Harry Potter RPG

[En Cours]
La médiatrice Dans le salon, dimanche 03 février 2126

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 27/01/2026 à 18:02

Fatiguée. Mais pas le temps de l'être. Panser les plaies de sa Nem-nem, décider si elle déteste encore Quintus où s'il mérite une seconde chance, engueuler Scott, féliciter Vanessa quand même pour sa grossesse. Depuis quelques jours, Prisca était au four et au moulin quand elle n'était pas sur le terrain. Mais seule importait Nem-nem.

 

Scott sorti de la vie de Caecilia pour de bon, cela veut dire qu'il est plus que temps d'intervenir dans le mariage foireux de cette dernière. Peut-être qu'il est déjà même trop tard pour ça en fait. Prisca avait voulu laisser ces deux-là s'apprendre l'une et l'autre sans intervenir. Parce que ce n'était pas sa place. Parce qu'elle n'a rien à faire dans les histoires tragiques de ces débiles de mariages entre sang-purs qui ne peuvent que gangréner leur existence. Parce qu'elle sait bien qu'elle ne comprend pas tous les enjeux de ces saloperies. Mais ce qu'elle comprend, c'est Nem-nem. Et un peu Manius peut-être. Alors cette fois elle débarque. Et elle a pris la batte de sa coéquipière.

 

— Bonjour, Mademoiselle Thompson, sourit-il en lui ouvrant la porte, distingué comme à son habitude.

 

— Manius, mon chou, tu vas m'appeler par mon prénom ou je t'enfonce ça dans le gosier, rétorque-t-elle en agitant l'arme.

 

— Comme il vous plaira, Mademoiselle Prisca. Entrez.

 

Elle étrécit les yeux, serre le poing sur la batte. Rit. L'humour n'est manifestement pas son point fort et elle trouve ça paradoxalement drôle. Prisca emboîte le pas de son hôte qui l'entraîne jusqu'à au salon et lui demande si elle souhaite quelque chose à boire.

 

— Je ne bois qu'avec mes amis, dit-elle avant de laisser passer un temps de flottement. Donc, une bière si tu en as.

 

Manius ne comprend manifestement pas tout de suite vu ses sourcils froncés brièvement mais finit par lui sourire d'un air entendu avant de chercher dans le bar ce qu'elle a demandé. La jeune femme se retient de poser la question qui lui est venue à l'esprit dès qu'il a ouvert la porte, au sujet de l'alliance qu'il ne porte plus.  Au lieu de ça, elle renifle audiblement.

 

— Ça sent le tabac. Tu ne laisses quand même pas Nem-nem fumer j'espère ?

 

— Je n'ai pas à lui dire quoi faire.

 

Le manche en bois vient trouver les côtes de Manius en guise d'avertissement.

 

— J'ai dis pas de clope. Et tu n'obtiendras jamais le respect de Nem-nem en te comportant comme un lâche. Ou en mettant des barrières entre toi et ses amis. Vous êtes coincés ensemble, tu vas devoir intégrer sa vie. Je ne sais pas s'il y a une chance pour l'amour entre vous. Mais je ne vois pas ce qui vous empêcherait de bien vous entendre.

 

Le sorcier prends le temps d'assimiler tandis qu'il trouve une bière et sert Prisca avant de se remplir une tasse de thé.

 

— Tu ne trouves pas que lui avoir imposé notre mariage soit une raison ?

 

— Tu as pris une mauvaise décision. Motivée par une bonne raison. Elle était condamnée à la misère à l'instant où elle a décidé d'aller dans cette salle de bains. Tu t'es dis que tu allais faire preuve d'abnégation en la prenant sous ton aile et en la laissant faire n'importe quoi. Il a fallu que j'apprenne que tu avais surpris Scott avec elle pour m'en rendre compte. Alors c'était stupide, mais je comprends. C'est loin d'être si simple pour Nem-nem.

 

Les épaules de Prisca s'affaissent, le poids de l'épuisement se fait trop sentir juste un instant. Assez pour que Manius le remarque et lui demande ce qui ne va pas.

 

— Je vois bien que t'es pas un sale macho. T'es juste aussi paumé que nous tous. Et t'es peut-être bien la personne la plus préoccupée par le bien-être de Nem-nem à part moi. J'ai besoin d'aide. C'est devenu trop pour moi et je suis la seule sur qui elle peut encore se reposer mais j'ai pas les épaules pour et...

 

Voix brisée et sanglot fugitif. Alors que Prisca se sent s'effondrer, une main compatissante se pose sur son épaule et une autre lui tend un mouchoir.

 

— Je ferai de mon mieux. Je te le promets.

 

Attentionné, Manius réconforte la sorcière à bout de force avec gentillesse. Ce n'est que lorsque la crise est passée et que Prisca a retrouvé sa contenance qu'il relève avec hésitation une réflexion après un court silence.

 

— Tu as dit qu'elle était condamnée au moment où elle a décidé d'aller dans la salle de bain. Pas quand elle y a été surprise.

 

Prisca se fige comme une enfant repérée en pleine bêtise. Elle a manqué de vigilance en s'exprimant et Manius est intelligent quand il ne s'agit pas de relations humaines. Éluder le sujet ne sert à rien, elle sait qu'elle va devoir lui livrer le fond de sa pensée. Un instant, elle considère l'homme aux sourcils froncés qui la regarde. Il n'est pas juste en train de réfléchir, il s'inquiète. Et elle décide de lui faire confiance.

