Harry Potter RPG

Liste des messages de Isaya Bergame

Isaya Bergame

Femme

35 ans

Sang-mêlé

Britannique

Tendre ivresse

Message publié le 01/02/2026 à 17:37

Les soirées se suivent et se ressemblent.

Le quotidien d'Isaya pulse sur un rythme similaire jour après jour.

Elle ne s'en plaint pas. Elle se plaint rarement. Même quand Rory continue de trouver des prétextes pour passer la voir ou lui écrire une lettre -faisant à moitié de l'auto-promotion pour son prochain livre médiocre. 

Médiocre.

Finalement, c'est un terme qui résume bien les heures qui s'enchaînent.

Pas dans le sens péjoratif. Dans le sens médian. Médiocre, moyen, médian. On ne s'y arrête pas. On laisse juste couler.

 

Ce soir, comme les autres, Erwan est en cuisine. Isaya assure en salle. Kelly vient de débaucher. Ils vont gérer à deux. Isaya aime bien Erwan. Il est toujours très volontaire, ne rechigne pas et raconte parfois ses date foireux avec des types que la jeune femme trouve peu recommandables. Elle se retient souvent de balancer un franchement, tu m'aurais demandé mon avis, je t'aurais dit de ne pas y aller. Parce qu'elle repense à sa propre vie sentimentale foireuse, à cet ex qui lui colle aux basques comme un vieux sparadrap et se dit qu'elle n'est finalement pas la mieux placée pour donner des leçons.

 

Ce soir, contrairement à d'autres, c'est plutôt calme.

Un couple assis une table et sont plus occupés à se dévorer des yeux qu'à dévorer le steak de dragon qu'Erwan leur a servi.

Un vieil homme tout seul devant sa bièraubeurre -Isaya soupçonne qu'il se soit endormi assis parce que sa chope ne se vide plus depuis un bon quart d'heure.

Un groupe d'amis qui jouent à la bataille explosive en descendant chope sur chope.

Et cette apparition.

Une jeune femme.

Qui s'installe au comptoir.

Dès qu'elle la voit, Isaya sent. Sent la lourdeur, le poids qui accroche les épaules et ne veut pas s'en aller. La tension qui donne envie de se mordre la lèvre jusqu'au sang pour ne pas exploser.

La jeune femme s'assoit.

Isaya, occupée un peu plus loin à ranger de la vaisselle, l'observe du coin de l'oeil. Elle ne lui saute pas dessus pour prendre sa commande. Elle a l'impression qu'elle a besoin d'espace. D'un moment de respiration. De cet instant suspendu où on peut enfin laisser de côté le fardeau, quel qu'il soit, et se dire je m'octroie un moment. Pour moi. Pour ne pas exploser. Pour ne pas virer folle.

Isaya essuie lentement quelques tasses. Pensive.

La jeune femme est toujours au comptoir. Elle lui paraît frêle. Presque fragile sous son masque juvénile.

 

Finalement, la gérante range ses dernières tasses, sèche ses mains dans son torchon et s'approche doucement de la nouvelle cliente.

Ce soir, elle ne l'aborde pas avec son sourire énergique et positif.

Ce soir, elle l'aborde en arrondissant les angles.

En enveloppant les mots d'un peu de douceur.

Elle ne sait pas pourquoi. Un instinct, sans doute. Qui lui dit qu'il vaut mieux préférer le calme enrobant de l'eau à l'étincelle pétillante du feu.

 

-Bonsoir. Qu'est-ce qui vous ferait plaisir, ce soir ?


Renouvellement de licence

Message publié le 25/01/2026 à 15:37

Isaya arque un sourcil et étouffe un rire lorsque Noah affirme faire oeuvre de service public. Ses arguments sont bons -se reconnecter au terrain, aux gens, ne pas laisser le travail aux mains de bureaucrates qui ne connaissent que la grande théorie sans jamais regarder comment ça se passe pour de vrai. Mais elle doit avouer qu'elle n'avait tout de même pas pensé que le directeur du Département de la Justice Magique daignerait venir jusqu'à elle seulement pour de la paperasse. 

 

Elle le guide jusqu'au comptoir, jette un dernier coup d'oeil aux formulaires que Noah a posé sur la surface en bois. Elle s'en occupera tout à l'heure. Pour le moment, un bon verre s'impose ! 

Elle écoute avec attention son ami lui faire remarquer qu'elle a l'air bien, ce qui est suspect. Exagérément, elle roule des yeux en lâchant un genre de roh lala, t'exagère quand même ! mais ne le reprend pas davantage. Au fond, il n'a pas complètement tort. Isaya Bergame est du genre à vouloir faire beaucoup de choses, pour beaucoup de monde et à se laisser déborder mais à continuer de sourire en disant que tout va bien. 

Elle rougit légèrement lorsqu'il évoque son boulet personnel.

Elle ne se rappelait même plus lui avoir déjà parlé de Rory.

Mais après tout, les quelques fois où ils se croisent, c'est bien souvent autour d'un verre. Autant dire que ce sont des moments propices aux confidences qu'on oublie après. 

 

Elle prend le temps avant de répondre, s'occupant avant tout de préparer la commande de Noah. Un Ogden's bien frappé, comme demandé. Elle s'appliquer, sourcils froncés. En même temps, ça lui permet de mettre de l'ordre dans ses idées et envisager par où commencer.

Délicatement, elle pose devant Noah son verre si méticuleusement préparé. Puis elle se verse un verre d'hydromel, s'assoit sur un tabouret en soupirant, un petit sourire en coin. 

 

-Mon boulet personnel, hein ? répète-t-elle d'un ton amusé.

Elle plonge son regard dans son breuvage, pensive pendant quelques secondes, avant de continuer : 

-J'crois j'en suis pas encore vraiment sortie. Mais ça a avancé, oui. Il a récupéré ses putains de cartons que j'avais entassés chez moi ! Mais j'ai comme le pressentiment que c'est pas totalement fini, il va bien trouver une autre excuse pour ressurgir à un moment ou à un autre.

Elle soupire à nouveau.

-Enfin, c'est pas comme si ça changeait vraiment quelque chose. Ca fait un moment que c'est comme ça, que je le traîne derrière moi. J'ai fini par m'habituer je pense. C'est comme gérer Margot qui fait la gueule tous les matins quand elle fait l'ouverture des Trois Balais. J'ai fini par m'habituer et les clients aussi. Plus personne ne lui reproche rien !

Le coin de ses yeux se plisse quand elle rit.

-Et toi, alors ? Tes réunions ennuyantes à mourir avec les types qui parlent cinq langues mais sont incapables de communiquer ? Ce sont eux, tes boulet personnels ? 

Elle s'interrompt pour boire une gorgée d'hydromel.

-Dis-moi, Noah, tu fais quelque chose en dehors de ton boulot ? Genre... t'as tes boulets personnels hors professionnels ?

La question a surgi sans prévenir. Parce qu'elle a soudainement songé qu'en fait, elle ne le connaît pas tant que ça en dehors de son statut d'ancien chef des Aurors, de type important du Ministère. 


Black Hollow

Message publié le 24/10/2025 à 14:54

Un soupir discret. Contenu. Isaya a envie de laisser tomber sa tête contre la table, dans un geste de lassitude désespérée. Pour, sans doute, la deux-centième fois depuis qu'elle a mis les pieds dans ce restaurant, elle se demande ce qu'elle est venue foutre ici. Elle a cru bien faire mais envenime les choses. Elle ne voulait pas brusquer Leo, épargner sa jeune sensibilité mais risque de faire pire. Et ne se sent pas les épaules pour endosser sa propre responsabilité.

