Harry Potter RPG
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Isaya Bergame

Gérante des Trois Balais 34 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Comptoir des Trois Balais, Mardi 01 Août 2124

Depuis qu'Isaya a pris son service à seize heures, le bar est resté plutôt calme. Kelly, la jeune employée de dix-huit ans lui a dit qu'il y avait eu un peu de mouvement vers midi mais sans plus. Cette journée semble tranquille. Ce n'est pas pour déplaire à Isaya qui aime parfois s'octroyer quelques heures sans rush, où elle peut simplement flâner dans ce bar qui est devenu comme sa seconde maison.

 

Elle observe l'horloge au-dessus de la porte d'entrée, faisant face au comptoir. Presque dix-huit heures. Kelly va débaucher et Erwan est déjà arrivé pour prendre la relève. Ils sont quatre, sans compter le grand patron, pour faire tourner cet établissement chaleureux. En règle générale, Kelly fait l'ouverture avec Margot, la grosse matrone qui aurait bien aimé gérer le bar mais qui a un trop mauvais caractère pour que Michael, le patron, lui laisse la gestion et la mission de représenter les Trois Balais. Isaya arrive dans l'après-midi, s'octroie deux bonnes heures pour s'occuper de tout le côté gestion avant de prendre son service derrière le bar, rapidement rejointe par Erwan, un jeune homme de vingt-six ans, dynamique et plein d'humour.

 

Quelques habitués commencent à arriver lorsque Kelly quitte le bar, lançant un joyeux "passez une bonne soirée !". Isaya la salue de la main alors qu'Erwan est déjà tout affairé à prendre les commandes et débattre de la qualité actuelle des steak de dragon.

La porte s'ouvre à nouveau et Isaya reconnaît celui qui vient d'entrer. Noah, le type qui travaille au ministère et qu'elle imagine volontiers croulant sous des dossiers divers et variés, passant ses soirées au bureau et ayant même aménagé un coin dodo au fond de la pièce. Les fois où elle pense à lui, elle se dit qu'il doit avoir un niveau de stress élevé -elle imagine toutes les personnes bossant au ministère comme ayant un niveau de stress élevé. Peut-être qu'un jour, elle devrait lui offrir cette tisane dont sa mère lui fait sans cesse la promotion et qu'elle vend soit-disant beaucoup à Ste-Mangouste pour les familles trop inquiètes du sort de leurs proches.

 

Noah la reconnaît également et va vers elle. 

Elle l'accueille de son éternel sourire chaleureux. Lui, n'a pas l'air d'être au meilleur de sa forme. L'imagination d'Isaya s'active, s'affole, fait des soubresauts et des cabrioles. Il y a un énorme problème politique dont personne à part les hautes sphères n'a entendu parler et Noah est investi d'une mission aussi cruciale que confidentielle pour gérer cette crise. Ou quelqu'un a merdé au ministère ce qui pourrait entraîner de sérieux soucis diplomatiques et Noah doit rattraper la bourde de son collègue par tous les moyens. Ou encore c'est lui qui, en croyant bien faire, a mis les pieds là où il fallait pas et il est sur la sellette, à deux doigts de perdre son job et perdre son âme dans l'alcool. Ou bien...

Il lui demande un verre un verre d'Ogden's et elle se dit que ça y est, c'est le début de la fin, le premier verre qui va en amener un autre qui va en amener un autre et un autre... jusqu'à vider la cave des Trois Balais.

 

-Eh ben, ça n'a pas l'air d'aller fort, commente-t-elle en ramenant une mèche de cheveux derrière son oreille. Je te prépare ton verre.

 

Elle se retourne, attrape une bouteille, dose consciencieusement le niveau d'alcool dans le verre, y ajoute quelques glaçons. Puis elle revient vers Noah. Commence à tendre le verre au sorcier avant de suspendre son geste.

 

-Tu bois pour oublier ? Ou dans l'espoir que ça te remettra les idées au clair ? Si c'est ça, je te préviens, c'est rarement la solution.

 

Isaya ne connaît pas bien Noah. Pourtant, elle a l'impression de le connaître assez pour se permettre cette familiarité. Il a ses habitudes aux Trois Balais. C'est comme ça qu'ils ont commencé à échanger quelques mots devenus au fil du temps de petites discussions. Souvent superficielles, ni l'un ni l'autre n'est beaucoup entré dans les détails de sa vie personnelle. La preuve : elle ne sait pas exactement ce qu'il fait au ministère. 

Isaya aime bien Noah. Il n'est jamais méchant avec elle, il remplit les caisses des Trois Balais avec sa fidélité et il est un bon compagnon de blabla de bar.

Elle lui fait un petit sourire qui semble dire : "quoi qu'il se passe, t'inquiète pas, ça finira par se résoudre". Mais pas avec l'alcool.

 

-Oh, tu sais quoi ? reprend-elle, en posant finalement le verre devant son client. Je vais boire avec toi.

 

Elle se retourne pour se préparer un verre.

Pour sûr, si la grosse Margot était là, elle ronchonnerait et dirait que voilà, c'est pour ça que Michael aurait dû la choisir elle et pas Isaya comme gérante parce qu'elle, au moins, elle ne boit pas pendant le service ! Et gna gna gna et gna gna gna. Si seulement elle pouvait se lasser de ce boulot et se barrer, cette madame-mauvais-caractère !

 

-Allez, dis-moi tout, lance la gérante en reprenant sa place face à Noah.

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Isaya Bergame

Gérante des Trois Balais 34 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Comptoir des Trois Balais, Mardi 01 Août 2124

Isaya n'a pu s'empêcher d'afficher une discrète moue lorsque Noah évoque une période de réunions aussi longues qu'ennuyeuses. Ce n'est pas du tout comme ça qu'elle imaginait son boulot ! Bon, d'accord, elle a conscience qu'il doit avoir une tonne de paperasses à traiter, l'administratif, vous connaissez... Mais quand même. Elle pensait qu'il y avait plus de trucs palpitants dans sa vie professionnelle. Avouez, c'est pas très sexy de dire qu'on traite de la paperasse et qu'on organise des réunions barbantes tout au long de la journée. Ca l'est beaucoup plus quand on dit qu'on est un genre d'agent qui est sur une mission top secrète pour sauver le pays.

 

La légère moue d'Isaya s'efface bien vite avant d'être remplacée par un sourire brillant lorsque son interlocuteur lui révèle être aujourd'hui à la tête du bureau des Aurors. Ah ! Elle le savait ! Il ne peut pas faire que traiter de la paperasse ! Il doit aussi poursuivre des gens louches, des gens malintentionnés, qui cherchent parfois dans les tréfonds des archives des sorts de magie noire oubliés juste pour le kiffe de dire je connais des trucs que les autres ne connaissent pas ! 

C'est sûr, Noah doit être sur le terrain parfois. Les réunions barbantes, ça peut pas être que ça son boulot d'Auror. C'est absolument pas la représentation qu'elle en a. 

