Harry Potter RPG

Liste des messages de Prisca Thompson

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Réunion de crise

Message publié le 02/02/2026 à 02:35

Des fois Prisca se demande ce que c'est d'être dans la tête de Caecilia Fawley. Une pure cinéaste qui se fait chaque jour sa propre fournée de films dramatico-romantiques. Oui, Malya est en quelque sorte au cœur de la vie de sa coéquipière. Normal, elles passent la plupart du temps ensemble et s'entendent comme larrons en foire. Elles partagent l'objectif d'intégrer l'équipe nationale, un goût pour les relations libres et sans accroche, un vestiaire embué...

 

C'est vrai, elles sont faites l'une pour l'autre. À leur façon. Pas question d'ajouter cet ingrédient empoisonné qu'est l'amour dans une si belle histoire.

 

— Disons qu'on a pris certaines habitudes avant les matchs. Mais je sais ce que je fais : je ne laisserai pas la moindre étincelle de sentiment romantique s'immiscer entre moi et mon plan cul préféré.

 

Oui, Caecilia est définitivement une foutue cinéaste. La spécialiste du mélodrame. Incapable de se contenter des petits moments tranquilles et paisibles. Non, s'il n'y a pas de douleur en permanence dans l'existence de Caecilia, c'est à croire qu'elle ne se sent pas vivre. Pourquoi faut-il qu'elle ramène son enfer sur le tapis et qu'est-ce que c'est que cette question sordide ? Est-ce qu'elle se rend compte de la personne à laquelle elle s'adresse pour demander une chose pareille ? Qu'est-ce que Prisca y entend à la fidélité ? Celle-ci pousse un gros soupir désemparé.

 

— Comment veux-tu que je te réponde, Nem-nem ? J'ai pas le malheur d'être à ta place et la fidélité c'est une question que je n'ai jamais eue à me poser. À la limite, tu sais quoi ? Je pense que tu te trompes de question en fait. Parce que t'as déjà répondu à celle-là. Tu l'as trompé pendant sept ans ton mari, avec ton petit-ami. Et je crois bien que c'est précisément pour que tu le fasses qu'il t'a passé la bague au doigt. Sinon il aurait étranglé Scott en vous tombant dessus. 'Fin, il aurait essayé.

 

Prisca essaie de réfléchir, de trouver quelque chose de satisfaisant à dire à Caecilia mais elle n'a pas toutes les réponses. Peut-être qu'elle s'épanouirait en variant les plaisirs, peut-être qu'elle se consumerait. Cela lui semble profondément intime, propre à chacun. Elle n'est certainement pas du genre à se dévouer pour la vie. Caecilia n'a connu que Scott et découvert récemment Manius. C'est normal d'être curieuse. Mais est-ce sain pour son amie ? Et qu'en est-il de Manius ? Est-ce qu'il a passé ces sept dernières années à fuir son épouse pour rejoindre d'autres personnes en toute quiétude, l'air de rien ? Elle déteste devoir réfléchir à ça et encore plus devoir répondre à Caecilia.

 

— Tu pourrais... je veux dire... c'est une drôle d'idée. Mais Manius s'est montré compréhensif pour Scott. Peut-être que vous pourriez envisager de vous mettre d'accord pour ne pas être exclusifs. Mais comment tu peux lui présenter l'idée ? S'il est contre, le simple fait d'avoir émis cette possibilité lui filera un doute permanent et tu peux faire une croix sur sa confiance. 

 

Non, décidément rien ne sonne juste. Il n'y a pas de réponse à ça. Ou il y en a trop. C'est le genre de question qu'on n'est pas censé avoir à se poser. Sauf que voilà, Caecilia est une putain de cinéaste qui puise une inspiration sans fin de sa propre vie bien pourrie. Et ça énerve Prisca autant que ça lui fait de la peine. 

 

— C'est peut-être moins une question de ce qu'il s'est passé jusque maintenant que de quel genre de personne tu veux devenir. Ho ! et puis tu m'emmerdes avec ta question.

 

Excédée autant que perdue, Prisca se dirige vers le bar et prend une bouteille de scotch qu'elle envisage d'entamer généreusement. Mais à la réflexion, l'odeur l'écœure et elle renonce. Comme si tout allait bien. Mon cul !


La médiatrice

Message publié le 02/02/2026 à 00:47

Presque. Pourtant Prisca sait que Caecilia en est capable. Peut-être qu'elle a juste passé une trop sale journée, peut-être qu'il est trop tôt. Peut-être que la fatigue est plus intense que Prisca ne veut bien l'admettre et qu'elle s'est trompée. Il y a tellement de raisons pour lesquelles ça a pu foirer. Mais elle ne conçoit pas que ce soit parce que Nem-nem n'est pas à la hauteur. Elle peut ne pas l'être là présentement, mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras.

 

Pourtant, Prisca se découvre quelque chose d'inédit en elle, que jamais elle n'aurait cru possible. Là tout de suite, pour la première fois depuis qu'elles se connaissent, elle n'est pas dans le même camp que sa meilleure amie. Ça la fait tellement chier de voir ce mec interdit en face d'elle, impassible malgré la claque aussi bien figurative que littérale qu'il vient de prendre. À quoi peut-il bien penser ? Est-ce son cœur qui vient d'éclater dans le bruit sec et retentissant de la paume contre sa joue ? Prisca éprouve de la peine pour lui, et ça l'énerve. Elle a envie de courir après Caecilia et de lui restituer la gifle. Quoique moins douloureux que n'importe quel autre coup, la violence du geste a ce quelque chose de pernicieux qui atteint la dignité aussi sûrement que le fleuve va à la mer. Qui cause des dégâts plus irréparables qu'une cicatrice.

 

— Fait chier ! s'emporte-t-elle en abattant la batte sur la bouteille de bière vide.

 

Manius ne bronche pas, son regard est pire que triste. Éteint. Une larme coule sur la joue de Prisca tandis qu'elle s'approche de lui en dégainant sa baguette. Elle en a marre de lancer des remèdes inappropriés sur ses amis mais tant pis.

 

— Désolée, j'ai commis une erreur quelque part. Caecilia ne te mérite pas. Pas encore.

 

Elle agite l'arme avec laquelle il lui semble infliger tant de souffrance en ce moment et prononce la formule.

Les traces de la main de Caecilia demeurent mais la douleur de Manius s'estompe.

Un petit coup d'œil désolé plus tard, Prisca sort de la résidence sans savoir quoi dire ou faire.

