Harry Potter RPG

Liste des messages de Eileen Hilswood

Eileen Hilswood

Femme

31 ans

Sang-mêlé

Britannique

Café et commérage

Message publié le 24/01/2026 à 18:30

M*rde. Le sourire éclatant d'Eileen disparu de son visage en un éclair. Même si elle était tout à fait au courant que cinq ans s'étaient écoulés pour tout le monde sauf elle, l'idée que, alors que le monde tournait sans elle, quelque chose de grave avait pu se produire peinait à prendre pied dans son cerveau. Elle avait eu beaucoup de chance, il fallait dire. Ses grands-parents allaient bien, ses parents allaient bien, ses amis allaient bien et son frère... Well, son frère allait définitivement quelque part. Sauf que tout le monde ne pouvait pas avoir été aussi chanceux.

 

- M*rde, je suis désolée ! 

 

Doublement désolée d'ailleurs. Pour avoir mis le sujet sur le tapis, et puis il fallait bien faire ses condoléances. Elle n'était certainement pas douée pour ça. Déjà, pour les gens qu'elle connaissait bien, elle avait du mal à trouver les mots. Mais pour un collègue sympathique dont elle n'était pas spécialement proche ? Un vrai cauchemar. Elle passa d'une jambe à l'autre, inconfortable. Fit de son mieux pour ne pas changer brusquement de sujet, ou se racler la gorge pour briser le silence. Trop insensible. Mais alors quoi ? Elle ne connaissait pas assez Alaric pour continuer à parler de sa femme morte. Et puis c'était elle qui avait commencé à mentionner sa femme. Il ne voulait probablement pas en parler, si ?

 

Elle hésitait encore sur quoi dire, et - si rien ne se passait - le silence risquait de se faire vraiment très très long. Elle jeta un coup d'oeil aux autres membres des Transports Magique mais tous semblaient éviter de croiser leurs regards. Au secours.


En toute sécurité

Message publié le 23/01/2026 à 22:57

Bon, Eileen n'avait pas tapé juste. Mais alors pas du tout. Il fallait dire qu'en plus d'être un garçon de douze ans, Marley était aussi un loup-garou. Un objet qui lui dirait le temps qu'il ferait demain n'allait pas lui servir à grand chose. Bah oui, Eileen, tes compétences météorologiques sont moins avancés que celle d'un gamin qui a passé tout son temps dans la campagne. Fallait s'y faire. Cependant, elle n'était pas mécontente de la réaction de Marley. Certes, il n'avait pas été impressionné, mais il n'avait pas été impressionné vocalement. D'ailleurs, c'était plutôt elle qui était impressionnée par le nombre de mots qu'il avait enchainé d'un seul coup. Elle eut un rire éberlué en écho avec celui du père et avoua 

 

—  Nan, je connais pas très bien les nuages.

 

Elle avait passé trop de temps enfermée pour savoir tout ça. Heureusement, malgré sa défaite flagrante à essayer d'intéresser le jeune garçon à la météorologie, il restait un peu d'espoir. Il fallait juste trouver le truc. Mais lequel ?

 

— On peut voir les animaux dans leur terrier ?

 

Ah ah, voilà. Gamin de douze ans, animaux, terrier, bingo.

 

- Bien sûr !

 

Elle trouvant sans aucun mal la page dédiée au sujet sur Wikipédia, elle ne trouva pas immédiatement ce qu'elle cherchait. Elle exhiba cependant une image de renardeau sortant de leur tanière, puis expliqua :

 

- Pour des images à l'intérieur, il va falloir chercher un peu plus.

 

Elle entra dans la barre de recherche "webcam intérieur terrier de renard" et finit par trouver non pas juste une photo mais même une petite vidéo d'une quinzaine de secondes. Sa satisfaction pouvait se lire sur son visage.

 

- Beaucoup de moldus s'intéressent aussi aux animaux, tenta-t-elle en espérant que cette fois-ci elle avait sans doute trouvé le bon filon. Même si tu connais déjà probablement beaucoup de choses sur le sujet, parce qu'après tout un loup-garou avait déjà dû voir son lot de renards roux et de blaireaux, tu pourrais en apprendre encore plus sur Wikipédia. Et même, quand tu seras plus grand, tu pourrais aider les moldus à en apprendre plus.

 

Il n'était pas question de lui trouver une carrière professionnelle parce que, eh, il avait douze ans encore une fois. Cependant, si partager ses observations d'animaux lui permettait de discuter avec des moldus et de vraiment mettre un pied dans leur monde, ça serait une véritable victoire. Fallait juste pas qu'il oublie sa potion Tue-Loup, quoi.

 

- Vous voulez essayer ? proposa-t-elle, tendant enfin l'objet moldu.


Une baguette s'il vous plaît !

Message publié le 18/01/2026 à 16:36

[En parallèle, avec Vespera]

 

 

La boutique n'avait pas changé d'un poil. Difficile de penser que 5 ans s'étaient écoulés. En poussant la porte, c'était la même odeur de bois sec et de vernis qui agrippait les narines. Ce n'était pas forcément désagréable, sauf quand on associait à cette odeur un travail difficile aux horaires ingrats. Et à une boss pas commode.

 

En parlant de boss pas commode.

 

Ms Grimshaw était toujours fidèle au poste, derrière le comptoir. Toujours impeccable, des pieds à la tête. Une petite voix - qui avait une forte ressemblance avec celle de son ancienne patronne - lui glissa "tiens-toi droite, Eileen, que vont penser les clients ?". Par réflexe, elle redressa le col de sa chemise. Pour quelqu'un qui avait l'habitude de la liberté, son temps à Ollivander's lui avait inculqué dans la douleur discipline et responsabilités. Une douleur mentale, bien sûr, même si elle avait toujours été persuadée que Grimshaw l'aurait déjà giflé si elle avait pu s'en tirer.

