Harry Potter RPG
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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Auberge des Trois-Balais, Vendredi 02 Février 2125

- Un verre aux Trois-Balais ce soir ? Deux, trois ? Qui dit mieux ? Quelqu'un ?
 

Demande banale jetée par-dessus la table des professeur à l'heure du déjeuner, ce vendredi midi. Un seul animal y avait répondu à l'affirmative, et pas des moindres. Daryl Brooks n'était jamais en reste quand il s'agissait de se détendre en dehors des murs du château. Ça tombait bien. Aldebert n'avait pas calculé l'évènement bien sûr, mais il fallait admettre que ça faisait un moment qu'il voulait se retrouver en tête-à-tête avec le professeur de potions. Notamment pour débattre d'affaires qu'il imaginait parfaitement devoir rester privées, concernant Brooks. 
 

Le ciel était d'une obscurité blasphématoire, les étoiles avalées par un brouillard épais, qui ne permettait guère la moindre observation depuis même la plus haute tour de Poudlard. Aldebert n'était cependant pas du genre à se laisser abattre. Il n'avait pas proposé sa sortie pour rien, après tout. Délaissant Molière au sommet d'une armoire bancale, l'astronome se presse au bas de ses appartements, retrouve la silhouette trapue du professeur Brooks sept étages plus bas, au milieu du hall. Il avait été décidé qu'ils se retrouveraient là après dîner pour faire route ensemble vers le village.
 

- Filons sans attendre. Je viens de croiser l'énergumène Grimfire en train de galocher une quatrième année dans une alcôve, et j'ai pas l'énergie pour ce genre de connerie. Horace ! Horace, est-ce que ça t'ennuie de jeter un œil entre les tableaux jumeaux du troisième étage ?
 

- Ça dépend ce que j'y trouve. 
 

- De quoi occuper au moins une heure de ta soirée. Deux paires de mains pour terminer de ranger les banderoles du bal de noël aussi. 
 

- Ah. Je n'dit pas non. Vous viendrez tous les deux hein ? 
 

- Ça. 
 

Aldebert se contente de renifler sans apporter la moindre réponse, entrainant plutôt Daryl à sa suite.
 

- Merci Horace, bonne soirée !
 

C'est le pas précipité que les deux professeurs s'échappent dans la nuit. Aldebert peste sur les inepties de quelques branquignoles dans ses copies du jour. Les anecdotes sont souvent lunaires, même pour un astronome. Leur entrée dans l'auberge n'attire que peu de regards, l'établissement est déjà pas mal chargé. L'ambiance est au rock et aux feux de cheminées ronflants. Certaines semblent en plein tournoi de fléchettes, d'autres s'entassent autour de tables déjà trop pleines pour beugler des énormités sur la société sorcière de nos jours. Aldebert jette son dévolu sur le comptoir, plusieurs tabourets les attendant presque sagement au devant de verres abandonnés.
 

- Par Merlin. Des adultes. Un véritable monde parallèle. Bon. Rhum ?

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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

La vision de Miss McBride l'apaise. Personne n'aime se rendre à l'infirmerie, voyez-vous, avec ce genre d'infirmière dans la pièce, il semble tout de suite plus aisé de relativiser la chose. Les lèvres étirées d'un sourire sincère, il presse le pas pour l'atteindre, prétextant subitement que s'il ne se focalise que sur le visage de la jeune femme il en oubliera les rangées de lits, les étagères de gazes, de seringues, de potions à l'apparence suspecte.

 

- Des promesses, des promesses, il grommelle faussement.

L'éclat de son regard pourtant fait contraste. Il est là volontairement. N'est-ce pas ? Certes, en retard d'une poignée d'années, mais volontairement tout de même. Accordez-lui au moins cette maturité. L'homme ne se fait pas prier pour prendre place dans le siège désigné, avec toute la théâtralité qu'on lui connait, ses longues jambes jetées l'une sur l'autre alors que ses deux bras s'étendent sur les accoudoirs. Les yeux clairs viennent se poser sur un environnement bien rangé, comme décidés à trouver n'importe quelle façon de combler le silence qui s'installera inexorablement entre eux dans les prochaines minutes.

Car pour travailler convenablement, rien de plus nécessaire qu'un silence. Aldebert se plait à s'enfoncer à l'intérieur d'un silence. Aux grands classiques déployées par son vieux gramophone à tubes cuivrés peuvent se substituer des heures et des heures de silence. Un silence particulier, lourd comme une couverture confortablement enroulée autour du corps, qui l'accompagne dans ses observations célestes. Un silence qu'il se plait à couper, souvent, de longs monologues adressés le plus souvent à un Molière qui ne prête guère attention à la moindre élucubration, bien qu'il lui arrive occasionnellement de miauler ou de se mettre à pousser un ronronnement bienheureux.

Le silence qui va s'installer entre Adaline et lui-même cependant, il le pressent, n'aura rien d'une couverture lourde et confortable. Ce sera le silence froid et clinique d'un examen minutieux porté sur sa personne, alors qu'il devra se tenir bien tranquille. Un silence ponctué de mouvements d'instruments invasifs destinés à faire le bilan d'un corps on-ne-peut-plus exposé, n'est-ce pas. Un silence qui pèsera plus absurdement qu'un éruptif couvert de poils de demiguise, qui s'installera là dans la pièce, et ne laissera guère plus de place à la plus simple des conversations.

La bouche asséchée, Aldebert passe une langue sur ses lèvres avant d'acquiescer.

- C'est la rentrée, Adaline, tous les professeurs sont sollicités ! Son regard croise celui de l'infirmière, et il a l'élégance de grimacer. Je m'sens comme un charme, Miss McBride. Merlin sait combien le charme est un bois robuste. J'suis plus dans la fleur de l'âge, mais je passe mes journées à monter et descendre des escaliers en pagaille sans m'essouffler une seule fois. Croyez-moi que tout le monde peut pas en dire autant ! Non parce qu'on ne le disait pas assez souvent, mais avec le poste de professeur d'astronomie venait une certaine nécessité physique. Même certains élèves parmi les plus jeunes se plaignaient régulièrement de l'exercice.

Aldebert inspire légèrement avant d'ajouter :

- J'ai hum... quelques... faiblesses au niveau de ma... baguette, cependant. L'admission est formulée un ton plus bas, les doigts s’agrippant et se décrochant de l'accoudoir sans grande raison, un peu comme s'il en testait la solidité. Des ratés parmi les sortilèges parfois les plus basiques, voyez, il souffle sans regarder Adaline dans les yeux. Un lumos un peu fragile, un sortilège de lévitation un peu trop terre à terre, il redresse finalement la tête. Je pencherais plutôt pour un manque de concentration vous savez, j'ai eu pas mal de déboires cette été alors j'dirais que c'est juste ça. La déboire en question était unique, et répondait au nom de Balthazar Grimfire. Un fait qu'aucun membre du personnel ne pouvait ignorer puisqu'un changement d'adresse avait eu être officiellement opéré concernant le garçon, ainsi que plusieurs ajustements quant au tuteur direct de l'élève.

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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

Il reste con, Aldebert. C'est-à-dire qu'il le sait, que Balthazar Grimfire est pas le couteau le plus affuté du tiroir. C'est même un fait plutôt évident pour tout le monde parmi le personnel de Poudlard. Mais quand même. Il pensait pas à ce point. Ça le prend complètement de court de voir l'adolescent se mettre à courir après sa mère imaginaire dans le cimetière avant de sauter sur sa planche en vu de la retrouver à la maison. Inutilement, sa bouche s'ouvre et se referme à la manière d'un poisson carpe. C'est alors que Grimfire disparait derrière la grille du cimetière que l'astronome se met en branle.

Non sans marmonner quelques jurons bien sentis dans une barbe aussi imaginaire que le fantôme de Laïka Grimfire.

Les longues jambes élancées avec une fougue certaine, l'homme ne tarde pas à atteindre la sortie, et son regard se perche sur la silhouette lointaine de l'adolescent. Perché sur un skate dans son état, il n'y a pas mille manières dont tout ça peut se terminer. Majoritairement sans les dents. Aldebert guette les alentours avant de transplaner dans un craquement sonore pour écourter la distance le séparant du bougre. D'un geste il se décide à formuler un sortilège de sobriété. Mieux vaut ça qu'attirer sur lui l'attention des quelques moldus qu'il aperçoit désormais au bout de la rue.

Le pas pressé, l'agacement étalé sur un visage aux traits définitivement plissés, Aldebert reprend alors sa route. Sa baguette a retrouvé sa place dans la poche intérieure de son veston, et ses mains enfoncées dans ses poches, il maugréé tout au long du trajet qui le sépare de la demeure Grimfire. Ladite demeure est perchée au sommet d'une librairie à l'ancienne, l'enseigne frappée de vieux lettrages en or probablement peints à la main. La vision provoque la halte de Wickerson, dont le regard épouse chaque recoin du bâtiment outrageusement familier. Laïka Grimfire. La fucking libraire. 

La rencontre avait été mémorable. Dans sa tête il avait fini par la rebaptiser la fille aux livres parce qu'il était infoutu de se souvenir de son prénom. En réalité, elle lui avait jamais dit. Elle avait commencé par l'engueuler parce qu'il mettait des traces de boues sur son plancher. Elle avait un regard vif. Une force de caractère assez folle. Aldebert en était vaguement tombé amoureux. À l'époque, Aldebert tombait amoureux fort facilement. Jamais bien longtemps, non plus. Pas assez pour ne pas quitter l'endroit dès l'affaire accompli pour continuer sa vie sans jamais se retourner. Pas assez pour demander à la fille aux livres comment elle s'appelait.

- Bordel.

Le murmure s'éclate sur le bitume, se répand dans le caniveau. Il en aurait presque la gerbe. On a beau lui avoir confirmé avec des foutus tests, c'est que maintenant que ça devient réel. Aldebert conduit le regard sur la porte entrouverte. Grimfire est à l'intérieur, et il l'imagine déjà beugler Maman dans tous les sens comme le dernier des débiles. Il arrive pas à le juger pour autant. Parce que maintenant il voit le visage de Laïka Grimfire, son corps entier déployé dans l'encadrement de la porte, bras croisés, qui le regarde de haut en bas en l'assassinant du regard.

