Harry Potter RPG

Liste des messages de Jimmy Stone

Jimmy Stone

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Britannique

Give me water

Message publié le 03/02/2026 à 11:39

Ça ça lui fait bien fermer sa gueule. S'il s'y attendait... ses yeux restent bien ouverts et bien ronds. L'obscurité l'empêche de discerner les traits de Cassie Dunn, qu'a pourtant ses lèvres collées aux siennes. Juste collées. Nan parce qu'elle bouge pas plus que ça, et lui non plus bouge pas plus que ça. Les bras ballants et la main figée autour d'un emballage qu'il oublie d'triturer, Jimmy s'fait envahir les narines par le parfum de la sorcière. Un parfum qu'il serait bien en peine de décrire, mais qui s'explique sans doute par les produits qu'utilise Cassie dans son quotidien.

 

- Huh.

 

Il expire alors qu'elle se décroche à peu près aussi brutalement qu'elle s'est imposé contre lui. Son corps reste pourtant planté là, son regard sur ce qu'il peut deviner de la silhouette de sa camarade, à quelques centimètres de lui. Au-dessus d'eux, le murmure des conversations s'éloignent, ainsi que plusieurs bruits de pas pressés. Lorsque le silence s'impose et qu'il parait évident que le danger est passé, Jimmy n'initie pas un seul mouvement pour s'extirper de sa posture un peu rigide, la rétine toujours englué sur Cassie Dunn.


C'est donc elle qui prend les devants, se décide à guetter l'extérieur pour s'assurer que la voie est libre.

 

Loin d'avoir zappé sa soif, Jimmy la suit à l'extérieur, pour se diriger vers la source la plus proche. L'emballage est négligemment délesté contre l'un des nombreux plans de travail avant qu'il ne s'hydrate plusieurs longues minutes. Il s'essuie les lèvres d'un revers de manche, reporte son attention sur la Gryffondor. Au loin, les elfes semblent s'activer sous les ordres d'un autre. Franchement incertain de la raison qu'a poussé Cassie à poser ses lèvres contre les siennes une poignée de minutes plus tôt, Jimmy se contente de lui annoncer :

 

- Faut s'tirer, il va r'venir.

 

Krakotte était bien le seul elfe qui ne consentait à voir aucun adolescent aller et venir dans ses cuisines. Aussi nommé la balance du sous-sol par plusieurs élèves, il punissait régulièrement ses congénères dès lors qu'ils accédaient aux requêtes des uns ou des autres, arguant que leurs maîtres se cantonnaient aux membres du personnel uniquement. Il avait un talent certain pour attirer toute sorte d'ennuis aux quelques élèves pris sur le fait, par ailleurs élèves, dont Jimmy avait régulièrement fait partie.

 

Ses accusations mensongères et démesurées lui avait valu de nombreuses heures de retenues dont il se serait bien passé.

 

Sans hésitation aucune donc, le poufsouffle entame sa fuite - une fuite lente et tranquille à dire vrai, car ils sont bien plus proches de la sortie que ne le sont les elfes, et qu'aucun ne semble leur prêter la moindre attention. Embarquée dans sa poche, la tablette de chocolat quatre-vingt-dix pourcent, qui aura entamé une fonte accélérée. Les étagères ensorcelées pour conserver la chaleur des aliments n'étaient en rien égalées par sa cuisse brûlante.


Give me water

Message publié le 20/01/2026 à 20:40

Accaparé par sa ration, Jimmy calcule plus vraiment Cassie, à tel point qu'elle serait en droit de s'imaginer qu'il a oublier son existence. Pourtant, le poufsouffle finit par dresser les yeux de nouveaux. Deux yeux ahuris, les pupilles étrécies et cernées d'un rose éclatant.

 

- Huh ?

 

C'est un argument qui se tient, vous en conviendrez.

 

- Bah si, j'imagine, il répond en haussant les épaules, les bras levés pour tâter le bordel.

 

Il descend plusieurs tablettes pour zieuter les emballages.

 

- T'vois y a d'tout. quatre-vingt cinq, quatre-vingt dix... quatre-vingt dix ! Il lève le sésame comme s'il s'agissait d'un trésor fabuleux. L'autre main vient le récompenser d'un croque dans le riz soufflé, qu'il postillonne allègrement. T'fois ? Chuffigeait d'chercher !

- Babor va s'attirer des ennuies, c'est sûr ! Voilà ! Voilà ! Babor l'avait dit ! Krakotte arrive ! Krakotte arrive !

- Ohw. Merde. R'ferme ok ? Tu dis pas qu'on est là s'te plait !

 

Soudain presque sobre - pas du tout - Jimmy place un index gras sur ses lèvres et fais de grands yeux à Cassie pour lui faire signe de se taire.

 

- C'est l'chef, il nous trouve on est niqué. Flemme d'une retenue. Referme Babar putain !
- Babor s'appelle Babor ! Ouille ! Babor ferme, Babor ferme !

 

Jimmy, qui vient de balancer une tablette soixante-quinze pourcent sur le pauvre elfe de maison en lui faisant de grands gestes, se pince brutalement les lèvres. Ses doigts serrant l'emballage de sa barre de chocolat font pourtant un certain vacarme dans le silence soudain du sous-sous-sol obscur aux odeurs sucrés.

 

- J'ai soif putain, il râle en ouvrant et fermant la bouche, émettant des bruits secs. T'as pas d'l'eau ? Han. T'as pas ta baguette ? J'suis un génie ! Il se félicite dans le noir le plus complet.