 

— Nem-nem... est responsable de tout ça. C'était son idée. Un mauvais pari fait dans un casino truqué. Elle ne savait pas que les cartes n'ont pas été distribuées équitablement mais elle savait qu'elle prenait un risque. Et ensuite c'est elle qui a continué de fréquenter Scott même après son mariage. Elle croyait sans doute qu'il trompait sa femme avec elle. Mais en fait c'est Nem-nem qu'il trompait. Elle ne s'en est juste pas rendue compte. Ou n'a pas voulu.

 

Manius accuse le coup. Tente de raisonner.

 

— Elle était... est amoureuse d'Emfield. Tu ne peux pas la blâmer pour ça quand même.

 

— L'amour c'est stupide. Et je ne la blâme pas. Je regarde justes les choses en face. Ni toi ni moi ne devons jamais le lui dire, c'est à elle de réaliser ça. Mais je te trouve bien venimeux tout à coup pour quelqu'un qui tolérait qu'Emfield couche avec sa femme.

 

— C'est un tocard qui a joué avec le cœur de deux femmes. Je ne peux pas respecter ça.

 

— Là, on est bien d'accord, lui répond Prisca avec un sourire. On n'aurait pas fini à Poufsouffle si on n'avait pas d'égards pour la loyauté.

 

Des bruits dans l'entrée trahissent l'arrivée de quelqu'un. Prisca finit sa bière d'une traite et hausse les épaules en jetant à Manius un petit coup d'œil navré.

 

— Merci, Manius. Mais je suis censée être là pour te remonter les bretelles alors j'espère que tu ne m'en voudras pas.

 

La batte percute le bras de son hôte avec un bruit sourd tandis que celui-ci s'exclame davantage de surprise que de douleur sans doute. Prisca s'est retenue.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 29/01/2026 à 17:50

Une fin de journée infernale, tout son corps la fait souffrir, de quoi relativiser la douleur d'un coeur brisé. Ça lui fait du bien. Caecilia a déconné ces derniers temps et le paie au prix fort, ses membres courbaturés ont eu du mal à soutenir les entrainements de la journée et elle pourrait se damner pour un jour de repos supplémentaire. Marid s’est bien foutu de sa gueule pendant toute la séance, elle réfléchit à se venger. La jeune tireuse ne sait pas comment cet homme-là tient : ce n’est pourtant pas le dernier à picoler. Il n’y a pas de justice, ou bien elle a ses règles, peut-être, oups pas d’héritier pour cette fois.

 

Et quelle tête lui ferait son collègue si elle se ramenait un jour comme ça avec un mioche dans les bras. La petite Caecilia qui pond son œuf, bah alors, c’est qu’on n’y aurait pas cru comme ça. Pas facile de passer d’une unité d’élite magique au changement de couches, hein ? Elle le voit déjà. Ça la fait sourire.

 

La sorcière clopine jusqu’à la maison. Quelques heures sup’, elle est en retard, Prisca doit déjà être à l’intérieur avec Manius. Drôle de décor qu’elle n’est pas sûre de pouvoir tirer à son avantage. Caecilia s’allume rapidement une cigarette pour finir le trajet. Elle sait bien qu’une fois cette porte passée, s’en sera fini de cette possibilité. Voilà qui ne va pas l’aider à mieux performer, mais tant pis, elle a besoin d’un moment de détente avant d’affronter ce drôle de couple formé par sa meilleure amie et son mari. Une armée de gens autour d’elle qui veulent ce qu’il y a de mieux pour sa tête de mûle, sauf que voilà, en ce moment, il n’y a que la clope qui lui fait du bien.

 

Il est temps de passer la porte d’entrée. Caecilia ferme un instant les yeux pour profiter de la morsure du froid avant de tourner sa clef dans la serrure. Elle retire son manteau et enlève ses chaussures dans l’entrée pour éviter de froisser son mari. Un cri retentit dans le salon, la voix de Manius ? La jeune femme débarque dans la pièce, baguette à la main, toise Prisca et… la batte qu’elle a prise avec elle ? Les mouvements trop brusques de son corps ravivent la douleur de ses muscles fatigués. Qu’est-ce que tu fous Pripri ? Elle rit, s’approche de son amie pour l’enlacer, prête à se prendre un coup de batte à son tour quand celle-ci aura senti l’odeur de la fumée.

 

Manius, un regard un peu trop intense pour une femme qui ne sait pas comment agir en public avec ce mari que l’existence lui a attribué. Caecilia soupire, libère ses cheveux coincés en queue de cheval et joue distraitement avec sa baguette en se servant un grand verre d’eau, oui, oui, ça lui arrive. Alors, vous parliez de moi ? La jeune sorcière se retourne, toise le couple fortuit en vidant le liquide au fond de son estomac. Ça lui fait un bien fou.

Caecilia Fawley a lancé un sortilège en utilisant la manumagie !

Sortilège
Sortilège de Combustion
Difficulté
4
Résultat D20
7
Interprétation
Réussite
XP gagnée
3

Caecilia s’allume rapidement une cigarette pour finir le trajet.

