Harry Potter RPG

Liste des messages de Elliot Blackburn

Elliot Blackburn

Homme

26 ans

Né-moldu

Britannique

Onze ans et demi plus tard

Message publié le 14/01/2026 à 14:54

Vachement fier de son succès, Elliot mate Freya avec insistance comme s'il attendait un genre de récompense quelconque. Il est servi. La meuf apprend pas sa leçon. Elle est presque pire que lui quand il s'agit d'compétition.

 

- Han han. J'vais pouvoir tout décider ? Il avance, bravache. Nan parce qu'on sait déjà qui va gagner. Aucun suspense.

Comme pour illustrer son propos, Freya, qui vient de balancer une dragée dans sa bouche, écarquille les yeux. D'un geste, elle se jette sur une mouche au caramel, clairement dégoûtée par la saveur du bonbon. Poudre de cheminette ? Poubelle ? Crotte de nez ? En tous cas, pas mieux, et c'est d'une évidence telle qu'Elliot meurt de rire.

- Wah. Une minute. Y a combien d'dragées là-dedans ? Histoire d'voir combien d'temps j'vais pouvoir rester ton maître, tout ça.

Il s'gêne pas pour s'foutre de sa gueule, récupère une nouvelle dragée qu'il balance dans sa gueule dans un geste similaire à celui de la sorcière, quelques secondes plus tôt. L'goût sucré est immédiat. Marshmallow. Même pas b'soin de poker face. Même qu'il prend son temps pour mâcher, émettant plusieurs bruits satisfaits. Il passe ensuite sa langue sur ses lèvres comme s'il venait de se becqueter un repas royal, et se lèche les doigts un à un.

- Un délice. Enfin tu sauras jamais. P't-être que c'était parfaitement immonde et qu'tu devrais m'refiler un oscar. J'me contenterais d'une minute de plus au paradis. Enchaine, Carter, et essaie un peu d'jouer le jeu parce que là c'juste trop facile ! Il la presse.

Il a pas la moindre idée de c'qu'il fera de ce temps si injustement gagné, mais il sait déjà qu'il va kiffer l'délire. Parce que ça fait aucun doute qu'il va remporter chaque mise. Freya a jamais été bien douée pour cacher qu'un truc lui plait pas. Est-ce que c'est pour ça qu'elle a proposer c'gage ? Parce qu'elle veut perdre et l'voir prendre le contrôle ? Aurait-elle des fucking kinks ?

- Poker face, Freya, poker face. Po po ker face po po po po po ker face, il chantonne sur le rythme d'un morceau moldu dont elle a probablement pas la ref, agitant une main devant sa propre gueule pour s'cacher derrière une fois sur deux.


Onze ans et demi plus tard

Message publié le 13/01/2026 à 17:33

- Fucking pelouse, il a rétorqué du tac au tac. Dragée d'brouteuse.

C'était sa vanne à l'époque, et Elliot n'a pas tellement changé par rapport à l'époque. Les paquets s'faisaient trier méticuleusement par leur petit groupe de gamins, les billes vertes finissant sans débat dans les mains tendues d'Freya Carter. Les autres se battaient pour les dragées oranges et rouges qui revêtaient souvent les saveurs les plus fruités. Lui s'récoltait aussi régulièrement les bleues qu'les violettes, parce qu'elles bavaient sur la langue.

- Faut garder une poker face tout l'long. S'tu prends une mouche c'est triché ! Il annonce alors qu'elle attrape un paquet.

Il récupère une poignée d'emballages de shock-au-choc qu'il ajoute au panier de Freya - parce qu'il a visiblement décidé que c'était un panier commun. Il s'marre à la réplique désarticulée d'Freya, qui vient de s'enfourner une énorme patacitrouille, acquiesce en récupérant un peu tout c'qui lui passe devant les yeux pour l'ajouter au borde. Pour une plombe ça fait une plombe. Il s'fait encore des razzias d'fiz à l'occasion, parce que y a un distributeur au Centre, mais c'est à peu près tout.

 

En fait, si on oublie ses achats de l'an dernier pour Charli, il a plus erré entre les rayons d'une confiserie depuis des années. La notoriété vous fait globalement passer l'envie d'vous coltiner les rayonnages de tels commerces. Les traits d'Nicolas Brutcell ont beau faire leur preuve, Elliot est pas bien fan de d'voir cacher sa gueule pour aller quelque part, et il le fait relativement peu souvent.

- C'est l'feu. On s'fait tous les commerces de Pré-Au-Lard comme ça, t'as évacué l'village pour moi ?

L'défi de Freya avait été d'passer pour une moldue sur la presque-île de Quiberon, celui d'Elliot est visiblement d'passer pour un mec normal qui s'fait pas accoster dès qu'il se rend dans un lieu public. Il a franchement rien contre.

- Genre on s'fait un pique-nique de bonbons dans l'parc et ensuite on s'réchauffe d'vant les cheminées des Trois-Balais comme à l'époque ?

Il s'doute que c'est pas du tout c'qu'elle a prévu. Il s'sent juste un peu nostalgique d'être là avec Freya après tout ce temps, comme si rien n'avait changé. Z'ont plus treize ans, et s'réchauffer prend clairement un nouveau sens au vue d'sa gueule quand il le dit, cependant. Il récupère le panier de Freya sans prévenir, pour l'vider sur le comptoir et mater l'ensemble. On croirait un début d'expertise.

- T'vois à l'époque on aurait jamais eu les tunes de s'payer tout ça. C'est cool d'être adulte pour pouvoir s'niquer les dents en paix ! T'as pas pris ça ! Ew. Il brandit un triton au gingembre, secoue la tête, et l'rejette plus loin. Quel enfer. Bon. Poker, il annonce brutalement en récupérant l'une des boîtes de dragées pour la placer debout avant de se retrousser les manches.