 

Alors, me demanderez vous, pourquoi Eileen revenait-elle aujourd'hui vers la boutique de baguettes magiques si elle détestait autant son temps en tant que vendeuse et plus particulièrement son ancienne patronne ? Eh bien, c'était très simple. Vespera Grimshaw était un génie. Et s'il fallait ravaler sa fierté pour satisfaire ses ambitions, Eileen ne serait pas la dernière. On étudiait pas les flux magiques en se faisant cajoler. Il fallait écouter, absorber, et sauf question intelligente, se la fermer. Franchement, des bonnes leçons à apprendre quand on voulait travailler au Département des Mystères. 

Sauf que des Mystères, elle en manquait, maintenant. Il fallait qu'elle se mette quelque chose sous la dent rapidement ou elle risquait de passer 10 heures par jour à résoudre des puzzles.

 

- Bonjour, Ms Grimshaw, ça faisait longtemps. Elle se demandait si son ancienne patronne avait une idée de ce qui lui était arrivé. Malgré les secrets du Département, Grimshaw avait des connexions partout. C'est un peu morne au Ministère en ce moment, vous auriez quelque chose à nous mettre sous la dent ?


Le bureau au fond du couloir

Message publié le 17/01/2026 à 21:51

En fait, Eileen avait manqué pleins de choses. Elle allait peut-être vraiment devoir demandé à Lyle de lui prêter ses notes. Un comité d'éthique ? Un nouveau bureau ? Par contre, elle était bien au courant pour la psychologue. En les entendant évoquer cette charmante dame, elle ne pu s'empêcher de soupirer. Tant qu'elle ne lui aurait pas prouver que non, elle n'était pas instable et non, on ne souffrait aucun dommage psychologique à se retrouver projeter dans le futur en un clin d'oeil, Eileen serait bloquée à travailler sur des projets de gratte-papier. 

 

Elle était sur le point de se plaindre à haute voix pour participer à leur session de langues de vipères, sauf qu'ils la prirent de court en l'accusant d'être responsable de tous ses changements. Ce qui était franchement pas poli. Probablement vrai, mais pas poli. Enfin, elle n'était certainement pas la première à avoir un accident, on ne pouvait pas tous lui mettre sur le dos non plus. En fin de compte, c'était plutôt la faute du Département qui n'avait pas mis le Bureau de l'Anticiaption des Anomalies en place suffisament rapidement. Parce que, tout compte fait, ça ne sonnait pas tant que ça comme une mauvaise idée.

 

Ses trois collègues s'excusèrent rapidement après ça. Ce qu'elle pris comme une réussite totale de sa mission. Ces trois là, ils ne l'aimaient pas du tout. S'ils trainaient souvent dans la cafétéria, elle avait vraiment moyen de leur taper sur le système jusqu'à ce qu'ils aillent se plaindre. Elle leur souhaita donc une bonne journée avec un sourire flottant, sûre que son plan se mettait en marche doucement mais sûrement. Il fallait vraiment qu'elle revienne ici tous les jours.

 

Dans un inattendu instant de clairvoyance, Lyle nota  la tension dans l'équipe. 

 

  • - J'ai bien vu comment ils t'ont regardée, hein. On aurait dit qu'ils avaient vu un doxy. Mais ne t'inquiète pas, de mon côté je ne te soupçonne pas du tout. Tu n'as pas l'air assez présente dans les locaux pour qu'on puisse considérer que tu fasses parties des gens qui prennent trop de risques...

 

Ouais, la clairvoyance, elle allait pas beaucoup plus loin que le bout de son nez. Franchement, elle admirait le jeune garçon. Il fallait quand même être sacrément bête pour arriver si loin dans la vie sans jamais se poser de questions. Tout bonnement incapable de lire entre les lignes.

 

  • - Je veux bien un café si tu t'en fais un.


Elle regarda sa propre tasse. Le fameux Bert' ne lui avait pas servi grand chose. 

 

- Ta superviseuse qui te fait un café ? elle dit mine de s'insurger, mais termina pas un petit rire parce que de toute évidence il n'était pas très doué pour capter l'ironie. T'as de la chance, faire du café ne fait pas partie de ton contrat de stagiaire.

 

Elle nettoya l'une des cafetières qui trainaient et re-remplis sa base de café fraichement moulu. Puis, sans même utiliser sa baguette magique, elle mit l'eau à bouillir.  La cuisine - si on pouvait appeler ça ainsi - c'était quand même bien plus rapide avec de la magie. La cafetière moka se mit à cracher, et elle attendit encore quelques secondes avant de revenir vers Lyle.

 

- Bon, commença-t-elle en s'asseyant dans son canapé préféré (le moins abimé des trois). Je crois qu'il faut qu'on fasse un peu le point tous les deux sur le fonctionnement du Département et sur tes attentes ici. Tout en parlant, elle lui remplit sa tasse. Pour rappel - ou bien pour information, si personne ne te l'as dit avant -  nous sommes tous soumis à un sortilège de Langue-de-Plomb, dans le Département. Cela signifie que tu vas devoir apprendre à lire entre les lignes. Tu vois ce que je veux dire ? C'était pas évident, parce que là il devait lire entre les lignes qu'il ne savait pas lire entre les lignes. Notamment, je ne peux pas te dire sur quoi je travaille en ce moment, évidemment. Il va falloir faire preuve d'imagination. Surtout si tu veux faire carrière ici. Tu veux faire carrière ici ? Ou bien tu veux juste faire connaitre ton nom ?