Autres résultats possibles

Caecilia s’allume rapidement une cigarette pour finir le trajet.

Caecilia tente de s’allumer rapidement une cigarette pour finir le trajet. Ses doigts ne veulent pas coopérer, sont-ils de mèche avec Prisca ? Peu importe, elle sort un briquet.

Caecilia tente de s’allumer rapidement une cigarette pour finir le trajet. Ses doigts ne veulent pas coopérer, sont-ils de mèche avec Prisca ? Peu importe, elle sort un briquet.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 31/01/2026 à 13:56

Pas impressionnable, Prisca toise son amie en retour et lève un sourcil comme pour la défier de garder sa baguette braquée vers elle avant de lui répondre durant leur étreinte sororale. 

 

— Manius à la tête dure comme un cognard. J'essaie de l'assouplir.

 

Odeur de clope. Elle jette un regard de reproches à Caecilia en écourtant l'étreinte, se contentant d'une onomatopée écœurée pour lui faire passer le message plutôt que de lui mettre une tape sur le nez. La sorcière à peine revenue du travail est déjà raide de douleurs. Mais si dans sa mansuétude Prisca la laisse s'en tirer à bon compte pour le moment, elle ne va certainement pas l'épargner verbalement.

 

— Tu n'es pas le nombril du monde, ma biche. On parlait d'un sujet plus intéressant : les conditions de reproduction des scrouts à pétard en Patagonie. Ils ont au moins le mérite de sentir meilleur.

 

Les scrouts sont vraiment un sujet plus intéressant que celui dont ils parlaient. Scott. Regard en biais vers Manius qui écarquille les yeux en se massant le bras endolori. C'est comme ça qu'on parle à cette femme, mon chou. Sauf que cet idiot s'enquiert de la journée de son épouse et lui demande si ça s'est bien passé, lui dit qu'elle a l'air fourbue et lui enchante une serviette avec un Calidum pour l'appliquer sur ses muscles stressés par l'effort. Toutes ces niaiseries qui font lever les yeux au ciel à l'athlète. Quel genre de mec accueille sa femme comme ça après le boulot ? Un homme à marier. Ça l'énerve.

 

— Ça va, elle est pas en sucre, feule-t-elle en brandissant la batte d'un air menaçant.

 

— Et tu peux m'envoyer paître toi-même si je t'ennuie, ose-t-il rétorquer en s'adressant à Caecilia et non à Prisca, l'effronté.

 

Cette dernière n'a qu'à amorcer le début d'un mouvement pour que Manius s'écarte d'un pas en levant les mains. Elle le dévisage, sourit et se relaxe avant de capter les yeux de sa meilleure amie.

 

— Doux comme un agneau. Même pas sûre que la batte soit indispensable.

 

Prisca s'octroie le droit de se servir un verre d'eau et va rejoindre Nem-nem en se collant à elle. Cette proximité lui fait du bien, comme si elle suffisait à leur faire partager le poids de la fatigue et que, finalement, c'est sur l'épaule de Caecilia qu'elle se reposait pour trouver la force de porter le fardeau de la jeune femme au cœur brisé. Comme quoi, celle-ci n'avait besoin de personne au fond. Peut-être juste de quelqu'un qui faisait office de catalyseur. Là, près de la personne la plus chère à ses yeux, elle se sentait revigorée, prête à relever tous les défis, à commencer par ceux du couple mal assorti. Et à distribuer des mandales.

 

— Alors ma Nem-nem. À quelle sauce tu veux croquer mon petit Manius ? Dis-lui que t'as besoin d'un vrai mec, pas une chiffe molle qui te masse les pieds dès que tu fais "aïe".

 

Tout sourire, elle commençait à bien s'amuser et le spectacle n'allait que commencer. Depuis toutes ces années, Prisca connaissait suffisamment Caecilia pour la secouer, la pousser dans ses retranchements et l'obliger à s'ouvrir bon gré mal gré. Quant à Manius, il était tellement prévisible que ça ne lui demanderait aucun effort. Le souafle est lancé, que le match débute.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 31/01/2026 à 22:07

Tout juste son verre terminé, elle sent qu’il lui en faudra un deuxième rapidement. Pas facile de reprendre sa vie en main, surtout face à une Prisca qui ne laisse définitivement rien passer. Mais Caecilia le sait, joue avec le feu presque pour le plaisir de se faire gronder, presque sinon elle arriverait vraiment à s’en empêcher. Va falloir trouver un mensonge plus convaincant Pripri, j’ai épousé un historien, pas un biologiste. Et puis, elle sait très bien que Manius a une peur bleue de ce type de créatures magiques. Elle hausse les épaules en avalant un nouveau verre d’eau par petites gorgées.

 

Son gentleman de mari, fidèle à lui-même, la couvre d’attentions qui lui arrachent un demi-sourire. La sorcière récupère la serviette et la dépose sur son épaule droite qui lui fait souffrir le martyre. Elle suit la joute entre Prisca et Manius avant de lancer un regard de reproche à la première. Arrête de le menacer Pri !, articule-t-elle devant le geste de recul de son couard de mari. Merci, Manius, tu m’ennuies pas. Il y a encore quelques secondes, son corps entier était passé en mode alerte prêt à défendre le Fawley de sa vie et à présent… À présent quoi ?

