Harry Potter RPG
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Deb
Message publié Vendredi 20 Septembre 2024 à 20:31

Hello,

Voilà pour la petite demande, merci bien et une bonne soirée,

Deb.

Nom : Bloodworth

Prénom : Leo

Date de naissance : 20/09/2099

Statut de sang : Sang-Mêlé

Statuts spéciaux : /

Capacités spéciales : /

Métier : Stagiaire au département de la justice magique

Maison : Gryffondor

Avatar : James Franco

 

Physique : De taille et de corpulence moyenne, Leo est un jeune homme à la posture fier mais au regard peut-être un peu vide. Ses cheveux bruns, désordonnés, sont parsemés de mèches décolorés - ce n'est clairement pas l'œuvre d'un professionnel. Ses yeux sont noisettes, sa peau pâle, et ses vêtements trop grands pour lui, pas franchement entretenus. La démarche n'est pas bien adroite, mais la voix est assurée. Un peu trop assurée pour les idioties déployées à la seconde. Il a un beau sourire et des pupilles espiègles qui compensent un minimum le manque cruel de neurones sous son crâne.

 

Caractère : C'est un gentil comme on en voit peu. Sincère, toujours armé des meilleurs intentions, désireux de satisfaire, de rendre fier quiconque aura participé à l'éduquer. Malheureusement, toute la bonne volonté du monde ne parvient pas à cacher les lacunes qui l'empêche de briller en société. Leo est un gars bien, qui veut bien faire, mais il manque peut-être un peu, beaucoup, des capacités. D'un naturel curieux et enthousiaste, il est capable de foncer tête baissé vers le danger sans s'en rendre compte, mettant sa vie en danger pour sauver - essayer du moins - celle des autres. C'est un fin justicier, il aime secourir la veuve et l'orphelin. N'a simplement pas vraiment le mode d'emploi pour le faire.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Département de la Justice Magique, bureau du chef des aurors, Jeudi 28 Septembre 2124

VLAM.

 

Le dos de la porte vient épouser le mur en un claquement assourdissant, dévoilant la silhouette longiligne de Leo Bloodworth lui-même. Derrière, l'aperçu d'une secrétaire agitée qui semble vouloir empêcher l'inévitable. L'air est réjouit, la démarche vibrante d'un enthousiasme débordant. Un éclat dans l'œil, les lèvres étirées en toute fierté, il ne tarde pas à beugler la raison de sa présence - l'indice principal se trouvant enchâssé sous son bras, paquetage d'une cinquantaine de centimètre carrés enveloppé dans une couverture violacée.

 

- CHEF INGRAM ! J'AI SÉCURISÉ LA RÉSERVE !

 

Plusieurs papelards s'envolent sous la violence du courant d'air qui s'imisce à l'intérieur de la pièce, et Leo les ignore entièrement. Il s'avance d'un pas certain pour poser sur le bureau son précieux colis, qu'il dévoile d'un geste auguste, véritable prestidigitateur de ces dames. Ou, en l'occurence, d'un certain Noah Ingram. Noah Ingram c'est le patron, voyez, et c'est important de lui en mettre plein les yeux parce que... et bien c'est le patron ! Alors pour sûr que quand on lui avait donné pour mission la surveillance de la réserve d'artefacts, Leo l'avait pris à cœur.

 

C'était foutrement plus intéressant que d'accompagner la navigation des notes volantes dans tout le département. Une responsabilité comme aucune autre. On ne lui faisait plus guère faire le café, non mais - certes depuis qu'il avait inondé les bureaux sous les gerbes cahotantes d'une machine ensorcelée pour ce qu'il avait appelé une efficacité double, et qui s'était - par mégarde cette unique fois précisons le - d'un échec. Il n'empêche que la surveillance d'une porte aussi importante que celle des artefacts ? Ça présageait d'une montée en grade. C'était certain.

 

- Tadaaaaa.

 

Le coffre n'est pas inconnu au chef Ingram, voyez. C'est un coffre important. Couvert de runes anciennes dont Leo ne connait guère la traduction. Ce qu'il connait en revanche, c'est le nom de ce coffre. Le coffre incartable. Rien à voir avec un coffre qu'on foutrait sur son dos pour aller au primaire, suivez un peu. Non, le coffre incartable c'est un coffre qu'on ne peut situer sur aucune carte. Rien que ça. Alors fatalement que ça en fait l'un des objets les plus importants de la réserve.

 

- J'ai eu une idée d'génie. Non mais vous allez comprendre. Parce que y avait un type qui rodait, voyez. Le vieux à la serpillère là. Bill. Si, le concierge. Trois fois qu'il est passé d'vant la réserve, il a cru que j'voyais pas son manège mais moi j'vois tout. Alors bon. Ni une ni deux, j'suis allé à l'intérieur pour lui tendre un piège au cas où il lui viendrait à l'idée d'entrer quand il verrait que j'suis pas devant en train de faire ma filature.

 

Si, on peut faire une filature sur une porte. Il en a fait une de neuf heure à onze heure trente, merci bien. Croyez bien que ça file pas bien loin.

 

- J'ai vu l'coffre, et là l'idée d'génie hein ! Il se frappe la tempe. Si on met tout dedans et qu'on l'planque là où seul le chef Ingram il sait où on l'a planqué, ben y aura plus besoin d'filer la porte ! Parce que tout s'ra bien planqué à un endroit que personne aura besoin de filer. Ou même pourra filer. Parce qu'on peut pas filer un coffre incartable hein ?! Leo est tout agité, tout fier. Alors j'ai pris l'initiative et j'vous ai tout mis d'dans. J'espère qu'vous êtes content.

 

Franchement il fait gagner du temps et de l'argent à tout le département. D'un geste. Auguste. Génie on vous dit. Si seulement il avait pas confondu le coffre incartable et le coffre à disparition.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

C'est une belle auberge. Sa préférée, dans tout le quartier. Pour peu que le quartier fasse les dimensions des Royaumes-Unis. Il a l'habitude de s'y rendre depuis qu'il est môme. Faut dire c'est un incontournable. Au même titre que la Tête-de-Sanglier. M'enfin la Tête-de-Sanglier, c'est dirigé par un vieux type qui manque des avantages notoires de Miss Bergame, voyez. Leo il a noté la différence très tôt. Quinze ans il avait. La nouvelle serveuse s'est dirigée vers la table qu'il occupait avec les copains pour prendre leur commande, et il a su immédiatement que c'était celle-là son auberge préférée. Alors pour sûr qu'il est plus revenu qu'à celle-là. Histoire de profiter de l'endroit un tout petit peu plus longtemps. Jusqu'au diplôme. Pis après le diplôme, il est revenu encore. Y a pas tant d'bars qui tienne la concurrence, alors il aime pas venir ailleurs. Même si ça implique de prendre le train parce qu'il a pas son permis de transplanage, quand les réseaux de cheminette sont bouchés - ils sont souvent bouchés, c'est quand même pas d'bol, il faudrait qu'il en parle à son père. Peut-être bien que Pré-Au-Lard a un rhume.

 

- Hello !

 

Toujours il s'annonce, quand il débarque aux Trois-Balais. Fort bruyamment et avec tout l'enthousiasme qu'un jeune homme de sa carrure peut avoir. Il se sent presque maître des lieux, à force d'y mettre les pieds. Il n'a pas l'habitude de venir seul. En fait il a plutôt l'habitude d'y donner rendez-vous à Newton. Newton, c'est le seul type avec lequel il est resté en contact depuis Poudlard. Un gars bien, Newton. Gryffondor, comme lui, redoublant, aussi. Le truc c'est que Newton il a trouvé des boulots pas bien nets ces dernières années, et il refuse un peu de se montrer en public. Je t'expliquerais il dit toujours dans ses lettres. Mais comme il explique jamais, Leo sait pas bien de quoi il s'agit. Il sait juste que c'est pas bien nets, parce que Summer l'a dit plusieurs fois : ton pote il trempe dans des trucs pas nets. Ça a pas voulu dire grand chose sur le coup. Pis Summer a ajouté qu'il va s'attirer des ennuis, et là Leo a pas mieux compris, et il a fermé sa gueule, et il a attendu d'en savoir plus. Ça fait deux mois qu'il attends. Il en sait pas plus. Juste que le type est bien mouillé, pis qu'il laisse les gens dans l'flou à force de tremper dans des trucs pas nets, et que c'est pas forcément cool.

 

Bref, il est venu quand même, Leo, parce que c'est pas un jour comme un autre, pis qu'il l'aime bien l'auberge, alors il va pas s'priver.

 

- Miss Bergame - Leo n'avait jamais appelé Miss Bergame autrement que Miss Bergame, parce qu'il aimait la façon dont ça sonnait. Joyeux anniversaire !

 

Le pas rapide l'avait vu rejoindre le comptoir en quelques enjambées seulement, et c'est un sourire ravageur sur les lèvres qu'il s'était accoudé au devant de celle qui n'était plus serveuse mais gérante - ou en tous cas ça y ressemblait, il était pas bien certain d'avoir compris, toujours est-il qu'elle avait accompli l'impossible pour lui. Tenir un job non pas une semaine, ni un mois, mais bien dix années toute entière. Alors d'un ton important, et alors même qu'il n'avait qu'un portefeuille à moitié rempli, Leo annonça : 

 

- Tournée générale !

 

 

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Appartement d'Alaric Bloodworth, Central London, Vendredi 14 Juillet 2124

Soit y a trop d'affaires, soit y a pas suffisamment de rangements. Si on lui demande, le bordel a surtout à voir avec les dimensions pas bien folles de son appartement. Faut dire qu'il a pas de quoi se payer bien mieux. Pis bon. Ça lui convient. Parce qu'on va pas se mentir, c'était pareil dans son dortoir à Poudlard, pis à la maison des parents quand il y rentrait. L'espace finissait toujours pas être entièrement occupé, d'une manière ou d'une autre. Ça tenait presque d'un tour de magie, vraiment. Des biens destinés à s'éparpiller sans jamais trouver d'endroit bien à eux. Comme Leo. Leo non plus n'avait pas d'endroit bien à lui. En dehors de ce minuscule appartement, donc. Appartement dans lequel il ne passait que bien trop de temps depuis qu'il avait perdu son dernier emploi.

 

Ça n'avait pas été bien sorcier, pourtant. Littéralement d'ailleurs, puisque c'est dans le monde moldu qu'il avait signé son contrat. Balayeur. De ce qu'il pouvait en dire, Leo avait été un excellent balayeur. Il avait balayé comme personne. Le boss l'avait balayé comme personne également, après qu'il ait malencontreusement embouti la dernière Electra au milieu d'un mur de béton. Un terrible malentendu, vraiment. Josh n'avait rien voulu savoir. Soi-disant qu'il était intolérable de lancer des marathons de nettoyage au milieu d'un boulevard le dimanche. Jusque là, y avait rien d'écrit dans le mode d'emploi. Pis ça faisait de la pub au métier. De toutes façons Leo avait pas kiffé être balayeur. Excellent, mais pas motivé. Sa magie faisait des étincelles à chaque fois qu'il approchait des machines, en plus de flinguer les freins - c'était pour ça, le mur de béton, pas sa faute on a dit.

 

Bref. Il a perdu son emploi, Leo, et de nouveau il doit passer des heures à regarder ses murs blanc décharnés qu'ont rien de bien intéressant à lui raconter. Il a déjà envoyé fait les démarches pour trouver un autre plan de carrière. C'est pas un flemmard, Leo. Non mais. N'empêche que les réponses sont toujours négatives. Alors il est un peu désespéré. Y a qu'à rien faire de ses journées, il s'ennuie, et quand il s'ennuie, il pense, et quand il pense... ça va pas. Alors ce vendredi il se décide. Il va toquer là où il toque jamais. C'est un conseil de Summer, voyez. Summer est toujours de bon conseil. Elle est venu plusieurs fois dans la semaine pour lui répéter encore et encore d'aller voir Papa pour lui demander un coup de main. Il a des connexions qu'elle a dit. Il saura y faire, pis il te trouvera forcément quelque chose de moins ennuyeux que balayer des trottoirs ! Comme si balayer des trottoirs était ennuyeux.

 

Ça l'était pas, quand on en faisait un marathon.

 

Bref, Leo a quitté son appartement bordélique, un manteau sur le dos - mais pas que, sinon ça lui donnerait l'air d'un pervers qui vient prendre l'air, il a foutu un jean et aussi un sweat qu'il suppose propre, et même des chaussettes neuves que lui a offert Summer. Il a quitté sa banlieue aussi, via le réseau métropolitain. Il aime bien le réseau métropolitain, Leo, parce que y a tout un tas de gens qui le connaissent pas et qui le regardent pas d'en haut. Pas qu'ils soient tous plus grands que lui attention, simplement il se croit pas plus intelligents, avec la lumière à tous les étages et tout. Tout le monde est un rez-de-chaussée, dans le métropolitain. Il a gagné le cœur de Londres, traversé ses rues humides - bien sûr puisque pour la quatorzième journée consécutive du mois, il pleut -, pour enfin gagner l'appartement - pas tellement familier - de son père.