 

En prenant une petite gorgée de café, Eileen se félicita pour sa patience et sa sincérité. Honnêtement, elle se trouvait plutôt pas mal, comme superviseuse. C'était sans aucun doute à cause de son trop plein de temps sur les mains. Si on lui rendait ses accès dans la Salle du Temps.... elle souffa du nez à cette pensée. Lyle ne verrait même pas le bout de ses chaussures si elle avait un vrai projet sous la dent.


En toute sécurité

Message publié le 14/01/2026 à 23:39

Eileen avait demandé au jeune garçon sans avoir aucune idée de ce qu'il pouvait demandé. Un balais jouet ? Des chocogrenouilles ? Des pétards, peut-être ? Elle n'avait jamais été un garçon de douze ans. Et même à l'époque de Poudlard, elle évitait les garçons de douze ans comme la peste. Ils étaient bruyants et souvent désagréables. Sauf que Marley n'était ni bruyant, ni désagréable, et il ne voulait pas de pétards.

 

- Qu'il neige demain ? répéta-t-elle, un peu surprise. Intéressant, même avec une baguette magique ça n'est pas évident. Mais si j'appuie sur cette image de nuage avec un soleil, je peux savoir le temps qu'il fera demain. Elle lu les prévisions météos, avec décéption mais aucune surprise. Dix degrés, et de la pluie. A quoi d'autre s'attendre en Ecosse au mois d'octobre ? Mais je peux chercher aussi quand il est prévu qu'il neige dans la région, continua-t-elle en ouvrant internet. Ici, tu vois, je peux écrire une demande en appuyant sur les lettres. "Prévisions neige, Melgarve, Ecosse". Melgarve, parce que le GPS n'allait certainement pas trouvé Pré-au-Lard sur la carte. Elle appuya sur le premier site qui venait, BBC weather. Il va faire de plus en plus froid, et on peut espérer un peu de neige dès mi-novembre. 

 

- C'est les moldus qui ont trouvé en premier comment prévoir la météo à l'avance, dit-elle ajoutant un fun fact pour voir si cela intéressait le jeune garçon et l'entrainer vers d'autres découvertes. Nos devins, mis à part des grosses tempêtes, ils ne voient pas souvent la météo. Mais les moldus, eux, ont inventé des instruments qui fonctionnent plutôt bien, et puis surtout ils peuvent calculer quel sera le temps à venir. Regarde ce site, "Wikipedia", elle ouvrit la page d'accueil de son site favouri, sur lequel elle avait perdu des heures et des heures en faisant des recherches plus ou moins sérieuses. C'est la meilleure encyclopédie moldue qui existe. 

 

Elle devait l'avouer, elle était un peu partie dans un tunnel d'explication sans trop se poser la question de si cela était intéressant ou pas. Bien sûr que c'était intéressant, non ? Le savoir, l'éducation, c'était la chose la plus importante. Le savoir, ça n'était pas juste savoir. Ca nous donnait un pouvoir sur nous-même et sur le monde autour de soit. Sorcier, moldu ou cracmol, il ne fallait jamais se contenter de ce que l'on savait déjà. 


En toute sécurité

Message publié le 04/01/2026 à 23:31

Owen Carter s'y connaissait suffisament en technologie moldue pour ne pas avoir besoin d'être pris par la main. Déjà, il savait ce qu'était un téléphone, et qu'ils marchaient à l'électricité. Ca parraissait être la base (et ça l'était) cependant une bonne partie des sorciers ne savaient même pas que les moldus étaient capable de communiqués autrement que par la lettre postale. Etait donné que cela faisait des siècles que le téléphone avait été inventé, c'était un peu dommage.

L'autre point positif était qu'il n'avait pas peur, au contraire. Sa fille, sa "grande", lui en avait déjà promis un. Eileen aurait pu être déçu de ne pas donner un cadeau plus original, si deux téléphones ne valaient pas mieux qu'un. Sinon, qui allaient-ils appeler ?

 

Elle alluma l'appareil sous les yeux curieux du jeune Carter. "Oh c'est beau", dit il, et elle repliqua avec un sourire "Et ça n'est que le début !" 

 

Faudra qu'j'demande à ma belle-sœur alors, pour s'parler au téléphone, reprit le géant.

 

Donc oui, il s'y connaissait un peu, mais pas tant que ça. En même temps toutes les possibilités offertes par un téléphone portable n'avaient rien d'évident. Par où commencer ? 

 

- Un téléphone comme celui-là, c'est un pas juste pour discuter de vive voix. Il faut plutôt le voir comme une baguette magique, mais au lieu d'influencer le monde réel, vous influencez le monde du téléphone. Quelle explication de m*rde. Et si vous le voulez, d'autres personnes peuvent avoir accès à ce monde là.  Vous pouvez écrire des lettres, qui arrivent directement sur le téléphone de quelqu'un d'autre. Vous pouvez lire des livres, des encyclopédies. Vous pouvez même voir des vidéos, qui sont comme des photos enchantées mais avec le son et généralement avec un histoire.

 

Elle faisait vraiment de son mieux pour utiliser des mots simples, et pas juste pour le bénéfice du fils Carter. Mais comment leur peindre une idée complète sans les perdre dans une montagne de détails ? Comment savoir quels détails n'étaient en réalité pas des détails ? Peut-être qu'une démonstration serait la chose la plus efficace.

