Harry Potter RPG

[En Cours]
Jeux d'enfants Pied-à-terre londonien de Quintus, jeudi 31 janvier 2126

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 31/01/2026 à 22:54

Quintus Bulstrode a peut-être eu de nobles intentions en disparaissant subitement de la réunion de crise à laquelle Caecilia l’a conviée quelques jours plus tôt avec Prisca. Il n’empêche qu’il est parti en laissant en suspens de trop nombreuses questions dans la tête de la jeune sorcière. Des interrogations portant principalement sur l’héritière Ptahchepsès qu’il s’est permis sans préavis de faire débouler dans son salon – sans même par ailleurs songer que Caecilia puisse s’y trouver dans les bras de son amant – et qui se sont par ailleurs récemment vues saupoudrées d’un insupportable doute qu’elle compte bien éclaircir ce soir.

 

Cette femme dont la main a été refusée à l’ancien Serpentard des années plutôt, gâchant d’emblée ses fiançailles avec Neith porte-t-elle les traits de son amie d’enfance ?

 

Caecilia transplane sans plus de cérémonie à quelques pas de la demeure de son ami. Elle apprécie ses petites marches dans le froid de l’hiver qui lui remettent les idées en place et la font redescendre en tension avant la prochaine interaction sociale. Ou peut-être est-ce parce qu’elle profite de ces courts moments en tête à tête avec elle-même pour s’allumer une énième cigarette et écourter avec soin une vie un peu trop compliquée. Elle ne sait pas, mais, comme toujours, la lumière crépite au bout de ses doigts et... s'éteint ? Elle soupire, prend un briquet. Simple provocation ? Réelle addiction ? Trop tard.

 

Devant la maison du Bulstrode, elle prend le temps de s’arrêter, contemple la façade. Son ami se fait rare sur le sol britannique depuis qu’il a pris ses fonctions de diplomate en Égypte, le pays de sa fiancée. Elle cherche les mots, l’approche qu’elle pourrait utiliser et puis chasse ses réflexions d’un haussement d’épaules. Caecilia n’est pas faite pour les négociations et les longs discours, son rôle à elle c’est de frapper à distance, mais de frapper fort. Elle termine sa clope avant de s’annoncer.

 

Lorsqu’elle voit le sorcier, une petite vague de joie la submerge. Ils sont trop rares ces vrais piliers sur lesquels elle peut compter. Caecilia l’enlace familièrement : les convenances n’existent pas dans l’amitié. Quintus, je suis trop contente de te revoir. Elle claque un baiser sur sa joue avant de remarquer un détail, elle connait trop bien ce visage pour ne pas repérer le dégât, même réparé bah, tu t’es cassé le nez ? Sourcils froncés, merde, tu t’es pas vraiment battu avec Emfield quand même ?!

Caecilia Fawley a lancé un sortilège en utilisant la manumagie !

Sortilège
Sortilège de Combustion
Difficulté
4
Résultat D20
2
Interprétation
Échec
XP gagnée
3

mais, comme toujours, la lumière crépite au bout de ses doigts et... s'éteint ? Elle soupire, prend un briquet.

Autres résultats possibles

mais, comme toujours, la lumière crépite au bout de ses doigts.

mais, comme toujours, la lumière crépite au bout de ses doigts.

mais, comme toujours, la lumière crépite au bout de ses doigts et... s'éteint ? Elle soupire, prend un briquet.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 01/02/2026 à 09:22

Adossé à son siège, Quintus regarde sans le voir le parchemin presque vierge posé sur son bureau. Chère fiancée, est-il écrit dessus. Et après ? Il n'a pas la tête à ça. Il rumine ce qu'il s'est passé ces derniers temps. Certes il y a le fiasco de sa rencontre avec Ptahchepsès, sa faute à... elle. Ou lui ? Peut-être lui. Indubitablement lui à en croire Prisca qui lui a dit qu'elle ne voulait pas savoir comment il avait pu se planter aussi misérablement en rencontrant sa fiancée et qu'il avait juste intérêt à lui présenter des excuses en bonne et due forme. Sa solidarité avec la gent féminine s'étendait jusqu'aux étrangères au détriment de ses amis. Amis. Le mot employé par la blonde pesait sur la conscience de Quintus comme une flamme. Réconfortant et chaud mais capable de le brûler et le consumer tout entier. Ainsi était-elle réellement capable de mettre de côté leur différend au sujet de Caecilia dans l'intérêt de cette dernière justement.

 

Peut-être qu'elle avait juste eu besoin de se défouler pour canaliser sa rage, songea Quintus en se passant le doigt sur l'arête du nez qui le lancinait encore non pas de douleur mais des raisons pour lesquelles Prisca le lui avait cassé. Un peu comme s'il portait sa culpabilité en plein milieu du visage. Sa confession malvenue à Caecilia avait plutôt bien tourné pour lui. Il se sentait soulagé, Prisca avait reconnu qu'il avait techniquement respecté sa volonté de faire ses aveux et, cerise sur le gâteau, Nem-nem avait oublié. Le beurre et l'argent du beurre. Fût-ce par chance ou par talent, Quintus s'en tirait toujours à bon compte.

 

Quoiqu'il était désormais un peu à la merci de son amie Prisca. Elle l'avait briefé sur tout, pas comme si elle lui demandait de suivre son plan mais l'exigeait ni plus ni moins. Et lui obéissait parce que c'était la meilleure chose à faire. Sa soi-disant visite à Scott, la mémoire altérée de Caecilia, la surveillance de celle-ci, même se réconcilier avec Ptahchepsès était dans l'intérêt de Nem-nem. Quintus avait remarqué qu'au fond, tout ce qui a jamais importé pour Prisca c'est Caecilia. Plus que tout le reste, plus qu'elle-même.

