Harry Potter RPG
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Suspendu au milieu de la société

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Accueil En dehors du Château Londres Ministère de la Magie [En Cours] Suspendu au milieu de la société
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Alhena Peverell

Langue-de-plomb 31 ans Sang-Pur Britannique Notoriété

Serpentard
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Près du hall, Lundi 12 Février 2125

Elle en a l’habitude. Chaque couloir est un fil tendu entre deux promesses. Chaque pièce, une cage dorée où s’enferment ceux qui croient tout contrôler. Chaque murmure, un son désagréable des gens qui se veulent importants. Elle connaît trop bien ces lieux. De haut en bas, de long en large. Assez pour que la fascination enfantine s’efface et laisse place à la lassitude. Une forme de vide profond qui teint le visage de chacun de ses collègues. Elle veut plus. Elle a besoin de renouveler le grandiose de son travail. 

Droite, élégante, elle avance comme une poupée qui glisse sur le sol. L’éclat des murs reflète son ombre alors qu’elle sort de la salle de réunion. Le regard fixe, froid et les pensées organisées comme une horloge parfaitement huilée. Ils ont accepté. Son projet est validé. Certainement pas une surprise. Juste un fait. Une vérité qui s’impose, indiscutable. Ce n’était qu’une question de temps. Une idée qui a germé, poussé, étouffé toute opposition jusqu’à devenir incontournable. Gravée dans l’histoire du Département.

L’ascenseur monte lentement. Trop lentement. Les lumières projettent un éclat terne sur les parois métalliques. Elle croise son reflet dans les portes polies. Ne s’y attarde pas. Elles s’ouvrent sur un autre étage. Grand, démesuré, grouillant d'activités comparé au sien. Le bruit envahit ses sens, la replonge dans la réalité soudaine. Les gens sont comme des fourmis ouvrières qu’on oublie très vite, quand on passe son temps ailleurs. C’est un théâtre mondain où chacun joue son rôle à la perfection. Des bureaucrates en mission. Des aurors en vigilance feinte. Des employés précipités vers des urgences qui n’existent que dans leur propre importance. Le monde tourne, la société s'impose, et ses règles absurdes trônent au centre comme une promesse creuse de grandeur.

Elle marche. Rapidement. L’agitation autour d’elle est une atmosphère de fond, un bourdonnement sans intérêt. Elle réfléchit lourdement à la suite des événements, dossier en main. Elle ne se préoccupe pas du reste quand ça arrive. 

Sec. Brusque.

Un corps percute le sien. Une épaule qui la heurte. Un mouvement incontrôlé. Brutalement, elle recule d’un pas. On est rentré dans son espace vital, certes par mégarde, mais ça lui refroidit toute l’échine. Elle se fige. Le froissement du papier se fait entendre. Des feuilles qui s’envolent, happées par le courant d’air, avant de s’éparpiller sur le sol en un désordre irritant. Une pluie douce de papier qui les enveloppe. Elle en a déjà marre de cette interaction avant même que ça ne commence. 

Son regard glisse sur les documents éparpillés, suit leur déroute comme si elle observait les fragments d’un échiquier renversé. Ses doigts effleurent un parchemin en chute lente. Elle le récupère au sol, le froisse entre ses mains. Soupirant, elle inspire lentement. Elle sait déjà qu’elle ne s’excusera pas. Puis elle relève la tête.

L’homme n’a pas l’air commode, mais son regard lui est familier. Est-ce qu’on se connaît... Vous travaillez ici ? Sa voix est calme, posée, gelée au plus profond de l’hiver, alors que ses yeux brillent d’interrogation. Elle doit le confondre, elle en voit des gens, ce ne serait pas étonnant. 

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Alec Chadwick

Artisan Charpentier 32 ans Sang-Mêlé·e Américaine Notoriété

Deb
Ilvermorny
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Près du hall, Lundi 12 Février 2125

- C'est bien lui.

- Vous en êtes absolument certain ?
- Non, j'balance l'information au hasard. Le sarcasme dégouline alors que son regard s'assombrit.

- Monsieur Chadwick...

- J'ai un chantier qui m'attend, si vous avez fini d'me faire perdre mon temps, j'pense qu'on peut clôturer l'dossier non ?
- Il est essentiel que vous...