 

 

Caecilia est là, petite fille malmenée par la vie, par ses amis, par elle-même. Qu'elle le veuille ou pas, Prisca vient s'accroupir près d'elle.

 

— Je vais pas te forcer si tu veux pas mais on pourrait aller se défouler un peu toutes les deux. Malya a des gnomes dans son jardin, c'est toujours sympa de faire du dégnomage. Ou mieux, tu as quelqu'un qui t'aime là-dedans. 'Fin c'est toi qui vois.

 

Puis elle lui prend la cigarette des doigts. Faut pas déconner non plus. Et elle laisse quelques secondes à Caecilia pour se décider avant de transplaner et de s'oublier dans les bras de n'importe qui. 

Prisca Thompson a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Griffe !

Sortilège
Sortilège du Bisou Magique
Difficulté
5
Résultat D20
19
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Les traces de la main de Caecilia demeurent mais la douleur de Manius s'estompe.

Autres résultats possibles

La marque sur le visage de Manius disparaît avec sa douleur.

Hélas, Prisca n'est pas soigneuse et son sortilège reste sans effet.

Un choc remonte de la baguette pour parcourir le bras de Prisca et achever sa course sur son visage où s'inscrit la douleur qu'elle partage désormais avec Manius. Ça a quelque chose de poétique à défaut d'être agréable.


Réunion de crise

Message publié le 01/02/2026 à 02:59

— Il suffit pas d'essayer. Trouve les bonnes raisons de le faire, conclut Prisca.

 

La peine de son amie un peu plus légère, pour l'heure, la conversation finit par dévier sur des sujets qui pèsent moins lourd sur les épaules mais qui n'en sont pas forcément moins importants pour autant. Prisca raconte les paysages magnifiques de ses voyages, les meilleurs restaurants de Grande-Bretagne, les performances d'un nouveau modèle de balai, les rencontres fortuites avec des anciens condisciples. Les deux amies-sœurs se disent tellement de chose que, de temps en temps, Prisca arrive presque à oublier que Quintus git dans son lit à l'hôtel et que Caecilia n'en sait rien parce que, elle, a oublié.

 

— [...] Une croisière sur le lac de Bled que la capitaine avait dit. Tu parles ! Ha c'était beau : imagine une grande étendue d'eau turquoise qui reflète les Alpes juliennes, une vue imprenable sur l'église médiévale... 'fin bref. Sauf qu'on était sur des barques à ramer pendant des heures parce que c'était dans son programme d'entraînement. Je te raconte pas comment Malya était vénère. [...] Faut que tu testes leur haggis. C'est une recette transmise dans la famille depuis des générations, un bon petit plat grand-mère. Sauf que Malya se rend compte que son couteau est tordu et essaie de le redresser. La lame est partie comme une flèche sur la table d'à côté ! Y a pas eu de blessé mais on a quand même dû se barrer. Mais qu'est-ce qu'on a ri ! [...] Malya a un nouveau balai, tu verras comme elle déchire avec. Tellement qu'on dirait une pluie de météorites sur l'équipe adverse. [...] Tu devineras jamais qui a voulu rejoindre l'équipe ? Sina Ganders, t'sais la peste qui piquait tout le temps les lunettes de Quintus. J'ai eu besoin que d'un regard pour que Malya capte le message. On aurait dit que Sina s'était transformée en aimant à cognards. L'est pas prête de remonter sur un balai. On y est peut-être allé un peu fort j'avoue.

 

Elles papotent aussi d'actualité et de ragots people. Les emmerdes c'est franchement moins pénibles quand c'est aux autres que ça arrive. Les histoires d'athlètes qui font éclater leur réputation à cause d'un petit scandale, l'affaire de la fiole de Felix Felicis achetée au marché noir par Seth Spindle pour booster les performances de son équipe. Prisca évite les racontars sur les couples de sportifs en se disant que c'est pas le moment pour Caecilia. Dommage, rien ne vaut l'anecdote de deux équipes qui se font sabotées par leurs propres joueurs parce que certains d'entre eux entretiennent une liaison avec quelqu'un de chez l'adversaire. C'est pas Prisca qui se ferait prendre à empiéter sur les résultats des Harpies pour des histoires aussi triviales, Malya pouvait en attester. 


La médiatrice

Message publié le 01/02/2026 à 01:48

À peine commencé, déjà terminé. Victime de son succès, le petit divertissement malicieux de Prisca s'achève sitôt que Caecilia tombe dans le panneau. Triomphante, elle regarde Manius tendre la main pour saisir celle de la sorcière qui vient de voler à son secours sans une once d'hésitation. 

 

— Viens t'asseoir, Caecilia. Détends-toi, elle se paie juste ma tête.

 

Un sentiment doux-amer s'empare de la sportive tandis que Manius entraîne son amie vers un fauteuil qu'ils peuvent partager. Elle est toutefois satisfaite que la cérémonie ait été menée à bien. Prisca Thompson cède à Manius Fawley la protection de Caecilia et ainsi elle se retire du conte après avoir accordé la main de cette dernière à cet homme trop patient. Et eux vécurent heureux jusqu'à la fin des temps

 

Avec la confirmation, bien que le doute ne subsiste pas après que Caecilia a débarqué baguette en main pour sauver son historien, que Nem-nem est prête à sortir les griffes pour son mari et surtout qu'elle l'a montré devant l'intéressé, que lui reste-t-il à faire ici ? Manius est déjà exaspérant de gentille et d'attention. Qu'a-t-il à dévoiler à son épouse qui puisse lui plaire davantage encore que cela ?  Prisca a bien une idée mais elle ne va quand même pas distribuer des coups de batte à sa meilleure amie. Sauf si elle se permet d'allumer une cigarette. 

 

C'est pourtant pas l'envie de cogner qui lui manque, au contraire. Ça réveillerait ses muscles engourdis, viderait sa surcharge mentale, relativiserait la violence du sortilège qu'elle a lancé quelques jours plus tôt. Ça lui ferait oublier, à elle aussi, sa douleur ; qui sait ? Sa meilleure amie dans les bras de Fawley, plus en sécurité que n'importe où ailleurs. Prisca sourit. Prisca se sent seule. Un peu. Beaucoup. Passionnément. Est-ce que Malya a envie d'aller boire un verre ?

 

Elle secoue la tête. Il faut bien qu'un jour maman louve regarde sa portée grandir et fonder sa propre meute.

 

— Je joue au Quidditch, en général. Parfois aux cartes. Vous avez pensé à votre voyage nuptial ? Il n'est pas trop tard.

