Harry Potter RPG
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Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Service des blessures par créatures vivantes, Jeudi 17 Août 2124

Certains diront que c'est une preuve supplémentaire que je mange à tous les râteliers. D'autres diront que, franchement, avec tout le sucre que je leur casse sur le dos, travailler là-bas pendant les vacances, c'est plutôt culotté ! Seulement voilà... premièrement, qui dirait non à quelques galions supplémentaires pour arrondir les fins de mois ? Et ensuite, lorsque le responsable du service est venu pour me débaucher à la fin de l'année scolaire, franchement, l'occasion était trop belle pour montrer à tous que : non, je ne suis pas juste bonne à réduire des fractures et apaiser les démangeaisons. Comme je ne cesse de le répéter : infirmière, c'est réducteur ! Après tout, je suis guérisseuse, moi, comme tout le monde ici !

 

Enfin, comme tout le monde... certains ici semblent aussi doués qu'un babouin avec une baguette magique. Je me demande si le manque de personnel n'a pas forcé Sainte-Mangouste à revoir à la baisse ses exigences en termes de compétences. Après quelques jours seulement, j'ai obtenu du médicomage en chef la responsabilité de m'occuper seule d'une partie du service. De cette façon, les autres employés peuvent se relayer sur leurs patients sans venir contaminer les miens de leurs bêtises. Pas question que je sois associée aux erreurs de soins des autres ; j'ai bien assez à faire avec mes propres imperfections sans avoir à ajouter celles des autres.

 

Voilà maintenant un mois et demi que je soigne les plaies, surveille l'extension des poisons, recherche les antidotes les plus pertinents, régule la température des corps et nettoie les blessures jour après jour, jusqu'à ce que les patients soient suffisamment remis pour être renvoyés à la maison. Parmi mes patients, j'ai même eu la surprise de reconnaître quelques visages connus ! Un élève de Serdaigle mordu par un gnome et dont la plaie s'était infectée faute de soins suffisants. Un autre de Gryffondor, habitué de l'infirmerie du château pour ses cascades sur le terrain de quidditch, qui avait cette fois décidé d'élever un Strangulot (tu parles d'une idée de génie...).

 

Depuis quelques jours toutefois, c'est plutôt le cas de monsieur Ackwood qui me préoccupe. D'après ses dires, il aurait été mordu par une accromentule dans la forêt de Puck’s Glen, ce qui est déjà un fait étonnant en soi, mais le plus étonnant, c'est que sa blessure semble s'aggraver de jour en jour. D'abord discrète bien que douloureuse, la blessure s'étend maintenant sur l'ensemble de son mollet, et sa peau prend une jolie couleur vert émeraude teintée de violet. Quant à l'odeur...

 

Pour la troisième fois de la semaine, je vais essayer de lui appliquer un anti-venin de mon cru ! Les deux précédents n'ont eu pour effet que de diminuer la douleur ; si celui-ci ne marche pas, je serai obligée de faire appel à un spécialiste en la matière, ce qui, très franchement, me fait chier ! Je suis presque sûre que sa morsure n'est en rien due à une accromentule... mais faute de preuve, je ne vais pas cuisiner le pauvre homme. S'il préfère mourir plutôt que dire la vérité, c'est qu'il doit avoir de sacrées bonnes raisons. J'irai peut-être faire un tour du côté de Puck's Glen prochainement... histoire de voir quel genre de bestioles y rôde.

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Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Conté de Devon, Samedi 26 Août 2124

Je dois l'avouer : celle-là, je ne l'ai pas vue venir ! Travailler à Sainte-Mangouste pour entretenir et perfectionner mes compétences, c’est une chose. Mais être sélectionnée pour rejoindre l’équipe mobile de soins de la Coupe du Monde de Quidditch, c’en est une autre ! Bien évidemment, ma première réaction a été d’éclater de rire avant de refuser poliment. Il n’était pas question que je me retrouve, encore une fois, à soigner fractures, commotions et autres blessures. J'avais déjà donné bien assez à la fin de l’année scolaire. Pourtant, il faut bien l’admettre, après mûre réflexion : il faudrait être complètement folle pour refuser une telle somme pour lancer quelques sortilèges de soin.

 

Et me voilà donc, comme je m’y attendais, en plein cœur de l’action ! Enfin, si on peut parler d’action. Depuis le début de la compétition, j’ai à mon actif quatre fémurs cassés, six omoplates disloquées et douze crânes fêlés. Sans compter les sortilèges de désaoulement pour les supporters trop enthousiastes, ainsi que les furoncles et autres infections cutanées causées par les rixes. Remarquez, j’ai tout de même eu droit à un ou deux accidents magiques dans le lot ! Ça change agréablement, il faut l’avouer.

 

Le côté Quidditch en lui-même m’ennuie profondément. Par contre, voir ces athlètes musclés souffrir sous mes soins a ses avantages, ne serait-ce que pour le plaisir des yeux. Et pour les mains aussi, d’ailleurs... Bah, quoi ? Il faut bien palper pour localiser précisément l’origine de la douleur ! D’ici quelques jours, je serai de retour dans mon infirmerie à Poudlard, face aux cris de mes petits braillards et leurs bobos ridicules. Alors, autant profiter des plaisirs qui s’offrent à moi tant que j’en ai encore l’occasion, non ?

 

Mais au fond, c'est amusant de voir à quel point les supporter sont imprévisibles et créatifs quand il s'agit de faire adopter leur point de vue. Un instant, vous êtes en train de lancer un simple Episkey pour soigner une petite coupure ; l’instant d’après, vous devez faire face à un supporter transformé en canari géant par un sortilège perdu. Je commence à me dire que ce travail n'est pas si ennuyeux que ça, finalement. Entre la magie qui fuse de partout, les sorts qui dérapent, et l’adrénaline de la compétition, il y a toujours de quoi s’occuper.

 

Et puis, si je suis honnête, ce petit séjour me fait du bien. C’est un peu comme des vacances, en plus mouvementé. Pas de paperasse interminable ni d'élèves pleurnichards qui se plaignent d’une simple piqûre de doxy. Ici, c’est du concret, du vif ! Bref, une pause bien méritée avant de replonger dans la routine poudlarienne.

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Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
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Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Je ne réponds pas immédiatement. Je l’observe, je l’écoute, mais surtout, j’analyse. Ce tremblement dans sa main gauche… Ce n’est pas juste une crampe passagère. Ce n’est pas une simple fatigue musculaire due à ses habitudes nocturnes ou à ses heures passées à scruter les étoiles. C’est quelque chose de plus profond, de plus insidieux.  

 

Et Aldebert l’a senti. Je le sais. 

 

Il joue encore la carte de l’humour, tente de détourner mon attention avec son ton léger, mais il n’a pas besoin de parler pour que je comprenne. Son propre corps vient de lui souffler une vérité qu’il préférait ignorer.  

 

Je prends une inspiration mesurée avant de répondre, adoptant un ton volontairement calme, presque détaché.  

 

T’assommer de questions ? Tu me connais mal, Aldebert. Ce n’est pas mon genre.  

 

Je laisse planer un léger silence avant d’ajouter, plus doucement :  

 

Mais je vais en poser une, tout de même.  

 

Je m’avance légèrement, sans jamais être intrusive, et je pose simplement la question :  

 

Ce n’est pas la première fois, n’est-ce pas ?  

