Harry Potter RPG

Liste des messages de Aldebert Wickerson

Aldebert Wickerson

Homme

56 ans

Sang-mêlé

Britannique

Père & Fils

Message publié le 10/02/2026 à 02:38

La fourchette figée dans l'air entre bouche et assiette, Aldebert fait coulisser un regard curieux vers son énergumène de fils, qui vient d'énoncer la recette entière de leur plat sans même l'avoir conçu. Les aliments retombent mollement tandis que l'astronome se redresser un peu, un sourcil haussé.

 

- Tu crois hein.

 

Amusé, l'homme ne peut s'empêcher de noter qu'en presque six années complète à Poudlard, Balthazar n'aura jamais semblé aussi calé sur un domaine quelconque. Quoi d'autre que le domaine culinaire pour un membre de la maison connue davantage pour sa voracité aux dîners que pour sa ténacité dans les études ? Il reprend son repas sans commenter pourtant, écoutant la réponse plus qu'importante au sujet des matières que compte garder son fils à la rentrée prochaine. Sans surprise aucune, le choix s'impose sur ce qui ne nécessite ni grande réflexion, ni flamboyante dextérité à la baguette.

 

- J'imagine que s'il y avait des cours de cuisine magique tu t'y jetterais joyeusement, Aldebert commente. Les potions ne nécessitent pas vraiment d'être doué en sortilèges, il poursuite sur le ton de la conversation. Mais j'imagine que ce serait un peu trop risqué.

Au vu des incidents dont Balthazar parvient à être à l'origine rien qu'en astronomie, Aldebert ne peut qu'envisager le pire dans le domaine minutieux des potions. Daryl sera le premier heureux de ne pas revoir la crête verte du jeune Grimfire dans ses cachots en septembre prochain, ça ne fait aucun doute.

 

- Ça nous laisse les Sortilèges et la Métamorphose. Deux matières franchement importantes à maîtriser dans le monde magique, car on la retrouve dans tous les domaines. La cuisine et le Quidditch compris. Je pourrais te donner quelques cours de rattrapage ? Il propose en haussant les épaules. Rien d'incroyable. Mais ça pourrait peut-être t'aider à raccrocher les wagons pour la rentrée prochaine. Qu'au moins l'un de nous sache encore lancer un lumos à la fin de tes études, il plaisante en enfournant la dernière bouchée de son assiette.

 

Certainement que Balthazar pourrait également compter sur ses amis pour l'aider à surmonter les matières qui lui posaient le plus problème. Précisément comme il l'avait fait pour empocher des examens que peu, parmi le corps professoral, le voyait réussir. Lui compris.


Père & Fils

Message publié le 24/01/2026 à 15:04

Les deux sourcils d'Aldebert se haussent, sceptiques. Oui, ses sourcils, pas lui. Lui n'est que rarement sceptique, vous savez. Intrigué, tout au plus. Bref.

 

- J'utilise des mots de la vie de tous les jours, Balthazar, ce n'est pas vraiment de ma faute si t'as jamais eu l'occasion de les entendre auparavant. Je ne le fais pas exprès ! Il insiste en levant sa fourchette, sincère. Par ailleurs j'pense pas non plus que tu sois con.

 

Certes spécial. Différent. En marge. Mais Aldebert n'était-il pas en marge lui-même ? Ce que Balthazar ne saisissait pas faisait partie de domaines qu'il n'avait jamais côtoyé, et c'était là tout à fait normal.

 

- J'voulais juste dire que tu préfères l'action à la réflexion. Les choses manuelles. Le skate, aux calculs de déclinaison des planètes, il énonce pour l'exemple en ponctuant sa phrase d'une bouchée. Ch'est pas une mauvaige choge.

 

D'ailleurs, il connaissait des astronomes si impliqués dans le travail de leur vie qu'ils en perdaient toute capacité à se trouver quelque activité extérieure : des hommes et des femmes intrinsèquement collés sur leurs sièges, sans aucun sens de l'aventure ou de l'exploration merveilleuse.

 

- Mais qu'est-che qu'ils mettent là-dedans ?! S'étonne Aldebert tandis que son amas volcanique explose, gerbant plusieurs monceaux cristallins et rougeâtre qui s'éparpillent dans l'assiette comme des billes minuscules.

 

Celles-ci sont à suçoter, et procurent visiblement le rafraichissement nécessaire à éteindre les flammes du reste du plat, en plus d'additionner des saveurs tout à fait surprenantes. Ayant abandonné l'idée de partager cette histoire de Synchrolyse avec Balthazar (idée qui avait d'ailleurs germée de nulle part), Aldebert bifurque drastiquement :

 

- Ton planning va être allégé pour l'année qui vient je suppose. T'as déjà choisi les matières que tu gardais ? J'imagine que l'astronomie n'en fera pas partie bien sûr. Heureusement sans doute, s'il tenait à ses lunettes sorcières derniers cris.


Père & Fils

Message publié le 24/01/2026 à 12:16

Interdit, Aldebert reste fixer Balthazar avec des yeux ronds comme des billes. Il n'a jamais entendu pire imitation de cette pauvre Marika.

 

- J'entends bien, il concède toutefois en dodelinant de la tête.

 

Premier ennuyé devant la pénibilité d'un match de Quidditch, Aldebert fait partie des professeurs ravis de la décision de suspendre la coupe pour deux années consécutives : autant de samedi gagné le cul au chaud dans sa tour plutôt que contraint sur un banc froid des gradins à garder l'œil sur une foule d'élèves prédestinés à la connerie.

 

- La natatio... non, non aucun rapport, Aldebert secoue la tête tandis que parait un serveur, un vrai :

- Salamandre flambée, messieurs.

 

Deux assiettes lévitent et viennent élégamment se placer de part et d'autres de la table. Le nom est trompeur ; nul salamandre n'a été tuée et dépecée pour le bon plaisir des clients. Un mont volcanique se dresse, gorgé de flammes imposantes, ses gerbes minuscules effritants les abords friables de la structure et dévoilant des couches subtiles qui semblent se juxtaposer.