 

Caecilia comprend difficilement le petit jeu de son amie, qu’essaie-t-elle de faire ? Les bousculer, semer un peu plus de désordre dans le semblant d’équilibre que les deux époux ont réussi à trouver ces derniers jours ? Ces dernières nuits ?

 

La sorcière essaie de profiter de la présence de son amie, si proche.

Sa compagnie l’apaise autant qu’elle la désarçonne.

 

La rudesse de ses reproches ne lui fait pas peur lorsqu’elles sont dirigées contre elle, mais elle se voit là, elle, sa baguette à la main, Prisca, sa batte, deux femmes dans le même camp face à Fawley, seul avec ses connaissances et sa bonne volonté comme armes.

 

Il faut croire que la tireuse a une âme de justicière.

Le tableau ne lui plait pas, Mais… Pri ! Elle se décale.

 

Caecilia en a eu un, un « vrai mec », qui lui a un peu trop tordu le cœur, le lui tord encore avec ses conneries de gosse. Elle n’est pas du tout sûre d’avoir envie de revivre ça alors qu’elle commence tout juste à s’habituer à l’exaspérante complaisance de Manius. Complaisance qui va par ailleurs de pair avec une certaine tendresse dont elle ne se débarrasserait pour rien au monde.

 

À quoi tu joues ? Comme un feulement, les yeux plissés, les doigts crispés sur Eleftheria, Caecilia s’est instinctivement placée entre Prisca et son mari. Hors de question qu’il se prenne une balle perdue, même si les mots tranchants ont déjà bien dû l’atteindre. Elle voudrait rétorquer qu’elle apprécie ses petites attentions, qu’il n’a rien d’une chiffe molle, qu’elle se damnerait pour un massage ce soir. Mais les mots ne sortent pas parce que Caecilia Fawley a un putain de problème de communication.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 01/02/2026 à 01:48

À peine commencé, déjà terminé. Victime de son succès, le petit divertissement malicieux de Prisca s'achève sitôt que Caecilia tombe dans le panneau. Triomphante, elle regarde Manius tendre la main pour saisir celle de la sorcière qui vient de voler à son secours sans une once d'hésitation. 

 

— Viens t'asseoir, Caecilia. Détends-toi, elle se paie juste ma tête.

 

Un sentiment doux-amer s'empare de la sportive tandis que Manius entraîne son amie vers un fauteuil qu'ils peuvent partager. Elle est toutefois satisfaite que la cérémonie ait été menée à bien. Prisca Thompson cède à Manius Fawley la protection de Caecilia et ainsi elle se retire du conte après avoir accordé la main de cette dernière à cet homme trop patient. Et eux vécurent heureux jusqu'à la fin des temps

 

Avec la confirmation, bien que le doute ne subsiste pas après que Caecilia a débarqué baguette en main pour sauver son historien, que Nem-nem est prête à sortir les griffes pour son mari et surtout qu'elle l'a montré devant l'intéressé, que lui reste-t-il à faire ici ? Manius est déjà exaspérant de gentille et d'attention. Qu'a-t-il à dévoiler à son épouse qui puisse lui plaire davantage encore que cela ?  Prisca a bien une idée mais elle ne va quand même pas distribuer des coups de batte à sa meilleure amie. Sauf si elle se permet d'allumer une cigarette. 

 

C'est pourtant pas l'envie de cogner qui lui manque, au contraire. Ça réveillerait ses muscles engourdis, viderait sa surcharge mentale, relativiserait la violence du sortilège qu'elle a lancé quelques jours plus tôt. Ça lui ferait oublier, à elle aussi, sa douleur ; qui sait ? Sa meilleure amie dans les bras de Fawley, plus en sécurité que n'importe où ailleurs. Prisca sourit. Prisca se sent seule. Un peu. Beaucoup. Passionnément. Est-ce que Malya a envie d'aller boire un verre ?

 

Elle secoue la tête. Il faut bien qu'un jour maman louve regarde sa portée grandir et fonder sa propre meute.

 

— Je joue au Quidditch, en général. Parfois aux cartes. Vous avez pensé à votre voyage nuptial ? Il n'est pas trop tard.

 

Autant donner le change pour le moment. Elle aurait toujours le temps plus tard pour revenir à ses projets initiaux. Et puis Caecilia lui semblait déjà si loin d'elle. Juste encore un instant à lui tenir la main par le bout des doigts. 

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 01/02/2026 à 20:57

Il y a peut-être eu un court-circuit dans la tête de son amie, ou un faux contact, elle ne sait pas. N’importe quoi pourrait expliquer l’attitude de la blonde, ce soir, à cet instant précis où elle décide de larguer ses bombes verbales sur le couple un peu trop désuni. Caecilia espère pour elle que c’est uniquement le fait d’un méchant cognard qui aurait échappé à Mayla. Elle n’y croit pas. Ses yeux plissés ne s’adoucissent pas quand Manius lui prend la main, l’attire à lui.

 

Ça la fait chier qu’on se paie sa tête. Elle en a sa claque d’avoir l’impression d’être un jouet pour les gens. Tiens c’est drôle : est-ce que, si on appuie là, ça casse ? Oui, putain, ça casse carrément.