On croirait qu'il s'prépare pour un bras de fer. Il passe une main devant sa gueule comme un mauvais acteur de théâtre qu'essaierait d'canaliser ses émotions, à plusieurs reprises, ses mèches secouées dans des gestes dramatiques absurdes.
 

- J'suis prêt. T'es prête ? À l'aveugle hein, il avertit, très sérieux soudainement, malgré l'absence totale d'enjeu.

Et de renverser le paquet contre sa paume pour en faire tomber une première, qu'il gobe sans attendre. C'est immonde. Il reconnait immédiatement, pour l'avoir toujours détesté. Cire d'oreille. Mais devant Freya, il mâche, et garde un air complètement neutre, comme s'il se contentait de suçoter un bête mentos.


Onze ans et demi plus tard

Message publié le 12/01/2026 à 20:33

Y a pas à dire. Ça réchauffe. L'aurait facile pu y passer la soirée. Mais fatalement qu'Freya a d'autres plans. Un sourire aussi fier que con s'étire sur sa gueule au compliment. Sûr qu'il embrasse bien. S'est entrainé d'puis leurs treize ans, savez. La sensation Freya Carter par contre.

- Nan mais ça peut, c'bien l'banc, il insiste en s'rapprochant encore. C'un bon banc.

Il fait pas tant l'enfant alors qu'elle l'entraine avec elle pourtant, pour emprunter le sentier de nouveau. D'elles-mêmes les mains s'rangent sagement dans les poches, et une grimace lui tord le visage alors qu'elle brandit devant lui un putain d'escargot. Il balance la pauvre créature dans les fourrées sans plus d'cérémonie.

 

- Mais qu'est-ce qui va pas chez toi hein ?

 

Faussement insurgé, il peine à cacher son amusement tandis qu'il la suit entre les habitations. Il a pas la moindre idée de ce qui l'attend, mais il parait évident qu'il s'en carre terriblement. Du moment qu'la compagnie reste aussi bonne, Elliot est prêt à suivre Freya n'importe où. Il est à peu près sûr d'reconnaitre l'arrière de boutique où la sorcière les a arrêté toutefois, et il secoue la tête à la négative, pas bien certain de ce qu'elle peut avoir prévu là-dedans.

- B'soir, il énonce à la tenancière des lieux, qui tarde pas à les abandonner là pour partir dans les étages en leur souhaitant un bon moment.

 

Resté figé presque à l'entrée de la porte, Elliot braque un regard sur son date du soir, qu'a déjà ramassé un panier comme parée à faire son shopping. Un rire bref lui échappe alors qu'il avance un peu entre les rayonnages qu'il a dévasté tout gamin, avec le peu d'argent de poche qu'il avait.

 

- Freya Carter, t'as privatisé une confiserie ?

Sa boutique préférée à Pré-Au-Lard, si on oublie celle d'Owen Carter Quidditch à quelques pas. Comme un gosse, il déambule d'un endroit à un autre pour zieuter les milliers de friandises de l'endroit, en libre service pour la soirée. Il chope une pâte à mâcher qu'il agite sous le nez de Freya.

 

- Tiens ça ça t'plaira c'sûr. Ben oui, c'est à la bave d'escargot. What else ? Il le jette dans le panier, puis s'avance vers un bocal parmi les plus colorés du magasin. Quelques coups de pelle suffisent à lui remplir un sac plein de bonbons explosifs dans lequel il plonge une main pour s'en balancer plusieurs sous la langue. Agy. Niqué ma diète schportive. Quelle brillante iguée gu'mergue, Yaya.

Les explosions sont aussi sonores que savoureuses. 

- Y a des shock-o-choc ? Ils sont où les shock-o-choc ? Il visite avec énergie.
 


Onze ans et demi plus tard

Message publié le 09/01/2026 à 11:49

Est-ce qu'il veut vraiment parler de Jun ? Non, pas vraiment. L'truc c'est que ça reste le collègue de Freya, qui la côtoie tous les jours de la putain de semaine, en plus d'être un type qu'Elliot s'ra amené à revoir régulièrement pour des raisons professionnelles. Alors ça lui parait un peu inévitable qu'ils parlent de Jun. Sans compter qu'il a un peu b'soin de savoir comment les choses se passent. S'agirait pas de devenir Jun et d'pas voir que sa meuf se marre avec un autre, tout ça. L'truc c'est qu'ça risque sans doute pas. Parce que l'type avait même pas l'air au courant de ce qu'il était sensé faire quand il était avec Freya.

 

Rassuré par ce qu'il entend, Elliot hoche la tête, ravale le commentaire qui lui mord la lèvre. P't-être bien qu'Jun il est comme les Tapesouaffles de Quiberon. Trop délicat. P't-être bien qu'Freya elle a b'soin d'un bourrin. Ça l'arrange. Il est surpris par le rapprochement soudain. C'est loin d'être désagréable. Contre elle, il ferme un peu les yeux, les jambes soudain assagies et le cœur qui s'emballe dans sa poitrine. Est-ce qu'il lui en a voulu ? Ouais, ouais y a pas à chier. Mais là tout d'suite, front contre front, enivré par son parfum, il peut pas dire qu'il s'sent particulièrement rancunier.

- Viens là, il s'contente de répondre en récupérant sa nuque d'une main pour l'embrasser.

Sont comme deux gamins. À s'bécoter sur un banc public. C'est sans doute risqué, même qu'il fait nuit, même qu'ils sont au milieu d'rien. Elliot pourrait pas s'en carrer plus, alors qu'ses mains s'font un peu baladeuses, et qu'ils s'rapprochent beaucoup trop pour qu'ça reste bien innocent. C'est pas un baiser délicat. C'est un baiser d'bourrin. Il finit quand même par la r'lâcher, une chaleur absurde au creux du bide, et les yeux grands ouverts qui s'posent sur les mille-et-une tâches de rousseurs de Freya. Il étire un sourire môme, un peu insolent.