 

Quelqu'un à la porte alors qu'il n'attend aucune visite. Sa sportive amie ne s'était pas trompé, évidemment que Caecilia voudrait le voir. Qui d'autre pourrait-ce être ? Tant mieux, Quintus saisit l'opportunité de remettre à plus tard cette lettre et finit son whisky avant d'aller ouvrir la porte. Caecilia est contente de le voir, l'embrasse, s'inquiète pour lui. Prisca avait raison : comme si tout allait bien.

 

— Je dois te faire une confidence. J'exècre Emfield de t'avoir causé tant de peine mais je suis encore assez intelligent pour ne pas chercher la bagarre avec lui. Non, parfois l'opposition politique se fait à coups de pavés lancés dans le visage. J'ai préféré étouffer l'affaire, je ne veux pas de vagues pour ma campagne. Allons, ne reste pas dehors, Nem-nem.

 

Il l'entraîne à l'intérieur, la débarrasse avec galanterie, lui propose un whisky et l'installe dans le grand salon en poussant vers elle le cendrier qui n'a lieu d'être là qu'à son intention.

 

— Moi aussi je suis content de te voir, tu as l'air en forme. Qu'est-ce qu'on ferait sans Prisca, pas vrai ? 

 

Quintus déploie ses plus belles manières, tout juste un peu plus conviviales avec son amie de toujours, et sourit très aimablement. Cela n'empêche qu'il sait que Caecilia n'est pas juste là pour une visite de courtoisie et qu'il va devoir jouer à son jeu préféré avec elle. Mais bien que la sorcière n'ait pas l'esprit diplomatique du politicien, elle le connait plus qu'assez pour qu'il doive se méfier et ne pas commettre de faux-pas lors de cette discussion.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 01/02/2026 à 22:43

Revoir un visage qui ne la jugera pas malgré ses récents légers écarts fait un bien fou à Caecilia. Ces derniers temps, la sorcière a du mal à se reconnaitre, se noie dans l’alcool, les clopes, les lèvres qu’acceptent de lui tendre quelques inconnus. Ça lui fait du mal de soutenir les regards de Prisca, ceux de Manius, les silences parfois de Marid qui ne dit rien, mais n’en pense peut-être pas moins. Avec Quintus, elle peut être elle-même sans avoir besoin de paraître plus douce, plus sage, plus parfaite. Un pavé ! Elle s’insurge, les yeux écarquillés. Les gens sont fous. Elle n’a pas eu vent de cette histoire, espère qu’il s’agit d’une broutille sans importance.

 

Tu es bien courageux de t’être lancé dans cette campagne, soupire-t-elle en laissant son ami la débarrasser. Merci, ajoute-t-elle avant d’avaler, un peu trop rapidement, son verre. Si t’as besoin de protection lors de tes prochaines apparitions publiques, n’hésite pas à me le faire savoir, hein. Il était tout bonnement hors de question que Caecilia laisse ses amis se faire maltraiter de la sorte si elle possédait le moindre pouvoir pour l’en empêcher.

 

Yes, hyper en forme, tente-t-elle de sourire en se resservant un verre. Son regard se pose sur le cendrier. Instinctivement, elle sort une nouvelle cigarette et l’allume du bout de ses doigts. Prisca pense que j’suis son môme, c’est vraiment chiant parfois, répond-elle en haussant les épaules, mais bon, ouais, sans elle, la vie n’aurait pas de saveur. Elle sourit, un peu rêveuse. Regard en coin pour le Bulstrode. Caecilia descend son deuxième verre aussi vite que le premier avant de se camper devant son ami, une main sur la taille, les yeux suspicieux.

 

L'alcool qui commence doucement à répandre sa chaleur dans le corps de la tireuse lui fait le plus grand bien. Ça lui brûle un peu la gorge, elle se sent mieux, invincible peut-être même, prête à affronter des mots qu'elle n'aurait pas pu recevoir en temps normal. Mais elle peut pardonner, elle peut tout excuser au petit Quintus Bulstrode à qui l'on osait voler les lunettes. Ils ont grandi ensemble dans des familles un peu trop étriquées pour leur permettre un épanouissement complet, alors ils se soutiennent. C'est ce qu'elle imagine, que les deux bambins adultes marcheront main dans la main jusqu'à la fin.

 

Bon Quintus, mon chéri, là j’ai besoin qu’on parle. Elle ne prend pas de gants, ne réfléchit pas à ses paroles, elle est là, elle agit. C’est peut-être ce qu’elle sait faire de mieux après tout, ça et s’apitoyer sur son sort sans doute. J’suis pas une grande fan des mariages arrangés, je t’apprends rien. Elle grimace, porte la cigarette à ses lèvres sans détacher ses yeux de ceux de l’ancien Serpentard. Mais là, en fait, j’ai besoin de réponses. C’est l’heure de vérité. Primo : qu’est-ce qu’il s’est passé avec Neith pour que t’envoies la gamine chez moi ? Elle inspire. Et deusio : est-ce que t’as demandé ma main à mon paternel ? La vraie question aurait plutôt été : et est-ce que, Quintus, tu es amoureux de moi ? Mais bon, l’affirmative répondrait quoiqu’il arrive aux deux, étant donnés les dires de l’Égyptienne. Maintenant qu’elle a lâché ses deux bombes, la tireuse se retourne pour remplir à nouveau son verre. Il lui faudra bien ça pour affronter les réponses de son ami.

Caecilia Fawley a lancé un sortilège en utilisant la manumagie !