 

Je le fixe avec douceur, mais fermeté. Il a beau être un homme fier, il n’est pas du genre à se voiler totalement la face. S’il est là, s’il s’est laissé examiner, c’est qu’une partie de lui savait déjà qu’il y avait quelque chose à vérifier.  

 

Ces crampes… ces tremblements… Ça fait combien de temps qu’ils sont là ?  

 

J’attends. J’attends parce que je sais que, malgré son envie de minimiser, il n’est pas homme à mentir effrontément.  

 

Et puis, doucement, je me redresse et m’éloigne vers l’une des étagères où sont entreposées diverses potions. Mes doigts effleurent les flacons, cherchant quelque chose de précis, avant d’en sortir une petite fiole d’un bleu argenté aux reflets scintillants. Je l’observe un instant, comme si elle pouvait contenir une réponse à elle seule.  

 

La Potion Harmonisante de Magnus.  

 

Je la pose sur la table, entre nous, un symbole silencieux de ce que je soupçonne.  

 

Elle est utilisée pour stabiliser le flux magique, pour atténuer les effets d’une maladie bien connue des médicomages.  

 

Je lève les yeux vers lui, cherchant à capter sa réaction avant d’énoncer enfin ce qui flotte dans l’air depuis quelques minutes déjà.  

 

La Synchrolyse.  

 

Les mots sont prononcés sans brusquerie, sans emphase dramatique. Juste comme une possibilité que je ne peux ignorer.  

 

Ce que je viens de voir correspond aux premiers stades, je continue d’un ton mesuré. Ce n’est pas un diagnostic, pas encore, mais… il y a des signes. Une fatigue musculaire qui va et vient, des crampes aux extrémités, des ratés dans la magie… 

 

Je ne dis pas le reste. Pas encore. Il sait pertinemment que cette maladie est dégénérative, que si c’est bien ce dont il souffre, cela ne disparaîtra pas d’un simple repos ou d’un ajustement de rythme de vie.  

 

Je m’assois à nouveau, posant les coudes sur la table, les mains jointes devant moi.  

 

Si tu veux qu’on écarte cette possibilité, il va falloir faire des tests plus poussés. Mais si c’est bien ça… on peut ralentir les effets.  

 

Je pousse doucement la fiole vers lui.  

 

La potion n’est pas un remède, mais elle aide. Elle stabilise la magie et soulage les crampes. Tu pourrais l’essayer quelques jours. Si tes symptômes diminuent… on saura qu’on est sur la bonne piste.  

 

Je marque une pause, puis ajoute avec un sourire léger :  

 

Et comme ça, tu pourras me prouver que je me trompe et que ce n’est que de la fatigue.  

 

Une manière de lui laisser une porte de sortie, sans lui enlever le contrôle. Parce que je sais qu’Aldebert Wickerson n’est pas du genre à se laisser dicter quoi que ce soit. Mais il est aussi trop intelligent pour ignorer ce qui est en train de se passer.  

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Adaline McBride

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Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Je ne relève pas son sarcasme à la dernière seconde. Pas besoin, il s’est arrêté de lui-même et s’est aussitôt repris. Cette soudaine prise de conscience, ce soupir las, cette excuse qui glisse entre ses lèvres sans forcer… Voilà bien la preuve qu’il n’est pas seulement épuisé physiquement. Son agacement ne m’est pas réellement destiné. Ce n’est pas contre moi qu’il se bat, mais contre cette réalité qu’il n’a jamais voulu.

 

Je l’observe un instant, puis incline légèrement la tête en réponse à son excuse.

 

Ce n’est pas un problème, Daryl.

 

Pas besoin d’en rajouter. Pas besoin de lui faire comprendre ce qu’il sait déjà. Il est intelligent, bien trop pour que je le prenne par la main et lui explique l’évidence. Je note cependant un détail : il m’a appelée par mon prénom. Pas de "Miss McBride" cette fois. Un relâchement inconscient, peut-être. Ou bien un simple signe qu’il commence, malgré lui, à me voir autrement que comme une bureaucrate venue lui imposer des règles absurdes.

 

Je repose les yeux sur mes notes, prenant le temps de bien tout enregistrer. Sa fatigue, son rythme de récupération, les potions qu’il prend. Tout est méthodique, structuré, organisé. Aucune faille apparente dans sa gestion de la chose. Mais ce n’est pas là que se trouve le vrai problème, et il le sait.

 

Je ne vous poserai pas plus de questions. Vous êtes un adulte responsable, et vous avez pris toutes les précautions nécessaires. Tant que vous me confirmez que cette organisation vous convient et que vous pouvez la tenir sur le long terme, cela me convient aussi.

 

Je relève enfin les yeux vers lui.

 

Mais permettez-moi une dernière chose. Vous êtes en droit de considérer ce suivi comme une contrainte. Vous êtes en droit d’y voir une simple formalité. Mais si un jour, votre plan bien huilé commence à montrer des fissures, si un jour vous sentez que vous perdez pied… Sachez que vous n’êtes pas seul.

 

Ma voix n’a pas changé de ton, toujours calme, professionnelle, mais cette fois, il y a autre chose. Une promesse silencieuse, sans condescendance, sans pitié. Juste un fait.

Je referme doucement le dossier devant moi et me redresse légèrement, signifiant que pour aujourd’hui, la conversation touche à sa fin.

 

Je n’ai pas besoin de vous mesurer ou de vous peser, ajoutai-je finalement avec un demi-sourire. Je crois que j’ai déjà bien cerné qui vous êtes.

 

Un silence s’installe une seconde. Puis, comme pour alléger l’atmosphère, je conclus :

 

Mais si un jour vous avez un doute, je garde une balance sous mon bureau, juste au cas où.

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Bureau des Médicomages, Vendredi 25 Août 2124

L’odeur de chair brûlée et de désinfectant s’accroche à mes vêtements, imprégnant chaque fibre de ma blouse. Ici, au service des blessures par créatures magiques, il y a toujours quelque chose à cautériser, à nettoyer, à rafistoler. Un sorcier qui a voulu domestiquer un hippogriffe et s’est fait ouvrir l’avant-bras, un apprenti dragonologue qui a sous-estimé la portée d’un jet de flammes… Et puis, il y avait lui.

 

Le garçon.

 

Celui qui prétendait s’être fait mordre par une accromentule. Celui dont la blessure ne guérissait pas. Celui dont j’ai suivi l’évolution jour après jour, essayant des potions, testant des antidotes, ajustant des traitements… et qui, il y a deux jours, est mort.

 

L’annonce a été brève, impersonnelle. « Arrêt cardiaque en fin de nuit, incapacité à stabiliser la température corporelle. »Voilà comment on résume une vie en quelques mots froids et détachés. On ne sait pas ce qui l’a tué. Et on ne le saura sans doute jamais. Un échec. Un de plus.

 

J’ai entendu les murmures des médicomages en chef. « Elle est jeune. Trop impliquée. » J’ai ravalé ma colère, serré les dents. Ils ne savent pas. Ils ne l’ont pas vu, lui, lutter.

 

Moi, je l’ai vu s’agripper à ses draps quand la fièvre le prenait. Je l’ai entendu tenter une blague alors que son souffle se faisait court. Je l’ai regardé dans les yeux, ce matin-là, et j’ai su. Il savait qu’il allait mourir. Et il était terrifié.

 

Depuis, son ombre plane sur moi. Chaque patient que je soigne porte un peu de son souvenir. J’aurais dû faire plus. Chercher plus loin. Contester le diagnostic. Insister. Ne pas le laisser mourir sans comprendre.