L'endroit est franchement restreint, et un dialogue semble s'étendre au-dessus des lattes de bois, assourdit et pratiquement inaudible.

 

- Dix mornilles qu'il nous crame, Jimmy peut pas s'empêcher d'annoncer en pouffant un peu.

 

La situation l'amuse beaucoup. Ce qui n'est pas pour les rendre franchement discrets.

 

 


Give me water

Message publié le 20/01/2026 à 19:41

Elle soupire. Elle soupire vachement, Cassie Dunn. Jimmy a l'impression du moins. Il tourne la tête, et si elle est dans les parages ou quoi, ça manque rarement. Ça ou elle lève les yeux au ciel. Ou alors elle pince ses lèvres d'une façon que seule les filles savent faire - il le sait il a tester avec Gus, et vraiment il sait pas faire.

 

- Heu, bah, ouais, carrément, il énonce connement après avoir avalé sa bouchée.

 

C'est-à-dire que y a un temps de latence entre le moment où il dit qu'il sait où trouver c'que chercher Cassie, où elle lui d'mande de lui montrer, et où il finit par réaliser qu'ça s'adresse directement à lui. Comme si c'qu'il avait dit était pas sensé mené à autre chose finalement. Une info jetée là pour qui veut. Jimmy balance beaucoup d'infos jetées là pour qui veut, savez.

 

- Babor ne devrait pas laisser les élèves errer dans les cuisines...

- Ouais nan, t'inquiète, pis t'vas apprendre un truc. T'aimes bien apprendre des trucs Babar ?

- Babor s'appelle Babor !

- T'as un cousin qui s'appelle Tribor aussi ?

Jimmy s'balade comme s'il était chez lui, la créature trottinant derrière lui en tirant sur ses longues oreilles, incertain de pas être en train de faire une terrible erreur en laissant vadrouiller les étudiants dans les sous-sols. Les autres elfes en revanche, ne prête pas vraiment attention à eux, occupés à hacher, trancher, jeter dans de vastes récipients, ordonner à tout va. Le poufsouffle défile avec une agilité étonnante entre les chaudrons en lévitation, l'air parfaitement à son aise.

 

- Gaffe, il balance à l'intention de Cassie en esquivant une large fourche à deux dents qui leur passe au-dessus de la tête.

 

Puis d'ouvrir un rideau, derrière lequel se trouve un escalier étroit. Les odeurs qui proviennent d'en-dessous sont fortes. Les marches sont raides, presque des barreaux d'échelle. Elles émettent de terribles grincements alors que Jimmy descend sans hésitation aucune.

 

- C'est l'coin sucré t'vois ? Il présente à Cassie comme s'il s'inventait guide touristique, loin de s'inquiéter de l'intérêt de la sorcière pour la visite. Là c'est les caramels, ici les trucs fondants, et pis dans c'carré... le chocolat. Comment tu sais pas ça Babor ?


L'elfe, qui était demeuré en haut des marches, guettant les autres avec appréhension, tire sur son vêtement.

 

- Babor a pris dans les assiettes pour le dîner, Babor ne savait pas qu'il y avait une réserve de chocolats ! Babor va s'attirer des ennuis...

- Bon, noir t'as dit, Jimmy enchaine sans vraiment prêter attention aux élucubrations de la créature. Tiens. Sur la pointe des pieds, le poufsouffle chope une tablette notée cent pour cent, grimace en la tendant vers la Gryffondor. C'est dégueu ça. Supra amer et tout. T'es sûre t'veux pas un truc mieux ? Distraitement, il se chope une autre barre au riz soufflé, qu'il ouvre en quelques gestes pour la croquer avec appétit. Hrm. Genre cha ! Il l'agite en l'air tel un messie qui présenterait une bible. Cha ch'est la vie.


Give me water

Message publié le 16/01/2026 à 14:38

Y a un temps de latence. Y a toujours un temps de latence, clairement, mais là vraiment. Parce que Cassie vient de récupérer le chocolat pour lire le paquet avant d'le refoutre dans les mains de Jimmy, qu'était à ça près d'le balancer dans sa bouche ouverte. Alors Jimmy il a fait l'geste, avec rien, pis il a regardé sa main qu'avait de nouveau le chocolat, et il a froncé les yeux comme pour essayer d'aligner l'bordel.

Cassie est déjà passé à autre chose, elle. Penchée au-dessus Babor, elle insiste pour avoir son chocolat. Pas avec du riz soufflé, pas avec du lait. Du. Chocolat. Noir. D'un geste mécanique, Jimmy s'enfile un croque et mâchonne en la regardant, s'accroupir devant la créature et répéter la demande, comme si elle s'adressait à un gamin d'quatre ans. Faut dire, les elfes ont souvent pas l'air d'avoir au-dessus d'quatre ans. D'abord ils font la même taille. Pis ils savent pas causer.

 

Y qu'ils sont vachement doués pour faire d'la magie - vachement plus que Jimmy -, alors sans doute qu'ils sont moins cons qu'des enfants d'quatre ans. Sont classes les elfes de maison. Classes, et cutes, et toujours super serviable quand on demande gentiment. Mais si on lui demande à Jimmy, Cassie elle demande pas vraiment gentiment. Genre il a déjà entendu des gens d'mander plus gentiment. Ça marche pas d'dire qu'on va demander moins gentiment si on commence pas déjà par demander gentiment, savez ?