 

Comment se sortir de cette impasse ?

Face à un Leo tout en candeur, affirmant qu'il n'est pas déçu, ne captant visiblement pas le message qu'elle tente de lui faire passer sans réussir à être directe. Parce que, finalement, il n'y a peut-être qu'en étant franche et directe qu'il comprendra ? Ca serait logique... elle n'irait pas jusqu'à dire qu'il lui manque quelques cases mais... presque...? En tout cas, Leo n'est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir. Un truc comme ça. 

 

-Ce n'est pas... une question de pâtes, lâche-t-elle dans un souffle, alors que le jeune homme s'inquiète, demande si ce sont les pâtes fantômes qui la déçoivent, propose de commander autre chose.

 

Elle ferme les yeux quelques secondes, la voix de Leo la traversant comme une nouvelle lame.

Il continue de voir loin, faire des plans pour l'avenir : pas de dîner, si elle ne veut pas, une balade, c'est bien ça, une balade, une balade en bord de mer, c'est chouette la mer, non ?

Elle se sent subitement épuisée. Elle doit se faire violence, elle doit poser les mots qu'il faut mais c'est au-delà de ses forces. Elle a toujours eu à coeur de faire plaisir. S'occuper des autres, parfois se piétiner un peu elle-même pour autrui. Elle a toujours pensé que c'était ça qui lui faisait plaisir à elle. Mais force est de constater qu'elle se voilait la face. Personne ne peut réellement s'épanouir en ne se préoccupant que des autres. C'est fou. Plus de trente ans d'existence et elle n'est jamais parvenu à s'avouer une chose aussi simple. Il a fallu un Leo Bloodworth pour qu'enfin -dans sa tête du moins- elle puisse poser ces premiers mots : je dois m'écouter avant tout.

 

Le penser, c'est une chose.

L'appliquer, c'est une autre.

Et là, de suite, elle se sent pas la carrure pour changer aussi drastiquement.

Reprenant une bouchée de ses pâtes fantôme -qu'elle soupçonne toujours ne pas être des pâtes- elle mâchonne. Lentement. Pour réfléchir à la suite.

Elle a honte d'elle. Mais elle se dit qu'elle peut sans doute encore temporiser un peu. Remettre à plus tard la discussion, la vraie. Quand elle se sera préparée, entraînée. Quand elle aura pu peser, en amont, chaque mot qu'elle lui dira pour s'assurer qu'il comprenne tout en tentant de le ménager. Est-ce vraiment possible ?

 

-Je suis désolée, reprend-elle alors, piquant une nouvelle pâte fantôme sur le bout de sa fourchette. Je ne voulais pas te faire croire que j'étais déçue ou que fais les choses mal...

 

Même si ce n'est sans doute pas l'avis de tout le monde. Quand on compresse le Magicobus et qu'on ne parvient plus à lui rendre sa forme originelle, il y a quand même un rouage grippé quelque part...

 

-On... finissons le repas. On en parlera une prochaine fois.

 

Elle affiche un sourire qui se veut rassurant.

Dans sa tête, mille pensées se bousculent. Il va falloir qu'elle prépare un plan d'attaque pour cette prochaine fois. Et quelque chose lui dit qu'elle va avoir besoin d'un coup de main...


Black Hollow

Message publié le 21/09/2025 à 12:09

Isaya songe que lorsque le père de Leo dit que son fiston a quelque chose de spécial, ça ne veut pas forcément dire du talent encore moins un talent inné... mais elle se garde bien de le dire à haute voix.

 

Et le Gryffon s'embarque dans le récit de ses aventures professionnelles. Elle tique lorsqu'il évoque monsieur Ingram et le bureau des Aurors. Elle a du mal à imaginer Leo en Auror, même stagiaire, même s'il dit ne pas encore aller sur le terrai -elle doute d'ailleurs qu'on l'autorise un jour à s'y rendre, il serait capable de se blesser tout seul. Elle note dans un coin de sa tête d'en parler à Noah la prochaine fois qu'elle le verra. Ce pourra être un bon sujet de taquinerie, qui sait. Elle ne peut pas concevoir que l'alchimie passe entre Leo et Noah, entre le jeune, gentil mais totalement paumé et le chef du bureau des Aurors droit et carré.

 

Leo est comme un fleuve intarissable de paroles.

Il enchaîne, presque sans pause, passant d'un sujet à l'autre.

Le Magicobus. Le papa, directeur du service des transports magiques. Avec un fils pareil, est-ce réellement une bonne idée de l'employer dans un boulot lié au service dont on a la charge ? N'est-ce pas trop mettre en jeu sa réputation ? Autant le refiler à un autre directeur. Comme Noah.

Parce qu'évidemment, l'expérience professionnelle du jeune Leo s'est conclue sur un accident et pas des moindres.

Isaya n'a jamais trop emprunté le Magicobus, n'étant pas particulièrement adepte des a-coup et de la conduite brusque du véhicule. Mais s'imaginer rester coincée dans le bus aplati suite à une mauvaise manipulation...

Elle se demande ce que le père de Leo a pu promettre à Noah pour que celui-ci accepte de l'accueillir au sein de son service.

 

Plus Leo déroule le fil de sa vie, plus Isaya se dit qu'elle était loin du compte en le voyant simplement comme un jeune un peu paumé, un peu décalé, un enfant dont le corps a grandi avant l'esprit.

Il est plus que ça.

Il est totalement à côté. Le décalage n'est pas minime. Et puis, avouons-le, il peut aussi s'avérer dangereux sans même le vouloir. Elle ne doute pas qu'il cherche à bien faire. Mais les résultat sont rarement à la hauteur de ses espérances. Pourtant, ça n'a pas l'air de le perturber plus que ça. Il demeure, avec sa joie, sa bonne humeur et son inarrêtable optimisme que seul lui détient.

 

Lorsqu'arrivent les pâtes et qu'elle constate, avec une certaine surprise, que le tout n'a pas vraiment la texture ni le goût de pâtes, une autre partie de son esprit est encore occupée à mouliner toutes les informations apprises quelque minutes plus tôt.

Elle n'écoute que d'une oreille les exclamations du jeune homme et relève sur lui des yeux un peu perdu lorsqu'il lui demande si elle aime le beurre.

N'ayant pas tout suivi des dernières élucubrations de son cavalier d'un soir, elle est prise au dépourvu par cette question.
Le beurre ?

Pourquoi du beurre ?

 

-Euh... eh bien...

 

Elle finit de déglutir la part de pâtes -ou quoi que soit ce truc transparent- qu'elle venait de porter à sa bouche.

 

-Eh bien, reprend-elle, oui je suppose que j'aime le beurre... Ca se marie avec tout un tas de plats.

 

Elle a du mal à savoir quoi ajouter tant la question lui paraît absconse.

Puis soudainement, son esprit qui pédale à cent à l'heure s'arrête sur une idée : elle ne peut pas continuer. Elle ne peut pas continuer à tenir la main de Leo en lui faisant peut-être croire des choses qui ne sont pas et ne seront jamais. 

 

-Ecoute, commence-t-elle après un temps de réflexion.