 

La porte s’ouvre brusquement.

 

McBride, vous avez un cas sur les bras. Encore un crétin qui a voulu dresser un manticore miniature.

 

Je me lève sans un mot, attrape ma baguette, un baume cicatrisant et me dirige vers la salle de soins. Avant de sortir, mon regard glisse sur son lit vide. Il est parti. Mais le mystère, lui, reste.

 

Et je compte bien trouver les réponses qu’on me refuse.

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Adaline McBride

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Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

D’accord, d’accord, concédé, pas de « je te l’avais bien dit », je promets solennellement, je réponds en levant les mains dans un geste pacificateur.

 

Je pourrais en rire, et en un sens, je le fais, mais doucement. Juste assez pour alléger l’atmosphère sans l’étouffer. Il est doué pour ça, Aldebert. Tout faire passer pour une plaisanterie, s’entourer d’un jeu de mimiques et de bravades qui laisse croire que rien ne l’atteint vraiment. Bien qu'on ne soit pas spécialement proche, je le connais assez pour savoir que ça fait partie du personnage. Mais je le connais aussi suffisamment pour voir ce qui dépasse de son masque.

 

C'est un élément que je mets un point d'honneur à maîtriser : l'observation. Il n’est pas nécessaire de connaître quelqu’un intimement pour en apprendre beaucoup sur lui. À Poudlard, les visages finissent toujours par devenir familiers, même ceux avec qui l’on échange peu. Il suffit de les voir évoluer dans les couloirs, de noter leurs habitudes, leur démarche, la façon dont ils interagissent avec les autres ou dont ils occupent l’espace. Un élève qui baisse la tête en traversant la Grande Salle mais s’anime dès qu’il rejoint ses amis, un professeur dont les pas résonnent avec assurance sauf lorsqu’il pense être seul, un regard qui s’attarde un peu trop sur une porte avant de s’engouffrer à l’intérieur… Chaque détail est une pièce du puzzle. Je ne prétends pas tout comprendre, mais en tendant l’oreille aux silences et en prêtant attention aux gestes, il est souvent possible de voir ce que les mots ne disent pas.

 

Il ne veut pas être ici. Personne n’aime les bilans médicaux, bien sûr, mais il y a une différence entre l’agacement qu’on peut ressentir face à une formalité ennuyeuse et cette tension sourde qui s’installe sous la peau quand on redoute ce qu’on pourrait découvrir. Il a beau s’installer avec toute la désinvolture du monde, bras négligemment jetés sur les accoudoirs, jambes croisées comme s’il assistait à un spectacle, je vois son regard qui accroche une fraction de seconde de trop sur le bureau, les fioles bien alignées sur l’étagère, la lumière qui filtre à travers les rideaux immaculés. Comme si chaque détail devenait une échappatoire potentielle à ce qui l’attend.

 

Alors, je garde mon ton léger, le plus neutre possible, pour lui laisser une porte de sortie s’il veut en faire une simple formalité.

 

Ça se passe simplement, je dis en m’installant face à lui. D’abord, quelques questions. Ensuite, un ou deux tests, rien d’envahissant. Pas d’éclats de lumière dans les yeux, pas de sortilèges étranges.

 

Les adultes ont une manière bien particulière d’aborder ces consultations. Ils pensent être plus rationnels que les élèves, mais en réalité, ils se comportent souvent de la même façon. Les enfants entrent ici en cherchant déjà la sentence dans mes yeux. Certains exagèrent leur douleur pour se donner un peu plus d’importance, d’autres minimisent leurs blessures en espérant qu’un simple « ça ira » suffira à leur éviter une potion au goût douteux. Ils ont peur de l’inconnu, peur du verdict, peur que quelque chose d’insignifiant se transforme en catastrophe sous mes mots.

 

Les adultes, eux, ont simplement perfectionné l’art du déni. Ils plaisantent, roulent des yeux, minimisent tout. Comme si en riant assez fort, ils pouvaient rendre une vérité gênante inexistante. Comme si ne pas nommer un problème lui ôtait toute son importance.

 

Aldebert est de ceux-là. Je ne lui en veux pas. Mais je ne le laisserai pas esquiver non plus.

 

Tu dors bien ?

 

La question est posée avec légèreté, presque comme si elle m’intéressait à peine. Mais je sais que la fatigue est souvent à la racine de ces petits dysfonctionnements magiques, surtout chez ceux qui passent trop de temps à ressasser les choses.

 

Des migraines ? Des vertiges ? Des sensations étranges quand tu fais de la magie ? Des fourmillements au bout des doigts ?

 

J’observe sa réaction. Certains froncent les sourcils, d’autres répondent trop vite pour être honnêtes. Il y a ceux qui hochent la tête, ceux qui prétendent que tout va bien avant d’ajouter un détail « anodin » qui en dit long sur le reste.

 

Je croise les bras, un sourire au coin des lèvres, et je lui laisse une dernière porte de sortie.

 

Et en dehors de tes petits soucis de baguette, tu as remarqué autre chose ? Ou alors tu veux me dire que tu te portes comme un hippogriffe en pleine santé et qu’il ne faut pas que je m’inquiète ?

 

Je ne le force pas. Il répondra ce qu’il veut, de la façon qu’il veut. Mais je suis là pour écouter.

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Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Je soutiens son regard sans ciller. Il me balance des faits, froids, précis, presque mécaniques. Il veut expédier cette entrevue, comme on signerait un formulaire sans le lire. Je croise les bras, prenant le temps de réfléchir avant de répondre. Ce n’est pas mon rôle de le convaincre de quoi que ce soit, encore moins de jouer les psymages improvisés. Mais il faut qu’il comprenne une chose : ce suivi n’est pas une punition, ni un poids qu’on lui impose par pur plaisir bureaucratique.

 

Je vous crois, dis-je simplement. Vous savez ce que vous faites, comme je le disais : vous connaissez votre condition mieux que personne. Et je ne doute pas non plus que vous ayez pris toutes les précautions nécessaires.

 

Un instant, je marque une pause, le laisse digérer mes mots.

 

Mais ce n’est pas le problème, Daryl. Ce n’est pas vous que je remets en question. C’est ce que votre condition implique, indépendamment de votre maîtrise, indépendamment de vos choix. Vous êtes un homme intelligent, vous savez aussi bien que moi qu’il ne suffit pas toujours de contrôler une situation pour éviter les risques.

 

Je m’adosse contre mon bureau, croisant les chevilles avec calme.

 

Ce que je veux savoir, c’est comment vous encaissez. Comment vous vous en relevez, mois après mois. Ce n’est pas la potion qui m’intéresse, mais ce qu’il reste de vous avant et après la pleine lune. Combien de temps il vous faut pour récupérer. Comment vous luttez contre la fatigue. Comment vous gérez l’impact nerveux que ces transformations ont sur vous.

 

Je poursuis, gardant mon ton mesuré. Peu de gens doivent lui poser ce genre de questions, du moins pas sous cet angle.

 

Et surtout… où vous vous transformez.

 

Je marque une pause avant de poursuivre, plus posée :

 

Poudlard est un environnement particulier. Ce n’est pas un poste isolé au fin fond d’un bureau du Ministère. Vous serez entouré d’élèves, d’autres professeurs, de personnel. Vous avez prévu un endroit sûr ? Un lieu où vous ne risquez pas de croiser qui que ce soit ?

