Harry Potter RPG
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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Hall de Poudlard, Samedi 02 Septembre 2124

Anya ne pouvait s'empêcher, discrètement, de zieuter Sasha comme s'il s'était agit d'un insecte particulièrement captivant. Sa posture était rigide. Militaire. Son faciès abîmé. Ses yeux froids. Sa verve brutale. Il avait fait la guerre, exactement comme son frère. Avait-il tué ? Ça ne faisait pas l'ombre d'un doute. Il n'avait que seize ans, aussi l'école n'était pas un si lointain souvenir pour lui. Était-ce seulement quelque chose qui continuait de l'intéresser, à présent ? Elle en doutait. Elle se souvenait parfaitement des lettres de Pavel, avant qu'il ne disparaisse complètement de la surface de la terre. Ce qu'on nous enseigne n'est rien à côté de ce que l'on vit sur le terrain. Je suis fier d'être un soldat. J'apprends chaque jour dix fois plus que ce qu'on a pu m'apprendre en une année.

 

- Eto zapreshcheno, vot i vse. Obitayemyy, navernoye. Oni ne govoryat, no eto slukhi. Vam prosto pridetsya poyti posmotret' i rasskazat'. Elle est interdite c'est tout. Habitée, probablement. Ils disent pas mais c'est la rumeur. T'auras qu'à aller voir et raconter.

 

La question suivante lui fait hausser un sourcil, et Anya se mure dans le silence. Il l'a pris pour quoi, une agence de renseignement ? Elle a que dix-sept ans. C'est pas comme si on lui avait expliqué beaucoup plus que voilà ton nouveau foyer, et ta nouvelle école. Sous-entendu, en attendant que les choses se tassent. Ses yeux noirs demeurent fixés sur la silhouette du russe. Il n'a qu'un an de moins qu'elle. Il a l'air plus vieux, pourtant. Étrange comme l'interrogation le fait brusquement paraitre pour un enfant. Un enfant qu'il n'est plus. Un enfant qu'elle n'est plus. Les enfants sont morts, en Russie, vous ne le saviez pas ? Un sifflement la traverse finalement, la langue serrée contre son palais, et elle secoue la tête en détournant le regard. Que répondre, vraiment ? Ça fait pas partie de la visite, garçon.

- Я сделаю все возможное, чтобы пройти через это с высоко поднятой головой. Вы сделаете то же самое. Если вы достаточно гармонируете с окружающими, они не всегда могут воспринимать вас как чужака. J'vais faire ce que je pourrais pour m'en sortir la tête haute. Tu f'ras pareil. Si tu te fonds suffisamment dans la masse, ils te verront peut-être pas toujours comme un étranger.

 

Elle en doute, Anya, que Sasha Shevchen et son corps étrangement voûté puisse un jour représenter autre chose aux yeux de ce petit monde britannique qu'un expatrié étrange tiré d'une guerre dont ils n'ont lu que de vagues articles dans quelques coupures de presse. S'il demeure tel qu'il l'est à l'instant, probablement que ça n'arrivera jamais.

 

- Не имеет значения, останусь я или нет. я в любом случае кем-то стану. Ça changera rien que je reste ou non. J'deviendrai quelqu'un dans tous les cas, elle termine avec fermeté en se redressant légèrement. Скажи, Саша, а зачем ты вернулся ? Почему ты не остался и не сражался со всеми остальными ? Dis, Sasha, pourquoi t'es revenu hein ? Pourquoi t'es pas resté te battre avec tous les autres ? Elle demande finalement.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

Sa posture est rigide, son regard neutre, d'apparence presque blasé. Pourtant elle bouillonne, à l'intérieur, car bien sûr qu'il a raison. Ce sont ses boucles qui la trahissent, brutalement éclaircies sur les pointes, comme prises d'une angoisse propre. Anya n'en perçoit rien, naturellement. Sans doute que ça contraste particulièrement avec le rictus méprisant qu'elle offre à Sasha alors qu'il se défend d'être le toutou de Carter. Un sourcil haussé, elle ne peut s'empêcher de ressentir comme un soulagement au creux de la poitrine. Importun, vraiment. Fatalement que ça la fout sur la défensive, lui faisant claquer une réplique cinglante dont elle ne maîtrise rien.

 

- Ah ouais t'offre ce genre de service toi ?

 

Nan parce que ça sonne vraiment comme s'il faisait le tapin. Ça craint un peu. Ses pupilles sombres sont braqués sur le visage du russe, aussi abîmé qu'elle peut s'en rappeler. Parfois elle se demande si le visage de son frère s'était fait lacérer de la sorte, avant qu'il ne disparaisse complètement de la surface de la terre. Anya ne revient volontairement pas sur sa sous-entendu cécité, préférant de loin prétendre que rien de tout cela n'a d'importance. Ni les balafres de guerre de Shevchen, ni ses baisers volés à Freya Carter, ni sa présence en solitaire au milieu du parc comme s'il cherchait, lui aussi, la quiétude offerte loin d'un château auquel il ne pouvait et ne pourrait jamais se sentir attaché.

 

Pourquoi ne s'en va t-elle pas ? L'instant est brisé. Le russe importun. Sa métamorphomagie retournée à l'état sauvage, comme elle le constate brusquement en percevant dans son champ de vision, la teinte fushia d'une mèche rebelle. Agacée par son propre comportement incertain, Anya se détourne complètement du sorcier pour balayer du regard le paysage. Le lac est serti d'une brume légère qui forme comme un tapis sur sa surface. Si les volutes ne se déplaçaient pas sous les rayons du soleil, on pourrait croire une carte moldue, parfaitement figée tout autour d'eux. Ne perce le silence léger que le piaillement de quelques oiseaux perchés dans les hauteurs, profitant pleinement des quelques semaines de végétation qu'il leur reste.

 

Elle ne répond d'abord pas à la question qui surgit d'entre les lèvres rustres, comme s'il ne s'était agit quelque part que d'un insecte qui s'en irait aussitôt. Mais finalement son visage pâle se tourne vers Sasha, ses sourcils froncés, deux billes noires sondant son vis-à-vis avec intensité.

 

- Побеждают те, кто не выделяется. Ceux qui ne se font pas remarquer remportent la victoire. Вас этому в армии не учили? Мы видим тебя, ты мертв. Вот так оно и есть. Вам не кажется, что мы недостаточно видим себя такими? Оно говорит о нас только тогда, когда мы проходим по коридорам. On ne t'as pas appris ça, à l'armée ? On te voit, t'es mort. C'est comme ça. Tu crois pas qu'on nous voit pas assez comme ça ? Ça parle que de nous quand on passe dans les couloirs. Elle se penche en avant, imitant les pires de ceux dont elle a pu être témoin. Regarde, ce sont les élèves de Russie. Ce sont les élèves de l'école bombardée. Ce sont des orphelins. Leurs parents sont morts à la guerre. Ils sont bizarres, tu trouve pas ? Ils sont froids. Tu crois qu'ils sont morts à l'intérieur ? Il parait que là-bas on sépare leur âme de leur corps pour ne pas qu'ils ressentent leurs émotions pendant les duels. Послушай, о чем они говорят, Саша. Я скорее притворюсь невидимкой, чем притворюсь частью их лицемерного мира. Écoute ce qu'ils racontent, Sasha. Je préfère prétendre être invisible que prétendre faire partie de leur monde hypocrite.

 

Être invisible plutôt que rendre service au premier venu, dans l'espoir de faire partie d'une communauté qui de toute façon finira par se foutre de toi, sans essayer un seul instant de comprendre d'où tu viens, où tu vas.

 

- Они все громко говорят, но никуда не идут. Они боятся плохих оценок, некрасивой одежды, своей тени в коридорах. Они стоят там, где все на них смотрят, и боятся того, что о них подумают люди. Ils parlent forts eux tous, mais ils vont nulle part. Ils ont peur des mauvaises notes, des fringues moches, de leur ombre dans les couloirs. Ils se mettent où tout le monde les regarde, puis ils ont peur de ce qu'on va penser d'eux. Это смешно. C'est ridicule.

Sa verve est rapide, méprisante. Avant de s'éteindre complètement. Interdite, elle se demande encore plusieurs secondes pourquoi elle a pris le temps d'étirer une réponse aussi précise. Aussi franche. Son regard tombe sur les cicatrices qui parsèment les mains du sorcier. Anya a un mouvement de menton un peu sec.

 

- C'est quoi qui a fait ça ? Elle redresse la tête pour rencontrer le regard de Sasha, sincèrement curieuse.

La guerre, elle détestait entendre son père en parler. Son frère en rêver. Mais depuis qu'ils sont partis tous les deux, que sa mère n'est plus là pour lui rappeler les faits extirpés méthodiquement de chaque gazette, ça lui manque. Paradoxal. Importun. Le sentiment morbide de vouloir savoir, même si lorsqu'elle en aura l'image, elle préfèrera ne pas avoir su. Certainement.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

La rougeur qui l'avait gagné, discrète, sur la pointe des deux oreilles, avait fini par s'estomper. Non. Elle n'était pas intéressée. Merci bien. L'image, pourtant s'était englué dans la rétine. Anya n'avait guère la moindre expérience avec les garçons, et elle pouvait se montrer extrêmement prude sur le sujet. Les effets d'une éducation traditionnelle qui avait laissé ses marques. Des marques moins visibles que les abominables cicatrices couvrant les mains et certaines autres parties du corps de Sasha, qu'elle n'avait certainement pas remarqué. Au terme de créature, les yeux s'étrécirent, comme cherchant à comprendre précisément ce qu'il sous-entendait par là. Ni son père, ni son frère, ni même sa mère, n'avaient jamais évoqué la moindre créature dans les camps ennemis. Tant de choses ignorées sur les réalités de ce qui pouvait bien se dérouler loin du confort de la maison ou de l'école. Tant de choses qu'on lui refusait encore de comprendre.

 

La rétractation des mains sa Sasha, cependant, l'empêchèrent de le questionner plus avant. Ses lèvres se scellèrent en une ligne étroite. Elle demeurait là, comme incapable de bouger. Stupidement planté dans le sol à moins d'un mètre du sorcier, rigide dans des souliers imbibés de l'humidité ambiante, alors que lui restait au sol à la mater le cul dans la rosée. La question la voit attraper une mèche de cheveu au vol, par réflexe, comme pour en dissimuler les changements de couleur incontrôlés. Un grondement sourd s'extirpe d'entre ses lèvres en même temps qu'un défensif et ? qu'elle serait bien en mal de contrôler également. Pour finalement le fixer avec une hargne étrange, probablement incrédule. Utile sur le terrain ? Elle voudrait croire qu'il se fout de sa gueule, mais il en a pas l'air. Le nez retroussé, les iris écartelés, elle demeure silencieuse quelques secondes de trop avant de secouer la tête.

 

- Я не знаю, в какой пещере ты живешь, Саша, но метаморфомагов не тех, кого мы отправляем первыми на фронт, тем более, если это женщины. Je sais pas dans quelle grotte tu vis, Sasha, mais par chez les métamorphomages ne sont pas ceux que l'on envoie en priorité sur le front, encore moins si ce sont des femmes. 