 

- La synchrolyse, Aldebert répète par-dessus leurs plats. De l'eau également je vous pries ? Il s'adresse au serveur, qui prend congé en les saluant d'une révérence courte et polie. Un genre d'affliction. Ça touche les vieilles gigues comme moi principalement. Mais surtout ceux qui réfléchissent trop. Autrement dit, tu ne risques pas grand chose. Un rire lui échappe, incontrôlé. Je veux simplement dire que tu es plus... impulsif. Je pense. Que cérébral ? Il se rattrape rapidement en empoignant son verre magiquement rempli à distance par le serveur. Bon.
 

Pourquoi parle t-il d'une chose pareille ? Le contenant reposé, et armé d'une fourchette, Aldebert fait rouler quelques roches contre le flanc de montagne, libérant une autre coulée de lave. 

 

- Fascinant, il commente avant de prendre une bouchée pleine.

 

Aussitôt, ses yeux s'agrandissent, et des rougeurs montent colorer ses joues, sa nuque, jusque l'intérieur de ses yeux.

 

- Bigre. Faschinant. Le mélange est à la fois brûlant et... tiède. Comme s'il fondait sur la langue et adaptait sa température, pour libérer des saveurs intenses et terriblement variées. Exchellent. L'astronome en oublierait presque ses manières, c'est dire.


Père & Fils

Message publié le 23/01/2026 à 18:48

- Oh je n'parlais pas de Daryl, Aldebert annonce en réponse aux inquiétudes de Balthazar. On s'côtoie pas tellement en dehors de Poudlard lui et moi.

 

L'astronome savait faire la part des choses entre un collègue acceptant de sortir occasionnellement en dehors des heures de travail, et les véritables amis qu'il continuait à fréquenter alors même que la vie les avait séparé - tant dans le temps que par la distance. L'entrée, succulente, n'est rien moins qu'un succès. C'est le cocktail seul pourtant qui semble délier la langue de son fils, sur à peu près tout ce qui lui passe par la tête.

 

- Je n'ai pas les jambes qui tremblent ! La tour est parfaitement sécurisée, et les chutes prévenues par une barrière magique parmi les plus solides.

 

L'air un peu bougon, Aldebert doit bien admettre pourtant :

 

- Ce n'est pas pour rien si je l'ai mise en place. Je n'comprends pas que l'école ne l'ait pas fait plus tôt. Sans doute attendaient-ils un incident. Je me demande parfois ce qu'ils ont dans le crâne, au conseil d'administration comme au Ministère.

 

Non seulement l'école se devait d'être située à la lisière d'une forêt peuplée de créatures parmi les plus meurtrières de l'histoire, mais elle abritait dans son parc lui-même un lac d'une profondeur que nul n'avait calculé, occupé par rien moins qu'un calmar géant. Nul doute que plusieurs tours de dizaine de mètres de hauteur, accessibles par des élèves pour la plupart complètement immatures, ne faisait hausser les sourcils de personne. 

 

- Je ne sais pas si le vertige est héréditaire. Mais au moins la synchrolyse ne l'est pas ! Il s'exclame soudain joyeusement, sans trop savoir pourquoi. Bon mais alors pourquoi tu n'as jamais commenté le moindre match ? Tu pourrais postuler. Pour quand le Quidditch reprendra, l'année prochaine. Enfin j'imagine qu'il reprendra. J'suis quand même curieux d'te voir te concentrer sur autant d'choses à la fois quand j'vois combien l'observation de Mercure te fait bailler dans les cinq minutes.

La tête légèrement penchée vers l'avant, un sourire ironique perché sur les lèvres, Aldebert échappe un rire bref tandis qu'on débarrasse leurs assiettes. Les gargouilles sont diablement rapides, à l'affut de la moindre demande ne réclamant pas d'échanger avec les clients.


Astronomiquement vôtre

Message publié le 19/01/2026 à 17:56

Ne se fut-il pas agit de Monsieur Devon Veno, Aldebert aurait pu croire une farce. Vaste, absurde, puérile. L'élève est cependant trop sérieux pour que l'idée ne germe réellement, aussi l'astronome se contente t-il de pousser un long soupir. 

 

- Je vois.

 

Un élève de Serpentard. Fallait-il toujours qu'il s'agisse d'un élève de Serpentard ? Bon. Cela n'était pas vrai. Il s'agissait d'ailleurs couramment d'un élève de Gryffondor. Ou de Poufsouffle. Non ce qui était vraiment rare, c'était une farce originaire de Serdaigle. Ça, ça ça aurait été surprenant.

- Comment se nomme donc cet élève de Serpentard, Monsieur Veno ?

 

Certes, Devon venait d'énoncer la moitié d'une réponse, mais Aldebert l'imaginait sans peine cracher l'autre moitié. Car si les Serdaigles n'étaient pas connus pour leurs farces, ils ne l'étaient pas plus pour le recel d'informations, surtout lorsque cela déviait des sacro-saintes règles de Poudlard. L'élève prend ses aises, installé dans le siège face au bureau. Non contentant de lui proposer oublier toute l'histoire, Devon extirpe plume et parchemin de son sac de cours, comme s'il se trouvait désormais à une conférence.

L'astronome cligne des yeux, par deux fois, leurs deux silhouettes écrasées par un silence presque sinistre.

- Certes. Les calculs de déclinaison. Oublions cette histoire et reprenons notre cours de vendredi dernier, puisque nous n'avons que ça à faire vous comme moi ! Puis-je savoir pourquoi vous n'étiez pas là vendredi dernier, au juste ? Ou peut-être cela vous importera t-il de savoir quel devoir vous avez à faire pour le prochain, puisqu'il ne s'agit définitivement pas d'une recherche d'étoiles parmi vos connaissances les plus basiques ?

Non seulement son élève n'avait pas eu la jugeote de se tourner vers ses propres camarades de maison ou vers lui-même, mais en prime il n'avait pas cherché à comprendre pourquoi le devoir demandé semblait aussi stupide et simpliste qu'un examen de première année.