Puis l'homme enchaîne sur la coupe du monde de Quidditch. Ah ça, pour en entendre parler... en tant que gérante d'un bar, Isaya croise beaucoup de monde tout au long de la journée. Et dans tout ce monde, il y en a forcément un certain nombre qui s'extasient sur cette coupe du monde à venir. En ce qui la concerne, elle n'en a pas grand-chose à faire. Elle n'a jamais été particulièrement passionnée de Quidditch. Ses parents non plus d'ailleurs. Ils n'ont donc pas eu l'occasion de lui transmettre la passion que certains parents transmettent à leurs enfants.

En tout cas, ce qu'Isaya retient, c'est que cette foutue coupe du monde demande beaucoup de réunions et de pourparlers et que Noah est obligé d'y participer mais n'apprécie pas outre-mesure cette mission.

 

-Je ne peux que te comprendre, répond la gérante. Ca a l'air gravement barbant ton truc. 

 

Un verre levé, une gorgée avalée.

L'alcool se propage doucement dans son corps, petite chaleur.

 

-Mais c'est quand même pas que ça, le boulot de chef des Aurors ? C'est pas des réunions à dormir debout toute la journée, tous les jours que Merlin fait ?

 

On sent dans sa voix une pointe de déception en imaginant Noah lui avouer que oui, c'est quand même beaucoup ça le boulot de chef des Aurors.

 

-Franchement, reprend-elle, je pourrais pas faire ça. C'est peut-être bien payé, mais ma santé mentale en prendrait un coup. Si j'étais Auror, je serais là pour... pour du terrain, de l'action, faire régner l'ordre et la justice ! Pas pour organiser des réunions avec des gens qui blablatent des heures pour ne rien dire ou presque. 

 

Puis, se rendant compte de ses propos, elle affiche une mine d'excuse :

 

-Oh pardon, je voulais pas dire ça... enfin c'est super le boulot que tu fais, surtout si ça te plaît. Je ne dénigre pas ça.

 

Elle regarde le fond de son verre qu'elle tient toujours en main. Petit mouvement de poignet : le liquide s'agite, les glaçons s'entrechoquent.

 

-C'est juste que je comprends totalement que ça ne soit pas ta tassé de thé. Je suppose que tu n'as pas choisi ce métier pour ce côté-là de la profession.

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Isaya Bergame

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Comptoir des Trois Balais, Mardi 01 Août 2124

Isaya hoche vigoureusement la tête : elle comprend, le besoin d'un verre dans une ambiance chaleureuse pour laisser derrière une journée particulièrement barbante et pas du tout à la hauteur de ce qu'on attendait. Elle aussi, est passée par cette phase-là à quelques reprises. Notamment sur les derniers mois ayant précédé l'officialisation de sa rupture avec Roy. L'idée de rentrer chez elle et de le trouver potentiellement installé dans le canapé lui foutait l'angoisse. Ca l'ennuyait rien que d'y penser. Ce qu'il pouvait être devenu mou et sans intérêt au fil des années ! D'un barbant à préférer faire un câlin au saule cogneur. Alors elle avait allongé le plus possible ses journées de boulot. Profitant comme elle pouvait de la douce ambiance des Trois Balais et partageant parfois (souvent) quelques coups avec son patron Michael (sous le regard sévère et désapprobateur de Margot qui, de toutes façons, n'était jamais contente de rien).

 

Elle écoute avec attention Noah qui déroule les motivations réelles qui l'ont poussé vers ce travail. Il dit ne pas vouloir se contenter des affaires banales qui l'ennuient. Et préférer plus d'action, se confrontant à de vrais mages noirs aux buts tout aussi sombres. Les chasser, les traquer, les arrêter. Ce sentiment d'avoir rendu un fier service à la population en la protégeant d'un individu plus que dangereux.

Mais comme il le dit lui-même, il y en a de moins en moins.

D'un côté, c'est un bon signe : la paix perdure et les dangers s'éloignent. Ce n'est pas plus mal pour le commun des mortels.

Mais elle peut comprendre sa frustration. Confronter son idéal à la réalité du terrain, c'est parfois compliqué.

 

Elle secoue doucement la tête lorsqu'il lui demande si elle le prend pour un fou.

 

-Tu ne dois pas être le seul à avoir choisi la voie des Aurors pour ces raisons. Après tout, ce sont les modèles qu'on en a, ces grands sorciers qui ont combattu les mages noirs du temps de Voldemort et ont fondé la résistance dont tout le monde parle encore. Et parfois, la réalité est terriblement décevante. C'est difficile à accepter.

 

Elle tapote son verre du bout de l'ongle.

 

-Et lui, c'est un très cher ami qui donne un petit coup de pouce pour accepter cette réalité et accepter que nos idéaux ne restent parfois que des idéaux.

 

Elle pousse un petit soupir, s'étire et s'accoude contre le comptoir. 

 

-Moi, j'ai grandi avec l'idéal des bons festins et du prince charmant. Pas de souci pour les premiers. Mais le second... j'ai mis du temps avant de m'avouer et accepter que Rory -mon ex- était loin d'être le prince idéal que j'avais imaginé au départ. Les Trois Balais et quelques verres m'ont beaucoup aidée à me détacher de cette utopie que je m'étais faite pour m'incliner devant ce qui était la réalité. A savoir qu'il est juste un type mou, persuadé d'avoir du talent alors qu'il n'en a pas.

 

Elle roule des yeux en se remémorant ces événements. Puis, se remettant face à Noah, elle ajoute :

 

-Franchement, aucune maison d'édition n'a voulu de ses bouquins, il s'est retrouvé à devoir s'auto-publier ! Et on va pas dire qu'il ait eu un franc succès, j'suis sûre tu le connais même pas. C'est un signe, quand même, non ? Bah il veut rien voir, rien entendre. Voilà le parfait exemple du type qui plane encore très haut dans ses idéaux et ne s'est absolument pas confronté à la réalité.

 

Sur ces paroles, elle vide son verre d'un seul trait. Le repose brutalement sur le comptoir puis hausse les épaules l'air de dire : parfois, y'a des cas désespérés

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Isaya Bergame

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Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

Isaya ne cache pas sa surprise quand Leo lui annonce travailler au Ministère, au département des transports.

Ca peut paraître idiot, mais elle ne le voyait pas du tout comme agent du Ministère. Il lui apparaissait trop électron libre pour accepter un tel cadre institutionnel. En vérité, elle ne sait pas bien comment elle l'imaginait... Avec son enthousiasme à tout épreuve et son côté un peu perché, elle le voyait sans doute dans quelque chose de plus créatif. Mais peut-être qu'elle se trompe sur la réalité d'un poste au Ministère. C'est peut-être très créatif, après tout.

 

Elle a un sourire lorsqu'il précise qu'il continue de venir jusqu'à Pré-au-lard et plus précisément aux Trois Balais parce qu'il y préfère les bièraubeurres. Et parce qu'il aime bien papoter avec elle. 