 

- Huh ?

La question de la Serdaigle le fige un peu dans son mouvement, du chocolat plein la gueule, et les yeux ahuris. Il avale le bordel en haussant les épaules, s'en prend un autre morceau. C'est bon. T'façon, on peut difficilement faire mieux qu'le chocolat dans ce monde. Il en est à peu près sûr. Il s'contente de prendre un autre croque, et tout en mâchant :

 

- Pourquoi ?

Ça postillonne un peu d'miettes de chocolat autour de lui.

- Cha change r'en, g'crois.

À part qu'ça lui a rappelé qu'il avait soif. Pas qu'il ait oublié. Juste un peu, parce que le chocolat. Mais du coup Jimmy se remet en mouvement, et se met en quête d'eau. Il tarde pas à trouver. C'est-à-dire qu'il connait l'endroit, un peu. D'sa seule main libre il récupère un verre empilé parmi des dizaines d'autres, et le rempli grâce à la fontaine - qui s'active dès qu'on fout un truc en-dessous. Il attend pas pour s'envoyer plusieurs longues gorgées, plusieurs gouttes défilant jusque dans son cou.

 

- Grrllll.

La tête penchée en arrière, Jimmy se rince vite fait la gueule avant de cracher, s'essuie avec sa manche, puis croque dans son chocolat. La vie. Babor, lui, revient en trottinant, les mains vides.

- Babor est désolée Miss Dunn, Babor est nouveau, Babor ne trouve pas ce que demande Miss Dunn ! Ses grands yeux terrifiés roulent un peu, tandis que ses longs doigts agrippent le tissu qui le recouvre. Babor ne sait pas où se trouve le chocolat noir !

- Moi ch'chais où chais, annonce Jimmy avec nonchalance, le dernier morceau d'sa barre chocolatée sur la langue.


Give me water

Message publié le 14/01/2026 à 19:17

Hébété, Jimmy dérive son attention vers la source de la réplique qui vient de lui être adressée. Parce que si les elfes le calculent pas, cette fille, oui. Cette fille qu'il avait manqué, juste à l'entrée d'la cuisine, plantée là pour aucune raison. Figé comme un crétin, il ouvre et ferme la bouche à plusieurs reprises, comme surpris qu'on ait pu faire cas d'son existence.

- Baaaaaaah...

 

À retardement, il réalise qu'il vient d'avoir une réaction similaire à Ferguson Decker. Jimmy éclate d'un rire brusque et joyeux.

- Baaaaaaah, il répète dans une imitation de lui-même, hilare.

La fille, elle, rit pas vraiment. Rit pas du tout. Alors il cligne bêtement des yeux et tente de recoller les morceaux. Il la connait cette fille. Il la croise souvent dans les couloirs. Il croise beaucoup d'gens dans les couloirs. Mais celle-là fait aussi partie des filles qu'il côtoie en salle de classe, voyez. Depuis genre au moins cinq années. Est-ce qu'elle lui aurait pas déjà prêté son encrier pendant un examen ? Peut-être bien. À moins qu'il confonde. Jimmy confond souvent.

- Cass ?

-ie. Cassie Dunn. Si, il connait. Putain d'miracle ça. Il devrait en parler au concierge. P't-être bien qu'il a une vocation. Il s'rappelle carrément d'ses camarades de classe quand même ! Vite fait.

 

- J'viens m'chercher à boire, il finit par répondre en haussant les épaules. J'ai soif.

Même qu'il a la pâteuse, c'est vous dire. Il déambule sans plus faire cas d'elle, plantée dans l'entrée. Pourquoi qu'elle reste plantée dans l'entrée ? C'est chelou. Les elfes, eux s'activent, et l'un deux le bouscule en essayant de faire vite, un emballage entre les doigts.

 

- Miss Dunn, Babor a trouvé ça pour vous ! Il présente son offrande, un emballage violacé sur lequel lorgne Jim immédiatement.

- Haaaaaan ! C'est celui qui craque ! J'en veeeux !

Pas la moindre latence entre la réplique et l'geste, qui le voit récupérer le chocolat au riz soufflé pour l'ouvrir sans retenue.

 

- C'est mon pref ! Il annonce à personne en particulier.


Give me water

Message publié le 14/01/2026 à 17:43

- Ce sont des créatures incomprises les araignées !
- Non non, juste des monstres.
- ... des créatures fascinantes.
- Elles tissent des toiles par le cul Sam !

- Justement !
- D'ailleurs comment elles font ?

- Pour tisser des toiles par le cul ? Baaaaaah...

- Baaaaaaaaah, imite l'ensemble du groupe, s'attirant un grommellement de Ferguson.

 

Les rires fusent aussitôt après, le groupe nappé d'une brume légère et odorante. Planqué à plusieurs embardées du village de Pré-Au-Lard, où ils savent que personne ne viendra les chercher, les poufsouffles se sont adonné à l'une de leur activité favorite en ce samedi après-midi, loin de se préoccuper de leurs devoirs ou de futurs examens. Tous déclarent forfait les uns après les autres cependant. D'abord Sam, qui se fait raccompagner par Ambrose pour aller se faire une bièraubeurre aux Trois-Balais, puis Ferguson et Balthazar, qui partent pisser sans jamais trop revenir.
 