- Pour vous améliorer en astronomie, je vous suggère, à titre d'exemple, de vous déplacer lorsqu'il y a cours, ou encore de vous renseigner quant aux devoirs auprès de personnes fiables comme, à titre d'exemple encore, votre professeur d'astronomie, les sourcils broussailleux formaient un arc au-dessus des yeux d'Aldebert, qui avait les bras étendus d'un côté et d'un autre de sa personne comme s'il venait de résoudre une énigme. Page soixante-six de votre manuel. La base à propos des calculs de déclinaisons, en fonction des équinoxes et de la lune. Un bon départ je pense, auquel je serais ravi d'apporter ma contribution dès lors que vous aurez lu quelques pages sur le sujet. Qu'en dites vous ?

 

Le livre est extirpé d'une étagère et posé sur son bureau, la mine du professeur interrogatrice, et un brin ironique. Davantage amusé par la situation qu'il n'en est agacé, il y voit majoritairement l'occasion d'ancrer un peu de bon sens chez son élève. L'ordre des choses n'aurait-il pas été de se présenter avec des excuses un mot pour son absence au dernier cours, plutôt qu'une telle absurdité ?


Astronomiquement vôtre

Message publié le 16/01/2026 à 13:51

Localiser des corps célestes. Par Merlin. Il lui semblait pourtant que Devon Veno était en dernière année d'études à Poudlard ? Les sourcils broussailleux se froncent tandis qu'une grimace nait sur les lèvres d'Aldebert. Circonspect, l'homme se saisit du parchemin pour mieux l'observer, interdit.

 

- Capella et Sirius, vous n'êtes pas sérieux mon garçon.

Car une telle interrogation ne peut-être qu'une blague, n'est-ce pas ? Les calculs sont analysés par deux yeux perçants, l'astronome récupérant pleinement la carte pour la braquer dans les airs, un peu insurgé. Ce premier point ne peut être Sirius, il n'a ni la bonne déclinaison, ni la bonne hauteur. Quant à Capella ?

 

- C'est complètement absurde enfin.

Aldebert se lève brusquement pour fouiller dans ses étagères, extirper d'entre plusieurs livres un parchemin qu'il déploie sur son bureau. L'autre trouve sa place au-dessus de lui, mis en transparence d'un simple sortilège. Il marmonne sans prêter attention à l'élève debout devant lui, quelques répliques qui ne semblent destinées à personne en particulier. Même en se trompant de repère, on ne peut pas obtenir ce résultat. À moins d’observer le ciel depuis une planète qui n'existe pas. Il n'y a rien ici, rien de rien. Mais les calculs sont bons. Si les calculs sont bons... ?

Aldebert saisit un compas qu'il positionne et fait avancer brusquement, ses paroles rapides et saccadés tandis qu'il effectue quelques opérations à la volée. Chaque fois, l'instrument semble pointer une nouvelle direction, un peu comme si les corps célestes s'étaient mis en mouvement. Ce n'était pourtant qu'une bête représentation d'une carte du ciel à un point nommé dans le temps. Cela ne pouvait être.

 

- Oh.

 

Molière redresse la tête alors qu'un silence dramatique drape la salle de classe entière. Figé dans une posture un peu grotesque, Aldebert délaisse le compas, pour dresser le nez vers Monsieur Veno, qu'il semble jauger avec impatience et agacement.

 

- N'avez-vous rien de mieux à faire que me faire perdre mon temps ainsi ? J'en attendais davantage de votre part vous savez. Sa propre carte est roulée d'une main, le geste habituel et rapide, tandis que l'autre est un peu jeté vers son élève. Je ne suis pas né de la dernière pluie, Devon, je sais encore reconnaitre un artefact de farces et attrapes quand j'en vois un. Très belle tentative, ceci dit, l'ensorcellement est brillamment réussi. Je suppose que l'on aurait pu chercher Sirius des heures encore sans jamais parvenir à l'atteindre.

L'avait-on poussé à faire cela ? Un défi stupide entre adolescents ? Voilà qui était surprenant pour cet élève habituellement plus érudit, mais plus grand chose n'étonnait Aldebert au terme de presque sept ans d'enseignement. Il fallait tout de même être stupide pour tenter de berner un homme doué de plus de trente années d'expérience dans son domaine.


Père & Fils

Message publié le 15/01/2026 à 15:24

Un sourcil se hausse à la mention de vertige, la commissure des lèvres s'étirant subtilement. Certes, bien des sorciers présentent ce problème fâcheux lorsqu'il s'agit du vol sur balai, mais il doit bien admettre qu'il n'aurait guère imaginer Balthazar faisant partie du lot - son goût du risque mêlé d'une certaine absence d'instinct aidant. En fait, pour que l'adolescent se tienne sagement éloigné d'un tel sport, c'est sans doute que ledit vertige n'est pas si anodin. Similaire au sien, peut-être ? Quand bien même, cela ne semble pas avoir endigué la passion de Grimfire pour le Quidditch comme cela l'aura fait pour lui.

 

- Bro... Les yeux froncés, Aldebert met un temps à comprendre que Bro n'est autre qu'Ambrose Rosendale. Ohw. Bro. Je vois. 

L'astronome doit bien admettre que de tous les amis de Balthazar, Ambrose et Sam sont parmi ceux qu'il approuve le plus. Ce sont deux jeunes gens suffisamment assidu dans leur travail, clairement curieux d'apprendre et de s'améliorer. Si son fils doit ses BUSE à quelqu'un, cela ne fait aucun doute qu'il s'agit de ces deux là, et non du reste de la bande qu'ils côtoient.

 

- Ça a l'air... plutôt très cool oui, Aldebert acquiesce, un brin impressionné. C'est-à-dire que voler sur un balai qui lévite à plusieurs mètres du sol, très peu pour lui, mais léviter sur un balai en rase-motte au-dessus d'un lac lui semble tout à fait trépidant. Ils devraient déposer un brevet. Ils tiennent peut-être quelque chose. Un genre de Water Quidditch peut-être. Tu as tenté ? Ça m'a l'air assez proche du surf, et donc du skate, non ?