Il enchaîne, ses idées fusent plus vite que la lumière. Un instant, elle se demande comment son cerveau peut en générer autant à la minute. Elle l'imagine comme une sorte de chaudron en ébullition, de bouilloire qui siffle sans arrêt. Si elle le connaissait mieux, si elle était plus proche de lui, sans doute qu'elle lui demanderait, à un moment donné, si ce n'est pas trop épuisant tout ça. L'impression d'avoir une machine qui fonctionne à cent à l'heure tout au long de la journée. Elle se surprend à pousser la réflexion encore plus loin, se demandant si ses rêves sont tout aussi agités, bondissant d'un fait à l'autre, d'une idée à l'autre sans repos.

 

L'excitation manifeste qui transparaît dans l'attitude physique du jeune homme et ses yeux écarquillés lui font dire qu'il n'a, décidément, pas du tout l'air épuisé. Il doit nourrir son cerveau de quelque substance dopante -et peut-être légale- lui permettant un fonctionnement optimal H24.

Fort de son idée nouvelle, Leo propose même un nom à sa nouvelle boisson.

Bergamote ? Il y a quand même plus original comme nom.

Perplexité, un court instant.

Les mots s'agencent, s'organisent, les lettres dansent, se découpent.

Elle repense à la façon dont il l'a dit

Bergam Ote, légère pause entre les deux mots, elle comprend qu'il joue sur son nom

Bergam-Hot.

Elle lève un sourcil, un sourire en coin des lèvres qui demeure.

Leo lui a toujours paru être le gamin gentillet et innocent qui fréquentait les Trois Balais depuis son adolescence. Encore aujourd'hui, dix ans plus tard, elle n'arrive pas à se détacher de cette image qu'elle a de lui. Alors elle se demande s'il a conscience qu'en dehors de la bergamote, ça fait surtout Bergam-Hot.

 

-Ne trouves-tu pas ta proposition de nom un peu... tendancieuse ? demande-t-elle avec un sourire et une forme de malice qu'elle ne parvient pas à dissimuler.

 

Avec le Leo, elle n'arrive pas à savoir s'il est juste un grand enfant naïf. Ou s'il sait parfaitement ce qu'il fait.

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Isaya Bergame

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Salle principale des Trois Balais, Samedi 03 Mars 2125

Avec @Gabriel 

 

Isaya aime bien les samedis après-midi. Ce n'est jamais de tout repos lorsqu'on est de l'autre côté du comptoir mais elle aime voir ces gens défiler. Surtout les jeunes, les étudiants. Ca la ramène à sa propre jeunesse, ses propres années d'étude. Elle aime voir ces jeunes qui se rencontrent, se retrouvent, soufflent un coup. Parfois, ils viennent même flirter dans son établissement autour d'un chocolat chaud ou d'une bièraubeurre. Elle a un doux sourire attendri lorsqu'elle constate ça de loin. Elle fait très attention à ne pas être remarquée par l'un des jeunes histoire de ne pas les embarrasser. Les premiers émois, les premiers sentiments, c'est quelque chose de sacré. Et, surtout, de sacrément stressant.

Cette pensée l'amène vers Leo, le jeune adulte empli d'une aura de naïveté touchante. Vieille histoire dans laquelle elle s'est embarquée un peu trop vite... et surtout par pitié. Ca lui apprendra à vouloir être la sauveuse du monde -ou du moins de ceux dont elle croise le chemin.

 

L'horloge murale derrière le comptoir a égrené ses minutes et ses heures au rythme d'un tic-tac régulier.

L'après-midi s'étire et dix-sept heures approche.

Les étudiants vont et viennent. Quelques sorciers plus âgés, sans doute résidant ou de passage à Pré-au-lard, complètent le tableau. Parmi eux, Harvey, fidèle client de l'auberge depuis qu'il traverse une phase difficile suite à son divorce, quatre mois plus tôt. Il vit dans une petite maison de Pré-au-lard, éloignée de l'agitation du centre-ville. Madame est partie un beau jour, après, sans doute, des mois d'avertissements et de signes avant-coureurs qui n'ont pas été entendus. Alors, évidemment, Harvey a vécu cela comme une trahison lui étant tombée dessus d'un seul coup. 

Isaya ne sait pas trop pourquoi, mais Kelly s'est prise d'affection pour ce quarantenaire moustachu qui noie son désespoir dans le whisky pur feu et les burgers de steak de dragon. Lorsqu'il y a un moment de creux dans le service, souvent, ils discutent. Isaya ne sait pas de quoi mais elle a l'impression que ça fait du bien à Harvey et Kelly ne s'en plaint pas alors elle laisse faire.

Mais cet après-midi, la voix de la serveuse attire son attention :

 

-Allons, Harvey, je crois que vous avez assez bu, il n'est même pas dix-sept heures ! Vous ne voulez pas plutôt un café ? Un jus de citrouille ?

-Non ! Laisse-moi, ma vie est foutue de toutes façons. 

-Harvey, ne dites pas ça, voyons. Vous vous souvenez ce qu'on s'est dit la dernière fois ?

-Laisse-moi tranquille ! braille l'homme, attirant tous les regards sur l'étrange duo.

 

Ne souhaitant pas laisser les choses dégénérer et ayant l'habitude de gérer les soulards,  Isaya quitte son comptoir et, en quelques enjambées, rejoint la table du client agité. Il tient dans une main son verre de whisky dont il reste encore un fond et, de l'autre, tient son front entre ses doigts crispés et tremblants.

 

-Un problème ? demande Isaya d'une voix douce. Harvey, Kelly a raison, vous n'êtes pas bien, il n'est pas raisonnable de continuer à boire. Vous voulez qu'on vous aide à rentrer ?

-Non ! s'exclame l'homme en se tournant subitement vers la gérante, les yeux embués de larmes et écarquillés.

 

Dans son mouvement brusque, le fond du verre se retrouve balancé sur la jeune femme dont le pull vert olive se retrouve tâché de whisky.

 

-Oh, pardon, s'empresse-t-il de dire, tout à coup rouge. 

 

Il repose son verre et, continuant de s'excuser platement, se lève, ne tient pas debout, se rattrape à la table, bégaie, dit qu'il va arranger ça, sort sa baguette pour joindre le geste à la parole.

 

-Oubliez ça Harvey, répond Isaya qui ne veut pas se retrouver victime d'un malencontreux sort jeté par un type sous alcool. Ce n'est pas grave. Kelly, tu peux l'aider ? Je vais gérer ici, ne t'inquiète pas.

 

La serveuse et sa patronne se lancent un regard entendu et Harvey se retrouve à prendre le chemin de la porte sous bonne escorte. Bientôt, il disparaît accompagné et soutenu par Kelly. 

Isaya baisse alors les yeux sur son pull. Il va falloir arranger ça. 

 

Tergeo 

 

La baguette d'Isaya émet un petit bong  qui n'était pas du tout prévu et n'augure rien de bon. En effet, la tâche ne disparaît mais pire : elle s'étend sur le pull et l'odeur d'alcool semble s'amplifier. Quel désastre bon sang ! La jeune femme ferme les yeux quelques secondes pour s'obliger à se ressaisir. Soit elle retente soit elle accepte l'idée de finir la journée avec un pull tâché et une odeur d'alcool qui colle à la peau... Et il n'est même pas dix-sept heures... 