Les cils englués, les yeux comme deux têtes d'épingle, Jimmy reste seul assez longtemps pour réaliser qu'il attend, mais qu'il sait pas trop quoi. Redressé sur la lande, il guette les alentours, hagard, s'accroche au repère vague des toits des maisons. Rentrer. C'est bien d'rentrer. Sans doute que les autres sont rentrés aussi, depuis le temps, pas vrai ? Il a pas vraiment la moindre idée de l'heure qu'il est. Il fait encore jour, bien que le soleil peine à percer les monticules grisâtres qui s'accumulent au-dessus de sa tête. Jimmy erre sur le sentier, le pas tranquille, les mains enfoncées dans les poches de son jean.

Pour le weekend, il a troqué l'uniforme pour un baggy large et usé, surmonté d'un sweat épais qui fait bien deux fois sa taille. Un ancien sweat de son frère. L'air frais participe grandement à lui faire aligner quelques neurones, mais aussi à assécher ses lèvres drastiquement. Il parvient aux grilles, gardées par le concierge de Poudlard. En pleine conversation avec un groupe d'élèves, ce dernier se contente de lui adresser un bref regard, notant probablement son retour comme il le fait chaque samedi, et ce pour chaque habitant du château.

En charge des allées et venues lors des weekend, Horace Milbourne semble doué d'un talent considérable : il n'oublie jamais ni le prénom, ni le visage d'un élève, ni même de ses parents s'il les a déjà rencontré. Jimmy serait bien incapable d'un tel miracle, lui qui peut zapper dans la même journée le visage d'une personne rencontrée le matin même. Le garçon emprunte les chemins du parc, pour retrouver le confort et la chaleur de Poudlard. Son itinéraire est presque de l'ordre du réflexe alors qu'il se dirige dans le corridor adjacent aux escaliers menant dans les étages supérieurs.

Évoluant telle une ombre parmi les occupants du château, Jimmy n'attire pas vraiment l'attention, et ce de moins en moins depuis ce début d'année. La flopée de marches le voit trouver les sous-sols, puis, planté devant le tableau de fruits, le poufsouffle chatouille distraitement la poire. Il peut pas s'empêcher de se marrer alors qu'elle se met à glousser, et pénètre l'espace dédié aux cuisines avec un sourire con perché aux lèvres. Les odeurs capturent immédiatement son attention. C'est un peu l'effervescence, et les elfes ne le calculent pas plus que les élèves de Poudlard.

L'objectif est simple. De l'eau.


Les yeux grands ouverts

Message publié le 27/11/2025 à 14:19

Savez, les yeux, ça reste grand ouvert derrière les paupières. Tout l'temps. Même qu'on dort, ou qu'on rêve, ou qu'on est en plein coma. Ça le travaille, Jim. Ça l'a toujours travaillé. Empêché de dormir même. C'est William qui l'a rassuré un peu sur l'sujet. C'est pour mieux profiter de ton rêve, sinon t'y verrais rien. Même que tu peux imaginer tout c'que tu veux Jim, devant tes yeux, suffit de ça pour que tu l'vois ! Alors Jim il imagine. Il imagine fort, partout, tout le temps. Il voit des paquets de trucs que les autres ils voient pas vraiment, que ses paupières soient ouvertes ou bien fermées. Mais voyiez, c'est pas des vrais trucs, c'est que des trucs imaginés.

Même qu'il imagine son frère debout droit devant lui, il pourra jamais plus l'toucher.

Ceux qui nous aiment ne nous quittent jamais vraiment ! Avait clamé le pasteur à la cérémonie. Jim il est pas vraiment d'accord avec ça. Parce que par exemple, William il l'a quitté, même qu'il l'aimait fort. Il le sait parce qu'il lui disait tout le temps. Ça l'a pas empêché de se tirer à l'étranger pour y crever. Alors ouais, c'est métaphorique. C'est l'psychomage qu'a dit ça. C'est métaphorique, Jimmy, ça veut dire que ton frère sera toujours dans tes souvenirs et dans ton cœur, il t'accompagne dans tout ce que t'es et ce que tu fais dans la vie, tu vois ? Il voit pas vraiment.

Il voit plus grand chose, même avec ses yeux grands ouverts derrière ses paupières, Jim. Le regard vide il cherche ses potes du regard, et les repère à plusieurs mètres de là. Il est parti pisser un peu loin, peut-être bien, parce qu'il voit Balthazar et Ferguson qui l'pointent du doigt, et Ambrose qui s'approche au pas d'course. Sam est pas là. L'est où, Sam ? Ah oui, elle est pas venue. Un délire de révisions, il croit bien. Sam révise pas mal depuis la rentrée, il trouve. Ambrose le récupère avec un air un peu inquiet qu'il cache derrière un sourire comme il sait bien les faire. Ambrose sait super bien faire les sourire.

- S'quiya ?
- Mec t'étais où ?
- Parti pisser Bro, juste parti pisser...

- Ouais, y a trente minutes hein !
- Hoy, Jimmy Boi, tu t'es paumé dans les bois ou quoi ?

Jimmy se marre connement devant la gueule de Gus, qui l'accueille avec une tape dans le dos. Il aime bien Jim, parce que ses potes sont tout le temps super tactiles. Même qu'il a pas besoin d'les imaginer pour savoir qu'ils sont là.

- Reste de quoi fumer ?
- Nah, t'es trop perché mon gars. On va s'rentrer j'crois.
- Yep. On rentre Jim. Tiens, bois.

