Femme
22 ans
Sang pur
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 07/02/2026 à 11:47
Son cœur rate un battement quand le sorcier s’écarte, une mine déterminée sur un visage qu’elle connait encore si peu et puis
L’explosion.
Une petite fille qui voudrait se boucher les oreilles, ne pas voir, ne pas entendre des mots qui enferment plus qu’ils ne libèrent et qu’aurait-elle donné pour les entendre quelques années auparavant ? Mine interdite, les informations n’atteignent pas son cerveau comme si la jeune sorcière ne pouvait pas croire à la comédie qui se déroule sous ses yeux.
Manius Fawley qui détruit l’anneau qu’elle vient tout juste de lui passer au doigt comme une promesse, qui se recule vivement de son corps parce qu’elle vient de lui livrer le fond de sa pensée. Cet homme-là même qui a choisi de se l’approprier la lâche soudainement alors qu’elle n’a plus rien à quoi se raccrocher. Quintus qui doit sans doute la détester à présent, Prisca qui l'a quittée fâchée, Scott…
La situation lui semble tellement injuste qu’elle en garde la gorge nouée. Fuis-moi je te suis, alors c’est ça ? Il allait jouer au chat et à la souris ? Qu’espérait-il en l’épousant ? Que voyait-il à la surface d’une enveloppe qu’elle vient à peine de lui confier ? La certitude alors qui s’impose à son esprit : Manius Fawley n’est qu’un lâche, bien trop précipité de retrouver la conservatrice du musée, celle qui, il y a encore quelques instants, ne les séparerait pas. Non, jamais, quelle belle ironie.
Depuis quand vit-il donc dans un mensonge perpétuel pour mimer la surprise et le dégoût ? Une fêlure dans le masque de sa femme et le voilà debout, valise à la main, prêt à faire une croix sur tous les demains qu’il avait envisagés pour eux.
C’est donc là que s’arrête l’amour ?
Prisca avait raison, mais ça lui fait mal, terriblement.
Elle éclate d’un rire sans joie lorsqu’il annonce leur divorce imminent. La tristesse ne donne rien, elle lui va mal au teint, ça n’a jamais été une bonne arme, elle serre les dents pour se promettre de ne plus jamais baisser sa garde à l’avenir, pas devant cet homme qui ne sait que faire d’une vulnérabilité qu’il a participé à créer.
Alors c’est ça, hein, comme du poison dans la voix, elle ne sait pas si elle se tue ou cherche à le mordre, tu me laisses tomber après m’avoir pris ma vie. Elle pourrait crever, là maintenant, ce serait tellement plus simple. Un pas vers le sorcier. Maintenant que je n’ai plus rien, le défi te semble insurmontable. Les mots tremblent de colère, baguette en main, oui, là, Caecilia se sent mieux, maîtresse sur son propre terrain.
Des yeux vides, Manius a le regard fermé, sans doute que ses mots ne le touchent peut-être même pas. La sorcière se sent tout à coup si seule, le cœur bien trop serré. Elle ouvre la bouche comme pour tenter de lui dire ce qu’elle ressent, lui transmettre une pensée, qu’il voit, comprenne ce qu’elle pense. Impossibilité de communiquer.
Alors, Caecilia se mord violemment la lèvre pour garder de nouvelles larmes dans ses yeux. Puisque le point de rupture semble trop acté cette fois pour le sauver par une pluie de baisers, elle ferme ses paupières. Une dernière carte pour les sauver peut-être, ramasser les dernières miettes avant la solitude, lui offrir un dernier cadeau et lui permettre de tourner les talons apaisé.
L’esprit de la Legilimens glisse vers celui de Manius sans violence. Elle ne force pas le passage, mais frappe à la porte avec délicatesse, ne prend rien de lui, mais y déverse dans une vague à peine contrôlée toute la tendresse de leur nuit, son cœur jaloux, son admiration pour l’historien et sa peur de ne pas être à la hauteur. Elle s’ouvre à lui plus sûrement qu’avec les pauvres mots qu’elle a pu prononcer entre deux sanglots, pour lui confier ses petites projections, un bébé dans les bras de Manius qui ferait pour elle un si bon père, sa reconnaissance quand il prend soin de son corps endolori, le trouble de son cœur depuis qu’elle connait le goût de sa peau. Parce que Caecilia ne sait pas faire comme son amie, elle laisse indéniablement des morceaux d’amour dans le sillage de ses ébats.
Et puisque ses mots ne collent jamais à sa pensée, elle la lui offre sans médiation. Quand le charme s’arrête, elle recule d’un pas : si tu veux partir maintenant, je comprends. Elle détourne le regard. Mais tu sais, qu’il laissera là une femme une nouvelle fois enfermée dans un cœur brisé.