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Isaya Bergame

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Comptoir des Trois Balais, Mardi 01 Août 2124

Isaya regarde Noah lever son verre avant de le vider d'un trait. Elle songe que des illusions, on en a tous. Après tout, c'est bien comme ça qu'on parvient à affronter le monde, dans toute sa splendeur et son horreur. Si on ne se berçait pas, ne serait-ce qu'un peu, d'illusions, on ne parviendrait sans doute pas à faire un pas après l'autre tellement on verrait le monde dans sa réalité la plus crue. 

 

A son tour, elle boit. Une petite gorgée. Pense aux illusions d'avant, aux illusions brisées, à celles qui se reconstruisent et celles qui apparaissent.

 

-Ecoute, t'as raison, commence-t-elle, si Rory est heureux comme ça et qu'il ne fait de mal à personne, qui suis-je pour lui dire comment vivre ? Quant à toi, je pense qu'une petite dose d'illusions et d'espoirs est nécessaire pour faire ton boulot. Croire en des jours plus fastes, plus palpitants est utile pour tenir le cap. Jusqu'à ce que ces fameux jours arrivent. Et tu te féliciteras d'avoir tenu bon. 

 

Son regard quitte Noah pour se perdre quelque part au-dessus de son épaule.

La porte du bar s'ouvre et se ferme, laissant entrer ou sortir des silhouettes parfois familières, parfois non. Les voix enveloppent la pièce, les rires résonnent et les plats défilent. Isaya se fait la réflexion que pendant qu'elle papote, Erwan assure tout, tout seul. Mais il n'a pas l'air de s'en plaindre, le gaillard. C'est qu'il est robuste et courageux. Elle le cherche néanmoins des yeux, afin de sonder un éventuel appel à l'aide silencieux.

Le serveur est en grande conversation animée avec Rosa, une vieille dame qui vient tous les soirs sauf le jeudi et qui discute très souvent avec Erwan de la qualité du jour des steaks de dragon. Isaya s'est toujours demandé comment le jeune homme pouvait tenir la conversation avec cette vieille pipelette dont l'unique obsession est d'avoir chaque soir un excellent steak dans son assiette. A priori, le jeune serveur s'acquitte de cette tâche avec joie et bonne humeur : il doit y trouver un quelconque intérêt.

Isaya reporte à nouveau son attention sur Noah. Reprenant la bouteille de whisky, elle en versa de nouveau dans le verre du directeur du bureau des Aurors et dans le sien.

 

-Aux illusions qui nous permettent de continuer notre bonhomme de chemin ! On n'aime jamais toutes les parties d'un boulot, même si c'est le poste dont on rêvait. Je suis sûre que viendra le jour où tu feras enfin ce pour quoi tu avais choisi cette voie. Et que tu ne laisseras pas la place à quelqu'un de plus mauvais que toi pour le rôle, ajouta-t-elle d'un ton taquin. 

 

Elle eut un rire avant de lever à nouveau son verre et boire une énième gorgée.

A ce rythme-là, elle ne finirait pas la soirée et ça ne ferait pas très professionnel devant Erwan !

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Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

Lorsque le tonitruant "Hello" est lancé d'un ton enthousiaste, Isaya se détourne des bouteilles qu'elle était en train de compter et d'inventorier sur l'étagère derrière le comptoir.

Elle voit un jeune homme entrer. Qu'elle connaît bien parce que ça doit faire... presque dix ans qu'il vient régulièrement. Il venait ado, du temps où les sorties à Pré-au-lard étaient un moyen efficace de couper avec Poudlard le temps d'un après-midi. Oublier les cours et les examens. Se ressourcer entre amis. Puis il a continué à venir après les études. Isaya s'est toujours demandé s'il habitait le village mais n'a jamais osé poser la question. Toujours est-il que parmi les clients fidèles, Leo tient une belle médaille. 

 

Elle le voit arriver vers elle et l'accueille avec un sourire chaleureux.

Il a l'air en forme. Heureux, tout ça tout ça. Après, elle a l'impression qu'il est souvent en forme. Il ne fait pas tellement partie de ces clients qui viennent aux Trois Balais pour diluer leur malheur dans l'alcool. Non. Leo a toujours cette belle énergie contagieuse qui fait rayonner l'ambiance des Trois Balais.

Elle va lui demander ce qui lui ferait plaisir mais le jeune homme ne lui en laisse pas l'occasion. Il commence avec son fameux Miss Bergame -pourtant, elle est persuadée qu'il connaît son prénom. Et continue avec une formulation qui la surprend.

S'est-il trompé de personne en lui souhaitant un joyeux anniversaire ?

Non, il a explicitement dit "Miss Bergame"

C'est sur la date, alors, qu'il s'est trompé. Mais d'abord, comment pourrait-il la connaître ? Ce n'est pas le genre de sujet dont elle discute avec les clients, aussi fidèles soient-ils. Par exemple Noah, qui a pourtant ses habitudes ici et avec qui elle aime papoter, n'en sait rien. 

Leo n'attend pas sa réponse avant de déclarer ouverte la tournée générale.

La salle est loin d'être pleine à craquer. Mais la quelque douzaine de clients présents s'exclame et s'esclaffe. Une tournée générale, ça ravit toujours les coeurs. 

 

-Ca c'est un bon p'tit, approuve un homme en levant sa chopine de bièraubeurre encore aux trois quarts pleine.

 

Isaya se penche au-dessus de son comptoir en direction de Leo, comme si elle allait lui confier un super secret. D'un sourire amical, elle lui répond :

 

-Ne te serais-tu pas trompé de personne ? Ce n'est pas mon anniversaire aujourd'hui.

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Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

Leo paraît sincèrement décontenancé par la question d'Isaya qui suppose alors qu'il est réellement un gentillet naïf et innocent. 

Quelques remarques des autres clients, rires gras auxquels le jeune homme se joint mais sans avoir trop l'air de comprendre pourquoi les autres rient. Il fait comme les autres, comme la foule, parce qu'écoutez, si ça rit, c'est que ça doit être drôle.

 

Un regard, un geste impatient de la main, Isaya fait signe aux autres clients de cesser leurs rires pleins de sous-entendu auxquels le jeune Leo ne comprend, de toutes les façons, rien.

Le jeune homme renchérit sur son idée de boisson, ce à quoi la gérante lui répond : 

 

-Eh bien, écoute, si je reprends réellement les Trois Balais, j'y réfléchirai. Tu sais faire des cocktails ? Tu viendras expérimenter avec moi, si tu veux. Et on pourra dire que cette nouvelle boisson, c'est un peu ta création. Qu'est-ce que t'en dis ?

 

Puis Leo enchaîne sur un autre sujet. Qui surprend un peu Isaya. Elle ne pensait pas qu'il aurait le courage d'être si frontal.