On lui refile de l'eau. C'est une belle invention, l'eau. Alors Jim il boit, et il boit encore, jusque vider la gourde de son pote, qui la remplit de nouveau. L'est consciencieux, Ambrose, quand il fait des trucs comme ça. Alors Jimmy boit encore, pis il inspire profondément avant d'emboiter le pas de ses amis. Au loin, il imagine la silhouette de William qui les regarde et qui lui fait un signe de main, un sourire. Alors lui aussi il sourit.


Une année charnière

Message publié le 29/09/2025 à 16:26

Allumé, Jim peine à décrocher ses yeux des dizaines de bougies flottants au-dessus de leur tête. Autour de lui, l'agitation de ses amis, dont les paroles lui échappent complètement. Il étire un sourire vague à l'intention de Balthazar, qui vient probablement de sortir sa meilleure blague, avant de tenter de focaliser son attention sur la table des professeurs. Là-bas, le type levé n'est pas le directeur, mais Edwin Pope.

 

- S'qui dit ?

- P'tain Jim t'es défoncé.

- Naaah.

- Si, grave. Mate pas trop les profs t'vas t'faire griller.
- S'qui dit Pope ?
- Il passe sous-dir. 

- Woodcraft est malade apparemment.

- Ohw.

Il sait pas pourquoi, ça lui fait l'effet d'un coup d'poing dans l'estomac. L'en a jamais rien eu à battre, de Woodcraft. Mais c'est chiant d'être malade. Son frangin l'est malade. Était ? Bref. Il s'détourne de la table des professeurs et croise le regard d'Ambrose. Cligne plusieurs fois des yeux. Il entend vaguement que ses potes continuent d'causer, mais il écoute plus rien. Sam a l'air d's'enthousiasmer pour un truc, avec Gus. L'reste ? Il est pas sûr.

- Mange Jim. C'est servi.
- Pas faim.
- Mange quand même.

On lui frappe l'arrière du crâne. Gentiment. Il échappe un rire sans trop savoir pourquoi. S'met à graille. Ça va être long, cette année.


Popcorn Garage

Message publié le 24/03/2025 à 14:48

- Han, c'est vrai j'peux ?

Ça a été balancé du tac au tac, avec un air gamin jouasse qui reste lui coller à la gueule encore plusieurs secondes. L'a pas bougé pourtant, Jimmy. Pas d'un seul foutu millimètre. Trop défoncé pour ça, sans doute, ou juste il a la flemme. Les deux, peut-être bien. La question suivante lui fait froncer les yeux. Tuer c'est faire un choix ? Merde. Qu'est-ce qu'il en sait ? L'en a d'ces questions Balt. Un choix d'quoi d'abord ? Même qu'il enchaine, le gars, sans que rien n'ait vraiment de sens à part pour lui. Défoncé lui aussi. Jimmy s'marre. L'mec phase aussi sec que sur un dictionnaire. Faut dire, des barres les dicos des fois. Faut voir les mots qui s'y planquent. Z'ont déjà fait ça. S'retourner l'crâne avant de s'enterrer entre des pages et des pages de vieilles définitions sans queue ni tête. D'ailleurs Jimmy s'souvient de celui qui les avait foutu en l'air plus d'vingt minutes de rang. Un mot en M, justement.

 

- Mamoseuse Maxima !

Il explose dès qu'il croise l'regard de Bathazar. Deux couillons perchés dans leur cabane, qui s'emballent de rire juste pour passer l'temps. Ça marche bien. Ça marche tellement bien qu'il se sent parfaitement détente, Jimmy, les jambes allongées sur l'plancher sale, la tête contre un bois qui s'écaille, récemment encore aspergé d'sang. Jusqu'à c'que. Dans l'angle de sa vision, une ombre. Une présence. Un genre de souffle qui lui retombe sur la nuque, et qui le fige complètement alors qu'il ose même pas s'tourner, l'pétard coincé entre deux doigts sur le coin de ses lèvres, et les pupilles qui s'fendent avec brutalité. Il arrête complètement d'respirer pour y jeter un œil, sans bouger un autre muscle. Juste un, rapide, qui lui fait courir un frisson tout le long de la colonne vertébrale alors qu'il est persuadé d'avoir, pendant peut-être un millième de seconde, repéré les contours d'un visage.

Quand il se tourne complètement, soudainement, y a rien. Il se secoue un peu avant de reculer maladroitement pour venir se planquer du côté de Balt, avec tout son courage de blaireau, l'regard perché sur l'endroit où il est persuadé d'avoir aperçu l'visage, l'cœur battant et l'pétard récupéré entre des doigts tremblants qu'essaient d'pointer la direction d'manière anarchique.

 

- P'tain. J'vois des gens qui sont morts Balt. J'vois des gens qui sont morts !

Même qu'il s'raccroche à la manche de son pote pour insister et montrer l'espace vide, s'laisse lourdement tomber sur le sol. L'visage. On aurait celui d'son frère. Jure. Mais un visage mort. Il respire fort, et il lâche pas des yeux l'point, obscur, silencieux. La vibe est retombée d'un seul coup.


Popcorn Garage

Message publié le 25/02/2025 à 19:13

Pendant quelques secondes leurs yeux s'accrochent, plus hagards que jamais. Leurs cils sont presque au ralentit, pis leurs gueules se fendent de sourire jumeaux, pis Jimmy laisse échapper un rire en récupérant le pétard tendu.