 

- Nah c'est bon t'es toute pardonnée.

Finalement ça lui va bien d'rester sur ce banc. Une main enfoncée contre la hanche de Freya, l'autre sur sa jambe, il reprend sa séance de bécotage sans aucune foutue hésitation.


Onze ans et demi plus tard

Message publié le 08/01/2026 à 17:47

- Là ?

 

La surprise étalée sur son visage, Elliot zieute le banc, puis Freya, puis le banc de nouveau, sur lequel il se pose sans plus hésiter que ça. C'est-à-dire qu'il a pas l'habitude de faire du sitting sur des bancs, encore moins publics. Il s'était dit que c'était juste un lieu d'rendez-vous pour aller ailleurs ensuite en fait. Pas qu'ils allaient sy'installer et r'garder l'temps passer en espérant voir pop un dirico sur le sentier. Mais pourquoi pas hein ? D'ailleurs ça a pas l'air d'le déranger plus que ça, parce qu'il a tôt fait d'se foutre à l'aise, un bras sur l'dossier du banc, les jambes écartées.

Leurs deux regards se croisent, et pendant quelques secondes ils ont sans doute l'air un peu con. Un peu comme deux adolescents qui se seraient connement donné rendez-vous sur un putain d'banc. C'est-à-dire que c'est pas la première fois qu'ils se r'trouvent sur ce banc, en dehors de cette putain d'histoire de diricos. Est-ce qu'elle l'a choisie pour ça ? Il triture machinalement ses lèvres avec ses dents, étire un bref sourire au commentaire et sent son cœur s'emballer un peu. Putain, c'est vraiment un fucking ado. La gueule heureuse, il rétorque du tac au tac.

 

- C'est pas si mal hein ?

Il aime bien aussi, même qu'il s'caille les miches sur l'putain d'banc, même qu'le vent finira par leur foutre une crève, même qu'la nuit les empêche de profiter du paysage. Son pied effleure un peu celui de Freya, comme pour la bousculer. Déjà plus jeune il faisait ça, parce qu'Elliot sait pas vraiment tenir en place, aussi chill qu'il soit. Son bras se replie pour qu'il installe son menton contre sa main, et il mate Freya droit dans les yeux alors qu'il lui répond, plutôt satisfait d'sa situation actuelle.

 

- Tu m'étonnes. Il fait un carton l'500. L'club parle de faire venir des gamins en club amateur pour les tester au Centre l'weekend et tout. De nouveau, son pied effleure celui de Freya, le mouvement involontaire. M'suis foutu sur la gueule avec Hornette. Vite fait, il raconte en haussant les épaules. Fin pas vraiment foutu sur la gueule. L'mec est pas capable de s'foutre sur la gueule. Juste c'est un trouillard c'est un délire. J'essaie d'le pousser à tenter des trucs mais il écoute que dalle. Ça l'arrange en vrai, parce que tant qu'Hornette reste une couille molle, Oakwood hésite à l'faire entrer sur le terrain pour l'remplacer quand il merde. Mais pour une fois Quill était d'accord avec moi. Comme quoi !

Ça fait un moment qu'ça se passe mieux avec Quill, mais qu'le type vienne carrément appuyer ses propos devant l'reste des gars c'est nouveau. Ça lui a fait un peu plaisir.

- P'tain bientôt tout l'monde aura un 500 faudra inventer l'600 pour qu'on les anéantisse, Elliot balance avec nonchalance. Ça va ça s'passe bien avec Jun ? Il est vraiment curieux d'savoir. S'pince un peu les lèvres de s'dire qu'il aurait p't-être pas du demander.


Onze ans et demi plus tard

Message publié le 08/01/2026 à 11:31

Relax c'est mon deuxième prénom 😎 Bon courage au taff et à mercredi. Hâte aussi...

Réponse brève d'Elliot envoyée sur l'heure du déjeuner, les derniers mots effacés à plusieurs reprises avant d'être définitivement laissés dans l'message. Parce que c'est vrai qu'il a hâte ok ?

 

- T'écris à qui comme ça ?

- Huh ?


L'sourire de Kayla s'veut une imitation du sien, mais l'exagération l'rend beaucoup trop débile pour qu'il la bouscule pas brusquement vers l'autre côté du canapé.

 

- Dégage. T'as pas cours là ?

C'est d'venu un genre d'habitude étrange depuis quelques temps. Kay déjeune avec lui en s'maine. C'est d'elle que c'est venu, faut pas croire. Même qu'il s'en est plaint. C'qu'il l'empêche pas d'être là et d'lui servir à bouffer tous les midis comme si c'était parfaitement normal. L'après-midi, et malgré l'absence d'entrainement de Quidditch, Elliot rejoint l'centre. Il passe plus de temps là-dedans que dans son propre appartement. Quand c'est pas pour une séance de musculation, c'est pour une interview, ou un photoshoot, ou des réunions stratégiques avec le coach et le reste de l'équipe.

Contrairement à c'que raconte la presse, l'quotidien du batteur est loin d'la décadence, dès lors que la saison a commencé. Certains pourraient même qualifier sa routine de parfaitement ennuyeuse, ses soirées occasionnellement ponctuées de visites de potes venus lui tenir compagnie sur sa console. Des mois que y a plus eu de filles à embarquer dans les belles voitures parquées sous la résidence. L'mercredi défile, identique au mardi si on omet l'entrainement pour lequel il donne, comme toujours, tout ce qu'il a.

 

Sauf qu'au lieu de trainer avec le reste de l'équipe après dix-sept heures, Elliot se tire sans explication. Rentre chez lui s'doucher, se changer. Il s'prend pas vraiment la tête, juste il a pas envie d'débarquer en jogging. Alors il fout un jean large et une veste un peu plus civile que tout le bordel sportif qu'il cumule dans ses penderies. Ses doigts ornés d'bague, un bracelet au poignet, les mèches coiffées un minimum au-dessus de boucles d'oreille dépareillées, il affronte son regard trois secondes avant de décider de bouger. Relax, pas vrai ? Il peut faire relax. Sans aucun fucking problème.