Le visage dressé vers des étoiles qu'il ne peut pour l'heure que deviner, Aldebert se force à avancer pour pénétrer l'endroit, grimper les escaliers menant vers ce qu'il sait être l'appartement des Grimfire. L'endroit est exigü, mais pittoresque. Un parfait pied à terre Edimbourgeois, pas grandement différent de ce qu'il habitait à l'époque avec sa propre mère. Aldebert se racle la gorge avant d'entrer dans la pièce principal, ou il trouve un Balthazar décidément silencieux. Silencieux de n'avoir rien trouvé entre les murs de son enfance. Silencieux d'avoir perdu sa mère une seconde fois dans la même semaine. Merde.

- Seuls les sorciers peuvent décider de devenir des fantômes Monsieur Grimfire, il se contente d'annoncer d'une voix neutre.

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Aldebert Wickerson

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Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Aldebert plisse légèrement les paupières. Une fraction de seconde, il laisse flotter le silence entre eux, comme s’il pesait la portée réelle du mot crampes maintenant qu’il n'est plus seulement dans sa bouche mais dans celle d’Adaline. Ce simple écho suffit à en faire une réalité plus tangible qu’il ne l’aurait voulu. Il expire doucement, avant d’acquiescer.


- Des crampes, oui, il concède finalement, le ton plus calme. Rien de bien inquiétant.
 

La nuance est subtile, mais présente : il aurait pu dire des crampes, rien du tout. Au lieu de ça, il choisit une phrase qui atténue sans totalement balayer la possibilité d’un problème. Une petite concession face à la ténacité d’Adaline, peut-être.

- Il n'y a pas mille et une manières de regarder les étoiles, comme tu peux l'imaginer, il affirme avec une pointe de sarcasme, mêlé d'amusement.

Lorsqu’elle lui explique vouloir tester quelques mouvements, Aldebert se redresse sans protester. Il ne se débat pas, ne joue pas l’irréductible. Adaline est bien trop douce et posée pour qu’il ait besoin de faire preuve d’une résistance exagérée. Mais il n’en affiche pas moins une légère réserve, qui transparaît dans son léger hochement de tête, dans ce temps qu’il met à se lever comme s’il hésitait encore à se prêter à l’exercice. Il se met finalement en position.
 

- Très bien, très bien, allons-y, lance-t-il, comme s’il acceptait une fatalité.
 

Il tend les bras à l’horizontale, paumes vers le sol, et garde la position, attentif à ses propres sensations. C’est un geste anodin. Si anodin qu’il ne devrait même pas y prêter attention. Pourtant, il sent son corps différemment, comme si le simple fait d’être examiné faisait apparaître des tensions qu’il ignorait d’ordinaire. Lorsque vient le moment d’ouvrir et fermer les mains, il s’exécute avec application. Un, deux, trois mouvements. Tout est normal… ou presque. Une résistance infime, une rigidité dans le bout des doigts qu’il n’avait pas pris le temps d’analyser auparavant. Il n’a pas mal, non, mais il sent que ce n’est pas aussi fluide qu’il l’aurait voulu. Il serre un peu plus la mâchoire, détourne les yeux une seconde, le temps de faire comme si de rien n’était.


Puis vient l’exercice des paumes contre celles d’Adaline. Un simple test de résistance. Rien de bien sorcier. Rien qui ne devrait lui poser le moindre problème. Et pourtant, lorsqu’il appuie, il sent une légère dissymétrie. À peine perceptible, mais bien là. Une force inégale entre ses deux mains. Un infime tremblement sur la gauche, presque invisible à l’œil nu. Mais il sait. Il sait qu’Adaline l’a senti. Il n’a pas besoin de la regarder pour le comprendre. Un silence s’installe. Il ne commente pas immédiatement. Peut-être parce qu’il ne sait pas encore comment formuler ça sans donner plus d’importance à la chose qu’elle n’en mérite. Puis, dans un soupir mesuré, il se racle la gorge et desserre enfin ses paumes.
 

- Bon, je suppose que tu vas vouloir m’assommer de questions à présent, n’est-ce pas ?


Le ton est léger, mais pas railleur. Une simple tentative de détourner l’attention. Il recule d’un pas, tente de faire bonne figure, mais son regard est déjà plus sérieux qu’il ne voudrait le laisser paraître. Parce que ce n’est pas qu’une formalité, au fond. Parce que cette histoire de crampes commence à l’agacer autant qu’à l’inquiéter. Et parce qu’une partie de lui, tout au fond, a déjà compris que ça ne va pas s’arrêter là.

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Aldebert Wickerson

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Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

C'est pas tant le bordel ok ? Ou alors c'est un bordel organisé. Ça va, c'est pas comme si quelqu'un d'autre devait partager l'espace. Partager l'espace. Blague d'astronome. Vous l'avez ? Bref. Quand, même, c'est un peu le bordel. Ça fait un moment qu'Aldebert s'étale dans tous les coins des trois seules pièces de son appartement sans vraiment faire attention, et ça commence à se sentir. Il passe plus de temps à chercher des choses qu'à en accomplir. Alors depuis ce matin, il s'occupe à faire du tri.


Dans les montagnes de parchemins aux notes éparses en patte de mouche, dans les études reçues des divers abonnements aux Observatoires du monde, dans les bouquins empilés qui parfois sont empruntés depuis si longtemps qu'il n'est plus vraiment certain que les bibliothèques dont ils proviennent soit encore en service. Dans les cartes du ciel, dont certaines se font obsolètes, et trouvent une nouvelle place dans des archives qui commencent à devenir ventripotentes dans leur placard dédié. Dans le matériel empilé au hasard également, parce que certaines optiques sont cassées, leurs engrenages distribués à leurs voisines, leurs restes déposées en tas sporadiques sur les fauteuils et canapés.


C'est long et fastidieux, mais une fois dedans, Aldebert ne sait plus vraiment s'arrêter. N'a grignoté qu'un vague sandwich dont les miettes se sont insérées dans quelques entre-pages et autres recoins de ses affaires présentement étalées sur le sol et sur l'intégralité du mobilier. Si c'était pas tant le bordel avant, c'est le bordel maintenant, on va pas se mentir. Pour sûr que c'est pas le moment de recevoir un visiteur. Alors quand ça sonne à la porte, les sourcils se froncent absurdement fort, le regard perçant scrutant l'entrée comme s'il s'agissait d'un ennemi personnel. Dressée, la silhouette s'avance d'un pas ferme, les lèvres scellées en une moue désapprobatrice. Il ouvre la porte sur une paire qu'il ne regarde même pas avant de répondre comme un réflexe qu'ils sont au mauvais endroit, leur claquant la porte au nez.


Ça sonne de nouveau. Les gens sont comme ça. Têtus. Incapable de lire entre des lignes pourtant parfaitement claires. Il rouvre plus sèchement encore que la première fois.

 

- J'ai dit non !
 

Les yeux ronds comme deux billes, tel un dégénéré, Aldebert est pourtant forcé de reconnaitre l'un des deux envahisseurs comme étant l'un de ses élèves à Poudlard, et c'est bien malgré lui qu'il demeure figé dans l'embrasure de sa porte à zieuter l'un et l'autre des visiteurs impromptus. Les explications le laissent interdit. Silencieux. Avant de tout bonnement refermer la porte avec brutalité. Non. C'est non. N'importe quoi. Un enfant illégitime. Hériter d'un enfant illégitime. Lui ? Et de cet enfant illégitime là ? Non. C'est non !

 

- Monsieur Wickerson !

 

Le cirque dure bien trois quart d'heure avant que la réalité ne lui agrippe la gorge avec une force digne de celle de coriolis. Un premier test à été fait, un second est en cours et ne nécessite qu'une partie de lui-même, mais il ne fait aucun doute réel qu'il est le père de cet individu. Diantre. Fichtre. Foutre merde, même. L'assistant social se tire, laissant Balthazar Grimfire au milieu de son salon, avec son allure de punk et sa crête impossiblement verte. Laïka. Il a pas connu de Laïka. Si ? Bordel de merde.

 

- Sans doute, oui.
 

Voilà la seule réponse qui le traverse alors que le silence se prolonge, en laisse passer un autre plus lourd encore. Le garçon reste ahuri au milieu de l'appartement, et Aldebert l'observe d'un coin de la pièce comme s'il s'était agit d'un prédateur subitement surgit par sa fenêtre. À ceci près qu'il s'agirait d'un prédateur se situant au bas de la chaîne alimentaire. De tous les élèves de Poudlard, Balthazar Grimfire était le spécimen le moins enthousiasmant pour un professeur aussi passionné qu'Aldebert. non seulement était-il complètement con, mais en prime il était d'une maladresse telle qu'il créait toujours les pires incidents. Toujours est-il que le spécimen venait de perdre sa mère. Alors.
 

- Thé ?
 

Oui, voilà la réponse, voilà la solution. Un thé. Rien de plus britannique que cela, mais Aldebert n'attendit pas la réponse pour se jeter en cuisine. Tout pour s'évader de la vision de Balthazar Grimfire dans son salon, avec un sac de voyage qui augurait l'emménagement. Les doigts tremblants se mirent à lancer la chauffe d'une casserole d'eau, et à fouiller une boîte fort lourde en bois sombre cerné de gravures qui formaient une constellation.

 

- Qu'est-ce que v... quel thé je vous sers, Monsieur Grimfire ? Et ne foutez pas l'feu au salon.
 

Merde, merde, merde. C'est à peu près le seul mantra qui peut bien lui traverser l'esprit alors que l'index bouscule de multiples verveines en sachet. Agité, il s'imagine déjà le pire. Le type est capable d'avoir déjà bousculé au moins deux téléscopes hors de prix.


 

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Aldebert Wickerson

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Deb
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Auberge des Trois-Balais, Vendredi 02 Février 2125

La vérité, incisive, est noyée sous le sarcasme latent, leurs rires impulsifs se joignant devant l'absurdité de leur situation respective.

- Tu es discret, assure finalement Aldebert en reposant son verre. Je suppose qu'en dehors de Harrison et de moi-même, personne ne sait ce qu'il en est.

Tous les sorciers étaient liés, d'une manière ou d'une autre, à la lune. Astre d'importance capitale dans la préparation de plusieurs potions, aussi bien que nombre d'enchantements et sortilèges, elle faisait après tout pièce maîtresse d'un ciel que l'on apprenait à observer dès l'âge de onze ans. Peu pourtant se perdaient à sa contemplation en dehors d'irréductibles comme lui-même. Il fallait au moins une passion virulente pour l'astronomie, voire travailler dans le domaine, pour se perdre en habitudes absurdes du genre. Qui plus est, Aldebert avait toujours eu un don certain pour fourrager son nez où on ne l'attendait pas.