 

Elle ne se sent pas à l'aise. Elle n'a jamais aimé ce genre d'exercice. Elle aime rendre service, rendre un sourire, sentir qu'elle a été utile, parfois jusqu'à s'oublier elle-même. Alors s'imposer, se remettre au centre de ses propres préoccupations n'a jamais été un exercice souvent réalisé, même si elle aurait dû.

 

-Je suis très contente que tu m'aies fait découvrir cet endroit et qu'on partage ce repas.

 

Ce n'est pas complètement faux.

Il est gentil, le Leo. Et puis elle a pu le cerner un peu mieux. Et c'est peut-être ça qui l'a décidée à prendre la parole.

 

-Je serai toujours très heureuse de t'accueillir aux Trois Balais et l'invitation à venir créer ton propre cocktail tient toujours. Mais il n'y aura pas d'autre dîner et quoi que tu attendes de celui-ci, tu seras déçu.

 

Elle souffle.

C'était trop brusque ?

Elle a paniqué intérieurement. Elle a essayé d'arrondir les angles mais se demande si elle n'a pas fait pire. Elle déteste ce genre de situation. Qu'est-ce qui lui a pris de s'y être jetée la tête la première ?! Kelly l'avait bien prévenue...


Après-midi cosy

Message publié le 07/09/2025 à 17:02

Isaya note la déception manifeste qui envahit la jeune fille, lorsqu'elle apprend que son amie ne l'a pas attendue. Arrivée, envolée, sans demander son reste.

Puis elle affirme qu'elles n'avaient pas rendez-vous. Mais un espoir de la trouver ici puisqu'elle ne la voit pas ailleurs. Elle a déjà cherché dans d'autres lieux -Zonko, la cabane. La demoiselle semble insaisissable. Un courant d'air qui ne fait que passer avant de mettre le cap sur de nouvelles destinations.

La gérante hoche doucement la tête lorsque l'étudiante demande un jus de citrouille. Elle s'empresse d'aller lui chercher la boisson demandée. Ainsi, elle lui laisse quelques instants de réflexion solitaire. Sans avoir de regard pesant sur elle. Peut-être y verrait-elle une forme de pitié insupportable ?

Elle prend son temps : saisir un grand verre, verser la boisson, s'assurer que rien n'a coulé sur le côté. Y ajouter une petite citrouille factice clipée sur le rebord. Celle-ci arbore un sourire d'Halloween. Une petite touche de fun. Pour ranimer un peu de lueur dans le regard.

 

Elle revient vers le comptoir et la jeune étudiante. Y pose le verre, prenant soin de le tourner de façon à ce que la fausse citrouille lui adresse son sourire.

 

-Ce n'est pas facile de courir après quelqu'un qui n'a pas l'air de vouloir s'arrêter.

 

Pas une question. Plutôt une constatation.

Lorsqu'on grandit, on finit par apprendre à cesser la course. Revenir à l'essentiel : les gens qui tiennent à nous se retournent. Les autres, on peut les laisser aller.

Mais lorsqu'on est ado, c'est une autre histoire.

Se faire des amis, ce n'est pas toujours facile. Alors on veut les garder. Coûte que coûte. Parce qu'errer, seul, dans les couloirs, est une punition bien trop insupportable.

 

-Lily, c'est une bonne amie à toi ?


Retrouvailles au tour d'un verre

Message publié le 05/09/2025 à 19:02

Isaya avale une gorgée d'hydromel tandis qu'Edwin étaye son avis sur la métamorphose d'aujourd'hui. Il semble toujours autant passionné par sa matière. Mais les temps changent. Le contexte aussi. Il paraît douter de la place de la métamorphose de nos jours ou plutôt de la façon dont cet art est reçu par les jeunes générations. Isaya se demande pourquoi le vieux professeur pense que les étudiants ne s'en émerveillent plus autant voire qu'ils ne s'y autorisent plus à le faire.

 

Pope déplore un monde d'avant, où la magie, la vraie, la merveilleuse, avait sa place. Les tours exécutés pour le bonheur de sentir cette énergie traverser le corps, voir la beauté d'un objet se transformer en un autre. Aujourd'hui, l'impression que tout se presse, s'agite. On parle rentabilité plutôt qu'émerveillement, productivité plutôt qu'épanouissement. Une magie d'avant, qui fait grandir et manque au professeur de l'ancienne génération.

Isaya songe que ce doit être difficile à porter. Enseigner en doutant chaque jour de ce que l'on transmet. Enseigner en se sentant en décalage entre les attentes académiques et ses propres valeurs.

 

-Je pense que les élèves savent prendre ce qui est bon pour eux. Peut-être que le monde d'aujourd'hui ne leur permet plus de s'émerveiller de la même façon qu'avant, mais ils le font. A leur manière. Et même si les classes changent au fil des années, il y en aura toujours pour saisir dans la métamorphose cette magie du changement.

 

Elle a un petit haussement d'épaules, l'air de dire enfin... je dis ça comme ça... en vrai j'en sais rien.

Pope non plus, n'en sait rien. Il constate. Il vieillit. Il traverse le temps. Comme tout le monde. Il compare. Il regrette. Il avance.

Elle aussi, avec ses vingt ans de moins, elle suit le même parcours.

Elle ne se plaint pas, non. Mais, comme le précise l'homme, ce n'est pas preuve que tout va bien. A bien y réfléchir, on ne peut pas dire que tout aille bien. Même si on peut toujours se cacher derrière des ça pourrait être pire.

Isaya esquisse un sourire lorsqu'Edwin rappelle qu'elle n'était pas la meilleure en métamorphose.

 

-Je n'étais pas la meilleure ni la plus intéressée, rappelle-t-elle. Mais vous avez su, d'une certaine façon, m'accrocher. Vous avez su me regarder et me faire sentir qu'en dépit de mon niveau moyen, je pouvais exister au sein de cette classe. C'est tout ce qu'on peut espérer de mieux chez un professeur.

 

Elle avale une gorgée d'hydromel.

 

-Je crois que vous avez raison : on a souvent tendance à avancer, contre vents et marées, on marche sans trop savoir pourquoi, juste, c'est comme ça, et un jour on s'arrête, on ne sait toujours pas pourquoi. Comme si toute notre vie nous échappait.

 

Elle réfléchit. Quelques secondes.

 

-Je crois que j'ai envie de retrouver ma vie, me réapproprier mes choix et les assumer. Peut-être une crise de la trentaine, ajoute-t-elle dans un rire. Vous vous souvenez de Rory ?

 

Elle ne sait pas pourquoi elle a lancé ça. Comme ça. Comme une envie soudaine de se confier à cet ancien professeur. Dont elle n'était pas particulièrement proche. Mais qu'elle remercie silencieusement de sa bienveillance et son attention encourageante.

 

-Je ne dirais pas que c'était une erreur. Mais ce n'était clairement plus le bon chemin. On... enfin j'ai décidé de divorcer. Et pourtant, il est toujours là, ne part jamais vraiment et j'arrive pas à poser les mots pour m'en débarrasser réellement. 


Comme une envie de faire la fête

Message publié le 02/09/2025 à 19:37

La jeune femme rit. Elle a l'air particulièrement enjouée et ça titille la curiosité d'Isaya. Elle aime les gens qui dégagent de bonnes ondes positives. Ceux qui rayonnent et veulent faire de leur environnement un phare tout aussi luisant. Une lueur dans la nuit, débordant de bonne humeur.

La gérante ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire lorsque la cliente souligne qu'elle s'attendait au retard de ses compagnons de tablée et qu'elle a emporté un livre pour y palier. Lorsqu'on côtoie des gens perpétuellement en retard, on finit par connaître... et s'adapter. 