 

Mon regard ne le quitte pas. Ce n’est pas une accusation, simplement une nécessité. Un loup-garou doit penser à tout. Lui le sait, et moi aussi.

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Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Je l’observe prendre place avec sa prestance habituelle, ses gestes mesurés et sa théâtralité qui ne le quitte jamais, même dans une situation qui lui est manifestement inconfortable. Il a cette manière de s’installer comme s’il se préparait à jouer un rôle, et pourtant, il n’a jamais semblé aussi vulnérable que maintenant, sous le poids d’un silence qu’il redoute autant que l’examen lui-même.

 

J’esquisse un sourire à sa boutade. Oh, je veux bien le croire, qu’il monte et descend ces escaliers sans jamais s’essouffler. Mais ça ne veut rien dire, pas vraiment. La fatigue, l’usure, ce sont des choses plus subtiles que cela. Elles s’insinuent dans les détails, dans les hésitations imperceptibles, dans ces aveux qui sortent plus bas qu’ils ne devraient, comme s’ils risquaient de prendre trop de place s’ils étaient dits à voix haute.

 

Et voilà qu’il me parle de sa baguette.

 

Je relève aussitôt la tête, mon regard accrochant le sien un bref instant avant qu’il ne l’esquive. Un problème de concentration, il dit. Je pourrais le croire, s’il n’avait pas cet air-là, celui de quelqu’un qui essaie de minimiser quelque chose qui le ronge plus qu’il ne veut bien l’admettre.

 

Des sortilèges qui ratent, je répète doucement, m’accordant quelques secondes pour réfléchir.

 

Je n’aime pas ce genre de choses. Pas parce que c’est alarmant en soi – ça pourrait être mille choses anodines, un simple contrecoup du stress, de la fatigue – mais parce qu’Aldebert n’est pas du genre à parler de ses propres faiblesses à la légère. S’il en parle, c’est qu’il y pense. S’il y pense, c’est que ça l’inquiète. Et si ça l’inquiète, je ne peux pas juste balayer ça d’un revers de main.

 

Je prends une inspiration, croise les bras, et d’un ton plus sérieux, je réponds :

 

Ce n’est peut-être qu’un manque de concentration, en effet. Tu as eu un été… chargé.  Mais si tu es là, c’est aussi pour s’assurer que ce n’est rien de plus, n’est-ce pas ?

 

Je m’approche, avec cette douceur calculée que j’adopte avec ceux qui n’aiment pas qu’on prenne trop soin d’eux. Je sais reconnaître quand il faut pousser, et quand il faut laisser l’autre arriver de lui-même à la conclusion qu’il a besoin d’aide.

 

Ce que je te propose, c’est qu’on vérifie tout ça en douceur. Pas de grande cérémonie, pas d’examen intrusif. Juste quelques tests simples pour voir où tu en es. Ensuite, on en reparle, et si c’est vraiment une histoire de concentration, tu pourras me dire « je te l’avais bien dit » et je serai ravie de l’entendre.

 

Un sourire, léger, sans pression. Juste une invitation à me laisser faire.

 

Ça te va ?

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Gabriel
Message publié Dimanche 02 Février 2025 à 19:12

Vos portefeuilles ont été débités !

 

Avec tout ce travail, j'en ai oublié de poster ma propre grille, vous y croyez vous ?!

 

Si mes numéros sortent je sens que je vais l'avoir de travers...

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Gabriel
Message publié Dimanche 02 Février 2025 à 19:14

On relance pour évacuer le doublon !

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Gabriel
Message publié Dimanche 02 Février 2025 à 19:16

Le résultat du tirage est donc : 

 

2 - 4 - 5 - 12 - 19

 

Et puisqu'aucune grille n'a remporté quoi que ce soit... ce sont 605 mornilles qui sont mises en jeu pour le mois prochains ! 

 

A vos grilles - dont la mienne : 

 

3 - 9 - 14 - 18 - 19

 

Bonne chance tout le monde !

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Gabriel
Message publié Lundi 03 Février 2025 à 01:15

Oula.... faut se contenir... faut se contenir... restons SOFT !

 

J'étais pas prêt... j'me croyais barricadé, mais ton sourire à ouvert mon coeur plus surement qu'un Alohomora.

 

Pour le prochaine, ce sera Chocogrenouille !

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Boutique Ollivanders, Samedi 14 Septembre 2024

Les ruelles pavées du Chemin de Traverse résonnent sous mes pas. Ce n’est pas une visite que j’ai l’habitude de faire, mais après plusieurs semaines à Sainte-Mangouste, il m’a bien fallu admettre l’évidence : ma baguette a besoin d’une mise à jour.

 

Lorsque j’étais élève, elle m’avait semblé parfaite : souple, précise, d’une légèreté qui me permettait d’exécuter des sortilèges sans trop y penser. Mais en pratique, lorsqu’il s’agit de maintenir un sort de stabilisation ou une incantation de régénération durant plusieurs minutes, son manche finit par me glisser des doigts. Ce n’est pas une question de transpiration ni d’un mauvais maintien, c’est juste une réalité que je n’avais pas anticipée : certaines baguettes sont conçues pour le duel, d’autres pour la transformation, et la mienne, bien que d’excellente facture, n’est pas adaptée à un usage prolongé.

 

J’inspire doucement avant de pousser la porte de la boutique. Une clochette tinte. L’air y est toujours le même, chargé de cette odeur de bois ancien et de magie statique. Les murs sont encombrés de boîtes de baguettes empilées jusqu’au plafond, comme figées dans un équilibre précaire que seul Ollivander sait maîtriser.

 

Je me dirige lentement vers l’établi. Du bout des doigts, je caresse mon manche en bois d’aubépine. Je me suis attachée à elle, bien sûr. Il n’est pas question d’en changer, simplement de l’améliorer. Il me faudrait une prise plus confortable, peut-être une texture permettant un meilleur maintien, quelque chose qui respecte l’équilibre de la baguette sans l’alourdir.

 

Je sors un carnet de ma poche et déplie une page sur laquelle j’ai griffonné quelques idées. Un enrobage en cuir de dragon, fin et résistant, offrirait une bonne prise sans interagir avec la magie de l’aubépine. Peut-être aussi un léger renforcement au niveau du point d’équilibre, pour que mes doigts trouvent naturellement leur place. J’avais envisagé de la réduire en taille, mais ce serait perturber son cœur, et je n’ai pas envie de voir ses capacités modifiées.

 

Je dépose ma baguette sur le comptoir. Son bois lisse capte la lumière tamisée de la boutique, révélant ses fines nervures. Pendant un instant, je ressens cette connexion silencieuse qui me lie à elle depuis tant d’années. Elle a vu mes échecs, mes réussites, elle a partagé chaque instant de ma carrière. Il ne s’agit pas seulement d’un objet, mais d’une extension de moi-même.

 

Je sais que les artisans de chez Ollivanders sauront quoi faire. Ils comprendront. Ici, les baguettes ne sont pas de simples instruments, elles sont des compagnes de vie. Il ne me reste plus qu’à attendre que la magie opère.

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Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Mon regard s’attarde sur le dossier posé devant moi. Daryl Brook. Nouveau professeur à Poudlard. Un détail, cependant, retient toute mon attention : loup-garou.

 

Je soupire doucement et me laisse retomber dans mon fauteuil, le poids du dossier me semblant tout à coup bien plus lourd. Il n’est pas question de défiance, encore moins de peur, mais ce suivi médical ne sera pas à prendre à la légère. La pleine lune ne pardonne pas, et je refuse de laisser quelqu’un affronter cela seul.