 

- Essayons, si vous voulez. Qu'est-ce qui te plairait de faire, Marley ? Sans te demander si c'est possible, dis-moi ce qui te fait envie.


En toute sécurité

Message publié le 04/01/2026 à 23:31

Owen Carter s'y connaissait suffisament en technologie moldue pour ne pas avoir besoin d'être pris par la main. Déjà, il savait ce qu'était un téléphone, et qu'ils marchaient à l'électricité. Ca parraissait être la base (et ça l'était) cependant une bonne partie des sorciers ne savaient même pas que les moldus étaient capable de communiqués autrement que par la lettre postale. Etait donné que cela faisait des siècles que le téléphone avait été inventé, c'était un peu dommage.

L'autre point positif était qu'il n'avait pas peur, au contraire. Sa fille, sa "grande", lui en avait déjà promis un. Eileen aurait pu être déçu de ne pas donner un cadeau plus original, si deux téléphones ne valaient pas mieux qu'un. Sinon, qui allaient-ils appeler ?

 

Elle alluma l'appareil sous les yeux curieux du jeune Carter. "Oh c'est beau", dit il, et elle repliqua avec un sourire "Et ça n'est que le début !" 

 

Faudra qu'j'demande à ma belle-sœur alors, pour s'parler au téléphone, reprit le géant.

 

Donc oui, il s'y connaissait un peu, mais pas tant que ça. En même temps toutes les possibilités offertes par un téléphone portable n'avaient rien d'évident. Par où commencer ? 

 

- Un téléphone comme celui-là, c'est un pas juste pour discuter de vive voix. Il faut plutôt le voir comme une baguette magique, mais au lieu d'influencer le monde réel, vous influencez le monde du téléphone. Quelle explication de m*rde. Et si vous le voulez, d'autres personnes peuvent avoir accès à ce monde là.  Vous pouvez écrire des lettres, qui arrivent directement sur le téléphone de quelqu'un d'autre. Vous pouvez lire des livres, des encyclopédies. Vous pouvez même voir des vidéos, qui sont comme des photos enchantées mais avec le son et généralement avec un histoire.

 

Elle faisait vraiment de son mieux pour utiliser des mots simples, et pas juste pour le bénéfice du fils Carter. Mais comment leur peindre une idée complète sans les perdre dans une montagne de détails ? Comment savoir quels détails n'étaient en réalité pas des détails ? Peut-être qu'une démonstration serait la chose la plus efficace.

 

- Essayons, si vous voulez. Qu'est-ce qui te plairait de faire, Marley ? Sans te demander si c'est possible, dis-moi ce qui te fait envie.


Le bureau au fond du couloir

Message publié le 24/12/2025 à 00:41

Eileen avait toujours cru qu'il n'y avait pas plus énervant que les gens qui surestimaient leur intelligence. Aujourd'hui, elle apprenait qu'ils pouvaient être également très divertissants. Il continuait pourtant à parler quand il aurait mieux fait de se taire, et surtout il avait l'air de s'imaginer qu'il pouvait lui donner des conseils et la prendre de haut sans conséquence. Et il avait raison. La seule conséquence allait être qu'à un moment elle allait finir par éclater de rire.

 

Etait-ce donc cela le plan du Département ? Lui changer les idées et la faire oublier son travail en lui collant ce clown dans les pattes ? Il fallait bien l'avouer, cela marchait très bien. Elle avait envie de l'attraper, le rétrécir à la taille d'un Billywig, l'enfermer dans une petite éprouvette et la poser sur son bureau. Elle le secouerait une fois par heure et il lui sortirait des trucs du genre :

 

- Pour être performants, il nous faudra bien nous entendre avec nos collègues, et donc passer des moments informels avec eux. Que dirais-tu que nous y allions tous les jours pour avoir quelques échanges amicaux avec les personnes présentes ? Ils apprendraient à te connaître, et c'est certainement tout juste ce qu'il leur suffit pour apprendre à t'apprécier.


Et après, il lui fit un clin d'oeil. UN CLIN D'OEIL. C'était trop beau pour être vrai. Toute son envie de lui faire remarquer que trainer tous les jours à la cafétéria était le meilleur moyen pour qu'on les prenne pour des flemmards qui ne travaillaient jamais s'était envolée. A la place, elle continua de l'encourager.

 

- Mais quelle excellente idée, dit-elle en faisant de son mieux pour gommer la moindre trace de sarcasme dans sa voix. Oui, on devrait vraiment prendre une pause par jour pour discuter avec les collègues, ils vont être ravis.

 

Combien de temps prendrait-il pour se rendre compte qu'elle se moquait de lui ? Encore une bonne partie de son stage, si possible. Parce que oui, c'était une excellente idée. Pour taper sur le système de tout le monde. Et si elle tapait suffisamment sur le système de ses collègues, ils allaient se demander pourquoi elle ne bossait pas. Et quand ils demanderaient, ils sauraient que c'est parce qu'elle était intentionnellement gardée éloignée de la Salle du Temps, et que de fait elle ne pouvait pas travailler sur son projet préféré. Et il savaient que quand elle travaillait sur un vrai bon projet, elle disparaissait de la cafétéria pour un bon moment. Donc, ils iraient se plaindre à la Direction. Enfin, Eileen aurait à nouveau accès à la Salle du Temps.

 

Mais quelle excellente idée. 