Sortilège
Sortilège de Combustion
Difficulté
4
Résultat D20
10
Interprétation
Réussite
XP gagnée
3

l’allume du bout de ses doigts

Autres résultats possibles

l’allume du bout de ses doigts

tente de l'allumer du bout de ses doigts, sans succès. Décidément... Elle sort à nouveau son briquet.

tente de l'allumer du bout de ses doigts, sans succès. Décidément... Elle sort à nouveau son briquet.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 02/02/2026 à 01:39

Quintus est parfaitement détendu, ses réponses sont prêtes, son amie est à l'aise également. Il est chez lui et dans son domaine, il maîtrise parfaitement la situation. Il rassure Nem-nem, lui dit qu'il apprécie sa proposition mais n'a pas besoin de protection. il lui sourit, reste attentif à ce qu'elle peut vouloir. Il n'y a rien qu'il lui refuserait.

 

— Prisca veille toujours sur nous, pour notre bien. Cela ne lui donne pas systématiquement raison pour autant. Tu peux choisir de ne pas l'écouter. Tu peux prendre tes décisions toute seule.

 

Une des choses qu'il apprécie chez Caecilia, c'est qu'elle ne tourne pas autour du pot. Elle va droit au but, sans détour, et pose clairement ses attentes. Pas de chipotage, de faux-semblants. Contexte, question. Et une réponse attendue. Quintus vide son verre d'un trait aussi avant de se resservir. Il prend le temps de formuler dans son esprit avant de répondre. Inutile de se précipiter.

 

— Tu sais que je partage ton opinion sur ces mariages. J'ai manqué de tact avec Neith.

 

Petit haussement d'épaule résigné.

 

— Peut-être qu'inconsciemment je voulais l'éloigner de moi, de ce sort peu enviable. Je m'excuse de te l'avoir envoyée sans prévenir mais tu es la meilleure personne que je connaisse. Elle avait besoin de quelqu'un comme toi. J'ai dû lui faire peur, je m'en rends compte. J'étais occupé à lui écrire une lettre d'excuse quand tu es arrivée. J'ai voulu l'inviter à aller manger de la street food. J'ai même pas eu le temps. Tout ça doit la bouleverser et je l'ai réalisé trop tard. J'arrangerai les choses, je te le promets. Je n'ai aucune intention de la faire souffrir. Et je prends les conseils si t'en as.

 

La seconde question est particulièrement plus épineuse. Il n'existe pas beaucoup d'explications plausibles et convaincre Nem-nem sur ce sujet ne sera pas chose facile. Mais Quintus est tombé d'accord avec Prisca, le meilleur scénario fictif reste celui auquel Caecilia est déjà prête à croire. Cependant le diplomate à sa propre touche à ajouter. Juste un grain de sel.

 

— Bien sûr que non. Je ne suis pas Fawley. C'est ignoble ce qu'il t'a fait. Et puis même si toi et moi avions eu l'idée saugrenue que ça aurait été mieux, je n'aurais pas pu. À cette époque j'ai demandé une faveur à ma famille. L'héritage de notre branche principale est assuré par mes aînés. Je voulais une dérogation... le droit d'épouser une née-moldue. J'ai essayé de refouler ces sentiments au nom de notre amitié mais je n'ai pas su. Finalement c'est peut-être mieux que ça soit resté ainsi entre Prisca et moi. Elle est trop libre pour s'engager et moi j'étais déjà fiancé à mon insu.

 

Quintus lève son verre à Caecilia avant de l'afonner. Voilà, le scénario officiel. Tout ça pour faire comme si. C'est bien suffisant pour lui. Tout ce qui lui importe concernant Caecilia, c'est qu'elle se libère enfin désormais. Elle a été claire : lui n'avait jamais été envisageable. Il était temps de tourner la page. 

 

— Et toi ? Comment tu te sens vraiment ? Tu sais que tu peux me faire confiance et tout me dire. Je serai toujours là pour toi, Nem-nem.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 02/02/2026 à 23:24

Elle le connait par cœur, croit le connaitre par cœur, se rassure comme ça. Caecilia Rowle et Quintus Bulstrode, les deux petits sangs purs complices des longs dîners aux manigances interminables. Leurs mini-mains entremêlées discrètement derrière le dos lorsqu’ils se faisaient gronder. Leurs interminables jeux de dînette, quand Caecilia préférait faire le papa plutôt que la maman, mais qu’ils se promettaient par-dessus tout, eux, d’être des parents qui ne crient pas, ne s’énervent jamais.

 

La sorcière écoute les explications de son ami, toujours aussi logiques. Elle hoche la tête en regrettant un autre temps, celui où tous les scénarios catastrophes n’existaient que pour du semblant quand on disait que. C’est bel et bien fini. Elle est mariée à Manius Fawley et célèbrera bientôt l’union de Quintus avec une étrangère. Qu’est-ce qui a bien pu mal tourner ? Quand tout cela est-il devenu soudainement si sérieux ?

 

Caecilia a envie de réagir, de prendre le sorcier dans ses bras, mais elle se retient, le laisse parler, faire glisser tous ces regrets hors de lui. Elle attend et quand il lui avoue son amour pour Prisca, elle fronce les sourcils. Pas qu’elle n’y croit pas, non, l’ancien Serpentard est particulièrement… convaincant. Un peu trop ? Quelque chose la dérange, ce n’est pas son ton ou ses gestes parfaitement maîtrisés, non, c’est cette légère contradiction frontale avec le discours que lui a tenu Prisca quelques jours plutôt, à ce moment particulier où elle pouvait encore croire à une idylle entre ses deux meilleurs amis. Depuis, une nouveauté s’est installée dans ses pensées. Un film qu’elle a sans doute dû réaliser toute seule comme une grande, mais qui ne la quitte plus.

 

Pourquoi tu ne m’en as jamais parlé ? souffle-t-elle tristement. Elle récupère son troisième verre et le sirote avec plus de prudence que les deux premiers, tourne le dos à Bulstrode quelques instants, aspire un peu de fumée, croise les bras. Depuis quand t’as arrêté de me dire la vérité Quintus ? Caecilia se rapproche, s’assied à côté du sorcier, essaie de capter son regard, qu’il ne se défile pas, qu’il la regarde, qu’il la voit. J’pensais qu’on se marierait, quand on était gosse t’sais. Maintenant c’est Emfield qui va en avoir un, l’idée lui retourne le cerveau une fois de plus. Puis j’pensais que j’pourrais me marier avec Scott. Elle rit : ça, par contre c’était débile.