- En fait, ça fait un bail que je cherchais le bon moment pour t'en parler, il admet en jetant son regard alentour, comme perdu dans ses pensées.

Ses longs doigts enroulés autour de son verre, les jambes juchés sur la barre du tabouret tel un oiseau perché, l'on pourrait le trouver brusquement figé, comme pesant le pour et le contre de sa prochaine action. Estimant que Daryl ne souhaitait vraisemblablement pas dévoiler sa nature de loup-garou à tout le monde - auquel cas le personnel aurait depuis longtemps été réuni et briefé à ce sujet -, Aldebert s'était muré dans le silence, ne cherchant aucunement à mettre mal à l'aise le professeur de potions. Le fait qu'il avait récemment mis la main sur un objet certainement très utile.

La mise en branle est soudaine, le regard vif subitement planté sur son interlocuteur alors qu'il commence à s'agiter.

- J'ai longtemps exercé le métier d'astronome avant de venir enseigner, comme tu le sais. J'ai encore de nombreux contacts dans le domaine. L'un d'entre eux travaille sur une thèse depuis des années, une thèse incroyable sur certains des phénomènes les plus irréguliers du cosmos. Je t'épargne tout un charabia, mais il a fait plusieurs découvertes vraiment très intéressantes. Notamment en ce qui concerne les régulations d'Alpotrophe, la constante de Hubble, mais aussi et surtout sur les mesures distrophiques des cratères d'Alpha du Centaure. Aldebert croise le regard de Daryl et comprend brusquement qu'il s'emporte en divergence, se recentre tout en se replaçant correctement sur son tabouret. Bref. Il a fait une découverte récente dans un domaine qu'il ne recherchait pas. C'est toujours comme ça finalement, on a le regard vissé sur quelque chose, et tout se passe dans la périphérie. Il m'a envoyé ceci.

La réplique met fin au monologue infernal tandis qu'Aldebert porte la main à sa poche, pour en tirer une pierre simple et visiblement polie, d'un bleu pâle. Au plus près, on peut constater du mouvement sur sa surface, pratiquement imperceptible mais pourtant bien présent. Cerclée d'un anneau aux écritures fines, mais aux traits durs, elle est rattachée à une cordelette. Un pendentif. L'astronome l'a récupéré plus tôt, avant de rejoindre Daryl, voyant là l'opportunité qu'il attendait depuis un temps certain. Dans la paume de sa main, l'artefact semble plutôt petit, et sans importance aucune.

- C'est trois fois rien, hein. Juste un concentré d'régulation cosmique. Un morceau d'équilibre dans l'immensité chaotique de l'univers. Aldebert dépose la pierre sur le comptoir pour la faire glisser en direction de Daryl. Tout est une question de gravité, tu vois ? Ce moment où la lune est au plus près de la Terre, où elle a le plus d'influence. Trop, parfois. C'est là qu'ça déraille pas vrai ? C'est tout un travail d'ondes, minutieux, vraiment, pire que des fourmis ces machins là. Mais ce truc là ? Il canalise, il lisse, il absorbe. Le genre qui t'évite d'avoir envie d'arracher la tête du concierge trois jours avant la pleine lune, ou de bouffer trois steaks au petit-déjeuner le lendemain. Le genre qui te foutra en paix avec toi même en dehors du jour fatidique de ta repousse de poils.

Aldebert s'écarte un peu pour boire une gorgée de son rhum avant de plaquer le verre dramatiquement sur le comptoir.

- Il l'a trouvé l'caillou. Trouvé, manipulé, enchanté. Un accident académique finalement, parce qu'il pensait avoir complètement autre chose entre les doigts. Alors ça a rien d'officiel d'accord ? Ça bosse encore de partout pour déterminer les limites du bordel. Mais j'ai eu droit à mon échantillon, et j'dois dire que maintenant que j'en ai fait l'tour une bonne demi-douzaine de fois, j'vois pas à qui d'autre il pourrait revenir.

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Aldebert Wickerson

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Deb
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Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

L'eau s'émulsionne rapidement. Trop rapidement, peut-être. Foutue magie. Il aurait pu faire ça à la moldu, histoire de gagner du temps. Le thé s'immerge pleinement, pour une décoction de cing minutes trente pendant lesquelles Aldebert tape furieusement du pied contre le carrelage, une main passant régulièrement dans des mèches hérissées sur le sommet de son crâne grisonnant. Il entend vaguement le môme causer, de l'autre côté, peut encore prétendre ne rien entendre sans paraitre rude. La deuxième fois cependant, il parvient à distinguer nettement tous les mots, et ses oreilles semblent pivoter à la manière d'un chat.

 

- Comment ?

 

Le pas se presse vers le salon, pour l'aperçu d'un Grimfire plus que sur le départ, qui s'en va carrément passer le seuil de sa porte. Aldebert reste figé comme un imbécile, avec la vague envie de ne rien y faire du tout. Bon, peut-être pas si vague, l'envie. Peut-être urgente. Peut-être au point de laisser le garçon se tirer à plusieurs bons mètres de l'appartement, sans faire l'once d'un mouvement pour lui courir après. C'est-à-dire que ça l'arrange bien, voyez. L'anomalie de cette journée lunaire, disparue Merlin-sait-où, pour le laisser vaquer à ses occupations. Son rangement. sa vie. Loin de l'idée d'un enfant surprise. D'un Balthazar Grimfire comme légitime héritier.
 

Sauf que.
 

- Merde.

 

Aldebert ne sait guère quand il se met en branle, au juste, mais il se met en branle. Arqué vers l'avant dans une posture sans doute absurde, le bonhomme file au travers de la pièce pour quitter à son tour l'appartement, poursuivre la crête verte jusque lui mettre une main sur l'épaule. À la fois pressante, à la fois légère comme une plume, aussitôt retirée. Cela suffit à les arrêter tous les deux, pour un nouveau face à face nargué d'un énième silence, de ceux si gênants qu'on les sent peser sur chaque centimètre de peau.
 

- C'est hum...
 

Raclement de gorge, regard qui fuit sur les portes voisines. Certains sont peut-être collés aux fenêtres à observer l'énergumène Wickerson en pleine discussion avec ce qui ressemble fort à un punk, à deux doigts de composer le numéro de la police.
 

- Je suis désolé, pour votre mère, Aldebert prononce enfin en se fixant finalement sur son étudiant.

 

Bien sûr, il ne se souvient guère de Laïka Grimfire. Mais il semble que ce soit clair depuis le départ, en plus de ne pas nécessiter être répété. Alors l'homme pousse un soupir.
 

- Venez.
 

Mais l'autre ne semble pas décidé, au contraire.
 

- Écoutez, visiblement je suis légalement obligé de vous fournir un toit, et vous n'avez aucun endroit où dormir. Pas la peine d'inventer n'importe quoi, il prédit avant même que Grimfire n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche. La situation ne me plait pas plus qu'à vous, mais je crois qu'on va devoir s'y faire. Alors venez boire ce foutu thé.

 

Aldebert s'est écarté d'un pas, désignant sa propre porte d'un bras ouvert invitant Balthazar à lui passer devant. Ça le dépasse complètement, mais ça parait évident que ça dépasse encore plus le gamin. Il a l'air plus paumé encore que d'habitude, si c'était encore possible. Pire, il a l'air vide. L'astronome n'est sûr de rien quant à la manière de gérer toute l'affaire, mais il est hors de question de laisser le gamin errer dans la rue dans cet état. C'est son devoir de professeur, au-delà d'un devoir de père potentiel.


Père. Ça veut toujours pas s'enregistrer sous le crâne, qu'il puisse avoir enfanter un truc pareil. Qu'il puisse avoir enfanter tout court. Alors il compte bien laisser l'information de côté autant que possible.

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Deb
Message publié Vendredi 24 Janvier 2025 à 21:47

Hello

Sur un malentendu demain j'suis plus riche qu'aujourd'hui...

1 - 2 - 4 - 8 - 18

Merci de me couvrir d'or !

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Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

Pas de réponse. Pas qu'Aldebert se soit particulièrement attendu à une réponse. C'est pas le genre à en donner, Grimfire. Ni en cours ni en dehors. Pis bon. Les circonstances. Alors l'astronome pousse un soupir avant d'enfoncer ses longues mains dans le fond de ses poches, et de se mettre à avancer. D'un pas tranquille vraiment. Sauf que voilà. L'imbécile a tôt fait de grimper sur son skate, et à prendre une vitesse qu'il est bien incapable de suivre. Le pas s'accélère. S'accélère encore. Bientôt, il est forcé de courir pour ne pas perdre de vue l'adolescent. Pas sportif pour deux sous, son corps lui fait aussitôt comprendre son erreur. Les muscles en feu et la respiration saccadée, il sort brusquement sa sa baguette et informule un sortilège de traçabilité. Juste à temps. Le punk disparait au coin de la rue, et il s'affaisse les mains sur les genoux en essayant de retrouver son souffle.

 

- Bordel.

- Ça va m'sieur ?

- Ouais. Ouais, ouais.

- Z'êtes sûr hein ?

- Ça va, ça va !

 

La réplique est sèche, les yeux vibrants de l'astronome rencontrant ceux, ahuris, d'un type chauve au visage rond, dans un jogging trop grand pour lui.

 

- Ok. Si vous l'dites.

 

Aldebert secoue la tête, se redresse, reprend sa marche en ramassant ici et là les pans de ses vêtements pour paraitre moins désordonnés. Alors que le moldu s'éloigne, le professeur agite discrètement sa baguette pour faire paraitre le circuit pris par Balthazar, et non sans balancer quelques injures dans l'air, il se remet à marcher. Laïka. Merde, il se souvient pas de Laïka. Pourquoi il se souvient pas de Laïka ? C'est pas comme s'il avait eu mille aventures dans sa vie. Bon, il en a eu pas mal. Il a cinquante piges quand même ! Mais au point d'avoir eu un gosse sans le savoir ? Ça arrive à des gens ça ? Fallait que ça arrive à lui, évidemment. Pas à des gens, mais à lui. C'est peut-être la première fois depuis que l'assistant social s'est tiré en lui laissant Grimfire dans les pattes que Wickerson se pose vraiment la question de ce que ça peut bien lui faire.