 

-Ca vous fera 5 mornilles, annonce Isaya, répondant à la question de la jeune femme.

 

Elle sent que l'autre ne serait pas contre une petite séance bavardage en attendant la venue d'amis dont l'existence n'est encore qu'impalpable pour Isaya. Après tout elle a, elle aussi, un peu de temps. Le flux de clients s'est tari. Ceux qui sont attablés se délectent, pour la plupart, de leurs assiettes. Kelly a ralenti le rythme, signe que les commandes n'affluent plus autant qu'avant. Alors pourquoi pas un brin de causette et une nouvelle connaissance ? Isaya est plutôt sociable et, il faut l'avouer, la bonne humeur de sa cliente l'a contaminée. 

Elle tire une chaise et prend place en face.

 

-Ouh là, ça doit faire... elle calcule rapidement dans sa tête quinze ans que je suis là.

 

Ca ne la rajeunit pas d'annoncer un tel chiffre.

Quinze ans, déjà.

Eh oui, elle s'éloigne de plus en plus du fol âge de jeune adulte. De la jeune femme tout juste sortie de Poudlard, des étoiles dans les yeux et des rêves plein la tête. Aujourd'hui, elle s'est davantage heurtée à la dure réalité. Mais continue, parfois, de rêver. Un peu. Un peu plus grand. Tout en se contentant de cette bulle, minuscule pour certains, mais qui lui convient.

 

-Et vous, puis-je vous demander pourquoi vous avez l'air aussi heureuse ce soir ?

 

Est-ce trop personnel ?

Vu l'aisance que semble avoir la jeune femme dans sa façon de discuter avec une illustre inconnue, elle saura sans doute aussi le lui signifier, si cette question est trop personnelle.


Black Hollow

Message publié le 03/08/2025 à 15:38

Isaya assiste avec attention à l'échange entre Leo et le serveur. On dirait un dialogue de sourds. Leo parle de pâtes fantômes -invisibles- avec une sauce surprise. Le serveur a l'air un peu perdu tandis que le jeune homme insiste. Isaya songe un instant que cette conversation ne finira jamais. Jusqu'à ce que l'homme écarquille les yeux, comme une forme d'illumination dans le regard, prend quelque chose en note et s'éloigne aussitôt.

 

Leo semble très fier de lui-même, bombant le torse, heureux d'avoir pu passer commande.

Isaya n'ose pas lui demander s'il est sûr que le serveur a bien compris sa demande. Ni même signaler qu'il ne lui semble pas avoir vu des pâtes fantômes sur la carte -mais elle l'a parcourue rapidement, il est possible qu'elle l'ait loupé. En somme, elle n'ose pas briser l'enthousiasme qui submerge le Gryffondor, heureux d'avoir ce sentiment d'assurer la soirée.

A la place, elle le laisse reprendre la parole, affirmant que le restaurant était un bateau pirate. Alors oui, l'aspect extérieur rappelle celui d'un bateau échoué mais de là à affirmer que c'était un bateau... un bateau de briques et de pierres ? Elle n'en dit rien, cependant, se contentant d'un : 

 

-Tu as l'air d'en savoir, des choses. Comment tu as appris ça ?

 

Le traite-t-elle comme un enfant qu'on ne veut pas froisser pour ne pas entacher son enthousiasme ? Peut-être. A dire vrai, elle ne sait toujours pas comment se positionner et regrette de plus en plus d'avoir dit oui à ce dîner. Elle songe un instant qu'à cette heure-là, elle aurait pu être derrière son comptoir, entourée de Kelly et Erwan, dans un univers qu'elle connaît et maîtrise. Là, elle a le sentiment de ne rien maîtriser du tout et, ce qui l'inquiète, c'est que Leo n'est guère mieux. 

Elle lance un regard autour d'eux, cherchant le serveur du regard, se demandant ce qu'il a bien dû comprendre de la commande du jeune homme. Mais elle ne le voit pas, il est peut-être déjà reparti en cuisine.

Alors elle reporte son attention sur son cavalier d'un soir et, attendant qu'on leur apporte leurs plats -quoi qu'ils puissent être- lance la conversation histoire de combler le blanc : 

 

-Alors, tu m'as dit travailler au Ministère ? Je t'avoue que je ne te voyais pas là-bas. Qu'est-ce que tu y fais ?

 

Elle pense à Noah, qui vient parfois boire des verres aux Trois Balais lorsqu'il a besoin de changer d'air. Est-ce que Leo est employé dans son service ? Elle a du mal à l'imaginer au sein du Département de la Justice Magique... sauf peut-être comme gratte-papier ? Ou à l'accueil ? Il n'est pas débrouillard, mais il est gentil, le Leo. Peut-être qu'il saurait accueillir les gens avec bon humeur et enthousiasme ?

 

-Et c'est quoi cette histoire de magicobus ? ne peut-elle s'empêcher de demander.

 

Elle est vraiment très curieuse : ça non plus, elle ne s'y attendait pas. Leo, tenir le Magicobus ? Il devait distribuer les billets, un truc comme ça. En tout cas, il ne devait pas conduire... n'est-ce pas ?

 

Leurs plats finissent par arriver. Deux assiettes fumantes pleines de... Isaya ne saurait identifier ce qui s'y trouve. Des aliments étranges. Translucides. Presque transparents. 

 

-Et voilà messieurs dames ! annonce solennellement le serveur. Pâtes fantômes et sa sauce secrète, recette spéciale de la maison. En vous souhaitant un bon appétit.

 

Sur ce, il tourne les talons sans demander son reste, comme s'il ne souhaitait pas tant que ça qu'on l'interroge sur ce que contiennent réellement ces assiettes. 

Isaya se demande si ça correspond à ce que pensait Leo. Etait-ce ça, ses pâtes fantômes ?

Elle se saisit de sa fourchette et entreprend une première exploration, tâtant du bout de son ustensile les aliments presque invisibles, qui se distinguent plus ou moins bien suivant la luminosité. On dirait une forme de... elle ne saurait trop le dire. Ca ne ressemble pas à des pâtes qu'elle connaisse, en tout cas. Au début, elle pensait que Leo parlait de pâtes en forme de fantôme, comme les enfants s'amusent de vermicelles alphabet. Mais là. Ca prend une toute autre tournure.

Elle lance un regard à Leo, lui souhaite bon appétit, et goûte cet étrange plat. C'est... étrange. Pas du tout ce à quoi elle s'attendait. Elle ne peut pas dire que ce soit mauvais. C'est même plutôt bon. Mais...

 

-Ca n'a pas tellement le goût ni la texture de pâtes, non ?


Renouvellement de licence

Message publié le 26/07/2025 à 15:53

En ce début de semaine, Isaya se sent particulièrement de bonne humeur. Il y a une semaine, Rory est -enfin- venu récupérer les derniers cartons qui encombraient encore le logement de la jeune femme. Elle en a profité pour lui lancer un énième rappel concernant les papiers du divorce. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle a le sentiment que cette fois-ci, l’insistance portera ses fruits. Après tout, il a déjà fait un sacré pas : virer la totalité de ses affaires de chez elle. Plus de retour en arrière. Ca devrait lui faire le déclic nécessaire pour mettre en marche la suite. Du moins elle l’espère.

Elle s’accroche à son indéniable positivité pour se dire que, oui, cette fois, c’est la bonne.