 

Ses doigts pianotent sur le verre de whisky. Tu t’souviens j’avais piqué un drap blanc pour me faire une robe, l’image de son déguisement improvisé la fait un instant sourire, ta mère avait piqué une crise, elle pouffe un peu, amusée malgré le souvenir cuisant de la fessée. Au final, j’ai même pas pu choisir ma robe de mariée. Caecilia se laisse aller contre le fauteuil en soupirant. Puis, un sourire malicieux. En un instant, le retour d’une bouille d’enfant : t’as pas un drap blanc ?

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 03/02/2026 à 03:48

Évidemment qu'elle pose des questions. Anticipées, elles aussi. Mais ce n'est pas si facile de berner Nem-nem et elle possède ce talent particulier de toujours rendre les choses plus compliquées que nécessaire. Sa proximité déstabilise Quintus qui bredouille, un état dans lequel elle est la seule personne à l'avoir jamais poussé. Il déglutit. Reprend une gorgée de whisky. Puise dans la torture innocente qu'elle lui inflige à son insu l'amertume dont il a besoin pour répondre.

 

— J'ai... ne pas dire espéré. Cru aussi qu'on finirait ensemble. Ça semblait évident. Tu crois que ce serait mieux si c'était le cas ? J'en mourrais si tu me détestais comme l'opportuniste qui t'a kidnappée.

 

Encore un peu de whisky pour se donner le temps. Il laisse à l'alcool le temps de libérer ses parfums, ses notes subtiles, savant mélange du savoir-faire écossais. S'en inspire pour trouver l'équilibre parfait.

 

— Je n'ai jamais voulu te cacher quoi que ce soit. Mais les circonstances... je ne pouvais pas me plaindre alors qu'on te volait ta vie, Nem-nem. Je devais taire ma peine pour t'aider à porter la tienne. Et puis, je me suis résigné. Je n'ai pas eu la force de me battre comme toi pour garder ce qui me tenait à cœur. L'occasion de te le dire ne s'est juste jamais présentée.

 

Sans crier gare, Nem-nem entraîne Quintus avec elle dans la nostalgie. C'était déjà elle qui décidait du jeu alors, aujourd'hui encore elle serait celle qui prend son ami par la main et lui fait faire ce qu'elle veut. Sauf qu'elle décide de ne pas le prendre par la main cette fois. Elle le saisit au cœur. Sans se rendre compte que sa poigne le broie sans délicatesse, impitoyable. Son rire amusé, ses yeux pétillants, ses lèvres retroussées. C'est comme ça qu'elle va détruire Quintus Bulstrode, avec l'innocence d'une enfant. Et lui, contraint de sourire pendant qu'il se fait écorcher. Mais il lui appartient tout entier, ne peut pas se soustraire. Merlin lui donne la force.

 

— Bien sûr que j'ai des draps blancs. T'es en train de m'inviter à jouer aux mariés ? J'aurais dû commander une pièce montée.

 

Zélé, l'ambassadeur va chercher ce qu'a demandé Nem-nem et plus encore. Il troque sa cravate pour un nœud papillon et emporte deux anneaux dont l'un pourrait approximativement convenir au doigt de la fausse mariée. Quitte à se brûler les ailes dans l'illusion d'atteindre le soleil, pourquoi ne pas regarder l'astre en face et y laisser la vue aussi. Quintus va se consumer dans un instant, autant que ce soit avec panache.

 

 — Ça fera l'affaire pour toi ? Il nous faudrait de la musique. Des mariés se doivent de danser. Et un autel.

 

Quelle drôle de sensation que de monter avec les moyens du bord un autel imaginaire sur lequel il va réellement se sacrifier. Mais c'est au moment de choisir le disque qu'un doute s'empare de lui. Son regard s'arrête instinctivement sur ce que son cœur désire : le Mariage d'Amour de Paul de Senneville. Pas vraiment subtil et Nem-nem est intelligente, elle comprendrait. Alors la main de Quintus pioche à la place quelque chose de beaucoup plus réaliste dont l'humeur correspond mieux à son amie. Mascarade : Valse rejoint cérémonieusement le plateau du gramophone.

 

La partie la plus délicate de cette mise en scène serait d'ajuster son jeu d'acteur au millimètre. Regarder Caecilia amoureusement. Mais pas sincèrement. Et surtout, quoi qu'il arrive, résister à l'envie d'embrasser la mariée.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 03/02/2026 à 13:00

Pour une fois, Caecilia prend le temps de réfléchir à un avenir qu’elle n’a jamais vraiment envisagé. Une stupide torture mentale en vérité, puisque nul ne peut remonter le cours du temps. Mais étrangement, ce soir, elle a bien envie d’essayer.

 

Quintus & Caecilia. Elle imagine des faire-part. Plutôt Caecilia & Quintus alors, oui, c’était plus galant, plus élégant. J’sais pas. Elle n’a pas envie de mentir, de lui faire des reproches qui ne servent à rien sur une décision qui n’aurait peut-être même pas modifié d’un chouia le cours de sa vie, son état actuel, voire aurait pu faire pire et briser une précieuse amitié.

 

Aurait-elle pu comprendre son ami ? Manigancer quelque chose avec lui pour provoquer une union de façade qui leur aurait permis à tous les deux de vivre leur vie en toute liberté ? Lui dans les bras de Prisca, elle dans ceux de Scott ? Emfield de toute façon destiné à la quitter. Ça changeait quoi ? Peut-être la disparition des yeux de chien battus de l’historien. De toute façon, j’aurais pas pu te demander ça, soupire-t-elle avec résignation, et puis maintenant, je sais que tu avais Prisca. Un sourire un peu triste. Le destin joue parfois de drôles de tours.