 

Il est père.

 

Ça veut dire quoi, être père ? Il s'est jamais vu père. Est-ce que ce gamin serait pas plus heureux dans un foyer d'accueil armé pour ce genre d'emmerdement ? Même en essayant, c'est sûr il va tout foirer. Il a jamais appris. Ni avec Ernest, ni avec Franck, ni avec personne. Ça s'apprend d'abord ? Y a un manuel ? Déjà on lui refourgue un gars déjà poussé, visiblement mal entretenu. Y a qu'à voir la gueule. Comment il s'en sort avec un truc pareil ? Bon. Aldebert bifurque et bifurque encore, dans sa tête comme dans la rue, et si d'un bord il s'enfonce dans une impasse, de l'autre il débouche sur un cimetière à ciel ouvert. Prometteur, vraiment. Sans doute qu'il aurait du le voir venir. Il a plus besoin du sortilège pour guetter la présence d'une crête familière au milieu des pierres tombales, et il ralentit le pas à mesure qu'il approche.

Il opte pour une distance raisonnable de plusieurs mètres avec l'adolescent, mais reste debout comme un con en zieutant les écritures annonçant la naissance et la mort de Laïka Grimfire, juste derrière Balthazar. Un Balthazar recroquevillé sur lui-même, et visiblement complètement perdu par rapport à la situation. Aussi perdu qu'Aldebert au moins, mais sans doute plus en réalité. Merde. Il est pas équipé pour ça, c'est définitif. Il se racle la gorge histoire de dire un truc, mais se ravise aussitôt. Il a déjà dit la seule chose qu'il pouvait dire, non ? Mais il peut pas rien dire non plus. Laisser le silence les avaler tout rond, et les recracher dans l'air comme deux billes acides. Nan faut qu'il fasse un truc. Aldebert sort les mains de ses poches pour s'avancer d'un pas, un seul, et s'affaisse finalement pour s'assoir à même le sol.

 

- J'déteste les cimetières, il annonce de but en blanc. Ça fait jamais honneur aux vivants. Rien qu'des pierres froides qui pousse entre des mauvaises herbes. C'est là qu'on enterre les corps, mais c'est pas là qu'on trouve les âmes vous savez. Les âmes elles s'élèvent et elles partent se planquer entre les étoiles pour vous éclairer bien longtemps après qu'elles soient parties. Si vous devez trinquer, trinquer plutôt avec ce qui se passe là haut qu'avec ce truc.

Il regrette d'avoir parlé la seconde suivante, et se tait brusquement. Ça le regarde sans doute pas, avec quoi trinque Balthazar pour honorer Laïka. C'est juste qu'en ce qui le concerne, il est à peu près sûr qu'aucune mère aurait envie de savoir son fils couché sur sa stèle froide.

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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
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Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

Merde. Il est pas équipé pour ça. Y a des gens équipés pour ça ? Sans doute pas. Personne est équipé pour ça. La réplique a l'air d'avoir enfoncé une pointe quelque part dans le fond de sa gorge, il décide. Parce qu'il arrive plus à parler, Aldebert. Il arrive plus très bien à respirer non plus. Ça fait ça de voir un humain s'effondrer sous ses yeux. Parce que y a pas d'autre mot pour ce qu'est en train de se passer. Balthazar est prostré sur le seul, en train de subir une peine qu'Aldebert est pas certain d'avoir jamais vécu. Un truc qui prend tellement aux tripes qu'on préfèrerait crever. C'est physiquement douloureux de le regarder. Curieusement pourtant, il arrive pas à détourner le regard. Les secondes s'écoulent sans qu'il parvienne à bouger même d'un millimètre. C'est absurde. Stupide. Le truc c'est qu'il a aucune idée ni de quoi faire, ni de quoi dire. Il s'imagine bêtement Laïka Grimfire quelque part dans un coin de la pièce qui les regarde. Ça forge une boule énorme de culpabilité qui lui bousille les entrailles en quelques instants.

- Balthazar, il s'entend dire. Balthazar relevez-vous mon garçon.

Il sait pas vraiment pourquoi, ça parait important. De pas laisser l'adolescent ainsi prostré sur le sol. Sa voix lui est étrangère. Comme bloquée dans le fond de sa gorge. Cette foutue pointe, voyez. Ses yeux sont embués. Il ne l'avait pas réalisé. Posté au-dessus du garçon, Aldebert a une main qui lui tient l'épaule, l'autre bêtement suspendue dans le vide. Puis il se met en action, force Balthazar a se redresser, à s'assoir dans le canapé.

- Là. Là.

L'adolescent est secoué de sanglots violents. Son regard vitreux est comme mort, par instant, et Aldebert essaie de chasser l'idée d'une inspiration vaine. Assis aux côtés de Balthazar, il se trouve démunie aussitôt qu'il a cessé de s'agiter pour redresser l'adolescent et l'installer dans le canapé. Maintenant quoi ? Maintenant rien. Alors il patiente. Renifle discrètement alors que son regard coulisse sur le décor simpliste de l'endroit. Il reconnait chaque meuble. La porte menant à la chambre. Bordel. Les minutes s'écoulent à leur tour, plus pernicieuses que des secondes encore. Elles instaurent un silence étrange et désarticulé. Brutal, finalement. À vous dévorer la poitrine et tout ce qui pourrait se trouver à l'intérieur. Le silence s'étend encore, tel un détraqueur qui aurait aspiré leurs âmes, les aurait lentement digérés. Parfois, Aldebert le déjoue d'un raclement de gorge, mais ça n'y fait rien. Il se sent presque étouffer sur place. Mais là encore il ne dit rien. Il n'y a rien à dire.

Il ne peut qu'être là, comme il n'a jamais été là. Aussi fugueur soit-il d'une quelconque sédentarisation, Aldebert demeure. Figé dans un canapé usé, sous les lueurs vacillantes d'ampoules poussiéreuses et fatiguées. Il ne pourrait pas bouger même s'il le voulait.

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Aldebert Wickerson

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Deb
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Auberge des Trois-Balais, Vendredi 02 Février 2125

Bienheureux l'Aldebert, qui fait rapidement signe de lui servir précisément la même chose. Un sourcil se hausse à la mention de Balthazar, et l'astronome ne peut s'empêcher de pousser un soupir. 

- Tu crois quoi ? Non parce que Balthazar Grimfire est un phénomène connu du personnel, alors fatalement qu'apprendre qu'il en est à l'origine a fait un choc. Pas qu'en le concernant finalement. La plupart de ses collègues le vannent continuellement sur le sujet. Ça va j'suppose. J'en sais rien. C'est pas comme s'il avait prévu de devenir père d'un adolescent de quinze ans du jour au lendemain. J'improvise ! Il admet alors tragiquement en étirant un sourire.

Y a que son existence entière est un amalgame de surprises du genre. Bon, jamais aussi brutales que celle-ci, admettons. Mais relativement tout de même. Le claquement de deux verres se ramassant sur le comptoir le fait tourner la tête, et il en lève un pour le trinquer avec celui du professeur Brooks.

- J'imagine que ça a pas du être beaucoup plus simple pour toi. Le... Sa main vient s'agiter devant son visage. Un ange passe. Oh, m'la fais pas. J'suis astronome, Daryl. J'suis littéralement un spécialiste des phrases lunaires ok ? Bon. La nonchalance est complètement de mise, même s'il a baissé d'un ton par simple réflexe respectueux. J'dirais rien. Faut pas t'faire de bile. J'ai capté quelques mois après ton arrivée alors..

 Aldebert lève son verre de nouveau pour en prendre quelques gorgées. Fronce les sourcils.

- Dis jamais à Balthazar que j'ai comparé son existence à une malédiction. Parce qu'il réalise après coup que c'est peut-être pas très cool. Bon. C'que je dis c'est que quelque part ça aurait pu être pire. Pis c'est vraiment pas un mauvais bougre. Il est juste... De nouveau Aldebert agite la main devant son visage, affutant l'imitation d'un regard complètement con cette fois. Un ado quoi, merde. C'est con un ado.

Parce que depuis quelques temps Adledbert essaie de se convaincre que c'est que ça, la connerie de Balthazar. L'adolescence. Un homme peut espérer, pas vrait ?

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Aldebert Wickerson

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Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

D'abord, Aldebert demeure silencieux. Adaline peut bien conclure ce qu'elle veut de ce silence. En conclure ce qui est à conclure. La vérité c'est que si c'était une première fois, Aldebert n'aurait jamais évoqué ces crampes. Il aurait joué d'humour, annoncé qu'il faisait trop frais dans la pièce, que ses mains étaient gênés par la simple pression du regard d'Adaline McBride sur leurs rides sinueuses, que le reste du temps elles se portaient parfaitement bien. Bien sûr, il avait évoqué les crampes. Parce qu'elles l'avaient pris au détour d'un examen minutieux de sa personne, et qu'elles paraissaient de plus en plus vives, de plus en plus régulières, de plus en plus envahissantes, et qu'il aurait été stupide de ne pas évoquer les crampes. Alors Adaline nécessitait-elle vraiment une réponse à sa question ? Ce n'était pas une première fois. C'était loin d'une première fois.

Le silence persiste, et signe. Parafe chacune des pages de sa modeste vie, même, avant d'enfin se briser, dans une grimace qui lui donne un ton sec et tranché :

 

- Plusieurs années je suppose.

Il ne les avait pas noté immédiatement bien sûr. Au départ, il les avait mis sur le dos de faiblesses passagères. Il y avait toujours eu de belles excuses à brandir pour démanteler l'assaut mental d'inquiétudes qui n'avaient qu'enfler avec le temps. La fatigue avait eu bon dos. Mais la vérité c'est que voilà déjà un temps qu'il avait compris qu'elle n'était pas vraiment la source de ses problèmes. Pas plus que la météo capricieuse, ou une baguette de mauvaise humeur, ou la simple ingestion de caféine en excès. Non, les crampes survenaient et repartaient comme bon leur semblait, sans logique aucune, de même que les insidieux tremblements qui parfois lui faisait planquer ses longues mains dans le fond de ses poches, ou prétexter au devant des élèves qu'il attendait d'abord qu'ils démontrent avant de leur montrer l'exemple, le vrai, le bon. Parfois, il parvenait à les oublier tout à fait.