Sincèrement curieux, Aldebert saisit son Licorne Cello pour le porter à ses lèvres, apprécie les saveurs qui lui parfument immédiatement le palais. Il n'a aucun mal à imaginer Balthazar commenter des matchs. Loin d'être un métier parmi les plus intellectuels, ça a a le mérite d'être un métier passion. Pour lequel on ne gagne certes qu'un salaire miséricordieux, mais ce peut être un pied à l'étrier d'une carrière. Satisfait par l'embryon d'ambition dont démontre sa progéniture, Aldebert manque cependant s'étouffer à la question de cette dernière.

 

- De... nous ne sommes pas une espèce à part, Balthazar ! Bien sûr que j'ai des potes. Des quantités ! Une poignée, certes. Qui compte jamais vraiment ? Les amis, ça va, ça vient. Beaucoup dans le domaine de l'astronomie bien sûr. Quelques uns parmi mes collègues de Poudlard. Monsieur Brooks par exemple, n'est pas contre une sortie de temps à autre... Tant que la lune n'est pas pleine. Tu rencontreras sans doute certaines de mes connaissances pendant l'été.

Sans doute serait-il surpris du caractère excentrique de certaines d'entre elles d'ailleurs. Cela, Aldebert ne s'exigeait pas de le préciser. Bientôt, on leur apporta l'entrée - un nuage de chèvre frais infusé à la sauge avec ses éclats de noisette fumée. L'assiette semblait un véritable décor spatial. Leurs langues, elles, se déliaient grâce à la boisson phare de l'enseigne, qu'ils descendaient tous les deux relativement rapidement.

- Je ne suis pas très fan de Quidditch, admet Aldebert entre deux bouchées - celles-ci semblaient flotter en bouche, comme dépourvues d'apesanteur. Je n'ai jamais été très fan de vol sur balai tout court. Je n'ai jamais combattu le vertige qui allait avec. Mais un bon commentaire, c'est toujours appréciable. J'ai eu une petite-amie passionnée par ce sport, qui tenait à ce qu'on écoute tous les matchs à la radio. C'est un vrai job. Faut les tenir les quatre-vingt dix minutes ! Surtout quand il se passe pas grand chose sur le terrain.


Astronomiquement vôtre

Message publié le 14/01/2026 à 10:59

- Par Merlin, comment peut-on sortir de telles insanités ? Aldebert bougonne en raturant les propos absurdes pour les surmonter d'une note acerbe.

 

Sa plume gratte encore quelques secondes le parchemin, souligne un calcul maladroit, corrige une constellation outrageusement déplacée, avant qu’il ne pousse un soupir discret et repose l’instrument. Les doigts viennent se presser brièvement contre son front, là où une tension familière s’installe. L'ouverture de porte le fait dresser la tête, pour aviser la présence de l'un de ses élèves.
 

- Monsieur Veno, bonjour, répond-il, courtois.

Devon est un bon garçon. Pour cause, c'est un Serdaigle. S'il n'est pas parmi les plus brillants dans sa matière, il a au moins le mérite de faire preuve d'assiduité, et d'un intérêt pour sa matière que beaucoup n'auront jamais.

- Vous ne dérangez pas, non. Vous me sauvez de l'exaspération générale.
 

Aldebert referme la pile de parchemins d’un mouvement net, comme on met une pensée en pause, puis croise les doigts devant lui pour porter toute son attention sur le jeune Veno :

- Qu’est-ce qui vous pose problème dans ce devoir dites-moi ? Le calcul de déclinaison, l’interprétation du mouvement apparent ? 

Son regard se fait plus attentif, moins sévère qu’il n’y paraît de prime abord. Peu d'étudiants prennent le temps de réclamer de l'aide pour leurs devoirs d'astronomie, préférant l'indifférence et l'ignorance à la curiosité de l'apprentissage. Devon Veno, au moins, semble suffisamment affuté pour réaliser qu'un professeur n'est pas uniquement là pour inscrire quelque note en haut d'un examen, mais aussi pour apporter son conseil et son expertise afin d'améliorer ladite note.

Dans un recoin de la pièce, le ronflement de Molière, coincé entre plusieurs livres.


Astronomiquement vôtre

Message publié le 12/01/2026 à 12:30

- Espèce de sang de bourbe !
- Tu sais même pas ça veut dire quoi !
- Ben si, c'est que t'es un gros naze en fait. Sang. De. Bourbe.
- Monsieur Parsley, Monsieur Thorn, venez immédiatement. Monsieur Thorn, félicitations, vous venez de faire perdre vingt points à votre maison, et de vous décrocher une retenue. Samedi matin, huit heures, au pied de la tour d'astronomie. Ne soupirez pas ainsi.

La posture d'Aldebert est rigide alors qu'il assène son explication sommaire, l'œil sévère. Il est extrêmement rare d'entendre de tels mots à cette époque, d'autant plus dans la bouche de gamins de leur âge, mais cela ne peut guère rester impuni. Des excuses sont articulées avec difficulté, que l'astronome n'imagine pas sincère ; la retenue est là pour éclairer les lanternes de Thorn quant à l'importance de peser ses mots avant de les vomir à l'égard d'autrui. Donnant congé à l'un comme à l'autre, Aldebert pousse un soupir las.

De tels propos ne sont guère que le reflet de paroles entendues dans la bouche d'adultes, ou d'autres étudiants de bonne famille inspirés par des pensées plus que désuètes. C'est de mauvais augure.

Dans un mouvement de cape, le professeur reprend sa route dans le long corridor. Il est suivi par plusieurs paire d'yeux dans les nombreux cadres accrochés aux mur, sa face éclairée de biais par les larges fenêtres du château. Sa remontée des escaliers le menant dans sa tour est d'abord dynamique, puis drastiquement ralentie à mi-chemin. C'est essouflé qu'il parvient devant la porte de sa salle de classe, qu'il ouvre un peu sèchement. Au menu, une flopée de copies à corriger, pour la première évaluation de l'année.

