Harry Potter RPG

[Libre]
Défaire les frontières du sang Tribune dressée dans la rue principale, samedi 19 janvier 2126

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Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 12/02/2026 à 00:13

Un déséquilibré. La satisfaction de Quintus ne dura pas quand il réalisa qu'il n'avait pas seulement affaire à un simple d'esprit mais à un authentique détraqué de la théière. Et ses manières de gueux commençaient à vraiment l'irriter dangereusement, au point de flirter avec les limites de sa contenance. Son faciès devait trahir la stupéfaction de se trouver face à pareil néant intellectuel. Le premier coup de fouet verbal claqua sèchement entre ses dents serrées.

 

— Pour l'amour de Merlin, laisse tes mains au-dessus de la table.

 

Sa main essuya nerveusement sa bouche avant de pincer sa mâchoire comme pour se retenir de dire encore quelque chose. Pendant quelques secondes, Quintus dévisagea Luke dans un silence pesant malgré le bruit étouffé des autres convives. Il se pencha finalement un peu en avant.

 

— Et baisse la voix. On va reprendre depuis le départ et tu vas m'écouter attentivement. Tu n'interagis pas avec elles. Tu ne prends pas l'apparence de quelqu'un qui attire l'attention, tu prends un plébéien, un sorcier banal, quelqu'un qui n'est personne. Tu n'auras pas le droit à l'erreur parce qui tu échoues il n'y a que deux issues pour toi. La première, tu me déçois. Tu ne veux pas me décevoir, n'est-ce pas Lucky Luke ? Si ça arrive...

 

D'un geste théâtral entre leurs visages, Quintus pince ses doigts avec son pouce avant de les écarter comme s'il s'était agi de l'explosion d'une bombabouse.

 

— Pouf ! Adieu la vie de rêve. Deuxième possibilité. Chacune de ces femmes peut te tuer d'un geste, l'ami. Celle-là, précise-t-il en tamponnant furieusement le doigt sur la brune. Caecilia Fawley. C'est elle la police. L'élite de la police même. Elle peut t'abattre à trois cent mètres sans sa baguette. L'autre c'est Prisca Thompson. La meilleure athlète de notre siècle. Elle t'aura égorgé avant que tu la voies venir.

 

Forcément, la voilà la migraine. Quintus bat en retraite en s'adossant vivement à sa chaise tout en se massant la tempe.

 

— Et puis ce n'est pas ma bague, au cas où tu n'aurais pas compris. C'est celle de celui qui portera le chapeau si tu te fais pincer. Fawley. Monsieur Fawley. Le mari de Caecilia, la brune. Si elles te prennent, tu leur dis qu'il t'a chargé de surveiller qu'elle ne le trompe pas. Ça ira où je dois me répéter, encore une fois ?

 

L'irruption du serveur avec la soupe fut la diversion parfaite dont avait besoin Quintus pour retrouver un peu son calme et aborder Luke avec des manières de nouveau plus affectées et prévenantes. Si l'idiot s'en allait avec la chevalière de Manius, le comploteur aurait juste perdu un précieux avantage pour rien.

 

— Je te donnerai les adresses des deux. Mais encore une fois, ne te fais surtout pas repérer. Tu m'as dit que tu savais filer quelqu'un, pas vrai Lucky Luke ? Il faut que tu réussisses. Je t'apprécie et je m'en voudrais qu'il t'arrive quelque chose.

 

Une cuiller de soupe pour jauger de la qualité de la nourriture. Convenable. Pas étonnant qu'il n'eût jamais mis les pieds ici. Heureusement, ce devait être plus que suffisant pour Luke.

 

— Je devrais m'assurer que tu as bien compris toutes mes instructions. On fera des essais avant de te lâcher à leurs basques.

 

Oui, si Quintus laissait ce décérébré partir comme ça, il se ferait avoir en un instant. Mieux valait tâter le terrain.