Elle entend, comme un son lointain, un client ricaner un peu en dépit de toute la volonté que ça a dû demander au jeune homme pour venir proposer une invitation à l'issue du service. Elle lui lance un regard noir qui le fait taire. Elle ne sait pas pourquoi, elle ressent une forme d'affection pour ce garçon tout juste adulte et pourtant encore grand enfant. Il a l'air de faire ses premiers pas dans une vie de grand, tâtonne, oscille, titube. Les expériences amicales, amoureuses, sociales, celles par lesquelles la plupart des gens sont passés ou continueront de passer. Souvent, la façon dont se passent nos premières expériences en matière de relations humaines conditionnent -pour un temps du moins- la façon dont se passeront nos expériences similaires. Alors elle n'a pas le droit de laisser un type aléatoire se moquer du jeune Leo et lui faire perdre tout le courage qu'il a réussi à mobiliser en lui.

Pour autant, la part rationnelle et très professionnelle d'elle-même lui chuchote de faire attention, de ne pas aller trop loin. Mais elle la balaie d'une pensée. Il n'y a rien de... tendancieux, hein ? Et puis, c'est vrai qu'elle n'a pas souvent l'occasion de sortir en dehors de son bar. Depuis qu'il n'y a plus Rory... ils faisaient souvent des sorties ensemble. Jusqu'à ce cet idiot ne s'enferme dans son idée qu'il peut devenir un auteur à succès et qu'il ne passe ses journées penché sur un bureau à griffonner des manuscrits sans grand intérêt.

 

Posant les bras sur le comptoir, Isaya se penche légèrement en avant, comme pour confier à Leo le plus grand des secrets.

 

-C'est d'accord, lui dit-elle à mi-voix. Et tu pourras me raconter comment ça se passe au ministère.

 

Ca, il faut l'avouer, ça l'intrigue.

Leo au ministère... quelle information surprenante. 

 

-C'est quoi, ton restaurant préféré ? En dehors des Trois Balais, bien évidemment, ajoute-t-elle dans un sourire.

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Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

Elle sent que la réponse apportée n'était pas la réponse attendue. L'air amusé, elle constate que Leo semble avoir subi un choc particulièrement violent : yeux écarquillés, sourcils hautement relevés, bouche légèrement ouverte, les cils papillotent, clignent de façon presque infinie, signe d'un étonnement non feint. 

L'instant de surprise laisse bientôt place à un sourire, large et étincelant, qui s'étire d'une oreille à l'autre. 

Isaya relève la tête lorsque ses oreilles capte un sifflement lancé depuis la salle, suivi d'un ricanement. Elle jette un regard noir à celui qu'elle pense être le responsable mais constate rapidement que la douce moquerie n'a eu aucun impact sur le jeune homme qui semble n'en faire aucun cas. Il a l'air plutôt perdu dans ses pensées entremêlées, trop concentré pour faire attention à ce qu'il se passe autour de lui. 

 

Il entame une phrase, bégaie, s'interrompt. 

Isaya se sent un peu coupable de l'avoir mis dans une telle situation et s'apprête à lui faire une proposition de restaurant, histoire de le sortir de ses centaines de pensées emmêlées, mais le jeune homme reprend la parole et cette fois-ci, le flot n'est pas interrompu. 

Elle a un doux sourire aux lèvres.

 

-Je ne connais pas. Mais ça a l'air chouette, les pâtes fantôme. Et puis c'est un bon signe s'ils ont des chaises.

 

Le ton n'est pas moqueur. Mais amusé.

Elle essaie de se rappeler comment elle était au même âge. En réalité, à la même période de vie, la sienne était complètement différente. Elle était en voie d'être mariée à Rory et n'essayait pas du tout de vanter maladroitement les mérites d'un restaurant rempli de chaises et de pâtes fantômes. Elle ne peut donc pas tellement se projeter dans ce que doit ressentir Leo à cet instant précis.

 

-Tu repasses ici à vingt-heures et on ira ensemble ?

-Ouah p'tit gars t'as intérêt à être ponctuel ! s'écrie alors un type barbu installé à une table près du bar. Et ses deux copains s'esclaffent avec lui.

-C'est fou, fait semblant de s'indigner Isaya, poings sur les hanches, quand on pense qu'une conversation est privée, elle est en fait tout sauf privée !

-Ah, faut pas vous énerver comme ça, on a pas fait exprès d'entendre !

-Eh bien faites exprès de ne pas entendre !

 

Puis, tournant à nouveau son attention sur Leo :

 

-C'est d'accord pour ce soir vingt-heures ?

 

Elle laissera Kelly et Erwan gérer la deuxième partie de soirée et faire la fermeture. Elle a toute confiance en eux. 

Mais une partie d'elle-même se demande si elle a réellement bien fait d'accepter l'invitation. 

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Isaya Bergame

Gérante des Trois Balais 34 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
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Trois Balais, Samedi 24 Février 2125

Une voix interrompt Isaya dans son activité de récurage magique. Elle se tourne et découvre, près du comptoir, une jeune élève qui a attiré son attention d'un "excusez-moi". Elle ne doit pas avoir plus de treize ou quatorze ans. Peut être même que cette année est sa première année de sortie à Pré-au-lard. Isaya se rappelle sa propre période étudiante. Venant d'une famille de sorciers, elle avait entendu parler du village et savait qu'en 3ème année, elle serait enfin autorisée à s'y rendre à quelques occasions. Parfois, les élèves plus âgées venaient narguer les plus jeunes en brandissant sous leur nez les confiseries achetées chez Honneydukes et Isaya se rappelait en baver d'avance. Souvent, elle se disait "vivement la 3ème année !" et lorsque cette année était arrivée, finalement, les sorties à Pré-au-lard étaient devenues banales. Certes, c'étaient des moments hors du château qu'elle chérissait, ces instants où on peut décompresser et retrouver l'adolescente qu'on a en soi, sortir avec les copines, se prendre pour des grandes avec la chope de bièraubeurre. Mais à force, ces sorties avaient perdu de l'enchantement qui faisait briller ses yeux lorsqu'elle y songeait, à onze ou douze ans.

 

La jeune étudiante lui demande si elle n'a pas vu Lily.

Isaya hausse un sourcil, l'air interrogateur. Elle ne connaît pas de Lily et ne voit pas du tout de qui peut parler la jeune demoiselle. Celle-là même qui apporte quelques précisions : une brune, qui ne tient pas en place et a eu la charmante idée d'être répartie chez les Blaireaux.

 

-Je suis désolée, répond doucement la gérante, ça ne me dit rien. Mais peut-être que d'autres l'ont vue. Kelly ! appelle-t-elle en tendant le cou pour chercher du regard la serveuse.

 

La jeune femme arrive vers le comptoir d'un pas souple, chargée d'un plateau qui ramène des assiettes sales qu'elle dépose derrière le bar. Elle regarde sa patronne d'un air interrogateur.

 

-La jeune fille cherche son amie Lily, explique Isaya. Une grande brune qui ne tient pas en place. 

 

La serveuse prend un moment de réflexion, les yeux rivés au plafond. Sa façon de réfléchir et se concentrer. 

 

-Ah la p'tite qui vient souvent pleine d'énergie et qui repart tout aussi vite, encore plus gorgée d'énergie après un jus de citrouille ? demande-t-elle en reportant son regard sur l'élève qui attend. Ouais, j'crois qu'elle est passée mais elle est pas restée longtemps aujourd'hui. Elle a juste mangé un cookie, même pas de jus de citrouille. Désolée, je ne sais pas où elle est partie.