Ses clés attrapées d'un geste, il quitte l'appartement et descend la floppée d'escaliers menant au hall de la résidence. Dans la ruelle adjacente, il transplane, laissant trainer dans l'air une odeur de parfum pour homme qui se mêle à celui moins élégant des bennes qui dégueulent depuis plusieurs jours. L'atterrissage se fait à l'entrée du village. Un abri est prévu à cet effet. Il marche rapidement, plus que conscient du manque d'illusions qui le laisse complètement à découvert. Il fait nuit cependant, et l'éclairage sommaire des quelques réverbères ne suffit pas à le rendre assez visible aux quelques badauds qui trainent encore dehors.

 

Dirigé vers la cabane hurlante, il s'humecte nerveusement les lèvres alors qu'il voit la silhouette de Freya au loin, enfonce plus encore ses mains dans ses poches alors qu'il approche. Un sourire se perche immédiatement sur ses lèvres, et il lance le menton en avant dès qu'il est assez près en guise de salutation.

- Salut. Un peu gamin, il zieute le banc, puis Freya, puis demande : on va chasser des diricos, c'est ça ton date ? De leurs bouches s'échappent des vapeurs blanchâtres, témoins du froid environnant. À présent qu'il est à sa hauteur, Elliot retire les mains de ses poches et la récupère pour l'étreindre brièvement, lui poser un baiser sur la tempe. J'voudrais pas t'décevoir, mais y a qu'des pigeons dans l'coin.


Le match caritatif

Message publié le 06/01/2026 à 10:19

Frustrée, Elliot reste la regarder sans savoir quoi rajouter. Ils s'comprennent pas, c'est évident. Parce qu'elle répond à côté. Il sait plus vraiment c'qu'il doit croire. Parce qu'elle a beau dire, c'est pas tant qu'il a l'impression qu'elle le fait marcher. C'est que c'est c'qu'elle fait. Sans même s'en rendre compte. Depuis des mois. Pis il marche pas, il court. Parce qu'il a jamais rien su faire d'autre avec elle finalement.
 

- Ok, il s'contente de grogner, sans vouloir montrer qu'ses mots ont un réel impact.

Il détourne spontanément les lèvres pour lui voler un baiser alors qu'elle approche enfin. La maintient contre lui comme un môme qui voudrait faire durer l'moment plus longtemps, parce qu'il sait pas quand s'ra le suivant. Front contre front, il inspire, les yeux clos, l'embrasse sur le front cette fois, et replace une mèche derrière son oreille.

 

- Ok.

 

Il a envie d'la croire. D'croire qu'il va pas s'prendre un mur la prochaine fois qu'ils s'verront. Mais dans l'fond, il est vraiment sûr de rien. Alors il s'contente de s'écarter pour la laisser filer, enfonçant de nouveau les mains dans ses poches. C'est con la vie. D'toutes les filles qu'il pourrait avoir dans son lit, celle qu'il veut vraiment reste la moins accessible. La plus compliquée. Est-ce qu'une fois qu'il l'aura eu il en voudra plus ? Impossible de l'savoir.

Ils pourront jamais rien savoir tant qu'ils auront rien essayé pas vrai ?

- On s'revoit vite, il répète comme un gland en s'éloignant à l'envers, le menton jeté vers l'avant. Charge ton tel, il ajoute encore avec insistance.

La gueule de bois est toujours aussi vénère, mais le batteur s'est adoucit avec la proximité de Freya, et les paroles qu'elle vient d'lui balancer, pleines de promesses.


Le match caritatif

Message publié le 05/01/2026 à 22:39

Waw. Y une différence entre Jun et lui. Ben putain. Il ose espérer qu'y en a plus qu'une. Il a pas vraiment envie d'être catégoriser aussi chiant qu'une putain d'poignée d'porte. Ou de devenir un dictionnaire sur pattes des meilleurs bois ensorcelés. Ou d'être ce mec qu'attend qu'sa meuf la largue pour être sûr que ça va pas marcher. N'empêche qu'il fronce les yeux parce que Freya développe, et qu'il est pas sûr ni d'capter, ni d'vouloir. Pas qu'il ait pas déjà capté. Ça fait un bail qu'il a capté c'que Jun a pas l'air d'avoir capté. Freya le date en attendant. L'utilise en joker. Comme elle l'utilise lui en joker, finalement. Il soupire.

 

Les doigts de Freya dans les siens le font focaliser. Il la relâche sans aucune hésitation, et s'redresse du banc.

 

- On en r'vient à c'que je disais hier t'vois pas ? Elle voit pas, c'évident. C'est écrit sur sa gueule. Pourquoi tu dates Jun, si tu l'kiffes pas ? Pourquoi tu lui as pas déjà parlé d'puis la dernière fois ? T'attends quoi ? C'est l'test ultime pour voir si tu t'le gardes sous l'coude ou pas ? J'vois Elliot et j'bois pas pis on voit c'qui se passe, si ça m'plait pas j'restes avec le synthétiste, au moins lui il va rester là et m'attendre parce qu'il a que ça a foutre !

Agacé, il s'agite un peu sans l'vouloir.

 

- J'confirme hein, tu rends ça beaucoup trop compliqué. Full compliqué. On passe des bons moments, ça va quelque part ou pas. J'sais pas pourquoi tu t'poses autant d'questions. J'm'en pose pas moi quand j'suis avec toi. J'ai pas de meuf qui m'attend chez moi. J'suis pas en train d'calculer c'que je te dis, c'que je fais, comment j'le fais j'suis juste... moi ! Ça t'laisse l'image que ça te laisse que je m'en tape.

L'image qu'il a d'elle à la fin d'chacune de ces soirées ? C'est juste l'image de Freya. Rien d'plus rien d'moins.
 

