Harry Potter RPG
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L'horloge interne

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Accueil En dehors du Château Londres [En Cours] L'horloge interne
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Alec Chadwick

Artisan Charpentier 32 ans Sang-Mêlé·e Américaine Notoriété

Deb
Ilvermorny
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Un village en banlieue de Londres, Mardi 10 Octobre 2124

Le bois craque sous la semelle de ses bottes. Un bruit sec, étouffé par l’humidité matinale qui imprègne l’air. Alec referme la porte de sa maison d’une main lasse, un trousseau de clés calé entre ses doigts, et lève les yeux vers le ciel. Gris. Pas de pluie, pas de soleil. Un entre-deux délavé, comme ces jours où tout semble suspendu, ni vraiment bien, ni franchement mauvais. Il ajuste la sangle de son sac sur son épaule, fourre ses mains dans ses poches et prend le sentier qui le mène jusqu’à la route principale. Comme d’habitude. Il pourrait faire le trajet les yeux fermés. Et pourtant, quelque chose dans son pas est plus lourd aujourd’hui. Un poids invisible, pas assez oppressant pour lui couper le souffle, mais suffisamment pesant pour lui tordre l’estomac.

Quatre jours.

Il n’a pas compté, pas consciemment du moins. Ce n’est pas le genre d’homme à marquer les dates d’un cercle rouge sur un calendrier. Mais son corps, lui, se souvient. Le vide à côté de lui dans le lit. La sensation qu’il devrait être ailleurs, avec quelqu’un qui n’est plus là. Chaque année, c’est la même chose. Il n’a pas besoin de regarder une montre pour savoir que l’horloge interne a enclenché le compte à rebours. Son souffle se condense en un nuage pâle lorsqu’il franchit le portail grinçant qui borde la route. Son travail l’attend. C’est une journée comme une autre. Il la passera comme il les passe toutes : les mains dans le bois, l’esprit occupé à éviter les pensées trop profondes.

Les premières minutes du trajet sont mécaniques.

Son pas trouve naturellement le rythme habituel, celui qui le porte chaque matin jusqu’à l’atelier. Le sentier serpente entre les parcelles éparses du village, bordé par des clôtures fatiguées et des jardins où l’herbe pousse trop librement. Il connaît chaque détour, chaque arbre, chaque foutu nid-de-poule sur la route. Là, à droite, il y a cette vieille baraque qu’on dit inhabitée mais dont la lumière du grenier s’allume parfois, sans raison. Plus loin, la boutique d’antiquités de cette vieille femme qui l’observe toujours avec une curiosité polie, comme si elle essayait de deviner ce qu’un type comme lui fait dans un coin aussi tranquille. Et pourtant, malgré la familiarité du décor, quelque chose cloche aujourd’hui. Peut-être que c’est juste lui. Son humeur, son putain de corps qui enregistre les dates avant même qu’il ne le fasse. Ça fait combien de temps qu’il n’a pas mis les pieds là-bas ? Devant cette pierre froide avec son nom gravé dessus ? Il ne sait même pas. Il ne veut pas savoir.

Il passe devant le pub du village, encore fermé à cette heure-ci. L’odeur de bois mouillé et de tabac froid traîne devant l’entrée, mélange familier qui l’accompagne un instant avant de se dissiper avec la brise matinale. Il aurait pu s’y arrêter la veille. Il aurait pu noyer cette foutue sensation sous quelques verres. Mais ça ne change rien. Ça ne change jamais rien. Le bruit lointain d’un moteur, quelque part derrière lui, le ramène au présent. Alec serre un peu plus les sangles de son sac, tire sur le col de sa veste. La fraîcheur du matin lui mord la peau, mais il sait que dans une heure, ce sera déjà autre chose. Il fera plus chaud. La routine reprendra le dessus. Il n’aura plus à penser. Il lève les yeux vers les façades silencieuses qui l’entourent, capte du coin de l’œil une ombre qui se glisse derrière un rideau à son passage. Ça le fait presque sourire. Il ne s’attarde pas.
 

Encore quelques minutes de marche, et il pourra enfouir ses pensées sous la sciure et le bruit des outils.

Sam lui manque, aujourd'hui plus que jamais.

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Jules Winslow

Éleveur de croups 33 ans Sang-Mêlé·e Américaine Notoriété

Ilvermorny
Membre actif de la bêta - merci !
Un village en banlieue de Londres, Mardi 10 Octobre 2124

Les jours passaient, et se ressemblaient. Jules évoluait dans une morne litanie qui paraissait sans fin. Pourtant, elle continuait d'avancer, inlassablement, comme si sa volonté seule lui permettait d'affronter cette vie semée d'embûches qui était la sienne. Elle n'avait qu'une idée en tête : récupérer sa fille. Pour cela, elle avait lancé son élevage de croups le plus rapidement possible, en retapant elle-même le chenil attenant à la petite maison qu'elle avait loué. Il lui fallait de l'argent pour accueillir Mila dans les meilleures conditions qui soient, et il était hors de question qu'elle s'occupe elle-même des travaux de la maison qui servirait de toit à sa fille. 

 

Les mises aux normes demandaient un savoir faire qu'elle n'avait pas, et la sécurité de Mila passerait toujours avant toute autre chose. Cependant, tous les devis qui lui avaient été faits étaient bien au-delà de son budget, et elle se devait donc de trouver cet argent au plus vite. Pour cela, son meilleur moyen restait encore les quelques Croups qu'elle avait pu sauver. Certains avaient déjà trouvé nouveau maître, mais l'un d'entre eux en particulier avait bénéficié d'un dressage absolument calamiteux qu'elle essayait tant bien que mal d'arranger depuis maintenant plusieurs semaines. 