 

C'est craché dans l'air comme une boule de mépris. Par chez elle, on appelait ça une malédiction. La malédiction des visibles. Ceux dont tout l'intérieur est étalé à tout vent, comme un livre ouvert. Anya n'était pas sans connaitre le concept d'espionnage, et de l'usage des métamorphomages dans ce domaine spécifique. Mais alors on ne les considérait jamais que comme des armes sensibles. Des armes imprévisibles. Personne n'avait de respect pour les gens de son espèce. À raison. C'était un combat de tous les jours que de conserver la surface lisse qu'elle délivrait au monde, encore plus ces derniers mois. Non, non les métamorphomages ne sont d'aucune utilité. Les métamorphomages sont des anomalies. L'essence d'une tare qui sévit sur le pays depuis des générations. Immobile, Anya parcourt l'expression de son vis-à-vis, dans l'espoir peut-être d'y trouver la moindre trace de moquerie, comme elle pouvait la trouver régulièrement chez son frère lorsqu'il évoquait sa malédiction. Elle n'en trouve aucune.

 

- Я хотел драться. Je voulais me battre, elle prononce finalement comme une confession chuchotée dans le vent. Son corps s'affaisse pour s'accroupir, se placer à la hauteur de Sasha. Меня забанили. Мой брат смог поехать, а не я. Рассказывать. Что это были за существа ? On m'a interdit. Mon frère a pu aller, pas moi. Raconte. C'était quoi les créatures ? Elle réclame, se faisant brutalement l'effet d'une enfant alors que ses yeux questionnent, cerclés de lueurs étrangement aussi dorées que le soleil sur leurs deux visages.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
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Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

Des inferis. Bien sûr, Anya connait le terme. L'a lu dans les manuels de la bibliothèque de Koldostoretv alors qu'elle n'avait que douze ans. Elle s'était imaginé alors ce qui se passerait si tous les morts des cimetières se dressaient soudain de leur tombe, pour envahir les rues de Moscou. L'image ne s'était jamais vraiment éloignée de son esprit. Il ne lui était jamais venu à l'idée qu'on puisse éveiller les soldats tombés sur le champ de bataille. Un frisson lui remonta l'échine alors que le visage de son frère s'imposait à elle, décharné, extirpé de la terre. Demeurée silencieuse, figée comme un animal prit dans les feux d'une voiture, Anya ne se sentit pas soulagée d'entendre que l'on ensorcelait surtout des moldus. On eut dit le genre de réplique rassurante que lui murmurait sa mère lorsqu'elle demandait des nouvelles de son père, s'il rentrerait bientôt à la maison.

 

Il va rentrer Nikita, il rentre toujours, la guerre tue les faibles avant tout, et ton père est un homme fort. Parfois, les choses que l'on refusait de s'imaginer pour notre propre santé mentale devenait une terrible réalité, et elle l'avait appris de la pire des manières. Recroquevillée sur elle-même dans une position presque similaire à celle de Sasha, elle ne prit pas même une seconde pour lancer un sortilège au sol, et se retrouva léchée par l'humidité ambiante. Glaciale, elle eut le mérite de la rappeler à la question de Sasha, encore suspendue dans l'air. Sa tête demeura affaissée, son regard sur le sol tandis qu'elle admettait sourdement :

 

- Предположительно погиб на фронте. Présumé mort sur le front.

 

Cinq mots qui avaient tout fait basculer, un mercredi, serrés les uns contre les autres sur un morceau de parchemin bien trop blanc et bien trop lisse qu'elle avait depuis conservé. Son visage se redressa, d'une neutralité étrange, tandis que la silhouette frêle se repositionnait pour s'accroupir de nouveau, se lever d'un seul mouvement. Sa baguette s'extirpa de sa poche, et elle se sécha d'un informulé comme si l'instant qui venait de passer n'avait pas existé. Présumé mort sur le front, c'était mieux que mort au front. Longtemps, elle avait gardé l'espoir d'un autre parchemin blanc et lisse qui viendrait annoncer le retour de Pavel, infiltré depuis tout ce temps chez l'ennemi pour les avoir de l'intérieur. Les années étaient passées, et l'espoir était mort avec elles. Pour son père, il n'y avait eu aucun espoir.

 

Les yeux secs se posèrent de nouveau sur le paysage. Des élèves étaient venus entacher la carte postale, leurs rires se répercutant sur le lac, et sur les troncs hirsutes de la forêt juste derrière. Sasha avait combattu, des sorciers, des inferis, et il avait survécu. Les cicatrices à ses mains n'étaient-elles pas finalement la preuve d'un homme fort que la guerre n'avait pas tué ? À moins que l'injonction à rentrer n'en ait été l'unique raison. Il paraissait fort, cependant. Fort, et à la fois faible, au milieu de cette école dans laquelle il ne semblait pas avoir sa place. Elle reporta son attention sur lui, et questionna presque brutalement, comme un défi, ou une accusation :

 

- Si tu pouvais repartir , te battre, tu irais ?

 

Il était facile de rejeter la faute sur les ordres, lorsqu'ils couvraient une forme de lâcheté. Il a tort. Elle a tout manqué. C'est le ressenti qu'elle a toujours eu, qu'elle continue d'avoir. C'est ce qui la fait s'entrainer si dur. Elle n'a pas pu se battre, mais elle prouvera qu'elle aurait pu.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
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Bureau du professeur de métamorphose, Vendredi 15 Septembre 2124

Fais chier.

 

Plantée devant le miroir, Anya passe ses doigts sur des mèches d'un violet vif qui n'ont visiblement aucune envie de retrouver leur couleur brune d'origine. Profondément agacée, la sorcière pousse plusieurs jurons dans sa langue natale avant de quitter les douches communes d'un pas soudain déterminé.

 

- Tu vas où ?

- Ne tvoye delo.

- Ça donne quoi en anglais ?

- Ça regarde pas.

- Bah super.

 

Pressée, la sorcière ne prend guère le temps que d'attraper la veste de son uniforme avant de quitter le dortoir, délaissant sa camarade sans autre cérémonie. Elle ignore les regards des élèves qui, étrangement, semblent la remarquer bien plus que d'habitude, pousse un nouveau juron en passant la porte de la salle commune. Ses doigts continuent de passer nerveusement dans ses mèches, qui virent du violet au rouge, puis à l'orangée, avant de partir sur un vert écaillé qui n'est pas sans rappeler le logo brodé des Serpentards. À court de solutions, Anya n'a plus qu'un dernier recours. Ses talonnettes noires frappent le sol avec une régularité terrible, l'entrainent jusqu'au rez-de-chaussée, puis grimpent les marches du château pour enfin atteindre une large porte familière, à laquelle une main serrée vient frapper sèchement.

 

- Professeur ?

 

Anya n'est guère connue pour se tourner vers qui que ce soit en cas de problème, mais celui-ci prend des proportions qui la dépasse un peu plus chaque jour. Sa métamorphomagie n'avait jamais été si hors de contrôle. Elle en sait pertinemment la raison. Pour autant, connaitre cette raison ne l'aide en rien à résoudre le problème. Si ce n'était que quelques mèches qui jouent les arc-en-ciel une fois de temps en temps ça ne la dérangerait pas. Mais on parle de son corps entier qui n'en fait qu'à sa tête depuis plusieurs semaines. La révolte est totale. Pourrait survenir au milieu d'un cours. Pire. D'un examen. Elle ne peut se permettre d'entacher ses notes excellentes. Pas sous le prétexte d'une magie si incontrôlée. 

Anya n'est pas quelqu'un qui perd le contrôle.

Les mains soigneusement rangées dans les poches de son veston, Anya patiente avant d'être invitée à entrer, ne donne aucunement l'impression de l'urgence qui l'anime intérieurement lorsqu'enfin elle pénètre dans le bureau du professeur de métamorphose. Ce dernier compte parmi les professeurs les plus respecté du corps étudiant, et Anya n'y fait pas exception. S'il est un homme qui puisse lui fournir une solution, c'est certain que ce sera lui. Le visage neutre et les mains poliment ressortie de l'uniforme pour choir d'une part et d'autre de sa silhouette frêle, Anya s'avance, une salutation sur les lèvres, ses mèches de cheveux s'ornant paradoxalement de nouvelles couleurs invraisemblables.

- Bonsoir, professeur. Pardon de vous déranger, je sais le couvre-feu est pour bientôt. Son regard est directement planté sur Pope, la raison de sa présence ici aussitôt déployée. J'ai problèmes avec le don métamorphomage. 

 

Anya parlait certes un anglais courant, mais les articles semblaient manquer une fois sur deux. Une imperfection dont elle ne se rendait pas souvent compte, sauf si l'on venait oralement la rectifier.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
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Hall de Poudlard, Samedi 02 Septembre 2124

Volontaire ? Certes non. Anya Nikitovna ne s'est pas portée volontaire. C'est la direction, qui l'a porté volontaire. Ça ne devrait pas la déranger. Après, tout c'est un camarade, n'est-ce-pas ? Ça la dérange. Justement parce que c'est un camarade. Depuis son arrivée dans l'école, la sorcière s'est tenue isolée des autres expatriés de Koldostoretv, préférant se focaliser sur un nouvel objectif simple. Se fondre dans la masse. L'on ne se fond guère dans la masse en demeurant attroupé entre victimes de guerre, à n'échanger qu'en russe, et à se remémorer la vie là-bas, dans les corridors du palais. Non, l'on se fond dans la masse en se forçant à porter l'uniforme, à parler bien l'anglais, à suivre les cours comme tous les autres. Ainsi on avance. Ainsi on ne meurt pas.

 

Bien sûr, elle a accepté. C'est ainsi aussi que l'on se fond dans la masse, et que l'on continue de marquer des points pour un avenir bien tracé. Anya n'est pas du genre à lever une révolte, pas du genre à faire la guerre. La guerre n'est jamais vraiment nécessaire. La guerre avale les gens pour les recracher plus fort, ou ne jamais les recracher du tout. Plus fort, mais aussi plus dur. Plus dur, mais aussi plus froid. Plus froid, parce qu'au fond ils sont morts quand même, sans vraiment s'en rendre compte. Anya a toujours admiré son père, mais elle n'a jamais eu l'ambition d'être comme lui ou comme son frère, un soldat. Un soldat obéit aveuglément, donne la mort, meurt à son tour avec ou sans les honneurs, ou revient avec pour seule envie d'y retourner pour tout recommencer.

 

Elle l'a salué en russe quelques minutes plus tôt. D'une salutation brève, courtoise. Le genre qui n'invite pas vraiment à la conversation. Elle s'est présentée aussi, bien sûr. Аня Никитовна. Седьмой курс, как и ты. Я покажу тебе школу. Anya Nikitovna. Septième année, comme toi. Je vais te faire visiter l'école. La veille, ce sont les préfets de Gryffondor qui l'ont accueillis, mais aujourd'hui c'est elle qui est chargée d'expliquer le règlement, et les spécificités de Poudlard comparé à Koldostoretv. Évidemment, c'est sûr que c'est plus simple pour un nouveau venu qui n'a peut-être que de vagues notions d'anglais d'avoir quelqu'un qui parle parfaitement sa langue en face de lui, en plus de venir du même endroit. C'est une logique qui n'échappe pas à Anya. Elle n'a pas eu cela lors de son arrivée, dix-huit mois plus tôt.

- Davaï.