 

Ça lui a pris dix minutes avant de se décider à lever un doigt vers la sonnette, mais ça y est. C'est fait. Le sourire qui s'étale sur son visage n'atteint pas vraiment ses yeux, quand la porte s'ouvre, mais il entre d'un seul élan, pour accrocher son manteau comme par réflexe - un réflexe qu'il n'a vraiment jamais chez lui. 

 

- Salut p'pa, ça va ?

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
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Département de la Justice Magique, bureau du chef des aurors, Jeudi 28 Septembre 2124

Aux applaudissements, aux félicitations, se substituent la réplique cinglante d'un chef Ingram paraissant plutôt mécontent de la prise d'initiative de son brillant stagiaire. L'incompréhension se dépeint sur les traits de Leo, lui donnant plus que jamais l'air juvénile qu'il ne semble que rarement quitter malgré une vingt-cinquième année dépassée. D'abord les yeux qui s'écarquille pour former deux billes d'une confusion certaine. Les lèvres qui s'écartent tandis que la mâchoire s'en vient pendre lamentablement, brutalement se refermer, puis se rouvrir, à la manière d'une boîte à laquelle il manquerait un vérin. Les oreilles qui s'avancent et se recule alors que l'animal cherche ses mots. Pauvre crétin. Il y va fort, le chef Ingram. Ce sont des consonnes qui s'échappent de manière sporadique alors que la pensée, elle, peine à se former sous le crâne. 

 

- D... M... Ah... Qu... ?

 

La tête s'affaisse pour mieux porter le regard sur le coffre, fameux, sa belle armature de bois, ses jolies runes qui ne font que gigoter de part et d'autre de ses quatres faces, en mouvance discrète mais latente, gravée dans des teintes si sombres qu'on pourrait presque les manquer.

 

- C'est heu...

 

Un coffre. À disparition. Non mais ça lui revient. Les runes. C'est ça la différence majeure entre les deux coffres, voyez. L'un en porte, l'autre non. Pour sa défense, c'est la seule. L'unique. Les runes sombres ornant les bordures des quatre faces, en frise constante parfaitement indélébile. Leo redresse la tête, la rabaisse de nouveau. Le chef a raison. C'est évident. C'est-à-dire que le chef a souvent raison, pour ne pas dire toujours. On n'dit jamais toujours, disait maman, parce qu'on ne sait pas ce qui peut nous arriver du jour aux Landes Mains. Bon. Il a jamais visité l'endroit mais il est à peu près sûr que ça expliquerait tout. Notamment qu'on dit jamais toujours, ni qu'on dit jamais jamais. Ça fait que quand maman est partie, Leo s'est dit que ce serait bien, un jour d'aller visiter les Landes. Sur un malentendu... elle y est en train d'les attendre voyez. Enfin bref, le chef a quand même vachement souvent raison, pis là plus que jamais. Enfin plus qu'un jour où il aurait pas raison en tous cas.

 

Ses yeux se relèvent pour faire face aux pupilles noires de Monsieur Ingram. Le chef il a des pupilles noires comme du charbon. Les pupilles c'est toujours sacrément noires, mais celles du patron c'est les pires. Elles vous matent avec une telle intensité parfois qu'on se voudrait assez petit pour se ranger dans un tiroir. Ou dans un coffre à disparition. Alors Leo il sait pas bien quoi dire d'autre que c'que le chef Ingram il voudrait bien qu'il dise. Il est quand même gentil le chef Ingram, parce qu'il donne de gros indices sur ce qui pourrait bien empêcher qu'il s'énerve pour de bon. Pas que quiconque puisse vraiment s'énerver pour de bon. Enfin quand on s'énerve c'est généralement pour du mauvais. Ou alors c'est qu'on a un grain. Pas tout à fait comme le sel ou le café, quoi qu'on se met presque à fumer par les oreilles comme une grosses bouilloire parfois, et... bref. Le chef Ingram il a pas l'air énervé pour du bon ni pour du mauvais, alors Leo il a toute ses chances.

 

- C'est une horrible farce M'sieur Ingram ! J'ai vraiment touché à rien, tout est encore là-bas et tout faut pas vous en faire. HAHAHA ! Il le joue super bien. Donnez lui un oscar. Six à huit mois de travail, et puis quoi ? J'vous ai bien eu hein ? Il en rajoute, parce que c'est un maître en matière d'improvisation d'accord ? Il a fait deux ans de théâtre pendant son collège quand même. Il se permet même un clin d'œil, avec un sourire confiant.

En vrai ça peut bien rester entre eux. C'est des artefacts super méga dangereux dont on parle quand même. Ça vaut probablement mieux que ce soit porté disparu à jamais plutôt que de tomber entre de mauvaises mains. Leo a le regard qui fuit quand même sur la fin, et le coffre est resserré entre ses bras tandis que tout son corps annonce chercher la sortie.

 

- Bon bah c'est pas l'tout...

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Leo Bloodworth

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Appartement d'Alaric Bloodworth, Central London, Vendredi 14 Juillet 2124

- Ouais, ouais, carrément !

 

Carrément que ça va, carrément qu'il veut un verre de jus de citrouille. Au choix. Leo il fait souvent les réponses comme ça, à la carte. C'est parce que souvent c'est quand même mieux quand l'autre décide de ce qu'il a bien pu dire. Ça évite même des malentendus, tout ça. Comme par exemple les malentendus à base de jus de citrouille. Quand il était gamin, Leo était persuadé que c'était un genre d'art martial de l'horreur, parce que ça sonnait comme le jujitsu - Summer prenait des cours. Alors ça faisait pas vraiment sens qu'on lui propose un jutsitrouille ok, mais il pensait qu'on le provoquait en duel ou quoi, et il refusait tout le temps. Pis un jour il a goûté un jus et on lui a dit que c'était ça le jutsitrouille, et il a capté. À retardement un peu, mais il a capté. On dit souvent qu'il est comme l'internet moldu du siècle dernier, Leo. Bon il sait pas grand chose ni d'internet ni du siècle dernier, mais à force de métaphores il a compris ça voulait dire qu'il était lent. C'est pas si grave.

 

Maman disait toujours qu'on s'en fout du moment que tout monde atteint la ligne d'arrivée.

 

Il est agité, Leo. Se balade dans l'appartement non sans avoir retiré ses chaussures, et deux orteils lui pointent de chaussettes usés. Il zieute un peu partout, touche tout ce qui lui passe sous les yeux. S'en rend pas bien compte, parce qu'il a toujours fait ça d'aussi longtemps qu'il se souvienne. En se retournant brusquement, il manque envoyer valser le verre promis, le rattrape en une chorégraphie impeccable visiblement maîtrisé. Ça aussi il le fait souvent. C'est facile de le prendre par surprise, mais quand même il a des réflexes. Affutés par vingt-cinq années de pratique, tout de même. Les doigts serrés autour du contenant, il observe son jus plusieurs secondes avant de mater de nouveau son père, qui lui mate sa télévision magique. Leo a pas vraiment les moyens de s'en payer une, de télévision magique. Alors évidemment, il a dit à son père que de toute manière il en veut pas. C'est débilitant. En tous cas c'est ce que disent les collègues. Quand il avait des collègues. Bon, c'est ce qu'a dit Sarah, quand il faisait l'inventaire du Super Z au coin du Chemin et de l'Allée - ce job là il l'avait gardé quatre mois, un record.

 

Sarah avait des seins fabuleux.

 

- J'ai heu... J'ai quitté mon boulot, ouais ça sonne mieux que de dire que c'est son boulot qui l'a quitté, pis c'est pas si faux en plus. Fin y a un moment hein, pis ben j'ai M'sieur Haskin qui m'a relancé pour le loyer et tout et du coup faut quand même j'y retourne et tout. Enfin pas au même, un autre tu vois. Pour changer. Pis c'est la galère un peu, enfin c'est la crise hein !

 

C'est ce que ça dit à la télévision tout le temps, il le sait parce que chaque fois qu'il vient chez son père y a au moins un reportage qui le dit. C'est la crise ! Bon il sait pas bien ce que c'est comme crise, mais apparemment elle dure pis elle est pas dingo. Alors ça se tient. Leo a continué de bouger un peu partout, s'est finalement stoppé à côté du canapé pour s'y laisser tomber brutalement, comme un pantin auquel on aurait coupé les fils. Le verre en perd une lampée de jus de citrouille.

 

- J'sais la dernière fois j't'avais demandé pour être contrôleur du magicobus ça s'était pas super bien fini - surtout pour le Magicobus -, mais j'me disais que tu connaissais du monde au ministère quand même, et peut-être t'as des plans pour me trouver un stage dansunautredépartement ? 

 

Il a sorti ça vite. Débité à la manière d'un arrachage de pansement. Ses yeux se sont noyés dans la télé, comme si y avait eu là les seins de Sarah en exposition.

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Leo Bloodworth

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Bureaux de la Gazette du sorcier, Vendredi 29 Septembre 2124

- Monsieur Berkins ?

Les doigts pianotent distraitement l'accoudoir tandis que les yeux de Leo parcourt la pièce ; le va-et-vient de personnages empressés, dont les paroles n'ont aucune peine à parvenir à ses oreilles ; la souplesse de papiers plissés en minuscules aéronefs qui s'élancent au travers de longs couloirs débouchant sur près d'une centaine de bureaux qu'il imagine agencés à l'identique ; le fracas répétés de vieilles machines à écrire, ensorcelées pour abattre le travail avec lequel le poignet d'un seul homme n'aurait jamais rivalisé ; le grattement de quelques plumes révolutionnaires, ici et là.

- Monsieur Berkins ?

Un visage rond se présente à lui, et ce n'est qu'alors que Leo se remémore le subterfuge. Les yeux écarquillés, il s'élève d'un seul mouvement, emportant avec lui la sacoche en cuir usé qui ne le quitte jamais. Elle comprend la totalité d'un document sur lequel il a rédigé son nom, son prénom, ainsi que les multiples emplois des sept dernières années dont il s'est fait licencié. Un sourire brusque lui étire la face alors que la jeune femme l'ayant appelé a un mouvement de recul, désireuse sans doute de récupérer son espace personnel.

- Monsieur Berkins, Miss Abbott va vous recevoir.
- Oh, super.

Avait-il véritablement attendu une heure dans ce hall ? Sans doute pas. Ou peut-être que si, s'il avait oublié se nommer pour l'heure Jonathan Berkins. Jonathan Berkins. De nouveau ce sourire, brusque, à la limite de l'absurde, alors que la sorcière lui indique un couloir, cinquième porte à gauche une fois que vous avez dépassé la cafétéria. Rien de bien complexe, en somme. C'est sans la moindre hésitation que Leo se met en branle dans la direction indiquée, non sans remercier aimablement la secrétaire. Les mains moites, le cœur battant la chamade, il se répète son nom d'empreint avec rigueur alors que son pas le voit dépasser porte après porte, après porte.

Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Non. Non, ça ne ressemble pas à une Miss Abbott. Ça ressemble à Francesco de l'épicerie du quartier. Un bon Francesco bien barbu, à la moustache grassouillette, et aux cheveux blanchis et fatigués. Les yeux froncés, Leo se détourne avec brutalité pour observer les alentours, l'air subitement perdu. Sa sacoche manque entrer en collision avec une femme menue qui lui jette une œillade aussi courroucée qu'intriguée, mais il ne lui prête pas la moindre attention. Ça commence mal pour Jonathan Berkins.

- Vous cherchez quelqu'un... énonce simplement la sorcière en s'arrêtant complètement pour lui prêter toute son attention.
- Miss Abbott ? Il annonce de but en blanc, s'humectant la lèvre avec empressement.
- Oh, vous êtes Monsieur Berkins ! Enchanté. Je suis Pandora. Vous êtes là pour le poste !
 

Leo acquiesce, tente un sourire qui semble immédiatement se refléter sur le visage de son interlocutrice. Mission Jonathan Berkins : en redressement.

- Vous voyez la machine là-bas ? C'est la deuxième porte à droite juste après.
- Là-bas ?