 

Mais aujourd’hui, plus rien ne compte puisque les deux amis sont à nouveau des enfants. Caecilia a le sourire au bord des yeux lorsqu’elle observe Quintus entrer dans son jeu. Elle rit à la remarque de son ami qui disparait pour revenir avec une panoplie d’accessoires essentiels à leur petite comédie. La sorcière déboutonne sa chemise et son pantalon pendant que Quintus est occupé à choisir un morceau de musique. Elle jette les vêtements un peu plus loin et s’enveloppe dans le drap qui lui offre une traine moins longue qu’à l’époque tout de même. La sorcière libère ses cheveux, l’élastique qui les maintenait prisonniers lui permet d’attacher sa robe en bustier au-dessus de sa poitrine, elle replie le tissu vers l’intérieur pour faire disparaitre les coulisses de sa tendre illusion. Fin prête.

 

La sorcière se dirige vers un miroir pour admirer le résultat. Le blanc lui va bien. Soudainement, elle ne peut s’empêcher de se revoir, sept ans plus tôt, la mine éteinte, le teint si pâle. Elle chasse d’un sourire les larmes qui tiennent à lui monter aux yeux. Non, ce soir, c’est un mariage heureux. Il ne manque plus qu’un détail : Caecilia fait apparaitre un petit bouquet du bout de sa baguette. Elle caresse les pétales sous ses doigts. Les fleurs sont magnifiques alors elle en glisse une dans ses cheveux défaits, le cœur un peu troublé.

 

Quand elle se retourne vers son futur mari de la soirée, la tireuse se demande depuis combien de temps ses joues n’ont plus été ainsi pliées de joie. Ce n’est qu’un jeu, mais son émotion est palpable, peut-être parce qu’il la renvoie à quelque chose de chimérique, suspendu entre le passé perdu et un futur avorté. Alors, comment tu me trouves ? plaisante-t-elle dans son costume au son des notes douces-intenses qui résonnent désormais dans la pièce. Il y a dans l’air quelque chose de trop dramatique, de surjoué auquel répond parfaitement le disque choisi par Quintus.

 

La fausse mariée s’avance doucement vers Monsieur Bulstrode tout endimanché. Son costume à lui fait un peu plus « vrai », la projection est parfaite. Désolée, l’air un peu soucieux tout à coup, je sais que tu aurais préféré voir Prisca en robe de mariée. Ce soir, il n’a malheureusement que son amie d’enfance pour mimer le bonheur. Vu que nos parents sont des enfoirés, j’propose qu’on se conduise mutuellement à l’autel, sourit-elle néanmoins alors que le goût du jeu la reprend.

Caecilia Fawley a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Eleftheria !

Sortilège
Sortilège du Charmanpetitbouket
Difficulté
4
Résultat D20
18
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Caecilia fait apparaitre un petit bouquet du bout de sa baguette

Autres résultats possibles

Caecilia fait apparaitre un charmant petit bouquet du bout de sa baguette

Caecilia tente de faire apparaitre un petit bouquet du bout de sa baguette. C'est drôle, ses mains tremblent un peu : elle doit s'y reprendre à deux fois

Caecilia tente de faire apparaitre un petit bouquet du bout de sa baguette. C'est drôle, ses mains tremblent un peu : elle doit s'y reprendre à deux fois

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 03/02/2026 à 14:06

Personne n'a jamais eu Prisca doit-il se retenir de dire. Même quand ils étaient devenus des amants irréguliers c'est elle qui le prenait selon son envie et pas question qu'il réclame l'affection de la louve. Mais peu importe celle-ci, elle n'a jamais été qu'une distraction et c'est réciproque. Ce soir, il est avec Caecilia qui s'apprête à devenir Bulstrode même si ça ne compte pas. Caecilia Bulstrode. Quintus se prend à envier les amoureux qui vivent leur idylle insouciante jusqu'à ce qu'elle vole en éclat brusquement, brisant leur cœur en un instant, en fragments de violence et de douleur vive. Car lui expérimente le long supplice de sentir le sien se fendre petit à petit, de savoir qu'une fois le rituel accompli ils entameront une valse sur les décombres de sa faculté d'aimer et de la vie qu'il aurait voulu construire. Il meurt en agonisant et embrasse son sort avec le sourire qu'il ne peut refuser à la femme qu'il aime autant qu'il manipule.

 

— Plus belle encore que tu l'as toujours été. Un ange, répond-t-il à la question en toute sincérité.

 

Certes, la robe n'est pas vraie. La sorcière pas aussi apprêtée que le jour de son autre mariage, tout aussi faux. Mais cette fois, c'est pour lui. La douce illusion d'un chemin qu'ils n'avaient pas emprunté, qu'il regrettait. Pour ne pas gâcher sa splendeur, il place une main contre sa joue pour essayer d'en éloigner le souci qui vient de s'inviter indélicatement.

 

— Le jour où je verrai Prisca en robe de mariée, je t'emmènerai pour nous enfuir car ce sera le signe que la fin du monde est arrivée. Tu es une femme exceptionnelle, Caecilia. Je n'aurais pu rêver meilleure épouse.

 

D'un hochement de tête, Quintus approuve la proposition et prend la main de Caecilia pour s'avancer vers l'autel sans prétention. À chaque pas il croit s'effondrer. Le cœur se fait plus douloureux en se déchaînant comme un fauve dans sa cage thoracique. S'approcher de l'autel l'éloigne de la vie désirée, l'enfonce dans un cauchemar dont il ne ressortira pas. Quelle partie de lui va-t-il assassiner pour qu'elle disparaisse avec les vœux qu'il prononcera ? Celle de l'idéaliste qui veut défaire un monde trop laid et cruel à son goût ou celle du traître qui a vendu son âme au diable ? L'autel se rapproche, inexorablement. Quintus cherche un peu de courage dans la contemplation de sa prétendue mariée quand ils s'y font face. Sa robe, son visage, ses yeux, la fleur dans ses cheveux. Trop parfaite. Il inspire profondément.