- Ça d'vrait pas être plus compliqué qu'ça, Freya je jure putain. J'ai pas envie d'faire plus compliqué qu'ça. J'suis pas... j'sais pas... merde. Frustré, il inspire brusquement et ferme sa gueule sans savoir quoi ajouter. Puis : la seule image que j'garde de toi c'est qu'j'voudrais bien au autre date. Aussi simple que ça. Alors t'veux ou pas ? T'vas larguer ton mec avant ? C'est quoi l'orga ?


Le match caritatif

Message publié le 05/01/2026 à 20:43

Attends. Il l'avait pas vu v'nir. Attendre c'est pas vraiment son genre. Pourtant Elliot attend. Comme un con. Comme un putain de Jun. Suspendu à c'que peut bien dire Freya, comme si ça r'présentait une nouvelle chance.

 

- Comment ça on fait quoi 

 

Il sait pas pourquoi il agit comme ça. Si on lui d'mande c'est une façon d'se protéger. Avoir l'air dur même quand il s'effondre un peu à l'intérieur. 

 

- J't'ai déjà dit c'que j'voulais Frey. Nan ? Mais toi j'crois qu'tu sais pas vraiment, alors ça dépend d'toi, il hausse les épaules comme si ça l'touchait pas. T'as dit qu't'allais parler à Jun ? Il essaie d'lui rappeler, parce qu'elle a l'air d'avoir un peu zappé. Ça peut être bien d'commencer par là. Pour la suite... tu m'appelles. T'connais mon numéro. Moi j'ai envie d'plus avec toi j'te l'ai dis, j'étais sérieux. Mais tu vois j'vais pas t'courir après éternellement si t'es pas capable de m'prendre au sérieux.

Il déconne beaucoup. Il déconne tout l'temps. Alors c'est sans doute un peu injuste de lui d'mander d'imaginer qu'il pourrait avoir envie d'se caser pour de vrai. Qu'il est pas en train d'faire le clown quand il déclare que c'est sa copine, rincé au chouchen autour d'un jeu d'fléchettes. Quelque part il s'imagine bêtement qu'elle le connait, alors qu'ils ont jamais pris l'temps. Il inspire, lève le nez vers le ciel un court instant. S'décide à se rassoir, un peu gauche. À distance, comme s'il en avait b'soin pour expliquer.

 

- J'ai pas envie d'être ce mec avec qui tu traînes pour oublier qu'tu te fais chier avec le tiens. J'ai envie d'être ton mec et point barre. Pas juste un soir pour déconner. J'ai envie d'voir c'qui se passe parce que c'cool quand on s'voit et qu'on passe toujours un bon moment. J'peux pas l'dire autrement ok ? La balle est dans ton camp. Elle l'est d'puis le début.

Ils tournent en rond. Ce serait pas Freya qu'il se serait tiré d'puis longtemps. Mais c'est Freya. Alors il est encore là, à poireauter comme un débile. Il sort les mains d'ses poches, croise et décroise les doigts en r'gardant le sol. Les faits sont là. Elle a toujours un mec. Lui a plus eu d'meuf depuis... vachement trop d'temps pour que ça soit normal. C'est pas à lui d'donner l'ton pour la suite. Et celui qu'elle donne depuis l'réveil augure rien d'bon.

 

- Alors on fait quoi ? Il répète en levant les mains, dépité. J'sais pas Freya. T'as envie d'faire quoi ?


Le match caritatif

Message publié le 05/01/2026 à 18:56

Ils se marrent comme deux mômes à s'remémorer la veille. Perchée dans l'autre dimension. Sauf que Freya tarde pas à l'faire retoucher terre avec violence. Une gifle aurait pas fait mieux. L'sourire d'Elliot se fane, son regard se perche sur l'horizon alors qu'il avale une gorgée d'café en faisant mine de pas avoir été touché. Il peut pas s'empêcher d'redevenir sérieux alors qu'le vent emporte les quelques promesses de Freya. D'arrêter d'faire dix pas en arrière pour un pauvre en avant. D'parler à Jun. Tout ça.

 

- Ouais. Ouais ma copine d'hier soir, il approuve, amer. J'espère que celle de d'main va kiffer la balade à ch'val sur les plages espagnoles !

 

La vanne tombe à plat, même pour lui. Il termine son café d'une traite, s'prend un croc du croissant qu'attend qu'lui. C'est bon. Sauf qu'il a la gueule de bois, et qu'ça lui fout un peu la gerbe. Alors il le laisse s'enfoncer dans le sachet entamé comme il est et s'relève, s'invente un sourire léger qui r'monte pas vraiment jusqu'aux yeux.

 

- Faut j'retrouve les gars d'hier. Pour leur rendre les clés du bateau. J'imagine que tu dois y aller ?

Une fausse nonchalance le maintient stoïque alors qu'il balance négligemment son gobelet dans la poubelle adjacente, enfonce ses mains dans ses poches.

- J'vais trainer un peu j'crois. B'soin de décuver. Tout ça. Il hésite un instant avant d'ajouter. Merci d'être venu au match hier. C'était cool.

 

Comme si ce mot suffisait à résumer la soirée. Il a encore en tête le souvenir de ses lèvres contre les siennes. De ses hanches entre ses mains. De son rire contre son oreille. Mais tout ça c'est du vent non ? C'est Freya qui prend des vacances et qu'essaie de se souvenir de ses quinze ans avant d'retourner à la vie réelle. À Jun. Est-ce qu'elle va seulement lui parler après tout ça ? Il est plus sûr de rien. Alors il propose pas d'second date. Parce que ça s'fera à l'improviste. Quand elle aura décidé. Si elle décide un jour. Il a d'quoi se sentir con sans doute. 

- T'penseras à charger ton tel, il ajoute pour faire bonne mesure en levant deux doigts en guise de salut. Mais parce qu'il peut pas s'en empêcher, il s'penche pour lui embrasser la joue. Profiter juste une dernière seconde. Il sait pas quand s'ra la suivante. Il sait jamais. À plus Frey.