 

Autant donner le change pour le moment. Elle aurait toujours le temps plus tard pour revenir à ses projets initiaux. Et puis Caecilia lui semblait déjà si loin d'elle. Juste encore un instant à lui tenir la main par le bout des doigts. 


La médiatrice

Message publié le 31/01/2026 à 13:56

Pas impressionnable, Prisca toise son amie en retour et lève un sourcil comme pour la défier de garder sa baguette braquée vers elle avant de lui répondre durant leur étreinte sororale. 

 

— Manius à la tête dure comme un cognard. J'essaie de l'assouplir.

 

Odeur de clope. Elle jette un regard de reproches à Caecilia en écourtant l'étreinte, se contentant d'une onomatopée écœurée pour lui faire passer le message plutôt que de lui mettre une tape sur le nez. La sorcière à peine revenue du travail est déjà raide de douleurs. Mais si dans sa mansuétude Prisca la laisse s'en tirer à bon compte pour le moment, elle ne va certainement pas l'épargner verbalement.

 

— Tu n'es pas le nombril du monde, ma biche. On parlait d'un sujet plus intéressant : les conditions de reproduction des scrouts à pétard en Patagonie. Ils ont au moins le mérite de sentir meilleur.

 

Les scrouts sont vraiment un sujet plus intéressant que celui dont ils parlaient. Scott. Regard en biais vers Manius qui écarquille les yeux en se massant le bras endolori. C'est comme ça qu'on parle à cette femme, mon chou. Sauf que cet idiot s'enquiert de la journée de son épouse et lui demande si ça s'est bien passé, lui dit qu'elle a l'air fourbue et lui enchante une serviette avec un Calidum pour l'appliquer sur ses muscles stressés par l'effort. Toutes ces niaiseries qui font lever les yeux au ciel à l'athlète. Quel genre de mec accueille sa femme comme ça après le boulot ? Un homme à marier. Ça l'énerve.

 

— Ça va, elle est pas en sucre, feule-t-elle en brandissant la batte d'un air menaçant.

 

— Et tu peux m'envoyer paître toi-même si je t'ennuie, ose-t-il rétorquer en s'adressant à Caecilia et non à Prisca, l'effronté.

 

Cette dernière n'a qu'à amorcer le début d'un mouvement pour que Manius s'écarte d'un pas en levant les mains. Elle le dévisage, sourit et se relaxe avant de capter les yeux de sa meilleure amie.

 

— Doux comme un agneau. Même pas sûre que la batte soit indispensable.

 

Prisca s'octroie le droit de se servir un verre d'eau et va rejoindre Nem-nem en se collant à elle. Cette proximité lui fait du bien, comme si elle suffisait à leur faire partager le poids de la fatigue et que, finalement, c'est sur l'épaule de Caecilia qu'elle se reposait pour trouver la force de porter le fardeau de la jeune femme au cœur brisé. Comme quoi, celle-ci n'avait besoin de personne au fond. Peut-être juste de quelqu'un qui faisait office de catalyseur. Là, près de la personne la plus chère à ses yeux, elle se sentait revigorée, prête à relever tous les défis, à commencer par ceux du couple mal assorti. Et à distribuer des mandales.

 

— Alors ma Nem-nem. À quelle sauce tu veux croquer mon petit Manius ? Dis-lui que t'as besoin d'un vrai mec, pas une chiffe molle qui te masse les pieds dès que tu fais "aïe".

 

Tout sourire, elle commençait à bien s'amuser et le spectacle n'allait que commencer. Depuis toutes ces années, Prisca connaissait suffisamment Caecilia pour la secouer, la pousser dans ses retranchements et l'obliger à s'ouvrir bon gré mal gré. Quant à Manius, il était tellement prévisible que ça ne lui demanderait aucun effort. Le souafle est lancé, que le match débute.


Réunion de crise

Message publié le 31/01/2026 à 03:00

À quoi sert-il à Prisca de faire des blagues si Caecilia les gâche avant même qu'elles soient prononcées ? Mais le fait que celle-ci n'avait pas tardé à réitérer si vite l'expérience avec son mari si peu de temps après leur première fois arrache un sourire satisfait à l'athlète. Son amie est bien mieux capable d'emprisonner les hommes dans sa toile que l'inverse ne serait jamais possible. Ce qui la soulage d'une inquiétude au moins.

 

— Très bien, tu marque ce point-là, Nem-nem. Si deux coucheries étaient suffisantes pour former un couple, je m'appellerais Madame Bulstrode.

 

Même sans sa présence, la pensée seule de Quintus suffit à invoquer une nausée aussi sûrement qu'un gallion attire un niffleur. Et comme de bien entendu, Nem-nem a fermement décidé que ce serait son sujet préféré dans les minutes à venir. Faire bonne figure, sourire, contredire et en admettre juste assez. Complexe opération que de mentir à la meilleure amie d'une vie. Pas le choix de faire autrement.

 

— Je serais vexée que Quintus n'ait jamais été un peu piqué de moi, d'accord. Mais de là à demander ma main à ma famille ? Nem-nem, je suis née-moldue je te rappelle. Quintus n'aurait jamais fait ni eu à faire ça. Laisse tomber cette histoire, tu te fais des illusions.

 

Et il valait mieux. Ce qui n'empêche pas Prisca d'être plus sèche et catégorique que souhaité en prononçant ces paroles. Caecilia reste fidèle à elle-même et s'engonce dans ses introspections dévastatrices dans lesquelles elle sait si bien manœuvrer pour s'écorcher partout sans jamais totalement se crasher ni arriver à destination. Prisca n'est pas la mieux placée pour répondre à la question de la maturité, elle qui feint la sienne chaque jour pour cacher aux yeux du monde une gamine trop rêveuse tellement effrayée par l'inexorable avancée du temps qu'elle met régulièrement sa vie en pause en croyant que ça suffisait à ne pas vieillir. Elle se lève et enlace Caecilia par derrière. Commence à la bercer doucement entre ses bras.

 

— C'est normal d'avoir peur de grandir. Mais tu vas pas me dire que tu veux rester Caecilia Rowle, une petite fille ballottée par les aléas de la vie jusqu'à la fin de tes jours ? Il faut être adulte pour faire ce qu'on veux. Et toi tu es capable de tellement de choses ! Si tu gâches ce potentiel, je te mords.

 

Pour illustrer son propos, elle plante ses lèvres dans la nuque de Nem-nem. Un sourire malicieux plus tard, elle a une nouvelle idée pour la charrier.