 

Les nerfs à vif, une Caecilia à fleur de peau avec les doigts qui tremblent de colère et d’incompréhension. La serviette chaude est tombée, elle la ramasse avant de s’installer à côté de Fawley, la presse entre ses mains pour se calmer. La sorcière ne rengaine pas tout de suite sa baguette, pas encore.

 

Cette journée a été longue, trop rude pour le corps de la jeune femme. La douleur à l’épaule qui ne la laisse pas tranquille, les piques de Prisca, l’attitude réservée de Manius. Tout l’énerve à ce moment précis. Ça la fait chier qu’on la prenne pour une gamine qui doit être mâtée à coups de batte, ou qu’on doive absolument éviter de froisser : personne n’a donc aucun équilibre mental dans cette pièce ? Le mécanisme est lancé, c’est toujours la même chose, la surréaction. Comme si elle ne pouvait pas faire autrement. Caecilia Fawley commence à avoir eu sa dose de contrôle parental pour la journée.

 

Les yeux campés dans ceux de Prisca, la brune sort lentement une nouvelle cigarette avant de l’allumer du bout des doigts, un petit sourire provocateur au bout des lèvres, l’air de lui dire : bah tiens, tu vas faire quoi ? Elle aspire la fumée et se retourne vers Manius : J’sais pas, peut-être que ça te dirait un petit voyage en Patagonie avec Pripri ? C’est qu’elle ne digère peut-être pas qu’on lui mente effrontément à la figure dans sa propre maison en plus de tout ça.

 

Les jambes croisées, une main qui défroisse légèrement sa chemise, la petite bombe à retardement est pratiquement prête à exploser. Alors, qu’est-ce que ça vous fait à vous ? Qu’on joue avec vos nerfs ? Dents serrées, regard dur et tout ce cirque qui commence à sérieusement l’emmerder.

Caecilia Fawley a lancé un sortilège en utilisant la manumagie !

Sortilège
Sortilège de Combustion
Difficulté
4
Résultat D20
6
Interprétation
Réussite
XP gagnée
3

la brune sort lentement une nouvelle cigarette avant de l’allumer du bout des doigts

Autres résultats possibles

la brune sort lentement une nouvelle cigarette avant de l’allumer du bout des doigts

la brune sort lentement une nouvelle cigarette avant de tenter de l’allumer du bout des doigts, pas de flamme ? Tant pis, elle dégaine son briquet

la brune sort lentement une nouvelle cigarette avant de tenter de l’allumer du bout des doigts, pas de flamme ? Tant pis, elle dégaine son briquet

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 01/02/2026 à 22:24

Pendant un instant, Manius se demande s'il n'a pas soudainement fait un bond dans le passé à l'époque où il était préfet et devait gérer les petites querelles entre élèves. Avec Prisca en gamine malicieuse et Caecilia qui accuse le coup aussi dignement que possible. Contrairement à Prisca, Manius ne comprend pas suffisamment la tireuse d'élite pour savoir qu'elle est à deux doigts de craquer. 

 

— En fait je pensais t'emmener en Asie quand tu pourras prendre congé. Mais je pense qu'il vaudrait mieux qu'on se mette d'accord sur ce genre de sujet.

 

L'air de rien, il reprend la serviette chaude des mains de Caecilia pour la remettre là où elle l'avait posée un peu plus tôt, sans doute pour une bonne raison, et la remplace par sa main à lui dans celles de la jeune femme avant de poser un regard égal et départi de son sourire à leur invitée. Pas amusé mais encore loin d'être fâché.

 

— Prisca, elle a eu une dure journée. Je te serais reconnaissant de lui accorder un peu de répit.

 

La proximité avec Caecilia aidant, Manius se rend compte qu'elle est à cran. Pas étonnant avec le boulot stressant qu'elle exerce et l'attitude désinvolte de sa meilleure amie. Il serre sa main pour lui témoigner son soutien, envisage un moyen de lui faire plaisir après la visite, de l'aider à se changer les idées. Mais dans l'immédiat, il sent le regard lourd de Prisca qui fait peser sur lui le poids de sa promesse et des exigences de l'athlète. Caecilia ne va probablement pas aimer ça du tout, mais il est un homme de parole et ne peut se défiler malgré les circonstances qui lui disent de la laisser tranquille cette fois encore en acceptant sa mauvaise habitude qu'il n'approuve pas. Tant pis, quitte à ce qu'elle se dispute avec quelqu'un, autant que ce soit lui plutôt que son amie d'enfance.

 

— Est-ce que tu veux bien éteindre ta cigarette, s'il-te-plaît ? Ça ne me plaît pas que tu fumes.

 

L'insolent attend avec une pointe d'appréhension la réaction. Toutes les circonstances qui pourraient pousser Caecilia à exploser sont réunies. Mais elle est imprévisible après tout. Quelque part au fond de lui, Manius se dit qu'il y a une chance pour que la sorcière ne le foudroie pas sur place.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 01/02/2026 à 23:20

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Vocabulaire injurieux

Essayer de se retenir, de ne pas céder, de ne pas craquer tout de suite, pas maintenant, pas ici, pas devant eux. Elle se répète les ordres en boucle, s’engueule mentalement malgré ses membres crispés, ses doigts serrés sur sa baguette. Elle ne veut pas tout gâcher. Prisca encore, elle s’en fiche, sait que les deux sorcières se réconcilieront : elles se réconcilient toujours. Après tout, la provocation est une seconde nature chez son amie. Mais Manius ? Est-ce qu’un baiser pourrait suffire à nouveau à reconstruire ce qui a été fêlé ?