- J'dois signer où ?

- Là. Et . Aussi, Miss Moore m'a chargé de vous dire que vous devriez également vous rendre au niveau cinq pour régulariser votre situation...

- Pas l'temps.

- Votre passeport a expiré depuis deux mois Monsieur Chadwick, si vous ne le renouvelez pas vous risquez d'être expulsé du territoire et...

- Faites chier.

- Monsieur Chadwick !
- Nan vraiment, c'est pas contre vous mais ça m'emmerde, pourquoi on peut pas faire tout ça par courrier en fait hein ? Faut toujours venir jusqu'à vous pour remplir des papelards à la con qui disent toujours la même chose, ça d'vrait être automatisé franchement. Quand c'est pas l'renouvellement d'mon statut de sorcier résidant dans le monde moldu, c'est mon passeport, quand c'est pas mon passeport, c'est autre chose, croyez que j'ai que ça a faire de venir ici ?

Paradoxalement, Alec n'avait pas haussé une seule fois le ton, sa voix grave et ses paroles acerbes suffisant amplement à démontrer de l'agacement prodigieux qui le saisissait naturellement chaque fois qu'il mettait les pieds dans le labyrinthe administratif du Ministère. Le gratte-papier qu'il avait sous les yeux semblait ne plus vraiment savoir où se mettre, ouvrait et fermait la bouche à la manière d'une carpe sans énoncer le moindre mot. Ses initiales viennent parafer chacune des cinq pages du dossier que l'autre zieute avec une intensité absurde, et sa signature s'appose aux deux endroits désignés avant qu'il ne fasse glisser les feuilles loin de lui d'un geste sec.

 

- Là. Voilà. C'est bon j'suis libre ?
- J'insiste pour votre passeport Monsieur Chadwick, annonce la voix embrouillé de Georges - son badge usé tombait pathétiquement sur sa poitrine.
 

Aucune réponse ne vient ponctuer la réclamation de George. Alec se contente de quitter le département d'un pas lourd, sans un regard pour les brigadiers et aurors qui s'agitaient entre les bureaux. Poussant un soupir las, il décida qu'il serait effectivement judicieux de régler cette affaire de passeport avant de gagner son chantier, sans quoi il serait bon pour un nouvel aller et retour au cœur de Londres. Son regard s'attarde sur une colonne de sorciers qui semble se précipiter vers le hall, attendus probablement sur une quelconque scène de crime. Il ne voit pas venir la silhouette qu'il percute de plein fouet, mais l'impact provoque une montée d'adrénaline immédiate et brutale.

Il jure. 

Au sol, des dizaines de parchemins éparpillés. Le regard d'Alec s'affaisse sur la sorcière, d'au moins une tête en-dessous de la sienne. Pas l'ombre d'une excuse, ni d'un côté ni de l'autre. Une exaspération commune, peut-être, jusqu'à ce que la femme ne le questionne. S'ils se connaissent ? Alec est à peu près sûr que non. Le peu de connaissances qu'il s'est fait en Angleterre n'a rien à voir ni de près ni de loin avec le monde magique. Il hausse les épaules, s'abaissant par réflexe pour ramasser les documents étalés par terre, les assembler sans grande délicatesse.

- Non.

Simple et efficace, la réponse est similaire à un grognement alors qu'il se redresse pour tendre à la sorcière son dossier, entassé pêle-mêle. Les employés et visiteurs du ministère continuaient de se catapulter d'une pièce à l'autre autour d'eux. Personne dans ces couloirs ne semble à-même de perdre la moindre seconde. Comme un sentiment d'urgence déployé sur tout le bâtiment, à en suffoquer tous ses occupants. Alec s'apprête à prendre congé, prend néanmoins le temps de demander avec un accent caractéristique :

- J'vous ai pas fait mal ?

Impossible de ne pas noter la différence entre leurs deux gabarits.

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Alhena Peverell

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Serpentard
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Près du hall, Lundi 12 Février 2125

Elle attrape les documents d’un geste sec, replaçant les feuilles dans leur ordre exact aussi vite qu’elle peut. Son regard passe de son dossier à l’homme qui lui fait face. Plus grand, plus large, plus brut dans son attitude. Elle l’observe, sans ciller, une fraction de seconde trop longtemps pour que ce soit anodin. Son accent l’intrigue, sa manière de parler, son ton grave qui vibre encore dans l’air. Pas d’excuse, pas de civilité feinte. Juste une question directe, simple, à laquelle elle pourrait répondre par un mot et partir. Mais elle ne le fait pas.