Alors l’humeur est joyeuse. Légère.

 

La journée s’écoule, s’étire, fidèle à elle-même. Banale. Mais ensoleillée. 

Les gens vont et viennent. Flot naturel. Certains visages familiers, d’autres beaucoup moins. Pas d’étudiants en ce lundi, tous sont en cours, entre les murs du château. Certains clients réguliers viennent boire leur café ou bièraubeurre avant ou après l’embauche. Ils sont habitués de la maison, saluent avec enthousiasme le personnel -dommage pour ceux qui sont accueillis par l’air renfrogné de Margot, mais ils ont l’habitude de son aspect porte de prison. 

 

En cette fin d’après-midi, le flux s’est tari. Quelques clients sont attablés avec une boisson. Deux vieilles sorcières sont au comptoir en train d’échanger sur les derniers cancans de Pré-au-lard. Kelly s’occupe de la vaisselle. Erwan ne devrait pas tarder à arriver et remettre les cuisines en route en vue de l’heure du dîner.

 

Comme tout est calme, Isaya en profite pour prendre l’air, faire une petite pause.

Elle est alors cueillie par une voix qui lui semble familière mais qu’elle n’a pas entendue depuis longtemps. Son visage se fend d’un sourire lorsqu’elle se tourne vers le nouveau venu, lequel agite des formulaires sous son nez, sans autre forme de procès.

Isaya arbore un sourire taquin : 

 

-Ben dis donc, t’es redescendu en grade pour venir faire signer de la paperasse à une petite commerçante comme moi ?

 

Ceci dit, elle se saisit tout de même des papiers tendus par Noah, les parcours rapidement du regard, ne s’y attarde pas -elle sait ce qu’ils contiennent, ce n’est pas la première fois qu’elle doit faire renouveler la licence commerciale des Trois Balais.


-Remarque, ajoute-t-elle, ça doit te changer de venir traîner à Pré-au-lard plutôt que d’être enfermé dans une salle de réunion avec de grands pontes qui ne savent que parler. 


Puis elle fait un petit signe de la tête en direction de son bar : 

 

-Allez, entre, installe-toi au comptoir, j’te signe ta paperasse et on boit un coup !


Black Hollow

Message publié le 13/07/2025 à 14:50

Isaya affiche une mine sincèrement surprise lorsque Leo brandit devant elle un bouquet fleuri et coloré, affirmant qu’il est pour elle. Elle n’arrive pas à savoir ce qui la surprend le plus : le fait qu’il lui offre un bouquet, ou qu’il ait pensé qu’il fallait absolument un bouquet pour cette sortie. Elle accepte néanmoins le cadeau, d’abord pour ne pas vexer, et puis parce que quelques fleurs, c’est joli et ça n’engage à rien. Elle a quand même envie de se cogner le front contre le mur. Mais qu’est-elle en train de faire ? Ca n’engage à rien, mais quand même… elle se demande ce qui doit se passer dans l’esprit du jeune homme. Combien de pensées sont en train de défiler à la seconde ? Il a l’air stressé, gêné, enthousiaste, tentant de se gonfler de courage et d’assurance. Tout ça pour… quoi ? Elle n’a accepté l’invitation que pour ne pas le blesser. Mais les conséquences ne seront-elles pas pires ?


Isaya raccroche à la réalité lorsque Leo reprend la parole, à propos du lieu où ils vont. Il semble se perdre un peu -comme souvent- dans ses paroles. Lieu dont on ne revient pas tout en revenant quand même, parce que sinon, ça serait pas cool, de ne pas revenir, hein…

Elle constate qu’il a l’air de sacrément bien connaître le chauffeur du Magicobus. Peut-être un autre adulte qui s’est pris d’affection pour ce jeune, qui veille sur lui de loin, histoire qu’il n’explose pas en plein vol. Parce que Leo, ça a l’air d’être un peu le genre d’oisillon qui tente de prendre son envol, plein d’enthousiasme et d’idéaux, mais qui, finalement, ne sait pas très bien voler. En tout cas, c’est comme ça qu’elle le voit. Elle aimerait bien, elle aussi, veiller un peu sur lui, quand il passe, s’assurer qu’il puisse tracer son chemin avec un minimum de sécurité. Et elle se fait la remarque que ce qu’elle fait actuellement va totalement à l’encontre de cette idée. Mais il est trop tard pour faire demi-tour. Elle n’aurait pas le courage de décliner à cet instant, couper net l’enthousiasme du garçon.


Alors que le véhicule repart en trombe, Isaya s’accroche à son siège pour ne pas se retrouvée ballotée d’un côté ou d’un autre. Leo l’a rejointe, donnant quelques indices de plus sur leur destination. Il parle vite, il enchaîne, il va finir pas s’essouffler. Isaya se contente de hocher doucement la tête, consciente qu’elle n’aurait, de toutes les façons, pas l’occasion d’en placer une.

Puis la voix du chauffeur s’élève et la gérante dévisage un instant Leo : 


-Je ne savais pas que tu avais tenu le Magicobus. J’espère qu’il était un bon élément, ajoute-t-elle en direction du chauffeur, sur un ton léger. 


Mais la conversation enchaîne, sur des événements plus sombres. Évidemment qu’Isaya a entendu parler des meurtres. Elle se demande si c’est vraiment le sujet le plus adéquat pour ce genre de soirée. Apparemment, ce genre de question ne se pose pas pour le chauffeur qui continue sur sa lancée.


Puis brusquement, le Magicobus freine. Isaya se rattrape brutalement avant de finir dans le pare-brise. Elle avait oublié à quel point la conduite était hasardeuse dans ce véhicule et se rappelle alors pourquoi elle ne l’utilise quasiment jamais.

Elle suit Leo et tous deux arrivent devant un restaurant dont l’enseigne affiche fièrement Le Bistrot du Niffleur Doré. La peinture de la devanture semble assez vieillie mais il y a l’air d’y avoir de la vie à l’intérieur. Les fenêtres laissent passer de la lumière et lorsque Leo pousse la porte, des sons de voix, de rires et d’assiettes qui s’entrechoquent leur parviennent. 

Un sorcier fin et élégant vient à leur rencontre. Il a un air un peu austère et, après s’être renseigné sur une potentielle réservation, les conduit à une table. Isaya se fait la remarque qu’ils ont l’air de se prendre très au sérieux dans ce restaurant. Le serveur repart après leur avoir laissé la carte.


-C’est donc ici qu’on mange les meilleures pâtes fantôme du Royaume-Uni ? demande Isaya dans un sourire. Tu y viens souvent ?


Elle se demande si Leo est du genre à venir dîner seul dans un restaurant. C’est peut-être un quartier général familial. Le genre d’endroit où on a pris l’habitude de se réunir en famille, pour une soirée, une fête, des retrouvailles. 

Elle baisse les yeux sur sa carte. Ses pensées tournent à mille à l’heure. Elle se demande encore ce qu’elle fait ici. Elle a l’impression de lire sans vraiment lire les différents intitulés. Finalement, elle relève le regard sur Leo : 

 

-On prend des pâtes fantôme ?


Elle n’est même pas sûre de les avoir vues sur la carte.


-Je te laisse décider du repas. Après tout, c’est toi qui connais ! ajoute-t-elle avec un sourire qui se veut rassurant et encourageant.


Puis elle se dit que c’était peut-être une mauvaise idée. Leo pourrait finir par se perdre à trop s’embrouiller dans ses milliers de pensées.