Certes la rentrée s'est accompagnée de grandes annonces, et la venue prochaine d'élèves étrangers animent les habitants de Poudlard davantage que les cours ; rien qui n'entrave la volonté de l'enseignant de semer ses connaissances dans les têtes érudites des quelques réels intéressés par le domaine spatial. Molière l'accueille d'un miaulement tranquille, descend de son étagère pour se frotter à ses jambes. Machinalement, Aldebert s'affaisse pour lui tapoter le crâne, lui gratter les côtes, mais s'il ne s'attarde pas, il s'adresse à son ami poilu avec habitude :

 

- On croirait qu'on file droit vers l'avenir mon cher Molière, mais je jure qu'on continue de revivre les mêmes évènements en continu. C'est dramatique !

Le professeur s'installe à son bureau, organisant la paperasse étalée ça dans un bordel absurde pour se saisir du paquet épais d'examens de second cycle, rempli par quelques pattes de mouche maladroites.

 

- Allez, il s'encourage en relevant ses manches, ses yeux perçants déjà accroché à sa lecture du jour.


Père & Fils

Message publié le 12/01/2026 à 12:02

Amusé malgré lui par les excentricités de Balthazar, Aldebert se fend d'un sourire bref, un brin crispé. Bien sûr que le garçon fait tâche dans le décor d'une élégance absurde, avec sa crête verdoyante et ses manières inexistantes. Cela ne semble guère déranger l'astronome, au moins aussi marginal que sa progéniture de bien des façons. Certes, moins visiblement avec les années. La réplique du jeune Grimfire le cueille presque brutalement, mais i rétorque aussitôt, avec une nonchalance feinte.

 

- Cela ne fait aucun doute. Elle aurait même été terriblement fière.

Quelle mère n'aurait pas su se réjouir des réussites de son enfant ? Aldebert ne rebondit pas sur la seconde partie des propos. C'est-à-dire qu'il a lu-même quelques interrogations quant au miracle, et plusieurs soupçons quant à l'implication des amis de Balthazar dans son succès scolaire soudain. Il n'estime pas si important la façon dont le garçon a obtenu ses BUSE, finalement. Bien des étudiants n'ont jamais passé leurs examens, et se sont révélés brillants après leur passage à Poudlard.


Dans d'autres domaines que ceux proposés sur les bancs de l'école, rigide et pensée pour celles et ceux qui aiment se maintenir séant devant des professeurs tenant parfois des discours dépourvus de la moindre passion.

- Si ça t'intéresse vraiment, pour la réserve, je peux nous organiser ça pendant l'été. Avant ton match. Les visites sont autorisées en période de vacances tu sais.

Laika n'avait visiblement pas organisée de telles activités de son vivant. Par crainte de voir un incident fâcheux brûler la tignasse de son fils peut-être ? Il avait souvenir d'une femme passionnée par l'aventure, mais davantage au cœur d'un livre. Balthazar semblait plus similaire à sa personne, désireux de passer du temps en extérieur, quitte à risquer se blesser d'une chute de skate, ou toute autre évènement extraordinairement normal - ne suffisait-il dont pas de l'aiguiller vers d'autres possibilités plus intenses qu'un 360° sur roulettes ?

 

- Messieurs, prendrez-vous un apéritif avant notre menu du jour ? Questionne un serveur posté près d'eux, le dos droit et le visage très sérieux.
- Tout à fait. Vous servez toujours votre fameux Licorne Cello ?
- Mais bien sûr Monsieur, brassé localement depuis 1763.
- À la bonne heure. Deux s'il vous plait ? Tu vas voir, c'est excellent, il énonce à l'intention de Balthazar.

Autour d'eux, plusieurs tables en avaient déjà un verre devant eux. La liqueur, claire et blanchâtre, semblait subtilement irisée. Satisfait, Aldebert se redresse légèrement avant de questionner Balthazar :

- T'aimes le Quidditch non ? Tes amis font partie de l'équipe, vous allez voir un match... est-ce que t'as jamais eu envie d'en être aussi ? Puisque t'es plutôt doué en skate, je suppose que tu te débrouilles pas si mal sur un balai ?


April Fool's

Message publié le 23/11/2025 à 14:33

L’Allée des Embrumes a cette façon bien particulière de vous faire regretter chaque pas. À peine transplané, Aldebert se demande déjà pourquoi il a dit oui. Pourquoi il a accepté le parchemin griffonné qu’on lui avait glissé entre les doigts à Sainte-Mangouste, entre deux tests et une potion infecte. Pourquoi il est là, un dimanche matin, alors qu’il aurait pu rester chez lui à observer Jupiter, à boire du thé et à ignorer volontairement toute cette foutue situation. Il resserre son manteau contre lui, traverse l’allée poisseuse, darde un regard mauvais à un type louche qui tente de lui proposer une fiole violette pulsante.
 

Le lieu de la réunion est indiqué par un écriteau misérable où l’encre dégouline encore. Le Crapaud Oblique. Charmant. Une luciole mourante pourrait rivaliser en éclat avec cette enseigne. Aldebert pousse la porte. Une bouffée de chaleur moite le frappe immédiatement. Ça pue la vieille sueur, le chou fermenté, le désespoir. C’est bondé de silhouettes tassées autour de tables bancales. La plupart ont l’air… eh bien… pas au mieux de leur forme. Doigts tremblants, yeux cernés, gestes nerveux. Certains ont posé leur baguette sur la table comme si elle les mordait. La Synchrolyse dans toute sa splendeur.
 

Un sorcier à la barbe en touffes - littéralement des touffes, comme des buissons mal peignés - lui adresse un signe enthousiaste :
 

- Ah ! Nouveau, hein ? Bienvenue au Cercle d’Harmonisation ! Installe-toi, mon garçon !
 

Mon garçon. Aldebert a cinquante-six ans. Il hésite à faire demi-tour, mais une sorcière au chapeau bourdonnant - oui, le chapeau bourdonne vraiment - le pousse gentiment vers une chaise vide.
 

- On commence juste, lui dit-elle en tapotant son bras comme à un patient en fin de vie.
 

Aldebert tente un sourire crispé. Il sort ses mains de ses poches et joint ses doigts sur la table, ses sourcils broussailleux froncés. Le barbu en touffes s’éclaircit la gorge.
 

