Harry Potter RPG
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Oonagh Aisling

Guérisseur-en-Chef du Service des Pathologies des Sortilèges 30 ans Hybride Irlandaise Notoriété

Serpentard
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Rue principale du Chemin de Traverse, Samedi 27 Janvier 2125

Elle n’a aucune idée de pourquoi le monde se couche toujours sur un lit de neige et de froid. Comme si tout était destiné à s’endormir sous ce voile immaculé, à se figer dans une immobilité trompeuse. Comme si l’hiver était une promesse qu’on contemple de loin, fascinés par son éclat, mais toujours réticents à abandonner la chaleur d’un été trop étouffant. Il y a quelque chose d’amusant dans ce paradoxe, dans cette façon qu’ont les gens de convoiter ce qui leur échappe. Ceux qui bravent la tempête, non pas pour la traverser, mais pour se laisser emporter par le courant. Pourquoi ? Par désillusion ? Par ennui ? Par ce besoin viscéral de se prouver qu’ils existent, qu’ils peuvent encore ressentir quelque chose ?

Peut-être.

Oonagh ne sait pas vraiment pourquoi elle a envoyé ce hibou. L’idée s’est insinuée, un matin, alors qu’elle regardait son jardin se couvrir lentement sous la morsure du froid. Un instant de flottement, une pensée errante entre deux gorgées de café. Ses yeux clairs avaient glissé vers le bureau, vers le papier encore vierge, prêt à accueillir une réponse à Miranda et à cette énième réunion familiale qui s’annonçait. Mais au lieu de cela, son esprit avait bifurqué vers un autre visage, un souvenir pas si lointain. Un intérêt étrange, renouvelé. Rien de sentimental, rien qui s’apparente à une envie persistante. Juste une curiosité qu’elle n’avait pas anticipée.

Alors, dans le doute, elle avait suivi son instinct.

Le cercle privé, ce n’est pas comme le travail. Il n’y a pas besoin de tout contrôler, de tout planifier. Il suffit de faire, et d’aviser ensuite, tant que rien n’entre en collision avec le reste.

Ses doigts glissent distraitement contre la vitrine devant laquelle elle s’arrête, effleurant du bout des ongles la surface froide du verre. Un reflet lui renvoie son image, et son propre regard l’analyse un instant, critique. D’un geste assuré, elle ajuste son rouge à lèvres, glissant une main dans ses cheveux soigneusement plaqués en arrière. Ils sont légèrement plus longs que d’habitude, un détail qu’elle note sans véritablement y accorder d’importance. Autour d’elle, la foule se meut avec son brouhaha habituel. Des murmures l’accompagnent sur son passage -certains admiratifs, d’autres plus discrets, plus mauvais. Elle y est habituée. Il est rare qu’on ne la remarque pas. Mais ce n’est qu’un bruit de fond, un souffle insignifiant qu’elle balaie d’un haussement d’épaules mental. Puis, enfin, elle aperçoit la silhouette qu’elle cherche.

D’un pas fluide, elle s’avance et s’installe aux côtés d’Alaska, un sourire léger au coin des lèvres. Une mèche de cheveux échappe à sa coiffure, et dans un geste instinctif, presque nerveux, Oonagh la glisse derrière sa propre oreille. Un tic, peut-être. Une brève dissonance dans son assurance habituelle. C’est drôle… Je ne pensais pas que tu aurais envie de me revoir. Il y a quelque chose de suave dans sa voix, alors qu’elle plisse des yeux. Comme une lueur qui frôle la provocation, teintée d’amusement. Les serpents savent danser, après tout, quand la mélodie leur répond. Comment vas-tu, Alaska ? Elle incline légèrement la tête, observant le monde autour d’elles. Le froid continue d'embrasser les gens dans le silence, déposant son empreinte sur les pavés. Marchons un peu, tu veux bien ? Il ne faudrait pas geler sur place. Tu ne crois pas ? Sa main glisse contre le tissu de son manteau, retenant un frisson invisible. L’hiver est un territoire qu’elle ne craint pas, mais elle préfère toujours être en mouvement.