Elle se relève, redresse légèrement son port de tête, réajuste une manche invisible. Un mouvement imperceptible, un geste automatique pour remettre de l’ordre là où il n’y en a jamais eu besoin. Son expression reste de marbre. Son regard aussi froid que l’ombre projetée sur les murs du Ministère. Puis elle glisse sa main sur son épaule, là où l’impact s’est fait ressentir. Une douleur sourde, rien d’inquiétant, mais assez pour être notée. Le geste est bref, précis, presque mécanique. Pas une plainte, pas une crispation. Juste une vérification. Son expression reste figée. Rien qui mérite d’être mentionné. Une réponse sèche, laconique. Pas un mensonge, pas tout à fait une vérité non plus. Il l’a percutée avec assez de force pour qu’elle enregistre le choc, mais elle refuse d’en faire un sujet. Ce serait lui donner trop d’importance et elle n’a pas le temps pour cela.

Pourtant, elle ne bouge pas.

Les couloirs continuent de s’animer autour d’eux, des silhouettes pressées qui n’ont pas le temps de s’attarder, qui les contournent sans un regard. Une rumeur constante, un bruit de fond permanent qui se fond dans le silence entre eux. Son regard détaille le visage de son inconnu, essayant de savoir d’où vient son impression de déjà-vu. Elle enregistre l’information. Parce qu’elle ne laisse jamais une interrogation sans réponse. Mais son attention glisse un instant sur les documents ramassés. Le désordre dans leur alignement la dérange, un pli infime se dessine entre ses sourcils. Elle replace le tout avec minutie, lissant chaque bord, comme si cela suffisait à remettre l’univers dans son axe. 

Puis, relevant les yeux, elle enchaîne, coupant court au silence. Puis-je déduire que vous ne travaillez pas ici ? Un constat de son esprit, pas une question. Il n’a pas la tête de l'emploi pour elle. Son ton est aussi froid que tranchant. Une lame glissant sur la conversation sans chercher à l’approfondir. Son regard ne s’attarde pas. Elle réajuste à nouveau une manche, une habitude presque inconsciente, comme si l’ordre était une extension naturelle d’elle-même. Avez-vous besoin que je vous montre le chemin ? Pas une offre. Pas une courtoisie. Elle veut qu’il refuse. Juste une manière de signifier qu’il prend trop de place dans son environnement. L’interaction doit se clore là. Et ça aurait pu être le cas, il aurait pu se détourner et elle, continuer son chemin, ranger cette rencontre dans les fragments inutiles de sa journée.

Mais un cri fend le hall. 

Que personne ne bouge où je le tue !

Le temps suspend son vol.

Maintenant, rendez-moi ma gamine !

L’agitation du Ministère, constante et prévisible, se brise net sous l’impact de ces mots. Un silence pesant s’installe. Les pas précipités se figent. Les conversations s’étranglent. Alhena tourne légèrement la tête. D’abord par réflexe, ensuite par interrogation. Un homme, en bout de couloir. Grand. Sec. Les traits tirés par la fatigue ou le désespoir. Il n’a pas l’air d’appartenir au décor aseptisé du Ministère. Ses vêtements sont froissés, ses yeux trop vifs, trop hantés.

Mais surtout, il tient une baguette pointée sur un employé du Ministère et une lame sous sa gorge. Le pauvre homme en costume administratif lève les mains en tremblant, comme s’il venait de réaliser l’urgence de la situation. Où elle est ?! C’est comme un rugissement venu des entrailles. Où est-ce qu’elle est ? Pourquoi vous me l’avez prise ? Pourquoi vous me faites ça ! Je ne lui veux pas de mal ! Les regards fusent, les pas reculent. Les employés s’écartent doucement en une marée silencieuse, cherchant à se fondre dans le décor. Deux hommes près de la scène échangent une conversation silencieuse, c’est à eux qu’on parle. Mais personne ne se déplace encore.