 

- Ouais ouais. J't'aime aussi tête de con, il rétorque du tac au tac en se laissant retomber vers l'arrière, manquant se casser la gueule.

Il inspire avec une intensité nouvelle, le regard perdu sur les parois fissurées, laisse le bordel lui imprégner les poumons à l'en faire presque tousser avant d'expirer tranquillement. Il aime bien cet état complètement second, parce que c'est un état où il pense plus à rien. Parfois il se dit qu'il aimerait rester dans cet état toute sa vie. Balt phase autant que lui, et ils se laissent grignoter par le silence et l'obscurité. C'est pas aussi terrible que ça y parait. En fait, c'est tout l'inverse. Par moment ils se regardent et se marrent, comme ça, pour rien, et le pétard continue de tourner. La force de l'habitude les poussent même pas à se parler tant que ça. Puis le vent s'engouffre brusquement dans la baraque, la faisant grincer par tous les pores. L'instant bref, est succédé d'un silence dont le poids s'affaisse sur les épaules des deux garçons avec une brutalité sans précédent. Il parait subitement irréel, comme si d'une manière ou d'une autre, on leur avait coupé les sens.

- C'est trop calme... j'aime pas trop beaucoup ça... J'préfère quand c'est un peu trop plus moins calme...

Jimmy bafouille à moitié, son regard éteint passant de l'embrasure de la porte à Balt, histoire de jauger peut-être ce qu'il en pense. Mais le silence en remplace un autre, plus léger que le précédent, et finalement les deux garçons éclatent encore de rire avant que Jimmy se positionne en tailleur, frottant son cul contre le plancher sale en extirpant de quoi rouler encore. Faudrait pas tomber en manque. Bon. La vérité c'est que s'il continue de rester trop figé, il est un peu persuadé qu'il va se fondre dans le décor et devenir un des meubles poussiéreux de la planque. Un des seuls témoins du meurtre, finalement. Putain. Ce serait presque brillant de se métamorphoser en meuble pour être témoin de truc dont on devrait normalement pas être témoin.  Même qu'il brandit un regard fier vers Balt pour lui partager l'idée, les doigts occupés entre ses jambes, faisant crisser un papier fin et transparent :

- Mec imagine t'es une chaise. Ok c'était plus clair dans sa tête. Nan mais genre tu t'métamorphose et tout, tranquille, tu t'entraine quoi ! Il expose finalement. Pis là d'un coup un type entre en en trainant un autre sur le sol, et tu d'viens l'témoin d'un meurtre à l'insu d'ton plein gré ou quoi !

Même qu'il commence à jeter des regards suspicieux à la tête de lit dans le fond de la pièce, et aussi au bureau branlant qui se tient sur trois pattes et demi. Puis il croise le regard de Balt, encore, et il explose de rire.


Popcorn Garage

Message publié le 14/02/2025 à 20:37

Il se marre. Même s'il sait pas très bien pourquoi. C'est juste Balt. Balt est drôle. Alors Jimmy se marre. Voyez, même que les autres sont pas là ça reste fun. Parce que y a Balt et que Balt est drôle. Y a besoin de penser à rien autour de Balt. Ni au frangin qui donne plus de nouvelles depuis des semaines, ni à la daronne qu'en donne pas plus, ni à rien. Le pétard accroché entre ses lèvres, Jimmy aspire son rire, et ça le fait redoubler. Le rire, pas Jimmy. Jimmy essaie de pas redoubler, globalement, parce que ça l'emmerderait pas mal de plus être dans la même classe que ses copains. Même qu'il donne son meilleur parfois pour que ça arrive pas, savez. Tout ce qu'il a, et même parfois ce qu'il a pas non plus.

- C'est vrai ?

Balt il raconte que des conneries, la plupart du temps. Pis le reste du temps aussi d'ailleurs. Mais parfois y a des conneries qui sont vraies.

- P't-être bien qu'le mec qu'a été étalé ici c'était pour ça. Faire d'la graisse.

Les sourcils haussés, Jimmy, prend peut-être cinq secondes de son temps pour vraiment y réfléchir avant d'se marrer encore. De s'étrangler même. Y a le vent qui s'engouffre dans les étages de la baraque. Elle est super glauque comme baraque. Genre on comprend rapidement d'où viennent les légendes à son sujet, à peine on a glissé un panard à l'intérieur. Pour autant ça leur plait de s'y rendre pour fumer, s'raconter tout et n'importe quoi, comme si c'était le seul endroit pour le faire. Il inspire son pétard avec un regard qui se perd sur les planches usées, et le replante sur Balthazar et sa crête verte. Si on lui demande il regrette pas de pas s'être inscris pour les révisions du tournoi. Sont mieux là. Y a pas à chier. Mais quand même il aurait préféré qu'tout le monde soit là quand il sort inutilement, presque involontairement :

- T'crois c'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout c'qu'on veut ?


Sick Boi

Message publié le 26/01/2025 à 20:05

C'est à peine s'il a haussé les épaules à la mention des BUSE. C'est-à-dire que franchement pas, honnêtement. Enfin juste assez pour pas se retaper l'année quoi. Y a des tas d'élèves qu'en font des caisses à dire que ça va être horrible et que faut s'y prendre super tôt pour être sûr de pas foirer les exams. Des tarés si on lui demande. Pas moyen il se stresse pour un truc pareil. 

 

- Ah ouais ?

 

Il en doute, Jimmy, que le bordel puisse vraiment l'intéresser à ce point. Mais on sait jamais quoi. Alors :

 

- Genre quoi ?