L’immobilité, elle, est bien plus dangereuse.

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Oonagh Aisling

Guérisseur-en-Chef du Service des Pathologies des Sortilèges 30 ans Hybride Irlandaise Notoriété

Serpentard
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Salle principale, Dimanche 06 Août 2124

Le problème avec Oonagh, c’est qu’elle ne supporte pas d’avoir quelqu’un dans son lit au réveil. Peu importe ce qu’il s’est passé la veille, la chaleur humaine a une expiration claire : les premières lueurs du jour. Pas de tendresse matinale, pas de petit-déjeuner partagé, pas de romantisme. Elle ne revoit presque jamais les mêmes personnes si elles n’ont, à la base, aucun lien commun avec elle. C’est plus simple comme ça. C’est aussi pour cette raison qu’elle préfère éviter d’emmener ses conquêtes chez elle. Parce qu’aussi clair que soit l’accord la veille, il y en a toujours un ou une pour croire qu’il ou elle fera exception. Que rester un peu plus longtemps ne changera rien. Et, évidemment, ceux-là reviennent toujours, persuadés d’avoir une importance qu’elle ne leur a jamais accordée.

Pourtant, les choses sont simples, non ? Un café le matin et un bonjour, c’est la seule concession qu’elle est prête à faire. Au-delà, ça s’arrête là. Il faut que chacun rentre chez soi, en bons termes. Elle trace une limite stricte, compartimentant sa vie en trois blocs distincts : le travail, les coups d’un soir et sa sphère privée. Rien ne doit se mélanger. Elle n’a aucune envie que l’un empiète sur l’autre. Sinon, ça devient vite un problème… et les complications l’emmerdent profondément.

Aisling ne l’a vu que trop de fois chez les autres. Il lui suffit d’observer sa sœur aînée ou ses amies pour voir à quel point tout se complique dès que les sentiments entrent en jeu. Tout devient une négociation permanente : il faut rentrer tôt, se soucier de l’autre, répartir les responsabilités, organiser Noël pour les deux familles… Très peu pour elle. Elle n’a ni la patience ni l’envie de gérer ce genre d’obligations. Oonagh préfère consacrer son temps à ses patients et profiter de ses nuits comme elle l’entend, sans attache, sans contrainte, sans personne pour l’attendre derrière une porte entrouverte.

Alors lentement, elle repousse le bras de l’autre jeune femme qui la sert fort contre elle. Doucement, elle tente de la réveiller. La blonde ne va pas partir comme un voleur. Ce n’est pas parce qu’il n’y a rien après le matin -déjà qu’elle fait l’effort de rester la nuit, qu’elle en oublie les politesses. Hey… Je suis désolée, mais je dois partir. Il faut que j’aille au travail et je dois passer chez moi. C’est une journée off, mais la moldue n’a pas besoin de le savoir. Après quelques arguments hasardeux pour la faire rester et une demande d’échange de numéro -qu’elle ne possède pas, la blonde fait son au revoir et referme la porte du studio doucement. 

Une fois dehors, le froid matinale lui mord les joues. Elle pourrait se cacher dans une rue et transplaner pour rentrer chez elle, mais Oonagh a bien envie d’une boisson et d’aller se promener. Si sa mémoire est bonne, elle n’est pas loin du chemin et surtout du Chaudron. Ce n’est pas l’endroit le plus élégant de l’histoire, loin de là, mais ça fait toujours l’affaire. Pressant le pas, elle finit par arriver à destination en très peu de temps. Au comptoir, elle demande un café corsé avant de s’attabler à un endroit. Mais son regard est vite attiré vers une personne. Sirotant sa boisson, elle s’approche et se penche vers la personne, le cul par terre, en bas des escaliers. Tout va bien ? Elle lui tend la main pour l’aider. Ses yeux clairs observent la personne en face, cherchant une quelconque autre blessure. Vous n’êtes pas blessé ? 