Les iris, d'un bleu électrisé, se posent sur la potion déposée là par l'infirmière, et il hausse un sourcil interrogateur. Un nom tombe. Pas franchement familier. Pas non plus tout à fait inconnu. Chuchotement légendaire que l'on tourne à la dérision dans les dîners professionnels. Il connaissait au moins trois sorciers dans son propre domaine qui avait entendu ce même diagnostic. Il ne les avait jamais côtoyé d'assez près pour savoir précisément de quoi il retournait, simplement que la maladie avait eu un certain impact sur leur existence. Un impact tel que deux d'entre eux avaient quitté la profession, et que le dernier l'envisageait depuis déjà plusieurs mois. Figé, Aldebert reste observer Adaline avec un air teinté de stupéfaction. Incapable de formuler le moindre mot, il reste là, ses sourcils broussailleux froncés au devant du front, ses lèvres retroussées en prémisse de rictus.

- Je vois.

C'est bien tout. Aldebert Wickerson, déballeur de grands monologues insondables, maître de l'esquive des sujets fâcheux, n'a rien de plus à dire que cela. Je vois. Mais bientôt, il s'éveille, se met en branle, son corps entier comme agité de sa torpeur par un quelconque sursaut mental :
 

- Aucun autre test alors ? J'veux dire j'ai tenu mes bras devant moi, j'ai poussé sur tes mains, et voilà ? C'est ça la grande panoplie pour laquelle on m'assomme de courriers depuis des semaines ? Des mois, bon. Nan mais des crampes et des faiblesses magiques, t'vas pas m'dire que ça peut être que ça ou d'la fatigue. Le problème voyez, c'est qu'il sait que c'est pas de la fatigue. A éliminé cette possibilité y a longtemps. Alors. J'connais ce truc ok ? J'ai pas ce truc. Mon père l'a pas eu par exemple. C'est pas héréditaire comme machin ?

Il sait plus tellement où il a entendu ça, mais sûr il l'a entendu. Ça et le fait que c'est le genre de merde qui démarre doucement avant de vous en faire baver tous les jours vraiment salement. La vérité c'est qu'il en sait rien, si son père a eu la Synchrolyse, parce qu'ils jamais parlé sérieusement plus de dix minutes de leur vie. Pis il l'a pas vu depuis déjà plusieurs années maintenant. Alors.

Alors.

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Il avait pas prévu d'y aller. En fait il avait plutôt prévu de pas y aller. Mais y a des injonctions qu'on peut pas vraiment ignorer. Cinq ans qu'il aura trainé quand même, avant d'enfin daigner obéir au fabuleux courrier pour la santé et la sécurité de nos seniors. Senior. Aldebert Tinkerton, senior. Pis quoi ? Il a juste passé cinquante balais en fait. On a connu pire. Il est pimpant comme un jeune homme ok ? Bon. Le fait est que ça reste obligatoire. Il a dépassé la date butoir, certes, mais vu l'endroit où il compte passer son examen ça devrait pas tant poser de problème.

Adaline va pas l'emmerder. C'est pas une emmerdeuse. C'est l'opposé d'une emmerdeuse, si on lui demande. Il a confiance quoi. Plus qu'en de parfaits inconnus qui viendrait en prime lui faire des remontrances pour le temps qu'il a mis à venir se faire examiner. Déjà que la dernière fois qu'il s'est pointé à Sainte Mangouste ça a été pour demander les résultats d'un test de paternité. Nan il a plus vraiment envie d'y aller. Z'ont que des mauvaises nouvelles dans ces endroits.

Adaline elle aura pas d'mauvaises nouvelles.

La démarche est rapide, ses longues jambes l'entrainant au travers des couloirs dans le claquement sec de souliers parfaitement cirés. Il ne salue que brièvement les étudiants sur son passage, peu désireux de s'expliquer sur la raison de sa présence dans ce couloir. Le visage relativement fermé, il n'a pas grand chose de sa légèreté habituel. Les lèvres ne s'étirent d'aucun sourire, les poings sont implantés dans le fond des poches comme deux pierres, et le regard perçant ne semble briller d'aucun éclat. Il déteste tout d'un instant qui n'a pourtant pas commencé.

La porte grande ouverte l'accueille de toute sa hauteur, et il est immédiatement baigné des lumières douchées par les immenses fenêtres. L'infirmerie est un endroit agréable, si on occulte le fait qu'on s'y trouve généralement pour les mauvaises raisons. Les lits sont impeccablement alignés, faits au carré, les draps d'une blancheur immaculé. Aldebert s'avance soudainement prudemment, comme s'il s'attendait à être hameçonné par quelconque piège laissé là par un élève mutin absurdement posté derrière la porte. Il n'en est rien. Seulement du vide et du silence.

- Miss McBride ? Adaline ? Sa voix fait écho contre les murs de pierre, et semble vouloir se perdre au plafond.

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Aldebert Wickerson

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Un grommellement lui échappe, et rien de plus. Tout son corps s'affaisse de nouveau, la révolte calmée par la perspective d'autres examens, sans doute. Toute son attention est vissée sur le vocabulaire employé par Adaline tandis que ses doigts martyrisent l'accoudoir sur un rythme connu de lui seul. Il hoche la tête, ici et là. Analyse. Ponction. Voilà qui semble dessiner quelque chose de plus concret qu'une simple poussée de paume contre paume. Certes, l'hérédité n'est pas certaine, et cela écarte d'emblée l'imaginaire confortable dans lequel il se serait volontiers rétracté : si mon père n'a pas été malade, je ne peux pas l'être à mon tour. Sans doute est-ce une bonne nouvelle, pourtant, à l'égard de sa nouvellement découverte progéniture.

 

- J'imagine, j'imagine, il répond à la quête de vérité.

Voyez-vous, Aldebert en sait des choses, sur la quête de vérité. Des années il aura cherché la sienne, arpentant le monde en cumulant des activités plus diverses que variées, ne trouvant jamais vraiment ce qui pourrait le faire vibrer au point de ne plus jamais vouloir s'en détacher. Son dévolu s'était jeté, sur le tard, dans un domaine qui devenait aujourd'hui un symptôme. Paradoxalement, sa quête de vérité l'avait directement épinglé aux étoiles, brillantes jusque loin dans la mort, et oh comme elles allaient pouvoir se gausser de lui. De la virulence avec laquelle il les avait scruté. De la concentration et de la précision qui n'allaient pas tarder à se retourner contre lui au travers de sorts chirurgicaux. C'était à lui d'être charcuté, disséqué, pour que l'on comprenne enfin de quoi était fait Aldebert Wickerson.

 

Lamentable ironie.

 

- Vas-y, Adaline, il énonce comme un homme qui voudrait rapidement passer à autre chose. Faisons ce glorieux pas vers la compréhension.

 

Sarcastique, la réplique ne l'était qu'à moitié. Puis, alors que l'infirmière se prépare, qu'il replie et replie sa manche, il tâche de se divertir.

 

- Au moins Balthazar serait hors de cause. C'est pas à lui qu'on va imputer finesse et concentration. Il rit. Pour lui même, sûrement. Se râcle la gorge. Une simple pression n'est-ce pas ? Un pincement ? À tout moment je m'éveille dans la peau d'un Aldebert de vingt ans qui n'aura fait qu'un mauvais rêve je suppose. N'hésite pas à pincer très fort Adaline.

Il dramatise, préfère se montrer amusant que terrifié. Et puis qui sait. Peut-être bien que c'était possible. Qu'il retrouverait les rondeurs de sa vieille cabine, à bord du Boutefeu Viennois, que le capitaine viendrait le harceler pour qu'il viennent ensorceler les voiles, cirer le pont, tenir la barre, éplucher des pommes de terre hurlantes. Peut-être toute cette existence s'apprêtait à se retourner sur elle-même à la manière d'un gymnaste ambitieux. Aldebert n'y croyait guère. Son imagination pourtant continuait de l'emporter loin, loin des murs lisses et blancs qu'il trouvait terriblement tristes.

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La vérité, c'est qu'Aldebert ne peut qu'approuver Miss McBride. C'est pourquoi il a évoqué les difficultés, même mineures, qu'il serait tant en peine d'ignorer. S'il est un jour où il s'agit d'en avoir le cœur net, c'est sans doute celui-là.

- Qu'on soit bien clair, Adaline. Si  le problème vient d'ailleurs, hors de question de me balancer que tu me l'avais bien dit.

Boudeur, il maintient même son index en l'air comme pour insister sur ce point. Il n'est pas bien sérieux, bien sûr. Jamais. Trop peu souvent, en tous les cas. Sous ses airs de vieux gamin capricieux cependant, il se prend à imaginer le pire. Un instant fugace. Une seconde hargneuse qui file incruster une idée sous les nerfs, s'éparpillant bientôt dans l'entièreté de son cortex. L'idée tient en deux mots, vraiment. Insidieux, minuscules. Et si. Et si un Lumos fébrile du dimanche après-midi pouvait dissimuler une magie toute entière qui flanche pour le reste de sa vie ? Et si l'examen démontrait des origines plus graves à ces lévitations ras-du-sol, des conséquences plus tragiques le plaquant, lui, contre terre ? Et si ces menues frémissements faisaient crouler son univers tout entier ?

Il inspire, les lèvres pincées, expire aussi, toujours par le nez.

- Bon. Ça se passe comment ?

Aldebert n'a rien contre Adaline McBride elle-même. Adaline McBride est une jeune femme extraordinaire, voyez. D'une douceur infinie, ses gestes toujours aussi mesurés que ses paroles, son regard incapable de transporter le moindre jugement. Aldebert apprécie beaucoup Adaline. Il apprécie aussi bien sûr, le travail d'infirmier, et même de médicomages, qu'il tient d'ailleurs en très haute estime. Où l'astronome se doit rapidement de saisir l'infinité de son ignorance, égalée par un potentiel de découvertes toujours plus incroyables et incongrues entre deux étoiles naines ou peut-être sous quelque galaxie, le médicomage tient rien moins que des vies entre ses mains. À bien des égards, il trouvait les domaines similaires, mais tout à fait différent.