Alhena, elle, ne bouge pas. Elle observe. Analyse. Le ton. La posture. Une respiration hachée, des doigts crispés sur le bois de la baguette. L’homme est peut-être un peu fébrile, mais pas insensé. Il est agité, mais ses gestes restent contrôlés. Cela ne ressemble pas à un simple coup de folie, mais à du désespoir. Une dernière demande. Une certitude d’avoir raison. Il veut quelque chose, quitte à détruire le peu de ce qui lui reste à vivre.

Et c’est bien là, le problème.

La brune reste impassible. Ses yeux glissent brièvement sur celui à ses côtés. Cet homme, est-il du genre à ignorer ce qui se passe ? Elle tente de capter son regard et fait un geste de tête vers une porte non loin. Elle ne veut pas tenter de s’enfuir, non. Il y a quelque chose, une enfant, seule, derrière l'entrebâillement, qui tremble. Mais Alhena ne doit pas se précipiter au risque de mettre en danger quelqu’un d’autre. C’est une situation délicate, où personne ne veut être celui qui fera la première erreur.

Et pourtant, il faudra bien que quelqu’un bouge en premier.

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Alec Chadwick

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Il n'y a pas dix mille réponses à la question qu'il vient de poser. Soit c'est oui, soit c'est non. Sans doute qu'Alec aurait du s'attendre à ce que cette femme trouve l'art et la manière de balancer les deux à la fois. Elle semble, après tout, travailler au ministère, et le ministère n'est pas connu pour faire dans la simplicité. Initialement agacé, Alec se surprend pourtant à pousser un rire, ou plutôt ce qui pourrait, de très loin, y ressembler. À peine un souffle dans l'air, alors que ses lèvres font minent de vouloir s'étirer vers le haut. Rien qui mérite vraiment d'être mentionné non plus, à vrai dire. Elle n'a visiblement pas compris non plus que sa négation précédente valait pour ses deux questions à la fois. Répète inutilement la demande, comme si c'était d'une quelconque importance. Alec reste la regarder sans ciller peut-être une seconde de trop, partagé entre un réflexe abrupt, et sa volonté de rester courtois.

- Non, j'travaille pas ici, il finit par annoncer d'une voix bourru.

Son regard va de la sorcière à ses documents, précieusement replacé, aligné, véritable toc de bureaucrate. L'instant passe. Il a beau être bref, il ne l'est pas suffisamment pour qu'Alec n'ait pas le temps de se demander pourquoi ils restent plantés là, tous les deux. Une réalité d'autant plus flagrante lorsque la femme lui demande s'il a besoin qu'on lui indique le chemin. La tête secoué d'un bord et d'un autre, il n'a pas le temps de formuler le moindre mot qu'un cri l'arrête. La réplique qui suit est familière. Il doit retenir l'envie de lever les yeux au ciel. Nan parce que, quelles étaient les chances hein ? Il met les pieds au ministère une fois tous les deux ans au bas mot. C'est absurde. Ridicule. Le silence s'est abattu sur une foule brutalement figée dans son élan. Alec ne peut pas ignorer avoir vu, moins de cinq minutes plus tôt, les trois-quart des effectifs du département de la justice se diriger vers le hall. Évidemment

La réaction tient plus du réflexe qu'autre chose. Il observe. Le type, sa baguette, sa lame, la distance ridicule qui la sépare du cou de ce pauvre gars. Les vêtements usés, les cernes dessinés sous des yeux sombres, les mains qui tremblent, mais qui gardent une prise assurée. Autour, des visages terrifiés de sorciers et sorcières, extirpés d'un bureau ou d'un autre, vraisemblablement dépassés par la situations. Alec se tourne finalement vers la femme à côté de laquelle il se tient, qui lui fait un signe discret vers une porte. S'imaginant d'abord qu'elle indique une sortie, il ne peut que constater très rapidement que ce n'est pas du tout le cas. Bordel. Est-ce la fille du type ? Une autre gamine encore ? Ça reste une gamine quoi qu'il se passe. Une gamine complètement tétanisée, dont les grands yeux balancent d'un endroit à un autre avec urgence, future témoin d'un désastre dont elle ne se remettra sans doute jamais.

Non.