Le match caritatif

Message publié le 05/01/2026 à 13:30

Pas d'Freya. Elliot réalise à retardement qu'il est seul dans l'pieu du bateau balancé par la houle. Est-ce qu'elle s'est tirée dans la nuit ? Possible. Elle a bien pris la tangente la dernière fois quand elle est restée dormir à l'appartement. Assis sur les draps froissés, pris par un mal de crâne qu'il avait pas vu v'nir, il a pas l'temps de se poser la question bien longtemps. La sorcière apparait dans l'encadrement de la porte, aussi fraîche que lui, les mèches rassemblées par un élastique. Elle garde ses distances. Rien à voir avec la veille.

- Nah, il s'contente de répondre en restant l'observer, pas trop sûr d'savoir comment s'y prendre soudain.

C'était plus facile hier. Ils avaient l'impression d'avoir tu temps devant eux. Du temps et d'la liberté. Sous les rayons d'soleil de ce nouveau jour, c'est comme si l'horloge s'était remise à tourner. Comme s'ils étaient revenus dans leur dimension étrange, où il capte pas la moitié de ses réactions, où elle fuit son regard et sa présence comme la peste. Ils ont passé la nuit serrés l'un contre l'autre après une tentative infructueuse d'aller au bout des choses, et maintenant c'est comme si tout un monde revenait les séparer.

 

- J'sais pas. Sont d'jà partis y a moyen.

 

C'est pas comme l'voyage était obligatoire. Il a bien d'autres moyens d'rejoindre l'autre côté d'la Manche que l'portoloin réservé pour les Catapultes. Une main fatiguée passe sur son visage, et se perd dans des mèches qui pointent dans toutes les directions. Son regard traine sur le bordel ambiant, revient sur Freya. Elle approche pas. Il commente pas. On va pas s'mentir. Il s'y attendait un peu. Elle tarde pas à se tirer sous prétexte de l'attendre dehors, et il s'contente de lâcher un okay un peu paumé. J'arrive. Il s'laisse mollement retomber entre les draps. Y reste plusieurs longues secondes avant de se lever de nouveau et d'chercher l'évier.

 

D'abord s'rincer la gueule. Pis boire. Beaucoup. L'vin blanc était bon, mais ça l'a complètement niqué. À moins qu'ce soit l'chouchen. À moins qu'ce soit l'mélange des deux. Au moins il s'souvient d'la veille. À peu près. Dans les grandes lignes. Freya était vachement plus tactile qu'elle l'est ce matin. Il essaie d'arranger son bordel capillaire en quelques gestes vains, retrouve ses vêtements éparpillés partout dans la chambre, et bientôt il surgit sur le pont pour une bouffée d'air frais. Ça pèle sa mère. Pis y a du vent. Mais ça lui fait plutôt franchement du bien, alors il fait pas cas en quittant l'bateau pour remonter jusque là où s'trouve Freya. 

- Merci, il balance d'une voix un peu rauque. Ça lui r'vient alors même qu'elle pose la question, et il échappe un rire. Ouais. Ouais on a chanté. On a dansé aussi. Tu t'souviens pas ? Son regard la cherche alors qu'il fait exprès d'se coller à elle, jette un bras par dessus le dossier du banc l'air de rien. Ça caille putain. 

Un silence s'installe entre eux alors qu'il mate l'horizon, les rayons de soleil caressant la mer sur laquelle s'amasse tout un paquet de bateaux plus ou moins similaires à celui sur lequel ils ont crêché.

 

- C'était plutôt pas mal comme premier date nan ? Il la bouscule avec une fausse nonchalance, enchaine sans lui laisser l'temps de répondre. Sont où les croissants ? J'ai la dalle. 


Le match caritatif

Message publié le 04/01/2026 à 21:39

- C'est pas... il l'embrasse... la taille... il l'embrasse encore... qui compte.

Même que l'instant n'appartient qu'à eux, jusqu'à ce que d'autres s'en mêlent. Pas qu'il s'en plaigne. Parce qu'ils ont des solutions pour eux qu'il aurait sans doute jamais eu d'lui même. 
 

- Merci les gars, c'est cool, Elliot parvient à articuler, conscient d'se faire comprendre qu'à moitié.

Ni une ni deux, ils se retrouvent collés serrés dans un bateau, avec vue sur les étoiles. Il aurait voulu qu'il aurait pas fait mieux. Ça en deviendrait ridicule savez. Même qu'à tout moment ils descendent dans la cabine du bateau, chauffée. Ça pourrait pas mieux s'présenter.

 

- T'crois ? Il en pense quoi d'ce date ? Elliot a pas d'réponse à ça. Alors quelques instants il ferme sa gueule. Puis. C'est un date ?

Tourné vers la sorcière, il tape sa meilleure gueule de con jusqu'à s'en prendre une. Pis de mater les étoiles l'air de rien, plongé dans le silence, sans rien ajouter d'autre. Les années ont beau avoir passé qu'il sait toujours pas comment clôturer. Du moins, pas avec Freya Carter. Pas si bourré. Alors il s'contente de pointer des étoiles au hasard et d'raconter des dingueries à leur propos, sans grand rapport avec leur réelle signification. 

- T'm'as manqué tu sais ? Il sort au milieu de rien.

Là comme ça, il a du mal à croire que c'est pas juste un rêve. Que Freya va pas juste se barrer le lendemain. Disparaitre de sa vie pour une autre dizaine d'années encore.

- Nous manques un joint. Nous manque toujours un joint, il s'plaint alors qu'il se morfond tout près d'elle, respire son parfum. J'ai froid. 