Ça lui prend peu de temps, finalement, d'arriver à destination, davantage cependant de rester fixer la porte devant ses yeux avec une appréhension certaine. C'est sa dernière chance de la journée. Une chance pour Jonathan Berkins, mais une chance tout de même. Après tout, il pourrait se faire à devenir un Jonathan Berkins. Les collègues l'appelleraient Jo, et il boirait du café avec Pandora, qui avait l'air d'apprécier Jonathan Berkins, sans même avoir à le connaitre. Qu'aurait-il à faire après tout ? Trier des dossiers ? Chercher des mots dans le dictionnaire ? Leo était très doué pour chercher des mots dans le dictionnaire, même si les y se substituaient aux i.

Jonathan Berkins serait meilleur encore.

Inspirant profondément, Leo lève un poing serré pour frapper à la porte, trois coups secs, francs. Infiniment plus que lui en tous cas, mais ce n'était pas si grave de devenir un Jonathan Berkins pour une journée, n'est-ce pas ? Papa n'aurait rien à y redire. Notamment parce que Papa n'aurait pas besoin de savoir. Quoiqu'il serait peut-être heureux d'avoir plutôt un Jonathan Berkins qui faisait sourire les Pandora, plutôt qu'un Leo qui se fait licencié du département de la justice magique. S'éclaircissant la gorge, Leo entre dès qu'il y ait invité, un sourire plastronné sur la figure, ses yeux se posant sur Miss Abbott.

- Bonjour ! Il déclare joyeusement. Trop joyeusement ? Y avait-il finalement un degré de joie dont on se devait de convenir avant d'entrer dans un entretien d'embauche ? Vous êtes donc Miss Abbott, enchanté ! Il se présente en tendant une main professionnelle. Plus professionnelle qu'il ne le serait jamais sans doute. C'est un plaisir de vous rencontrer enfin ! Il insiste en se révoltant intérieurement d'un tel mensonge.

La vérité, au sujet du mensonge, c'est qu'il se doit d'être absolument certain. D'une assurance telle que personne n'oserait jamais le remettre en question. Il prend place comme s'il était attendu. Il l'était, n'est-ce pas ? Jonathan Berkins l'était, en tous cas, et Leo se trouvait être Jonathan Berkins. N'est-ce pas. Miss Abbott était une femme extrêmement jolie, avec des yeux clairs et gris dans lesquels il pourrait aisément se perdre. Il ne devait pas, bien sûr, s'y perdre. Concentré à sa tâche, il fit mine d'observer les décorations du bureau décidément sobre et triste, à l'opposé peut-être de ce que pouvait dégager Miss Abbott.

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Leo Bloodworth

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Département de la Justice Magique, bureau du chef des aurors, Jeudi 28 Septembre 2124

La silhouette se fige dans l'embrasure de la porte. Leo, retourné dans la direction du chef Ingram, n'en mène pas franchement large. C'est-à-dire que le chef Ingram a pas l'air content content. Pour pas dire qu'il fait bien la gueule. La tentative de sourire s'estompe à mesure que s'étire le silence. S'il le pouvait, il s'enfoncerait dans le sol. Malheureusement ce n'est pas un art qu'il maîtrise. Alors il demeure là, stupidement ancré à moins de cinquante centimètres de la sortie, son coffre sous le bras, le regard fixé sur le bout de ses chaussures impeccablement vernies - il prend le temps de les astiquer chaque matin, car comme Summer le dit toujours, la première impression, faut pas que ça colle à la semelle. Ou quelque chose comme ça.

 

- Mhmh ?

 

Regain d'espoir, dans le fond des pupilles soudainement dressées vers le chef Ingram. Ça pourrait non ? Rester entre eux. Bon. Le problème c'est que parfois y a des questions comme ça, qu'attendent pas de réponse. Papa lui en colle souvent. Les questions rhétoriques. Cent fois qu'il a du l'écrire ce mot, pour apprendre à plus y répondre avec un solance. Pas qu'il ait bien compris ce qu'était un solance. Dans le doute, il répond plus dès qu'il a un doute que la question soit pas rhétorique. Ou alors comme ça, vaguement, d'un mhmh bien placé. Ça passe partout, ce genre de réponse, ça se mouille pas, ou alors juste un gros orteil qu'on peut sortir direct s'il fait trop froid.

 

Pas que Leo soit bien frileux. Il a gagné un concours d'apnée dans la Manche, tout de même.

 

Son prénom jeté là dans la pièce étrangement plus étroite que dans les vingt minutes précédentes le fait cesser ses tergiversations mentales, et son regard braqué sur le visage du patron se crispe un peu. C'est pas bon, quand le chef Ingram l'appelle Leo comme ça. Pas bon du tout. Mais finalement ? Finalement ça va, non ? La bouche s'ouvre en ovale de surprise, et la tête se secoue de haut en bas avec affirmation. Sûr qu'il peut faire ça. C'est dans ses cordes. Faut dire, c'est du génie un peu : retourner sur les lieux de la disparition, c'est le B.A. BA de toute bonne enquête. Ça fait aucun doute que ça lui donnera une idée fulgurante. Pas qu'il soit pas intéressé par la confection de théières ensorcelées, m'enfin il l'aime bien son badge de stagiaire au département de la justice magique.

 

Pis la dernière fois qu'il s'est trouvé en présence de telles théières, ça s'était pas fort bien fini, alors.

 

- J'vais creuser chef ! J'vais creuser fort !

 

Trouver une raison plausible, il est pas bien sûr de ce que ça veut dire, mais il est à peu près sûr que ça veut dire ne pas révéler qu'il est la raison de la disparition de tous les artefacts de la réserve dans un coffre à disparition. Probablement que ça ce serait pas plausible. Leo fronce subitement les yeux en réalisant ce que, au juste, ça signifie. Le chef Ingram lui demande de mentir. Mentir pour sauver son badge.

 

- Chef... Ça veut dire que ça va rester entre nous hein ? C'était pas une question rhétorique !

 

Il est content, quand il utilise ce mot là, parce que ça fait toujours son petit effet. Comme si d'un coup on le considérait en tant que tel, quoi.

 

- J'vous décevrai pas, il annonce finalement en prenant la tangente sans demander son reste.

 

Parce qu'on sait jamais, le chef Ingram pourrait brutalement changer d'avis pour trouver que Leo est une raison tout à fait plausible à la disparition de l'ensemble des artefacts du niveau II, en plus que ce soit une raison tout à fait plausible à lui retirer son badge. Si on lui demande, le vieux au balai est tout autant une raison plausible que lui. Le coffre sous le bras, Leo se presse en direction de la réserve, qui se trouve grande ouverte. L'idée, lumineuse, lui vient alors qu'il aperçoit la queue d'une cape bleu sombre au détour du couloir - toujours Bill, le concierge, et il s'imprègne du rôle de sa vie en beuglant brutalement :

 

- ALERTE, INFRACTION AU NIVEAU DEUX, ON A VOLÉ TOUS LES ARTEFACTS DE LA RÉSERVE ! ALERTE ! CHEF INGRAM !

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

Leo reste observer Miss Bergame d'un air interdit, une seconde, deux peut-être - ou cinq. Le visage affaissé sur ses mains, il semble subitement compter ses doigts, dans des gestes rapides et distraits, qu'il reprend à deux fois - trois fois, cinq peut-être.

 

- Ben si ! Si si c'est bien aujourd'hui !

 

Joyeux, il passe une main dans ses mèches déjà terriblement désordonnées, quelques billets sortis de son porte-monnaie dans le même temps pour s'étaler entre lui et Miss Bergame.

 

- Dix ans, jour pour jour que j'vous ai rencontré pour la première fois derrière ce même comptoir. Dix ans ! Ça fait un bail que vous garder la maison voyez, alors ça s'fête ! AUX DIX ANS D'MISS BERGAME DERRIÈRE LE COMPTOIR ! Il annonce à la cantonade, se prenant une rincée d'exclamations contentes tandis que certains s'approchent pour récolter leur verre offert par le jeune sorcier.

 

Il en a un souvenir parfaitement clair, si on lui d'mande. Il était entré comme à son habitude, s'était attendu à rien. Faut dire qu'on venait pas aux Trois-Balais pour la vue, avant Miss Bergame. Juste pour la bièraubeurre, une place au coin du feu, un jeu de cartes explosives. Quinze ans qu'il avait, et de l'acné qui lui ravageait la moitié du visage. Des mèches un brin plus claires, presque blondes, et des notes toujours étalées sur plusieurs parcelles de sa peau - les anti-sèches à l'encre invisible qui finissaient par ressortir au grand jour quelques heures à peine après les examens, et pour lesquelles il s'était plusieurs fois pris des retenues terribles.

 

- J'ai entendu des rumeurs comme quoi que vous alliez racheter l'auberge à M'sieur Deer, c'est vrai ? Z'allez devenir la patronne et tout ?

 

Il est tout excité à l'idée, bien qu'il sache pas vraiment pourquoi. Probablement que ça changera pas grand chose, ou alors peut-être que ça changera tout. Ça signifie surtout qu'il saura toujours où trouver Miss Bergame, parce qu'elle sera là derrière son comptoir. Si elle achète l'endroit, ça veut dire qu'elle va pas subitement s'échapper pour changer de carrière, voyez ? Pis peut-être qu'elle pourra l'embaucher, et alors ils se verront tous les jours, et Leo pourra lui rappeler ses anniversaires - puisque apparemment elle tient pas les comptes.

 

- C'est fort si vous faites ça. Moi j'ai acheté un appartement, savez, ben déjà c'est quelque chose, alors j'imagine même pas une auberge ! 

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

Elle pourrait raconter tout ce qu'elle veut, Miss Bergame, que Leo l'écouterait tout pareil. L'air pas vraiment fin placardé sur la gueule, les yeux vissés tantôt sur ses yeux magnifiques, tantôt sur ses lèvres rosées. Jamais bien longtemps sur ses lèvres rosées, où il commençait à se faire des idées, et à oublier d'écouter pour de bon. Leo mettait un point d'honneur à écouter pour de bon ce que racontait Miss Bergame, car tout ce que Miss Bergame racontait était toujours d'une douceur infinie. La tendresse d'un patacitrouille, voire le moelleux d'un fondant du chaudron, et le pétillement d'ailes de papillon sucrées tout à la fois. Ce genre de douceur là. 

- Ah ouais ? C'est marrant ça un peu.

Que Monsieur Deer tienne les rênes, voyez. Parce que les rênes c'est comme les rennes, et les cerfs aussi, voyez. Ça s'associe dans le crâne de Leo, aussi purement et sûrement que deux et deux font quatre, ou qu'une fois sur deux font une moitié. Bref. Il espère quand même que Miss Bergame va les prendre, les rênes - et même des rennes si elle veut, ils pourraient gambader dans les collines alentours pourquoi pas. Ça voudrait dire qu'il est sûr de la trouver là quand il veut. Aujourd'hui, demain, dans une semaine, dans dix ans. Leo aime bien les choses sûres comme ça.

- C'est à Londres Miss Bergame ! J'habite à Londres. J'ai été embauché au ministère savez, au département des transports !

Ça en jette, pas vrai ? Même qu'on le laisse conduire le Magicobus. Bon ça il le dit pas parce que ça en jette moins que de dire qu'il travaille pour le Ministère. Même qu'il y travaille vraiment que parce que Papa a accepté d'en avoir la responsabilité, et qu'apparemment ça faisait pas l'humaninité - aucune idée de ce que ça veut dire, mais en gros y en a qui serait pas d'accord quoi. Bref. Elle a pas besoin de savoir ça Miss Bergame, juste qu'il a un badge et tout, un pass pour entrer et sortir du ministère à sa guise et ça c'est quand même super stylé.

- Mais voyez j'préfère quand même venir jusqu'ici pour boire un verre hein, parce que les bars à Londres ils sont moins biens. Déjà vous y êtes pas ! Il déclare en riant joyeusement, parfaitement sincère. Pis vous avez la meilleure Bièraubeurre du pays. Vous devriez faire une boisson d'anniversaire Miss Bergame !

L'idée n'est pas sitôt germée qu'elle est gerbée, là, sur le comptoir, l'exclamation leur attirant quelques regards ici et là. Leo a les yeux écarquillés d'un enfant surexcité alors qu'il prend une gorgée de sa Bièraubeurre. Plusieurs clients semblent approuver de marmonnements ou de hochements de tête, l'encourageant plus que jamais à poursuivre sur sa lancée :

- Une boisson juste à vous, la Bergam-HOT Miss Bergame, hein, ça sonne bien nan ? HEIN ? Il demande alentour en s'agitant comme un diable.

Dans le doute, tout le monde approuve bien sûr. Il est celui qui paie les verres.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Appartement d'Alaric Bloodworth, Central London, Vendredi 14 Juillet 2124

Sa bouche s'ouvre et se referme à plusieurs reprises, comme s'il essayait toujours vaguement de trouver les mots qui cherchent à en sortir. C'est-à-dire que c'est pas faux, tout ça. Mais !