Ses yeux, habituellement noirs, sont aujourd'hui teintés d'ambre, et elle ne parvient pas à en changer. Elle préfère encore prétendre que c'est normal, plutôt que d'assumer une perte de contrôle. Son uniforme parfaitement ajusté à sa taille arbore le blason des serpents, et son pas est mesuré tandis qu'elle entraine Sasha Shevchen au dehors. Le garçon n'est pas beaucoup plus grand qu'elle, sa posture rigide, ses épaules carrées. Parmi tous les élèves de son ancien école, Anya n'a pas le souvenir de l'avoir déjà croisé, encore moins de lui avoir jamais parlé. À Koldostoretv résidaient un nombre bien plus grands de sorciers qu'il n'y en a à Poudlard, aussi cela n'a rien de bien surprenant. Visage parmi plus de milles autres visages, Sasha est un parfait inconnu, qui ne représente aujourd'hui qu'une mission dont elle ne se charge que par obligation.

- Это парк. Там лес. Это запрещено, можно заходить только до фестральной оболочки и не более. Там озеро. Это не запрещено, но там живут существа, и их нельзя беспокоить. C'est le parc. Là-bas, la forêt. Elle est interdite, on ne peut aller que jusque l'enclos des sombrals, et ensuite, niet. Là-bas, le lac. Il n'est pas interdit, mais des créatures y vivent, et il ne faut pas les déranger.

 

Le règlement n'était pas bien dur. Les sanctions ne l'étaient pas non plus. Quelques points en moins dans les sabliers, des retenues. Anya n'avait jamais été une habituée des punitions, mais il était clair que la vie était plus aisée pour les sorciers britanniques qu'elle ne l'était pour les étudiants slaves. Ayant désigné un endroit puis l'autre de son bras, Anya continue de marcher, pour prendre la direction des serres. Mécaniquement, elle sort un paquet de blondes de sa poche, et en plante une à ses lèvres. L'habitude est récente. Occasionnelle. Cet été semble avoir bouleversé beaucoup de choses, dont ceci. Elle en propose une à Sasha, par courtoisie. Il a l'âge, après tout.

 

- Вы курите ? Разрешено только в парке, но не возле вольеров и теплиц. Эти. Их четыре. Номер четыре — самый опасный, без разрешения туда нельзя. Остальные в порядке. У вас есть вопросы ? Tu fumes ? C'est autorisé seulement dans le parc, mais jamais près des enclos, ou dans les serres. Celles-ci. Il y en a quatre. La numéro quatre est la plus dangereuse, on y entre pas sans autorisation. Les autres c'est ok. Tu as des questions ?

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureau du professeur de métamorphose, Vendredi 15 Septembre 2124

Ce n'est pas un sentiment particulièrement agréable. L'admission d'une défaite. La quête d'une solution chez les autres. Ce n'est pas naturel, chez elle. Mais la perte de contrôle sur sa métamorphomagie n'a rien de naturel non plus. Jamais elle n'a aimé ce don. Un don ? Une malédiction. Ses plus vives émotions, présentées comme un livre ouvert aux yeux du monde, pour peu qu'elle ne parvienne pas à les sceller. Probablement ferait-elle une brillantte occlumens, à force de s'exercer à tout compartimentaliser. C'est son professeur de métamorphose de Koldostoretv qui lui avait dit cela, fasciné. Elle avait douze ans alors, douze d'expérience à dissimuler les effets d'une magie qui modifiait son corps à mesure d'émotions toujours plus tassées.

Paraitre aussi imprenable qu'une forteresse, c'est la force d'un soldat, disait toujours son père. Ferme et impassible, il représentait une force de la nature à laquelle elle aurait tant voulu ressembler. Un idéal qu'elle ne pourrait jamais atteindre, car Nikita, tu es une fille toi, pas un soldat. Son frère se plaisait souvent à le lui rappeler, lorsqu'elle essayait de s'y mesurer. Bien sûr le don avait continué de grandir, et la fille avec. L'adolescence l'a rapidement fait subir les aléas d'une guerre intérieure, pour laquelle elle s'imagine parfois avoir été le soldat le plus imprenable qui soit. À présent ? À présent Anya se sent adulte, écartée de tous ces souvenirs d'enfant, confus, abstraits. Plus que jamais elle compartimentalise, plus que jamais elle maîtrise.

 

Alors pourquoi ?

 

- Deux mois, professeur. Ça a commencé début de l'été.

 

Le regard posté sur le visage de son interlocuteur, Anya ne se lance pas dans la moindre explication supplémentaire. Pas sur ce point, du moins. L'origine du problème n'est pas une solution. Ne voit-il pas ? Elle ne serait pas là, sinon.

 

- J'ai tenté des sortilèges, des potions, la méditation. Rien ne marche. C'est xaoc. Le chaos, Monsieur. Ça déconcentre pour les cours, pour les devoirs, pour tout. Vous êtes professeur de métamorphose. Vous avez déjà rencontré ce problème ? Vous connaissez des exercices pour... canaliser ?

 

Le dernier mot avait demandé un instant de réflexion à Anya, dont le regard sembla brutalement opter pour des nuances bleutées qui juraient parfaitement avec ses mèches de cheveux. Pour l'instant, ce n'était que des teintes, mais Anya savait pertinemment de quoi sa métamorphomagie était capable. Des milliards de minuscules portions de magie, juste là, sous sa peau, la dévoraient jusqu'aux os, prêtes à faire d'elle quelque chose, quelqu'un qu'elle n'était pas. Deux semaines plus tôt, un sentiment d'horreur l'avait envahit alors qu'elle s'était retrouvé à faire face à une parfaite inconnue dans le miroir. Deux semaines avant encore, ça avait été les traits trop familiers de son frère, comme elle se l'imaginait parfois en rêve s'il avait eu une année de plus.

 

- Je dois me concentrer pour ne pas que ça arrive. Tout le temps, elle déclare finalement en abaissant définitivement la tête, les sourcils froncés. Comme si je suis... déréglée.

 

Déréglée, cassée, fatiguée. Anya inspire, expire, redresse la tête.

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Deb
Message publié Mardi 22 Octobre 2024 à 01:32

Oh oui. Merci pour ce revival fantastique. T'as oublié le F de Beaugardium par contre c'tout nul !

 

C'est l'affaire du siècle mec, la même que l'choixpeau magique mais version capote, dix mornilles seulement et il te balance tout c'que tu veux savoir sur ce qui fait monter ton engin tu t'rends compte ? 

 

Quoi, on dit pas souvent qu'les mecs ils pensent avec ce qu'ils ont entre les jambes ? Bon. Pour la prochaine personne, le mot à placer est : Niffleur

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Deb
Message publié Mardi 22 Octobre 2024 à 01:47

Blop

Ohw, ben tiens, un Hippokoko sauvage ! J'trouve ça presque dommage que t'aies pas fait tout un speech sur ton propre VDD, c'était l'occaz. Bon c'est aussi encore un peu de l'inauguration donc j'vais pas m'étaler quatre heures, j'vais juste voler les cookies, la sandale et...

Nan bon ok. J'vais parler d'toi un peu.

J'suis fort ravie d'avoir l'occasion de recroiser la plume avec toi en RP parce que quand même ça m'avait fort manqué. Tes personnages sont toujours des pépites, et j'aime toujours autant ta façon de les écrire, ça m'a vraiment fait trop plaisir de me plonger dans toutes les fiches que t'as déjà pondu rien que pour le plaisir de me dire : Hippokoko quoi. Reconnaissable entre milles. J'adore. L'même effet qu'un chocolat chaud au coin du feu un peu. Du coup j'crois j'me répète d'une précédente VDD de y a... ben merde, plusieurs années finalement, mais j'suis vraiment ravie que ce forum ait permis cette rencontre fantastique. J'retiendrai toujours que t'as beau être minuscule, tu sors vraiment les meilleures vannes, pis t'as juste le cœur sur la main donc bah : change rien, bisous.

M'suis  pas étalée pendant quatre heures comme promis, mais j'pense que j'ai gagné la deuxième sandale - j'vais pas m'barrer à cloche-pied comme un manant non plus.

J'lègue un kouign aman au prochain pour colmater les brèches de son existence.

Tcho !

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc de Poudlard, non loin du terrain de Quidditch, Mercredi 06 Septembre 2124

Pas une semaine n'est passée depuis la rentrée, mais déjà des clameurs se font entendre sur le terrain de Quidditch. Distraitement, Anya lève la tête de son bouquin pour jeter un œil aux silhouettes déployées à plusieurs mètres de là, entre les immenses gradins. Ça n'a pas l'allure du stade de Koldostoretv. Il faut dire que pour jouer au Quidditch comme ils le font là-bas, il faut davantage d'espace, des tribunes mieux protégées. Bien sûr, les élèves connaissent et pratiquent la version édulcorée de ce sport magique, mais c'est davantage considéré comme une version enfantine qu'autre chose. Anya n'aurait jamais admis, là-bas, sa préférence pour cette dernière. Impressionnnante, la chevauchée de troncs entiers déracinés à la terre avait quelque chose de rustre, tandis que la chevauchée sur balai dénotait d'une certaine agilité, et d'une élégance autrement impossible.

 

C'est la puissance de la chose qui galvanisaient les jeunes garçons russes lorsqu'on les élançaient sur des chênes immenses.

 

Adossée à un tronc de bonne envergure, la sorcière se perd quelques instants à observer les figures gracieuses opérées par les joueurs. Il lui prend parfois de les envier. À Koldostoretv, les filles ne pouvaient se mesurer aux duels qu'entre elles, et il en allait de même pour le Quidditch. Ici, tout le monde se mélangeait sans arrêt, y compris sur le terrain. Anya n'avait jamais eu l'occasion de monter sur l'un de ces énormes troncs volants, mais elle avait toujours apprécié les compétitions sur balais avec ses camarades. Elle se trouvait même douée pour ça. C'était sans doute sa volonté de se tenir à l'écart de tous qui la bornait à ne voler que lors des cours. À moins qu'elle n'eut peur du regard que les autres slaves pourraient bien porter sur elle, si elle se présentait aux essais de Quidditch.

 

Ont-ils déjà commencés, ou n'est-ce que l'aperçu d'un entrainement improvisé entre quelques uns des membres de l'équipe ? Y aura t-il seulement des essais, alors que la compétition inter-maisons a été annulée à cause du chaos de l'année dernière ?

 

Anya plisse les yeux, tâchant de reconnaitre les figures qui continuent de se mouvoir, mais bientôt toutes fondent vers le sol, et s'éparpillent sur une pelouse fraîchement tondue. Quoi qu'il se soit joué, c'est terminé. Reportant son attention sur son livre, la sorcière est traversée d'un rictus bref, avant d'être pleinement concentrée sur sa lecture. L'art méditatif, par Youssef Hassan. L'ongle de son index se remet à gratter son pouce alors qu'elle avance entre des pages qui ne semblent vouloir lui apporter qu'une solution temporaire, peut-être parfaitement infertile. Aujourd'hui, le don est calme. Son uniforme lâchement desserré au niveau du col laisse paraitre une peau d'une pâleur significative, qui conserve sa texture habituelle. Ses mèches demeurent sagement brunes. Ses yeux parfaitement noirs. Aujourd'hui, tout est sous contrôle.