 

Elle scanna la cafétéria. Il y avait trois grands canapés à côté de tables basses, mais personne assis dedans. Trois personnes étaient cependant là, debout, se servant dans l'une des cafetières moka que le Département se partageait. Elle les dévisagea et se rendit soudainement compte qu'elle n'en connaissait aucun des trois. Deux avaient l'air assez jeune, et le troisième un peu moins. Tous trois lui envoyèrent des regards inquisiteurs.

 

Avec des yeux doux de Jackalope, elle s'approcha, attrapant deux tasses vide au passage.

 

- Salut, vous êtes nouveaux ? Moi c'est Eileen Hilswood et ça c'est mon stagiaire, Lyle Sorensen.

 

Elle tendit ses deux tasses deux cafés, qu'on lui remplit après un temps de surprise.

 

- Pas vraiment nouveaux, non, répondit le plus agé, qui commençait à dégarnir et à bedonner. Mais on a entendu parler de toi.

 

Même si elle savait que ça n'était sans doute pas en bien, elle sourit et fit semblant.

 

- Ah oui ? Alors ça ne vous dérangera pas de nous expliquer les nouveautées du Département. Elle tendit la deuxième tasse à Lyle et lui demanda. Tu notes bien tout, comme tu as dis, hein ?

 

Si on la laissait trop longtemps sans accès à la Salle du Temps, elle promettait de devenir le pire des tyrants.


Le bureau au fond du couloir

Message publié le 07/12/2025 à 23:33

Aussitôt que le stagiaire lui annonça qu'il était le fils d'Oswald Sørensen, aussitôt Eileen compris à qui elle avait affaire. Pas qu'elle ait connu Sørensen père, il était parti en retraite avant qu'elle ne rejoigne le Ministère. Mais elle était arrivée juste assez tôt pour entendre des bruits de couloirs qui commençaient par "Du temps de Sørensen..." suivi en règle générale de commentaire peu agréables par des Aurors trop vieux pour leur temps. Du temps de Sørensen, ça filait droit. Du temps de Sørensen, tous ces criminels auraient fini à Azkaban. Du temps de Sørensen, pas d'apéro dans le Département. 

 

Mais le plus important n'était pas leur lien de filiation. Le plus important était qu'il cru qu'il fut pertinent de le mentionner à sa tutrice de stage. On ne la payait pas suffisamment pour qu'elle en ai quelque chose à faire.

 

- Oh je ne savais pas qu'Oswald avait un fils aussi jeune.

 

Impliquant, par la même occasion, qu'il pouvait s'attendre à être traité comme un gamin tous juste sorti de Poudlard et pas comme le fils prodigue d'un vieux loup du Ministère. Ca n'empêcha tout de même pas le stagiaire de se comporter comme tel, sortant ses affaires sur le bureau. Des réflexes de premier de la classe, à tous les coups. Elle décida d'indulger son attitude, pour le moment. Elle avait clairement mieux à faire que de s'énerver contre un stagiaire, aujourd'hui.

 

- Alors, je vous suggère de me raconter sur quoi portent vos recherches dans un premier temps, et je ne dirai pas non à un petit historique de votre curriculum vitae non plus. Ah ! Pardon, se corrigea-t-il, je vais avoir du mal. Je n'ai pas l'habitude de tutoyer mes confrères.


Eileen failli éclater de rire. Quoi, il vouvoyait ses camarades de classe à Poudlard ? Elle commençait à voir de mieux en mieux à qui elle avait affaire. Riche, fier, pas d'amis, uniquement des connexions. Né avec une cuillère d'argent dans la bouche, et pétant dans de la soie. Si personne ne lui mettait du plomb dans la tête, il en prendrait dans l'aile.

 

Ne parvenant pas à réprimer un sourire, elle suivit le jeune homme en dehors de son bureau. C'était comme recevoir un tout nouveau spécimen à observer. Il ne fallait surtout pas le brusquer, lui faire peur, ou l'énerver, ou l'expérience ne fonctionnerait pas. Elle le laissait monologuer suffisament longtemps pour comprendre qu'il n'avait aucune idée de ce pour quoi il avait été engagé, de comment fonctionnait le Département, et de la difficulté du travail de Langue-de-Plomb. Des gens comme Alhena, Mel ou Goyle ne ferait qu'une bouchée de lui. D'ailleurs, en parlant du loup, Melville McMaden et Oleander Goyle s'approchaient d'eux. 

 

- Psst. Présente-moi, ok ? Lyle. Le fils d'Oswald.


Il était sérieux ? Le gamin tenait donc tant à atomiser sa carrière avant que celle-ci n'ait commencé ? Ne voyait-il pas que les deux hommes étaient en pleine conversation et n'en avaient absolument rien à faire du nouveau stagiaire ? Elle toussota pour qu'on la remarque, et salua les deux hommes d'un hochement de tête. Seul Mel lui rendit son salut. Ce troll de Goyle les remarqua à peine, ayant probablement toujours en travers de la gorge la nomination d'Alhena au poste qu'il prisait tant. 

 

- On va choisir un meilleur moment pour ça, dit-elle, une fois qu'ils furent hors de portée de voix. Il avait de la chance qu'elle eut beaucoup de patience et de temps sur les mains. Je vais te présenter aux collègues qui prennent leurs pauses, si tu y tiens. Par contre, t'es pas le fils d'Oswald, tu es le nouveau stagiaire. Personne n'aime les stagiaires qui commencent par faire valoir leur connexion.

 

Elle espérait que sa légère remontrance parviendrait à le faire se remettre en question. Elle était encore en train d'essayer de le cerner, mais elle voyait déjà ses dents rayer le parquet. Elle espérait qu'en lui faisant quelques présentations, elle arriverait à le canaliser un peu.