 

- P'pa, pas au département des catastrophes magiques ! Il est stupide ou quoi ? Mais genre, le département des sports tu vois. J'suis bon en sport hein. Ou alors la coopération magique, t'sais, j'pourrais coopérer dans les bureaux et tout. Fin y a pas d'mode aplati dans des bureaux tu vois. Tu t'souviens j't'ai déjà aidé plein de fois pour trier tes dossiers, j'sais faire hein ! C'est pas si compliqué. J'te jure.

 

Nan vraiment, on le prend pour qui à la fin ? Si son propre père croit pas en lui, y a plus personne pour le faire. Même que c'était pas sa faute, pour le Magicobus. D'abord parce que lui il avait même pas su pour le mode aplati. Ça s'était fait tout seul ! À cause du niffleur de la vieille dame, qu'était venu fureter partout dans son tableau de bord, non mais vraiment !

 

- L'magicobus c'était un accident. Y aurait pas eu l'niffleur... Il croise le regard de son père et se tait soudain, avant d'ajouter quand même d'une seule traite : y aurait pas les sécurités que y a maintenant sans ça d'toute façon, alors c'est un mal pour un bien.

 

Sa mère disait ça tout le temps, quand il faisait des conneries. C'est un mal pour un bien, Alaric, elle disait. Avec un sourire doux sur les lèvres qu'éteignait toute la colère et la frustration de la pièce. Summer avait un peu le même sourire. Leo avale plusieurs gorgées de jus de citrouille avant de reposer - un peu brutalement - le verre sur la table d'appoint, faisant trembler la lampe posée là.

 

- J'sais que c'est des jobs sérieux, mais j'peux faire un job sérieux. J'suis pas si con. 

 

Il a vingt-cinq ans, Leo, quand même. On a eu le temps de lui dire de nombreuses fois, qu'il l'est, con. Alors bon. Il sait que c'est ce que les gens pensent. Parfois, quand il aperçoit une certaine lueur dans les yeux de son père, il sait qu'il le pense aussi. Mais il est prêt à tout pour prouver que non. Qu'il peut. Qu'il sait faire des choses. Des choses sérieuses, et importantes.

 

- C'est juste que j'ai pas d'bol à chaque fois hein. Tout l'monde a pas la chance de trouver tout d'suite le job dans lequel il est bon comme toi, il balance parce qu'il a déjà entendu sa propre mère le dire à son père quand il était môme. Souvent. Mais j'le sens bien tu sais. En fait j'me disais qu'un stage au niveau deux... il se redresse soudainement pour couper directement court aux protestations : écoute avant d'râler, la justice c'est important pour moi ! J'pourrais désinscri... retranscrire les enquêtes pour être sûr que personne a rien loupé, et aussi j'pourrais être là et observer, j'observe bien, t'as toujours dit j'avais l'œil pour les détails - à moi que ce ne fut sa mère, il n'était plus bien sûr. Si c'est un stage d'observation p'pa, qu'est-ce qui pourrait bien s'passer ?!

 

C'est vrai quoi, qu'on lui laisse sa chance un peu. C'est pas comme s'il pouvait brûler le département ou quoi. Le dernier truc qu'il a brûlé y avait des circonstances atténuantes. C'était à cause du four défectueux de la boulangerie, pas du tout à cause de lui. Lui avait juste voulu aider à enfler les petits pains ok ? Y aurait pas de petit pain à enfler au niveau deux, pas plus que de four défectueux, ou d'Electra, ou de mode aplati planqué sous les bureaux. Pis il se sentirait utile. C'est important de se sentir utile. Ça aussi c'est maman qui l'a toujours dit. Y a rien de beaucoup plus utile qu'un auror ok ? Ça sauve des vies, un auror. Peut-être que c'est ça sa vocation. Sauver des vies. C'est pour ça qu'il est nul pour servir le thé, et faire le ménage, et enfler les petits pains. Il en saura jamais rien s'il essaie pas de toutes façons !

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureaux de la Gazette du sorcier, Vendredi 29 Septembre 2124

Il est désarçonné, Leo. Enfin. Désarçonné. S'entend. Pas que Leo chevauche le moindre destrier jusque là, en dehors d'une chaise rigide au bois un peu écaillé. M'enfin, on peut être désarçonné sans même monter sur l'ombre d'un cheval. Ni sur un cheval d'ailleurs. Bien que ce soit plus facile de monter sur un cheval que sur son ombre. Bref. L'a pas vu venir la question le gars, alors il reste regarder bêtement Miss Abbott avec les méninges qui galopent - et c'est vachement compliquer de galoper quand on est désarçonné, voyez. Il garde le pied à l'étrier, quand même, et ça fait qu'il se fait un peu trainer au sol sur des dizaines de mètres. Mentalement quoi. Ça fait un mal de chien. 

Focalisé sur la question qu'il se répète en boucle, il réalise que faut pas tomber à côté.

Nan parce que c'est tellement spécifique qu'il peut pas s'empêcher de se dire que Miss Abbott, quelque part, sait. Que c'est un test. Évidemment que c'est un test. Seul le vrai connaitrait la bonne réponse. C'est un code secret journalistique, nan ?  Sans doute que tous les grands reporters de la Gazette passent par là avant de décrocher un poste. Et Leo, lui, il doit prouver qu’il est Jonathan Berkins, journaliste de terrain. Il serre les dents. Il serre les genoux. Il serre tout ce qu’il peut serrer. Un troll en colère et un gobelin armé d’une cuillère. Merde.

- Le gobelin.

Il balance ça du tac au tac, parce que Jonathan Berkins aurait répondu du tac au tac. S'entend, il répond dès qu'il a réussi à remonter sur le cheval, soit ça fait bien dix secondes qu'il ouvre et ferme la bouche comme un crétin à se visualiser trainé au sol par l'étrier d'un canasson lancé pleine balle dans un hippodrome. N'empêche que quand il balance ça, ça sonne sérieux. Grave. Décisif. Il cligne lentement des yeux, laissant le poids de sa réponse s’installer dans la pièce. Puis il ajoute en chuchotant, comme si des espions les écoutaient :

- Les cuillères sont les armes les plus redoutables qu'il soit, ensorcelées par les mauvaises mains. Vous le savez très bien. Clin d'œil.

Sur un malentendu, c'est un référence au sombre article d'une gazette d'il y a quelques années, n'est-ce pas ? Est-ce qu'il n'a pas déjà lu un article au sujet de cuillères ensorcelées et de gobelins sanguinaires ? Bon. Au pire, il prétendra. Il est bon pour prétendre. Il est Jonathan Berkins, bordel. Il se cale dans son siège, fièrement, comme un gars qui vient de balancer un scoop de première page. Nouvelle question. Son plat préféré. Leo se fige, brusquement pris de sueurs froides. Il y a une bonne réponse, elle l’a dit. Une bonne. Pas des. C’est terrible.

- Heu... alors moi j’suis quelqu’un de très… adaptable.

Insuffisant. C'est évident. Maintes fois en classe on lui avait dit qu'il esquivait les questions en offrant des non-réponses. Il avait mis longtemps à comprendre ce qu'étaient les non-réponses. En gros, ça voulait dire que fallait faire un choix. Trancher entre un oui et un non, au lieu de balancer pourquoi on pourrait vouloir dire les deux à la fois. Alors, il fallait bel et bien que Leo choisisse un plat. Un qui donne envie, finalement, à Miss Abbott, de déjeuner avec lui tous les jours de la semaine au moins. Pas parce qu'elle est jolie attention, mais parce que s'il est employé à la Gazette du sorcier, il se retrouvera sans doute à la table d'autres employés de la Gazette du sorcier comme Miss Abbott. 

Qu'est-ce qui pourrait bien mettre Miss Abbott en appétit cependant ? Aime-t-elle les pâtes fantômes ? Personne ne connait jamais les pâtes fantômes. Parfois il s'imagine que c'est Papa qui a inventé les pâtes fantômes, et qu'il pourrait gagner des tonnes d'argent à proposer sa recette à de grands restaurants de la région. Alors, parce que c'est tout à fait exceptionnel finalement, il se décide à intriguer Miss Abbott, plutôt que de la mettre en appétit. Peut-être qu'elle serait tellement intriguée qu'elle voudrait elle aussi goûter les pâtes fantômes et déjeuner avec lui tous les jours de la semaine à la table des employés.

- J'ai quand même ma petite préférence, comme tout le monde ! Il annonce avec l'air d'un conspirateur joyeux. Les pâtes fantômes. On pourrait croire comme ça qu'elles sont fades et décevantes, mais vous savez les fantômes ne sont ni fades ni décevants, quand on reste leur parler suffisamment longtemps. Pas que vous devriez parler à des pâtes fantômes bien sûr. Non les pâtes fantômes ça se déguste. C'est imprévisible. Plein de surprises. Bon le plus dur c'est encore de les trouver dans l'assiette en réalité, mais ça reste une belle aventure.

Il a sauvé la mise. Il le sait. Ça, c’est du journalisme de qualité. Troisième question. Le dilemme ultime. Un seul outil pour survivre à une journée infernale. Leo fronce les sourcils comme un stratège en pleine bataille décisive. Il passe en revue toutes les options dans son cerveau en ébullition. Il ouvre la bouche. Il la referme. Puis il claque des doigts, et se redresse d’un coup, frappé par le génie absolu :

- Une fiole de Véritaserum, Miss Abbott.


Il balance ça comme un détective vétéran qui vient de résoudre l’affaire du siècle. Il laisse un blanc dramatique, fixe Miss Abbott, puis, d’une voix presque solennelle, il explique :


- Parce que si le rédac’ chef est grognon, on saura enfin pourquoi. S’il a pas dormi, s’il a perdu au poker contre un gobelin armé d’une cuillère. Si la secrétaire me méprise, je saurai si c’est à cause de mon parfum ou de mon nom de famille. Et si la machine à café fait que des expressos brûlés… Il marque une pause pleine de gravité, avant de poser ses deux coudes sur le bureau, comme s’il livrait un secret d’État : … on saura qui est derrière tout ça. Son regard se perd au loin, façon héros tragique face à une conspiration mondiale. Parce que c’est pas une erreur, Miss Abbott. Une machine à café qui brûle systématiquement le café, c’est un sabotage. Un acte prémédité. Une rébellion silencieuse contre la société. Et moi, en tant que futur journaliste de terrain, je me dois de dénoncer ces dérives. D’alerter les consciences. D’exiger justice.


Il tape sur le bureau, comme un orateur enflammé au cœur d’une révolution historique. Puis, réalisant qu’il s’est peut-être un peu emballé, il se racle la gorge et ajoute plus posément :
 

- Ou alors un trombone. Un trombone c’est bien aussi. Un trombone ça passe partout. Ça peut réparer une machine à café et sceller les plus beaux dossiers réclamés par le rédac' en chef, pis si on veut rendre coup pour coup à la secrétaire méprisante, il suffit d'entamer une guerre et de les enchanter pour qu'ils aillent lui trouillotter tout son agenda ou s'emmêler pêle-mêle dans les interstices de sa machine à écrire. Voyez.

Silence pesant. Puis la vraie question tombe. Pourquoi travailler à la Gazette ? Là, c’est le moment décisif. Leo se redresse. Il prend une grande inspiration. Il réfléchit à tout ce qu’il pourrait dire. Aux grandes raisons. À la noblesse du journalisme. À l’impact des mots. À la passion de l’investigation.

- J’aime bien les histoires. J’aime bien les écrire aussi, parfois. Et les lire. Et les raconter. J’suis bon pour ça. Même que parfois j’arrange la vérité, mais juste un peu, pas pour mentir, juste pour que ce soit plus intéressant, voyez. Comme un bon article. En plus j'super fort pour trouver des mots dans le dictionnaire, et même en inventer. Alors.

Il croise les bras fièrement, défie Miss Abbott du regard.

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Leo Bloodworth

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Appartement d'Alaric Bloodworth, Central London, Vendredi 14 Juillet 2124

Il est comme suspendu, Leo. Son père il sait bien faire ça, les suspensions. C'est qu'il en a dans l'crâne, alors il réfléchit pas mal. Il pèse les pour et les contre quoi. Leo il a jamais su avec quelle balance on pouvait bien peser ce genre de choses, mais c'est sûr que ça lui serait bien utile. À la place il est forcé de faire, pis de constater ensuite que probablement que y avait plus de contre que de pour. M'enfin c'est pas sa faute, si on lui a pas fourni la balance, ou l'crâne pour réfléchir, tout ça. Lui fait pas les suspensions. Lui fait les modes aplatis qui restent bloqués sous un pont à quatre voies du Londres moldu, et que ça fout un bordel monstre. Pis que ça le met lui, en suspension.