 

Plusieurs minutes passent, Anya se perdant toujours plus entre des lignes qu'il lui est chaque jour plus facile de déchiffrer. Ses premiers mois en Grande-Bretagne ont représenté un calvaire. Aujourd'hui, elle ne bute qu'un mot sur vingt. Elle s'entraine dure, pour parvenir à l'excellence. Ses notes sont inhabituellement hautes, comparées à celles de ses camarades de Koldostoretv. Elle en est fière. Accaparée comme elle l'est, elle n'entend guère le bruits de pas qui se rapprochent, le murmure de conversations. Jusqu'à ce que les présences ne soient trop proches. La surprise la fait se redresser avec vigueur, brutalement, et elle jette un œil au groupe d'élèves qui remontent l'allée à quelques mètres à peine comme s'ils avaient subitement envahi son territoire. Ses mèches ont pris une teinte orangées sur les pointes.

 

Un juron lui pousse derrière les dents, qu'elle refuse de laisser sortir. Elle déteste se faire remarquer. Alors prétendant s'être levée pour quelque chose, elle glisse son livre sous le bras et commence à marcher, ne saluant que discrètement les élèves, d'un simple hochement de tête, avant de se mettre à remonter le chemin d'un bon pas.

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Anya Nikitovna

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Deb
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Salle Commune de Serpentard, Samedi 02 Septembre 2124

Ah. La rentrée. Anya l'avait certes attendu avec une certaine impatience. Poudlard ne reflétait rien de l'élégance du palais de Koldostoretv, mais il avait le mérite de lui permettre ce qui lui était absolument impossible au foyer St Claire. Se fondre parfaitement le décor, jusque s'en faire oublier. Aucun Preston ne pouvait l'approcher ici. La sorcière avait donc retrouvé l'internat avec soulagement, et sitôt le banquet de rentrée terminé, s'était rapatriée dans le dortoir qu'elle partageait avec cinq autres filles de Serpentard. Aucune relation ne s'était tissée entre elle et ces adolescentes purement britanniques, qui elles se connaissaient déjà depuis leur première année. Elles avaient cessé d'amorcer des conversations avec la jeune russe dès les premières répliques échangées, comprenant sans doute qu'elles n'auraient jamais rien à voir ensemble.

 

Ses affaires sagement rangées dans la large malle au pied de son lit, ce dernier fait à la militaire avant même que les elfes n'aient le loisir d'en toucher le moindre drap, Anya était comme à son habitude levée bien avant l'aurore. Bientôt les alarmes viendraient secouer la chambrée pour éveiller ses camarades de dortoir. En attendant, la sorcière était plongé dans l'un des manuels de sixième année. Le planning n'avait pas encore été distribué, mais cela ne l'empêcherait guère de continuer de se préparer pour ses premiers cours. Comme prédis, plusieurs musiques s'élevèrent brutalement d'un côté et d'un autre de la pièce, les sortilèges d'Éveil-moi s'enclenchant en série. Anya se met immédiatement en branle, optant pour une retraite dans la salle de bain tandis que les filles émergeaient. 

 

Son reflet lui présenta un visage amaigri, et un teint plus pâle encore que celui de l'année dernière. Ses yeux étaient cernés. Ses mèches ponctuées d'étranges reflets d'une blondeur qui tiraient vers le blanc. Occasionnellement, l'aperçu de cheveux qui semblaient s'iriser sous la lumière. Les sourcils froncés, elle resta les fixer avec agacement, tâchant de reprendre le contrôle sur un évènement qui semblait de plus en plus récurrent. Il était inutile de l'espérer ponctuel, ou que personne ne puisse le remarquer. Elle ne pouvait qu'espérer qu'il ne s'aggrave pas dans la journée, ou qu'elle puisse au moins prétendre qu'aucune de ces métamorphoses ne se passaient à son insu. Elle inspira profondément avant de se passer de l'eau sur le visage, et d'entamer une toilette sommaire.

 

Quelques minutes suffirent à la voir échanger sa place avec une autre. Elle troqua sa tenue initiale pour un uniforme parfaitement ajusté, avant de descendre avec le reste des Serpentards dans la salle commune. Vraisemblablement, la directrice de leur maison, Miss Aisling, tiendrait un discours peut-être similaire à celui de l'année dernière avant de les laisser rejoindre la Grande Salle, aussi Anya se contenta d'elle de se tenir là, les mains croisées devant elle, les jambes parfaitement droites. Plongée dans l'observation des élèves, elle ne prêta qu'une oreille apparemment distraite à la professeure. Cette dernière était charismatique, et douée dans son enseignement. Ses cours plaisaient à la sorcière, bien que ceux de Koldostoretv lui manquent absurdement dans ce genre de domaine. À la question de Ryder, Anya eut un rictus méprisant.

 

- Ser'yezno ? Sérieusement ? Craché entre ses dents, le murmure ne pouvait être audible de quiconque.

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Anya Nikitovna

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Grande Salle de Poudlard, Vendredi 01 Septembre 2124

Le brouhaha ne lui avait guère manqué. Anya, installé sur le banc rigide qui jouxte la paroi nord de la Grande Salle, se contente d'observer l'ensemble de ses camarades sans esquisser la moindre réplique - en dehors de quelques salut courtois à l'intention de ses voisins les plus proches. Si l'an dernier n'a pas marqué la moindre volonté de sa part de nouer des liens avec le reste de l'école, ce n'est visiblement pas cette année que cela va changer. Frêles, ses mains sont sagement postées sur la table, l'ongle de l'index passé le long du pouce de manière absente. Le directeur Woodcraft ne tarde pas à prendre la parole, pour un discours qui n'a plus grand chose à voir avec celui de l'année dernière. Anya ne s'était pas grandement intéressé aux évènements qui avaient entaché la coupe de Quidditch, s'étant fondamentalement noyée dans le travail et le perfectionnement d'un anglais qu'elle commençait à véritablement maîtriser.

 

Peu concernée, elle se contente d'un regard en diagonale qui traversa une horde d'élèves pour le moins révoltés, et dont les cris de protestations se veulent plus élevés de seconde en seconde. Ils ne se calment en rien tandis que s'additionne une nouvelle qui, elle, a le mérite de lui faire hausser les sourcils avec intérêts, toute son attention reportée sur Woodcraft. Un intérêt dissipé à la seconde même où elle comprend qu'il ne se tiendra pas avant l'année prochaine, soit après son départ de Poudlard. De nouveau, son visage se ferme, et elle s'en retourne à l'observation de camarades qui se sont mis à chuchoter enter eux avec énergie. L'excitation de la gagne pas. Vaguement, Anya ne manque pas relever le manque flagrant de sanctions à l'intention des élèves les plus vocaux, dont les répliques frisent pour la plupart l'irrespect le plus pur, doublé d'une afable insolence. De tels comportements ne savaient être tolérés, à Koldostoretv.

 

En fait, personne n'aurait même émit le moindre murmure de protestation. Les élèves se seraient contentés d'organiser leur propre tournoi en interne, loin du regard des professeurs. Un rictus méprisant la traverse tandis que, non loin, elle entend Ryder prévoir de jouer les balances dans l'espoir de changer la décision du corps professoral. Son regard se plante invariablement sur lui, et elle est peut-être la première surprise lorsque ses lèvres s'ouvrent pour lui partager le fond de sa pensée.

 

- La coupe c'est un artifice, t'en as pas besoin pour monter sur un balai, genius.

Anya n'aurait su dire pourquoi elle était si agacée. Peut-être était-ce le comportement général des élèves britanniques, qui s'insurgeaient d'un tout et d'un rien. Ou peut-être entendre Ryder parler de balancer quelqu'un juste pour l'idée d'une récompense un peu brillante et parfaitement inutile lui rappelait combien certains principes pouvaient se perdre. Ce genre de comportement, infantile, elle l'abhorrait. Résoudre un conflit, à Koldostoretv, se faisait par la confrontation directe, à armes égales. Pas en dénonçant son prochain auprès d'un professeur comme un enfant de quatre ans. La nourriture apparaissant dans les assiettes, elle se met à récupérer distraitement quelques portions, qui ne prennent finalement qu'une moitié de l'assiette. Parfaitement rangés, comme compartimentalisés. 

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Hall de Poudlard, Samedi 02 Septembre 2124

Le regard d'Anya se plante sur le visage du russe tandis que d'un geste sec elle récupère sa cigarette pour expirer sa fumée. Un sourcil haussé, la réponse évidente dans le silence étiré, elle lâche quand même sa réponse. Abrasive.

 

- По вашему? D'après toi ?

 

Terminée, la clope est balancée avant que d'un simple sortilège, elle ne la fasse disparaitre dans le néant. D'un autre, elle fait de même pour le mégot voisin.

 

- Курение разрешено, нет. Если ты не знаешь заклинания, то это Эванеско. Fumer c'est autorisé, ça non. Si tu connais pas le sort c'est evanesco.  

 

Sans transition aucune, Anya se met en marche. Désigne les larges gradins, plus loin, pour annoncer qu'il s'agit du поле для квиддича terrain de Quidditch, avant de s'engager sur les marches menant au château. Les règlements s'extirpent d'entre ses lèvres avec monotonie, alors qu'ils évoluent des cachots aux différents étages. Sasha n'essaie pas de faire la conversation. Ne pose aucune question. Anya se contente de remplir son rôle à la perfection, indiquant ici les sabliers, là les salles de classe, là l'entrée des diverses salles communes. Le fonctionnement demeure similaire à celui de Koldostoretv. Respect des aînés, professeurs que l'on doit vouvoyer, ponctualité en cours, rigueur et discipline dans les devoirs. Черная магия запрещена. La magie noire est interdite. Personne n'avait pensé à le lui souligner, à son arrivée.

 

Le septième étage est atteint au bout d'une demie-heure seulement.

 

- Вон твоя башня, на другой стороне Рейвенкло. На этой стороне находится вольер, а там башни Астрономии и Гадания. Là-bas, c'est ta tour, de l'autre côté c'est Serdaigle. De ce côté, c'est la volière, et par là les tours d'Astronomie et de Divination.

 

Du haut de l'escalier, les embranchements se ressemblent tous.

 

- Вот и все. У вас есть вопросы? Есть какие-нибудь серьезные вопросы, не о моей заднице ? C'est tout. Tu as des questions ? Des vraies questions qui sont pas à propos de mon cul ?

 

Les iris impeccablement noirs semblent le défier, sa voix aussi ferme que ce qu'elle a été tout le reste de la visite. Anya est une habituée des garçons russes. Tous ont cette façade rustre, cette façon menaçante de s'adresser aux filles. C'est une manière de prouver leur force. Involontairement ou non, elle a toujours calqué son propre comportement sur eux. Plus précisément sur celui de son frère.

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Bureau du professeur de métamorphose, Vendredi 15 Septembre 2124

Comme souvent, le professeur Pope démontre d'une précision redoutable dans l'emploi de ces mots. Anya demeure stoïque, bien que chacune des répliques ne trouvent en elle un écho. Il parait évident que les méthodes employées jusque là ne suffisent plus. Le professeur a raison. Ses lèvres se courbent cependant d'un rictus bref à la mention d'émotions et de souvenirs à revisiter, et relâcher. Imperceptiblement, le visage est secoué de gauche à droite, comme un refus catégorique qu'elle ne formule pourtant pas. Rigide, son regard se perd sur les bordures écaillées de la large fenêtre, sur le paysage immobile du parc, sur les rangées de livres qui comblent les nombreuses étagères de bibliothèque. Lorsqu'enfin elle en revient au professeur Pope, Anya a un regard d'acier, et des mèches qui se sont comme assombries.