Une poignée de secondes seulement sont passées, pendant lesquelles le temps a semblé suspendu. Alec lève les deux bras en l'air avant d'amorcer un pas dans la direction du type au bout du couloir, sa voix puissante résonnant entre les murs sans qu'il ait besoin de la forcer.

- Mate. J'crois pas que t'as envie de faire ça. T'as pas l'air d'un mauvais gars ok ? T'es à bout, j'comprends, ça arrive. Mais j'te jure c'est pas d'ouvrir la gorge d'un type qui va t'aider à retrouver ta gamine.
- ARRÊTE D'AVANCER !

Alec s'arrête.

- Ok. Ok c'est bon. J'm'arrête.

L'avantage, c'est que l'attention du type est davantage focalisée sur lui que sur autre chose. Ses armes sont toujours pointées sur le pauvre gars qu'a l'air de suer par tous les pores, mais ça c'est une autre histoire.

- J'vais pas l'buter si on m'rend ma gosse putain ! J'veux juste ma gosse.

La plainte est désespérée. Alec hoche la tête.

- J'en ai une aussi, de gosse ok ? il annonce, toujours les mains en l'air. Mais tu vois tu joues contre ton camp là. Mec si tu fais ça ta gamine elle voudra plus être avec toi tu l'sais ? Elle te regardera et tout ce qu'elle verra c'est un type qu'en a buté un autre. T'veux pas qu'elle voit ça.
- Ta gueule ! Ta gueule, ta gueule, ta gueule !

Les mains se mettent à trembler davantage, pressent la lame contre la gorge du type avant de s'éloigner brusquement, la baguette toujours pointée contre la jugulaire.

- J'ai pas d'mandé toute cette merde ! J'ai rien d'mandé moi ! J'veux juste qu'on m'laisse voir ma gamine !

Le couteau baladé dans l'air provoque un mouvement de recul des sorciers et sorcières présents non loin, et Alec abaisse les bras. 

- Pose cette foutue lame, lâche la baguette. Et on trouve un moyen pour qu’tu puisses lui parler.
- D'la merde ! Vous les types du ministère vous racontez que d'la merde !
- J'suis pas du ministère mon gars.
- T'es pas du ministère ? Son regard fuyant cherche du regard le reste de la foule comme s'ils pouvaient confirmer ou non ce qu'Alec venait de dire.
- J'suis pas du ministère, il répète d'un ton tranquille. Dans son champ de vision, du mouvement derrière le type, brusque, immanquable. J'peux t'aider à négocier parce que si j'étais à ta place j'prendrais toute l'aide qu'on m'propose tu piges ? Mais faut qu'tu lâche ce gars. Si tu le lâche pas c'est mort. Si tu le lâches pas c'est sûr tu perds tout.

Le gars doute. Ça se voit. Le couteau contre son flanc, il relâche même la pression de sa baguette, s'humecte les lèvres alors qu'il cherche visiblement quoi faire.

- J'te jure que tu vas la revoir ta môme ok ? Faut juste que tu laisse ce mec là en vie, c'est tout c'que t'as à faire, Alec insiste en voyant la baguette s'éloigner encore.

Plusieurs choses se déroulent exactement en même temps. Des agents informulent plusieurs sortilèges qui désarment complètement le type, l'incarcèrent au sol. La porte, de l'autre côté du couloir, s'ouvre, et le bruit de pas précipité d'une enfant résonne contre les murs alors qu'elle pousse un cri.

- PAPA !

Alec échappe un soupir, comme s'il relâchait subitement la tension. Le type chiale contre le sol, et c'est carrément angoissant à regarder. Mais il parvient quand même à croiser son regard. Un hochement de tête subtil passe entre eux avant que les agents du ministère ne se mettent à éloigner tout le monde pour remettre de l'ordre. L'un d'entre eux s'occupe immédiatement de la gamine, l'empêchant d'atteindre son père. Alec peut pas s'empêcher de trouver ça injuste. C'est la seule chose dont ils visiblement besoin tous les deux. Foutus protocoles. 