 

Il passe globalement plus de temps à se faire suspendre qu'à mettre les gens en suspension quoi.

 

- Ouais ?

 

Le visage éclaircit, Leo a dressé la tête vers son paternel avec un bonheur qui s'étale d'une oreille sur l'autre. Il attend un peu. Vaguement. Un quart de seconde ou presque, parce qu'on a dit qu'il sait pas faire les suspensions, pis qu'on sait jamais que s'il essayait y aurait plus que de contre que de pour, et que son père irait changer d'avis.

 

- Trop cool. T'es l'meilleur p'pa. J'te l'ai déjà dit hein ? Mais j'le pense tu sais. T'l'meilleur père du monde.

 

Il est tout heureux, Leo, tout heureux et grandement soulagé, comme s'il avait pissé une vessie entière à peu près. Il va avoir un travail. C'est sûr. Son père il a l'bras long, voyez. Enfin pas physiquement. Physiquement son père il a des bras plutôt normaux, plutôt de bonnes dimensions, mais pas tant non plus. C'est un héros de dimensions normales quoi. Tout sourire, Leo se relève de son siège pour terminer d'une traite son jus de citrouille, et s'activer dans la pièce.

 

- Pis l'chef Ingram c'est trop la classe en plus, il est classe le chef Ingram. C'est un super auror, t'savais ? J'ai lu dans la gazette, il a déjà sauvé des dizaines et des dizaines de gens t'savais ? C'est l'meilleur quoi. Si j'l'observe assez fort, ptet j'vais devenir aussi fort que lui, et j'sauverais des gens ! T'vas voir. J'aurais un badge tu crois ? Un badge du niveau 2 ! Agent Bloodworth au rapport, il s'imite en tant qu'auror, perdu dans son délire, debout au milieu de la pièce. Oh c'est quoi ça, t'as acheté ça quand ? C'était pas là avant.

 

Arrêté devant un cadre imposant qui semble représenter l'ingénierie d'un mode de transport plutôt antique du monde sorcier, Leo reste à cligner des yeux. C'est-à-dire que son père qu'achète un tableau sans l'approbation de sa mère, c'est un truc qu'arrive pas. Mais faut croire que maintenant qu'elle est partie, son père prend des initiatives.

 

- Il est cool. L'a un mode aplati ? Han, on boira l'café ensemble le matin, comme on f'sait quand j'étais dans ton département. J'te raconterai tout t'verras.

 

Reparti dans ses grands monologues excités, Leo se dirige vers la cuisine pour récupérer la carafe de jus de citrouille et s'en resservir un verre, qu'il vient faire tinter dans celui de son père avec fracas. Littéralement. C'est-à-dire qu'il a pas fait preuve de la plus grande des délicatesse.

 

- Merde. Scuze. Attends j'vais nettoyer. Leo brandit sa baguette.

Une partie du jus étalé au sol s'efface, mais le verre demeure, et Leo se précipite pour récupérer de quoi épousseter tout ce joyeux bordel.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Appartement d'Alaric Bloodworth, Central London, Vendredi 14 Juillet 2124

Il est peut-être le premier surpris de la réussite de son sortilège. Même qu'il zieute la baguette sous toutes les coutures comme s'il voulais en percer les secrets. L'investigation ne dure qu'une bête poignée de secondes cependant, car les résidus de verre demeurent. Mis en branle, Leo récupère de quoi balayer tout ce bordel, qu'il rassemble en tas bien propet dans une pelle, avant de tout balancer à la poubelle.

 

- Ouais, ouais.

 

Le secret professionnel, il connait bien le concept. La psychomage qu'il voit chaque semaine depuis aussi longtemps qu'il s'en souvienne lui en a assez souvent parlé. Leo, tout ce qui se dit entre ces murs reste entre ces murs. Y en a sans doute un tas, des secrets, entre les murs de la psychomage, parce qu'elle y reçoit vraiment tout ses clients. Elle n'est pas la seule à avoir des murs qui gardent des secrets, comme Leo avait pu s'en rendre compte - souvent à ses dépends - à plusieurs occasions de son parcours professionnel. Il était interdit par exemple de dévoiler les plans de construction du prochain stade de Quidditch. Il était interdit également de prendre des clichés de modèles de balais qui n'avaient pas encore été mis en vente. L'on ne devait pas partager, non plus, la recette des sauces de la Gargotte Ensorcelée.

Bref. Leo avait bien le concept. Le problème étant que souvent, on omettait de lui lister tout ce qu'il ne fallait effectivement pas dévoiler.

- Han ! Ouais. T'fais des pâtes fantômes comme quand on était p'tits ? Il réclame comme un enfant en reposant pelle et balayette sur un plan de travail au hasard. J'peux envoyer un message à Summer si tu veux, qu'on soit tous les trois ! Le portable est dégainé - plus efficace que n'importe quelle autre méthode de communication en ce qui le concernait, car bien moins complexe à lancer qu'un patronus. Comme ça on célèbre !

Son dernier licenciement ? Sa potentielle embauche prochaine au ministère de la magie ? Difficile de savoir, avec Leo, dont les doigts sont déjà en train de courir sur le clavier. Ils s'affaissent d'eux même dès lors que le texto est envoyé.

- J'peux t'aider à préparer. Tu sais comme j'fais les course de Madame Gillespies au sixième étage là ? Ben elle m'a donné un livre et tout, et elle m'a montré comment faire sa sauce secrète avec ses pommes de terre. Paula Gillespies c'est une femme exceptionnelle d'un âge terriblement avancé. Leo lui ramène ce dont elle a besoin chaque fois qu'il va au magasin, et en échange elle lui donne des tupperwares énormes qui lui font souvent la semaine. Tu sais si ça avait été une sorcière, j'suis sûr qu'elle aurait fait une sacré potionniste. Faut voir comme elle coupe les légumes papa ! TATATATATA ! L'homme se lance dans l'imitation de sa voisine, une main en sus et place de la lame qui vient s'affaisser sur le plan de travail à toute vitesse. Tu sais qu'son mari c'était un policier ? Elle s'ra super fière si j'lui dis que j'travaille pour la ministère. Enfin j'lui dirais pas j'travaille pour le ministère. J'dirais j'travaille au commissariat tu vois.

Et Madame Gillespies blablabla, et son mari blablabla, et t'as de la crème papa ? qu'il demande en ouvrant et refermant le réfrigérateur magique à plusieurs reprises, soudainement très affairé. C'est-à-dire que le soulagement d'avoir une solution à son chômage est grand, et son énergie redoublée à la perspective de peut-être bientôt voir un badge briller sur sa poitrine, sous la direction de nul autre que le chef Ingram. Tu savais que le copain de Summer il a... Le silence est brutal alors qu'il réalise qu'il n'est pas sensé parler du copain de Summer, et il enchaine l'air de rien. AH BAH VOILÀ J'SAVAIS QUE T'EN AURAIS ! Bon j'sais plus faut quoi pour les pâtes fantômes, dis moi j'prépare t'vas voir, j'suis un pro !

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Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureaux de la Gazette du sorcier, Vendredi 29 Septembre 2124

Renvoyé. Merde. Cette fois c'est clair que Papa va faire la gueule. Ça craint un max. Pire ça veut dire qu'il peut s'assoir sur sa paye, et sa paye il en a vachement besoin. Hatkins a arrêté d'être sur son dos quand il a capté que Leo avait retrouvé un job, mais suffira d'un seul jour de retard pour qu'il réalise que c'est déjà fini. Il a le flair pour ça. Délire. Supplier Ingram est hors de question. Le chef Ingram c'est pas un type qu'on supplie. C'est un type il ordonne et on fait. Alors s'il vous ordonne de vous tirer fissa, on se tire fissa. Leo aimerait se dire que Papa l'apprendra pas. Pas tout de suite en tous cas. Sauf que voilà, c'est grace à Papa qu'il a le job, alors c'est sûr Ingram va le prévenir fissa aussi. Même que c'est peut-être pour ça que Leo a pris la tangente aussi rapidement du ministère.

Il a fait mieux que ça.

Non parce que y a pas dix mille manières d'arranger les choses, voyez, et si y a un truc dans lequel il est bon, c'est d'arranger les choses dans l'urgence. L'urgence étant de pas éveiller les soupçons d'Hatkins pour pas se fairer virer de son appartement comme un malpropre, et aussi de trouver de quoi apaiser le cou roux de Papa. Si, quand Papa s'énerve, il a le cou roux. C'est même de là qu'elle vient l'expression en fait. Sans doute. Pas que Leo soit bien sûr, il l'a jamais cherché dans le dictionnaire, mais il en a suffisamment feuilleté pour savoir comment ça marche. Enfin les dictionnaires marchent pas, ils ont pas de jambes. À part entre les mots jamais et jambon. Mais ça n'a vraiment rien à voir.

Bref, Leo a pris les choses en main dès sa sortie du ministère. Il a épluché toutes les gazettes du kioske en bas de la rue, pas comme des pommes de terre hein, pis il a entouré toutes les annonces de job disponibles dans les environs. Comme ils font dans les films, voyez. Pis après ça il a fait ce qu'on fait ensuite dans les films : il a pris son téléphone et il a appelé partout. Alors il était un peu tard alors y a plein d'endroits ou vraiment personne a répondu, mais parfois ça a répondu quand même, et attention attachez-vous parce qu'il a obtenu rien moins que quatre rendez-vous différents pour le lendemain matin. Comme quoi. Ça paye de regarder des films. Enfin non ça paye pas, sinon il en serait pas là à essayer de trouver un job pour régler son prochain loyer, il serait affalé dans son canapé à regarder le dernier Fast & Furious.

Apparemment ils ont le dernier OCQ dedans, et y a des feudeymons et tout, et aussi des licornes doppées.

Sûr que Leo préfèrerait mater ça que chercher un job.

N'empêche qu'à force de chercher, on finit par trouver. Alors il y croit dur comme fer. Le premier entretien, a neuf heures pétante, est un sombre échec. Littéralement. C'est-ce qui se passe quand on confond la poudre de cheminette, et de la poudre d'obscurité. Le second entretien ne se déroule pas beaucoup mieux, pas plus que le troisième, ou même le quatrième. Leo, pourtant, continue d'y croire dur comme fer. Sa gazette ornée de cercles rouges entre les mains, il est saisit d'une brillante idée alors que son regard se pose sur les lettres dorées indiquand le siège de la Gazette, à quelques mètres seulement. Pourquoi il n'y a pas pensé plus tôt ? Le journal est enfoncé dans la poche de son costume - un smoking simple au coût frisant le ridicule, et dont les manches présentes une usure certaine mais peu perceptible pour celui qui n'y jetterait pas un œil averti.

- Bonjour ! J'ai un entretien pour une embauche, il annonce brutalement dès son arrivée au comptoir, un large sourire sur les lèvres.

Attention, Leo n'est pas un mythomane, mais il est bien conscient que par moment, le mensonge le plus inoffensif peut mener aux plus grands succès. Son regard parcourt d'ailleurs la liste que semble chercher la réceptionniste des yeux, et il pointe du doigt un nom au hasard.

- Juste là. Jonathan Berkins. C'est moi. Je suis un peu en avance...
- Ah oui, d'une heure même Monsieur Berkins, ça ne vous dérange pas d'attendre j'espère.
- Aucun problème !

Il frappe le comptoir avec empressement, comme il a tant vu certains hommes le faire avant lui, et se dirige naturellement vers les larges canapés du hall.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
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Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

La question de Miss Bergame le prend de cours. Tendancieuse. Bon. Leo il a qu'une vague idée de ce que ça peut vouloir dire, et ça parait pas si mal. Nan parce que la tendance, c'est généralement ce que tout le monde veut. Le truc c'est que la manière dont Miss Bergame le dit, ça a pas l'air pas si mal. Ça a pas l'air particulièrement mal non plus. Un peu drôle, voilà tout. Elle a ce regard que lui porte parfois Summer quand il dit quelque chose qu'elle décrit comme parfaitement stupide, mais pas stupide comme quelque chose de stupide, voyez, plutôt stupide comme quelque chose dont il pourrait être fier. Quelque chose de stupide mais marrant, un peu. Il voit pas bien en quoi c'est marrant que la Bergam'Hot soit dans les tendances, mais si Miss Bergame a l'air de trouver ça marrant, alors bien sûr que Leo va trouver ça marrant aussi.

Il rit. Hausse les sourcils comme il fait toujours quand il veut qu'on s'imagine qu'il a compris quelque chose qu'il a pas vraiment compris. Bientôt, toute la salle rit avec lui, et quelque part sur sa gauche un vieux type se met à brailler :

- Sûr qu'c'est tendancieux, mais ça vous va bien Miss Bergame !