 

- Si vous me dites comment je dois faire, je préfère le faire seule.

 

Le ton employé est implacable. Venir dans ce bureau réclamer de l'aide a déjà été un pas assez éprouvant comme cela. Hors de question de partager émotions et souvenir avec quiconque. Elle est déjà réticente à l'idée de les revivre elle-même. Mais s'il le faut ? S'il le faut elle en trouvera la force, bien sûr. Ceux qui se couchent devant l'adversité sont ceux qui sont faibles. Brusquement, elle se fait l'image d'une pensine énorme dans laquelle elle pourrait entreposer certains aspects de sa mémoire, afin qu'ils ne répandent plus le chaos. Serait-ce un chemin de traverse envisageable, si elle ne parvenait pas à travailler avec eux ? Un instant distraite, elle lève une main pour replacer une mèche libre derrière son oreille, et s'humecte des lèvres bien trop sèches.

 

- Professeur, je sais ma métamorphomagie est pas une magie que je peux vraiment contrôler. C'est comme la nature. C'est дикий, sauvage. Mais les souvenirs, les émotions, on peut contrôler. Avec les potions, les pensines. C'est pas soumettre, professeur, c'est canaliser. Je sais faire, canaliser. Si je relâche tout, là ? Ça déborde. C'est pire, je pense.

 

Comme si Канал имени Москвы le canal de Moscou entrait en crue, et venait déborder dans toutes les rues de la capitale. Anya n'a jamais vu le canal déborder, mais elle a déjà entendu sa mère parler d'une époque où c'est arrivé. Elle a vu les images, dans les gazettes de l'époque méthodiquement conservées. Elle sait à quoi ressemble la ville inondée. Elle sait le désastre. Elle sait la perte. La peur lui fait fermer ses lèvres subitement, comme si l'équivalent d'un tsunami venait de la traverser. Les yeux de son frère se reflètent dans ses pupilles de nouveau métamorphosées, et elle redresse le menton. Chez elle, la métamorphomagie n'était pas vu comme une force, mais comme une faiblesse. Une anomalie sorcière. L'étalage d'émotions indiscrètement étalées au grand jour, des émotions que personne ne voulait voir. Utile dans certains domaines, mais dénigrés par les plus puissants.

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Hall de Poudlard, Samedi 02 Septembre 2124

Ses yeux levés vers le ciel, Anya pousse comme un sifflement agacé. Le gars est pas qu'à moitié con. Elle ne daigna pas répondre à ladite question, parce qu'elle estimait que sa réponse avait été parfaitement claire la première fois. À la référence du conflit, elle se figea brusquement, et elle planta son regard dans celui de son camarade avec une ardeur renouvelée. Voilà pourquoi elle ne s'était pas portée volontaire.

 

- Они ничего не говорят. Никто в этом не заинтересован. Они знают, что пишут в газетах, и все. Ils ne disent rien. Personne ne s'y intéresse. Ils savent ce qui est écrit dans les journaux, et voilà.

 

On les avait regardé de travers les premiers jours, tous autant qu'ils étaient. Les expatriés russes. Les victimes de la guerre. Une guerre qui n'avait de réalité que des phrases romanisées dans des coupures de presse. Ici, le conflit n'avait pas le moindre impact. Ici, il n'avait pas de sens. Ici, on leur prêtait des œillades appuyés, de pitié, de curiosité, mais on ne comprenait pas ce que c'était vraiment, que de grandir dans un pays nuancé par la terreur et la mort. C'était aussi bien. Anya louait cette atmosphère légère dans laquelle tous étaient baignés. Ne désirait en aucun cas redresser le tableau morbide d'un passé auquel elle tâchait de ne jamais penser.

 

On va de l'avant, où on ne va nulle part, Nikita.

 

- Есть комендантский час. Выезды разрешены по выходным, под наблюдением учителей и при условии, что вы подписали разрешение от своей семьи. Il y a un couvre-feu. Les sorties sont autorisées le weekend, sous la surveillance des professeurs, et à condition d'avoir une autorisation signée de ta famille. Quelque soit ce qui remplaçait ladite famille. Если вы хотите бросить вызов правилам, это ваша проблема. Si tu veux braver le règlement, c'est ton problème.

 

Elle se garde de lui parler des rondes. Il est possible bien sûr, de passer outre le couvre-feu. Beaucoup d'étudiants connaissent des façons de détourner le règlement en leur faveur. C'est un internat, et il est impensable d'imaginer qu'une poignée de professeurs puissent imposer la surveillance de plus de trois-cent adolescents plein de rébellion, dont l'imagination semble n'avoir aucune limite. Quant à partager de telles astuces avec un camarade qui se montre plus rude qu'une pierre, et qui ne fait que lui rappeler sa supériorité par son simple regard sur elle ? Certainement pas.

 

- Многие картины предают. Некоторые призраки тоже. И есть полтергейст. Beaucoup de tableaux trahissent. Certains fantômes aussi. Et il y a un esprit frappeur, elle prévient tout de même. Если вы хотите отправиться в ночные поездки, лучше не будьте последним идиотом. Si tu veux faire des virées nocturnes, t'as intérêt de pas être le dernier des crétins.

 

Anya n'avait elle-même pas tenté l'expérience. N'en avait guère trouvé l'intérêt. Ceux qui sortaient en dehors du couvre-feu le faisaient pour le plaisir de braver l'interdit, et n'avaient pas beaucoup d'endroits où se rendre autre que de longs couloirs de pierre, ou peut-être le parc pour s'en griller une sous la lueur de la lune. Pour passer les insomnies, elle s'ouvrait un manuel, ou se plongeait dans le travail. Une activité autrement plus productive qu'une balade en extérieur qui risquait plus certainement de lui attirer des ennuis que de lui faire passer la sensation opressante qui venait parfois lui serrer la poitrine.

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Hall de Poudlard, Samedi 02 Septembre 2124

Un seul sourcil se hausse alors que le russe s'emballe contre la communauté britannique toute entière. Un animal sauvage. Voilà à quoi ressemble Sasha Shevchen. Une créature extirpée d'une guerre pour être projetée dans le confort d'une école, l'arme à la main. Anya a un mouvement de recul lorsqu'il s'avance, involontaire, ainsi qu'un juron qui s'extirpe d'entre ses dents serrées. Elle n'a plus guère suivi le conflit comme elle l'aurait voulu, depuis qu'elle a été éjectée du pays. La presse ne traverse pas les frontières. Ou alors sous la forme de mensonges. Apparemment, il y aurait eu une mission d'envergure déployée sur le terrain. Un mouvement politique qui annonçait la couleur : l'Europe ne tolèrerait pas que l'on laisse des sorciers n'ayant pas atteint la majorité se battre dans une guerre qu'ils ne sont pas en mesure de comprendre, où dans laquelle leur position est imposée. Systématiquement, tout combattant trouvé n'ayant pas dix-sept ans s'est vu forcé de battre en retraite, et d'être expatrié comme tous les autres.

 

Elle le savait avant d'avoir posé la question.

 

- XОРОШИЙ. Bien, elle se contente de répondre en prétendant n'avoir pas eu ce réflexe de recul, n'avoir pas eu peur face au russe, alors qu'il s'emportait au milieu du couloir.

 

Le regard noir demeura fixé sur la silhouette massive du garçon, et quelques instants elle sembla peser le pour et le contre de s'en aller sans demander son reste. Mais pour une raison ignorée, elle resta. Dans un silence étrange qui sembla les envelopper et les isoler du reste du château. Les mains à ses poches, Anya guettait, bien qu'elle ne sache pas quoi exactement. Le profil taciturne d'un élève qui ne brillerait probablement pas en cours, tant il serait la cible de sa propre impatience, ou de son impérieuse impulsivité. Les poings serrés dont il semblait ne pas vouloir se départir. La courbure d'un dos qui semblait ployer sous une étrange culpabilité, à moins que ce ne fut sa manière d'être sur ses gardes. Il semblait à la fois calme, et dangereux, dans cette poignée de secondes éloignées du bruit. La sorcière jeta une œillade vers le bout du couloir, parée à s'en aller, le laissant isolé au sommet de l'école pour mieux rejoindre la fraîcheur de son cachot. Mais il parla, alors, et elle resta donc le guetter.

 

Aussitôt que la réplique fusa, ses lèvres se scellèrent en une ligne étroite.

 

- Pré-Au-Lard, elle corrigea dans un anglais parfait. Eсли у вас есть принимающая семья, дом, именно они должны подписать разрешение. Вы отправляете им письмо, они вам присылают подпись, это хорошо. Si t'as une famille d'accueil, un foyer, ce sont eux qui doivent signer l'autorisation. Tu leur envoie un courrier, ils te renvoient une signature, c'est bon.

 

Bien sûr qu'elle n'avait aucune famille. Aucun de ceux qui s'étaient vus exportés de Russie n'en avait, sur ces terres. Que croyait-il ? Anya ne daigne pas même répondre à la question, insolente, irrespectueuse. Si on l'avait laissé se battre... Peut-être aurait-elle tiré son frère du mauvais pas qui avait mis fin à ses jours. Peut-être aurait-elle fait la fierté de son père. De sa mère. Mais non. Non, les femmes ne se battent pas. Les femmes s'éduquent pour ne rien faire d'autres que servir les hommes, ces mêmes hommes qui les accusent de manière menaçante de ne pas comprendre ce qu'ils vivent, eux, dans leur existence d'homme. Sa haine envers Sasha lui fait soudain l'effet d'une chape de plomb. Il aurait pu être son frère. Il aurait pu être son frère, en vie, ramené de force au sein de Poudlard pour terminé une scolarité dont il ne voulait rien. Pourquoi Sasha Shevchen, et pas Pavel Nikitovitch, mh ?

 

- Визит окончен. La visite est terminée. Bye, Sasha Shevchen.

 

Menton dressée, Anya le plante là, au milieu du couloir. 

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Anya Nikitovna

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Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

Le domaine de Poudlard avait beaucoup à envier aux hectares entiers qui cerclaient Koldostoretv. L'enceinte ne laissait guère l'embarras du choix quant aux endroits où se poster pour ne pas être dérangé. Encore là, ce n'était qu'une question de temps avant qu'un élève ou qu'un groupe entier ne vienne dérober le silence. Anya prenait grand soin de chérir les maigres instants qui lui permettait, ponctuellement, de trouver la solitude. Sereine, elle ne manquait pas profiter de n'importe quel rayon de soleil venu courber l'horizon du matin, pour s'enhardir d'une promenade au milieu du parc. Le plus souvent, c'était le genre d'escapade qui s'échouait contre la rugosité d'un tronc imposant, à feuilleter quelque livre emprunté à la bibliothèque, ou à réviser pour un prochain examen.