- Aujourd’hui, partage d’expériences et tests de solutions alternatives ! La magie institutionnelle ne veut pas nous entendre, nous, les véritables synchronisés ! Alors nous, on s’entraide !
 

Un marmonnement collectif traverse la salle. L’un des types hochant la tête renverse sa propre chope en le faisant. Personne ne s’en formalise. Avant qu’Aldebert ne puisse décliner, la sorcière au chapeau bourdonnant se lance :
 

- Moi, j’ai essayé la décoction de foie de manticore. Trois gouttes par jour ! Ça a totalement éliminé mes tremblements ! Elle soulève sa main. Elle tremble tel un séisme de niveau huit sur l'échelle de Richter. Enfin… la plupart du temps.


Le barbu applaudit.


- Excellent ! Excellent ! Et hier, Gordon nous a montré sa méthode révolutionnaire pour stabiliser l’impulsion magique. Gordon ?
 

Gordon, un homme aux pupilles dilatées comme des soucoupes, se lève et sort un sachet.
 

- C’est simple. Je mets du limonium sous ma langue. Ça picote, mais après ça, mes sortilèges sont BEAU-COUP plus réguliers. Ses doigts saisissent sa baguette, et à peine l'a t-il effleuré qu'un verre explose… Enfin, il faut trouver la bonne dose.
 

Aldebert pousse un long, long soupir intérieur. Il ne devrait pas être là. Aucun univers parallèle n’aurait dû le mener ici. Il se masse l’arête du nez, retient un grognement et regarde autour de lui. Ils sont tous… perdus. Cherchant une solution dans des conneries plus dangereuses les unes que les autres. Prêts à acheter n’importe quelle poudre instable ou rituel douteux. Une main se lève soudain.
 

- Et toi, le nouveau ? Un plan ?
 

Aldebert les fixe. Tous. Certains pleins d’espoir. Certains déjà trop loin pour revenir en arrière. Et lui au milieu, la gorge un peu serrée, surpris par le tableau misérable que la maladie peint. Il se racle la gorge.
 

- Oui. Mon plan c'est… d’éviter absolument tout ce que vous venez de dire. Un silence. Les décoctions dangereuses, les poudres illégales, les limoniums sous la langue… tout ça. Je déconseille formellement. Quelques hochements perplexes. Une sorcière murmure : il doit être dans le déni profond. Aldebert poursuit : J’ai un médicomage compétent qui me suit, et même une infirmière. Je prends mon traitement pour ralentir l'avancée de la maladie. C'est pas comme si on pouvait l'éradiquer.

 

Le barbu en touffes tente de sauver l’ambiance.
 

- Bien sûr que si, ils n'ont simplement pas les couilles d'expérimenter pour nous tirer d'là !

- Peut-être. Mais voyez moi, mes couilles, j'ai envie d'les garder, rétorque Aldebert.


Il se lève brusquement. Sa chaise grince. Une crampe lui traverse la main et il serre les dents, mais il avance quand même vers la sortie.


- Bon. Merci. Vraiment. Mais… non. C’est pas pour moi. Bonne chance à vous.


On lui lance un dépliant. Il l’attrape malgré lui. Reconnecte ton Flux ! Atelier de chant lunaire tous les jeudis ! Il brûlera ça plus tard. Dans la rue, il inspire profondément l’air moite et poussiéreux de l’Allée, lève les yeux vers une bande de ciel maigre entre deux bâtiments tordus. Une lueur pâle y flotte : un morceau de lune. Il pince les lèvres, puis transplane. Direction : n’importe où, tant que ce n’est pas ici.


Père & Fils

Message publié le 14/11/2025 à 20:21

Le regard que Balthazar lui porte soudain a plus grand chose à voir avec son regard habituel. Comme si quelque chose s'y était allumé. Un truc qui ressemble fortement à de l'admiration. Aldebert ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire à la fois fier et gêné, pas bien certain du sentiment que ça lui procure. Avoir un fils qui lui tombe sur les bras a plus de cinquante ans est une chose qu'il n'a pas terminé de digérer. Avoir un fils qui puisse lui porter une quelconque admiration ? Jamais il n'aurait pu l'imaginer.

 

Le pur-feu est abandonné sur la table, auprès de leurs deux verres vides. Aldebert tapote sa poche pour s'assurer de la présence de ses objets personnels, réflexe oblige, avant de se figer dans une position grotesque, ses sourcils hauts et ses yeux grands écarquillés. Par-dessus le rire braillard de Balthazar, il manque de s'étouffer :

 

- Professeur d'Astronomie ! Par Merlin !

Comment peut-il seulement confondre son expertise avec quelque chose d'aussi aléatoire et stupide que l'astrologie ? Vexé, Aldebert secoue la tête, bien qu'un sourire s'étire sur le bord de ses lèvres. Amusé malgré lui par la bonne humeur contagieuse de Balthazar, il doit bien admettre qu'il aurait effectivement eu de l'allure à monter des dragons affublés d'une crête :

- J'ai monté un noir de hébrides, une fois. C'est d'ailleurs comme ça que j'me suis fait virer. On était pas vraiment sensé faire ça. Y avait aussi des verts gallois. Beaucoup de verts gallois. En troupeau, ils ont tendance à... chanter. C'est plutôt joli.

La porte est claquée derrière leurs deux silhouettes, Molière délaissé au salon - et probablement très heureux de la paix et du calme apportés par la solitude.

- Mais je t'assure que les étoiles sont au moins aussi fascinantes. Si ! Tu le saurais si t'écoutais ne serait-ce qu'un tiers de mes cours.

Le claquement de langue contre son palais est faussement agacé. La discussion leur vient étrangement naturellement alors qu'ils traversent les rues d'Edimbourg, le pas long et décidé d'Aldebert guidant l'adolescent à travers la ville. Le climat estival se contente d'être assez doux pour que l'on supporte de sortir sans se cerner d'une écharpe. Bientôt, l'astronome s'engage sous une arche qui les fait traverser un lot de magasins et de bars, puis il s'arrête au devant d'une bibliothèque de livres de piètre allure, scellée dans un mur.