- À Miss Bergame !
- Joyeux anniversaire !

Les rires gras font vibrer la pièce, flamber les cheminées, et Leo se joint à eux bien qu'il soit pas certain, toujours, de savoir de quoi exactement on rit. Leo reste un peu fier qu'on trinque à Miss Bergame, et à sa brillante idée, alors il s'installe plus confortablement. Les coudes écartés comme s'il était un gosse, les jambes accrochées au premier barreau du tabouret - pas comme s'il était un gosse, parce que s'il était un gosse elles battraient dans le vide.

- Vous allez l'faire ? Vous devriez l'faire. Une boisson à votre nom j'veux dire, il énonce avant de siroter sa Bièraubeurre. Miss Bergame, dites, j'voulais vous demander...

Le silence se fait. Bon, en vérité, il est que dans sa tête. C'est comme souvent. Les gens parlent fort tout autour, et la musique beugle dans les hauts parleurs, et Leo est là les pieds perchés sur le barreau d'un tabouret à se figer dans sa tête et à s'enfermer dans un silence. Ça lui résonne un peu sous le crâne, parfois comme un long sifflement. Un peu comme un avertissement voyez, mais pas ceux qu'on vous balance à l'école ou sur les terrains de sport, juste un avertissement comme le sifflet d'un de ces gendarmes moldus du stationnement, avec leur chapeau rond sur la tête. Il a les lèvres sèches d'un coup d'un seul, et aussi l'impression de chuter directement dans le vide, alors même qu'il est bien assit. Puis d'un coup le sifflement s'arrête, et le cerveau repart tandis que le fond sonore reparait. Il reprend :

- Vous avez un copain Miss Bergame ? Nan parce que sinon moi j'vous invite. Comme c'est votre anniversaire. Vous finissez à quelle heure ?

Il a vu faire dans les films. Ceux que regardent Papa, même s'il regarde pas tellement de films, et plutôt du sport. Il a pris environ tout son courage de Gryffondor pour sortir tous les mots dans le bon ordre, et à voix haute, et il a l'impression d'être happé par le vide encore même si le sifflement revient pas. Il a chaud. Il fait chaud dans ce bar, toujours. Il avait jamais remarqué, mais maintenant qu'il l'a remarqué c'est comme s'il se rappelait que ça avait toujours été comme ça, voyez.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
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Appartement d'Alaric Bloodworth, Central London, Vendredi 14 Juillet 2124

Les épaules se tendent, le corps s'affaisse, les oreilles se rabattraient vers l'arrière s'il avait été un chat, probablement. Leo a les lèvres verrouillées, et le cœur qui s'affole un peu car Summer lui avait fait promettre de ne rien dire à Papa. Le secret éventé dans l'air a rebondi sur tous les murs, s'est divisé en myriades de questions qui semblent lui revenir en plein visage. Retourné brutalement armé, d'un pot de crème conséquent et d'une salière fêlée, Leo prend l'initiative d'ignorer l'intégralité des questions en question. La surdité ça peut arriver à n'importe âge pas vrai ? Quand il avait travaillé chez Iron Feasts, y avait un type encore plus jeune que lui qu'entend jamais rien d'son oreille gauche. Carrément.

 

- En vrai t'as même pas b'soin d'me dire. J'connais par cœur. T'sais j'en fait d'la cuisine à la maison. j'coupe les oignons comme personne elle dit M'dame Gillespies. Ou que personne coupait les oignons comme lui peut-être bien ? Il sait plus. C'est pas bien important. C'qu'est important par exemple c'est qu'il a appris qu'ça sert à rien d'dire eh mince à chaque fois qu'on attrape un oignon, qu'ça empêche pas du tout d'pleurer comme elle avait pu lui raconter Summer. Bon elle dit aussi que j'sais mieux les faire partir que rev'nir, mais tu sais M'dame Gillespies elle est difficile avec la nourriture. Même que c'est pour ça qu'c'est plus elle qui m'fait la cuisine que l'inverse, parce que bon, apparemment j'fais mieux l'commis qu'le chef. T'sais c'que c'est un commis ?

 

Faut voir la gueule que tire Papa. C'est le genre pas impressionné, voyez. Quand Papa il est pas impressionné, ça veut globalement dire qu'il faut un peu la fermer. Alors Leo referme sa bouche et la rouvre, et la referme, l'oignon à demi pelé entre les doigts.

 

- Mh.

 

Ok bon.

 

- Nan mais c'est pas son copain copain. Merde il sait pas mentir. Summer sait qu'il sait pas mentir. Papa sait qu'il sait pas mentir. Papa sait qu'Summer sait qu'il sait pas mentir. Papa expliquera bien à Summer que c'est pas sa faute comme il a fait si souvent pas vrai ? Summer allait l'tuer nan ? Fin c'est quelqu'un comme ça. Comme une copine, sauf que c'est un mec donc bah c'est un copain en fait t'vois. Il a chaud. Ses doigts passent dans le col de sa chemise, et il continue de peler soigneusement son oignon. T'sais quoi p't-être bien qu'elle t'en a pas parlé à cause d'la tête que tu fais là. Alors que vraiment c'est juste un gars comme ça quoi. Il est super sympa j'te jure.

Enfin probablement, Leo il en sait rien. Il a l'air en tous cas.

 

- J'l'ai vu qu'une ou deux fois hein. Summer elle en a des tas des copains alors j'les connais pas tous. Mais Victor il est toujours d'accord pour faire des parties d'cartes tu vois. Pis son père il était dans l'armée, lui aussi il est dans l'armée en fait, et il raconte plein d'histoires vraiment cool. Leo s'emmêle les pinceaux, et les oignons aussi - il vient de jeter les tubercules au lieu des peaux, et fouille désespérement la poubelle pour les récupérer. Fin s'tu pouvais éviter d'dire à Summer que j'ai parlé de Victor ce serait sympa quand même, parce qu'elle avait pas tellement envie qu'tu... Redressé, l'oignon en main, il désigne vaguement son père avec. T'vois quoi. S'te plait ?

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
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Appartement d'Alaric Bloodworth, Central London, Vendredi 14 Juillet 2124

- De q... quoi ? 

 

Leo cligne des yeux, pas bien certain d'avoir enregistré l'intégralité des questions posés par son père. C'est que y en a eu beaucoup. En plus qu'il gueule. Leo aime pas bien quand il gueule. Alors dans l'doute, il lâche l'oignon. Ça c'est dans ses cordes voyez. Pas qu'il comprenne vraiment ce que ça veut dire que d'être dans des cordes. C'est pas comme on pouvait rentrer dans une corde. Quoi que y a des gens qu'ont essayés, et ils ont eu des problèmes.

 

- J'touche à rien.

 

Même qu'il laisse tomber l'couteau, aussi. Pas dans la poubelle lui hein, juste sur le plan de travail. Même qu'il le laisse pas tomber d'ailleurs, il le pose délicatement. Un couteau ça se pose délicatement Leo, on lui répète souvent. Depuis l'accident du pied ça. Les bras en l'air, il regarde son père avec des yeux ronds, comme s'il était en état d'arrestation un peu.

 

- C'est Victor heu... Pellman. Spellman. J'crois. Un truc en man. Mais pas comme les mites là. C'est quoi d'abord ça. Mitoman ? Il a baissé les bras un peu, pour s'installer sur un tabouret, labourer du bout d'un ongle le comptoir. 

 

Franchement de visu comme ça, on croirait un genre de super-héros. Mais avec des mites. Alors vraiment il voit pas. Enfin de visu, s'entend. C'est plutôt à l'oreille. Leo est un gars qui fonctionne vachement à l'oreille. Des fois y a des sons qui sonnent tout pareils, tu les mets ensemble et paf tout fait sens. Pis d'autre fois comme là, bah ça en fait pas. Alors il cligne des yeux bêtements plusieurs fois avant d'accélérer, la cadence, parce que Papa a décidé d'faire la gueule d'un coup alors que jusqu'ici tout allait bien en fait. Merde.

 

- Il a fait l'armée moldue quoi. Les bérets verts, il a dit. Il sait pas c'est quoi. C'est comme un do. Maman lui a montré c'est quoi un do, sur un piano. Ce qui n'explique pas les bérets verts. Mais bref. Il raconte des histoires de l'armée quoi. Fin tu vois. Faut espérer, parce que Leo il voit pas vraiment, à part à travers les histoires de Victor. Quand ils dorment dehors et tout, pis quand on les a envoyé à des endroits pour s'battre et tout. Scriiiitch. L'ongle attrape un morceau de bois qui se retire du meuble, et Leo plaque une main dessus. J'te jure c'est un type cool ok ? L'emmerde pas. Elle va m'tuer si elle sait j't'en ai parlé p'pa !

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Leo Bloodworth

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Parler du pays, parler du pays, Leo est pas bien sûr que ça arrange quoi que ce soit que de raconter à Victor l'histoire de l'Angleterre s'il fait cocu Summer. Bon, il sait pas c'est quoi faire cocu, mais si Papa veut pas que Victor fasse cocu Summer, c'est que ça doit pas être un truc bien. Pourtant le mot est marrant. Si on l'répète plein de fois ça fait comme le tic tac d'une horloge. Cocucocucocucocucocu. D'ailleurs Leo est pratiquement sûr que ça s'écrit pareil que coucou, mais avec moins de lettres, et que du coup ça serait pas surprenant que ce soit depuis l'départ ce que les horloges elles disent aux heures piles - c'est comme les heures faces mais de l'autre côté.

 

Cocu.

 

Cocu.

 

Leo réalise à peu près avec trente secondes de retard qu'il s'est noyé dans son crâne avant de croiser le regard de son père, et d'au moins prétendre avoir écouté ce qu'il dit. Sauf que comme il a pas écouté, ça marche moins bien. Un peu comme un cul-de-jatte. Est-ce qu'on peut être co-cul-de-jatte ? Faut vraiment qu'il demande c'est quoi cocu. Il est sûr il a déjà entendu le mot. L'ancien patron du Tesco où il a appris à faire l'inventaire et tout nan ? Il avait parlé d'un truc comme ça. Ou alors c'était les collègues. Bref. La mite. Pourquoi Papa parle de mite ? Ah, oui, le Mitoman. Victor. Au moins Papa le voit comme un genre de super héros. Enfin il a pas répondu pour Mitoman, alors on va dire c'est un super-héros.

 

- Nan mais t'inquiète elle va pas l'emmener vu qu't'es pas sensé être au courant qu'elle a un p'tit-ami ! Il balance en levant les yeux au ciel comme si son père était particulièrement stupide. Il zieute son téléphone, redresse la tête. Tu lui dis pas j't'ai dit hein ? Il répète avec véhémence avant de viser de nouveau son téléphone et d'annoncer : Elle arrive d'ici une trentaine de minutes. J'ai dit tu faisais des pâtes fantômes et tout.

 

L'appareil est négligemment repoussé dans le fond de la poche, non sans avoir envoyé un émoji de spectre à Summer. Puis, très sérieusement, accoudé au comptoir, Leo demande :

- Papa, c'est quoi cocu ?

Pour la droite et la gauche il sait pas non plus, mais il demande pas. Faut pas trop demander à son père, sinon ça le fatigue, il l'a dit plein de fois. C'est sans doute pour ça qu'il a pas répondu pour le coup du Mitoman. Mais pour cocu Leo il tente le coup, parce que clairement c'est important si faut pas que Victor le fasse. Fin faudra que Leo surveille quoi. Que Victor il le fasse pas. Cocu. Qu'il se barre à droite ou à gauche apparemment il pourra rien faire vu que c'est un militaire. M'enfin en vrai y a pas que les militaires qui se barrent à droite ou à gauche. Tout le monde le fait. Même lui, et il est vraiment pas militaire. Il contrariera pas pour autant parce que c'est obligé il a pas compris. C'est souvent ça, qu'il a pas compris. Au moins il a compris qu'il fallait qu'il demande juste au furet à mesure. Enfin à Papa. Qu'a rien à voir avec un furet quoi, mais bon.

 

Un jour il comprendra cette expression là aussi peut-être bien.

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Leo Bloodworth

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Fut un temps, immémorial, Leo aurait complètement paniqué à l'idée que son père soit une tombe. C'est-à-dire que Maman est déjà une tombe, alors il s'agirait pas que Papa la suive dedans. M'enfin il est pas si con. Il sait très bien ce que ça veut dire que d'être une tombe. Ça veut dire on cause pas. La preuve, Maman cause pas, du fond de sa tombe. Malin quoi. Pis ça il l'a compris tout seul, sans dictionnaire. Mais pour cocu pis pour mitoman ? C'est sûr il va pas trouver tout seul. L'a bien compris, son père. Alors Leo chope le bouquin d'un geste, sans discuter, et se laisser nonchalamment tomber dans le fauteuil qui jouxte le canapé.