 

Caecilia se mord violemment la lèvre pour ne pas hurler face au manque total d’intelligence sociale de son mari. Tout ne se règle pas avec des putains de nems Manius. Elle essaie de ne pas vriller quand il lui replace délicatement la serviette sur l’épaule, quand il serre sa main dans la sienne. Il sait, elle voit qu’il sait, qu’il comprend, qu’il sent et pourtant ?

 

Une réprimande à son amie. Un reproche qui ne veut rien dire, si ce n’est : regarde la pauvre choute, tu vois bien qu’elle n’est pas bien, ne la brusquons pas. C’est quoi ces manières et pourquoi Manius Fawley ne peut-il s’empêcher de s’adresser à Prisca comme s’il lui écrivait une lettre ? La sorcière serre, elle aussi, les doigts de son mari un peu plus fort pour tenter de rester maitresse d’elle-même, elle tire sur sa cigarette d’un mouvement trop brusque, comme pour se calmer, cesser le tremblement de ses mains.

 

Et puis d’un coup, la trahison. Imprévue, impromptue. Les mots de Manius qui lui lacèrent le cœur, plus qu’elle ne pensait qu’il était possible. Un regard assassin en direction de Prisca, sans doute le plus violent qu’elle ne lui ait jamais offert. Deux contre une, bien joué les gars. Et ce putain de traître de Fawley qui décide de lui dicter sa conduite alors qu’elle vient de prendre sa défense. Ça la dégoûte. Il n’y a plus de filet dans son cerveau, plus de barrières. Elle crame à l’intérieur, repousse violemment le sorcier, son épaule la lance. Putain de vie de merde. La claque part toute seule sur sa petite gueule de premier de la classe, monsieur le préfet parfait qui la ramène brusquement sur ses préférences, il fallait l’oser.

 

Et moi ça me plaît pas d’être mariée à ta sale gueule de traître, elle hurle, tant pis pour l’avenir, tant pis pour l’amour, le gosse, les voyages et toutes les inepties que Caecilia avait eu l’audace de projeter un peu, malgré elle dans ses instants de faiblesses, sa peau contre celle de son mari. La porte d’entrée claque derrière elle, le froid mord ses joues humides. Elle se laisse glisser contre un mur, accroupie dans l’herbe gelée, pose son front contre une main, la cigarette entre les doigts, le corps parcouru de sanglots.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 02/02/2026 à 00:47

Presque. Pourtant Prisca sait que Caecilia en est capable. Peut-être qu'elle a juste passé une trop sale journée, peut-être qu'il est trop tôt. Peut-être que la fatigue est plus intense que Prisca ne veut bien l'admettre et qu'elle s'est trompée. Il y a tellement de raisons pour lesquelles ça a pu foirer. Mais elle ne conçoit pas que ce soit parce que Nem-nem n'est pas à la hauteur. Elle peut ne pas l'être là présentement, mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras.

 

Pourtant, Prisca se découvre quelque chose d'inédit en elle, que jamais elle n'aurait cru possible. Là tout de suite, pour la première fois depuis qu'elles se connaissent, elle n'est pas dans le même camp que sa meilleure amie. Ça la fait tellement chier de voir ce mec interdit en face d'elle, impassible malgré la claque aussi bien figurative que littérale qu'il vient de prendre. À quoi peut-il bien penser ? Est-ce son cœur qui vient d'éclater dans le bruit sec et retentissant de la paume contre sa joue ? Prisca éprouve de la peine pour lui, et ça l'énerve. Elle a envie de courir après Caecilia et de lui restituer la gifle. Quoique moins douloureux que n'importe quel autre coup, la violence du geste a ce quelque chose de pernicieux qui atteint la dignité aussi sûrement que le fleuve va à la mer. Qui cause des dégâts plus irréparables qu'une cicatrice.

 

— Fait chier ! s'emporte-t-elle en abattant la batte sur la bouteille de bière vide.

 

Manius ne bronche pas, son regard est pire que triste. Éteint. Une larme coule sur la joue de Prisca tandis qu'elle s'approche de lui en dégainant sa baguette. Elle en a marre de lancer des remèdes inappropriés sur ses amis mais tant pis.

 

— Désolée, j'ai commis une erreur quelque part. Caecilia ne te mérite pas. Pas encore.

 

Elle agite l'arme avec laquelle il lui semble infliger tant de souffrance en ce moment et prononce la formule.

Les traces de la main de Caecilia demeurent mais la douleur de Manius s'estompe.

Un petit coup d'œil désolé plus tard, Prisca sort de la résidence sans savoir quoi dire ou faire.

 

 

Caecilia est là, petite fille malmenée par la vie, par ses amis, par elle-même. Qu'elle le veuille ou pas, Prisca vient s'accroupir près d'elle.

 

— Je vais pas te forcer si tu veux pas mais on pourrait aller se défouler un peu toutes les deux. Malya a des gnomes dans son jardin, c'est toujours sympa de faire du dégnomage. Ou mieux, tu as quelqu'un qui t'aime là-dedans. 'Fin c'est toi qui vois.