 

Je jette un œil à l’horloge accrochée au mur. Il ne devrait pas tarder. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un premier entretien, une prise de contact. Une manière pour lui de comprendre ce que ce suivi impliquera, et pour moi d’évaluer ses besoins. Je ne sais pas encore quel genre d’homme il est, mais ce qui est certain, c’est qu’il vient d’entrer dans un environnement où le regard des autres peut être un fardeau aussi pesant qu’une malédiction.

 

Je repense aux précédents cas que j’ai eu à gérer. Aucun n’était simple. Entre le manque de confiance de certains et la défiance des autres, les loups-garous n’ont jamais eu une place aisée dans notre société. Il devra affronter cela, comme tous les autres avant lui. Mais peut-être que cette fois, ce sera différent. 

 

Peut-être qu’avec un soutien médical adéquat, un suivi attentif, et des aménagements adaptés, il pourra trouver un équilibre dans sa nouvelle vie à Poudlard.

Je prends une inspiration et range quelques notes dans mon dossier. Prévoir des potions tue-loup, anticiper les phases lunaires, assurer sa sécurité et celle des élèves… Chaque détail compte. Mais avant tout, il faut voir comment il perçoit sa condition, et jusqu’où il est prêt à accepter de l’aide.

 

J’ajuste ma blouse et me lève, prête à accueillir ce nouveau professeur dont la présence à Poudlard risque de faire parler. Je me dirige vers la porte et l’ouvre doucement, m’attendant à croiser un regard méfiant, ou peut-être curieux. Quelle que soit son attitude, une chose est certaine : cet entretien marquera le début d’un suivi long et méticuleux.

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Adaline McBride

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Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Lorsque la porte s’ouvre sur une silhouette massive, je ne suis pas surprise par son attitude. Je devine immédiatement l’inconfort sous-jacent, la lassitude dans sa posture, la résignation dans son regard. Il tend la main et se présente d’un ton direct, mais sans agressivité. 

 

Bonjour, Miss McBride. Daryl Brook. Je vous dirais bien que c’est un plaisir, mais je n’ai guère pour habitude de mentir. 

 

Je serre sa main avec assurance et referme la porte derrière lui. 

J’apprécie l’honnêteté, répondis-je simplement, sans me démonter.

 

Il enchaîne rapidement, désireux d’en finir au plus vite, visiblement peu enclin à s’étendre sur le sujet. Son ton sec ne m’ébranle pas. J’ai l’habitude de ce genre de comportement. Beaucoup d’individus rejetés par la société développent cette carapace, et je ne peux pas leur en vouloir. 

 

Ne perdons pas de temps, nous avons sans aucun doute mieux à faire l’un comme l’autre. Que devez-vous savoir pour votre dossier ? 

 

Je m’installe derrière mon bureau et croise les bras sur la table avant de répondre posément : 

 

D’abord, que vous soyez ici n’a rien d’un caprice administratif. Mon travail n’est pas de vous surveiller ou de vous juger, mais de m’assurer que vous puissiez exercer sans risquer votre santé ou celle des autres. Ce que je veux savoir, c’est ce que vous prenez actuellement comme traitement, si vous en prenez, et comment vous gérez vos transformations. 

 

Il me fixe un instant, puis prend une légère inspiration avant de répondre. Je note son hésitation. Il est intelligent, et il sait que ce n’est pas un combat à mener contre moi. 

 

Ne le prenez pas personnellement, Miss McBride, je ne doute pas un seul instant de vos compétences, simplement de l’utilité de tout ce cirque, dont je sais que vous n’êtes pas à l’origine. 

 

Un sourire en coin m’échappe. 

 

Et pourtant, vous êtes là. Ce qui signifie que vous avez accepté, ne serait-ce que pour éviter de vous retrouver avec un emploi suspendu avant même d’avoir pu commencer. Un silence plane un instant, avant que je n’ajoute, plus doucement. Vous connaissez votre condition mieux que quiconque, c’est une évidence. Mon rôle ici n’est pas de vous apprendre quoi que ce soit. Mais si un jour vous avez besoin d’un filet de sécurité, je préfère être celle qui s’en assure plutôt que de devoir gérer une situation après coup. 

 

Je laisse flotter mes mots, attendant sa réaction. Après tout, ce suivi est censé être un travail d’équipe, qu’il le veuille ou non.

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Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Je redresse la tête en entendant mon nom résonner dans l'infirmerie. Une voix grave, profonde, un brin rauque. Il n'y a pas trente-six personnes capables de donner à un simple « Miss McBride » des allures de citation dramatique. Aldebert Wickerson, professeur d'astronomie, venait enfin honorer l'injonction médicale qu'il avait ignorée avec un talent certain depuis des mois.

 

Je ne peux retenir un sourire en le voyant s'avancer prudemment entre les lits impeccablement rangés. Il a l'air d'un enfant pris en faute, ce qui ne manque pas d'ajouter une touche d'ironie à la situation. Lui qui surplombe ses élèves du haut de sa prestance se retrouve soudain minuscule au milieu des draps d'un blanc clinique.

 

Professeur Wickerson, entrez donc, je ne mords pas, dis-je d’un ton léger en fermant le registre sur lequel je travaillais.

 

J'approche, les mains croisées devant moi, dans une posture ouverte et dénuée de toute forme de jugement. Je sais bien qu'il préférerait être n'importe où ailleurs. Que cet examen de routine lui semble une contrainte absurde, un rappel inconfortable de ce fameux cap de la cinquantaine que certains vivent comme une agression personnelle.

 

Vous avez bien fait de venir, je sais que cela ne vous enchante pas, mais je vous promets que ce sera rapide. Pas de piqûre, pas de potion au goût douteux, juste quelques vérifications d'usage.

 

 Cinq ans. Cinq ans qu’il aurait dû passer ce fichu contrôle, et il se pointait maintenant avec l’air de quelqu’un qui s’attend à une corvée dont il ne pourrait réchapper. Je lui montre une chaise près de mon bureau, un espace délibérément dégagé pour que cette consultation ne prenne pas des allures de consultation médicale formelle. Je veux qu'il se sente à l'aise, ou du moins, le moins mal à l'aise possible.

 

Comment vous sentez-vous ? Physiquement, mais aussi moralement. On vous sollicite beaucoup en ce moment ?

 

Je préfère commencer doucement. S'il faut tâter le terrain avant de passer aux questions plus précises, je suis prête à prendre le temps nécessaire. Après tout, la santé de ceux qui veillent sur les élèves est tout aussi importante que celle des élèves eux-mêmes. L’infirmerie a ce talent étrange de rendre les adultes aussi nerveux que les élèves qui y débarquent pour une simple égratignure.

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Infirmerie de Poudlard, Jeudi 15 Juin 2124

"Le Quidditch est un moyen sain pour nos élèves de laisser libre cours à leur esprit de compétition, et ce, en toute sécurité."

 

Tu parles d'une idée à la con, franchement ! Je n'avais jamais vu l'infirmerie aussi pleine ! J'ai même dû installer des lits temporaires devant pour pouvoir accueillir tous les blessés. Si je mets la main sur le crétin qui a eu l'idée de génie d'ensorceler les cognards, je lui en carre un dans le... Pardon, un peu de contexte.