Ce qu'il y a, c'est que l'observation appuyée d'une seconde lune n'aura jamais, au grand jamais, les mêmes conséquences qu'un examen médicomagique approfondie de sa personne. Par exemple, il n'irait guère annoncer à sa lune qu'elle sera éclipsée par le soleil sous peu, et peut-être imploser sous les forces gravitationnelles de saturne. Adaline McBride avait ce pouvoir là, et c'était bien suffisant à Aldebert pour ne se sentir pas à son aide sous son regard aussi doux soit-il. Le problème n'était pas Adaline McBride, le problème était ce qu'Adaline McBride serait capable de voir que lui n'aurait jamais pu, et qu'il aurait peut-être préféré ne jamais savoir. Il affiche un sourire, pourtant, le sourire d'un soldat qui s'en va à la guerre.

À moins que ce ne soit le sourire d'un type qui se sent vieux, parce qu'une infirmière doit vérifier ses aptitudes depuis que la société le considère comme senior.

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Auberge des Trois-Balais, Vendredi 02 Février 2125

Le regard d’Aldebert se perd un instant dans le fond de son verre, le temps d’une gorgée méditative - le genre de pause qu’on prend quand on pèse le poids des mots, ou celui d’une pierre d’équilibre cosmique glissée dans les mains d’un collègue.
 

- Non, il répond finalement, les doigts tapotant le bois du comptoir d’un rythme calme. Aucun effet secondaire relevé jusque là ok ? Il se redresse légèrement, ses yeux clairs plantés dans ceux de Daryl, avec une intensité rare, presque grave. Mais t'as bien compris qu'on n’est pas sur un produit estampillé Sainte-Mangouste. C’est expérimental. Du terrain flou. D'la matière qui bouge encore. J'pense vraiment qu'il peut t'aider, mais c'est sûr que j'vais pas t'filer des garanties. J'en ai pas. Reste que j'suis convaincu que ça présente pas de danger, parce que sinon on me l'aurais pas remis tu vois. Pis j'te l'aurais même pas proposé.
 

Il laisse planer un silence, le temps que les mots s’imprègnent comme une pluie fine.
 

- T’as trouvé ton équilibre, ou un semblant en tous cas. Et crois moi j'comprends que tu veuilles pas foutre en l’air pour une pierre aux allures de galet enchanté. Mais c’est pas un grain de sable que je t’ai filé. C’est une boussole. C'est pas infaillible, mais potentiellement qu'ça peut lisser l'bordel que tu traverses. Changer la donne, dans l'bon sens.


Un sourire s’invite au coin de ses lèvres, discret.
 

— Tu peux toujours la porter un soir de demi-lune et me faire un retour d’expérience détaillée. Puis, plus doucement : si tu sens que ça t’fait plus vaciller que t’aider, alors tu me la rends. Je la fous au grenier avec les autres anomalies célestes.
 

Il trinque doucement son verre contre celui de Daryl, sans forcer le geste. Juste un signe d’accord tacite, d’homme à homme, de professeur à professeur. 
 

- Faut parfois faire un pas de côté, Daryl. Même les orbites les plus stables subissent des perturbations. C’est pas la fin d’un cycle. C’est juste... un ajustement.

D'un geste, Aldebert termine son verre, l’ombre d’un sourire encore au coin des lèvres. Il laisse traîner son regard sur la salle. Les Trois-Balais sont encore loin du tumulte de fin de soirée, mais une joyeuse rumeur s’élève déjà par vagues, entre chopes levées, éclats de rire et chuintements de balais trop vite posés contre le mur.  Un bruit sourd retentit dans leur dos, suivi d’un claquement sec. Le genre de bruit qu’on associe à une étagère qui se renverse, ou un sortilège qui déraille légèrement. Aldebert pivote sur son tabouret, juste à temps pour voir un chaudron fumant rouler lentement à travers la pièce, poursuivi d’une traînée gluante et scintillante dans des tons lilas - luisante comme un mélange de confiture et de mucus de strangulot. Ça avance. Lentement, certes. Mais inexorablement.
 

- ...Tu vois ça ? demande-t-il à Daryl, clignant des yeux.
 

La porte battante se referme derrière un type catastrophé en tablier qui les fixe un instant, l’air plus exaspéré qu’alarmé, avant d'affaisser le regard sur la créature.

- Désolé. C'était sensé arrêter d'ramper au bout d'dix minutes. Nouvelle recette du chef.
 

Aldebert se penche, observe la substance avec toute la curiosité d’un naturaliste face à une espèce inconnue. Marrant, ça lui donne pas envie d'rester manger. Il laisse le personnel gérer l'affaire en se retournant vers Daryl, un sourcil haussé.

 

- J'crois que j'vais prendre un deuxième verre.

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Aldebert Wickerson

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- Mh, mh, il se contente de répondre en acquiesçant de la même manière qu'il aurait approuvé la bonne réponse d'un élève à l'examen.

Comme si, d'une manière ou d'une autre, Aldebert avait le pouvoir d'approuver la façon qu'aurait Adaline d'évaluer son état de santé générale. La première question le fait lever les yeux au ciel, bien qu'il ne tarde pas à trouver sa répartie.

- Dormir ! Dormir est une activité chronophage qui nous empêche de profiter de la splendeur de tout un univers observable, Miss McBride, j'ai arrêté ce genre de sottise depuis belle lurette. Mais, croisant son regard insistant il abdique. Je dors. Bien assez. Bien trop. Six heures par nuit au moins. Par nuit, ou par jour. Mais vous conviendrez la nécessité d'un décalage au vu de mon activité, Adaline. L'on n'observe peu d'étoiles sur l'heure de midi.

Les horaires de ses cours se couplaient aux premières heures de la nuit, pour le laisser vaquer à moult autres occupations pour les heures suivantes, avant qu'il ne s'effondre au plus souvent de bon matin, pour ne paraitre parmi le reste du personnel et des élèves que sur ladite heure de midi. Aldebert avait toujours été, de toute manière, un homme nocturne.

- Le seul fourmillement que je ressens au bout de mes doigts, c'est devant les imbécilités que me sortent mes pires olibrius.

Decker, pour ne citer qu'un exemple. L'énergumène pouvait sans nul doute être qualifié de cancer, en ce qui le concernait. Savoir que le type faisait partie du cercle d'amis proches de Balthazar ne faisait rien pour alimenter l'espoir d'Aldebert concernant l'avenir du fils prodige.

- Je ne dirais pas que je me porte comme un hippogriffe, mais je me porte plutôt bien. En dehors de ces quelques ratés dont je vous ai parlé je n'ai rien à signaler. Je ne suis pris de vertige qu'en haut d'un de ces satanés balais magiques, et je n'ai subi la moindre migraine de toute ma vie.

Expédiées, les questions, comme d'un revers de main, prouvant à Adaline comme à lui-même qu'il se portait effectivement bien, s'il n'avait rien de tel à signaler. Mais alors qu'il darde un œil presque fier sur l'infirmière, il se détourne brusquement en fermant et rouvrant la main, pinçant les lèvres pour dissimuler sa grimace. Il poursuit tout de même.

- J'ai bon appétit, une consommation modérée d'alcool, je ne fume pas, et je sors marcher une fois par jour avant le coucher du soleil. Je ferais l'impasse sur la fréquence à laquelle je me rends à la selle bien sûr. Les doigts époussètent distraitement des poussières invisibles sur ses manches avant qu'il ne replie et rouvre la main de nouveau, poussant un soupir avant d'annoncer. J'ai des crampes. Par moment. Au niveau de mes mains, de mon dos, et de mes jambes. Fugaces. C'est tout.

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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

Putain de bordel de merde. Aldebert avait déjà cerné la connerie de Grimfire, mais il avait jamais fait gaffe à combien il était obstiné. Le regard se resserre sur les doigts du garçon qui quitte à peine son épaule, et le professeur secoue la tête de gauche à droite.

 

- Vous m'avez mal compris. Je ne vous laisse pas le choix. Alors personne n'arrange personne, et vous m'suivez sans discuter, bon sang.

 

Le skatepark, un copain, et puis quoi encore ? Le prenait-il pour le dernier des ahuris ? Il n'avait pas commencé à être père qu'il trouvait déjà la tâche éprouvante.
 

- Pressez-vous avant que les voisins ne s'imaginent tout et n'importe quoi, voulez-vous ?

 

Aldebert n'avait cure de ce qu'on pouvait bien raconter sur lui, en vérité, mais s'il pouvait éviter de recevoir une seconde visite des forces de l'ordre chez lui dans cette journée, ça serait sympa. C'est-à-dire qu'à ce stade, on était pas à l'abri qu'on lui dépose un second Grimfire encore plus crétin que le précédent. Sauf que voilà. le garçon se presse ; dans le sens opposé à celui attendu.
 

- Balthazar, ne soyez pas stupide ! Oh et puis merde.

 

Un instant bref, l'astronome se voit laisser le garçon se tirer, pour de bon cette fois. Ne plus s'en inquiéter jusqu'au moins la rentrée. Sauf que c'est impossible. Pour des raisons évidentes. Moins d'une heure plus tôt, il n'avait d'autre responsabilité que de tenir son ficus en vie, se pointer à Poudlard pour ses cours, surveiller le mouvement des étoiles au-dessus de sa tête lors des évènements célestes. Tout ça venait de drastiquement changer.
 

D'un coup discret de baguette, l'appartement est verrouillé, et les jambes se mettent en branle pour courser Grimfire. Arrivé à sa hauteur, Aldebert a le visage fermé de celui qui a pris une décision avec laquelle il n'est possiblement pas d'accord lui-même. Pourtant il continue d'avancer, le mécontentement clairement affiché sur la gueule, les sourcils assemblés en une ligne, et les lèvres serrées qui refusent de commenter la situation brusquement évidente. Il ne lâchera pas Grimfire d'une semelle.
 

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Aldebert Wickerson

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Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

Les jambes, longues, n'ont aucune peine à suivre le rythme d'un Balthazar Grimfire qui semble errer davantage qu'il ne marche. Aucune réponse n'est esquissée à destination de l'adolescent, qui ne semble pas comprendre que lorsque Aldebert a décidé d'une chose, il a décidé d'une chose. Les mains dans les poches, l'homme s'installe dans une position similaire à celle du garçon, les yeux perchés sur la route de laquelle proviendra bientôt un bus.

 

Pour les entrainer au skatepark, donc.
 