 

C.

 

Pas bien dur à trouver.

 

Co.

 

Pas bien compliqué non plus. 

Coq... coqu...

Les sourcils froncés, Leo fait tourner les pages d'avant en arrière avec un air si concentré qu'on le croirait en train de tenter de résoudre une équation tridimensionnelle. Heureusement que le match est là pour distraire. Manquerait plus qu'il passe pour un crétin qui sait pas chercher dans le dictionnaire ! Pis finalement ça s'illumine sous le crâne. S'il trouve pas c'est qu'il est pas sur la bonne lettre. Comme Maman a expliqué. C'est évident quoi. Bon.

Coc... Cocu !

Personne dont le conjoint est infidèle.

Nan mais voyez, c'est pour ça qu'il aime pas les dictionnaires. Toujours on cherche un mot, on fini par devoir en trouver deux autres, et encore deux autres, et encore deux autres, et ce serait redondant s'il savait seulement que ce mot là existait. Bref. Leo met perpète à trouver précisément ce dont il retourne. Le conjoint c'est super facile. L'infidèle ? Leo est pas bien sûr de capter le rapport entre la relation d'Summer avec Victor et la religion. D'abord parce que Summer est pas religieuse, pis à sa connaissance Victor non plus. Alors ça doit être l'autre définition qu'importe. Nan parce qu'évidemment que quitte à faire compliquer, les mots ils ont deux définitions. C'est comme la télé.

Conclusion, le cocu n'a rien à voir avec le coucou. Plutôt avec les sentiments. Comme quoi Victor pourrait avoir des sentiments changeants qui font qu'il serait plus amoureux de Summer du jour au lendemain. Un peu comme un métamorphomage de la relation quoi. Enfin il imagine. Sûr ça serait chiant. Summer elle serait super triste si Victor il était plus amoureux d'elle d'un coup. Pis Papa il aime pas voir Summer triste, pas plus que Leo, alors ça fait sens. Sauf l'histoire de parler du pays mais bon. Ça c'est pas dans le dictionnaire. Un peu figé dans le fauteuil, Leo fait plus bien attention à ce qui se passe autour de lui alors qu'il tourne et retourne les pages.

Ça lui prend une plombe de trouver le mitoman. D'abord parce que ça s'écrit pas avec un i comme il le pensait, mais avec un i grec. Y a pas à dire ils ont fait ça simple quoi. Pis bon.

Mythomane : qui est atteint de mythomanie.

Leo abandonnerait presque, sil avait pas une terrible envie de savoir. Alors il continue de chercher. Au moins c'est pas bien loin sur la page.

Mythomanie : tendance à la fabulation, à la simulation par le mensonge.

- Han mais non il ment pas Victor ! Il s'exclame brutalement en regardant son père, visiblement plus fasciné par le match qui se déroule sous ses yeux que par les recherches extraordinaires qui se poursuivent à moins d'un mètre de lui. Fin j'pense pas. Fin s'il ment il le fait bien quoi. Mais j'pense pas il ment.

Leo est déjà ailleurs dans sa tête, en train d'essayer de se remémorer ses rares rencontres avec le militaire, qui lui avait paru très cool vraiment.

- Comment on sait si quelqu'un ment d'abord ? Il demande sérieusement à l'intention de son père.

Pis juste à ce moment précis, la sonnette annonce l'arrivée de sa sœur, et le dictionnaire est claqué d'un geste.

- J'VAIS OUVRIR !

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Leo Bloodworth

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Bistrot du Niffleur Doré, Mercredi 28 Juin 2124

- Ouais ! Vingt heures c'est parfait Miss Bergame ! J'serais là !

 

Il sait pas bien pourquoi Leo, mais il est partit très rapidement dans les minutes qu'ont suivies. Comme si qu'un sentiment d'urgence l'avait pris pour Merlin sait quoi. Emporté par les répliques graveleuses qu'avaient pu sortir les clients du bar, il s'était éclipsé en agitant une main vers la tenancière, à reculons ou presque, à s'en prendre une chaise, une table, la porte d'entrée même. Rouge comme une pivoine, il s'était alors retrouvé à la rue. C'est là et seulement là qu'il avait compris le sentiment d'urgence. 

D'abord, il fallait qu'il trouve le fameux bistrot, dont le nom seul lui était venu sans qu'il ne se rappelle où l'endroit pouvait bien se trouver, où la raison pour laquelle cette enseigne l'avait marqué plus qu'une autre. Ensuite, il fallait qu'il s'assure qu'ils servent bel et bien les pâtes fantômes promises, sans quoi il aurait sans doute l'air d'un crétin. Enfin, il fallait qu'il se change pour avoir l'air d'un type cool. Un type cool qui sortait avec une fille. Un type cool qui sortait avec Miss Bergame.

 

Fichtre, quel stress.

Alors pressé, Leo se décide à héler le Magicobus pour un retour vers Londres spectaculairement rapide, pendant lequel il échange longuement avec son conducteur : Patrick. Leo connait bien Patrick. Il faut dire que Patrick est son successeur, et que Leo est l'homme connu pour avoir coincé le Magicobus en mode aplati. Mais surtout, Patrick est une mine d'or en terme d'informations, car il sait aussitôt de quel bistrot Leo veut parler lorsqu'il lui demande. 

 

- Ah ! Mais c'est à côté ça ! Enfin à côté. J'me comprends. En Magicobus y a tout qu'est à côté t'vois. C'est à Black Hollow, dans le nord tu sais ?

Leo connait effectivement Black Hollow. Autrefois, il avait travaillé sur son port. Il faut dire qu'enchanter des navires de cette envergure en partance pour des routes commerciales on-ne-peut-plus secrètes avait son charme, voyez. Un charme qui s'était rompu dès lors qu'il s'était avéré qu'il n'avait pas vraiment les compétences nécessaires même aux tâches les plus simples, et qui lui avait valu se faire licencier pratiquement dans la même semaine que son embauche. Bref. C'était là, sans doute, qu'il avait mis les pieds pour la première fois au Bistrot du Niffleur Doré.

D'ailleurs, il se souvenait à présent de ce qui l'avait grandement marqué au sujet de ce bistrot. Sa forme, d'abord, fièrement sculptée à l'image d'un village majoritairement composé de pêcheurs, héritiers de quelques pirates de renom dont on contait encore les histoires ce jour. Il prenait la forme d'un navire, ou plutôt de l'avant d'un navire, sa coque sertie de richesses - probablement fausses, néanmoins brillantes - qui ne manquaient guère attirer l'œil de ses visiteurs. En fait, il avait l'aspect d'une épave de pirate qui aurait dérobé des montagnes de pièces quelque part sur une île lointaine, peut-être gardé par un dragon.

C'est l'image que s'en faisait Leo du moins, et qu'il se prenait à se remémorer alors que le Magicobus faisait halte à Londres.

- Merci Patrick ! T'crois que tu pourras m'ramener tout à l'heure ? Dans... deux heures !

- Ouais ouais ouais, t'inquiète même pas. Pis j'peux même t'conduire avec ta d'moiselle jusqu'au bistrot tu vois.

- Trop bien.

 

Il était fier, Leo, de voir que finalement tout s'emboitait si bien. À son appartement, il récupère les vêtements les plus classes qu'il détient. Une chemise blanche qu'il ne porte que pour les grandes occasions, une veste de costume que son père lui a acheté lorsqu'il a reçu son diplôme de Poudlard - inespéré -,  un jean parfaitement ajusté qu'il est persuadé de lui porter chance. Il verni ses chaussures, se recoiffe, se parfume, se recoiffe encore avant de se décider à guetter le temps qui passe. Le temps passe diablement lentement quand on est impatient, voyez. Il s'écoule à la manière d'un robinet qu'on aurait mal fermé. Un compte-goutte abominable qui vous fait croiser et décroiser les jambes tellement de fois qu'on ne sait plus dans quel sens on est tourné.

 

Bref.

Leo n'en peut bientôt plus d'attendre. Il repasse devant la glace pour se recoiffer encore, se parfumer encore, avant de quitter l'étroit appartement pour aller faire un tour. Faire un tour accélère toujours le temps qui passe. Puis, alors qu'il s'est trouvé en chemin un fleuriste, il hèle de nouveau le Magicobus, et venir se reposter non loin des Trois-Balais. Il est dix-neuf heures trente, et Patrick lui a assuré qu'il se pointerait dès qu'il lèverait de nouveau sa baguette tout à l'heure. Alors Leo hésite. Entrer en avance et attendre Miss Bergame alors même qu'elle travaille encore ? Attendre dans le froid pour ne se montrer qu'à la dernière minute et l'embarquer avant que quiconque n'ait eu le temps de le charrier ? Il guette le temps qui passe, encore, à la montre magique que lui a offert son père quelques mois plus tôt, et il décide d'attendre.

D'attendre encore.

Jusque dix-neuf heures cinquante deux, où l'homme se met en branle sans parvenir à démontrer de plus de patience, pour entrer de nouveau aux Trois-Balais d'un pas qu'il espère déterminé. Aussitôt, il est enveloppé d'une vague de chaleur lui rappelant combien il faisait froid, là dehors, et il manque rentrer dans une serveuse qui lui passe sous le nez, s'attirant quelques regards ainsi que quelques rires. Il se pince les lèvres. Rajuste inutilement ses cheveux tandis que d'une main il resserre sa poigne sur le bouquet de fleurs qui semble flancher sous la température ambiante. Il se racle la gorge. Cherche du regard Miss Bergame. Se sent suer terriblement, et se demande s'il a mis assez de parfum. C'est éreintant, de sortir avec une fille.

C'est là qu'il réalise qu'il a oublié de demander à Patrick si au bistrot, on pourrait lui servir des pâtes fantômes. Merde.

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Leo Bloodworth

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Bistrot du Niffleur Doré, Mercredi 28 Juin 2124

Un sourire éclatant lui fend le visage d'une joue sur l'autre alors que Miss Bergame se montre, le complimente sur son sens de la ponctualité. C'est quelque chose d'important, la ponctualité. Maman le lui a toujours dit, Papa aussi, parfois. Lorsqu'il annonçait qu'il avait un entretien, ils ne manquaient jamais lui rappeler d'arriver en avance, pour mettre toutes les chances de son côté, montrer qu'il pouvait être ponctuel. Ça, et bien s'habiller. Miss Bergame n'avait rien d'un futur employeur, cependant Leo n'était pas sans savoir qu'une femme n'attendait pas moins de la part d'un homme : qu'il soit bien habillé, et ponctuel. Ça il ne le tenait pas de quelconque film, mais bien de magasines empruntés à Madame Gillespies, qui ne manquait par ailleurs jamais de bon conseil en la matière :

 

- Les femmes, elles te diront parfois le contraire, mais ce qu'elles aiment ce sont les fleurs et les compliments. Mais les vrais compliments Leo, attention. Si tu l'pense pas, ça compte pas !

- C'est pour vous Miss Bergame ! Il annonce alors en offrant son bouquet à l'aubergiste, d'une voix forte et sûre. J'en ai pris d'toutes les couleurs, parce que les couleurs ça fait joli, voyez ? Comme vous.

Il rougit un peu quand même, parce c'est plus facile à dire qu'à faire que de courtiser une jeune femme, surtout quand elle est aussi jolie que Miss Bergame, mais il se démonte pas en lui refilant ses fleurs avant de lui offrir un bras. Parce qu'il est son guide. Sûr qu'il va être un bon guide. L'meilleur, pour Miss Bergame. Pas que Leo soit très doué pour guider les gens d'manière générale, mais pour ce soir au moins, il sait où il va emmener la sorcière, et même comment ils vont s'y rendre. Alors ça se présente pas si mal. Il ignore les quelques regards de biais qui semblent un peu les suivre alors qu'ils s'en vont de l'auberge, et se met bien sûr à parler pour occuper l'espace, occuper le silence, occuper Miss Bergame et s'assurer qu'elle n'ait pas le temps même de penser qu'elle risque de prendre froid.

- Z'allez voir Miss Bergame, vous allez pas en revenir d'l'endroit où j'vous emmène. Enfin si bien sûr, vous ne reviendrez. J'suis pas un gars comme ça qu'emmène des filles à des endroits dont elles reviennent pas. Il rit nerveusement, ferme la bouche un peu brusquement avant de la rouvrir : c'est pas bien loin d'ici. Il lève sa baguette pour héler le Magicobus, dont les phares surgissent à quelques mètres dans la seconde suivante. Salut ! 