 

Depuis le début de l'année scolaire, les tensions entre les différentes maisons vont grandissantes. Ou pour être plus précise, les élèves de Serpentard semblent s'être lancés dans un concours pour voir qui s'attirera le plus d'ennuis, et bien souvent au détriment des autres élèves. Alors forcément, plus la finale de la coupe des quatre maisons approchait, plus les petits accidents de couloir se faisaient fréquents.

 

Enfin, enlever une fourrure ou faire disparaître des pustules, c'est une chose ; mais se retrouver avec la moitié de l'école présentant fractures et commotions, là, franchement, même pour moi, ça commence à faire beaucoup.

 

Il semblerait qu'un élève se soit introduit dans le local où sont stockés les cognards pour les différents matchs et qu'il ait tenté d'ensorceler la balle pour n'attaquer que l'équipe adverse, j'imagine... Toujours est-il que le cognard s'est montré moins coopératif que prévu et, une fois la malle ouverte pendant le match, ce ne sont pas les joueurs qui ont été visés : mais le public !

 

Une tour et deux gradins se sont effondrés avant que les professeurs ne parviennent à maîtriser la situation. J'avais pourtant fait part de mes inquiétudes quant à l'ambiance de plus en plus néfaste qui régnait, mais bon... pourquoi est-ce qu'on m'écouterait, hein ? Avec la coupe du monde de Quidditch qui approche à grands pas, forcément, on ne peut pas se permettre d'annuler une coupe locale, quel serait le message envoyé ?

 

Franchement, vous savez quoi ? Je suis bien contente de ne pas avoir à m'investir dans ce championnat stupide. Je laisse ça aux médicomages de Sainte-Mangouste. Après tout, je ne suis qu'une infirmière, moi.

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Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Je le laisse parler. Je le laisse même s’emporter un peu. C’est un bon signe, en vérité. Cela prouve qu’il est encore dans le combat, pas dans la résignation. 

 

Je ne dis rien tout de suite, parce que ses questions, même posées avec virulence, sont légitimes. Non, ce n’est pas un diagnostic officiel. Et non, je ne peux pas affirmer, d’un simple regard et de quelques gestes, qu’il souffre de cette maladie. Mais je peux observer. Je peux croiser les signes. Et je peux surtout lui proposer une chose essentielle : la clarté.  

 

Alors, doucement, sans me formaliser de son ton, je réponds :  

 

Non, Aldebert, ce n’est pas tout. Ce n’était qu’un premier test. Une manière de confirmer mes soupçons... et de te donner, à toi aussi, une impression concrète. Ce que tu viens de ressentir dans ta main, ce n’est pas moi qui l’ai imaginé. C’est toi qui l’as senti.  

 

Je me lève calmement, et d’un geste souple de la baguette, je fais apparaître un petit plateau médical enchanté, flottant juste à côté du bureau. Deux fioles vides s’y matérialisent, ainsi qu’un parchemin roulé qui se déroule lentement en l’air pour y inscrire les résultats d’un sort d’analyse.  

 

Je te propose qu’on aille un peu plus loin, et qu’on fasse les choses proprement. Il existe un enchantement d’analyse appelé Efflueo Videre . Il permet de séparer les éléments d’un liquide biologique — dans ton cas, une ponction légère — afin de détecter d’éventuels agents pathogènes, ou des signes spécifiques liés à certaines affections magiques.  

 

Je me rapproche, posée, tout en gardant une certaine distance pour ne pas empiéter sur sa liberté de décision.  

 

Pour cela, j’aurai besoin d’utiliser un autre sort, Punctura . Il s’agit d’un sortilège de ponction, très précis. Je le pratiquerai au niveau de l’avant-bras, là où le flux magique se concentre souvent chez les adultes. Rien de douloureux, simplement une légère pression. Une goutte de liquide à analyser, rien de plus.  

 

Je marque une pause, mes yeux cherchant les siens, sans forcer, mais sans détourner non plus.  

 

Ce ne sont pas des sorts anodins. Ils requièrent précision et consentement. Je ne le fais que si tu es d’accord, et je te garantis que je ne prendrai aucun risque.  

 

Je tends doucement la main vers le plateau flottant, effleurant l’une des fioles vides.  

 

Et pour répondre à ta question… La Synchrolyse semble avoir une composante héréditaire, oui. Mais ce n’est pas une règle stricte. On pense surtout que certains types de magie, ceux qui sollicitent une concentration constante et une grande finesse de manipulation — comme l’astronomie magique — peuvent en accélérer l’apparition. C’est peut-être aussi une question d’exposition prolongée à certaines énergies… on en sait encore peu, malheureusement.  

 

Je m’assois de nouveau, plus près de lui cette fois, et ma voix baisse d’un ton.  

 

Ce n’est pas un verdict, Aldebert. C’est une recherche de vérité. Tu dis que tu ne l’as jamais vu chez ton père… mais parfois, les choses sautent une génération. Parfois, elles changent de forme. Ce n’est pas une condamnation, c’est juste un pas vers la compréhension.  

 

Et enfin, plus doucement :  

 

On fait le test. Tu bois la potion ensuite, si tu veux. Et ensuite, on voit. Ensemble.  

 

Je lui laisse le temps. Ce n’est pas une urgence immédiate, mais c’est une décision importante. Je vois ses doutes. Je vois son orgueil, froissé à l’idée d’être peut-être diminué. Mais je vois surtout quelqu’un qui a peur d’avoir raison. Alors je reste là, calme, stable, un point fixe auquel il pourra se raccrocher s’il choisit d’avancer.  

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Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Ah, évidemment, je soupire en levant légèrement les yeux au ciel. Comment ai-je pu oublier que dormir était une entrave au génie scientifique ?

 

Je le taquine, bien sûr. Mais je note quand même la nuance. Il dort, oui, mais de façon chaotique. Il s’adapte aux exigences de son métier, aux nuits passées l’œil vissé à un télescope, aux horaires inversés qui finissent par décaler l’organisme tout entier. Ça ne signifie pas nécessairement un problème, mais le sommeil fragmenté et décalé peut parfois avoir des répercussions subtiles. Des faiblesses passagères, un esprit un peu plus lent à récupérer… ou une magie qui vacille par moments.

 

Je le laisse parler, détailler son état avec une certaine assurance, et j’écoute sans l’interrompre. Il balaie mes questions comme s’il passait un contrôle de routine sans intérêt, alignant les réponses comme on récite une leçon. Aucun vertige, aucune migraine, une hygiène de vie globalement raisonnable… Il a réponse à tout.

 

Presque.

 

Car il y a ce geste, furtif mais pas assez pour m’échapper. Cette crispation discrète, cette main qui se referme et se rouvre dans un mouvement qu’il aimerait anodin. Il détourne le regard, signe immanquable d’un aveu qu’il préfère minimiser.

 

Puis il finit par le dire. Les crampes. Fugaces, selon lui. Mais elles existent.

 

Je reste silencieuse une seconde, juste assez pour laisser la dernière phrase flotter entre nous, pour lui donner le poids qu’il tente de lui retirer.

 

Des crampes, je répète doucement, sans jugement, comme une simple constatation.

 

Je pourrais le questionner immédiatement, chercher à savoir à quelle fréquence, à quelle intensité, si elles se manifestent plutôt après l’effort ou au repos. Mais je sais que le brusquer maintenant serait la meilleure façon de le voir se refermer. Alors, je me contente d’hocher la tête et de me lever tranquillement, me dirigeant vers un petit meuble où sont rangés quelques potions et onguents.