Ils finissent à l'intérieur. Bercé par la houle, pas franchement prêts pour davantage, ils se racontent tout et rien, pis se cherchent. Beaucoup. Passionnément. Jusqu'à ce qu'ils s'endorment sans être allé au bout des choses, serrés comme deux amants qui se seraient pas encore trouvés. Elliot la serre contre lui dans son sommeil sans vraiment le réaliser, ses rêves ponctués de son rire, et de choses qui se sont pas encore réalisées. Il s'réveille avec la pâteuse et le barreau, pas foutu capable de savoir l'urgence première de la situation.


Le match caritatif

Message publié le 04/01/2026 à 19:18

C'est l'genre de souvenir qui va lui rester. Il le sait. Il s'souviendra pas forcément d'la musique, ou alors juste de l'air. Il s'souviendra pas plus du nom du bar - imprononçable -, ou des français qui beuglent des paroles autour de lui auxquelles il pige que dalle. Il s'souviendra pas du goût du vin blanc - même s'il est bon. Des escargots peut-être bien. Ça s'oublie pas d'bouffer un escargot. Mais il se souviendra surtout d'Freya dans ses bras. qui s'penche pour l'embrasser sous les lumières d'une vieille boule disco. Il s'souviendra d'son rire et d'ses yeux brillants. Il s'souviendra de la sensation de ses mains sur ses hanches et de l'impression d'plus vraiment toucher terre.

 

Un genre de souvenir fugace comme ça qu'on s'voit pas vraiment vivre. Précieux sans qu'on puisse trop s'en rendre compte avant qu'il soit déjà passé. Il est vite remplacé d'ailleurs. Par celui d'Freya affrontant un type du bar au bras de fer, dans un tête à tête absurde qui le fait marrer avec le reste des clients : elle a juste zéro chance. Mais l'air mutin de la sorcière se reflète bientôt sur la gueule d'Elliot alors qu'il capte que la chance, elle la crée d'elle-même. En trichant, purement et simplement. Les sourcils haussés, les lèvres étirées dans un sourire en coin, il secoue la tête imperceptiblement, faussement choqué par la victoire complètement déloyal qui laisse son adversaire sur le cul - et plusieurs autres bonhommes autour d'eux.

 

- Ça c'est ma copine ! Il balance à la cantonade.

On leur offre du chouchen. Pas qu'il comprenne le terme chouchen. Il capte juste que ça va d'pair avec le verre qu'on leur colle dans les mains. À ce stade, le contrôle et l'élégance à la française ont toutes les deux virées par la fenêtre. De toute manière vu la gueule des clients de BaraGwin, l'élégance à la française à de ça que l'nom. Sont tous pétés au vin et à la bière à beugler des chansons. Y a comme un air britannique dans l'air. Faut dire qu'ils sont un peu cousins, aussi séparés qu'ils soient par la Manche. Ils s'enfilent cul sec le chouchen, et même sa petite sœur, non sans qu'il ait intensément fixé Freya d'un air accusateur en attendant qu'elle s'trouve une défense à peu près potable.

- T'as triché et tu l'sais très bien, Elliot indique en s'rapprochant volontairement pour le lui glisser dans l'oreille, volant un baiser sur sa joue au passage. T'as changé, Freya Carter. Une vraie serpentard.

Même qu'il en pense pas un mot.

La soirée devient floue à partir de là. Il sait pas combien ils s'enquillent de chouchen ou d'verre de vin blanc. Il sait juste qu'il est convaincu d'parler français au bout d'un moment. À peu près autant qu'Freya, qui les a lancé dans un tournoi d'fléchettes à côté du bar face à deux types au moins aussi rincés qu'eux. La différence avec l'Alambro, c'est qu'la cible parle pas. Ils s'marrent comme des gosses, et tout a l'air tellement facile que c'est un peu comme s'ils étaient rentrés dans une autre dimension. Une dimension dans laquelle ça serait normal d'être en date avec Freya Carter, même au bout d'dix ans sans s'être vraiment adressé la parole. Elliot est plutôt fan de cette dimension. Quand ils sortent du bar, Elliot tient Freya par la main.

 

- Nan. Nan un chupacabra ça gagne que dalle contre un pansedefer, Frey, on parle d'un fucking dragon ! 

Parce que bien sûr, non contente de tricher au bras de fer, Freya avait zappé l'idée de passer pour une moldue à environ trois chouchen trois quart - ce qui passait globalement inaperçu devant des gens assez bourrés pour débattre sur de potentiels combats entre des créatures légendaires complètement inexistantes dans leur monde. Pas qu'Elliot ait vraiment relevé, faisant lui-même partie de ces gens trop bourrés - et accessoirement d'un monde dans lequel ces créatures légendaires existent bel et bien. Cela devait sans doute aider de ne pas vraiment parler la même langue.

- Putain ça caille, Elliot commente brutalement. On va faire l'impasse sur l'bain d'minuit j'crois.

Y avait pas d'plan à partir de là. Pas qu'il y ait eu de plan jusque là d'ailleurs. Ils avaient brièvement parler de bouger rejoindre les festivités sorcières au QG des Tapesouaffles, mais maintenant qu'il était dehors Elliot réalisait n'avoir pas la moindre idée de la direction à prendre.

- Chais pas c'est par où, il annonce bêtement en récupérant Freya contre lui pour s'en servir de radiateur personnel. On est perdu dans un pays qu'on connait pas on va tous mourir ! Dramatique much ? Ok peut-être bien qu'il est inquiet de rien et juste content d'être là, son nez fouinant dans le cou de la sorcière en quête de chaleur. Y a p't-être des meutes de loups à Quiberon. On dort où ce soir Yaya ? J'ai froid.


Le match caritatif

Message publié le 03/01/2026 à 18:07

- S'tu compte les verres c'est qu'tu t'amuses pas ! Il rétorque. Pis t'as pas d'transplanage, t'es une moldue j'te rappelle, il souffle en s'avançant pour baisser le ton comme s'ils étaient deux agents secrets en mission.