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Alhena Peverell

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Le problème d’Alhena, ce n’est pas qu’elle méprise les gens. C’est qu’elle méprise plutôt la terre entière. Elle déteste les humains, mais ils la fascinent tout autant. Ils sont tous si différents, ils ont tous des réactions qui dépassent la logique de la raison. Parce que l’être humain, selon Alhena, n’aime pas écouter sa raison. Il préfère vivre jusqu’à en perdre tout ce qu’il possède. Parce que la seule chose qui l’importe, c’est lui-même. Malheureusement pour elle, au fil des années, elle a fini par comprendre que c’est un peu plus complexe que ça. Que parmi la masse de cette société, si lisse, il y a des personnes que la brune déteste encore plus que les simples fourmis qui l’entourent chaque jour. 

Ceux qui sortent de l’ordinaire. Les héros. 

Peverell a montré l’enfant, dans le simple but de lui faire comprendre qu’il faut la faire dégager d’ici. Que ça soit la gamine du preneur d’otage ou non. L'innocence des enfants est la seule chose à conserver dans ce vaste monde. Le reste peut être brisé, pour être reconstruit derrière. La fillette n’a donc pas à voir ça. C’est ça le plan, du coup, non ? Alors pourquoi, ce type, sorti tout droit d’un livre de Stephen King, s’est mis à parler à l’agresseur. Qu’est-ce qu’il fait ? On est au Ministère. Il y a toutes les forces de l’ordre au bout du couloir prêtes à intervenir. Ce n’est pas son rôle. Et s’il fait tout empirer ? Elle pince ses lèvres entre elles, très bien, changement de plan.

Doucement, alors qu’ils parlent, elle s’approche de la porte et tente de la refermer sans se faire voir. L’assaillant à l’air bien trop occupé par l’autre homme, pour faire attention à ses déplacements lents. Alors qu’elle s’apprête à arriver à destination, elle tourne la tête vers celui qui l’avait bousculé. Il a une fille ? Alhena grince des dents. Pourquoi ça l’énerve d’entendre ça. Pourquoi cette idée, la terrifie. Elle s’imagine déjà une gosse qui pleure la mort de son père, parce qu’il a eu la bonne idée de vouloir jouer les héros. Est-ce qu’il a pensé à elle avant de se mettre en danger ? Peverell entend déjà les réponses que l'on aurait murmurées à sa question. Il y a ceux qui pleureront le sacrifice et diront que le paternel est l’exemple à suivre. Mais il y a aussi la vieille école. Ceux qui diront que la personne avait eu d’autres choix. L’égoïsme d’être le héros, au profit de la vie de famille qu’on laisse derrière. La brune ne sait pas vraiment où elle se trouve, dans cette idée. Peut-être que les deux visions la dégoûtent. Mais ça ne l’empêche pas de trouver la logique incohérente. 

Ses doigts ferment la porte dans un bruit presque silencieux. Elle ne peut pas la fermer à clé. La gamine peut l’ouvrir à tout moment. Mais étrangement, Alhena se dit que c’est déjà mieux que rien. Si elle fait plus, il risque de s’intéresser de trop près à ce qu’elle fait. Alors elle se concentre à nouveau sur son nouvel ami, ou sujet d'expérimentation humaine. Elle observe toujours ceux qui sont dans la pièce. C’est comme ça qu’on apprend des autres. Non ? Elle plisse les yeux. Chaque mouvement, chaque muscle de la mâchoire qui se contracte, chaque regard. Que ça soit ceux des protagonistes principaux. Ou ceux venant des employés qui enjolivent le décor par leur présence. Tout est intéressant à prendre, à stocker dans ce palais mental qui lui sert de tête. 

Tu réfléchis toujours trop Alhena

Le drame se termine. L’instant passe. Comme le danger. Comme la gamine qui file vers la nouvelle scène qui s’offre au monde. Alors que l’agitation et la tension inondent les murs du Ministère, elle s’approche de l’homme. Je suppose que quelqu’un de plus approprié vous le dira plus tard. Mais au nom du Ministère, merci pour votre intervention. Elle penche la tête. Étant donné que vous n’êtes pas de nos forces de l’ordre, je leur laisserai le loisir de vous faire toutes les remontrances du monde. Je suppose qu’ils ne vont pas apprécier plus que ça. Un silence. Ce n’est pas comme si je m’en souciais de toute manière. La brune pince les lèvres. Il est vrai qu’elle a un lourd passif avec quelqu'un qui était autrefois chez les Aurors. Mais c’était autrefois. Une autre histoire. Alhena Peverell. Est-ce qu’il va se présenter à son tour ? Elle lui tend la main quand même. Probablement trop blanche, trop frêle par rapport à lui. Merci d’avoir sauvé le temps que j’allais perdre dans ma journée. Un merci pas comme un autre. De toute manière, ça lui aurait arraché la gorge de le faire. Elle lui fait un sourire, trop glacial pour être irréaliste. Si jamais vous avez besoin d’aide un jour, n’hésitez pas. Je pourrai vous rendre la pareille.