D'aspect, l'astronome est d'une neutralité sans faille, muré dans le silence. Pourtant sous son crâne s'éveillent de chaotiques pensées qui le font observer plus qu'attentivement le jeune Grimfire. Chercher des similitudes qu'il ne trouve pourtant pas. Laïka. Laïka. Laïka. Une rivière lui vient à l'esprit, et c'est tout. Aucune femme. Probablement que c'est l'une de ces histoires d'une semaine, comme il en a eu beaucoup. Il voudrait voir une photo, n'a aucune envie d'en demander. Patiente, absurdement, et ronge son frein.
 

Il en a passé du temps, au skatepark, lui aussi. Môme, il adorait ça. Avant Poudlard, il passait davantage de temps à y trainer avec les copains que sur les bancs de l'école. Pendant Poudlard, il n'avait plus que les vacances pour rattraper le temps perdu avec des garçons qui ne comprenaient pas vraiment les raisons de son départ pour le nord de l'Écosse, dans ce pensionnat spécial fort mystérieux. Après Poudlard... Après Poudlard il n'y avait plus mis les pieds. Ce qui ne voulait pas dire qu'il n'avait plus mis les pieds sur un skate. Mais honnêtement, cela faisait plusieurs années que ça n'avait plus été le cas.
 

La vie avait cette façon absurde de vous balancer d'un point à un autre sans grande logique, et Aldebert la vilaine habitude d'en amplifier le mouvement rien que pour la beauté du geste.
 

Le silence s'est étendu, creusé, fortifié même peut-être. En quelques minutes à peine, ce silence avait une géo-politique probablement très élaborée, disons le comme ça. Jusque l'arrivée de la paire la plus improbable du monde aux abords du fameux skatepark, du moins. La musique les inonde d'abord, puis la camaraderie d'une bande de potes aux looks toujours plus aberrants qui ne sont pas sans rappeler les choix capillaires de Balthazar. Aldebert se contente de les observer, optant pour une retraite à quelques mètres du groupe comme s'il n'était finalement pas arrivé avec l'adolescent.
 

Si le garçon a besoin de voir ses amis, il n'a probablement pas besoin que son professeur d'astronomie fasse partie des retrouvailles.

 

Ses potes, par contre, ont clairement pas tant besoin d'un quinquagénaire qui les zieute de la rambarde d'à-côté. Le sourire qui lui vient n'a rien de bien naturel. C'est-à-dire qu'il avait pas forcément prévu d'être là aujourd'hui quoi. Encore moins cernés de punks de seize ans.
 

- Hum. Ouais, pourquoi pas. Merci.

 

Après tout, tant qu'à perdre son weekend... Avancé sans grande hésitation en direction de la dizaine de gamins, Aldebert récupère la bière qu'on lui tend pour en prendre plus de la moitié d'un seul coup - non c'est que la nouvelle est toujours pas passé en fait. Ça cause dans tous les sens autour de lui, et Balthazar est partie faire de la planche avec une nana aux cheveux violet qui semblent lui pousser sur la tête avec la même hargne violente que la crête de Grimfire.

 

- Z'êtes qui ?

- Aldebert. Wickerson. J'suis son prof, il balance pour toute réponse, le regard serré sur le gamin. Il skate bien.

- Ah ouais ? Chelou. Du pensionnat là ?

- Yo, Mike, on s'fait un ride ?

- Comment ça, chelou ?

- Bah chais pas, pourquoi z'êtes là ? C'est parce que Balt il a perdu sa daronne et tout ?

- Mh, mh.

- Faites du skate ?

- J'en ai fait.

- Nice. D'vriez y aller.

- Y aller ?

- Faire du skate man !

- Nan, nan ça fait des années que...

- Ah mais allez c'est bon, c'est fun ! T'nez ma planche voir.
 

Aldebert a fini sa bière en quelques instants à peine, et, poussé par le gang d'adolescents, il finit par abdiquer. C'est-à-dire qu'on se fait vite chier à zoner en regardant les autres rouler sur les planches. Pis bon. Quitte à perdre son weekend. Sous les huées du groupe, il se fout sur la planche, et se lance à l'assaut du bordel. Ça fait longtemps. Mais putain c'est bon en fait.
 

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Aldebert Wickerson

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Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

Sûr qu'il met fin rapidement à la connerie. Déjà il s'est pas cassé la gueule comme un débutant, c'est pas mal. S'il peut éviter de se casser les genoux devant l'intégralité des jeunes du quartier, ça l'arrange pas mal. Ou devant son fils. Son retour est accueillis avec des grands sifflements et des claques dans le dos qui lui rappellent grandement sa jeunesse, et qui le font sourire comme un môme, mais il rend la planche à son propriétaire en haussant les épaules.
 

- J'crois que c'est derrière moi tout ça, j'ai clairement perdu le sens de l'équilibre quelque part après ma cinquantième année.

- Cinquante balais ? Merde t'es vieux.

- Eh oh ça va hein !
 

Aldebert fait pas bien attention, au départ, à Grimfire. Il l'a suivi jusqu'ici, ça veut pas dire qu'il va le surveiller comme un aigle alors qu'il a sans doute plutôt besoin de ses amis. Il est plus que conscient que sa présence est pas la bienvenue pour l'adolescent, même s'il refuse obstinément de complètement l'abandonner en pleine rue. Le truc c'est qu'il est difficile d'ignorer le groupe qui commence à sérieusement lorgner le punk d'un œil étrange en lui répétant de ralentir. Il vient de finir une seconde canette de bière cul sec qu'Aldebert commence à peine à froncer les sourcils, les yeux braqués sur lui.
 

Énervé ? Juste un peu. L'explosion de Balthazar a visiblement tout à voir avec ce qui vient de lui arriver, et qui pourrait vraiment l'en blâmer ? Aucun des jeunes présents ne sait vraiment comment répondre, et aucun non plus ne se décide à le suivre alors qu'il s'en va en embarquant une troisième bière. L'astronome repose la sienne, à peine entamée, pour lui marcher après d'un pas vif. Se voit forcer de trotter à plusieurs reprises pour rattraper l'adolescent, qui se retourne brusquement. Tellement brusquement qu'il manque de lui rentrer dedans. Peu impressionné, Aldebert le regarde ouvrir sa bière d'un geste, fais pas vraiment cas de la réplique assassine qui est probablement sensé le pousser à repartir d'où il est venu.
 

- Vous avez terminé ? Il demande simplement. Si vous comptez vous prendre une cuite, je suppose qu'il faut au moins une personne responsable pour vous ramasser sur le trottoir où vous ne manquerez pas de vous échouer. Il doute que les amis de Balthazar soient bien différents en sa présence ou non. Probablement qu'ils n'ont, en revanche, pas pour habitude de s'inquiéter pour un garçon qui vient de perdre sa mère. Où allons nous ?

 

La question est posé en toute simplicité, les mains d'Aldebert plongées dans ses poches. Le groupe de punks semblent les regarder de loin, sans trop savoir quelle décision prendre. Visiblement aucune. Le sorcier n'avait certes rien demandé, mais il ne comptait pas lâcher Balthazar d'une semelle à présent qu'il en avait la charge. Cela devait sembler clair pour l'adolescent, qu'il pressentait sur le poing de frapper quelque chose. Ou quelqu'un. Ainsi soit-il. Ce dimanche ne se passerait pas comme il l'avait prévu, et il en avait déjà fait le deuil. Au contraire d'un Grimfire qui semblait quelque part entre les stades un et deux de ce dernier.
 

Il n'était pas équipé pour gérer ni l'un, ni l'autre - ni les trois suivants. Mais lui laissait-on vraiment le choix ?
 

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Edimbourg, Vendredi 25 Août 2124

La cannette passe d’une main à l’autre, Aldebert l’attrape sans vraiment y penser, sans même s’inquiéter du fait que ça soit pas franchement académique de boire avec un élève. Franchement, qui s’en soucie ? Il en a déjà bien trop vu pour se formaliser de si peu. Il zieute un instant l’aluminium sous ses doigts, avant de lever les yeux sur Grimfire qui tangue un peu, vacille même, pas seulement à cause de la bière mais à cause de tout le reste, sûrement. Il a raison, en un sens. Trinquer au cimetière ou aux étoiles, qu’est-ce que ça change ? Il est seul dans les deux cas. Aldebert inspire profondément, redresse un sourcil, avant de faire sauter la languette et de prendre une gorgée. Juste une. Une offrande symbolique à l’absurdité de la situation.


- Ça change rien, non, qu’il répond après un silence. Sauf que là-haut, si vous regardez bien, y a des réponses qu'on trouve jamais ici bas.
 

Il pourrait continuer sur une analogie cosmique, un truc du genre les étoiles sont des vestiges du passé qui vous illuminent de leur savoir le plus absolu, mais ça lui semble un peu trop grandiloquent même pour lui, là, tout de suite. Grimfire est en vrac, pas besoin de lui servir du poétique à la louche. Aldebert repose la cannette sur une stèle voisine - un certain Archibald quelque chose, paix à son âme - avant de se redresser en même temps que l’adolescent. Il l’observe se tenir droit, crispé, fier dans sa misère. Il s’en veut presque de voir quelque chose de familier là-dedans.
 

Puis la question tombe, et Aldebert hausse légèrement le menton.
 

- Oui, vous pouvez.
 

Devez, même, mais dans les faits ça gonfle autant l'un que l'autre, alors énoncer ça comme ça donne au moins l'impression qu'on leur a laissé une forme de liberté. Il va pas faire semblant d’être enthousiaste ou de se féliciter de l’idée. Il est légalement tenu d’offrir un toit à ce gosse, et honnêtement, il peut pas vraiment se voir lui claquer la porte au nez. Pas après ça. Mais la dernière phrase de Balthazar le fait tiquer. Une étoile qui serait apparue ? Il le regarde avec l'intensité brute d'un professeur agacé d'un élève particulièrement ignare.
 

- Les étoiles n’apparaissent pas comme ça, Grimfire. Pas du jour au lend...
 

Il marque une pause subite en voyant le visage de Balthazar s'effondrer un peu, et se reprend presque aussitôt.
 

- On peut toujours chercher. Le ciel peut être plein de surprises je suppose.
 

Bien sûr que Grimfire a besoin de se réconforter à l'idée que sa mère a pris sa place quelque part au-dessus d'eux pour veiller sur lui une éternité ou deux. Briser ce genre de rêve absurde ne ferait de lui un bel enculé. Une grimace puérile le traverse alors qu'il s'envoie une nouvelle gorgée de bière - immonde par ailleurs si vous vous demandiez -, et il finit par la faire disparaitre dans le néant d'un coup de baguette. Soudainement élevé sur ses deux longues jambes, il braque deux yeux perçants sur l'adolescent. Il récupère sa veste, avant de désigner la sortie du cimetière d’un mouvement de tête.
 