 

Ce matin ne faisait guère exception à la règle. Une chaleur timide s'était immiscée entre les habituels nuages grisonnants de l'écosse, berçant le paysage de splendides couleurs automnale qui l'avait poussé à s'extirper du cachot. Anya n'avait mis que quelques minutes à trouver refuge entre les racines imposantes d'un figuier sauvage particulièrement dense. Un simple sortilège la protégeait bien sûr de la rosée glaciale qui n'aurait pas manqué, sinon, tremper son uniforme. Dissimulée en grande partie par les larges branches encore garnies en ce début de saison, la sorcière s'était sentie, sereine, en sécurité. La tranquillité, au château, était une chose rare dont il fallait savoir profiter dès lors qu'elle se présentait. Prise par les lignes manuscrites rédigées de sa propre main, elle n'avait pas tardé à relever la tête pour retracer de ses pupilles noires le trajet d'une lumière orangée nappant la pelouse alentour.

 

Moscou n'avait jamais su offrir de tel spectacle, mais Kodostoretv, si. Entre ses immenses pins, aube comme aurore étaient capables d'apaiser n'importe quelle âme, ses lueurs déployées entre les troncs de la forêt privée dans laquelle pouvaient courir les élèves le matin, ou miroitées sans fin sur la rivière qui la scindait en deux. Combien d'heure y avait-elle passé, avec ses amies, à discuter de rêves interdits ? Les éclats de rire lointain de ces poignées de souvenir semblait faire écho dans le silence assourdissant de cet instant précis, alors qu'elle observait un parc désert à des lieues et des lieues de son pays d'origine. Bientôt la jeune femme s'était redressée pour s'avancer, presque timidement, jusque baigner dans la lumière. Les paupières closes dressées vers le ciel, elle sent la chaleur lui caresser la peau, à la manière d'une mère qui aurait embrassé son enfant.

 

Une fois n'est pas coutume. Anya s'était installée là, en tailleur, déployant un nouvel enchantement pour la maintenir au sec, avant de reprendre sa lecture. 

 

Ce n'est que plusieurs longues minutes plus tard que sa tête se tourne, brusquement, comme prise d'un sixième sens étrange, dans la direction de l'est. Ses iris, virés à l'ambre presque flamboyant, croisent ceux d'un autre élève, tapi là comme un prédateur. Une angoisse fugace la prend aux tripes alors que tout son corps réagit à la présence qu'elle n'a pas entendu arriver, et elle s'en détourne la seconde suivante pour retrouver une composition. Voilà. L'instant est gâché. Comme des centaines d'autres auparavant. Les longues boucles sont agités alors que de nouveau son attention se porte sur le fourrée, ou elle perçoit maintenant qu'elle y regarde plus attentivement, la pointe d'une chaussure, et bientôt ce qui semble être le corps allongé d'un étudiant aux traits finalement familier.

 

- чудак weirdo, elle siffle entre ses dents en refermant son manuel d'un claquement sec pour prendre de la hauteur. Qu'est-ce que tu fous planqué là ? T'as arrêté de jouer les chiens chiens de Carter ? Elle balance en s'avançant d'un pas déterminé.

 

L'égo a pris un coup. Anya déteste être prise par surprise. Encore plus par un type aux manières aussi rustre, qui saurait pas passer inaperçu même en essayant. Alors forcément. Forcément, elle mord. L'observer de tout là-haut a quelque chose de sécurisant qui lui fait oublier momentanément qu'elle n'avait plus aucune idée de ce qui l'entourait pendant plusieurs longues minutes. Son père n'aurait pas été fier d'un tel fait. Son père aurait eu honte.

 

- Tss. J't'ai dis de te fondre dans le décor, Sasha, pas de tremper ton cul dans la rosée.

 

Il perd pas de temps pour les filles, mais pour le reste il est visiblement à chier. Déjà qu'apparemment il suit les cours des cinquième année. Pas qu'elle se soit renseigné. C'est le genre d'information qui circule. Son égo à lui aussi, doit prendre un coup, de se retrouver au milieu d'adolescents plus jeunes que lui, à embrasser une pimbêche qui pense qu'a sa frange.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

De sa hauteur, Anya domine entièrement Sasha, et elle se contente de hocher la tête pour approuver une réponse qu'il crache aussi brutalement qu'elle a posé sa question. Bien. À la mention des filles, cependant, un poing se serre et se déserre involontairement tandis qu'elle secoue la tête imperceptiblement, un juron entre les lèvres pratiquemment inintelligible.

 

- Bullshit.

 

Elle n'en a jamais entendu parler. En fait, de son école, elles n'étaient qu'une poignée à avoir annoncé vouloir se battre, le reste se réfugiant derrière l'interdit gouvernemental pour se rassurer sur le fait qu'elle n'en avait guère ni l'ambition, ni l'envie.

 

- Samara.

 

C'est le seul nom qu'elle avait retenu. Le dernier où Pavel avait mis les pieds, avant qu'on le considère mort au combat. Avant cela ? Il y en avait eu d'autres, certainement. Probablement avait-il combattu à Rossoch, ou était mort leur père avant qu'il ne parte lui-même sur le front. La Division envoyait ses soldats partout où les tensions devenaient trop brûlantes, pour des missions toujours plus périlleuses dont la presse ne parlait pas toujours de manière très détaillée. Tout au plus les lieux du conflit, la liste des soldats tombés sur le front, les actes les plus héroïques dédiés à l'avancée du FMU. Anya détenait dans ses effets personnels une médaille du parti, décoration d'usage léguée à la famille lors du trépas d'un officier. Elle n'avait rien pour lui rappeler Pavel, cependant, que le nom d'une cité depuis longtemps détruite. Son seul honneur était encore de ne pas avoir été considéré déserteur.

 

Aucun des combattants de Samara n'avait été considéré comme déserteur : le point noir du pays avait exterminé trop de jeunes pour que l'on considère jeter la menace d'une trahison nationale à la tête des familles des victimes.

 

- Ça importe pas, , elle déclare subitement en dardant ses yeux noirs sur le visage du sorcier. Ça importe pour qui, et pour quoi.

 

Les raisons qui avaient poussé Pavel a quitté le foyer, à rejoindre les rangs de la milice pour imiter un père qui leur avait toujours appris à se battre pour les principes de leur immense pays, étaient ce qui déterminait son honneur dans la mort. Au-delà de ne pas être un déserteur, il avait été un soldat dévoué. Cela, rien ne pourrait le lui enlever, pas même Samara.

 

- Я читал, что мы ночью отбили Бровары. Скоро, Киев. Вы увидите. J'ai lu on a repris Brovary dans la nuit. Bientôt, Kiev. Tu verras, elle énonce avec une fermeté implacable, et une absurde fierté. Если хотите, я могу поделиться с вами газетой. Не тот, что здесь. Они ничего не говорят. Это страны. Si tu veux je peux partager la gazette avec toi. Pas celle d'ici. Ils racontent rien. Celle du pays.

 

Les numéros de l'Unificateur s'empilaient dans la malle de son dortoir, religieusement.

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Anya Nikitovna

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Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

Anya l'observe étrangement, de biais, comme s'il venait de sortir quelque chose de particulièrement stupide.

 

- Мне нравятся остальные, я плачу подписку. Это не ракетостроение. Je fais comme les autres, je paye un abonnement. C'est pas sorcier.

 

L'expression n'avait rien d'humoristique, entre les lèvres implacables de la jeune russe. Elle ne s'était guère attendue à la réaction de Sasha, qui s'animait soudain, déballant davantage de mots qu'il n'en aura prononcé depuis leur première rencontre, ou presque. Elle crache par terre à la mention de l'Union Nocturne, ces traîtres kazakhs.

 

- Они испортили все, что могли. Мы потеряли Сызрань, говорит она. Не вдавались в подробности, но ОДИН принял это как данность на двух полных страницах, там все имена людей, которых надо убить за разрыв союза две тысячи сто три. Пусть сдохнут. Ils ont fait foirer tout ce qu'ils ont pu. On a perdu Syzran, elle énonce. Ils ont pas détaillé, mais l'UN en a pris pour son grade sur deux pages entières, y a tous les noms des hommes à abattre pour avoir rompu l'alliance de 2103. Qu'ils crèvent. 

 

L'excitation palpable de Sasha lui rappelle brièvement la vigueur de Pavel dès lors qu'il évoquait leur père, et la guerre à laquelle il participerait bientôt. La guerre de laquelle il ne reviendrait pas. Anya lève le menton, comme prise d'un élan patriotique, avant de placer une main presque solennel sur l'épaule de Sasha. Elle est retirée dans l'instant suivant, n'en laissant aucun souvenir tant le geste avait été rapide.

 

- Ну давай же. У нас есть время до завтрака. Viens. On a le temps avant le petit-déjeuner, elle l'invite d'un mouvement.

 

Le besoin qu'elle avait eu de se tenir éloigné de l'ensemble de ses camarades s'évanouit comme neige au soleil, alors que le regard de Sasha semble comme s'illuminer à la perspective d'avoir des nouvelles du conflit. Il avait été le seul, jusqu'ici, à l'évoquer. Les autres étaient trop jeunes, ou trop réservés. Certains n'en avaient même rien à faire, et se plaisaient dans cette nouvelle vie, à prétendre n'avoir rien à faire que des devoirs. Anya les abhorrait plus encore que tous les autres. Sasha lui, avait combattu. Il avait fait avancer le FMU, et massacré peut-être certains des membres du VAL. Sans doute n'avait-il pas combattu beaucoup, car il n'avait que seize ans, et qu'on ne pouvait guère combattre avant cet âge - comme Pavel s'en était souvent plaint. Mais il comprenait mieux que beaucoup d'autres ce qui importait réellement, même dans ce trou paumé d'une Écosse glaciale.

 

Le pas déterminé, Anya s'avance pour retrouver le sentier qui les mènera au château, et bientôt dans les cachots - loin des rayons paresseux du soleil qui continue de se déployer sur l'horizon.

 

- Я собираюсь отвести их в пустой класс перед общей комнатой, я не хочу, чтобы другие задавали вопросы. Люди здесь спрашивают, не желая знать, просто чтобы поговорить и сказать что-нибудь между занятиями. Je vais les apporter dans la classe vide en face de la salle commune, j'ai pas envie que d'autres posent des questions. Les gens d'ici ils demandent sans vouloir savoir, juste pour parler et raconter n'importe quoi entre les cours.

 

L'an dernier, Anya s'était confié à une élève de sa classe au sujet d'un article paru la veille. L'autre avait déformé tout ce qu'elle avait dit pour inventer que les russes utilisent des arbres entiers qu'ils affutent comme des lances, et qui transpercent des armées entières. Idiote.

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Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

- De l'état, fut sa seule réponse, acérée comme une lame.

 

L'évidence même, non ? C'est comme cela que survivait tous les nouveaux petits pensionnaires de Poudlard. Avec l'argent que l'état russe leur envoyait, en récompense de l'effort de guerre mené par les familles qu'ils avaient perdu. Anya avait la chance de bénéficier d'une rente plus importante que celle de certains camarades, en ce que son père avait été un officier. Ce n'était qu'un maigre revenu, qui suffisait toutefois à se payer la venue d'un journal chaque matin, entre autres choses. La mère patrie veillait sur ses expatriés, dans l'espoir d'un retour dès que les circonstances le permettront. Les garçons viendraient enfler les rangs de la milice, et les filles combleraient les postes qu'ils ne pourraient occuper pendant ce temps.