 

Légèrement en retrait du reste, elle est bondée de volumes aux titres très peu attirants, pour la plupart trop usés, et dont certains manquent même de quelques pages. Elle n'a rien pour attirer l'œil, et c'est très bien ainsi. La manipulation de plusieurs tomes, dans un ordre bien précis, fait grincer l'architecture des étagères, pousse les livres de part et d'autre afin de révéler une porte étroite et basse. Sans hésitation aucune, mais non sans un bref regard alentour, Aldebert actionne la poignée et disparait à l'intérieur, suivi d'un Balthazar peut-être dubitatif.

Le sol est, comme de l'autre côté, fait de pavés irréguliers, grossièrement taillés, mais les devantures des boutiques qui les cerne sont drastiquement différentes. Le quartier magique d'Edimbourg n'est composé que de cette simple allée, et aurait tout à envier au Chemin de Traverse, mais c'est sa déplorable petitesse qui en fait tout le charme. D'un geste, Aldebert désigne un panneau branlant qui pousse d'une bâtisse en pierre montée sur plusieurs étages, dont l'apparence vacillante laisse à penser qu'elle est sur le point de s'écrouler.  L'enseigne n'indique pas grand chose : c'est une gargouille au sourire torve qui porte une chope, pas franchement engageante, et qui semble avoir été dessiné par un enfant possédé.

- C'est là. La Gargouille Grivoise.
 

Sitôt la porte passée, l'ambiance n'est plus la même. L'espace est ensorcelé, immense, le plafond aussi haut que celui d'une cathédrale. Les murs sont ornés de gargouilles de pierre animées, qui suivent du regard le mouvement des clients, lorsqu'elles ne baillent pas aux corneilles ou ne volètent pas dans l'air. Les fenêtres, d'immenses vitraux chaudement colorés, représentent plusieurs scènes mythiques de l'histoire du monde sorcier. Certains sont en mouvement. D'autres sont parfaitement figés. C'est le sol qui accaparent l'attention pourtant : taillé dans une immense plaque de marbre, il est d'un noir vertigineux, et donne l'impression de marcher dans le vide. Sous les tables, il prend des teintes qui s'accordent à l'ambiance des conversations.

Une gargouille atterrit devant eux et les jauge de pied en tête, mais Aldebert lui jette un œil peu impressionné :

- Bonsoir. J'ai une réservation au nom de Wickerson. Pour deux.

Guidés par la créature jusqu'à une table installée sous une fenêtre, Aldebert se défait de son manteau pour s'installer dans l'un des énormes fauteuils. Ses bras viennent paresseusement reposer sur les accoudoirs tandis qu'il croise une jambe sur l'autre. La gargouille, elle, claque des doigts pour attirer sur eux l'attention d'un serveur, leur fait une révérence, et prend son envol. Bercée par un jazz, la salle est loin d'être pleine, et les quelques âmes assez pourvues pour se payer l'unique menu de l'enseigne la plus luxueuse d'Écosse n'ont clairement pas encore entamé l'entrée.


Père & Fils

Message publié le 08/11/2025 à 16:40

Amusé malgré lui par la réaction de Balthazar face aux révélations jetées par-dessus la table, Aldebert étire un sourire gamin qui lui fait perdre une bonne dizaine d'années. Des photos, il en a tout un tas, enfermées dans des malles, scellées entre les pages d'albums désuets dont il se plait à oublier l'existence. Il sait qu'il en existe au moins autant d'autres dans les placards de sa mère, et peut-être des dizaines encore perdues au travers du monde, tantôt entre les mains d'une fille à laquelle il aura brisé le cœur, tantôt crocheté au mur d'un ami auquel il n'aura plus parlé depuis bien trop d'années.

Ignorant la première question de Balthazar, Aldebert secoue la tête devant la second :

 

- Oh non, non loin de là même. J'ai longtemps... cherché mon chemin, il déclare mystérieusement.

Mécaniquement, il passe une main contre sa chevelure ordonné, aux racines blanchies par le temps. Il grimace alors que le garçon l'annonce vieux avant l'âge. La vie l'a certes marqué de rides étranges qui lui fendent le visage, de chaque côté des yeux, au détour de ses lèvres, jusque son front. La maladie le ronge de l'intérieur, et le menace de prendre avec elle nombre de ses capacités primaires, qu'il estimait jusqu'alors intouchable. Peut-être Balthazar a t-il raison. Peut-être est-il vieux. Lui préfère penser que l'on est toujours le vieux de quelqu'un d'autre, jusqu'à tant que l'on soit mort.

 

- Peut-être que j'devrais tenter ça pour la rentrée prochaine, il plaisante en affichant un rictus gaillard.

L'image, grotesque, aurait le mérite de le suivre jusque dans la postérité.

 

- Mon tout premier emploi consistait à assister un aéronaute. Rien de bien passionnant, mais j'en profitais pour mon usage... ahum... personnel, et j'ai fini par être viré. Plus tard j'ai assisté un dresseur de dragon dans les highlands - ça c'était passionnant. J'ai failli y passer. J'ai rejoint l'équipage du St James quand j'avais vingt-trois ans, engagement dans la marine et tout. J'ai déserté quand on a débarqué en France. Très beau pays, la France, mais pour y gagner sa vie c'est pas l'pied. J'ai fini par rentrer. Pendant quelques années j'ai joué les détectives pour des particuliers. J'étais pas trop mauvais. Ça a duré quelques années avant que j'me décide à refaire les bancs de l'école pour devenir astronome. Ma vraie vocation.

Quelle étrange concept que de pouvoir résumer son existence à cette poignée de phrases. Il se râcle la gorge, étrangement gêné.

 

- Alors tu vois, j'vais pas être un gars qui t'demande si tu sais où tu veux aller dans la vie. J'pense que personne en a la moindre idée. Il termine son verre d'une traite. Prêt pour le resto ?

Sa baguette récupérée de sa seule main libre, il l'agite brièvement pour attirer à lui son manteau.