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Oonagh Aisling

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Salle principale, Dimanche 06 Août 2124

Oonagh observe la scène, la baguette encore glissée entre ses doigts, mais sans la moindre précipitation. Son café attend toujours sur la table, probablement en train de tiédir, et c’est peut-être ça le vrai drame de cette matinée. Pourtant, elle ne bouge pas immédiatement. Le tableau est trop improbable pour être ignoré.

Le Chaudron Baveur a toujours son lot d’incidents, mais ce n’est pas tous les jours qu’on commence sa matinée avec un adolescent à la crête mal fixée, échoué en bas des escaliers au même niveau que sa dignité. C’est quelque chose qui reste une bonne distraction appréciable. Elle inspire doucement, une habitude plus qu’un besoin, histoire de donner l’illusion qu’elle hésite. Mais elle sait déjà qu’elle ne va pas juste tourner les talons et le laisser se débrouiller.

Un soupir lui échappe, mais l’exaspération est feinte. Elle ne s’inquiète pas, elle jauge, elle prend le temps. Elle lève sa baguette, mouvement fluide, maîtrisé, sans la moindre urgence. Crever ? Hum. À moins que tu aies un don caché pour exploser en poussière sous l’effet d’une simple chute, je dirais que tu as encore quelques années devant toi. La blonde s’accroupit, ses doigts effleurent brièvement le tissu de son propre manteau avant de se poser sur son genou. Son regard descend vers l’articulation tordue, l’enflure qui commence à marquer la peau. L’angle ne lui plaît pas trop.

Son ton autoritaire revient à la charge. Pose-toi et ne bouge surtout pas. Elle lance ensuite un #[Per Ut-visio] le sort traverse sa rétine en un instant. La structure osseuse s’impose à sa vision, précise, nette. Pas de fracture. Une torsion marquée, mais rien d’irréversible. La blonde hoche la tête, satisfaite. Mauvaise nouvelle : t’as bien bousillé ta cheville. Bonne nouvelle : elle est encore entière et mon métier n’est pas de simplement siroter des cafés. En un instant, Aisling redresse son dos, ajuste distraitement le col de son manteau. Son café l’attend toujours sur la table. Elle pourrait le récupérer, laisser cette histoire se résoudre sans elle, mais ça impliquerait d’écouter un blessé se débattre inutilement pendant les dix prochaines minutes. Elle pointe sa baguette, le geste précis, presque mécanique. Tu vas peut-être sentir quelque chose de froid, mais ça va aider. D’un mouvement léger, la médicomage prononce un Curo As Velnus. La magie s’étend dans l’air, invisible mais tangible. Elle suit son effet sans réellement avoir besoin de le voir, habituée à reconnaître le relâchement imperceptible des muscles lorsqu’ils cessent de crier. S’il a toujours mal, ça va se voir. 

Elle garde sa baguette en main, poids familier contre sa paume, chaleur rassurante du bois poli. Oonagh jette un regard aux autres, la lumière du matin filtrant à travers le pub. Bon, maintenant. Si t’es sage, je te fais une attelle magique et je t’aide à marcher jusqu’à l’extérieur, histoire qu’on te prenne en charge correctement. Sinon, tu restes là et j’attends de voir si tu comptes impressionner le sol jusqu’à ce qu’il ait pitié de toi. Un silence s’installe, mais elle ne le remplit pas. Elle laisse planer la question, avant d’ajouter, légère, comme si la décision n’avait aucune importance pour elle. Alors, skater boy. Tu préfères quoi ? Fusionner avec les escaliers ?

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Oonagh Aisling

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Quatrième étage de Sainte Mangouste, Dimanche 13 Août 2124

Dis-moi quelque chose que je ne sais pas encore, lui disait son reflet fatigué. Assoiffée de découverte, assoiffée par son métier, la blonde en fait toujours trop. Elle veut le poste qu'on lui a promis, celui de son mentor à sa retraite, celui que sa soeur lui avait dit qu'elle aurait. Cela se voit, cela se sait, pourtant personne n’en fait rien. Parce que la plupart de ses collègues sont comme elles. Ils enchaînent les heures supplémentaires, ils se tuent à la tâche entre les soins et les recherches médicales. Des aller-retours entre les étages, entre les bureaux et les chambres. On se dit qu’on veut bien faire, qu’on veut guérir les gens, qu’on veut améliorer le monde. Alors que derrière le rideau, on s’effondre petit à petit. Oui… Oonagh avait besoin de vacances. 