Retrouvailles au tour d'un verre

Message publié le 08/05/2025 à 14:05

Isaya esquisse un léger sourire avec un hochement de tête lorsqu'Edwin arrête son choix sur l'hydromel. Son souhait premier. Avant que le whisky ne vienne envahir l'espace et les narines. 

Elle verse en silence le liquide alcoolisé dans le verre et pousse ce dernier vers le professeur de métamorphose.

Elle a l'impression qu'il exerce à Poudlard depuis une éternité. Parce que sa propre scolarité remonte à une éternité. Elle était... en quatrième année lorsque Pope est arrivé. Ou troisième ? Elle ne sait plus bien. Elle n'a jamais été particulièrement douée en métamorphose ni particulièrement intéressée par la chose. Elle n'était pas une cancre. Mais était loin de l'excellence. Et s'en fichait un peu, à dire vrai. Le prédécesseur de Pope aussi. Les choses avaient un peu changé lorsqu'Edwin était arrivé. Juste mais bienveillant. Il n'était pas du genre à mentir faisant croire à un élève médiocre -au sens moyen- qu'il était particulièrement doué. Mais avait ce petit truc qui avait su raccrocher Isaya à la métamorphose. Peut-être une forme d'attention pour tous ses élèves ? Une attention silencieuse qui vous fait vous sentir considéré, même si vous n'êtes pas la crème de la crème. Qui détonait avec la semi-indifférence de son prédécesseur qui, selon Isaya, se préoccupait bien plus des têtes de classe, les aidant particulièrement à progresser tout en laissant derrière ceux qui patinaient. On ne va pas se mentir : ce n'est pas un conte de fée. Isaya n'est pas devenue excellente du jour au lendemain en métamorphose. Elle est toujours restée moyenne. Mais, au moins, s'est-elle un peu plus mobilisée en la matière.

 

Edwin confirme qu'il est toujours à Poudlard. Dans un sens, Isaya s'en doutait. Elle n'arrive pas à l'imaginer ailleurs qu'à Poudlard. Et, comme il le dit, il ne s'en lasse pas. Elle l'a souvent vu comme un passionné dans son domaine. Il a l'air d'aimer transmettre. Le rôle de professeur lui va bien, se dit-elle. 

Alors qu'il parle, elle décide de se servir, à elle aussi, un verre d'hydromel. Fini le whisky pour aujourd'hui !

Puis la question de Pope la perturbe. Elle ne s'y attendait pas. Lasse ?

 

-Non, ça va, j'aime bien mon travail ici, c'est toujours plein de vie, de...

 

Elle s'interrompt.

Regarde le professeur.

Il la regarde en retour. Calme. Patient. Comme à son habitude. Une sorte de vieux sage qui a tout son temps. 

Et elle sent. Qu'il ne parle pas des Trois Balais. Ou, en tout cas, pas que.

Une question générale, lancée dans le vent.

Est-ce qu'on se lasse de sa vie en général ? Sa vie dans toutes ses dimensions ? Est-ce qu'elle a un jour souhaité changer tout cela par fatigue ?

 

-En fait, reprend-elle lentement, je ne sais pas... Ma vie actuelle n'est peut-être pas celle dont j'avais rêvé quand j'étais à Poudlard...

 

Elle se demande comment elle se voyait, du haut de son adolescence. Elle ne parvient pas à s'en rappeler. Se voyait-elle gérer un bar ? Sans doute pas. Encore moins les Trois Balais, ce bar mythique où se retrouvent tous les étudiants. Sans doute qu'elle se voyait avec Rory jusqu'à la fin de ses jours. Amour d'adolescence, qui a grandi et s'est empâté des tourments d'adultes. 

 

-Mais je pense que je n'ai pas à me plaindre.

 

Elle a conscience qu'elle louvoie. Qu'elle esquive.

La vérité, c'est qu'elle ne sait pas comment répondre à Edwin. La question l'a prise au dépourvue, elle n'y a jamais réfléchi. Il lui arrive d'être lasse. Mais peut-elle dire qu'elle l'est de l'ensemble de sa vie actuelle ?

Alors, en attendant de trouver la réponse -sa réponse- elle temporise. En renvoyant une question.

 

-Et vous, pourquoi ces doutes quant à la métamorphose aujourd'hui ? Doutez-vous de l'intérêt de la matière de vous enseignez ?


Comme une envie de faire la fête

Message publié le 08/05/2025 à 13:46

Isaya se dit que cette jeune cliente a, en effet, particulièrement contente d'être là. Et, écoutez, la bonne humeur est contagieuse ! La gérante note mentalement que la jeune femme souligne que l'ambiance lui avait manqué. Une ancienne habituée ? Elle ne parvient pas à se rappeler... Il y a pas mal de passage aux Trois Balais. Des va-et-vient dans des ballets sans fins. Les gens qui entrent, qui sortent, les vagues incessantes, les visages que l'on revoit de jour en jour jusqu'au moment où on ne les voit plus -sans doute ont ils pris un autre chemin, lointain.

Isaya hoche doucement la tête, retenant un hydromel pour la dame ! 

 

-Si vous le voulez chaud, ça peut s'arranger, répond la gérante dans un sourire. C'est encore la période où les boissons chaudes ont la cote ! Et pas de souci pour le repas, si jamais vous changez d'avis, il y aura toujours moyen de vous faire un assiette.

 

Sur ces paroles, elle s'éloigne vers le comptoir afin de préparer la boisson de la jeune cliente. 

Quelques minutes plus tard, elle revient et dépose un verre devant la jeune fille.

 

-Vous êtes en avance sur votre rendez-vous, ou ce sont vos acolytes qui sont en retard ? demande-t-elle, curieuse.

 

Elle ne sait pas trop si l'autre prendra sa question comme une tentative malvenue d'entrer dans sa vie privée. Mais la jeune a l'air de sacrément bonne humeur et Isaya se dit qu'elle ne sera peut-être pas contre un brin de causette en attendant. 

Elle balaie rapidement la salle du regard. Kelly gère la salle comme à son habitude. D'une main de maître. L'afflux s'est quelque peu calmé. Il reste quelques clients à servir ou débarrasser mais la serveuse saura gérer. Alors si jamais la jeune veut causer... Isaya aime bien écouter les gens. S'imaginer leur vie. Leurs histoires. Après tout, on est tous personnage principal de sa propre vie. A quoi doit ressembler cette la jeune femme en face d'elle ?


Retrouvailles au tour d'un verre

Message publié le 05/04/2025 à 20:16

A cet instant précis, Isaya se dit que cette journée va être à la fois pourrie et interminable. Elle a déjà envie de rentrer dans son appartement de Pré-au-lard et de se mettre au lit. Toutes les journées ne se valent pas et parfois, quand ça veut pas, ça veut. Difficile de faire autrement, d'aller contre le destin ou quoi que soit cette force qui fait que la vie n'est pas un long fleuve tranquille.

Elle soupire. Ferme les yeux quelques secondes pour reprendre un peu de contenance.

Il faut qu'elle se reprenne. Ce n'est que l'après-midi. Y'a encore toute la soirée à assurer.