 

Anya se garda de rappeler à Sasha qu'elle ne l'avait aucunement invité à entrer dans la salle commune des serpentard, encore moins dans son dortoir. Encore heureux que tu m'attende dans la salle, qu'est-ce que tu t'imagine ? Semblait dire son regard alors qu'elle l'abandonnait pour s'engouffrer dans la large pièce de pierre froide orné des couleurs de sa maison. Elle n'accorda guère le moindre regard aux élèves présents, ou peut-être brièvement au groupe de filles de cinquième année qui gloussaient dans un coin. Alison Carter avait ce tique affligeant qui la voyait régulièrement passer les doigts dans sa frange, comme pour en arranger la tenue.

 

De l'autre côté de la pièce, Viviane et sa cour, qui semblaient en proie à la même maladie compulsive, les lèvres ornées de carmin planquées derrières des mains manucurées pour dissimuler des rires qui n'avaient rien ni de jolis, ni de sincères. Parfois, Anya avait la vaste impression de déambuler dans une immense pièce de théâtre dont on aurait omis de lui laisser le script. Là le déploiement d'un mystérieux coup de hanche, ici la conjugaison d'expressions vaines et de jurons millimétrés pour descendre quelque professeur, ou quelque élève accoutré de la mauvaise façon, ou ayant donné une réponse aberrante au dernier examen. Rien qui n'ait ni le moindre sens aux yeux d'Anya, ni vraiment d'intérêt non plus.

 

Pressée, elle gagna son dortoir, souleva le couvercle de la lourde malle, et en extirpa un porte-document d'une finesse exagéré pour ce qu'il contenait. Scellé d'un sortilège, il aurait en vérité du prendre plusieurs longs centimètres d'épaisseur. Elle le flanqua sous son bras avant de repartir comme elle est venue, quittant la salle commune sans avoir éveillé grande attention. L'an dernier, ses faits et gestes étaient épiés sans arrêt, mais il s'était avéré qu'il n'y avait rien à décortiquer ; Anya n'était qu'une élève pâle et maigrichonne qui plaçait toute son énergie dans ses études, et n'essayait jamais de socialiser.

 

Vlam.
 

Le paquet s'abattit sur la table occupée par Sasha, tandis que d'un coup de baguette elle allumait les torches au mur une à une. Le garçon était définitivement étrange, à se coucher dans la boue et la rosée, à rester plongé dans le noir. Anya ouvrit la pochette d'un seul geste avant d'en extirper un journal, qui en découvrit aussitôt un autre derrière. Il y avait tous les numéros depuis son arrivée sur le sol britannique ou presque ; il avait fallu plusieurs semaines avant qu'Anya ne puisse lancer l'abonnement, et recevoir ses premiers journaux. Une attente qui lui avait alors semblé interminable.  Les retrouvailles avec le vieux papier grisonnant de l'Unificateur étaient un moment privilégiées, comme un retour au pays.

 

À la table du petit déjeuner, en compagnie de son père, de sa mère, de son frère.

 

- C'est celui de ce matin. 

 

Anya s'installa sur le banc jouxtant celui de Sasha, croisant les bras sur sa poitrine. Elle paraissant d'autant plus fine à la lueur timide des flammes que dehors en plein soleil.

 

- Ils sont tous rangés dans l'ordre. Fais comme chez toi. Elle l'invita en s'enfonçant contre le mur juste derrière elle.

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Anya Nikitovna

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Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

La pierre permettait à la chaleur de demeurer enfermée à l'intérieur, bien qu'elle mette un temps incroyable à atteindre la bonne température. Dans les pièces inutilisées comme celle-ci, il valait ne pas l'attendre pour s'envelopper d'un enchantement corporel. Anya n'en avait pas esquissé, pourtant, se laisser transpercer par l'air glacial qui la faisait peu à peu se recroqueviller sur elle-même. Son regard perdu dans le vide, elle n'avait cure ni du silence, ni du froissement irrégulier des pages de journal que tournait Sasha. Il n'était guère surprenant de le voir si investi dans sa lecture. Lorsqu'elle avait reçu son premier numéro, plus d'un an auparavant, Anya s'était plongé à l'intérieur avec la même vivacité. Elle en avait décortiqué chaque information comme une affamée.

 

N'avait rien appris bien sûr de fascinant, mais les seuls entêtes dans sa langue natale, et les quelques avancées sur les lignes ennemis avaient suffit à lui servir de réconfort jusqu'au jour suivant, et celui d'après encore.

 

La voix de Sasha la rappelle à la réalité, et elle darde sur lui un œil presque absent avant de tranquillement hocher la tête. Il n'était pas si surprenant que le garçon n'ait pas encore touché sa pension. L'état venait en aide à ses pupilles, mais l'administration prenait son temps pour conclure chaque transaction. Les quelques lettres que plusieurs enfants cherchaient à faire parvenir en Russie étaient systématiquement interceptées, et leurs réponses parfois perdues quelque part au milieu de la manche pour Merlin sait quelle raison. L'Europe avait beau jouer son rôle de foyer d'accueil, elle n'en prenait pas moins un certain partie plutôt dérangeant qui la rendait méfiante même de gamins de la onzième à la dix-septième année. Alors Anya hausse les épaules pour toute réponse car bien sûr qu'elle voit. Ne sont-ils pas dans le même bateau ?

 

- Parle pas de ceux que tu connais pas, elle aboie brutalement en se redressant, pour mieux se lever et refermer le porte-document avec froideur.

 

Son frère n'aurait pas voulu qu'elle se batte, bien sûr, parce qu'il a toujours pensé comme leur père que sa place n'était pas sur un champ de bataille. À l'instar des autres femmes de leur pays. Il savait cependant son désir d'activement participer à l'effort de guerre, et il n'avait jamais manqué l'encourager à trouver d'autres manières de servir la nation. Anya savait que cela en passerait par des études acharnées, à Koldostoretv ou ailleurs, mais qu'ensuite elle se trouverait une place même en dernière ligne du conflit. C'était son devoir. C'est aussi ce que son père et sa mère auraient voulu. Comment osait-il remettre ça en question ? Comment osait-il lui rappeler comme tout le monde y meurt ?

 

Dressée sur ses souliers noirs, elle le fixe avec reproche, des mèches enflammées qui lui remontent jusqu'au sommet du crâne. 

 

- Je n'ai pas peur de mourir. Si c'est ce qui doit arriver, alors ce sera avec honneur. Comme mon père, comme ma mère, comme mon frère.

 

Son menton est relevé fièrement, la colère visible sur son visage pâle aussi lisse que celui d'une poupée. Le porte-document sous le bras, elle ne lui adresse pas un regard alors qu'elle s'en va sans plus de cérémonie.

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Parc de Poudlard, non loin du terrain de Quidditch, Mercredi 06 Septembre 2124

Anya prend le partie de ne pas se retourner, ayant pourtant parfaitement entendu l'injonction à quelques pas derrière elle. Elle est forcée de s'arrêter pourtant, lorsque le garçon qui l'a hélé débarque à sa hauteur. Difficile de l'ignorer plus longtemps. La sorcière l'observe de son regard noir, priant intérieurement pour que le sommet de son crâne n'ait pas été gagné par l'orange vif qu'elle continue de percevoir sur ses pointes. C'est peine perdue. Spike, qu'elle n'a eu aucun mal à reconnaitre à présent qu'il est planté devant elle, étire une réplique dans l'air qui lui fait l'effet d'une douche glaciale. Amère, elle se pince les lèvres. Était-ce bien nécessaire qu'il se détache de son groupe de potes pour venir lui signaler que sa métamorphomagie partait en live ? Certainement pas.

 

Les mèches subitement nuancées de rose sur le crâne du camarade la font cependant ravaler son injure, ses lèvres s'étirant même brièvement de ce qui ressemblerait à s'y méprendre à un sourire amusé. Aucun garçon, en Russie, ne s'aviserait de faire ce genre de vanne. Ne serait-ce qu'à cause du sous-entendu d'un côté féminin en leur personne si naturellement virile. Une différence culturelle flagrante que venait de piétiner allègrement le joueur de Quidditch sans la moindre hésitation, et avec une insolence qui le poussait à prendre une pose absurde bien au-delà du conventionnel scandinave. Anya secoua la tête pour observer aux alentours mais l'ensemble du groupe dont Spike s'était extirpé ne semblait pas l'avoir attendu pour continuer leur chemin vers le château.

 

Dans son pays, on l'aurait arrêté pour moins que ça, mais dans celui-ci personne n'en avait rien à faire qu'un garçon eut un côté féminin. Anya avait vu certains garçons se promener main dans la main, dans les couloirs du château. D'autres s'embrasser entre les bosquets épais du parc. Parfois même, des filles. Ça lui avait d'abord laissé une impression étrange de voir tous ces britanniques commettre chaque jour aux yeux de tous ce qu'elle avait toujours pensé être un crime. Mais on finissait par s'y habituer. Ici, les filles ne devaient pas se montrer fortes en toutes circonstances, et les garçons pouvaient agir comme des enfants sans qu'on les réprimande de ne pas être des hommes. Parfois Anya trouvait tout ça absurde, d'autres fois elle y trouvait un élan de liberté auquel elle n'avait jamais vraiment pu goûter.

 

- T'es mieux en brune toi aussi, elle rétorque finalement, ne réalisant pas qu'elle vient de troquer le masculin pour le féminin.

 

Violemment concentrée, elle pousse ses mèches à reprendre leur teinte d'origine. Ce qui ne lui aurait habituellement aucun effort lui demande aujourd'hui des secondes entières et fort pénibles pendant lesquelles elle doit se focaliser sur la teinte précise qu'elle cherche à rendre à sa chevelure.

 

- Je savais pas il y avait d'autres métamorphomages à Poudlard, elle énonce. Prends considérablement sur elle avant de poser la question qui suit, presque à contre-cœur. Tu as déjà eu des problèmes avec ? Là tu maîtrise. Est-ce que des fois... tu maîtrise pas ?

 

Admettre perdre le contrôle, voilà bien la dernière chose qu'Anya désire. Elle n'a cependant jamais croisé un autre sorcier qui subisse cette même anomalie, pas depuis qu'elle est arrivée à Poudlard. C'est peut-être l'occasion de comprendre pour quelle raison tout part en vrille, depuis quelques temps. Sa métamorphomagie n'avait jamais débordé, jusque là. Pas à ce point. Mais à présent, c'était comme s'il s'agissait d'une casserole d'eau bouillante sur laquelle elle tentait vainement de maintenir un couvercle. Son regard pourtant, ne dénonçait nullement la crainte qui la dévorait depuis plusieurs semaines : celle de subir à jamais les aléas de ce qu'elle avait toujours considéré comme une malédiction.

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Un vieux cachot désaffecté, Vendredi 09 Février 2125

Les mois passaient. Rien n'évoluait. Ni la guerre qui continuait de ravager son pays et de les empêcher, elle et tous les autres, de rentrer ; ni son goût pour le territoire britannique ; ni son avis sur cette école et ses méthodes d'enseignement. Seule sa métamorphomagie semblait s'assagir à mesure que l'été se faisait plus lointain, emportant avec lui le visage porcin de McClay. Chaque cours était suivi avec la rigueur qu'on lui connaissait, et sur son temps libre Anya se rendait systématiquement dans la bibliothèque ou en salle d'études - lorsque la présence Lord Beckett se faisait trop joyeuse à son goût -, pour avancer ses devoirs ou les compléter de recherches approfondies. Elle estimait sans peine que son niveau allait à la baisse depuis qu'elle avait quitté les bancs rigides de Koldostoretv, et elle était parvenu à obtenir l'autorisation d'un professeur pour se rendre en réserve et s'instruire sur des sujets soi-disant plus avancés. Entendez par là que les précieuses têtes blondes de Poudlard ne trouvent pas dans leur programme ces exercices pouvant heurter la sensibilité de uns ou des autres.