Elle passe une main dans ses cheveux, finit sa bouteille d’eau. Elle sort son calepin pour voir s’il lui reste beaucoup de choses à faire aujourd’hui. Pas mal. Il semblerait qu’elle va encore traîner dans les couloirs assez tard. Au moins, ça lui évitera de se demander ce qu’elle doit faire pour le lendemain. Pressant le pas, elle se dirige vers la chambre où un de ses patients l’attend. Une vieille dame, qui n’a pas beaucoup de visite. Aisling y reste un petit bout de temps. Il y a beaucoup à faire, en dehors du social. Elle doit s’assurer que tout va bien, que le traitement fonctionne -au moins un peu. Ce n’est pas un étage facile où tout le monde peut être soigné. C’est même le contraire, certains sont là depuis des années sans avoir la possibilité de sortir. C’est ce qu’elle aimerait pouvoir changer, un jour, peut-être. 

 Quand une autre personne rentre dans la pièce pour terminer certains soins, la demi-vélane s’en va. Direction la chambre 312 cette fois-ci. En chemin, elle trouve la pensine dont elle a besoin et les souvenirs du jour, contenus dans une fiole. D’un Wingardium Leviosa, elle transporte tout le matériel, en faisant attention à ce que personne ne la bouscule. Elle n’est pas loin de la chambre, elle ne va pas s’embêter avec un chariot. Doucement, elle toque à la porte même si c’est déjà ouvert. Il y a de la visite. Cela tombe mal. C’est un moment particulier qui ne peut être esquivé. Bonjour. Monsieur Harrison, Madame. Excusez-moi, je tombe mal. Malgré tout, la blonde s’avance. Elle doit faire son travail. On ne l’avait pas prévenu que quelqu’un serait là. Elle ne peut pas modifier son emploi du temps d’un claquement de doigts malheureusement. Je dois procéder à un de ses traitements malheureusement, ça ne prendra pas très longtemps. Elle installe le tout, puis ses yeux se posent sur la jeune femme. Le souvenir du jour que votre père va voir concerne son métier… Nous l’avions extrait il y a quelque temps. Mais peut-être voulez-vous partager un de vos souvenirs ? Quelque chose que nous n’avons pas et qui pourrait l’aider le concernant ?

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Oonagh Aisling

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Rue principale du Chemin de Traverse, Samedi 27 Janvier 2125

Un souffle glacé effleure ses joues alors qu’elle avance, indifférente aux caprices du froid qui cherche à s’infiltrer sous son manteau. Il fait déjà sombre en cette fin d’après-midi tardive. L’hiver a toujours eu cette manière d’imposer sa présence, de s’immiscer dans chaque espace laissé vacant. Mais Oonagh ne le craint pas. Elle a appris à l’apprivoiser, à le laisser glisser sur sa peau sans jamais le laisser vibrer. Emmitouflée face au monde. Un rire léger s’échappe de ses lèvres, un murmure à peine audible, emporté aussitôt par l’air mordant. Un éclat de chaleur dans cette atmosphère figée, aussi furtif qu’un frisson. Pleine de surprises, oui… Il paraît que c’est ce qui fait ton charme. Sa voix est basse, un rien moqueuse, teintée d’un amusement non feint. Rien dans son attitude ne laisse croire qu’elle cherche à s’attarder sur des sous-entendus trop sérieux. La blonde préfère la légèreté, le jeu subtil des mots et des gestes. Son regard glisse, effleure chaque détail du monde.