 

Tout à coup, une fois familière lui fait rouvrir les yeux. Ses paupières battent, elle a quelques secondes de flottement, le temps de remettre ses idées en ordre et reprendre pied avec la réalité. Les bruits, les odeurs, la sensation de son corps ancré dans le sol. Puis le visage. Qu'elle connaît. Qui se tient près d'elle. Elle ne percute pas de suite car cette visite était inattendue. Cela fait un petit moment qu'ils ne se sont pas vus. Elle ne pensait pas croiser le professeur Pope ce jour. Elle aurait même préféré ne pas le croiser aujourd'hui. Pas alors qu'un client vient de partir en vrille et, surtout, qu'elle vient d'échouer sur un sortilège aussi simple qu'un Tergeo.

 

Sans rien lui demander, Edwin Pope pointe sa baguette vers la tâche et, d'un sortilège bien lancé, parvient à inverser la tendance. 

Isaya forme un merci muet du bout des lèvres tandis que l'homme lui fait remarquer qu'elle ne peut pas porter sur son dos chaque éclaboussure du monde. Elle a un profond soupir. Non pas d'agacement, mais plutôt celui qui dit je sais mais se sent résigné. Elle connaît parfaitement ce trait de sa personnalité. C'est d'ailleurs à cause de ça qu'elle a fini dans un restaurant plein de chaises et de pâtes fantômes avec Leo Bloodworth. Parce que, sans savoir pourquoi, elle se sent responsable de tout le monde. Et se donne pour que les autres aillent mieux. Syndrome de l'infirmière ? Peut-être un peu. C'est sans doute aussi pour ça que depuis plus de quatre ans, elle accepte les tergiversations de Rory quant au divorce et le fait qu'il y a encore trois cartons pleins d'affaires à lui chez elle. Elle s'énerve, s'agace mais en même temps se dit que bon, peut-être qu'il dit vrai le pauvre, il est perdu, il a beaucoup de choses à faire, il se sent mal par rapport à leur situation, il...

Cette fichue tendance à faire passer le confort des autres avant le sien la perdra, elle le sait bien.

 

-Venez vous installer au comptoir, lance-t-elle en réponse à Edwin. Je vous offre votre verre, de whisky ou d'hydromel, peu importe.

 

Ceci dit, elle se dirige elle aussi vers le comptoir qu'elle contourne. Elle récupère un verre et se penche pour attraper deux bouteilles qu'elle dépose face au professeur de métamorphose : hydromel et whisky-pur-feu. Il aura ainsi le loisir de choisir la boisson qu'il veut affectionner dans l'instant.

 

-Ca fait un moment qu'on ne s'est pas vus, commence-t-elle en s'asseyant face à son interlocuteur. Que devenez-vous ? Poudlard ne vous a pas encore lassé ?


Une affaire de cartons

Message publié le 30/03/2025 à 13:07

Dans un soupir, Isaya regarde l'état de son appartement. C'est dimanche matin, dix heures. Les Trois Balais n'ouvriront pas avant la fin d'après-midi. Il faut bien une petite pause dominicale. Ce temps consacré à tout ce qu'on ne peut pas faire à d'autres moments de la semaine. Dans son cas : du rangement et gérer les affres de sa vie personnelle. Elle n'en peut plus de Rory et de sa mauvaise foi. Il prétend toujours avoir des choses plus urgentes à faire que de venir débarrasser les trois cartons comportant ses affaires qui traînent encore chez Isaya. Des choses urgentes, lui ?! Que pourrait-il avoir d'urgent ? C'est un écrivain raté qui passe son temps enfermé dans son bureau à rédiger ce qu'il pense être son futur best-seller. Mais qu'il auto-publiera à nouveau parce que personne ne voudra de son manuscrit. Il n'a absolument rien d'urgent mais, pour une raison qui échappe à Isaya, il ne tient pas plus que ça à débarrasser ses cartons.

Elle lui a rédigé des lettres. Elle est même passée le voir. Il a toujours trouvé le moyen d'esquiver, se louvoyer.

Dernièrement, elle en a eu marre.

Voilà plus de quatre ans qu'ils ont parlé séparation, divorce. Sans que rien ne soit vraiment acté, si ce n'est qu'ils ne se voient plus, qu'ils ne partagent plus de quotidien ou d'activité et qu'ils ne couchent plus ensemble. Mais administrativement, c'est pareil. Et ces foutus cartons... qui lui rappellent sans cesse qu'il est encore là, d'une certaine façon. Qu'est-ce que ça l'agace !

Alors elle a employé les grands moyens : elle a envoyé une beuglante. Pour lui tirer les oreilles et pouvoir crier tout ce qu'elle a envie de lui crier depuis tout ce temps. A priori, ça a fait effet. Car par retour de courrier, il lui a indiqué qu'il passerait ce dimanche 25 mars vers onze heures pour récupérer ses cartons.

 

Isaya est donc plantée au milieu de son salon. Elle a déplacé les cartons dans l'entrée, histoire de ne pas donner à Rory de prétextes pour s’installer dans le canapé comme au bon vieux temps et de ne plus en décoller. 

Elle se dit qu'elle va profiter de l'heure qui lui reste pour faire son rangement hebdomadaire. L'avantage d'être une sorcière, c'est que c'est vachement plus rapide que pour les Moldus. Pour peu que le sortilège soit réussi, bien évidemment.

Brandissant sa baguette, elle se concentre une seconde et, d'un geste souple du poignet, lance son sortilège : #[Failamalle] !

 

A croire que les soucis causés par ces cartons et, surtout, ce foutu Rory prennent trop de place dans son esprit. Elle n'arrive pas à se concentrer alors que le sortilège n'est vraiment pas compliqué. Dans un soupir, elle constate que sa baguette reste muette. Elle a envie de s'asseoir dans le canapé et c'est ce qu'elle fait. Le bazar reste là. Et alors ? Elle vit seule, personne ne viendra le critiquer. Elle pourrait le laisser comme ça, après tout. Pourquoi pas. 

Elle a très envie de juste rester dans son canapé et reprendre son livre là où elle en était. Ce qu'elle fait. En attendant Rory.

 

Il est presque onze heures trente lorsque Rory frappe à la porte.

Isaya a un soupir agacé : il ne sait pas être à l'heure celui-là !

 

-T'es en retard, lance-t-elle en guise de bonjour. Tes cartons sont là, ajoute-t-elle avant qu'il n'ait pu dire un mot.

 

L'homme paraît surpris par cet accueil des moins chaleureux et cette agressivité. 

 

-Eh, du calme, tente-t-il.

-Tes cartons, répète Isaya en lui pointant les objets du doigts. Récupère-les. 

 

Comprenant, au regard sombre que lui lance son ex qu'il n'y a pas matière à discuter, il s'occupe de faire léviter les cartons. Il s'attendait à ce qu'elle lui propose un verre, un café, quelque chose. Mais non. Et apparemment, elle ne semble pas décidée à lui laisser l'occasion de tenter quoi que ce soit non plus.

Isaya et Rory ne s'entendent plus depuis plusieurs années. Isaya dit s'ennuyer avec lui et il ne supporte plus ses reproches et le regard sceptique qu'elle porte à sa future carrière d'écrivain à succès. Il n'y a clairement plus d'amour entre eux et plus rien de les réunit. Pourtant, Rory ne veut pas lâcher. Comme si laisser partir ce premier amour c'était se retrouver sans rien. Une peur de la solitude avérée ? Ou une simple histoire de possession ? Isaya n'en sait rien et elle s'en fiche. Elle sait parfaitement ce qu'elle veut, elle. Le reste, c'est à lui de voir avec lui-même. C'est tout.

Alors qu'elle s'apprête à refermer la porte, elle lance par entrebâillement :

 

-Et fais quelque chose pour les papiers du divorce, bon sang ! 