 

— Caecilia, je fais le serment d'être toujours présent à tes côtés, de t'accompagner dans la peine comme dans la joie et d'être l'épaule sur laquelle tu pourras toujours te reposer. Je t'offre mon cœur et mon amour sans condition, pour l'éternité.

 

Sourire sourire sourire sourire sourire. Aucune larme a-t-elle jamais été si difficile à retenir ? Au terme de la cérémonie, dans cet instant fatidique entre les vœux de Caecilia et la valse, Quintus se penche pour l'embrasser. Ce n'est pas seulement son cœur qui explose enfin, sa raison aussi. Surtout ne pas embrasser la mariée. Mais il n'a pu s'en empêcher. Lui voler ce tout petit baiser de rien du tout, qu'est-ce dans une vie ? Rien qu'un court moment où ses lèvres se sont posées malgré lui. Sur la pommette de Caecilia Bulstrode.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 03/02/2026 à 17:39

Un instant de grâce où brusquement tout s’aligne. Une main contre sa joue, deux paires d’yeux qui se croisent et puis un nouveau rire, si frais, lorsqu’elle imagine Prisca en train d’épouser l’homme ou la femme de sa vie, un·e inconnu·e qui aurait réussi le miracle d’enfermer la joueuse : impossible. Et pourtant, elle aussi aurait pu croire, penser qu’on ne lui couperait jamais les ailes, refuser des prétendants en série, mais non. Une vague de haine la submerge soudain à destination de toutes les ignobles familles de sangs purs présentes sur cette planète. Tu m’as pas emmenée pour nous enfuir avant mon mariage à moi, rétorque-t-elle mi-amusée, mi-blessée. Ni lui, ni Scott, ni même Prisca. Quatre jeunes adolescents, les bras ballants face à une décision d’adultes qui les dépasse, contre laquelle ils n’ont rien pu faire à l’époque et dans laquelle ils sont toujours aujourd’hui ensevelis. Tu vois, la fin du monde, on s’en remet, grimace-t-elle un peu.  

 

C’est facile pour son amie de jouer les femmes libres : elle n’a aucun poids sur les épaules, personne pour restreindre ses envolées acrobatiques.

 

Mais Caecilia ravale son amertume pour profiter du moment présent, se replonger dans l’instant suspendu où elle a le droit d’effacer le tableau maintenant pour y inscrire un nouveau récit. Et Quintus respire l’élégance et l’amour, ses yeux sont si doux qu’elle pourrait pratiquement y croire. Sa main dans la sienne, elle la serre un peu comme s’il fallait réellement se donner du courage. Mais que peut-il les attendre au bout de l’allée improvisée, si ce n’est la cruelle déception d’une fin de rêverie insouciante. Peut-être que c’est déjà trop.

 

La main gauche de Caecilia est dénuée d’alliance lorsqu’elle la dépose dans celle de son ami pour écouter ses vœux. Les phrases la touchent, non, elles la transpercent plutôt, trop aiguisées par la sincérité. Elle ne sait plus s’il joue, s’il y croit vraiment, alors elle récolte les mots au creux de ses tympans comme un dernier cadeau de leurs souvenirs d’enfants. Quintus, je te promets de t’aimer et de te chérir, demain comme hier, dans les rires et les larmes. Je me donne à toi et te reçois comme époux, ment-elle avec sincérité avant de glisser un anneau au doigt de son ami, le regard chargé d’émotions. Elle lui tend ensuite sa propre main pour le laisser faire de même.

 

Un baiser contre sa joue, la sorcière sourit. Évidemment. Il ne va pas l’embrasser, pas après tout ce qu’il vient de lui avouer. Elle offre à Quintus un sourire un peu triste, compatissant en découvrant finalement que, comme elle, il n’a qu’été l’objet du dessein de ses parents. Le contact de ses lèvres, tendres et chastes, comme s’ils n’avaient pas vraiment quitté l’enfance, coincés dans une illusion un peu trop douce.

 

Caecilia est pieds nus sur le plancher quand elle enlace son cavalier pour une valse truquée. Elle espère au fond de son cœur que le disque ne s’arrête jamais, qu’ils tournoient encore, pour une moitié d’éternité. Corps collés d’un couple tout juste marié, déjà brisé. Alors, quand la mélodie s’envole rejoindre le silence, la jeune femme à la robe de fortune relève vers son mari de la soirée un regard chargé de larmes. Certains jeux sont trop cruels pour ces si petits enfants.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 03/02/2026 à 20:18

Comme si. Les mots de Prisca résonnent telle une étrange prophétie alors que Caecilia et Quintus font comme si. Il aimerait tellement y croire, là sur cette scène montée à la hâte pour se livrer aux jeux d'enfants d'antan. Il a envie de l'enlever, de lui dire qu'elle est la seule personne qui compte à ses yeux, s'abandonner à ses vices pour ne serait-ce qu'une poussière d'espoir d'avoir Caecilia rien que pour lui, toute à lui, un seul instant. Lui dire. La formule romantique lui brûle les lèvres, lui tord la peau, anesthésie sa gorge, noie ses poumons. Seul son cœur est épargné. Pour la seule raison qu'ils ont déjà commencé à le piétiner, détruit, au rythme de la valse. Ce moment intense, celui où elle est plus sienne que jamais, la plus belle étreinte qui puisse advenir entre eux, Quintus n'en goûte rien. Il n'est que souffrance.