Elles avancent côte à côte, un duo contrasté qui capte forcément l’attention dans le flot des passants. L’hiver continue de déposer son empreinte sur le Chemin de Traverse, mais Aisling ne ralentit pas. Marcher, c’est éviter de s’attarder. Marcher, c’est esquiver sans en avoir le vouloir. Toujours à Sainte-Mangouste, oui. Elle est comme cette nonchalance maîtrisée. Je suis devenue fascinante à observer dans mon milieu naturel, paraît-il. Son sourire s’agrandit, mutin. Les choses changent, mais restent étrangement les mêmes. Puis elle passe à autre chose. Elle ne cherche pas à capturer l’attention d’Alaska, seulement à lui laisser le choix d’y répondre. Oonagh n’est pas du genre à s’accrocher aux fils invisibles qui courent sous une conversation. Elle les frôle, s’amuse avec, puis les abandonne sans regret. Et toi, alors ? Suis-je supposée croire que tu es toujours la même, ou tu as trouvé une nouvelle manière de surprendre ? Un frisson effleure sa peau lorsqu’une bourrasque s’engouffre sous son manteau. Elle resserre brièvement ses doigts contre le tissu, mais son regard reste ancré sur sa voisine, attendant une réponse qu’elle n’exigera jamais vraiment. Elle ne force jamais les mots, elle les suggère.

C’est dans ce silence suspendu, dans cet instant où le monde semble retenir son souffle, qu’autre chose capte son attention :

Des flocons de neige, fugaces, suspendus dans l’atmosphère.

Au début, ce n’est qu’une lueur diffuse, un éclat pâle dans le décor glacé du Chemin de Traverse. Puis, sous ses yeux, des cristaux minuscules se forment dans la brume hivernale. S’assemblant lentement. Comme attirés par une force invisible. Ils chutent, lentement, discrètement. Accompagnant le vent dans une danse silencieuse. Certains se déposent sur les épaules des passants, d’autres s’éteignent avant même d’atteindre le sol. Mais au détour d’un courant d’air, quelque chose change. Certains cessent de bouger. Ils restent là, suspendus entre deux mouvements du vent, figés comme s’ils hésitaient à poursuivre leur course. Ils ne virevoltent plus, ne se fondent plus dans la danse hivernale. Ce n’est pas une simple accalmie, ni une illusion due aux lumières dorées des réverbères. Ils flottent, délicatement retenus dans l’instant, comme prisonniers d’une pensée inachevée.

Oonagh s’arrête, légèrement fascinée. L’espace d’un battement de cils, observant ce fragile dérèglement du monde. Lentement, elle tend la main vers l’un d’eux, laissant le bout de ses doigts glisser dessus. Il ne bouge pas. Puis, au contact de sa peau, il fond instantanément, comme s’il n’avait jamais existé. Autour d’elles, personne ne semble remarquer l’anomalie. La foule continue de s’agiter. Les passants s’emmitouflent un peu plus dans leurs manteaux. Les enseignes illuminées du Chemin de Traverse crépitent dans le froid. Rien dans ce tableau ne semble vouloir prêter attention à ces flocons figés dans l’instant. Pourtant, la magie danse dans l’air, presque imperceptible.

Son sourire s’étire, subtil, presque imperceptible. Je crois que c’est la première fois qu’on me fait une démonstration aussi silencieuse d’un tour de passe-passe. Elle ne cherche pas immédiatement une explication, pas encore. La magie est un phénomène qu’elle comprend, qu’elle dissèque, qu’elle maîtrise. Mais il n’est pas toujours nécessaire de briser l’instant, pour une simple soif de connaissance. Son regard glisse vers Alaska, cherchant à capter une réaction, une lueur d’étonnement ou d’indifférence. À moins que ce soit toi, bien sûr. Ce serait un bon moyen de me surprendre. Le ton est joueur, léger, sans réelle accusation. Si ce n’est pas elle, alors peu importe. Certaines questions n’ont pas besoin de réponse. Oonagh le sait. Et elle n’a jamais eu besoin de tout comprendre, quand il ne s’agit pas de son travail. Parfois, il suffit d’observer et d’apprécier ce qui s’offre à elle. Alors elle se tourne complétement, laissant les secondes flotter entre elles comme une note suspendue. C’est beau, n’est-ce pas ? Elle ne précise pas ce qu’elle désigne. La magie éphémère, le chemin sous la neige, ou peut-être simplement le jeu d’ombres et de lumières entre elles. L’hiver murmure bien des choses. 