 

Puis elle lui prend la cigarette des doigts. Faut pas déconner non plus. Et elle laisse quelques secondes à Caecilia pour se décider avant de transplaner et de s'oublier dans les bras de n'importe qui. 

Prisca Thompson a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Griffe !

Sortilège
Sortilège du Bisou Magique
Difficulté
5
Résultat D20
19
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Les traces de la main de Caecilia demeurent mais la douleur de Manius s'estompe.

Autres résultats possibles

La marque sur le visage de Manius disparaît avec sa douleur.

Hélas, Prisca n'est pas soigneuse et son sortilège reste sans effet.

Un choc remonte de la baguette pour parcourir le bras de Prisca et achever sa course sur son visage où s'inscrit la douleur qu'elle partage désormais avec Manius. Ça a quelque chose de poétique à défaut d'être agréable.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 02/02/2026 à 22:21

Mes yeux se ferment, j'suis pas sa femme

J'suis même pas sûre d'être un humain

Tout m'glisse, tout m'coule dessus comme un amphibien

 

Elle ne compte plus les larmes, goût du drame, peut-être l’heure, encore une fois de baisser les bras, les armes. Et Prisca. Clope disparue, amie qui s’envole dans la nuit, elle ne la retient pas, incapable de quoi que ce soit, d’une parole, d’un regard : il n’y a plus rien.

Rien.

 

Dehors l’air glacé. Dedans le même Mistral. Fin du jeu. Caecilia ne peut pas chaque fois revenir comme une petite pervenche dans les bras de l’époux. Fleur fanée entre doigts maladroits. Pas après la claque, les mots, pas pour le voir lui dire que c’est pas grave. Gamine dysfonctionnelle en manque d’affection. Et si, ce soir c’était elle qui dormait dans la chambre d’ami ? Un couple particulièrement doué pour se lancer la balle de la culpabilité et prends bien ça dans ta gueule. Ou c’est juste elle peut-être. Sûrement, en fait.

 

L’amie-sœur est partie, l’amour attend toujours. Cherche les mots pour lui plaire.

Il se prend des balles perdues, même si elle essaie de faire barrière : la sorcière est trop trouée

Comment s’est-elle retrouvée dans cette situation ?

 

Au-dessus, le ciel et une lune énorme qui doit peser bien plus lourd qu’un cœur endolori. La nuit ne la quitte jamais, elle revient toujours, s’insère, asphyxie, lui rappelle d’autres veilles contraintes sous les étoiles glacées. Mais elle n’est plus seule, elle est deux, repense aux paroles de Prisca. Qui a-t-elle envie de devenir ? Elle n’ose pas se poser la question par peur de la réponse. Loyauté, la belle blague. Elle ne peut pas s’en empêcher, c’est plus fort qu’elle. Se sentir redevable, et pourquoi ?

 

Une main tendue devant son corps frigorifié, plus d’alliance au bout, plus de serments, plus de promesses. Que lui reste-t-il pour affronter l’avenir ? Ça la fait chier de se sentir seule, même entourée, d’avoir besoin qu’on la prenne, qu’on la serre, qu’on l’enveloppe comme une môme, comme si, non, elle ne savait pas se défendre, pas se gérer, pas se protéger.

 

Il fait définitivement trop clair pour croire à la nuit, la Lune lui hurle que ce n’est pas encore fini.

 

Caecilia se redresse lentement, les dents qui claquent, les doigts blancs. Elle ne sait pas combien de longues minutes se sont écoulées depuis son pétage de plomb, trop sans doute. La colère a refroidi, immangeable désormais. La portée d’entrée est à deux pas, elle s’ouvre sur une sorcière fantomatique qui pénètre dans la demeure en évitant de trébucher, ne passe pas par le salon, monte à l’étage récupérer deux trésors.

 

Quel genre de personne tu veux devenir ?

 

Quel genre de personne était-elle déjà devenue ? Caecilia Rowle, Caecilia Fawley, Caecilia… Il est là, contre le bar, comme s’il n’avait pas bougé, presque pas. Elle reconnaîtrait sa silhouette entre mille, de loin, quel que soit le plan foireux dans lequel il aurait pu se fourrer. La sorcière respecte cet homme-là, il ne le sait pas, pourrait-il le deviner ?

 

Il y a trop de certitudes qui se retournent dans la tête de la sorcière ces derniers temps. Comme des chaussettes, d’un geste, hop. Le goût de la trahison est sur toutes les lèvres, cohérente, implacable : chacun peut y aller de sa bonne explication. Il y a toujours une bonne raison. Pour elle aussi. Si elle leur prêtait ses yeux, tout paraîtrait limpide, justifiable et peut-être même sensé. Pas comme ce qu’elle s’apprête à faire, à dire : Manius.

 

Éclats dorés dans la paume, fragments d’étoiles, bouts de raison : je te demande pardon. La main de l’historien, ses doigts délicats abîmés par les pages, les fouilles. Son regard fiché dans le sien. Ça fait en réalité des années qu’il y a, entre eux, quelque chose à réparer, à pardonner. Comme un murmure : Manius Fawley, je te reçois comme époux et je me donne à toi pour t’aimer fidèlement tout au long de notre vie. Des paroles familières, déplacées dans la bouche d’une enfant de quinze ans, différentes aujourd’hui qu’elle est campée devant lui, la chemise froissée, les cheveux emmêlés, Eleftheria à sa ceinture.