 

Il avise Patrick, se décroche de Miss Bergame pour lui régler deux billets, échangeant un regard complice avec le contrôleur, qui connait parfaitement sa destination. Puis il revient s'installer près de Miss Bergame, ignorant la manière dont le Magicobus se met en branle dans un grand chaos sonore, les chahutant d'un bord et d'un autre sans délicatesse.

 

- Ah ! On va à Black Hollow Miss Bergame ! Connaissez Black Hollow ? Il n'attend guère de réponse. Laisser un silence s'installer, c'est laisser la relation mourir avant même qu'elle n'ait vécu, page 23 de Sorcière Hebdo. Un vrai village de pirates Miss Bergame ! Enfin. De descendants d'pirates, alors on risque pas grand chose. Black Hollow était par ailleurs davantage connu comme un village de pêcheur dorénavant, bien qu'il conserve son charme corsaire affluent en son sein son flot de touristes chaque année. L'Bistrot du Niffleur Doré c'est un incontournable voyez. Il imagine, du moins. Pis comme j'vous ai dit. Z'ont des pâtes fantômes. Ça il l'espère encore.

Patrick est d'une aide essentielle quand il s'agit de ne pas laisser le silence s'installer, avançant ses propres questions dans la direction générale de Miss Bergame, ou parfois de Leo. C'est vous qui t'nez les Trois-Balais alors ? Celui-ci a tenu l'Magicobus savez. Pas vrai Leo ? Bien sûr, Leo acquiesce, avec cet air paniqué qui stoppe probablement Patrick dans son élan, avant qu'il ne déborde à raconter pourquoi, au juste, Leo ne conduisait plus le Magicobus. Bon et alors vous avez entendu parler d'tous ces meurtres dans votre région Miss ? On sait plus à qui faire confiance de nos jours. Le silence ne s'installe pas, mais parfois Leo se demande s'il n'aurait pas été préférable, car la conversation de Patrick n'est pas toujours du genre à se faire valider par quelque Sorcière Hebdo que ce soit.

Lorsque le véhicule fait halte, une halte brusque qui les envoie presque se ficher directement dans le pare-brise, Leo récupère le bras de Miss Bergame pour la faire sortir, secouant un bras vers Patrick pour le saluer, soulagé intérieurement qu'ils soient enfin à Black Hollow. Au devant même d'ailleurs du Bistrot du Niffleur Doré, vaste pub aux allures d'épave échouée avec sa coque sertie de trésors aussi brillants que des gemmes. Joyeux, Leo rajuste le col de son costume d'une main, lève un peu le menton, puis tend un bras pour présenter la bête boisée ensevelie sous quelques dunes de sable à Miss Bergame.

- Tada !

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

- Oh ouais, carrément, carrément Miss Bergame !

Fatalement que ça l'a enthousiasmé, comme proposition. Même que Leo en a eu les yeux brillants, pis tout le corps emporté vers l'avant à presque en tomber de son tabouret. il en tombe pas pour autant. S'applique plutôt à glisser sa demande. Subtile. Fluide. Presque autant qu'une bonne bièraubeurre pression. Même qu'il a de la conviction, et du poids dans le regard alors qu'il bombe un peu le torse, un peu persuadé quand même qu'elle va dire non. Pas parce que c'est Isaya Bergame, même si c'est Isaya Bergame, mais parce que c'est une fille. Leo ne connait aucune fille qui ne dise pas non quand il leur demande de sortir.

En dehors de sa sœur bien sûr, mais sa sœur c'est encore différent.

C'est d'instinct qu'il approche, penché de nouveau sur un tabouret qui s'affaisse pour trouver un équilibre précaire, deux jambes suspendues dans le vide alors que le suspense s'étire encore. Miss Bergame s'est penchée sur son comptoir pour lui confier sa réponse, un ton plus bas que les filles qui d'ordinaire disent non. D'ailleurs, Miss Bergame ne dit pas non. Elle dit tout autre chose. Elle annonce que c'est d'accord. Ça met un sacré temps à se digérer comme réponse, un c'est d'accord de Miss Bergame. Les sourcils relevés sur le front, les yeux grands écarquillés, la bouche un peu ouverte, Leo cligne plusieurs fois des yeux en l'observant se redresser.

Lentement, un sourire se dessine qui lui fend une joue puis l'autre, béat de contentement, et il acquiesce vivement. À quoi précisément, rien n'est moins sûre. Au c'est d'accord de Miss Bergame, au fait de bientôt lui raconter pour le Ministère ? Un sifflement retentit quelque chose, et d'autres ricanements qui semble faire écho au premier poussé après sa demande de sortir. Dans son cerveau, tout s'emmêle, et il essaie vainement de se rappeler des restaurants qu'il connait et qui ne soit pas les Trois-Balais. Il est allé dans des tas de restaurants. Le plus souvent avec Papa et Maman, ou Summer, ou les trois. Puis avec Papa ou Summer, ou les deux.

Une fois, il est allé au restaurant avec Madame Gillespies, et c'est elle qui l'a invité pour le remercier de sortir une vieille grand-mère comme elle. Comme si les grand-mères avaient moins le droit de sortir que les autres. Le restaurant avait été un restaurant moldu, très joli, planté au cœur de Londres et faisant face à la Tamise. Il sentait bon parce qu'il était emplit de bouquets entiers de fleurs, qui faisaient ployer les murs. Tout un tas de guirlandes de végétation avait été accroché d'une lampe à une autre, et les tables en bois vernis étaient colorées sous une plaque de verre, leur donnant des airs d'œuvres d'art.

Isaya Bergame est une sorcière, toutefois, et il n'est pas sûr qu'elle aime les restaurants moldus. Pas plus qu'il n'est très sûr qu'elle puisse avoir envie de manger dans Londres d'ailleurs. Iraient-ils par cheminette ? Devraient-ils plutôt rester dans Pré-Au-Lard ? Mais voilà, il n'y avait que deux endroits où manger dans Pré-Au-Lard, et le seul qui en vaille vraiment la peine était les Trois-Balais. Miss Bergame ne voulait pas sortir aux Trois-Balais. Isaya voulait sortir ailleurs. Avec lui. Manger dans son restaurant préféré. Est-ce qu'il avait seulement un restaurant préféré ? Leo n'en était pas bien sûr.

- Heu... je...

 

Désarçonné par la réponse positive de Miss Bergame, et pas préparé du tout à ce qu'il pourrait se passer ensuite si Miss Bergame disait effectivement que oui, que c'est d'accord, qu'elle veut bien sortir avec lui pour fêter son anniversaire de comptoir, Leo bafouille. Réalise que depuis quelques secondes, il fixe Miss Bergame avec une intensité floue, perdu dans le flots de pensées étranges sur les guirlandes de végétation et les fleurs, et la bavette qu'avait taillé son père à la manière d'un crayon sous ses yeux ébahis, dans ce minuscule bistrot à Edimbourg pendant des vacances. Ça ricane et ça commente du côté des autres clients, mais Leo n'entend rien, trop occupé qu'il est à paniquer de trouver même le nom d'un seul restaurant qui puisse convenir à quelqu'un d'aussi jolie que Miss Bergame, qui était d'accord pour venir boire un verre avec lui

- Connaissez le Bistrot du Niffleur Doré ? Premier nom qui lui vient en tête. Il sait même pas d'où ni pourquoi. Mais il enchaine. C’est génial là-bas, j’y vais tout le temps, c’est hyper… heu… hyper lumineux, et… et ils ont des chaises. Plein de chaises. Ils font heu... des pâtes fantômes et tout.

Il s'humecte les lèvres, décidément sèche.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Conté de Devon, Samedi 26 Août 2124

Il a pas tout suivi Leo. Mais il est content. Genre y a du Quidditch, et c'est cool le Quidditch. Mais surtout y a Summer et Papa. C'est rare quand même. Très rare. Plus encore depuis la mort de maman. Comme si son départ avait causé une onde de choc et les avait envoyer bouler très loin les uns des autres. Sa sœur était toujours occupé, voyez. Si c'était pas par le travail, c'était par de mystérieuses sessions du soir, ou alors par sa copine, ou alors par [insérez ici toute bonne excuse permettant d'esquiver le moindre contact social]. Pis bon. Papa est toujours... papa. Bougon pour un oui, pour un non. Présent pour le café noir du lundi, mais plus pour se noyer dedans entre deux silences que pour avoir une vraie conversation. Les vraies conversations il les a avec Summer. Summer lui parle, lui explique, Summer est patiente, et gentille, vraiment très souriante. Elle rend tout ce qui est grave bien moins grave, Summer. Elle lui manque, Summer. Alors il est content d'être là à regarder des gens voler sur des balais avec Summer et papa, parce que quand Summer est là papa est moins bougon pour un oui ou pour un non.

 

Bref.

 

Y a des oh, y a des ah, y a des hauts débats - vraiment elle veut rien dire cette expression elle est sans queue ni tête. Comme l'expression sans queue ni tête, étant donné que quand même y en a plein des trucs sans queue ni tête qu'ont quand même du sens, voyez ? Ça vole en tous cas. Ça vole dur et ça vole bien, et ça se bastonne dans l'air, et ça marque des buts, et Leo se gave de son jus de fizbizwiz tout bleu - tellement que ça lui a déteint sur les lèvres un peu, et que ça fait rire Summer. C'est facile de faire rire Summer, cela dit. Mais c'est bien. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Même si papa se gave à autre chose que du jus de fizbizwiz et que Leo a rien suivi des scores, pis que quand le match se termine il manque de s'étouffer avec sa paille. C'est-à-dire qu'il a voulu applaudir, hurler et boire en même temps, voyez. M'enfin il a survécu. Même que ni Summer ni papa se sont inquiéter. Ils ont l'habitude, ils savent. Ils le laissent faire ses erreur et apprendre. C'est pas grave, c'est juste que c'est un mec léger. Si, il a entendu des gens le dire souvent. Pas à lui directement - ça aurait aucun sens de parler à quelqu'un à la troisième personne, soyez pas cons. M'enfin c'est sûr que cette expression là il l'a compris. C'est vrai qu'il est léger. Pas physiquement, parce que physiquement il est bien construit. Bâti ? Enfin il est plutôt normal quoi. Leo le mec normal. Ça on lui dit pas souvent.

 

Bref.

 

- C'est qui qu'a gagné ? Qu'il demande discrètement à Summer.

- On s'en tape on s'barre avant d'être coincé par la foule, viens ! Papa, viens !

 

Sans doute qu'elle sait pas non plus, il se dit, Leo. Parce que quand elle sait, elle dit. M'enfin on s'en fiche, au final, parce que ce sera certainement pas l'Angleterre. Restaient que les norvégiens et les japonais. Très franchement Leo en avait déjà pas grand chose à faire du Quidditch - à part que c'est cool à regarder ça lui fout des vertiges de monter sur un balai ok -, alors si c'est une coupe du monde sans les anglais, ça a pas grand intérêt. Nan lui est là pour Summer, et papa, et la loge VIP. Tout ça. S'agirait d'en sortir. Non parce que le super plan de Summer ? Vachement trop super. Tellement trop super que tout le monde l'a eu en même temps. Alors évidemment que ça prend un temps fou de descendre toutes les marches et de laisser guider vers la sortie. Un temps incroyablement long. Les neurones de Leo se déconnectent quelque part avant le dégueuli de son petit morceau de foule à travers le vomitoire numéro trois, et il braque un regard abstrait sur la foule de tentes enflammées. Ça met un temps incroyablement long à faire du sens dans son esprit, ce qu'il a sous les yeux. Les tentes enflammées.

 

Il avait dit quoi le patron ? Toujours prêt. C'est la coupe du monde de Quiddtich. T'es un stagiaire et t'es pas en service, mais quand même faut être toujours prêt. Voilà ce qu'il avait dit. Alors Leo est prêt. À quoi il sait pas trop. À rien, visiblement, parce qu'il reste un peu con à mater les tentes enflammées, et les gens qui paniquent, et les tentes enflammées, et les gens qui paniquent, et toujours prêt. Sa baguette l'est peut-être plus que lui. Comme ses jambes. Ses jambes, et sa baguette. Parce qu'il marche, et vite, dans la direction de la première source de chaleur qu'il aperçoit : visualiser le danger c'est la première étape d'un cas d'urgence, il se rappelle bien ok ? Il le visualise super bien. Pis il articule son sort. Un réflexe vraiment, le seul qui lui vient. Parce que vraiment, quoi d'autre pour éteindre le feu qu'un puissant filet d'eau n'est-ce pas ? Il saisit pas, Leo, l'oxymore. Parce que Leo est un oxy-moron qu'a pas capté que les flammes étaient pas tellement naturelles, ni qu'un filet d'eau peut pas vraiment être puissant.

 

- Aguamenti

Un filet d'eau s'échappe de la baguette. Sans le moindre effet. Zut ?