Et ce soir, il semble vouloir leur souffler quelque chose.

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Oonagh Aisling

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 Oonagh sourit à l’autre femme. Ce n’est pas une expérience facile. Si c’est assez simple d'exécution, ce n’est pas un moment agréable à passer pour la plupart des gens. Souvent, ça nous fait ressortir des sensations que l'on apprécie très peu. Comme la peur et le doute. Est-ce que ça vaut le coup que je le fasse ? Est-ce que ça sert à quelque chose que je l’aide, alors que demain, il ne souviendra pas de moi ? Des questions qui blessent et qui tiraillent pour certains. C’est le genre de choses qui peuvent traverser l’esprit face à ce genre de situation. La blonde le sait, elle en a l’habitude. Quiten n’est pas son seul patient. Elle a déjà rencontré bien plus de familles que l’on peut le croire, sujettes à ce genre de détresse mentale, face à la maladie de leurs proches. C’était quelque chose qu’elle prenait à cœur dans son travail et qu’elle ne négligeait pas. Cela n’avait aucun intérêt pour le traitement que de forcer les autres à s’y plonger corps et âme. Cela ne donnait que plus de patients, rien d’autre. 

 Mais avec Leslie, Aisling avait l’impression que ça pouvait être un peu différent. Du peu de souvenirs qu’elle avait de son ancienne camarade d’école, il lui avait toujours semblé que c’était quelqu’un de débrouillard qui savait surmonter bien des épreuves. Bien évidemment, il est très probable que la blonde se trompe. Après tout, Harrison était d’une classe au-dessus, donc elles s’étaient que peu côtoyées. Malgré tout, faisant confiance à son instinct pour une fois, elle avait fini par poser la question. Question qui avait trouvé une réponse au final, plus ou moins positive. Sans attendre, elle tend un flacon à son aînée. Connaissez-vous le sort Amotio Memoriae ? D’un geste fluide et élégant, elle sort sa propre baguette et imite le geste nécessaire à la formule.

 C’est assez simple dans les faits, mais le sortilège reste complexe. Il faut se concentrer et parfois, on doit s’y prendre à plusieurs reprises, surtout quand on n'est pas habitué. Si vous sentez le moindre problème, arrêtez le sort. Ne vous mettez pas en danger. Je sais que vous aimez votre père, mais ce n’est pas une raison pour rester plusieurs jours ici non plus. Si vous voyez ce que je veux dire. Elle lâche un beau sourire rassurant en même temps. Elle ne veut pas lui faire peur. Sinon, je peux utiliser la légilimancie sur vous et extraire le souvenir moi-même. Mais ça risque d’être beaucoup moins efficace. 

 Oonagh avance la pensine près de son patient. Au cas où le sort serait un peu plus complexe à exécuter que prévu, elles essayeront de le glisser directement dans le récipient plutôt que dans un flacon. Au moins, il ne sera pas perdu. Sans vouloir être indiscrète, pouvez-vous m’expliquer en quelques mots en quoi ce souvenir consiste ? Tous les souvenirs sont utiles en soi. Mais certains plus que d’autres, et certains sont parfois plus… délicats selon le contexte. Elle se rapproche et murmure plus qu’elle ne parle à haute voix. Disons que même si au détour d’une discussion banale, vous évoquez, je ne sais pas… la mort lointaine d’un animal de compagnie ou la fermeture d’un établissement important. Quelque chose de, dirons-nous définitif, cela peut être compliqué à gérer pour la personne, si elle ne s’en souvient pas. J’ai donc besoin d’être au courant, pour pouvoir agir en conséquence avec votre père au cas où il réagit mal. Cela n’a rien d’une menace. Sa voix est douce et cherche à être la plus chaleureuse possible. Elle pose délicatement une main sur l’épaule de la femme en face, avant de se relever et de se tourner vers le père. J’espère que tout va bien Monsieur Harrison. Vous avez l’air très en forme aujourd’hui. Je suis certaine que Jeff sera très content de le savoir. En plus, aujourd'hui, se tient son cours de cuisine thérapeutique. Je pense qu’il viendra vous apporter vos sucreries préférées, comme à son habitude. C’est un jeune patient qui vous apprécie beaucoup.