Et après ça, elle se tourne, comme si elle allait enfin reprendre son chemin. Mais encore une fois elle ne bouge pas. La question lui brûle les lèvres. C’est une interrogation qui se glisse à l’intérieur de sa chair. Ses poings se contractent, ses phalanges se crispent. On peut presque entendre les bruits des feuilles qui se broient dans ses mains. Alhena se retourne brusquement. Sa voix, un peu plus forte et brute. Dites-moi... Pourquoi vous avez fait ça ? Sa question est aussi sèche qu’elle en a l’air. Ce n’était pas votre devoir. La brune ne comprend pas. Qu’est-ce qu’on aurait dit à votre fille si ça s'était mal déroulé ? Peut-être que ce n’était pas à lui qu’elle voulait poser la question, en réalité. Les gens meurent tous les jours, c’est ce qu’ils font de mieux. C’est un constat qu’elle fait avec une voix plus fragile. Mais ça reste un terrible constat. 

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Alec Chadwick

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Alec soupire. Un bruit bref, rauque, sans fioriture. Il n’a pas besoin d’un putain de débat philosophique pour justifier ce qu’il a fait. Il prend le temps de la regarder, cette femme qui semble tout analyser sous une loupe, comme si le monde était un putain de laboratoire d’expérimentation humaine. Son regard est froid, détaché, et quelque chose dans cette façon de questionner l’évidence lui file un goût amer. Il jette un regard vers les Aurors qui s’activent, vers le mec à terre qui renifle bruyamment en retenant des sanglots. C’est fini. Le bordel est géré. Mais elle, elle est encore là. Et elle l’interroge comme si c’était lui le problème. Son expression se ferme légèrement. Pas de colère, pas de mépris. Juste de lassitude. Il a l’habitude qu’on questionne ce qu’il fait, pourquoi il le fait. Mais il n’a jamais eu de patience pour ceux qui intellectualisent ce qui ne mérite pas de l’être. 
 

- Vous réfléchissez beaucoup trop.
 

Le ton est sec, mais pas agressif. C'est ni une insulte, ni une provocation. Juste un constat, lancé sur un ton brut et factuel.


- J’l’ai fait parce que j’ai vu les Aurors se barrer y’a cinq minutes, et qu’on avait pas l’temps d’attendre qu’ils rappliquent.

Il laisse un silence, juste assez pour que ça percute. Elle l’agace, avec ses foutues questions à côté de la plaque.


- Les gens meurent tous les jours, ouais. Mais quand on peut éviter qu’ça arrive, on le fait. C’est tout.
 

Sa voix est toujours calme, posée. Il hausse les épaules, et son regard devient un brin plus acéré.

- Pis vous savez quoi ? Ma fille aurait été fière. Pas parce qu’j’ai voulu jouer les héros. Juste parce qu’j’ai empêché un gosse de voir son père massacrer un type sous ses yeux.


Il la fixe, appuie chaque mot avec la certitude de quelqu’un qui sait qu’il a raison.Son regard glisse sur sa posture trop rigide, son sourire trop froid, sa façon de se tenir comme si elle était en dehors du monde, au-dessus du bordel.


- Pis si vous trouvez qu'vous perdez du temps dans votre journée, peut-être bien que vous devriez le passer ailleurs.
 

Alec ne bouge pas tout de suite. Il lui laisse le poids de cette remarque. Puis il ajuste la sangle de son sac, son regard ancré dans le sien un quart de seconde de plus que nécessaire, avant de finalement annoncer :

- Alec Chadwick. S’ils ont des remarques, dites-leur qu’c’est moi qu’ils doivent emmerder. J'serais là-haut en train d'renouveler mon foutu passeport.

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