Un autre escargot subit le même sort que les précédents, le beurre persillé suçoté avec attention, jusque la coquille.

- Quoi t'préfère que j'suce autre chose ? Branleur, certes. Mais bon. Elle cherche. C'est pas ma faute j'aime que leur sauce là, c'est trop chelou d'bouffer un escargot c'est genre... du caoutchouc. Il grimace en la voyant aspirer une autre huître. J'sais franchement pas comment tu fais. 

Derrière eux, les français dégomment Queen couplet après couplet, et Elliot s'anime brusquement ah ouais t'es sûre ? pour mieux s'affaisser dans la seconde suivante, et échapper un rire crétin. Bien ce qui lui semblait. Freya vient à bout d'ses huîtres tandis qu'il vient à bout du beurre persillé qui nappe les escargots, et entre deux la bouteille y passe. Le vin est bon

 

- P't-être bien qu'non, il répond en trinquant avec Freya sans trop s'avancer, un sourire un peu débile sur les lèvres qui le crame sans doute un peu quand même. C'est vrai qu'la victoire c'était dingue aussi. Pour ça qu'on célèbre pas vrai ? Rien à voir avec la présence de Freya Carter en face de lui, qu'a accepté un foutu date.

Il reste cuver son vin pendant que la sorcière se lève pour rejoindre l'attroupement de clients qui dansent sur les Clash et hachent menu les paroles sans la moindre hésitation. Amusé, il la mate un moment. Des années qu'il a plus connu cette Freya là. S'il a seulement déjà connu cette Freya là. Relâchée, elle profite juste de la liesse générale et se laisse clairement porter. D'un geste Elliot termine son verre et se lève pour la rejoindre, mais déjà les derniers accords retentissent. La transition est rien moins qu'abrupte, vers un tempo bien plus lent, les paroles entonnées par plusieurs personnes autour d'eux.

 

- J'ai encore rêvé d'eeeelle. C'est bête, elle n'a rien fait pour çaa.
 

Les sourcils froncés par l'incompréhension, Elliot secoue la tête mais récupère les hanches de Freya entre ses doigts, et ils se balancent tranquillement. Ils sont probablement les seuls à le faire premier degré dans le bistro, parce que les autres couples formés ont l'air de juste brailler les paroles en se marrant, mais rapidement le batteur se perd juste dans le regard de Freya. Il s'en fiche pas mal de ce que la chanson raconte. D'où ils se trouvent, où de la masse ivre autour d'eux. Des sifflements des uns ou des autres. Il a vaguement l'impression d'avoir quinze ans de nouveau, et une seconde chance à un bal auquel il aurait sans doute du l'inviter. Puis Freya lui balance qu'il sent l'escargot, et il s'approche pour lui lécher la joue sans prévenir, brisant l'instant comme il sait parfaitement le faire.

 

- J'bave tout pareil aussi, c'était contagieux Freyaaaa.


Le match caritatif

Message publié le 03/01/2026 à 14:11

- T'es sûre ? Même qu'il est entre déçu et sceptique.

L'vin est bon. D'autant plus de raison pour Freya d'en abuser sans trop faire attention, pas vrai ? Il s'marre au souvenir de Joy et de sa queue de salamandre. 

- La sauce est grave bonne, il l'encourage.

Elle tarde pas à tester le bordel à son tour tandis qu'il se reprend une gorgée de blanc. Vrai qu'le vin est putain d'bon. Évidemment, Freya est aussi convaincue par le beurre persillé qu'il l'a été. Il approuve la comparaison avec le pain à l'ail. Ça ressemble. Pour être honnête, c'est meilleur. C'est juste un peu gâché par la texture ultra chelou et à moitié élastique qui se trouve au cœur. 

- P'tain en une soirée t'es d'venue française et moldue. Truc de dingue nan ?

Il teste une huître. C'est pas franchement ce qu'il y a de plus appétissant. En fait, c'est même plutôt l'inverse d'appétissant. Il imite les gestes de la sorcière, et grimace immédiatement alors que la chose coule contre sa langue, et part descendre dans sa trachée. Il s'envoie une gorgée de vin blanc pour faire passer l'goût. À quelques mètres, un serveur secoue la tête.
 

- Mais au s'cours. Freya, c'est juste de l'eau d'mer je jure. Horrible. Il grimace encore en regardant les autres huîtres comme si elles lui avaient fait un affront personnel, la langue un peu tirée comme un gosse pas content. J'te les laisse fais toi plaisir.

La musique change, et de nouveau les clients s'attroupent pour chanter les paroles en chœur. Elliot hausse les sourcils alors que Freya annonce connaitre la chanson, et s'enjaille à suivre un peu le mouvement en frappant des mains sur la table.

- Mate ça, une vraie française. Il récupère un autre escargot dont il s'applique à lécher le contour avec soin.

 

Un serveur apparait de nulle part pour leur servir un autre verre, visiblement au taquet, et Elliot approuve d'un hochement de tête. C'est cool le service à la française. Les lumières se tamisent finalement, et les clients semblent s'assembler davantage autour du poste de karaoké, s'encourageant les uns les autres. Alors que Freya fait croustiller son pain à son oreille, il tourne brusquement la tête pour croquer dedans, et le vole sans hésitation aucune pour le récupérer dans sa main.

 

- Ch'est vrai. Tu d'vrais proposer ça à Alison cha la f'ra rêver. Boulangère de Pré-Au-Lard, les miches les plus chaudes de ta région ! Merde la gueule de Freya. Priceless. Ça va j'déconne. Il s'envoie une autre rasade de vin blanc.

Derrière eux, l'ambiance change soudain, la musique plus entrainante, les paroles familières résonnant dans un accent abominable. Un groupe de français s'est lancé dans du Queen, et ils donnent tout ce qu'ils ont. Mort de rire, Elliot balance le menton dans la direction de Freya :

 

- Alors, premières impressions sur le karaoké ?

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