 

Ce n’est peut-être rien, effectivement, je dis en tirant doucement un tiroir. La fatigue musculaire, un manque de minéraux… ou une posture de travail pas adaptée. J’imagine que tu passes des heures dans la même position à observer les étoiles ?

 

Je reviens vers lui, posant un flacon sur le bureau avant de reprendre ma place en face.

 

On va tester quelques mouvements, voir comment tes muscles réagissent. Je veux juste m’assurer que ce n’est pas lié à un problème plus profond.

 

J’adopte un ton neutre, presque détaché, comme si je parlais de la pluie et du beau temps. Pas question de lui laisser croire que j’imagine déjà un mal incurable. Juste un bilan, un simple constat.

 

Je le regarde avec un sourire en coin, reprenant volontairement sa propre logique.

 

Et puis, quitte à être ici, autant me prouver que je n’ai aucune raison de te dire « je te l’avais bien dit », non ?

 

Je me lève et fais signe à Aldebert de se redresser à son tour. Ces tests ne sont rien de bien sorcier, et surtout, je veux éviter qu’il se sente comme un patient en observation. Je commence par quelque chose de simple :

 

Lève les bras à l’horizontale, paumes tournées vers le sol, et garde-les ainsi quelques instants.

 

Un test basique pour observer d’éventuels tremblements, un relâchement musculaire involontaire, ou même une asymétrie dans la posture. Puis, j’ajoute :

 

Maintenant, ferme et ouvre les mains plusieurs fois, lentement, puis plus rapidement.

 

Je note les tensions, les petits blocages éventuels. Parfois, ce genre de gestes simples révèle bien plus que ce que les gens pensent. Une crampe peut être anodine, mais des muscles fatigués, crispés ou un relâchement nerveux peuvent en dire long.

 

Maintenant, appuie tes paumes contre les miennes et pousse légèrement. Je veux juste voir si tes muscles réagissent de façon homogène.

 

Un test de résistance tout aussi anodin en apparence, mais qui pourrait me donner une meilleure idée de la force qu’il exerce inconsciemment sur ses muscles. S’ils sont fatigués ou s’ils présentent une faiblesse inhabituelle, je le sentirai immédiatement.

 

J’observe son visage pendant ces gestes, autant que ses mouvements. Aldebert est un homme d’orgueil, il minimisera toute gêne, mais un froncement de sourcils, un tressaillement à peine perceptible, ou une hésitation dans l’exécution suffiront à me donner des indices.

 

Je ne cherche pas à l’alarmer, juste à comprendre.

 

Parce qu’aussi brillant soit-il, aussi capable de jongler avec les étoiles et les constellations qu’il est, son corps, lui, reste une mécanique comme une autre. Et une mécanique, même bien huilée, mérite parfois un ajustement avant que quelque chose ne se dérègle pour de bon.

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Conté de Devon, Samedi 26 Août 2124

Les choses prennent une tournure compliquée pour les membres du ministère de la magie. Aucune idée de ce qui peut bien les préoccuper à ce point, mais en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire - le stade est bouclé et c'est de justesse que je me glisse au travers du cordon de sécurité afin de me joindre à la mêlée. Enfin la mêlée, encore faudrait-il que je puisse l'atteindre. Il y a bien ces quelques éclairs de sortilèges qui fusent là-bas au loin, mais avec la lumière générée par le Feudeymon qui ravage le camp j'suis pas sûre de bien y voir. Moi qui pensait m'ennuyer en venant ici...

 

Prodiguant à celles et ceux qui croisent mon chemin les premiers soins - sans manquer pour autant de maudire leur imprudence (jugez par vous même du culot) - je tente tant bien que mal de rejoindre la zone où les corps sont les plus nombreux au sol, mais les éclairs des sortilèges forment un barrage assez convainquant pour m'empêcher d'aller plus en avant. Grommelant que les aurors pourraient quand même se sortir les doigts histoire que les secours médicaux puissent intervenir, je me décide finalement à apporter mon aide à celles et ceux qui tentent tant bien que mal de contenir le Feudeymon.

 

- Finite Terribilis !

 

Un galop enflammé semble rediriger sa course pour venir à ma rencontre... on dirait que ma petite tentative n'est pas passée inaperçue !

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Conté de Devon, Samedi 26 Août 2124

Pour un vieillard, le patron de la tête de sanglier a gardé de la ressource c'est indéniable. C'est même un peu frustrant à vrai dire, on est tous là à agiter nos baguettes sans que ça ne semble donner grand chose, et lui il se pavane et se permet même le luxe de me sauver les miches. Quel toupet... La cavalerie arrive, je remercie d'un signe de tête le vieux Mitch pour son aide et observe quelques instants le déroulement des choses. On le dira pas fort, mais en réalité ça me permet surtout de reprendre mon souffle. J'vous jure, être talonné par des bestioles en flammes ça vous retourne un peu.

 

Quelque part, voir que le directeur de Poudlard en personne ne parvienne pas à obtenir de résultat avec son sortilège me rassure... et accroit encore un peu plus mon ressentiment à l'égard du vieillard. Ça ne m'étonnerai pas que, dans quelques jours, tout pré-au-lard pense que c'est grâce à lui que le Feudeymon a été maitrisé. Le connaissant un peu, il serait même foutu de s'attribuer le mérite des duels contre ces abrutis encapuchonnés. Pas question de lui laisser la vedette, et encore moi de lui laisser le temps de relancer un sortilège, le fin mot de l'histoire : c'est toi qui l'aura !

 

- Finite Terribilis !

 

 

Et bah voilà ! Ça c'est de l'efficacité ! Les animaux enflammés se dissipent dans le vent en quelques secondes seulement... on va enfin pouvoir passer aux choses sérieuses.

 

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Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Un rire bref, presque surpris, m’échappe. Il a du culot, au moins. Et le plus étonnant, c’est qu’il semble enfin relâcher la pression, ne serait-ce qu’un instant. Un changement subtil, mais perceptible. Son sourire fugace, ce ton faussement léger… Voilà qu’il tente de détourner l’attention de lui-même. Classique. Mais au fond, peut-être que c’est sa manière à lui de prendre une pause, de souffler un peu, de ne pas laisser la conversation s’enfoncer trop profondément dans des terrains qu’il préférerait éviter.  

 

Je croise les bras, haussant légèrement un sourcil en le scrutant à mon tour.  

 

Un lourd secret, vraiment ? Voilà qui est ambitieux, Daryl.  

 

Je fais mine de réfléchir, exagérant légèrement le geste en penchant la tête sur le côté. Puis, avec un faux air de confidence, je m’adosse au bureau et baisse la voix, comme si j’allais lui livrer une information capitale.  

 

Très bien… Je vais vous révéler quelque chose de terriblement compromettant.  

 

Je laisse planer une seconde de silence, juste assez pour capter son attention, puis je me penche légèrement vers lui et murmure :  

 

… J’ai une sainte horreur du jus de citrouille.  

 

Un sourire en coin éclaire brièvement mon visage, un éclat de malice passant dans mon regard. Puis, reprenant un ton plus normal, je hausse les épaules.  

 

Et pour ce qui est de Poudlard… Qui vous dit que briller à Sainte-Mangouste m’aurait davantage convenu ?  

 

Je me redresse, plus sérieuse, bien que mon sourire n’ait pas totalement disparu.  