 

— Dis-donc. Tu sens le Fawley à plein nez ma grande. C'est de t'être vautrée dans ses bras, ça. J'espère que ça remplacera l'odeur de clope.

 

Pendant quelques instants, Prisca revoit les bouilles enfantines de ses amis lors de leurs débuts à Poudlard. Quintus, déjà tout mielleux et langue de velours. Scott, téméraire et fédérateur, le noyau de la bande. Caecilia... si pure et innocente. Une Caecilia immaculée qui ne s'est pas encore faite broyer par les mauvais choix, les mauvaises personnes. Caecilia qui allait chercher le ballon perdu par une Prisca gourde et gauche qui pleurait. Quand est-ce que tout avait changé ? Fiançailles foireuses d'un politicard. Gosse et femme trophée de fonctionnaire. Mélodrame d'une sorcière d'élite. Pas la vie débridée d'une athlète mais plutôt le cauchemar éveillé d'une amie. Comment Prisca pouvait sortir Nem-nem d'un tourment dans lequel elle se noyait elle-même après avoir plongé à son secours ? Une seule solution : la sauver au détriment de soi, lui sacrifier la bouée de sauvetage.

 

— Va falloir grandir quoi qu'il arrive. Je te montrerai comment on fait. C'est con mais on commence par faire semblant. On fait comme si on pouvait expliquer la vie à sa meilleure amie. On l'emmène bouffer des nems. Et un jour on se réveille et on est adulte. Tu verras, ça fout la trouille mais c'est facile. Faut juste suivre le chemin et regarder où on met les pieds pour pas se tordre la cheville. Mais si ça t'arrive, supergirl viendra te secourir en balai volant. Alors, t'as vraiment peur de m'avoir dans les pattes pour te sortir du pétrin quand tu te casseras la gueule ? Parce que ça arrivera. Mais je serai là. 


Réunion de crise

Message publié le 29/01/2026 à 18:01

Le sourire redevenu sincère, Prisca se sentait un rien soulagée par ces petites confessions et papotages d'amies. Comme si tout allait bien. La question de l'amour, forcément un peu compliquée pour Caecilia qui s'était toujours plus débattue qu'épanouie dans ce foutu tourbillon d'emmerdes. Attentive à son amie qui a besoin d'une oreille pour l'écouter et non qu'on lui réponde des conseils approximatifs, elle l'écoute jusqu'à ce que la tireuse lui confie un brin de considération pour son époux. Ça la fait sourire et elle se dit que le moment est bien choisi pour balancer sa punchline.

 

— La première règle pour pas tomber amoureuse c'est de pas coucher deux fois avec la même personne.

 

L'image fugace de Malya, joues rouges et cheveux en pagaille qui lui sourit essoufflée traverse l'esprit de Prisca. Combien de fois s'étaient-elle "échauffées" ensemble avant un match ? Mieux vaut ne pas y penser. Surtout pas maintenant.

 

— Ce qui veut dire que si tu refais l'amour au teeeeendre Monsieur Fawley, c'est que c'est le bon mec pour toi.

 

Alors comme ça Nem-nem envisageait vraiment la maternité ? À la voir comme ça, ravagée par son chagrin d'amour et dans un entre-deux pas convaincant avec son mari, la réponse à sa question crevait les yeux. Et ce n'est pas Prisca Thompson qui allait se gêner pour le lui dire. Avec une nuance importante à soulever toutefois.

 

— Évidemment que tu serais à chier dans ce rôle, Nem-nem. Si tu l'endosses pour les mauvaises raisons. Que ce soit pour faire chier Scott, et franchement je doute que ça fonctionne en plus, ou juste pour faire plaisir à Manius. Si c'est pour ça que tu tombes en cloque, je le saurai et je te ferai la peau, vu ?

 

Le feulement d'avertissement expiré, la douceur pouvait lui succéder.

 

— Mais si tu veux un bébé pour toi, pour être sa mère et en prendre soin, alors tu seras merveilleuse comme en tout. Et n'oublie pas sa marraine.

 

Elle n'avait toujours que Scott à la bouche, logique. L'amour faisait ce genre de choses aux gens. Eurk. Scott était un con, l'avait prouvé. L'avait même prouvé à chaque fois qu'il échangeait les bras de l'une pour l'autre de ses conquêtes en n'ayant aucune considération pour leurs sentiments. Il ne perdait rien pour attendre celui-là.

 

— Scott est qu'une sombre merde. Il vaut pas mieux qu'un autre. Il t'a juste fait perdre ton temps avec ses fils de marionnettiste. Je vais le défoncer comme j'ai défoncé...

 

Quintus. Mais Caecilia a oublié. La culpabilité inflige brusquement une vive entaille dans le cœur de Prisca.

 

— ... les Canons de Chudley. Quel match, un carnage. Scott n'a qu'à bien se tenir.

 

Et voilà que Nem-nem se remet à se comporter comme une chouineuse agaçante. Elle a envie de lui envoyer le menu cinq services à base de phalanges, spécialité de la maison. Ouais c'est ça, tu fais bien de faire diversion avec tes cheveux, Fawley. Parfois, juste parfois, Prisca a envie d'insulter son amie. Personne lui demande d'aimer son mari, même pas le principal intéressé. Mais elle fait du drame un art et sa relation avec Manius semble être son magnum opus.

 

— Pourquoi t'arrêter au carré ? Fais la coupe garçonne. Tu vas voir, c'est un kiffe de se faire appeler "Monsieur" de dos. J'pense bien que le dernier à me l'avoir fait a ses usines à mioches en miettes. Ducon.

 

Comme si tout allait bien, jusqu'à ce que Caecilai évoque un prétendu béguin de Quintus pour Prisca. Le sourire qu'elle avait dû feindre avant qu'il redevienne sincère s'évanouit juste un bref instant avant qu'elle le force à revenir. Saleté de sortilège. Putain. Et cette douleur dans l'estomac qui revient. Qu'il aille crever, Quintus. Prisca force un rire.

 

— Je t'avais bien dit qu'il faut pas coucher deux fois avec la même personne. 

 

Clin d'œil pas complice.

 

— Si tous les gens que je me suis tapé veulent me mettre la bague au doigt, je vais devoir demander aux Harpies de me prêter le stade. Quintus est pas amoureux de moi. Il sait juste faire la différence entre un bon coup et une aventure sans intérêt. Et si tu veux tout savoir, il baise comme un lapin. Alors non merci !