 

Sur ce, elle claque la porte.

Par Merlin. Plus de quatre ans. Et il n'a toujours pas daigné signer quoi que ce soit pour le divorce ! Combien de temps encore va-t-il lui mettre des bâtons dans les roues ? Elle a été gentille, patiente, compréhensive -c'est dur pour lui, il a besoin de temps pour réaliser, pour accepter.

Mais quatre ans, quand même !

Elle est arrivée au bout de sa très grande patience et sa très grande gentillesse.

Elle se promet intérieurement que si rien n'a bougé d'ici deux semaines, elle enverra une nouvelle beuglante. Apparemment, ce mode de communication fonctionne.

Isaya Bergame a lancé un sortilège !

Sortilège
Sortilège de Rangement
Difficulté
3
Résultat D20
2
Interprétation
Échec
XP gagnée
3

A croire que les soucis causés par ces cartons et, surtout, ce foutu Rory prennent trop de place dans son esprit. Elle n'arrive pas à se concentrer alors que le sortilège n'est vraiment pas compliqué. Dans un soupir, elle constate que sa baguette reste muette. Elle a envie de s'asseoir dans le canapé et c'est ce qu'elle fait. Le bazar reste là. Et alors ? Elle vit seule, personne ne viendra le critiquer. Elle pourrait le laisser comme ça, après tout. Pourquoi pas. 

Elle a très envie de juste rester dans son canapé et reprendre son livre là où elle en était. Ce qu'elle fait. En attendant Rory.

Autres résultats possibles

Tout paraît très simple : le bazar accumulé au cours de la semaine s'élève et, en un clin d'oeil, vient retrouver son rangement d'origine. Les verres sales se dirigent vers l'évier de la cuisine, les livres réintègrent la bibliothèque du salon, les parchemins éparpillés s'entassent en une pile régulièrement qui vole jusqu'au bureau installé dans un coin, les vêtements se plient et se déposent sur le canapé, le plaid reprend sa place sur le dos du fauteuil. Voilà une bonne chose de faite !

 

Satisfaite, elle s'installe à son aise, constatant qu'elle a encore un peu de temps. Elle a très envie de juste rester dans son canapé et reprendre son livre là où elle en était. Ce qu'elle fait. En attendant Rory.

Tout paraît très simple : le bazar accumulé au cours de la semaine s'élève et, en un clin d'oeil, vient retrouver son rangement d'origine. Les livres réintègrent la bibliothèque du salon, les parchemins éparpillés s'entassent en une pile régulièrement qui vole jusqu'au bureau installé dans un coin, les vêtements se plient et se déposent sur le canapé, le plaid reprend sa place sur le dos du fauteuil.

Isaya affiche une mine satisfaite avant de se rendre compte que quelques verres sales accumulés sur la table basse sont restés sur place. A priori, le sort a fonctionné mais pas si bien que ça. Ca lui apprendra à se reposer uniquement sur sa magie. Dans un soupir, elle se saisit de la vaisselle et l'amène elle-même dans l'évier de la cuisine. 

 

Puis elle revient dans le salon. Elle a très envie de juste rester dans son canapé et reprendre son livre là où elle en était. Ce qu'elle fait. En attendant Rory.

Sans trop comprendre pourquoi ni comment, le sortilège a l'effet inverse de celui escompté : en un clin d'oeil, le salon se retrouve sens dessus dessous sous le regard paniqué d'Isaya. Les livres de la bibliothèque sont pris d'une envie folle de se dégourdir les pages et sautent au sol, les parchemins s'animent et se mélangent, les vêtements et le plaid se roulent en boule sous la table, l'encrier posé sur le bureau se renverse et une sorte de coup de vent invisible fait voler les plumes qui s'éparpillent au pied du bureau. Quel désastre.

Isaya se prend le front entre ses doigts et s'octroie quelques secondes.

Elle aurait pu accepter de laisser le bazar précédent en place en cas d'échec du sortilège. Mais là... c'est pas possible.

 

Prenant une nouvelle inspiration, elle retente son sortilège qui, cette fois, fonctionne bien. La majorité du bazar retrouve son ordre et, d'un autre sortilège, elle nettoie les traces d'encre laissées sur le bureau.

 

Puis, lasse, elle regarde son salon. Elle a très envie de juste rester dans son canapé et reprendre son livre là où elle en était. Ce qu'elle fait. En attendant Rory.


Comme une envie de faire la fête

Message publié le 23/03/2025 à 12:48

Les week-ends sont souvent les moments de la semaine les plus chargés. Surtout les vendredis et samedis soirs. Parce que les adultes et jeunes adultes finissent souvent leur semaine de boulot et ont besoin de décompresser. Et puis ils peuvent faire la fête jusqu'au bout de la nuit. Ils ont le temps

Isaya sait parfaitement cela et son équipe est bien rodée à l'exercice.

Généralement, le samedi après-midi est réservé -pas officiellement, mais de façon tacite- aux étudiants de Poudlard. C'est leur moment, le moment de la sortie à Pré-au-lard, le moment où ils viennent se détendre en toute tranquillité. Peu de risques de débordement de leur part puisque l'unique boisson alcoolisée qu'Isaya leur autorise est la bièraubeurre. Et puis, en règle générale, les étudiants de Poudlard sont encore de bons petits soldats. C'est après que ça se complique. Bien que les septièmes années puissent déjà être compliqués à gérer : le cul entre deux chaises, parfois majeurs mais encore étudiants, ils testent les limites, se prenant déjà pour des grands prêts à quitter les bancs de l'école.

 

Ce soir, l'ambiance est particulièrement détendue.

Les clients vont et viennent, discutent, rigolent, se charrient entre amis. Le mois de mars commence à bien s'installer et, malgré la fraîcheur qui demeure, les journées se font plus ensoleillées et les nuits plus claires. Le printemps se fait sentir. Pour autant, on ne se départirait pas de sa petite veste au risque de choper un rhume.

Kelly évolue avec aisance entre les tables, distribuant plats et boissons et ramenant la vaisselle sale derrière le comptoir. En cuisine, Erwan ne chôme pas. C'est l'heure où les estomacs se creusent et où les gens veulent commander de quoi se mettre sous la dent en plus de leur verre. Isaya, quant à elle, relaie son personnel là où il y en a le plus besoin. 

La salle principale se remplit de plus en plus et la gérante décide de soutenir Kelly, malgré le fait que cette dernière lui assure s'en sortir seule. L'idée n'étant pas de la faire courir jusqu'à épuisement entre les tables et jusqu'en cuisine, on est toujours mieux à deux.

C'est comme ça qu'Isaya s'emploie à ramener un plateau plein de verres à une table où de nombreux convives se sont installés. Trois bièraubeurres, deux whisky pur-feu, un rhum groseille, un hydromel et un jus d'oeillet. Voilà une belle tablée !

Son plateau vidé, elle reporte son attention sur la table voisine où une jeune cliente n'a pas encore été prise en charge. 

 

-Bonsoir, lance-t-elle d'un ton joyeux, notant que la jeune femme a, elle aussi, un air rayonnant. Vous avez l'air particulièrement heureuse d'être là, je me trompe ? Qu'est-ce que je peux vous servir ? Si vous souhaitez dîner, notre plat du jour est un rôti de porc avec purée de butternut et sauce de prunes dirigeables. Concernant le dessert, c'est une tarte au chocolat et poudre de dictame.

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