 

Il les a déjà vu les gros crapauds de l'école utilisés par les choristes. Il s'est déjà tapé son meilleur trip devant le délire. C'est franchement drôle ok ? Mais c'est là toute l'étendue de sa connaissance sur le sujet. Ah. Ah non. Putain. Il sait en fait. Sa bouche s'ouvre en un o parfait alors qu'il commence à élargir un bête de sourire. Un rire lui pousse joyeusement, pis il hoche la tête comme s'il venait de vivre son meilleur moment de complicité avec Brooks. Même qu'il tape un clin d'œil en hochant la tête comme un gland.

 

- Les capooootes. 

 

Même que c'est le Bro qui leur a raconté ça. Génie des potions lui. Bref. Jimmy secoue la tête parce que non évidemment que y a pas besoin de vérifier tout ce qu'il fait et tout.

 

- J'fais ça bien Daryl ok ? J'fais ça bien. Ça va. 

Même que pour illustrer le propos, il recolle l'étiquette de la potion d'hilarité avec un geste exagéré vachement minutieux, une langue sortie entre les lèvres.

 

- T'vois ? Vrai que tu m'laisses les têtards à la fin ?

C'est un gars bien, Daryl. Jimmy est peut-être une calamité dans sa matière, mais le gars lui en tient jamais vraiment trop rigueur. Fin il est cool, voyez, pas du genre à prendre la tête. Même s'il accepte visiblement pas qu'on fume des joints dans le parc mais bon. C'est pas tout le monde qui proposerait de refiler des bébés capotes en récompense d'une retenue bien faite voyez. Alors Jimmy il veut bien s'appliquer. Il fait ça bien pour de vrai. Passe d'une étagère à l'autre avec un air de foutu bibliothécaire concentré. Un peu comme Barth mais en mieux. Barth a jamais l'air vraiment concentré. Jimmy adore Barth. Même que lui aurait aucun problème sûrement à ce qu'il fume un joint dans l'parc.

 

- Bon ça j'sais pas c'est quoi. Et ça non plus, et pis ça. Il apporte les bocaux un à un pour les mettre sur la table, leurs étiquettes complètement effacées voire absentes.

 

Derrière lui, le reste est agencé avec un soin particulier. Enfin. Un soin particulier selon Jimmy. C'est pas aligné au carré, mais ça a le mérite d'être par ordre alphabétique. Même qu'il a retroussé ses manches et tout.


Sick Boi

Message publié le 21/01/2025 à 19:30

L'inventaire. Bah c'est super, mais ça ressemble vraiment trait pour trait à une retenue quoi. Alors Jimmy affiche son meilleur smile de branleur avant de lever deux pouces en l'air et d'acquiescer avec un peu trop d'enthousiasme pour être honnête.

- Trop cool ça ! Pile c'que j'pensais faire de mon aprem, Daryl. T'es vraiment un génie.

 

Leurs sourires faussement enjoués se font écho pendant une brève seconde avant que Jimmy secoue la tête, dépité, et se lève de son siège pour suivre le mouvement de son professeur. Il l'écoute sans vraiment l'écouter, pousse un soupir trop bruyant pour pas que ça ait été intentionnel. Pis un rire l'étrangle alors qu'il se retourne vers Brooks en le matant comme s'il lui était poussé une seconde tête.

 

- Sans déconner ? Tu veux qu'je chourre quoi, c'est un putain d'cabinet des horreurs ton truc tu vois bien.

Même qu'il pointe du doigt un bocal farci aux tentacules immondes pour illustrer son propos en tirant une gueule équivoque. Il continue à faire son mariole un moment, à sortir les trucs les plus dégueulasses qu'il peut trouver pour balancer un commentaire à propos du bordel, et bien appuyer le fait que non, vraiment, insiste pas Brooks, j'ai rien envie d'ramener chez moi là. Même que l'espace d'un instant, on pourrait croire un acteur qui se prétendrait acheteur dans un magasin qui l'aurait vachement déçu. Même pas il se met à faire le taff que Brooks lui a demandé d'ailleurs. Penché devant un lot de ce qui ressemble à deux têtards faisant des rondes dans un mini bocal, Jimmy balance un : woaaaaaah qui pourrait probablement remettre en cause sa sobriété s'il se sentait pas justement si tristement sobre.

 

- Z'ont un nom ? Nan évidemment. Faudrait pas s'attacher. P'tain tu vois Daryl ? Ça j'voudrais bien chez moi. Z'auraient un nom, une maison, seraient heureux comme des bêtes t'vois ?

 

Pas que ce soit pas des bêtes. Mais c'est sûr leur avenir aurait plus d'allure que postés là sur cette étagère. il croise le regard très peu impressionné de Brooks et soupire de nouveau.

 

- Ouais, ouais, les étiquettes, il se réprimande tout seul.

Pis de se mettre à décoller les trucs un peu foutus ici et là sans aucune organisation, incapable du coup de se rappeler de qu'est-ce qu'il a enlevé où.

- Huh. C'est quoi ça d'jà ? Il demande en présentant un récipient dans lequel semble bouillir une mixture pourpre.


Sick Boi

Message publié le 07/12/2024 à 19:41

- Ha ! Ouais, ouais, nan.