 

Les pensées de Prisca dérivent. Scott, Quintus, Manius... mis côte-à-côte, impossible de douter qui de ceux-là est le plus apte à aimer Caecilia comme elle le mérite. Mais ce con qui n'entend rien à la gent féminine va avoir besoin d'un coup de main pour y arriver. La liste des tâches s'allonge. De tous les coups d'un soir qui s'étaient cru permis d'essayer la retenir avec un "je t'aime" le lendemain matin, Prisca eût aimé que l'un d'eux soit la moitié de Manius Fawley. Pas qu'elle aurait répondu "moi aussi" pour autant. Juste qu'elle aurait peut-être envisagé d'y croire. Et dire qu'il était possible que ce soit arrivé ce matin, entre lui et Caecilia. Sauf qu'elle lui avait sûrement répondu "Scott".

 

— Il faut que tu prennes soin de toi, ma Nem-nem. Vraiment. Et correctement, pas juste céder à tes petits vices qui ne font que retarder ta peine. Alors pas de bêtises, je le saurai sinon. Et je ne te pardonnerai pas de faire du mal à ma Nem-nem d'amour.

 

Prisca dévisage gravement sa meilleure amie. Puis, ses traits se radoucissent alors qu'elle se souvient avoir dans son sac trois billets pour des places V.I.P. à son prochain match. Un pour Nem-nem, bien sûr, un pour Scott, l'enflure, et un pour Quintus, l'ordure. Elle les brandit et les fourre dans la main de Caecilia.

 

— Tu viens me voir au prochain match. Amène qui tu veux, tant que ce sont des supporters de notre équipe.


Réunion de crise

Message publié le 28/01/2026 à 22:12

Comme si tout était rentré dans l'ordre. Comme si. Ou presque car après tout Caecilia a toujours le cœur brisé par Scott. Sauf que rien n'est rentré dans l'ordre et Prisca le sait. Pire peut-être, la seule personne à partager ce secret avec elle est Quintus. La jeune femme se fait violence pour ne pas vomir. Et surtout... le regard que lui a jeté Caecilia, comme si elle était une étrangère, elle, son amie de la première heure à Poudlard. Qui la protégera de ce souvenir enfoncé dans son cœur comme une lame de glace ?

 

Pas le temps de se préoccuper d'elle-même. Nem-nem est sa seule priorité, elle a déjà tellement souffert. Prisca peut bien encaisser ça au nom de l'amitié ineffable qui lie les deux jeunes femmes. Pourtant elle sait qu'elle n'est pas à la hauteur quand Nem-nem revient à elle, l'esprit encombré par ce foutu sortilège. Elle sait que sa voix tremble de tous les maux qui les accablent toutes les deux et que tout ce qu'elle peut faire pour le justifier c'est de tout coller sur le dos de Scott. Il n'y a pas de sourire dans ses réponses laconiques à sa meilleure amie. Quand reviendra-t-il ?

 

— C'est pour ça que j'évite de tomber amoureuse... Tu ne nous embêtes pas, c'est normal... Oui, on pourra toujours compter sur Quintus... On a de la chance de t'avoir, toi... 

 

Une toute petite lueur bienfaitrice, des paroles qui ne peuvent l'atteindre que dans la bouche de Nem-nem. Qui donnent à Prisca la force de répondre sincèrement.

 

— Moi aussi je t'aime plus que tout, ma Nem-nem.

 

Qui, il y a à peine quelques instants, la dévisageait comme un monstre. Pendant que Caecilia reprend peu à peu ses esprits et assimile la douleur des évènements, Prisca fait tout pour refouler cette pensée loin, au plus profond d'elle-même. Mais elle se sent creuse et ne sait pas où cacher ça. Une amie chère lui a bien dit très récemment que ça craint les chagrins d'amour. Prisca ne comprend que trop bien, mieux qu'elle n'aurait jamais souhaité.

 

La confidence de Caecilia donne un peu le change, allège la conversation. Prisca aussi trouve le courage de sourire et de badiner avec son amie. L'athlète ne relève pas que ce soit l'expression "coucher" qui soit employée par son amie. Coucher, c'est ce qu'elle, la femme sans attache, faisait. Sa Nem-nem était censée faire l'amour. Tant pis, c'était un début pour sa nouvelle vie sans Scott. Avec Manius. L'idée lui aurait parue incongrue quelques heures plus tôt. Et pourtant ça sonne bien. Quelle meilleure issue pouvait-il y avoir pour Caecilia que de... peut-être pas aimer mais au moins s'habituer à son mari ?

 

— Il va me falloir plus de détails, miss Nem-nem. Je veux savoir ce que ça fait de coucher avec Manius Fawley le bon garçon. Je lui en veux toujours d'avoir refusé mes avances.

 

Ce n'était pas tout à fait vrai, mais qu'importait ce petit mensonge innocent pour taquiner son amie. Prisca s'était interdit Manius parce que, en dépit des circonstances, il y avait Nem-nem. Pourtant elle avait un faible pour les bons garçons dans son genre. Les mauvais aussi cela dit. Et les femmes. Ainsi que toutes les personnes qui étaient les deux ou ni l'un ni l'autre. Bref, Prisca aimait la vie. Et la vie, c'est les gens. Pourquoi se priver de la moindre partie des plaisirs qu'elle avait à offrir ?

 

Prisca presse Caecilia de s'expliquer par le menu de tout ce qu'il s'est passé en essayant de naviguer prudemment entre les écueils des souvenirs forcément douloureux de la veillent qui jalonnent ce récit à deux faces. Elle essaie aussi de ne pas faire le lien entre ce que lui raconte son amie et les informations qu'elle lui a données un peu plus tôt. Manius qui voulait un enfant, Caecilia qui voulait se venger de Scott. Elle ne connaissait une stupidité suffisante à aucun des deux pour avoir voulu faire un enfant dans ces conditions là mais songea tout de même que si ça arrivait, elle aurait deux meurtres sur la conscience et un bébé adopté sur les bras.

 

— Ce serait bien que tu t'entendes un peu mieux avec Manius, conclut-elle. Je crois pas que ce soit un mauvais bougre. Et puis te connaissant, tu seras jamais sa boniche. C'est lui que je plaindrai quand tu le mèneras à la baguette. Vous pourriez être heureux tous les deux. Donnez-vous juste une chance de trouver comment. Ou toi du moins. Lui je m'en fous.


La médiatrice

Message publié le 27/01/2026 à 18:02

Fatiguée. Mais pas le temps de l'être. Panser les plaies de sa Nem-nem, décider si elle déteste encore Quintus où s'il mérite une seconde chance, engueuler Scott, féliciter Vanessa quand même pour sa grossesse. Depuis quelques jours, Prisca était au four et au moulin quand elle n'était pas sur le terrain. Mais seule importait Nem-nem.