 

Quand la magie s'estompe et qu'elle lève son regard humide sur lui, il la ramène tout près pour la serrer tout contre sa poitrine. Parce qu'il en a envie, parce qu'il ne peut supporter cette vision, parce qu'ainsi elle ne verra pas le reflet brillant caché derrière celui du verre. Pour qu'elle croie encore au plus grand mensonge de Quintus Bulstrode, délivré avec les mots, les yeux, le corps. Par quel miracle a-t-il réussi à ne montrer que le meilleur aspect de lui pendant cette mascarade ? Contrairement à ce qu'il croyait, rien n'est mort ce soir. Il ne sait pas si on se remet de la fin du monde mais en tout cas on y survit. Cet égoïsme, l'avidité qui réclame l'amour de Caecilia est toujours là, bien portante. Domptée pour l'heure. Mais pas muselée pour autant.

 

— Reste ici cette nuit. Laisse-moi t'enlever comme j'aurais dû le faire avant ton mariage, pour ce soir au moins. Te garder du mari qui t'attend avec des menottes. Je te laisserai ma chambre.

 

Non, il ne peut se résoudre à la laisser partir. Pas pour aller pleurer dans le lit froid d'un étranger qui l'a achetée à bas prix comme poulinière. Elle restera là dans ses bras, dans ses draps où elle sera bien, pourra dormir paisiblement sans se soucier de ses problèmes pour un temps. Et lui ne la laissera pas partir parce qu'il ne veut plus ou n'a plus besoin d'elle mais seulement parce que cette insensible machinerie qu'est la vie, l'orgueil des hommes et les vieilles traditions éculées ne se soucient pas de déchirer deux moitié de cœurs qui étaient faites pour se retrouver, se lier dans l'union du mariage, d'un mariage d'amour. Comment Quintus pourrait renoncer à elle ? Caecilia, l'enfant qui s'était promise à lui. La femme qui vient de l'épouser dans le secret. Comme si ça ne comptait pas. Son âme sœur.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 03/02/2026 à 23:07

La jeune mariée a quelques perles sous les yeux. Elle n’a pourtant pas pleuré, il y a sept ans. Un mariage rapide, brusquement envolé et puis voilà, c’était fait. Pas de retour en arrière. Bague pour joli doigt. Elle se rappelle ceux de Manius qui la lui enfilent. Comment elle a tenté d’éviter de croiser son regard, de ne pas voir ce garçon, âgé de deux ans de plus qu’elle, qui lui volait sa vie, ses rêves.

 

Caecilia Fawley, alors qu’elle n’a jamais été

que Caecilia tout court,

ou Nem-nem plutôt.

 

Petite sorcière qui se laisse étreindre avec délicatesse entre les bras d’un ami un peu joueur, même si, ce soir ils se sont dit aussi quelques vérités, petits cadeaux de cœur. Manius aussi, sait certainement danser, alors pourquoi n’a-t-elle jamais eu envie de lui proposer une valse à deux ? Pourquoi se sent-elle mieux dans les bras de l’ancien Serpentard qui la console et l’apaise comme ils ont toujours fait : tour à tour, des bisous magiques sur leurs mains éraflées ? Cette fois, elle en est sûre : il lui aurait été bien plus facile d’épouser un ami.

 

Son historien ne la comprend pas, sans doute est-elle trop vivante encore. Manius devinera ses troubles dans quelques années peut-être, quand il aura assez de récits à analyser.

 

Contre la poitrine de Quintus, la tireuse s’apaise en écoutant le cœur de son ami. Elle aimerait savoir quelle langue il parle, ce qu’il lui dit.

 

Elle aussi aurait voulu s’enfuir dans la nuit avec son premier ami. Oublier toutes ces conneries et réapprendre à respirer loin des convenances. Se marier en secret, juste entre eux, comme ce soir, avec une fausse robe et un nœud papillon, quelques brides d’imagination. Caecilia se sent plus émue que lors de ses véritables noces. Dors avec moi, supplie-t-elle en refusant de quitter ses bras, je suis ta femme maintenant, tu me dois bien ça. Ton boudeur, faussement enfantin. Elle ne sait plus trop bien si elle a envie de rire ou de pleurer.

 

Le bouquet de fleurs blanches déposé sur l’autel improvisé, des bouts de vêtements, bouts d’eux-mêmes éparpillés. Ce soir, personne ne viendra les gronder.

 

L’alcool commence à la faire piquer du nez, mais la sorcière refuse de lâcher son ami-mari, de fortune lui aussi. Union douce créée de toutes pièces, un beau désordre dans le chaos ambiant. Elle se sent moins seule dans l’illusion de la décision. Aucun des deux n’aurait jamais ce qu’il veut, mais ils peuvent faire semblant, rejouer une dernière fois au papa et à la maman.

 

Tu veux appeler comment nos enfants ? demande-t-elle pour continuer d’imaginer des comme si. Caecilia ne pleure plus, elle sourit. Retrouve le regard du Bulstrode, lui aussi un peu ému, du moins elle l’imagine, peut-être a-t-il seulement une poussière dans l’œil après tout : elle ne saura jamais. La sorcière prend ses mains, glisse ses doigts dans les siens, les anneaux s’entrechoquent légèrement. Elle les regarde un peu rapidement et la fleur tombe de ses cheveux : c’est déjà l’heure des adieux ?

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 04/02/2026 à 02:14

Tout est plus compliqué avec Caecilia. La retenue, la distance de soi malgré la proximité des corps, la résolution de lui dire non. La poussière cardiaque répandue dans le sillon de leur danse tournoyante se rassemble pour former un semblant d'organe fragile, défiguré, dysfonctionnel entre les doigts habiles de la sorcière la plus talentueuse que Quintus connaisse. Elle jongle avec sans s'en rendre compte. Foutu pour foutu, avoir survécu à sa mort sentimentale enhardit l'acteur qui donne la réplique à celle qui endosse le premier rôle cette pièce de théâtre : Les époux heureux.