 

Kelly a un haussement d'épaules puis un sourire compatissant pour l'amie abandonnée. Et elle retourne à ses affaires.

 

-Tu avais rendez-vous avec elle ? interroge Isaya tout en reportant son attention sur la vaisselle qu'elle a magiquement bien récurée.

 

Brandissant à nouveau sa baguette, elle compte à nouveau s'appuyer sur son don de sorcellerie pour accélérer le boulot.

 

Wingardium Leviosa 

 

Les assiettes, les tasses et les chopes se soulèvent et, guidées par le mouvement d'Isaya, s'acheminent tranquillement vers les étagères où elles doivent être rangées. La gérante a un sourire de contentement avant de s'apercevoir qu'une tasse s'est glissée parmi les chopes. Elle a carrément la flemme de la remettre à sa place et se dit que, tant pis, ça sera un petit élément original de rangement.

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Isaya Bergame

Gérante des Trois Balais 34 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

Le jeune homme semble perplexe face à la réponse d'Isaya. Il compte sur ses doigts, comme pour vérifier son information. La gérante ne comprend pas ce qu'il peut bien être en train de compter et attend patiemment, léger sourire aux lèvres. Depuis qu'elle le connaît, elle a toujours trouvé à Leo un côté de gamin attendrissant. Il ne donne l'impression d'être le couteau le plus affûté du tiroir mais pour sûr, c'est un gentil. Et ça, Isaya l'apprécie.

C'est qu'on a souvent tendance à encenser une certaine forme d'intelligence mais on oublie de dire à quel point la gentillesse est vitale dans ce monde. Peut-être même plus que l'intelligence. Que serait la société, sans des âmes charitables sur lesquelles compter dans les bons comme les mauvais moments ?

 

Finalement, Leo étale quelques billets pour la fameuse tournée générale et déclare, tout en même temps, que ça fait dix ans, jour pour jour, qu'ils se sont rencontrés pour la première fois.

Isaya en reste bouche bée. Si elle s'attendait à ce genre d'information !

Elle ne peut pas dire si le garçon dit vrai ou pas. Elle n'a le souvenir exact du premier jour de leur rencontre. Par contre, lui semble l'avoir. Et c'est pourquoi il crie à la cantonade "AUX DIX ANS D'MISS BERGAME DERRIÈRE LE COMPTOIR !"

 

Isaya se sent subitement légèrement gênée de cette démonstration d'enthousiasme et d'affection.

D'un geste de la tête, elle fait signe à Kelly pour qu'elle s'occupe de remplir les chopines de bièraubeurre et qu'elle serve la tournée de Leo. La serveuse s'exécute, riant sous cape de cette intervention soudaine du jeune homme dans une journée en apparence si banale.

Le Gryffondor enchaîne, interrogeant la gérante sur la possibilité qu'elle reprenne la pleine direction de l'établissement.

 

-Oh, tu sais, ce n'est pas encore fait, lui répond-elle doucement. C'est une possibilité, en effet. Mais pour le moment, le fameux monsieur Deer tient encore les rênes !

 

La passation est effectivement dans les tuyaux. Mais Isaya et son patron n'ont pas encore pris réellement le temps de se poser pour en discuter ensemble. Elle sait que Michael souhaiterait que ce soit elle qui prenne sa suite. De son côté, la jeune femme s'interroge parfois sur ce projet. Elle aime les Trois Balais et en prendre la direction la comblerait d'honneur. Mais cela signifierait également être pieds et poings liés à l'établissement sur les prochaines années. Et prendre encore davantage de responsabilités. Est-ce vraiment ce qu'elle veut ?

Les quelques fois où cette question lui traverse l'esprit, elle se reprend.

Bien sûr que c'est ce qu'elle veut. Les Trois Balais, elle y tient énormément. Elle aime ce bar, cette ambiance, elle aime discuter avec les clients, les voir entrer, sortir, se rencontrer, flirter, se disputer. Elle aime ces journées qui ne se ressemblent pas et qui rythment ses semaines.

Alors oui. Il y a de fortes chances pour qu'elle prenne la suite de Michael. Même si, pour le moment, rien n'est acté officiellement.

 

-Et en effet, c'est un sacré pas, l'achat d'un appartement ! Tu l'as acheté où ? Sur Pré-au-lard ? Et que fais-tu, maintenant que tu as quitté Poudlard ?

 

La curiosité d'Isaya est sincère.

Elle n'a jamais vraiment pris le temps de discuter avec Léo. Il était un habitué comme d'autres. Avec ses côtés attachants, sa gentillesse plein les yeux, ses sourires de bonne humeur. Mais elle n'a jamais vraiment su qui il était réellement. Ce qu'il était en dehors d'être un étudiant de Poudlard.

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Isaya Bergame

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Trois Balais, Samedi 24 Février 2125

Avec @Amarychat 

 

Isaya essuie méticuleusement le comptoir en bois des Trois Balais. C'est samedi après-midi, déjà quelques étudiants de Poudlard sont arrivés. Ils sont sortis du confortable cocon du château, ont abandonné les salles communes et les feux de cheminée pour venir s'aventurer dans Pré-au-lard. Une façon de prendre l'air, de changer un peu leur quotidien d'étudiants. Abandonner, le temps d'un après-midi, les cours et les révisions. S'octroyer un moment de pause entre amis.

Isaya se rappelle ses années d'étudiante. Elle aimait particulièrement ces sorties. C'était comme la petite récompense de la semaine. Même si, une fois revenue au château, il fallait alors se replonger dans les livres et s'alarmer du parchemin qu'on devait rendre en Histoire de la magie et qu'on n'avait pas du tout commencé.

 

Margot et Kelly s'occupent toutes deux du service en salle. Elles évoluent avec aisance entre les tables, on sent l'expérience et l'habitude. Bon, après, il faut avouer que Kelly a l'air beaucoup plus aimable que sa collègue qui rouspète souvent lorsqu'une commande est trop longue ou qu'un client précise une bièraubeurre avec beaucoup de mousse, hein. Margot n'est, de toutes les façons, pas connue pour son affabilité. 

 

La gérante laisse les serveuses faire leur boulot et s'occupe, de son côté, d'ordonner ce qui doit l'être derrière le bar et en cuisine.

Elle aime les débuts d'après-midi. C'est toujours le moment un peu de creux, après le déjeuner et avant le rush de début de soirée. Le moment parfait pour les étudiants qui veulent se retrouver dans une ambiance feutrée et conviviale.

Les discussions tiennent lieu d'un gentil brouhaha qui égrènent les minutes. Il n'y a pas un mot plus haut que l'autre, chaque tablée semble respecter les limites auditives de ses voisins.

Il n'y a pas souvent d'esclandres aux Trois Balais. Parfois quelques hurluberlus qui viennent déclamer quelques vers, à l'image d'Horace Milbourne, le concierge-comédien de Poudlard. Jamais rien de méchant.