Luke Huston

Homme

20 ans

Sang-mêlé

Britannique

Avatar de Saï Don
Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 12/02/2026 à 16:20

Quoiqu'on pût dire sur les compétences et les qualités de Luke, il fallait savoir qu'il avait, très objectivement, un sixième sens : au moindre couvert posé un peu plus brusquement que d'ordinaire, à la moindre intonation agacée, il savait reconnaître une hostilité dangereuse en une fraction de seconde. Lorsqu'il était enfant, et que son père rentrait du travail, il lui suffisait, depuis sa chambre, d'entendre la façon dont la porte était refermée pour savoir s'il passerait une soirée tranquille ou non. Au milieu d'une journée, il suffisait d'un souffle de ce même père devant la télévision pour savoir qu'il valait mieux faire demi-tour et ressortir dehors. Au milieu de la nuit, il suffisait d'un gémissement de sa mère pour savoir qu'elle passait un mauvais quart d'heure, et qu'il devait rester parfaitement immobile pour ne pas trahir qu'il était éveillé, au point de surveiller que sa propre respiration était la plus silencieuse possible. Il décryptait cette hostilité latente parfois avant même qu'elle fusse tout à fait perçue par celui qui en était l'auteur.

 

Et quand il la percevait, son corps se figeait brusquement, son visage perdait ses expressions grotesques pour devenir neutre, et tout tournait comme au ralenti autour de lui.

 

- Ouais, ok.

 

Et comme par magie, alors, il comprenait plutôt pas trop mal ce qu'on lui disait, pourvu que les instructions fussent simples. Les mains sur la table : fait. La voix basse : entendu. Ecouter attentivement : en cours.

 

Luke était devenu très sérieux. Son attention était toute focalisée sur l'homme en face de lui et le restaurant avait en apparence retrouvé sa tranquillité depuis que lui-même s'était tu. Et il comprenait.

 

Alors, pas tout. Pas "plébéien". Mais il retenait le mot, il se renseignerait plus tard.

 

- Non, non.

 

Il ne voulait pas décevoir monsieur Bulstrode, non. Puis il ne voulait pas être tué non plus par ces femmes qui avaient l'air de plus tenir de mangeuses d'hommes finalement que de jolies femmes à croquer. Pourquoi voudraient-elles l'égorger ? Il n'avait rien fait lui ! Enfin, pas aujourd'hui !

Luke s'humecta les lèvres en regardant la soupe qu'on posait devant lui. Il n'avait plus très faim. En fait, il aimait les fish'n'chips, et les burgers, et aussi les bonbons. Les soupes, bon, pas trop. Mais si Bulstrode mangeait sa soupe, pas de problème, il ferait tout pareil, il mangerait sa soupe aussi. Donc il saisit une cuillère et se mit à manger en tâchant d'imiter le politicien du mieux qu'il pouvait. Sa soupe à lui faisait juste un bruit de "ssslurrp" de temps en temps. Et il l'entendait bien, le pauvre, catastrophé que sa soupe à lui fusse moins bien élevée que celle de monsieur Bulstrode.

 

- C'est la bague de m'sieur Fawley qui m'a demandé de les suivre, répéta Luke pour montrer qu'il avait compris.

 

Mais pourquoi un mari ferait suivre sa femme par un type comme lui ? Non, non, il ne poserait pas la question, monsieur Bulstrode savait certainement mieux que lui.

Luke opina positivement du chef. Monsieur Bulstrode s'en voudrait s'il lui arrivait quelque chose. Au fond monsieur Bulstrode l'aimait bien, c'était lui qui était un peu trop enthousiaste parfois, il le savait bien qu'il débordait un peu, on lui avait déjà dit. C'était le coup de la limousine. C'était trop, la limousine, effectivement, il n'avait pas bien réfléchi.

 

- D'accord, d'accord. Nan mais j'ai tout compris c'te fois-ci m'sieur Bulstrode. J'plaisantais avant, c'était tout.

 

Slurrp. Et merde, elle recommençait !

 

Il n'osa rien dire de plus, mais parut un peu fâché contre sa soupe et lui fit des yeux méchants. Incroyable qu'elle se fît remarquer maintenant, celle-là.

 

Le serveur, lui, reparut.

 

- Puis-je vous conseiller un vin pour accompagner le plat principal, messieurs ?

 

Luke resta silencieux, et son regard alla à Monsieur Bulstrode, parce que c'était Monsieur Bulstrode qui décidait.

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