 

C'est sorti comme ça, un peu random, un peu con. Pas bien sûr que ce soit un rire, ou juste une exclamation. Jimmy a refroissé la lettre pour l'enfoncer dans le fond de sa poche, zieuté vite fait la main de Daryl que son épaule avant de lui accorder un regard aussi énigmatique qu'un zébu au milieu de sa savane. C'est-à-dire qu'il est pas bien sûr que le mec se foute pas de sa gueule, dans le fond. Dans la forme non plus d'ailleurs. Certes ils s'entendent bien, mais est-ce que le mec peut pas juste le laisser aller chiller dans les serres ? Genre déjà qu'il vient de désintégrer la fin de son stock inexistant, ce serait presque la moindre des choses. Sauf que pas du tout. Le mec lui demande de venir avec lui, et il a beau dire c'est pas une retenue, ça y ressemble fort. Alors Jimmy y va à reculons. Pas littéralement parce qu'il est pas l'dernier des cons. Mais quand même.

 

- Ah ouais ? Chais pas si c'est nécessaire Daryl, t'sais.

 

Les mains dans les poches, il marche d'un pas à la limite du serein, la gueule qui cherche quelque chose du regard, partout sauf dans l'dos du type qu'il est forcé de suivre. Parce que s'il suit pas ça parait évident que là il va partir en retenue, et pour de vrai, pas vrai ? L'est pas le dernier des cons on a dit. Alors il suit, pis pas à reculons, mais presque, dans un silence qu'à l'air plus mordant qu'le froid de novembre encore. Y a encore du bordel dans la Grande Salle quand il passe devant, pis encore ce silence qui les double alors qu'ils s'enfoncent dans les escaliers qui les mènent au cachot. Sa voix résonne étrangement quand il se met à rire, pis qu'il balance :

 

- T'fais ça bien Daryl. Les cachots ça a toujours été mon rêve pour passer du temps qualitatif avec les gens qu'j'apprécie. L'froid, la pierre, tout ça, ça fait rêver vraiment.

 

Jimmy a toqué ladite pierre d'un poing avant de trotter pour rattraper le professeur, le chercher du regard, le reporter ailleurs encore en continuant de marcher, de sa démarche étrange, le dos courbé, l'air de balancer les jambes d'un côté et d'un autre sans réelle logique. Puis bientôt, le professeur ouvre une porte familière, et Jimmy le suit à l'intérieur sans ajouter un seul mot. Il fait pas cas de faire la visite, se laisse juste tomber dans le premier siège qui vient avant de visser son regard sur les tonnes d'ingrédients sur les étagères, grimaçant en reconnaissant quelques trucs immondes.

 

- Bon et maint'nant ? Il demande en cherchant de nouveau le professeur du regard, un regard lointain et un peu vitreux.


Sick Boi

Message publié le 02/12/2024 à 19:35

- Fuuuuuuuck.

 

Il l'a vu trop tard. Genre le gars était pas là, pis soudain le gars était là. Voyez. À peine Jimmy a essayé de choper le pétard pour en faire Merlin-sait-quoi que le bordel s'est retrouvé entre les doigts de Brooks comme par magie. Il reste un moment là à le mater en battant des cils, mate à gauche à droite histoire de. De quoi il sait pas bien, mais histoire de, quoi. Les mains enfoncées dans les poches, on croirait facilement que ça lui fait ni chaud ni froid. Sans doute parce qu'en vrai ça lui fait vraiment ni chaud ni froid. Même qu'il tente un smile, on sait jamais, des fois que ça marche. L'a pas l'air bien impressionné, Brooks.

 

- Tss. Daryl j'ai vraiment rien j'te jure, fin vraiment mate ça, il sort son paquet de tabac pour lui montrer le reste de verdure qui reste à l'intérieur. Fin vraiment c'est ridicule, t'vois bien. T'vas pas m'coller pour ça quand même ?

 

Jimmy avait pris l'habitude de tutoyer l'ensemble de ses professeurs. Pas qu'on lui ait accordé ce droit d'une manière ou d'une autre, mais voyez ça tombait comme ça, une habitude. Il continue de vider ses poches quand même. Y a pas grand chose, faut savoir. Déjà y a pas sa baguette. Y a des miettes de trucs, il sait pas trop de quoi. De tabac probablement, pis peut-être bien d'autres trucs aussi. Deux trois bonbons. Pis ce foutu parchemin. Même qu'il a beau faire genre, en le dépliant et en l'repliant tel le magicien moyen, Brooks le récupère pour le zieuter. Jimmy affaise le regard sur le bout de ses chaussures usées, mate partout sauf là où s'trouve son professeur de potions.

 

- Bah j'sais pas Daryl, déjà j'sais pas bien quoi faire de moi. P't-être tu peux faire genre t'as rien vu et m'laisser aller chiller dans les serres, par exemple. Fin c'est qu'une suggestion ! Ça resterait entre nous, tranquille. D'une main il a enfoncé un peu le bonnet vissé sur sa tête, de l'autre il fait un geste un peu vague entre Brooks et lui. J'peux être une pierre quoi. J'porte bien mon nom, pis pas qu'pour le truc dont-on-doit-pas-prononcer-l'nom. Il tape son meilleur clin d'œil avant de faire un patpat sur l'épaule du type, décidément toujours aussi peu impressionné.

 

Faut dire qu'il en faut pour impressioner un type comme Daryl Brooks.

 

- J'peux heu... récupérer ma lettre ? Il a deux doigts qu'on déjà chopé un coin du parchemin pour lentement le tirer vers lui.

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