 

Isaya essuie quelques verres avant des les ranger, bien alignés avec leurs semblables. 

Puis elle se tourne vers le baquet de vaisselle sale. Des chopes, des tasses et des assiettes se sont accumulées à mesure que Margot et Kelly ont nettoyé les tables du déjeuner. L'avantage d'être sorcière, c'est que le nettoyage est souvent rapidement fait et demande peu d'efforts. 

 

Récurvite !

En quelques instants, la vaisselle retrouve son éclat et sent bon le propre. Plus qu'à ranger tout ça.

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Isaya Bergame

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Bistrot du Niffleur Doré, Mercredi 28 Juin 2124

Après le départ de Leo, la journée s'est écoulée normalement. Les quelques rires et remarques des clients faisant suite à l'invitation du jeune homme se sont vite dissipés, bientôt remplacés par les sempiternels sujets de conversation : la boisson, le Quidditch, les échecs de potion et les compétitions amicales de Bavboules. 

Kelly a demandé, à voix basse, si Isaya était vraiment sûre de ce qu'elle faisait, arguant que le garçon était jeune et touchant à sa façon et que ce serait méchant de briser son petit coeur plein d'innocence. Ce à quoi la gérante a affiché une mine à la fois gênée et désespérée : "je saaaaais, j'ai eu trop pitié ! Mais c'est trop tard, là, je peux plus faire marche arrière !" La jeune serveuse a eu un hochement de tête compréhensif, notant mentalement qu'elle n'aimerait pas être à la place de sa patronne.

 

Dix-neuf heures cinquante-deux.

L'heure tourne vite, bien plus vite qu'estimé.

La porte s'ouvre, fait tinter la cloche, l'air frais du dehors s'engouffre, le temps d'un instant, dans l'établissement. Puis la porte se referme et la chaleur, les éclats de voix et l'odeur de nourriture se retrouvent à nouveau enfermés.

Kelly reconnaît, au premier coup d'oeil, le jeune homme qui est entré. Il manque de lui rentrer dedans alors qu'elle navigue, un plateau à la main surmonté de trois bièraubeurres. Elle va déposer son fardeau à la table convenue et revient vers le nouveau venu. Il n'a pas l'air tout à fait serein, sans doute stressé du premier rendez-vous. S'il savait, se dit-elle, avec une pointe de compassion.

 

-Tu cherches la patronne, n'est-ce pas ? lui dit-elle lorsqu'elle arrive à sa hauteur, avec un joli sourire. Je vais lui dire que tu es là.

 

Et elle s'éclipse. Retourne derrière le comptoir où elle laisse son plateau et se dirige vers la cuisine où Isaya est en train de faire le point avec Erwan sur les commandes de plats à préparer. Lorsqu'elle voit Kelly apparaître, elle sait de suite pourquoi. Pas de mots, seulement un échange de hochement de tête.

Erwan sent une communication non-verbale entre les deux femmes mais ne comprend pas. Il sait juste que la patronne doit exceptionnellement s'absenter cette fin de soirée et qu'ils seront tous les deux à gérer la fermeture. Ca ne le dérange pas : il aime voir qu'on lui confie des responsabilités et qu'on lui fait confiance. Et puis, faut bien l'avouer, il aime bien passer du temps avec Kelly. Même s'il n'est pas sûr que ce soit forcément réciproque.

 

Isaya réajuste rapidement sa coiffure -ramener les mèches rebelles en arrière, les fixer avec les autres dans un chignon oscillant entre le soigné et le négligé, disons une forme de négligence maîtrisée.

Elle n'a évidemment pas eu le temps de changer de tenue depuis le début d'après-midi mais estime que ça ira. Après tout, de son point de vue, c'est une invitation acceptée par pitié. Elle a une certaine affection pour le jeune Leo, c'est sûr. Il la touche, d'une certaine façon. Mais c'est une affection platonique, presque... maternelle ? Ca devient malsain tout ça...

 

Chassant ces pensées encombrantes, elle fait irruption de la cuisine et retrouve Leo, lequel a l'air passablement stressé. Elle note qu'il a changé ses vêtements pour un joli costume qui fait classe et qu'il s'est même parfumé -voire un peu trop.

Elle lui fait un grand sourire pour tenter de détendre l'atmosphère. 

 

-Tu es très ponctuel ! remarque-t-elle d'un ton qu'elle veut enthousiaste. Je te suis ? Ce soir, tu es mon guide !

 

Sur ce, les deux quittent les Trois Balais et se retrouvent bientôt sur le trottoir de Pré-au-lard.

Leo sort alors sa baguette pour faire signe et, rapidement, le Magicobus surgit devant eux. Isaya ne cache pas sa surprise : elle ne pense jamais à utiliser ce moyen de transport. Elle quitte peu Pré-au-lard et lorsqu'elle le fait, elle a davantage l'habitude du transplanage voire de la poudre de cheminette. Décidément, ce Leo l'étonnera jusqu'au bout.

Tandis qu'ils montent, elle constate que le jeune homme et le conducteur semblent bien se connaître. Ce dernier la dévisage d'ailleurs avec une certaine curiosité. Isaya soupçonne qu'il sache totalement pourquoi elle est avec Leo et où ils vont... D'ailleurs

 

-Alors, où se trouve le restaurant qui a plein de chaises et des pâtes fantômes ? demande-t-elle à son cavalier d'un soir.

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Les Trois Balais, Samedi 10 Mars 2125

Les week-ends sont souvent les moments de la semaine les plus chargés. Surtout les vendredis et samedis soirs. Parce que les adultes et jeunes adultes finissent souvent leur semaine de boulot et ont besoin de décompresser. Et puis ils peuvent faire la fête jusqu'au bout de la nuit. Ils ont le temps

Isaya sait parfaitement cela et son équipe est bien rodée à l'exercice.

Généralement, le samedi après-midi est réservé -pas officiellement, mais de façon tacite- aux étudiants de Poudlard. C'est leur moment, le moment de la sortie à Pré-au-lard, le moment où ils viennent se détendre en toute tranquillité. Peu de risques de débordement de leur part puisque l'unique boisson alcoolisée qu'Isaya leur autorise est la bièraubeurre. Et puis, en règle générale, les étudiants de Poudlard sont encore de bons petits soldats. C'est après que ça se complique. Bien que les septièmes années puissent déjà être compliqués à gérer : le cul entre deux chaises, parfois majeurs mais encore étudiants, ils testent les limites, se prenant déjà pour des grands prêts à quitter les bancs de l'école.

 

Ce soir, l'ambiance est particulièrement détendue.

Les clients vont et viennent, discutent, rigolent, se charrient entre amis. Le mois de mars commence à bien s'installer et, malgré la fraîcheur qui demeure, les journées se font plus ensoleillées et les nuits plus claires. Le printemps se fait sentir. Pour autant, on ne se départirait pas de sa petite veste au risque de choper un rhume.