 

Une femme, oui, peut-être un brin plus assurée, qui lui fait face à la fois hésitante et décidée.

Le regard perdu, le front plissé.

Une mariée qui sent la clope, mais peut promettre, pour lui, d’arrêter. D’essayer.

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 03/02/2026 à 00:00

Le sortilège de Prisca, aussi bien intentionné fut-il, n'a eu aucun effet sur Manius qui est absent de lui-même, qui lui répond après qu'elle soit sortie. Manius Fawley, toujours en retard de deux guerres.

 

— Merci, Prisca. D'avoir essayé.

 

Comme s'il était prisonnier du plateau d'un gramophone, il tourne en rond, encore et encore et encore. Le sortilège n'a pas eu d'effet parce que Manius ne sent pas sa joue, ni ses jambes qui le portent inconsciemment jusqu'au bar. Il a le tournis et il a froid. Là dans sa poitrine, quelque part où la gifle de Caecilia s'inscrira plus profondément que dans sa mémoire. Un endroit qui ne lui permettra pas d'oublier, jamais. Elle ne te mérite pas.

 

Mais elle, est-ce qu'elle a mérité ça ? Vous êtes heureux ? Non. Comment un homme malheureux peut-il faire le bonheur d'une femme plus malheureuse encore ? Les questions s'alignent comme les bouteilles du bar et l'enivrent. Il a envie d'en boire une. Ou dix. Il a envie de les balayer d'un revers de main. Il voit une petite motte de terre fraîchement retournée et se demande s'il n'a pas assez saigné ou s'il n'a pas creusé assez profondément.

 

Son regard qui balaie la pièce derrière lui s'arrête un instant sur le gramophone. Muet, il semble pourtant diffuser une musique qui a l'apparence d'Ophelia. Pourquoi l'avait-il invitée à danser ? En tournant l'une avec l'autre dans le musée, ils s'étaient accordés. Elle avait, le temps d'un blues, rejoint la ronde infernale qui garde Manius captif. Puis ils s'étaient détachés, elle pour continuer sa vie, lui pour continuer sa peine. N'aurait-il pas pu garder cette main délicate dans la sienne et la suivre au lieu de demeurer par entêtement dans son tournant tourment ? Peut-être qu'Ophelia n'aurait pas accepté qu'il la suive de toute façon. Mais combien de fois Manius avait-il laissé une alliance qu'il ne porte plus maintenir la distance entre lui et une femme qui ne le détestait pas, ne l'aurait peut-être jamais giflé, aurait été prête à, aurait même pu désirer, lui faire l'amour et non lui faire la haine ? Comme cette désenchanteuse avec laquelle il avait partagé le thé sur une terrasse d'Égypte et qui avait porté sur cette alliance un regard sans équivoque en disant c'est dommage. 

 

Ses yeux reviennent sur le bar. Non il ne boira pas. Il ne fracassera pas. Manius Fawley est trop lâche pour agir, faire quelque chose ou changer quoi que ce soit. Caecilia est partie en claquant la porte et il ne l'a pas suivie, a laissé quelqu'un d'autre le faire à sa place. Quel homme que celui qui laisse un amour en larmes se réfugier dans le froid ! Mais Prisca gère, non ? Désolée, j'ai commis une erreur. Peut-être pas. Mais est-ce que lui ferait mieux ? Indubitablement pas. Pourtant il veut essayer, trouver le courage d'aller les rejoindre si elles ne sont pas hors de portée. Oui, il doit y aller. Il va y aller. Il va... Manius.

 

Fawley, oui. Toujours deux guerres en retard. Il se retourne pour ne pas ajouter à sa honte celle de ne pas lui faire face. Pourquoi a-t-elle ces maudis anneaux dans la main ? Je te demande pardon.

 

Ses mains douces de femme qui n'a jamais reçu la moindre douceur de la vie. Et des vœux qu'elle a jadis prononcé devant un public comme pour s'acquitter d'une corvée. À quoi ça rime s'ils sont seuls ? Qu'est-ce que ça peut vouloir dire si ce n'est que cette fois elle s'adresse à lui. Vraiment. Sincèrement. 

 

Caecilia est une femme imprévisible. Peut-être que demain elle lui fera la guerre de nouveau. Il ne sait pas s'il peut croire en ces paroles. Mais il le veut. Et il veut chasser cet air désemparé, ce front plissé. Il la prend dans ses bras, essaie de chasser les rides avec ses lèvres.

 

— Ça ira. On s'en sortira, nous deux. Caecilia Fawley, car elle n'était déjà plus une Rowle après tout. Je promets de te chérir et de te protéger en tant qu'époux jusqu'à la fin de nos jours. Jusqu'à ce que l'éternité emporte l'Histoire, même.

 

Il n'y a plus qu'eux l'espace d'un instant. Plus de doute. L'écho fantomatique du gramophone s'est tu et la silhouette d'Ophelia s'est évanouie avec. Et il avait bien fait de renvoyer cette désenchanteuse de son équipe parce qu'il ne voulait pas d'une rivale pour Caecilia dans son entourage.

 

— On est seuls. Je vais pouvoir masser ton épaule. Il y a d'autres endroits où tu as mal ?

 

Merci, Prisca. D'avoir réussi.