 

Scott sorti de la vie de Caecilia pour de bon, cela veut dire qu'il est plus que temps d'intervenir dans le mariage foireux de cette dernière. Peut-être qu'il est déjà même trop tard pour ça en fait. Prisca avait voulu laisser ces deux-là s'apprendre l'une et l'autre sans intervenir. Parce que ce n'était pas sa place. Parce qu'elle n'a rien à faire dans les histoires tragiques de ces débiles de mariages entre sang-purs qui ne peuvent que gangréner leur existence. Parce qu'elle sait bien qu'elle ne comprend pas tous les enjeux de ces saloperies. Mais ce qu'elle comprend, c'est Nem-nem. Et un peu Manius peut-être. Alors cette fois elle débarque. Et elle a pris la batte de sa coéquipière.

 

— Bonjour, Mademoiselle Thompson, sourit-il en lui ouvrant la porte, distingué comme à son habitude.

 

— Manius, mon chou, tu vas m'appeler par mon prénom ou je t'enfonce ça dans le gosier, rétorque-t-elle en agitant l'arme.

 

— Comme il vous plaira, Mademoiselle Prisca. Entrez.

 

Elle étrécit les yeux, serre le poing sur la batte. Rit. L'humour n'est manifestement pas son point fort et elle trouve ça paradoxalement drôle. Prisca emboîte le pas de son hôte qui l'entraîne jusqu'à au salon et lui demande si elle souhaite quelque chose à boire.

 

— Je ne bois qu'avec mes amis, dit-elle avant de laisser passer un temps de flottement. Donc, une bière si tu en as.

 

Manius ne comprend manifestement pas tout de suite vu ses sourcils froncés brièvement mais finit par lui sourire d'un air entendu avant de chercher dans le bar ce qu'elle a demandé. La jeune femme se retient de poser la question qui lui est venue à l'esprit dès qu'il a ouvert la porte, au sujet de l'alliance qu'il ne porte plus.  Au lieu de ça, elle renifle audiblement.

 

— Ça sent le tabac. Tu ne laisses quand même pas Nem-nem fumer j'espère ?

 

— Je n'ai pas à lui dire quoi faire.

 

Le manche en bois vient trouver les côtes de Manius en guise d'avertissement.

 

— J'ai dis pas de clope. Et tu n'obtiendras jamais le respect de Nem-nem en te comportant comme un lâche. Ou en mettant des barrières entre toi et ses amis. Vous êtes coincés ensemble, tu vas devoir intégrer sa vie. Je ne sais pas s'il y a une chance pour l'amour entre vous. Mais je ne vois pas ce qui vous empêcherait de bien vous entendre.

 

Le sorcier prends le temps d'assimiler tandis qu'il trouve une bière et sert Prisca avant de se remplir une tasse de thé.

 

— Tu ne trouves pas que lui avoir imposé notre mariage soit une raison ?

 

— Tu as pris une mauvaise décision. Motivée par une bonne raison. Elle était condamnée à la misère à l'instant où elle a décidé d'aller dans cette salle de bains. Tu t'es dis que tu allais faire preuve d'abnégation en la prenant sous ton aile et en la laissant faire n'importe quoi. Il a fallu que j'apprenne que tu avais surpris Scott avec elle pour m'en rendre compte. Alors c'était stupide, mais je comprends. C'est loin d'être si simple pour Nem-nem.

 

Les épaules de Prisca s'affaissent, le poids de l'épuisement se fait trop sentir juste un instant. Assez pour que Manius le remarque et lui demande ce qui ne va pas.

 

— Je vois bien que t'es pas un sale macho. T'es juste aussi paumé que nous tous. Et t'es peut-être bien la personne la plus préoccupée par le bien-être de Nem-nem à part moi. J'ai besoin d'aide. C'est devenu trop pour moi et je suis la seule sur qui elle peut encore se reposer mais j'ai pas les épaules pour et...

 

Voix brisée et sanglot fugitif. Alors que Prisca se sent s'effondrer, une main compatissante se pose sur son épaule et une autre lui tend un mouchoir.

 

— Je ferai de mon mieux. Je te le promets.

 

Attentionné, Manius réconforte la sorcière à bout de force avec gentillesse. Ce n'est que lorsque la crise est passée et que Prisca a retrouvé sa contenance qu'il relève avec hésitation une réflexion après un court silence.

 

— Tu as dit qu'elle était condamnée au moment où elle a décidé d'aller dans la salle de bain. Pas quand elle y a été surprise.

 

Prisca se fige comme une enfant repérée en pleine bêtise. Elle a manqué de vigilance en s'exprimant et Manius est intelligent quand il ne s'agit pas de relations humaines. Éluder le sujet ne sert à rien, elle sait qu'elle va devoir lui livrer le fond de sa pensée. Un instant, elle considère l'homme aux sourcils froncés qui la regarde. Il n'est pas juste en train de réfléchir, il s'inquiète. Et elle décide de lui faire confiance.

 

— Nem-nem... est responsable de tout ça. C'était son idée. Un mauvais pari fait dans un casino truqué. Elle ne savait pas que les cartes n'ont pas été distribuées équitablement mais elle savait qu'elle prenait un risque. Et ensuite c'est elle qui a continué de fréquenter Scott même après son mariage. Elle croyait sans doute qu'il trompait sa femme avec elle. Mais en fait c'est Nem-nem qu'il trompait. Elle ne s'en est juste pas rendue compte. Ou n'a pas voulu.

 

Manius accuse le coup. Tente de raisonner.

 

— Elle était... est amoureuse d'Emfield. Tu ne peux pas la blâmer pour ça quand même.

 

— L'amour c'est stupide. Et je ne la blâme pas. Je regarde justes les choses en face. Ni toi ni moi ne devons jamais le lui dire, c'est à elle de réaliser ça. Mais je te trouve bien venimeux tout à coup pour quelqu'un qui tolérait qu'Emfield couche avec sa femme.

 

— C'est un tocard qui a joué avec le cœur de deux femmes. Je ne peux pas respecter ça.

 

— Là, on est bien d'accord, lui répond Prisca avec un sourire. On n'aurait pas fini à Poufsouffle si on n'avait pas d'égards pour la loyauté.

 

Des bruits dans l'entrée trahissent l'arrivée de quelqu'un. Prisca finit sa bière d'une traite et hausse les épaules en jetant à Manius un petit coup d'œil navré.