Ce jour ne fait pas exception sur le planning rigoureux d'Anya, qui ne quitte la salle d'études que bien après l'ensemble de ses camarades, pour enfin rejoindre les cachots. La semi-obscurité permanente a quelque chose de serein, de même que le silence qui la drape naturellement entre les épaisses parois de pierre. Ses bottines noires, dont les lacets remontent jusqu'aux chevilles, n'échappent pas le son des souliers cirés des autres filles, ou pour certaines de leurs talons pas plus haut que cinq centimètres. Les Alison Carter ou autre Viviane Valcourt ne semblent pas réaliser combien leur apparat peut nuire à leurs facultés naturelles pour la course. Engoncé dans l'éternel pantalon d'uniforme noire, et une chemise parfaitement rentrée à l'intérieur, Anya s'était plus tôt délesté de sa cravate et de la veste aux couleurs de Serpentard, qu'elle avait enfoncé dans son sac. C'était peut-être la seule différence appréciable entre Poudlard et Koldostoretv, cette tolérance au sujet de l'uniforme en dehors des cours qui permettait de se relâcher pour étudier.

Anya se défait d'un geste de son chignon strict, son regard circulant d'une porte à l'autre sans y payer grande attention.

C'est alors que surviennent le claquement régulier de pas pressés, au fond du couloir, et tout droit dans sa direction. Ses yeux s'accrochent à la silhouette d'un gamin de peut-être treize, ou quatorze ans, qu'elle reconnait immédiatement. Anya ne se mêlait pas aux camarades russes qui peuplaient le château, mais elle connaissait chacun de leur visage ainsi que chacun de leur nom. Celui-ci se nommait Fridrik Ivanovitch, et c'était un quatrième année peu téméraire qui semblait suivre un groupe davantage qu'en faire partie. Ses yeux plantés sur Anya, il se fige brutalement comme s'il ne s'était pas attendu à tomber sur qui que ce soit, puis finalement il l'agrippe par la manche avec vigueur pour lui faire part de ce qu'il se passe, à toute vitesse, dans un russe catastrophé. Les autres ont coincés Sasha Shevchen. Ils sont en train de le tabasser dans une classe.

Stan a un couteau.

Sourcils froncés, Anya le suit presque malgré elle tandis qu'il l'entraine à sa suite, et elle jure à plusieurs reprises. Elle avait pris soin d'esquiver la route de Sasha Shevchen depuis octobre. S'était contenté d'informer les autres qu'il ne fallait pas lui parler, qu'il était un chien d'ukrainien, et ça avait été tout. Sans doute serait-ce allé plus loin s'il n'avait pas eu la jugeotte de lui rapporter ses affaires. Ces dernières ne quittaient plus jamais son dortoir, scellées dans le fond de son coffre personnel.

- Какого черта ты делаешь ? Vous foutez quoi ? Elle demande aussitôt entré dans la pièce. Son nez se plisse alors qu'une odeur métallique fait irruption. прекрати свою чушь, ты собираешься втянуть нас в беду. Arrêtez vos conneries, vous allez nous attirer de la merde.

Anya s'attire le regard des garçons, âgés de treize à quinze ans. Étant l'aîné de tous, ils avaient pour elle un respect qu'ils n'auraient habituellement pas eu pour une fille. Aussi tous se figèrent, bien que Stan dardait sur elle un regard mauvais.

- Это украинский пес, ему просто нужно умереть ! C'est un chien d'ukrainien, il a qu'à crever !
- Как ты думаешь, мы не выгоним тебя, когда увидим, что ты избил парня десять к одному ? Qu'est-ce que tu crois, qu'on va pas t'foutre à la porte si on voit que tu tabasses un gars à dix contre un ?
- Мне все равно ! J'm'en tape !
- Пусть это будет глупо. Lâche ça, débile.

D'un simple coup de baguette, Anya a désarmé Stan. Ils continuent de s'envoyer chier pendant plusieurs secondes avant que l'autre ne capitule en crachant aux pieds de Sasha et en jurant. 

- Убирайся ! Dégagez !

Ses copains n'ont visiblement pas plus envie que ça de se confronter à Anya, et plusieurs coulissent un regard terrifié vers l'ukrainien avant de suivre Stan vers la sortie. Bientôt, il ne reste plus que Shevchen et Anya dans l'étroite pièce, dont l'air semble saturé. De sang et de sueur. La sorcière n'hésite qu'une seconde avant de libérer le garçon de son entrave. Elle conserve une distance certaine entre eux, sa baguette toujours levée.

- Поэтому тебя выгнали с войны ? Вас вообще дразнят дети ? C'est pour ça que t'as été renvoyé de la guerre Shevchen ? Tu te fais rétamer même par des gosses ?

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Parc de Poudlard, non loin du terrain de Quidditch, Mercredi 06 Septembre 2124

La surprise est pratiquement imperceptible. Anya observe Spike emprunter chacun de ses traits, décide très rapidement qu'elle déteste l'idée que qui que ce soit puisse ainsi violer et voler son identité. Ses sourcils se fronces, ses lèvres se tendent. La mine n'est guère impressionnée. Relativement sévère, même, sans doute. Sévérité qui s'estompe dès lors que le Serpentard répond à sa demande, avec une précision à laquelle elle ne s'attendait certainement pas. En fait, Anya supposait qu'il allait en profiter pour l'abaisser. Lui prouver une fois encore combien elle avait raison ne jamais se tourner vers aucun de ses nouveaux camarades britanniques.

 

- J'ai toujours maîtrisé parfaitement, elle énonce en redressant le menton.

 

Très tôt, Anya avait compris que les modifications permanentes de son corps ne plaisaient à personne. Ni sous le toit familiale, ni en dehors. Il n'avait guère été facile de brider ces interventions chaotiques de sa propre magie, mais l'absence d'autre choix l'avait incité à rapidement compartimenter ses émotions, pour mieux résorber sa métamorphomagie. Un travail nauséeux qui lui avait souvent laissé l'impression de retourner le sang dans ses propres veines, ou de s'enfermer à l'intérieur de son corps pendant des heures. Un travail qui avait payé, car elle n'avait plus eu de débordement depuis ses sept ans. Jusque cet été.

 

- J'ai pas stressé. Être, avoir, aussi interchangeables que deux élèves de Poudlard à ses yeux. J'prends rien. L'agacement est évident sur ses traits pâles. Ses doigts s'accrochent à ses propres bras, et un instant elle regarde ailleurs. J'ai lu des potions peuvent aider. Pour calmer. La potion de clarté, de paix, ces trucs là. T'as déjà pris avant un match pour voir ?

 

Anya n'était pas stupide au point d'essayer un traitement à l'aveugle. Peut-être que ça marcherait, peut-être que ça ne ferait qu'empirer la situation. Peut-être que ça la rendrait incapable de maîtriser de nouveau sans l'aide de potions. Mais dernièrement, la sorcière se demandait si elle maîtriserait un jour tout court, et c'était une pensée terriblement angoissante. Comment pourrait-elle remettre un pied dans son pays avec cette incapacité ? Maigre, repliée sur elle-même, Anya plante un regard droit sur Spike Ryder, enviant presque violemment son apparente nonchalance avec sa propre métamorphomagie.

- Peut-être j'ai stressé un peu. Dur de pas stresser quand on sortait d'une guerre, et qu'on vous balançait dans une nouvelle pays, une nouvelle école, loin de tout ce que vous aviez toujours connu. Pourtant l'année dernière, elle n'avait eu aucun mal à maîtriser sa métamorphomagie, ou bien trop peu pour que ça n'éveille en elle la moindre véritable inquiétude. Mais c'est pas normal, parce que même quand je stresser, je maîtrise. J'suis pas faible. Elle hait ce mot. Version anglaise comme russe. Il a une sonorité affligeante. Elle le crache dans l'air avec hargne. Tes copains t'ont pas attendu, elle prévient, comme subitement consciente de le retenir là. C'est la plus longue conversation qu'elle a tenu avec un autre élève de Poudlard depuis Basil Banks, et elle se sent exposée.

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Bureau du professeur de métamorphose, Vendredi 15 Septembre 2124

Anya ne peut s'empêcher de lever la tête alors que le professeur Pope souligne sa force, avec une fierté sans doute absurde aux yeux de ce dernier. C'est pour sa force qu'on la surnomme Nikita, dans son pays. C'est un nom d'homme. Un nom qu'elle ne devrait jamais porter. Si elle acquiesce lorsqu'il annonce avoir des exercices pour elle, son visage se ferme brutalement lorsqu'il fait mention d'une métamorphomagie qu'elle pourrait relâcher pour mieux maîtriser. Son mouvement de tête est pratiquement imperceptible, mais définitivement négatif. Les lèvres serrées en une ligne fine, elle darde un regard noir de charbon sur son professeur. Il bat en retraite en direction de sa bibliothèque, et c'est le soulagement qui s'installe sur les traits de la sorcière.

 

N'insistez pas, professeur, vous n'imaginez pas combien cette malédiction peut pèser.

 

Ses yeux s'affaissent sur la couverture des livres qu'il dépose sur le bureau, et elle hoche la tête avec la même monotonie qu'elle peut le faire en cours lorsqu'un professeur s'adresse à elle - un fait étonnamment rare, à croire que les élèves de Koldostoretv ont un talent pour se faire invisibles dans les salles de classe. Sa main se glisse le premier livre qu'elle récupère en le faisait simplement glisser pour en observer la quatrième de couverture. Bien sûr, son attention est toujours le directeur de Serdaigle, qui continue de parler devant elle. Anya déteste absolument tout de ce qu'il lui rappelle en énonçant que la métamorphomagie fait partie d'elle. C'est bien le problème, n'est-ce pas ? Née avec l'affliction, elle n'a aucun moyen de s'en débarrasser. Ne pourra jamais que se contenter de prétendre être comme tout le monde.

 

- Merci, professeur, elle énonce en récupérant le second livre pour serrer les deux contre sa poitrine.

Ses mèches violacées offrent un contraste saisissant avec sa mine sombre. Après un instant de silence à simplement observer le sorcier, dressée comme un i, elle prononce :

- Dans mon pays, la métamorphomagie c'est невезение. La poisse dans la famille. Une honte que l'on cherche à cacher aux voisins. J'ai habitué à combattre parce que c'est ça je connais. Ici c'est différent. J'ai vu. Spike Ryder se servait de sa métamorphomagie pour s'amuser à l'insu de ses camarades, sans honte aucune. Je comprends c'est différent. Mais je combats quand même, parce qu'un jour je vais rentrer dans mon pays vous savez. Là-bas, elle ne pourra pas se permettre d'arborer des boucles roses juste pour le fun. La seule utilité d'une telle affliction se trouvait dans l'armée, et l'on n'y acceptait que ceux qui savaient correctement canaliser le don.

Avec le même respect qu'elle aurait accordé aux enseignants de Koldostoretv, Anya hoche imperceptiblement la tête avant de prendre enfin congé.