Femme
22 ans
Né-moldu
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 27/01/2026 à 18:02
Fatiguée. Mais pas le temps de l'être. Panser les plaies de sa Nem-nem, décider si elle déteste encore Quintus où s'il mérite une seconde chance, engueuler Scott, féliciter Vanessa quand même pour sa grossesse. Depuis quelques jours, Prisca était au four et au moulin quand elle n'était pas sur le terrain. Mais seule importait Nem-nem.
Scott sorti de la vie de Caecilia pour de bon, cela veut dire qu'il est plus que temps d'intervenir dans le mariage foireux de cette dernière. Peut-être qu'il est déjà même trop tard pour ça en fait. Prisca avait voulu laisser ces deux-là s'apprendre l'une et l'autre sans intervenir. Parce que ce n'était pas sa place. Parce qu'elle n'a rien à faire dans les histoires tragiques de ces débiles de mariages entre sang-purs qui ne peuvent que gangréner leur existence. Parce qu'elle sait bien qu'elle ne comprend pas tous les enjeux de ces saloperies. Mais ce qu'elle comprend, c'est Nem-nem. Et un peu Manius peut-être. Alors cette fois elle débarque. Et elle a pris la batte de sa coéquipière.
— Bonjour, Mademoiselle Thompson, sourit-il en lui ouvrant la porte, distingué comme à son habitude.
— Manius, mon chou, tu vas m'appeler par mon prénom ou je t'enfonce ça dans le gosier, rétorque-t-elle en agitant l'arme.
— Comme il vous plaira, Mademoiselle Prisca. Entrez.
Elle étrécit les yeux, serre le poing sur la batte. Rit. L'humour n'est manifestement pas son point fort et elle trouve ça paradoxalement drôle. Prisca emboîte le pas de son hôte qui l'entraîne jusqu'à au salon et lui demande si elle souhaite quelque chose à boire.
— Je ne bois qu'avec mes amis, dit-elle avant de laisser passer un temps de flottement. Donc, une bière si tu en as.
Manius ne comprend manifestement pas tout de suite vu ses sourcils froncés brièvement mais finit par lui sourire d'un air entendu avant de chercher dans le bar ce qu'elle a demandé. La jeune femme se retient de poser la question qui lui est venue à l'esprit dès qu'il a ouvert la porte, au sujet de l'alliance qu'il ne porte plus. Au lieu de ça, elle renifle audiblement.
— Ça sent le tabac. Tu ne laisses quand même pas Nem-nem fumer j'espère ?
— Je n'ai pas à lui dire quoi faire.
Le manche en bois vient trouver les côtes de Manius en guise d'avertissement.
— J'ai dis pas de clope. Et tu n'obtiendras jamais le respect de Nem-nem en te comportant comme un lâche. Ou en mettant des barrières entre toi et ses amis. Vous êtes coincés ensemble, tu vas devoir intégrer sa vie. Je ne sais pas s'il y a une chance pour l'amour entre vous. Mais je ne vois pas ce qui vous empêcherait de bien vous entendre.
Le sorcier prends le temps d'assimiler tandis qu'il trouve une bière et sert Prisca avant de se remplir une tasse de thé.
— Tu ne trouves pas que lui avoir imposé notre mariage soit une raison ?
— Tu as pris une mauvaise décision. Motivée par une bonne raison. Elle était condamnée à la misère à l'instant où elle a décidé d'aller dans cette salle de bains. Tu t'es dis que tu allais faire preuve d'abnégation en la prenant sous ton aile et en la laissant faire n'importe quoi. Il a fallu que j'apprenne que tu avais surpris Scott avec elle pour m'en rendre compte. Alors c'était stupide, mais je comprends. C'est loin d'être si simple pour Nem-nem.
Les épaules de Prisca s'affaissent, le poids de l'épuisement se fait trop sentir juste un instant. Assez pour que Manius le remarque et lui demande ce qui ne va pas.
— Je vois bien que t'es pas un sale macho. T'es juste aussi paumé que nous tous. Et t'es peut-être bien la personne la plus préoccupée par le bien-être de Nem-nem à part moi. J'ai besoin d'aide. C'est devenu trop pour moi et je suis la seule sur qui elle peut encore se reposer mais j'ai pas les épaules pour et...
Voix brisée et sanglot fugitif. Alors que Prisca se sent s'effondrer, une main compatissante se pose sur son épaule et une autre lui tend un mouchoir.
— Je ferai de mon mieux. Je te le promets.
Attentionné, Manius réconforte la sorcière à bout de force avec gentillesse. Ce n'est que lorsque la crise est passée et que Prisca a retrouvé sa contenance qu'il relève avec hésitation une réflexion après un court silence.
— Tu as dit qu'elle était condamnée au moment où elle a décidé d'aller dans la salle de bain. Pas quand elle y a été surprise.
Prisca se fige comme une enfant repérée en pleine bêtise. Elle a manqué de vigilance en s'exprimant et Manius est intelligent quand il ne s'agit pas de relations humaines. Éluder le sujet ne sert à rien, elle sait qu'elle va devoir lui livrer le fond de sa pensée. Un instant, elle considère l'homme aux sourcils froncés qui la regarde. Il n'est pas juste en train de réfléchir, il s'inquiète. Et elle décide de lui faire confiance.
— Nem-nem... est responsable de tout ça. C'était son idée. Un mauvais pari fait dans un casino truqué. Elle ne savait pas que les cartes n'ont pas été distribuées équitablement mais elle savait qu'elle prenait un risque. Et ensuite c'est elle qui a continué de fréquenter Scott même après son mariage. Elle croyait sans doute qu'il trompait sa femme avec elle. Mais en fait c'est Nem-nem qu'il trompait. Elle ne s'en est juste pas rendue compte. Ou n'a pas voulu.
Manius accuse le coup. Tente de raisonner.
— Elle était... est amoureuse d'Emfield. Tu ne peux pas la blâmer pour ça quand même.
— L'amour c'est stupide. Et je ne la blâme pas. Je regarde justes les choses en face. Ni toi ni moi ne devons jamais le lui dire, c'est à elle de réaliser ça. Mais je te trouve bien venimeux tout à coup pour quelqu'un qui tolérait qu'Emfield couche avec sa femme.
— C'est un tocard qui a joué avec le cœur de deux femmes. Je ne peux pas respecter ça.
— Là, on est bien d'accord, lui répond Prisca avec un sourire. On n'aurait pas fini à Poufsouffle si on n'avait pas d'égards pour la loyauté.
Des bruits dans l'entrée trahissent l'arrivée de quelqu'un. Prisca finit sa bière d'une traite et hausse les épaules en jetant à Manius un petit coup d'œil navré.
— Merci, Manius. Mais je suis censée être là pour te remonter les bretelles alors j'espère que tu ne m'en voudras pas.
La batte percute le bras de son hôte avec un bruit sourd tandis que celui-ci s'exclame davantage de surprise que de douleur sans doute. Prisca s'est retenue.