Kelly évolue avec aisance entre les tables, distribuant plats et boissons et ramenant la vaisselle sale derrière le comptoir. En cuisine, Erwan ne chôme pas. C'est l'heure où les estomacs se creusent et où les gens veulent commander de quoi se mettre sous la dent en plus de leur verre. Isaya, quant à elle, relaie son personnel là où il y en a le plus besoin. 

La salle principale se remplit de plus en plus et la gérante décide de soutenir Kelly, malgré le fait que cette dernière lui assure s'en sortir seule. L'idée n'étant pas de la faire courir jusqu'à épuisement entre les tables et jusqu'en cuisine, on est toujours mieux à deux.

C'est comme ça qu'Isaya s'emploie à ramener un plateau plein de verres à une table où de nombreux convives se sont installés. Trois bièraubeurres, deux whisky pur-feu, un rhum groseille, un hydromel et un jus d'oeillet. Voilà une belle tablée !

Son plateau vidé, elle reporte son attention sur la table voisine où une jeune cliente n'a pas encore été prise en charge. 

 

-Bonsoir, lance-t-elle d'un ton joyeux, notant que la jeune femme a, elle aussi, un air rayonnant. Vous avez l'air particulièrement heureuse d'être là, je me trompe ? Qu'est-ce que je peux vous servir ? Si vous souhaitez dîner, notre plat du jour est un rôti de porc avec purée de butternut et sauce de prunes dirigeables. Concernant le dessert, c'est une tarte au chocolat et poudre de dictame.

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Chez Isaya, dans un appartement de Pré-au-lard, Dimanche 25 Mars 2125

Dans un soupir, Isaya regarde l'état de son appartement. C'est dimanche matin, dix heures. Les Trois Balais n'ouvriront pas avant la fin d'après-midi. Il faut bien une petite pause dominicale. Ce temps consacré à tout ce qu'on ne peut pas faire à d'autres moments de la semaine. Dans son cas : du rangement et gérer les affres de sa vie personnelle. Elle n'en peut plus de Rory et de sa mauvaise foi. Il prétend toujours avoir des choses plus urgentes à faire que de venir débarrasser les trois cartons comportant ses affaires qui traînent encore chez Isaya. Des choses urgentes, lui ?! Que pourrait-il avoir d'urgent ? C'est un écrivain raté qui passe son temps enfermé dans son bureau à rédiger ce qu'il pense être son futur best-seller. Mais qu'il auto-publiera à nouveau parce que personne ne voudra de son manuscrit. Il n'a absolument rien d'urgent mais, pour une raison qui échappe à Isaya, il ne tient pas plus que ça à débarrasser ses cartons.

Elle lui a rédigé des lettres. Elle est même passée le voir. Il a toujours trouvé le moyen d'esquiver, se louvoyer.

Dernièrement, elle en a eu marre.

Voilà plus de quatre ans qu'ils ont parlé séparation, divorce. Sans que rien ne soit vraiment acté, si ce n'est qu'ils ne se voient plus, qu'ils ne partagent plus de quotidien ou d'activité et qu'ils ne couchent plus ensemble. Mais administrativement, c'est pareil. Et ces foutus cartons... qui lui rappellent sans cesse qu'il est encore là, d'une certaine façon. Qu'est-ce que ça l'agace !

Alors elle a employé les grands moyens : elle a envoyé une beuglante. Pour lui tirer les oreilles et pouvoir crier tout ce qu'elle a envie de lui crier depuis tout ce temps. A priori, ça a fait effet. Car par retour de courrier, il lui a indiqué qu'il passerait ce dimanche 25 mars vers onze heures pour récupérer ses cartons.

 

Isaya est donc plantée au milieu de son salon. Elle a déplacé les cartons dans l'entrée, histoire de ne pas donner à Rory de prétextes pour s’installer dans le canapé comme au bon vieux temps et de ne plus en décoller. 

Elle se dit qu'elle va profiter de l'heure qui lui reste pour faire son rangement hebdomadaire. L'avantage d'être une sorcière, c'est que c'est vachement plus rapide que pour les Moldus. Pour peu que le sortilège soit réussi, bien évidemment.

Brandissant sa baguette, elle se concentre une seconde et, d'un geste souple du poignet, lance son sortilège : Failamalle !

 

A croire que les soucis causés par ces cartons et, surtout, ce foutu Rory prennent trop de place dans son esprit. Elle n'arrive pas à se concentrer alors que le sortilège n'est vraiment pas compliqué. Dans un soupir, elle constate que sa baguette reste muette. Elle a envie de s'asseoir dans le canapé et c'est ce qu'elle fait. Le bazar reste là. Et alors ? Elle vit seule, personne ne viendra le critiquer. Elle pourrait le laisser comme ça, après tout. Pourquoi pas. 

Elle a très envie de juste rester dans son canapé et reprendre son livre là où elle en était. Ce qu'elle fait. En attendant Rory.

 

Il est presque onze heures trente lorsque Rory frappe à la porte.

Isaya a un soupir agacé : il ne sait pas être à l'heure celui-là !

 

-T'es en retard, lance-t-elle en guise de bonjour. Tes cartons sont là, ajoute-t-elle avant qu'il n'ait pu dire un mot.

 

L'homme paraît surpris par cet accueil des moins chaleureux et cette agressivité. 

 

-Eh, du calme, tente-t-il.

-Tes cartons, répète Isaya en lui pointant les objets du doigts. Récupère-les. 

 

Comprenant, au regard sombre que lui lance son ex qu'il n'y a pas matière à discuter, il s'occupe de faire léviter les cartons. Il s'attendait à ce qu'elle lui propose un verre, un café, quelque chose. Mais non. Et apparemment, elle ne semble pas décidée à lui laisser l'occasion de tenter quoi que ce soit non plus.

Isaya et Rory ne s'entendent plus depuis plusieurs années. Isaya dit s'ennuyer avec lui et il ne supporte plus ses reproches et le regard sceptique qu'elle porte à sa future carrière d'écrivain à succès. Il n'y a clairement plus d'amour entre eux et plus rien de les réunit. Pourtant, Rory ne veut pas lâcher. Comme si laisser partir ce premier amour c'était se retrouver sans rien. Une peur de la solitude avérée ? Ou une simple histoire de possession ? Isaya n'en sait rien et elle s'en fiche. Elle sait parfaitement ce qu'elle veut, elle. Le reste, c'est à lui de voir avec lui-même. C'est tout.

Alors qu'elle s'apprête à refermer la porte, elle lance par entrebâillement :

 

-Et fais quelque chose pour les papiers du divorce, bon sang ! 

 

Sur ce, elle claque la porte.

Par Merlin. Plus de quatre ans. Et il n'a toujours pas daigné signer quoi que ce soit pour le divorce ! Combien de temps encore va-t-il lui mettre des bâtons dans les roues ? Elle a été gentille, patiente, compréhensive -c'est dur pour lui, il a besoin de temps pour réaliser, pour accepter.

Mais quatre ans, quand même !

Elle est arrivée au bout de sa très grande patience et sa très grande gentillesse.

Elle se promet intérieurement que si rien n'a bougé d'ici deux semaines, elle enverra une nouvelle beuglante. Apparemment, ce mode de communication fonctionne.