D'un pas sûr, elle se dirigea vers la cafétéria. Ouvrit la porte et...

 

Ce n'était pas la cafétéria.

 

Trois collègues, en train de discuter autour d'un bureau, la dévisagèrent avec étonnement. Elle referma la porte et lu "Philomena Fitzsimons". 

 

- Désolée, Fitzsimons. Je cherche la cafétéria, dit-elle d'une voix plate.

 

- C'est en face, maintenant. Ca fait trois ans, Hilswood.

 

Elle haussa les épaules.

 

- Personne m'a prévenu. Au fait, je vous présente le nouveau stagiaire, Lyle Størensen.


En toute sécurité

Message publié le 07/12/2025 à 16:27

Eileen s'assoit sur le banc là où on lui a laissé une place. Le petit Carter semble un peu moins timide que la dernière fois, puisqu'il la salue de lui-même, sans l'encouragement direct de son père. Elle lui sourit, en se demandant à quel point son quasi-mutisme était attribuable au fait qu'il est douze ans, le fait qu'il soit un Cracmol impressionné par la magie, le fait qu'il soit un loup-garou (sachant qu'elle n'avait n'en n'avait rencontré avant), le fait qu'il ai eu une enfance atypique, ou juste qu'il ne parlait pas beaucoup parce qu'il n'en avait pas envie. En tout cas, elle n'avait aucune intention de faire de remarque là-dessus.

 

Le géant lui fit la mise au point sur leur nouvelle situation. Owen s'ennuyait, comme elle s'en doutait un peu. Il avait de la famille pour l'aider,  "Charlie mais pas Alison" (Alison étant la nouvelle championne de Poudlard, cela elle s'en souvenait), et puis Freya et Fe-quelque chose, cela rentra par une oreille et ressortit par l'autre. Mais celle-ci n'était pas de la famille, elle travaillait juste avec eux. En bref, le cercle social du jeune Carter s'étendait à sa famille, et il n'avait aucun ami de son âge. L'expérience typique d'un gamin qui faisait l'école à la maison. Sauf que tous les gamins qui faisaient l'école à la maison n'étaient pas des loups-garous.

 

- C'est vrai qu'il se débrouille bien, maintenant, fit-elle remarquer. Puis, se rappelant que l'objectif était de socialiser le jeune garçon, elle ajouta à son adresse : Beau travail. Désolée de ne pas avoir trouver quelqu'un de cracmol pour vous aider, tout les deux. Mais du coup, j'ai apporté autre chose qui pourrait être utile.

 

Elle sortit le paquet de sa poche. Rien que la boîte avait l'air spéciale. Il s'agissait d'un objet en fer, orné de runes gravées. Avant de l'ouvrir, elle ajouta une mise en garde.

 

- Surtout, il faut que personne n'utilise la magie autour, quand la boite est ouverte. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle leur avait donné rendez-vous dans un coin un peu isolé. Dans les rues de Pré-au-Lard, on n'était jamais à l'abri. Elle révéla alors l'objet noir, rectangulaire et plat qui se trouvait un l'intérieur. C'était un téléphone portable, juste un peu plus petit qu'une tablette électronique. C'est un objet technologique moldu, expliqua-t-elle. Sa première utilité est de contacter instantanément d'autres personnes qui possèdent le même objet, et presque tous les moldus en ont un. Cela vous permettrait de parler à votre famille moldue, si vous le voulez. Mais on peut l'utiliser pour beaucoup d'autres choses. Vous pourriez découvrir le monde moldu en toute sécurité.

 

Elle préféra attendre plutôt que de commencer à leur montrer comment faire fonctionner l'appareil. Déjà, parce qu'il y avait une règle de bonne société qui disait qu'on apportait jamais un cadeau à un enfant sans l'accord de ses parents. Cette règle était probablement deux fois plus valable quand le cadeau en question était une pièce de technologie moldue.


En toute sécurité

Message publié le 30/11/2025 à 12:52

Cela faisait un bon bout de temps depuis la dernière fois qu'Eileen avait mis les pieds à Pré-au-Lard. Déjà, parce qu'elle n'y mettait que rarement les pieds, elle craignait toujours de croiser un groupe d'adolescents avec plus de farces et attrapes en mains que de neurones en tête. Deuxièmement parce que (eh oui, chers lecteurs assidus !) cinq ans s'étaient plus ou moins volatilisés de la vie d'Eileen et s'étaient pourtant bien écoulés partout ailleurs. Le village lui paraissait donc étrange. Petit. Des souvenirs d'école lui revenaient, mais ils paraissaient s'être passés dans une réalité alternative où les choses étaient juste un petit peu différentes. C'était se prendre un coup de vieux sans avoir pourtant vieilli.

 

Mais elle n'avait pas le temps d'être sentimentale. Elle avait bien mieux à faire. Elle avait rendez-vous avec Owen Carter. Oui, le Owen Carter. Ce joueur de Quidditch à la retraite qu'elle avait finalement réussi à se remettre une fois qu'elle avait fait des recherches. Elle avait d'ailleurs retrouvé beaucoup d'histoires à son sujet. Trop d'histoires, honnêtement, elle aurait vite reposé ces vieilles éditions de la Gazette du Sorciers si sa curiosité n'était pas une force cent fois plus puissante que son respect pour la vie privée des autres. Sa femme disparue, sa fille chef d'entreprise, tout cela elle le savait à présent. Et puis son autre fille, nouvelle championne de Poudlard. Ce gars n'avait décidément pas la vie la plus tranquille qui soit. Le petit cracmol qui se transformait en loup une fois par mois, c'était la cerise sur le pompom du gâteau.