 

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Elle observe, elle attend une réponse, qu’elle vienne de l’un ou de l’autre. Son regard se pose, comme dans l’expectative du soleil qui s’élève au matin. Aux premiers mots, elle sourit. Très bon choix. Un réflexe, une habitude bien ancrée. Un sourire qui n’a rien de personnel, juste une forme de politesse accordée aux patients et à leurs proches. Un éclat de chaleur dans un endroit où ça se fait souvent rare. Parce qu’ici, certains fuient l’hôpital dès qu’ils le peuvent, alors que d’autres y traînent leur douleur depuis des années. Mais les médicomages, eux, ne quittent que leur service en fin de journée. Pas la maladie, pas les maux qui hantent ces murs.

Oonagh observe la mémoire glisser dans le flacon, ondulant doucement sous la lumière. Elle a l’habitude de ce processus, de cette transition presque imperceptible où un souvenir passe d’un esprit à une matière fluide. Elle ne dit rien, se contente de récupérer le flacon avec précaution, le soulevant légèrement pour en observer les reflets mouvants. Lentement, elle le repose, s’assurant de sa stabilité avant d’acquiescer d’un simple signe de tête. C’est parfait. Le ton est posé, évident. Aucune hésitation, aucune analyse superflue. Ce n’est pas une expérience anodine, mais il n’y a pas besoin d’alourdir l’instant. Elle sait que certains ressentent un flottement après l’extraction, une légère déconnexion, mais chacun réagit différemment.

Elle relève les yeux lorsque la voix de Quinten s’élève, flottant dans la pièce comme une pensée échappée. Qui est Jeff ? Un oubli de plus, une question parmi tant d’autres. Oonagh ne laisse pas son sourire vaciller. La réponse doit être fluide, naturelle, sans accroc. Jeff est un jeune homme qui vient souvent vous voir, Monsieur Harrison. Il habite pas très loin de votre chambre. Aucune insistance, juste une affirmation simple, un fil qu’il pourra suivre ou non. Elle ne précise pas l’endroit, ni l’origine de la rencontre entre eux. Certains réagissent mal quand on leur parle de l'hôpital trop souvent. Alors, elle ne s’attarde jamais trop longtemps sur ces moments-là. Vous pourrez lui poser la question vous-même, je suis certaine qu’il passera bientôt.

Elle effleure du bout des doigts le rebord de la pensine, son regard glisse brièvement vers le flacon. L’éclat argenté du souvenir semble toujours vivant, enfermé dans cette capsule de verre. D’un mouvement fluide, elle range sa baguette, la fait disparaître dans le pli de sa manche. On y va ? Délicatement, elle pose une main sur le dos de son patient, pour le maintenir. Un contact léger, mesuré, destiné autant à l’ancrer qu’à l’inviter à se pencher vers la pensine. Aujourd’hui, nous allons voir votre atelier, mais quelqu’un de particulier sera avec vous. Votre fille. Elle sait qu’un patient peut hésiter, qu’un souvenir peut parfois engendrer une réaction inattendue. Tout va bien se passer. Elle l’accompagne dans le mouvement, ajustant sa posture, veillant à ce que rien ne perturbe le moment.

D’un simple regard, elle invite Leslie à faire de même. Elle n’a pas besoin de mots pour cela. Puis, lorsqu’ils sont prêts, elle plonge à son tour. Oonagh reste toujours près du patient lorsqu’elle entre dans un souvenir. C’est une nécessité, une façon de guider s’il faut revenir, d’intervenir si quelque chose échappe au contrôle. Même avec un simple extrait de mémoire, il arrive que certains se perdent, absorbés par ce qu’ils retrouvent. Elle inspire doucement, puis le monde bascule autour d’eux.