 

— Merci, Manius. Mais je suis censée être là pour te remonter les bretelles alors j'espère que tu ne m'en voudras pas.

 

La batte percute le bras de son hôte avec un bruit sourd tandis que celui-ci s'exclame davantage de surprise que de douleur sans doute. Prisca s'est retenue.


Réunion de crise

Message publié le 26/01/2026 à 22:15

Rien ne pouvait préparer Prisca à ça. De tous les défauts, surtout récemment, qu'elle a jamais pu associer à Quintus, être stupide n'a jamais figuré dans la liste. Elle n'arrive pas à trouver la satisfaction qu'elle espérait obtenir avec les aveux de son ancien ami. La bonne chose à faire, le mauvais moment. BORDEL.

 

La douleur la prend par surprise. Elle ne peut pas être comparable à celle de Caecilia qui s'enfuit brusquement mais elle est suffisante pour terrasser la jeune femme plus fragile qu'il n'y paraît. Elle ne peut pourtant pas céder maintenant. Scott est parti. Quintus est cinglé. sa Nem-nem est brisée. Qui d'autre qu'elle peut encore faire quelque chose ? Elle a un reniflement méprisant qui remet une larme à sa place : plus tard. Les insultes qu'elle a envie de hurler à Quintus restent bloquées dans sa gorge trop serrée. Alors elle s'exprime avec ce qui fonctionne encore. Craaac.

 

Elle ne sait pas si ce sont seulement les lunettes ou le nez avec qui viennent de produire ce craquement. Tout ce qu'elle sait c'est qu'il est par terre et saigne tandis qu'elle a mal à la main qui vient de porter le coup. Ça ne l'empêche pas de recommencer. Tempête à califourchon sur lui sauf que cette fois elle ne cherche pas la petite mort. Ses poings se déversent dans un déluge et quand elle n'a plus la force de frapper elle griffe. Jusqu'où serait-elle allée ? Se serait-elle arrêté si Caecilia n'était pas revenue ?

 

Oubliette. La nausée de Prisca redouble. Un sortilège aussi immonde, qui devrait être un Impardonnable. Et Caecilia le demande comme un remède ? Mais Quintus gît au sol. Tout dégénère. Comment en sont-ils arrivés là, eux quatre ? Prisca ne peut pas céder. Elle cède quand même un peu. Plus jamais elle n'aimera quelqu'un. Même Scott et Quintus, elle ne peut plus les aimer. Déjà parce qu'elle ne veut plus de ça. Ensuite parce que tout son amour ne sera pas encore suffisant pour en recouvrir Caecilia alors elle ne peut plus le gaspiller pour ceux qui n'en valent pas la peine.

 

— Je vais le faire.

 

La scène a besoin d'être aménagée pour que Nem-nem puisse croire au mensonge. Elle explique chaque étape à Caecilia d'une voix neutre, comme on briefe un match. Puis elle exécute le plan. Elle transplane avec Quintus dans sa chambre d'hôtel et le laisse sur le lit sans s'attarder une seconde de peur de laisser sa meilleure amie seule. Elle nettoie méthodiquement le carnage qu'elle a commis. Elle avance l'heure de l'horloge. Elle allonge doucement Nem-nem sur le fauteuil. Elle sort sa baguette. Elle fait tout. Jusqu'au bout.

 

Sauf ne pas céder. Tant pis, ça colle avec le scénario. Quand Caecilia émergera de la brume éphémère provoquée par cette incantation maudite, elle verra le visage défiguré de douleur et de peine de Prisca qui lui dira qu'elle a fait un malaise et que Quintus est parti trouver Scott pour l'injurier. Une blairelle pour veiller sur elle et un serpent pour mordre celui qui lui a fait du mal. Petits pansements futiles sur les plaies mais grandes promesses pour les cicatrices qu'elles laisseront. Ses amis ne l'abandonneront pas et un jour tout ira mieux. Pas bien peut-être mais juste mieux.


Réunion de crise

Message publié le 25/01/2026 à 18:49

La blonde fulmine. C'est pour ça qu'elle s'attache pas. À part à ces trois-là. Bulstrode, même pas la peine de l'évoquer. Vipère. Avec ses manières affectées et son amour, ose-t-il appeler ça, pour Nem-nem. Scotty et son immaturité qui avait passé sept ans à les foutre tous dans les emmerdes jusqu'au coup et cinq ans de plus à jouer avec les sentiments de la personne que Prisca aime le plus au monde. Et même elle, surtout elle. Ils ont ce pouvoir qu'elle ne veut céder à personne, celui de l'affecter. De l'énerver. De se glisser insidieusement sous sa carapace plus fragile qu'elle ne laisse paraître. Et là, Caecilia l'emmerde profondément. Mais sa meilleure amie blessée a besoin d'elle. D'une autre elle. Prisca sait quand la sévérité heurte la limite et doit céder sa place à la tendresse. Sauf que...

 

Ça, c'est la meilleure vanne du siècle. Nem-nem qui met le plus gros râteau du monde à Bulstrode sans même s'en rendre compte. Sa meilleure amie pleure, elle éclate de rire. Heureusement que Caecilia essaie de plaisanter, ça passe. Mais quand même. tant qu'elle y est, elle en profite pour se foutre ouvertement de sa gueule d'hypocrite. Elle en pleure. Tant mieux, les larmes de rire se mélangent aux larmes de peine tandis qu'elle enlace son amie avec ce mélange doux et farouche à la fois d'une louve qui protège sa couvée. Elle embrasse Nem-nem, sa Nem-nem, sur les lèvres ; platoniquement. La serre fort, plus fort qu'un homme ne pourra jamais.

 

— Tu seras qui tu veux, ma belle. Les happy end, c'est à la fin de l'histoire. Je suis pas romantique mais je crois que pour quelqu'un qui l'est ce qui compte c'est pas la première personne dans sa vie, c'est la dernière. T'as mis ta vie entre parenthèses à quinze ans et tu te réveilles à vingt-deux, c'est dur. C'est normal. Mais ta vie commence maintenant. Il est trop tôt pour que tu le comprennes mais Scott t'as rendu service. Il s'est rendu service et il a rendu service à Vanessa. Je sais que tu la hais, je comprends. Mais elle est même pas au courant de ton existence. Que tu le veilles ou non, elle est aussi innocente que son futur marmot. C'est pas ma Nem-nem qui va se laisser démolir par un mec et une gonzesse qui la calcule pas. T'as pas besoin de lui, de personne. Fuis ou fais un gosse à Manius, comme tu veux. T'as raison : ça pourrait être pire. Manius est un connard d'homme mais pas un sale type. C'est pas lui qui te ferait le coup de cette sale merde de Scott. Au contraire. Bon, il est un peu con par contre. Il croit probablement toujours qu'il pouvait nous couvrir discrètement pendant nos virées nocturnes en suivant de loin quelqu'un qui peut repérer un vif d'or à deux cent mètres. Il t'a mis la corde au cou mais s'est bien abstenu de la nouer. T'as toujours eu ta liberté en fait. Alors tu vas la prendre et en faire ce que tu veux, comme tu veux. Regarde-toi dans le miroir. Cherche à l'intérieur ce que tu veux et vas le prendre. Et si t'as peur d'y aller toute seule, tu sais que je suis là. Pour toujours.