Une personne moins curieuse, ayant plus de respect pour la vie privée, ou qui s'ennuyait moins aurait laissé les Carters à leurs histoires de famille. Manque de pot, Eileen était tout le contraire et avait un point faible pour les Cracmols. 

 

Elle finit sa montée de la colline avec quelques minutes de retard. Père et fils Carter furent faciles à repérer, avec leurs tignasses rousses contre l'herbe verte. Elle fit un signe de la main, puis s'avança droit vers le géant. 

 

- Bonjour Monsieur Carter. Tout va bien depuis la dernière fois ?

 

Eduquer un enfant sans pouvoir dans le seul village sorcier de toute la Grande Bretagne ne devait pas être chose aisée. Elle sera sa main sur le paquet qu'elle avait emporté, dans la poche de son grand manteau noir. Elle espérait que ce qu'elle lui apportait allait lui faciliter la vie.


Signez-là SVP

Message publié le 18/11/2025 à 00:13

Ne le félicite pas pour sa promotion. Surtout, ne le félicite pas pour sa promotion. 

 

Régulièrement, Eileen oubliait puis se rappelait de la tragédie de la coupe du monde. Le problème, c'était que cela avait eu lieu il y a suffisament longtemps pour que ça ne fasse plus du tout la une. C'était bien pour ça qu'elle avait découvert la mort des trois directeurs bien trop tard, par rapport à son retour au présent. On ne la tenait pas au courant. Presque une anecdote. Du coup, quand elle avait demandé rendez-vous avec le directeur de la Justice Magique, sa secrétaire lui avait fait remarqué que c'était Monsieur Noah Ingram qui était à présent à la tête du département. Eileen avait bafouillé  un "Ingram ? Ah il est monté en grade, bien joué." totalement hors de propos. Le regard que son interlocutrice lui avait lancé la hantait encore.

 

C'était d'autant plus problématique que la réussite ou l'échec de son expédition dans le Département de la Justice Magique allait entièrement dépendre de si Ingram l'avait à la bonne ou pas. Il fallait qu'elle fasse bonne impression. Elle doutait qu'il l'a connaissait, elle-même n'avait entendu parler de Ingram que de nom. Alors elle devait avoir l'air sérieuse, avec un vrai projet. Elle avait sortit la chemise, la veste en velour, professionnelle avertie, quoi. Mais rien de tout cela n'aurait d'importance si elle commençait par le féliciter pour sa promotion. 

 

Elle arriva devant le bureau qu'on lui avait indiqué. Le nom de l'ancien chef des Aurors était écrit en lettre d'or sur la porte. Elle toqua, avec un premier coup bien trop léger et un deuxième bien trop lourd. 

 

- Monsieur Ingram ? C'est Eileen Hilswood, du Département des Mystères.

 

Surtout, ne le félicite pas pour sa promotion. 


Café et commérage

Message publié le 16/11/2025 à 13:56

En voyant le chef du département des transports, Eileen sortit son meilleur sourire en coin. Elle aimait bien Alaric. Il avait toujours le bon mot, le bon humour pince-sans-rire. Il y avait bien des gens pour trouver qu'il manquait un peu de pincettes et qui, parfois, prenaient mal ses remarques, mais la plupart des employés l'appréciaient. Un bon compagnon de café, malgré le fait qu'il eut été plusieurs rangs au dessus d'elle. Enfin, ils n'étaient pas du même service et - avec tout le respect qu'elle lui devait - tout le monde s'en fichait de l'organisation des Portoloins. 

 

- Tu t'es plantée de niveau, Hilswood. Toi, c'est plus bas.


Yep, un grand classique. Il fallait pas qu'elle se laisse distancer directement sans lancer sa propre pique. Elle regarda autour d'elle, mima l'étonnement.

 

- Ah ! Mais c'est pour ça que tout le monde me parle de poudre de cheminette depuis tout à l'heure ? Je me disais aussi, c'est devenu chiant le Département des Mystères.

 

- T'avais pas disparu toi ?

 

Elle haussa les épaules, par habitude. Ca faisait au moins une dizaine de fois qu'on lui faisait remarquer ça. Du coup, elle avait plusieurs versions. "J'étais coincée dans la salle du temps", elle ne pouvait la dire qu'à ses supérieurs et à certains de ses collègues. "J'ai un un accident dans le Département", vague mais vrai, qui passait tous juste à travers le sortilège de Langue-de-Plomb mais il fallait que l'interlocuteur fasse des efforts d'interprétation. "J'étais en mission à l'étranger", c'était la version family friendly, pour qu'on arrête de lui poser des questions. Mais le truc cool avec le sortilège de Langue-de-Plomb, c'était qu'on pouvait raconter absolument tout, tant que ça n'était pas vrai. 

 

- Ouais j'étais en vacances aux frais de la princesse. Bahamas, les cocotiers, il a fallu me tirer par la peau du cou pour me faire rentrer.

 

Bien qu'elle ne laisse pas un rire trahir son mensonge, elle ne s'attendait pas à ce que qui que ce soit la prenne sur parole. Surtout pas un directeur, qui devait très bien savoir qu'on ne payait pas un employé cinq ans pour qu'il prenne des vacances. 

 

- Bref, je me remets au jus. Et toi, ça va ? Le travail, les enfants, la femme ?