 

Ici, je ne suis pas une médicomage de plus dans une armée de guérisseurs. J’ai un rôle qui compte, un lien plus direct avec ceux que j’aide. Je ne soigne pas seulement des blessures ou des maladies, j’accompagne aussi ceux qui, comme vous, doivent apprendre à vivre avec ce que la vie leur a imposé.  

 

Mon regard reste fixé au sien, et cette fois, il n’y a plus de jeu dans ma voix, juste une sincérité brute.  

 

Vous savez mieux que quiconque que certaines cicatrices ne se referment jamais vraiment. Mais ça ne signifie pas qu’on doit les porter seuls.  

 

Je le scrute encore un instant, cherchant à voir ce qu’il fera de ces mots. Puis, d’un geste plus léger, je tends les mains devant moi en signe de reddition.  

 

Voilà, je vous ai révélé mon plus sombre secret et la raison de ma présence ici. Je crois que nous sommes quittes, professeur Brooks.  

 

Je laisse planer un silence, puis, reprenant une expression faussement désolée, j’ajoute :  

 

En revanche, je crains que cela ne m’empêche pas de vous convoquer de nouveau le mois prochain. Une guérisseuse doit faire son travail, après tout.

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Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Je ris doucement en le voyant mimer ce secret comme s’il venait de découvrir une hérésie. Sa petite mise en scène aurait presque pu passer pour puérile, s’il n’y avait pas eu cette sincérité au fond des yeux, ce soulagement discret de parler enfin d’autre chose que de poils, de potions et de protocoles. Il n’était pas difficile de voir qu’il avait besoin d’une pause, même courte, dans le récit constant de sa propre malédiction.

 

Mais sa remarque suivante me cloue sur place. Juste un instant.  


Et certains pensent oublier les leurs en s’occupant de celles des autres.


Une vérité lancée sans animosité, mais avec une lucidité mordante. Je n’ai pas besoin de répondre pour sentir combien cette phrase vise juste. Il n’y a rien de blessant dans ses mots, juste un miroir tendu, avec cette honnêteté brute qui lui est propre.

 

Je me contente d’un hochement de tête, simple et silencieux. Pas pour confirmer, ni pour nier. Juste… parce que je comprends. Parce qu’il a compris.

 

Et lorsqu’il me tend la main, je la prends sans hésiter, cette fois avec un contact plus ancré, plus sincère. 


À dans un mois, Daryl.  

 

Mon regard reste accroché au sien une seconde de plus. Pas pour le retenir, pas pour lui faire dire autre chose. Juste parce que je sens, comme lui, que cette conversation a été plus qu’un simple rendez-vous médical. Elle a marqué le début d’un terrain d’entente, fragile peut-être, mais bien réel.

 

Je le laisse partir sans ajouter un mot de plus. Il a besoin d’espace, et moi, de digérer cet échange. Mais quelque chose me dit que ce ne sera pas leur dernière conversation à dépasser le cadre purement professionnel. Pas s’il continue à me regarder comme un dossier, et moi à voir en lui autre chose qu’un simple patient.

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Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Je ne réponds pas. Son sarcasme, même s’il m’arrache un sourire discret, n’est pas un appel à être contredit. C’est une stratégie de survie. Une manière de détourner la gravité du moment, de la draper d’humour pour qu’elle devienne plus supportable. J’en ai vu d’autres. J’en ai vu des dizaines, des centaines même, d’élèves, de professeurs, de visiteurs de passage, tous essayant de transformer leurs inquiétudes en farces. C’est une ruse bien humaine. Et une ruse que je respecte, tant qu’elle ne devient pas un mur.

 

Une simple pression, oui, je murmure avec un sourire tranquille. Je te promets qu’on ne va pas te transformer en spécimen d’étude. Même si… je suis curieuse de voir de quoi est fait un Aldebert Wickerson.

 

Je prépare le sort avec méthode. Il ne voit pas mon visage à ce moment précis, occupé qu’il est à retrousser sa manche avec un mélange de lassitude feinte et de tension réelle. Moi, je vérifie les fioles, ajuste l’angle de la lumière magique qui flottera au-dessus de l’échantillon une fois ponctionné.

 

Ma baguette décrit un mouvement lent, précis. J’effleure son avant-bras avec deux doigts, cherche le bon point de pression, là où le flux magique se concentre en nappes fines sous la peau. Lorsqu’il évoque Balthazar, je lève à peine les yeux, le regard attendri.

 

Il faudra que tu lui dises ça toi-même. Je doute que ce soit bien reçu, mais je veux voir sa tête.

 

Un dernier sourire, puis je reviens à la tâche.

 

Tu vas sentir un picotement. Pas plus fort qu’une piqûre de moustique.

 

Je me concentre.

 

Punctura , avant-bras, point nerveux médian.

 

Un fin filament de lumière s’échappe de ma baguette pour venir se déposer contre sa peau. Il s’y fond lentement, à peine visible, jusqu’à ce qu’une goutte d’un liquide pâle, nacré, perle à la surface. Je la recueille aussitôt dans une fiole, que je scelle d’un geste net. Pas une goutte de sang, pas de douleur visible — juste une trace de magie condensée, brillante, un reflet de lui-même.

 

Je murmure ensuite :

 

Efflueo Videre .

 

La fiole s’illumine doucement tandis que le contenu se sépare, en couches fines, presque translucides. Le parchemin suspendu à côté du plateau réagit immédiatement, des symboles runiques apparaissant les uns après les autres, formant des lignes d’analyse que je suis du regard. Les signes se lisent comme une partition. J’avance doucement les yeux, attentive à la moindre anomalie.

 

Je ne dis rien tout de suite. Je veux être sûre. Il y a des indices. Rien de flagrant, rien d’écrasant, mais des schémas apparaissent dans les couches énergétiques. Un ralentissement de l’afflux magique dans les cellules motrices. Un résidu de flux instable, typique des interférences neuromagiques. Ce ne sont pas des preuves… mais ce sont des empreintes. Et elles mènent toutes à la même piste.

 

Je repose le parchemin flottant, le regard plus grave, mais toujours mesuré. Je ne veux pas trancher trop vite, ni jouer au devin. Je le regarde, le vrai, pas le patient. L’homme, là devant moi, qui vient de poser sa confiance sur la table.

 

Les résultats montrent une instabilité magique localisée. Ce n’est pas encore avancé, mais... ce n’est pas non plus rien. Je pense que la potion de Magnus t’apportera un soulagement net. Si c’est bien la Synchrolyse, elle l’atténuera suffisamment pour te permettre de fonctionner normalement. Du moins, dans cette phase-là.

 

Je laisse les mots s’installer, sans les enfoncer. Puis j’ajoute :

 

Ce qu’on vient de faire, c’est une photo, Aldebert. Un instantané. Il va falloir suivre l’évolution. Voir si les symptômes s’aggravent, ou si on peut les stabiliser.

 

Je referme la fiole, la place soigneusement dans une boîte étiquetée à son nom, que je rangerai dans les archives médicales. Il reste silencieux. Peut-être que le silence est la seule réaction possible, maintenant.

 

Alors je fais un pas vers lui, simplement, sans le brusquer.

 

Tu veux que je te laisse un moment ? Ou… que je reste ?

 

Ma voix est douce, basse. Parce que parfois, la meilleure façon d’aider, c’est juste d’être là. Pas pour répondre, pas pour expliquer. Juste pour ne pas laisser quelqu’un seul avec cette nouvelle part de vérité.