 

Avant de lui répondre, il glisse une main le long de la nuque de la jeune femme jusqu'à ses épaules et la surprend en la soulevant à la pliure du genou pour la porter comme la princesse qu'elle est et se diriger vers la chambre qui, pour cette fois seulement, sera la leur. Le temps d'une nuit de noces. Il plonge ses yeux dans ceux de l'épouse factice pour répondre à sa question, sans se soucier d'avoir l'air d'y avoir déjà réfléchi. Le vertige en sombrant dans ce regard étincelant lui fait oublier la prudence.

 

— Victor ou Victoria. Un prénom royal, qui signerait par sa signification une victoire sur ce monde injuste qui sépare les amoureux et écartèle l'innocence. Et toi ? Comment appellerais-tu nos enfants ?

 

Arrivé dans la chambre nuptiale, Quintus dépose délicatement Caecilia sur le lit avant d'en faire le tour et de retirer juste ses chaussures pour l'y rejoindre. Il s'installe sur le flanc, appuyé sur un coude pour la regarder. Sa main balaie les cheveux devant son visage, s'attarde en caresse sur la tempe. Descend le long de son bras pour saisir la main sur laquelle il dépose un baiser, à l'endroit de l'alliance illusoire. Il joue avec ses doigts, les entrelace. Couve la sorcière de tout l'amour qu'il ne peut prononcer avec ses yeux. Là dans la douce chaleur des draps et le secret de l'intimité, il n'arrive plus à refouler le fol espoir de lui procurer un frisson qui attisera sa curiosité, fera savoir à Caecilia qu'elle peut, cette fois au moins, cette fois seulement, placer toute sa confiance en lui et soupirer dans son étreinte. Pourvu que le jeu ne s'arrête pas brusquement. Pas maintenant. Ils sont adultes désormais, ils savent que papa et maman ne se contentent pas de chastes baisers. Elle le sait. Soit elle se moque de lui soit elle le veux. Mais elle l'a dit. Je me donne à toi. 

 

C'est une Caecilia adulte qui lui a donné sa parole. Cette fois, elle ne peut ignorer la signification de ses mots et le poids d'une promesse. Dans la réalité de Quintus, elle ne peut être menteuse et cruelle au point d'infliger cela à son ami qu'elle vient de prendre pour époux, de réclamer dans son lit. Il n'y a pas là de place pour l’ambiguïté, seulement pour eux deux. Et encore, ce serait plus confortable de ne faire qu'un.

 

— Caecilia...

 

Je t'aime. J'ai envie de toi. Les mots ne sortent pas. Il faut qu'elle le veuille, qu'elle décide par elle-même. Personne ne s'approprie Caecilia. Elle fait et défait le monde comme elle l'entend.  

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 06/02/2026 à 22:19

Quelque chose bascule en elle, un changement presque imperceptible tant Caecilia Fawley vit en permanence au bord du gouffre, alors un pied dedans : qu’est-ce ? Jeune femme enveloppée dans blanc tissu, elle sombre lentement et la robe se déploie autour d’elle comme un linceul.

 

J’aime beaucoup, songeuse en pensant aux noms qui sont sortis si naturellement des lèvres du presque-mari qu’elle pourrait penser qu’il y a déjà réfléchit. Des enfants, en veut-elle seulement vraiment ? Je ne sais pas, triste aveu, je n’y ai jamais réfléchi. Et Emfield ? Comment appellera-t-il son petit ?

 

Princesse dans les bras de son ami, elle profite de sa chaleur, des battements de son cœur et puis sur les draps délicats brusquement la peur. Le perdre si elle s’éloigne ? Le garder trop près si elle lui offre la dernière danse de la soirée ? Elle retient un frisson quand il la touche : de crainte ou de désir ? Ne sait plus à quoi s’en tenir.

 

En a-t-elle vraiment envie ?

Caecilia ne sait pas, mais elle comprend à ce moment ce qu’il en est pour lui. Et Prisca ?

 

Quintus a un regard trop doux qu’elle ne lui connaît pas, ne veut pas connaître. Elle n’est pas naïve, mais ce soir, sans doute a-t-elle été trop candide. Tenter de jouer l’enfançonne alors que tout le monde a bien vu que la petite Caecilia a bien grandi. Et son Bulstrode aussi.

 

Elle garde la tendresse de ses yeux au fond de son cœur, sourit tristement en caressant une joue qu’il ne lui laissera peut-être jamais plus approcher. Va-t-il l’abandonner pour l’avoir vue refuser ce qu’il n’a pas même eu le temps de formuler ?

 

Je t’aime Quintus, tu es un ami extraordinaire. Et sur ses lèvres, un léger baiser d’adieu. Au revoir à leurs rêves, à leurs serments d’enfants, au revoir à leurs projections un peu folles et peut-être à la drôle de confiance qui continuait malgré tout de lier les enfants amoureux.

 

Sous ses yeux, le visage de Fawley. Caecilia délie le drap blanc qui la transformait en jeune mariée. Minuit passé, le charme est rompu, seul le parfum des roses mêlé d’odeur de fumée embaume encore sa peau comme un dernier vestige, un soulier oublié.

 

La Cendrillon à l’esprit embrumé se glisse dans les draps de l’ancien Serpentard. Merci d’avoir accepté de m’épouser, murmure-t-elle déjà prise dans un demi-sommeil qui l’empêche de faire ce qu’elle pourrait bien trop vite regretter. Elle ne sait plus bien si elle doit croire à la certitude que Quintus aime Prisca. Vérité tordue, mise à mal par la tendresse de la soirée.

 

Déjà le livre se referme. Triste fin de conte de fées : ils ne vécurent pas heureux, n’eurent aucun enfant. La princesse est déjà mariée, demain, elle retournera voir son prince charmant. C’est son nom sur les lèvres que la sorcière bascule dans un sommeil apaisé : Manius Fawley.