Une revenante

Message publié le 02/11/2025 à 14:28

Eileen ne fait pas vraiment attention à ce qu'il se passe autour d'elle. C'est un habitude, pas une exception. Elle est en train de discuter, de manger, et de ruminer ses pensées, alors elle ne voit pas le terrible danger qui manque de la frapper. Un enfant et de la peinture. Son amie à de meilleurs réflexes, mais pas assez bon pour sauver sa glace qui s'échappe de sa main et tombe sur le sol alors que les enfants passent en courant. 

 

Elle laisse s'échapper une exclamation mi-surprise mi-déçue. Pendant un instant, le chaos s'est emparé de la ruelle. Maintenant, il y a de la peinture sur les murs et de la glace sur les pavés.

 

 - Tiens ça c'est un truc que t'as manqué. Le Verbe-or. Deux ans qu'ils ont sorti ça. C’est censé rester trois jours.  Elle secoue la tête. Tu vois ? C'est à cause de ce genre de truc que le Secret va tomber. Même pas besoin de Mars.
 

Appelez Eileen ce que vous voulez. Blasée, biaisée, ou manquant d'imagination. Pour elle, les enfants faisaient des trucs d'enfants, comme tous les enfants depuis des centaines d'années. Le Secret ne serait pas mis en danger juste pour ce genre de peinture enchantée. A moins qu'elle ai manqué quelque chose de vraiment massif. Mais sinon, c'était Leslie qui manquait d'imagination, ou bien qui n'avait pas cotoyé suffisament d'Oubliators. C'était - d'autant plus maintenant, semblerait-il - un métier plein d'avenir.

 

Mais l'heure n'était pas au débat d'idée. Non, l'heure était aux découvertes. Quelques pas plus tard, elles s'arrêtèrent devant une vitrine sans devanture. Il lui fallu une seconde pour comprendre. C'était une chose de savoir que son amie allait avoir une boutique sur le chemin de traverse. C'était une autre de l'avoir sous les yeux. 

 

- Wow.

 

Elle n'était pas très douée avec les mots. Pourtant, c'était bien ça qu'elle pensait. "Wow".  Peut importait que cela ne soit pas très grand, au contraire. Il y avait un vrai cachet à ces petits commerces indépendants, café ou librairie, qui parvenait à se sécuriser un miniscule emplacement dans un endroit passant. Elle pouvait déjà imaginer l'odeur du bois, les canapés en cuir de seconde main, et sur les murs, des certificats d'autenticités.

 

- Je veux que ce soit un endroit où ça joue, tu vois ? Pas juste une boutique. J'ai prévu d'inviter des groupes pour jouer de mes instruments en démo et tout. J'te fais visiter ?

 

La vision d'Eileen se mis à jour, avec des photos de concerts, signés par les célébrités. Et au centre, une petite estrade, avec un micro magique. Peut-être d'ici peu, un micro électronique, qui sait. Mais plutôt que de continuer à imaginer, elle laissait Leslie la guider à l'intérieur pour finalement voir à quoi tout cela allait vraiment ressembler...


Café et commérage

Message publié le 19/10/2025 à 00:30

Eileen n'avait jamais été autant irreprochable dans sa paperasse. Après pas mal de dossier à rattraper - cinq ans, ça se remplit bien - elle avait finit pas se mettre à jour. D'ailleurs elle se mettait à jour tous les jours. D'ailleurs elle n'avait pas grand chose d'autre à faire. Elle pouvait noter dans ses rapports "aujourd'hui, j'ai écrit mes rapports". L'éclate. Elle avait essayé de coincer McBrown dans les couloirs pour lui demander d'enfin la laisser reprendre ses projets dans la salle du Temps, mais sa secrétaire l'avait attrapé par la peau du coup et renvoyer dans son bureau fissa. Comme quoi, un mois ça n'était pas suffisant. Comme quoi, il fallait l'avis d'un Médicomage spécialisé. Comme quoi, il fallait qu'elle se calme, parce que son obsession pour le projet qui avait causé sa perte ne faisait que les convaincre de ne pas lui donner de nouvelles opportunités.

 

C'était pas avec cette bande de de bureaucrate que la science allait avancer.

 

Du coup, Eileen s'ennuyait comme un rat mort. On lui avait mis un stagiaire dans les pattes pour la tenir occuper, mais ça n'occupait que son temps, pas son esprit. Il y avait bien le projet avec le petit et le grand Carter, mais c'était surtout du grattage de papier et de cerveau. Il lui fallait quelque chose d'excitant. Quelque chose qui la maintiendrait éveillée durant toute la nuit. Quelque chose de.... oui... d'un peu risqué. Sa vie manquait tout simplement de frissons.

 

Elle était comme un lion en cage. Faisait le tour du Ministère, sortait prendre un sandwich, tentait de discuter avec ses collègues préférés quand finalement ils s'accordaient une pause. Elle tentait toutes les salles cafés du Ministère, même les moins pratiques. Là, par exemple, celle du niveau six. Trois niveaux au dessus du Département des Mystères, pas franchement le plus efficace si elle devait se remettre au boulot au plus vite. Mais ils avaient des croissants les jeudi matin, et elle n'avait pas de boulot. Elle disait bonjour à l'équipe sur place, n'en connaissant que la moitié, et prétendait qu'elle avait toute sa place ici. Ca lui permettait de rappeler aux gens qu'elle existait et - surtout - elle se mettait à jour au niveau des potins. Qui était en froid avec qui. Qui avait quitté sa femme - dans le Ministère - pour la nouvelle recrue du service d'à côté. Qui tournait autour des responsables pour tenter de recevoir des faveurs lors des nouvelles promotion.

 

Les frissons, quoi.

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