- Allez, si on tarde trop, on va finir par se retrouver avec un putain de fantôme sur les bras. Rentrons voir si l'univers vous a laissé un signe.

Sur ces mots, il entame la marche, attendant que Grimfire le suive.

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Aldebert Wickerson

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Dans les collines non loin de Pré-Au-Lard, Samedi 17 Février 2125

Les élèves avaient été groupés dans le hall par Lysander et Aldebert, sur les coups de vingt-et-une heures tapantes. Le soleil s'était couché depuis plus d'une heure alors, et les premières étoiles étaient parues dans un ciel qui s'annonçait entièrement dégagé. Tous avaient été sommé d'être bien couverts pour une nuit qui serait longue et fastidieuse. Aucun ne savait véritablement à quoi s'attendre, en dehors d'une promenade en extérieure quémandant leurs meilleures connaissances dans les domaines pour lesquels ils s'étaient engagés à s'entrainer : l'astronomie, et les runes. Aldebert avait passé de nombreuses heures avec son collègue pour peaufiner les détails de leur joyeuse aventure, et ce jour marquait le signal d'un départ qu'il attendait avec grande impatience.

- Mesdames messieurs bonsoir. Est-ce qu'on est au complet ?

Les yeux dardent sur les neuf élèves un œil rapace avant d'approuver, pour lui-même comme pour Lysander.

- On dirait bien que oui. Tout d'abord, le matériel.

Aldebert s'agite pour distribuer la documentation, qu'il place entre les mains de trois élèves seulement. Ambrose Rosendale, Alison Carter, et Julian Rosenberg.

- Voici les trois chefs d'équipe. Ambrose, la vôtre se compose de Ferguson Decker et de Dylan Rosier Sinclair. Alison, vous êtes avec Spike Ryder et Jennifer Wilson. Julian, vous gérez Sasha Shevchen et Sam Chadwick. Vu ?

Vue ou non, l'affaire était réglée, et l'enchainement se fait naturellement.

- Vous avez en votre possession deux documents de la plus haute importance. Le premier, Aldebert dresse le sien pour le montrer à tout le groupe, est une carte topographique des lieux dans lesquels nous nous rendons, avec les marques de dix balises éparpillées sur plusieurs kilomètres à la ronde. Le second, Aldebert montre le feuillet, le plaçant au devant de l'autre, est une carte du ciel que vous constaterez vierge. Votre rôle est bien sûr de la remplir. Vous ne pourrez compter que sur vos connaissances pour vous orientez sur place, trouver les balises, déchiffrer les runes implémentées dessus, et compléter votre carte.

Rien de bien complexe, en théorie.

- C'est une course d'orientation. J'ai bien dit course. La première équipe à compléter sa carte remportera un prix que vous trouverez fort utile pour le tournoi, si vous avez la chance d'y participer. Est-ce que c'est bon pour tout le monde ?

Les hochements de têtes vont de ci de là, et Aldebert n'attend pas pour échanger un regard avec Lysander avant de frapper dans ses mains avec autorité.

- Rendons-nous sur place, alors.

La compagnie quitte le hall, d'un bon pas, les deux professeurs veillant à ce que le groupement ne quitte guère le sentier les menant à priori vers Pré-Au-Lard. Bientôt cependant, ils bifurquent pour s'enfoncer dans les plaines. Autour, l'obscurité vient dévorer la fin du jour tandis qu'une lune jaillit d'entre deux nuages pour les baigner d'une lumière blanche. Aldebert guette chacun des participants avec une œillade vive, se demandant lesquels ont vraisemblablement le plus de chance de se tirer de cette épreuve taillée dans la veine du tournoi qui les attend l'an prochain. Il aurait envie d'éliminer cet imbécile de Decker d'entrée de jeu tant ce dernier semble distrait par la simple perspective de quitter les limites du domaines de Poudlard pour la soirée.

- Bien ! Il annonce bruyamment.

Ils sont figés au sommet d'une colline surplombant des environs plus diversifiées que jamais. Vers l'ouest, les ruines d'un ancien village dont il ne demeure que quelques pierres éparses. Vers l'est, une rivière qui remonte presque jusque Pré-Au-Lard. Vers le nord, quantité de collines similaires à celle sur laquelle ils se tiennent, parfois jonchées de roches étranges et presque taillées. Vers le sud, plusieurs bosquets touffus qui s'éparpillent sans logique aucune. Lysander et lui ont au préalable enchanté des limites qui empêcheront les élèves de quitter le périmètre dans lequel ils ont prévu de faire errer les élèves. Aldebert claque plusieurs fois des mains pour accaparer l'attention des jeunes têtes blondes avant de continuer.

- Nous avons posé des barrières magiques tout autour de votre zone de recherche. Vous savez ce qu'il vous reste à faire. Pensez à utiliser les sortilèges appris en cours, rappelez-vous de vos connaissances des runes. Communiquez. Ne vous faites pas aveuglément confiance. Prenez des initiatives. Utilisez vos neurones. Tout n'est peut-être pas tel qu'il semble l'être. En cas de détresse, envoyez des étincelles avec votre baguette et nous interviendront. Des questions ?
 

______________________________
  
HRP
 

Vous êtes dispersés dans une zone limitée par des enchantements qui vous empêchent d’en sortir. Cette zone est assez vaste et se compose de plaines, de bosquets épais, de plusieurs monticules rocheux, parfois de fossés, d’une rivière, mais aussi de champs agricoles et de ruines. Vous disposez pour vous repérer d’une carte topographique de l’endroit et d’une carte du ciel vierge. 

 

Votre objectif final est de compléter votre carte du ciel. Pour cela vous devez :

 

- Trouver les balises marquées sur la carte topographique (il y en a 10) : attention, certaines sont dissimulées par des illusions ou piégées ;

- Déchiffrer les runes des balises trouvées ;

- Si nécessaire, désarmer le piège qui y est associé ;
 

Les actions qui vous sont possibles :

 

- Vous orienter par rapport à la carte afin de choisir une direction. Vous pouvez lire votre position dans les étoiles via une lunette astrale, utiliser l’enchantement des quatre-points ou simplement lancer dé 20 ;

- Rechercher une balise dans une zone donnée une fois bien sûr que vous avez réussi à vous orienter sur votre carte. Lancez un dé 20 ;

- Déchiffrer une rune une fois bien sûr que vous avez trouvé une balise. Lancez un dé 20 ;

- Trouver le nom de la constellation alliée à la rune déchiffrée. Lancez un dé 20 ;

- Désamorcer un piège sur lequel vous êtes tombé. Soit à l’aide d’un sortilège, soit à l’aide d’une rune - dans ce cas, lancez un dé 20 ;
 

Vos résultats de dés impliqueront toujours une réponse de notre part, aussi merci d’attendre notre poste après chaque lancer de dé pour poursuivre votre exploration. Nous tâcherons d’être réactives pour ne pas vous faire attendre évidemment.
 

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Sont attendus à ce cours : Dylan Rosier Sinclair, Ambrose Rosendale, Spike Ryder, Ferguson Decker, Sam Chadwick, Alison Carter, Sasha Shevchen, Julian Rosenberg, Jennifer Wilson.

Équipe 1 : Dylan Rosier Sinclair, Ambrose Rosendale, Ferguson Decker
Équipe 2 :Spike Ryder, Alison Carter, Jennifer Wilson
Équipe 3 : Sam Chadwick, Julian Rosenberg, Sasha Shevchen

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Aldebert Wickerson

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L'ensemble des salles Communes, Lundi 03 Février 2025

A l'attention des élèves de cinquième et de sixième année,

 

Les cours de préparation au tournoi des trois sorciers dans le domaine de l'astronomie et des runes débuteront ce samedi 17 février 2125. Les élèves qui souhaitent y participer sont invités à se rapprocher du professeur Wickerson ou du professeur Bramblethorn. 

 

Pour rappel, celles et ceux qui souhaitent participer au tournoi des trois sorciers devront impérativement avoir suivi à minima trois cours de soutiens et avoir l'aval de deux professeurs. Aucune dérogation ne sera distribué.

 

Aldebert Wickeron, Professeur d'Astronomie 

 

HRPG : Merci de contacter Azaël ou moi-même par message privé sur Discord ou directement sur le forum (pseudo : Deb)

en précisant le nom / la maison et l'année de ou des élèves que vous souhaitez inscrire.

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Dans les collines non loin de Pré-Au-Lard, Samedi 17 Février 2125

Les groupes s'étaient mis en branle avec énergie, du moins pour la plupart. L'un d'eux n'avait pas tardé à subir les effets d'un premier piège alors qu'ils s'en allaient vers l'ouest. Mercure lui-même les avait pris en grippe. Quant à Aldebert, à l'instar Lysander, il s'était éclipsé dans la nuit. Véritable gamin sous les lueurs pâles d'une lune presque pleine, et d'étoiles scintillantes, il ne manquait pas se ravir de la situation, qui le présentait finalement sous un nouveau jour. D'ennuyeux professeur planqué en haut d'une tour à manœuvrer d'antiques télescopes, il se faisait maître d'un jeu dont lui seul connaissait les règles - bien que Bramblethorn soit, comme de bien entendu, dans la confidence.

Planqué par quelque sortilège illusioniste, il suit présentement le groupe mené par Alison Carter, dont les pas mènent aux plaines, et vers la balise d'Hagalaz. Une balide en évidence finalement, lorsque l'on se juche sur la bonne colline, et qu'ils ne tardent pas à déchiffrer. Au-dessus d'eux, des restes de nuages qui se profilent sans cacher le moindre point lumineux, comme si les astres eux-mêmes s'étaient alignés pour célébrer la course. Aldebert jauge. Juge. Se fait impatient de déboires qui ne semblent pas vouloir tomber sur le trio, et finalement il décide. Alors qu'il entend quelque chose au sujet de la rune reconnue par le groupe, il agite sa baguette pour faire voleter vers la cheffe d'équipe un papier, simple, plié en forme d'oiseau.

À quiconque le lit, il n'indique qu'une phrase simple, déjà précisée par les organisateurs de leur soirée : Tout n'est pas ce qu'il semble être.