Le manteau se décroche, et vient flotter paresseusement à côté de lui. Aldebert se débarrasse de Molière d'un simple geste appuyé avant de se dresser pour récupérer l'objet, et l'enfiler.

Aldebert Wickerson a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Orion !

Sortilège
Sortilège d'Attraction
Difficulté
4
Résultat D20
19
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Le manteau se décroche, et vient flotter paresseusement à côté de lui. Aldebert se débarrasse de Molière d'un simple geste appuyé avant de se dresser pour récupérer l'objet, et l'enfiler.

Autres résultats possibles

Le manteau se décroche, accompagne son mouvement alors qu'il se lève - chassant Molière par la même occasion -, et l'enfile en quelques gestes précis.

Le manteau ne fait même pas mine de bouger. Vraisemblablement, Aldebert a trop bu. À moins que ce ne soit cette foutue maladie qui fasse encore des siennes.

Le manteau se décroche et tombe brutalement au sol, le bruit faisant fuir Molière en un pincement griffu sur les extrémités de son genou. Jurant entre ses dents, Aldebert décide de mettre ça sur le compte de l'alcool davantage que sa maladie.


Père & Fils

Message publié le 23/10/2025 à 18:20

D'un simple hochement de tête, Aldebert avait approuvé l'idée du magicobus. Ce n'est certes pas son transport de prédilection, mais il est clairement le plus adapté à la situation. Peu coûteux, accessible d'à peu près n'importe où, n'importe quand, à-même de gérer les bagages de tout-un-chacun. La figure de l'astronome se tord, cependant, à la mention d'affaires que Balthazar pourrait avoir ou non avec une meuf ramenée à son appartement, et il est foncièrement soulagé d'entendre l'adolescent affirmer qu'il évitera finalement ce genre d'initiative.

 

- Je vois, se contente t-il de commenter en essayant de chasser le flot d'images qui lui poussent absurdement sous le crâne.

Son verre porté à ses lèvres, il s'hydrate généreusement, repose le contenant sur la table en un bruit sec. La conversation se meurt, au profit d'un silence qui vient même étouffer la musique. Ils ne se regardent pas. Cherchent plutôt l'échappatoire des fenêtres, ou du décor environnant, dans une gestuelle étonnement symétrique dont ils n'ont clairement pas conscience. Finalement, Aldebert se racle la gorge. Ses longs doigts anguleux restent entourer son verre, et le déplacent presque imperceptiblement d'un sens et d'un autre, en rotations nerveuses.

 

- J'ai eu les cheveux bicolores pendant toute une période de ma vie, il énonce finalement. Une main vient lui fendre le front en deux. Vert de ce côté, bleu de l'autre. Si j't'assure. Bon c'est une autre époque. J'bossais sur un bateau. Sa mère lui en avait voulu pendant des mois d'partir sans prévenir. Pis j'ai pas fait d'crête comme toi. C'était plus un genre de coupe en hérisson...

De nouveau il se racle la gorge, s'envoie une rasade de pur-feu. Il sait pas bien pourquoi il raconte ça. Il s'dit que ce serait bien qu'ils apprennent un peu à s'connaitre, dans l'fond. Ça fait un moment qu'il se dit qu'Balthazar devrait rencontrer sa mère, et aussi son oncle Frank, mais il appréhende complètement le moment où ça pourrait venir sur le tapis. Molière choisit cet instant pour miauler, comme s'il se foutait ouvertement de la gueule de son maître, et Aldebert secoue la tête avant d'affaisser un bras vers le sol pour l'attirer. D'un geste, il le récupère sur ses genoux, et le caresse comme un vieux réflexe.

 

Les deux yeux de Molière sont braqués sur Balthazar alors qu'il s'installe paresseusement.


Père & Fils

Message publié le 15/10/2025 à 20:32

Al. La vérité, c'est que de nombreuses personnes l'appellent Al. Al ou Aldi. Que Balthazar Grimfire puisse faire partie de ces gens lui parait toutefois proprement grotesque, aussi échappe t-il un rire sec et nerveux, par les narines.

 

- Je... oui... d'accord.

Al. Balthazar Grimfire l'appellerait donc Al. À tous les coups, ça allait ressortir dans les couloirs, il en est certain. Mais soit. Il n'y vois pas d'inconvénient majeur, à ceci près que ça restera parfaitement lunaire. Aldebert saisit son propre verre pour trinquer avec le fils prodige, et s'envoie plusieurs gorgées du breuvage sans la moindre retenue. Le thé, non loin, refroidit tranquillement, continuant de propager son parfum dans toute la pièce.

 

Brutalement, l'astronome manque recracher sa boisson dans l'air, et se met à toussoter.

 

- Non. Non je n'ai pas de... meuf.

De tous les sujets de conversations possibles et imaginables !

- Et si j'en avais une, ce ne serait vraiment pas tes affaires. Par Merlin.

De nouveau, Aldebert s'envoie une rasade, et repose le cul du verre sans délicatesse.

 

- Comment tes amis et toi comptez rejoindre le Pays de Galles ? Il demande sur le ton de la conversation.

La passion des gens pour le Quidditch est une chose qui le dépasse profondément. Traverser tout le pays pour aller voir des imbéciles perchés à des centaines de mètres de hauteur se passer une balle pour la balancer à travers d'anneaux ? Merci bien, il préfère se contenter de ceux de Saturne au travers de son téléscope. Sourcils froncés, Aldebert se demande s'il doit organiser quelque chose. Accompagner son fils jusqu'un portoloin. Mener un transplanage d'escorte quelconque.

Il ne faudrait en aucun cas compter sur lui pour l'y transporter en balai, en tous cas.

- Au fait, si tu dois inviter quelqu'un ici... bon tu peux évidemment, mais si tu peux juste me prévenir ? Surtout s'il s'agit d'une hum... meuf.

C'est-à-dire qu'il n'a guère envie de se faire témoin des émois adolescents de Balthazar, s'il peut l'éviter. Une flopée d'images le hantent soudain, et il prie pour que la mère du garçon l'ait au briefé sur ces sujets. Devait-il lui montrer la réserve de crapotes ?

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