 

Prisca reprend son souffle. Elle a l'impression de venir de livrer un match acharné. Une hésitation accompagnée d'une sensation. Comme l'intrusion inopinée du métal froid et aiguisé dans son ventre. Elle serre les dents. Après tout, elle a dit qu'elle consent à une trêve si c'est pour Nem-nem. Perdre deux amis en même temps, c'était trop.

 

— Et Quat'zyeux est là aussi. Tu peux être sûre qu'il te lâchera jamais.

 

Même ce chacal semble avoir compris et signe l'accord voilé proposé par la jeune athlète. Il se joint à l'étreinte. Ça la brûle mais chaque problème en son temps.

 

— Je t'aime, Nem-nem.

 

Allez, profites-en, Bulstrode. C'est ta seule chance de pouvoir prononcer ces mots à la personne que tu souhaites.

 

— Je... tiens trop à toi pour supporter de te voir dans cet état, Nem-nem.

 

Prisca a du mal à déterminer si c'est de la lâcheté ou de la décence. Elle lui offre le bénéfice du doute et approuve tacitement.

 

— Il est temps que tu apprennes à t'aimer aussi.


Réunion de crise

Message publié le 25/01/2026 à 02:31

En même temps, comme par hasard. Et il est tout sourire en plus. Forcément, il va la voir. Prisca a envie de crever les yeux à Quintus Bulstrode pour qu'il ne pose plus jamais son regard vil sur sa meilleure amie. Ou se crever ses propres yeux pour ne plus avoir à supporter la vue de ce sale traître et sentir son estomac se révulser.

 

Sssalut, le provoque-t-elle.

— Pripri...

— Ne t'avises pas.

— Prisca. Réunion de crise. Elle a besoin de nous. Tous. Faisons une trêve.

— Pour Nem-nem, d'accord.

— Tu vas me sauter à la gorge à la moindre occasion.

— Fais avec. Moi au moins j'attaque de face.

— Où est Scotty ? Déjà dedans tu crois ? fait-il diversion.

— À tous les coups, bas.

— C'est petit.

— C'est pour que ça te touche, Bullshitstrode.

 

Ils parcourent le sentier encadré de topiaires, ensemble. Elle a mal au ventre. La porte s'ouvre sur une Caecilia enthousiaste en apparence mais Prisca ne peut s'empêcher de se demander quel est le motif de cette réunion de crise. Et pourquoi Scotty n'est pas dans l'embrasure de la porte avec une main sur la hanche de son amante, comme il devrait l'être. Elle ne dit même pas bonjour à sa meilleure amie.

 

— Evanesco, prononce-t-elle presque trop calmement, baguette pointée vers Caecilia.

 

 

La cigarette disparaît de la main de la fumeuse.

 

 

— Devant moi, Nem-nem ? Vraiment ? T'as la cervelle fondue ou quoi ? Pourquoi Scotty n'est pas là ? Vous vous êtes encore disputés ?

 

Prisca essaie d'ignorer Bulstrode qui jubile forcément à cette idée. S'il se figure qu'une petite dispute entre Caecilia et Scotty risque de les séparer et de lui donner la moindre opportunité, c'est qu'il est vraiment illusionné. Débile en tout cas, c'est sûr. Crampe. Elle devrait peut-être demander une potion à Nem-nem pour son estomac. Ou un poison pour Bulstrode. Les douleurs disparaîtraient forcément avec lui, non ?

 

— T'as encore à boire à proposer à tes invités ? Ou Monsieur Fawley a fait les courses pour que son petit canari ne manque de rien ?

 

Nul besoin de prendre des gants avec Caecilia. Les reproches sont des attentions affectueuses déguisées en coups de griffes impitoyables. La sang-pur écoute mieux quand on mord plus fort qu'elle. Du moins la méthode fonctionne-t-elle pour Prisca. Clopes, alcool, elle a déjà dit à son amie d'arrêter. Elle va finir par emprunter la batte de sa coéquipière pour lui expliquer.

 

— Woah ! cette bouteille vaut plus que mon balai. Tu peux t'offrir ça toi, Quintusss ? Putain mais y a pas de bière ? Gallois de mes ovaires, y a des Irlandaises ici.

 

— Moi au moins je n'habite pas dans un cagibi. Sans offense, Nem-nem. Ce n'est pas de ta faute. Je prendrais volontiers un cherry.

 

— Tant de mépris pour un mec dans le fondement duquel on avait du mal à ne pas trouver ta langue.

 

— Il était mon préfet en chef et d'une famille plus influente. Ça s'appelle le respect, tu gagnerais à te renseigner sur le sujet, Pripri.

 

— Ho mais c'est qu'il essaie de mordre le p'tit bout'chou, nargue la joueuse de Quidditch avec condescendance en pinçant la joue de Bulstrode. Dégoûtant, elle aurait dû s'abstenir de le toucher. Aïe...

 

Les hostilités pourraient toujours reprendre plus tard. Prisca s'est assez amusée avec son ex-ami. Il est plus que temps de faire parler Nem-nem. Elle la toise en posant une main sur sa hanche, moue impatientée.

 

— Bon alors ? T'accouches ?

Prisca Thompson a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Griffe !

Sortilège
Sortilège de Disparition
Difficulté
4
Résultat D20
8
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

La cigarette disparaît de la main de la fumeuse.

Autres résultats possibles

La cigarette disparaît de la main de la fumeuse.

Le sort ne prend pas mais qu'à cela ne tienne. La main vive de l'attrapeuse darde comme des griffes pour s'emparer de la cigarette.

Le sort ne prend pas mais qu'à cela ne tienne. La main vive de l'attrapeuse darde comme des griffes pour s'emparer de la cigarette.

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