliot, légèrement ahurie. Il enchaîne. Elle prend le sachet posé à coté d'elle pour le mettre sur les cuisses du brun. Tiens, j'ai résisté à goûter sans toi. J'pense que tu vas préférer ça aux escargots et aux huîtres, assure-t-elle avec légèreté en ouvrant un peu le papier qui dévoile les viennoiseries chaudes et croustillantes. Faudra faire un top d'ailleurs, entre, ça, les espèces de pancakes d'hier, le vin blanc aussi, la baguette... - la baguette, par Merlin, j'peux plus vivre sans baguette j'crois. Ouais, les conneries passent mieux que les discussions sérieuses. Puis ça permet d'oublier qu'elle a un bézoard au fond de l'estomac. 

 

Elle ouvre d'ailleurs le couvercle du gobelet prudemment avant d'y poser ses lèvres pour avaler une gorgée de café. Oh ça fait du bien ! souffle Freya en gardant un moment ses yeux fermés. Quelques minutes s'écoulent, ponctuées de souvenirs d'hier jetés à la volée, d'une dégustation de croissant qui les fera encore saliver longtemps, d'une chute de café évitée, et au détour de l'anecdote du bras de fer, ça lui échappe. T'étais fier de dire qu'j'étais ta copine quand j'ai gagné alors arrête de rabâcher qu'j'ai triché ! lâche-t-elle, d'abord joyeuse, puis écarlate. Fin, ta copine d'hier soir quoi. Elle se racle la gorge et enfonce son nez tâché de rousseur à l'intérieur du gobelet pour terminer les dernières gouttes de café, aussi imaginaires soient-elles. 

Elliot Blackburn

Homme

26 ans

Né-moldu

Britannique

Avatar de Deb
Deb

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel
Vif de Cœur 2025

Message publié le 05/01/2026 à 18:56

Ils se marrent comme deux mômes à s'remémorer la veille. Perchée dans l'autre dimension. Sauf que Freya tarde pas à l'faire retoucher terre avec violence. Une gifle aurait pas fait mieux. L'sourire d'Elliot se fane, son regard se perche sur l'horizon alors qu'il avale une gorgée d'café en faisant mine de pas avoir été touché. Il peut pas s'empêcher d'redevenir sérieux alors qu'le vent emporte les quelques promesses de Freya. D'arrêter d'faire dix pas en arrière pour un pauvre en avant. D'parler à Jun. Tout ça.

 

- Ouais. Ouais ma copine d'hier soir, il approuve, amer. J'espère que celle de d'main va kiffer la balade à ch'val sur les plages espagnoles !

 

La vanne tombe à plat, même pour lui. Il termine son café d'une traite, s'prend un croc du croissant qu'attend qu'lui. C'est bon. Sauf qu'il a la gueule de bois, et qu'ça lui fout un peu la gerbe. Alors il le laisse s'enfoncer dans le sachet entamé comme il est et s'relève, s'invente un sourire léger qui r'monte pas vraiment jusqu'aux yeux.

 

- Faut j'retrouve les gars d'hier. Pour leur rendre les clés du bateau. J'imagine que tu dois y aller ?

Une fausse nonchalance le maintient stoïque alors qu'il balance négligemment son gobelet dans la poubelle adjacente, enfonce ses mains dans ses poches.

- J'vais trainer un peu j'crois. B'soin de décuver. Tout ça. Il hésite un instant avant d'ajouter. Merci d'être venu au match hier. C'était cool.

 

Comme si ce mot suffisait à résumer la soirée. Il a encore en tête le souvenir de ses lèvres contre les siennes. De ses hanches entre ses mains. De son rire contre son oreille. Mais tout ça c'est du vent non ? C'est Freya qui prend des vacances et qu'essaie de se souvenir de ses quinze ans avant d'retourner à la vie réelle. À Jun. Est-ce qu'elle va seulement lui parler après tout ça ? Il est plus sûr de rien. Alors il propose pas d'second date. Parce que ça s'fera à l'improviste. Quand elle aura décidé. Si elle décide un jour. Il a d'quoi se sentir con sans doute. 

- T'penseras à charger ton tel, il ajoute pour faire bonne mesure en levant deux doigts en guise de salut. Mais parce qu'il peut pas s'en empêcher, il s'penche pour lui embrasser la joue. Profiter juste une dernière seconde. Il sait pas quand s'ra la suivante. Il sait jamais. À plus Frey.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Owen Carter Quidditch
Intendant des greniers

Message publié le 05/01/2026 à 20:14

Elle regrette d'avoir dit ça. Elle se rappelle de leur conversation d'hier sur la plage, quand elle a promis d'arrêter de reculer, de s'enfuir - mais c'est plus fort qu'elle, ça la dépasse, et ça gâche tout régulièrement. Colt s'est pas barré pour rien après avoir posé son van dans le jardin du 76 Grand-Rue. Lui aussi, il s'est pété les dents à essayer d'avoir "un truc" avec Freya. Elle reste insaisissable, elle fait même pas exprès. Elle regarde Elliot, et son expression amère, mal camouflée derrière un humour de merde. Elle ravale sa salive puisque le gobelet est définitivement vide, et qu'Elliot se tire. Si ça avait été Jun, il aurait accusé le coup, rectifié le tir à la place de Freya, aurait assuré que nan, que c'était bien sa copine d'hier, d'aujourd'hui, de demain - ce dont elle a besoin. 

 

Sauf qu'Elliot sourit, crispé, et congédie Freya. Elle acquiesce, paumée. Euh, ouais, j'vais finir par y'aller. Ses yeux ont terminé leur course au fond du gobelet. Immobile, elle le laisse dire que c'était cool, et redresse la tête au moment où il embrasse sa joue. Elle s'en veut d'être ahurie. À plus ? Son cœur hurle et la rouquine se lève brusquement, les pommettes toujours plaquées de rouge. 

 

— Nan mais attends. Attends quoi ? Elle le fixe comme une carpe en dehors de l'eau en cherchant ses mots. L'écharpe enroulée d'un seul tour à son cou pendouille de chaque côté. Il attend. Ceci-dit, il attendra pas bien longtemps, elle le sait. Contrairement à Jun, qui attend sagement en Écosse depuis leur conversation. On fait quoi, du coup ? se mouille-t-elle, tout entièrement, même que l'eau est gelée. Elle enfonce les mains dans les poches de son manteau et trouve l'ancien gant de quidditch d'Elliot qu'elle serre pour se donner le courage de continuer. J'veux dire, on retente ou on retente pas ? Une dizaine de mouettes se foutent de leur gueule et atterrissent au pied du banc en visant clairement les restes du sac de croissants. Freya s'en fout, focalisée sur le Gallois. Elle est terrifiée à l'idée qu'il l'envoie chier, et ça se voit à ses yeux qui sondent la moindre de ses réactions.