 

Malheureusement, l'animal restait récalcitrant, et n'avait rien trouvé de mieux à faire que de s'échapper purement et simplement durant sa balade quotidienne. Qu'elle prenait pourtant la peine de faire sans la présence des autres créatures. Elle parcourait donc les rues du village à grands pas, à la recherche de Spook qui, évidemment, ne répondait pas à l'appel de son nom. Il n'y avait pas âme qui vivait pour l'aider dans ses recherches, pas même un témoin. Jusqu'à ce qu'une silhouette se dessine dans la brume, vers laquelle elle s'élança à petite foulée.

 

- Monsieur ? Monsieur ? Bonjour, excusez-m... Elle se coupa nette. L'homme s'était tourné vers elle, et ce visage, bien qu'il ait pris quinze ans, elle le reconnaîtrait entre mille. Et jamais elle n'aurait pensé le trouver là. A... Alec ? souffla-t-elle, complètement bouchée bée.

 

Elle semblait totalement figée, devant celui qui avait été un ami proche durant toute sa scolarité. Peut-être même un peu plus que cela. Son coeur avait toujours battu un peu plus vite à son approche. Il avait toujours su la faire rire. La faire se sentir en confiance. Mais à présent, il n'était plus qu'un inconnu déguisé en fantôme du passé. Ils n'avaient jamais gardé contact après leur remise de diplôme. Elle n'avait gardé contact avec personne. Elle en aurait été bien incapable. 

 

- Ça alors... Qu'est-ce que... Tu fais là ? 

 

Elle avait l'étrange impression qu'il ne s'agissait là que d'un mirage dans la brume.

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Alec Chadwick

Artisan Charpentier 32 ans Sang-Mêlé·e Américaine Notoriété

Deb
Ilvermorny
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Un village en banlieue de Londres, Mardi 10 Octobre 2124

Alec n’avait pas remarqué les bruits de pas précipités derrière lui. Pas tout de suite. Son esprit était ailleurs, enfoncé dans cette foutue date qui se rapprochait, dans la froideur du matin qui s’accrochait à lui comme un mauvais pressentiment.


- Monsieur ? Monsieur ? Bonjour, excusez-m…
 

Il se retourne, prêt à répondre vaguement et continuer sa route. Mais ses yeux tombent sur elle. Tout se fige. Un battement de silence. Une seconde trop longue.
 

- Jules ?
 

Sa propre voix lui semble étrange. Comme si le nom lui-même avait été oublié trop longtemps, mis de côté sur une étagère poussiéreuse de sa mémoire. Ça parait impossible qu'elle soit plantée là. Ici. Maintenant. Pourtant, c’est bien elle. Un peu plus fine, les traits marqués par la vie, un regard toujours aussi clair, plus voilé qu’avant peut-être. Jules. Sa Jules. Le poids des années lui tombe dessus comme un putain de bloc de pierre. Quinze putains d’années. Il la voit, la Jules de dix-sept ans, assise en tailleur sur un bureau dans une salle de classe vide, en train de lui dire que les cours de potions sont une connerie monumentale. Il se revoit faire le mur avec elle pour aller piquer de la bouffe dans les cuisines, rire dans les couloirs en esquivant les surveillants. Il se souvient du dernier jour à Ilvermorny, quand il lui a promis d’écrire, qu’elle a juste souri sans répondre.


Il aurait aimé qu’elle soit là quand il a eu son insigne du MACUSA en main pour la première fois. Il aurait aimé qu'elle soit là pour l'conseillé quand tout partait en couille, que Lily arrivait pas à avoir de gosse. Il aurait aimé qu'elle soit là quand il a buté ce gosse sur Troutman Street. Il aurait aimé qu’elle soit là le jour où il a enterré Lily. Mais elle avait pas été là. Elle avait disparu. Après Ilvermorny, ni lui ni Lily, ni aucun de leurs potes l'avaient plus jamais revus. Jules, fantôme du passé, exhumé le jour où le sien lui pèse déjà sur le cœur. L’ironie est mordante.
 

- Ça alors... Qu'est-ce que... Tu fais là ?


Sa voix, incroyablement familière, brise le silence. Alec cligne des yeux, comme pour s’assurer qu’elle est bien réelle. Son expression se détend légèrement, un vrai sourire étire le coin de ses lèvres.


- J’pourrais te poser la même question. C'est pas une pique, pas un reproche. Juste un mélange d’amusement et d’incrédulité. Il la détaille, pas trop, juste ce qu’il faut pour capter qu’elle a l’air fatiguée. T’habites dans l’coin ?

Sa voix est un peu plus grave que dans ses souvenirs, plus marquée par le temps et les années. Mais son regard reste le même. Il croise les bras, l’air toujours légèrement surpris.
 

- Bordel, ça fait quoi… quinze ans ? Il secoue doucement la tête, comme si le chiffre lui-même lui semblait absurde. J’savais même pas qu’t’étais en Angleterre.


C’est honnête. C’est vrai. Il pensait qu’elle avait foutu le camp loin, ailleurs, dans un autre foutu pays, une autre vie. Leur bande entière de potes avaient fini par s'étioler avec le temps, même si c'est elle qui s'était tirée la première. Aucun d'eux avait jamais vraiment su pourquoi. Le fait est que les gens vont et viennent, sans que personne puissent les empêcher. C'est Lily qui lui disait souvent ça, quand il se prenait à devenir nostalgique. On sait pas de quoi demain sera fait Alec, ça se trouve on s'retrouvera. L'émotion qui le prend est carrément étrange alors qu'il reste là à observer Jules au milieu de son paysage quotidien, comme s'il s'agissait d'un mirage.

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Jules Winslow

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Ilvermorny
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Entendre sa voix était aussi bizarre que de voir son visage. Jules ne savait pas quoi dire, ni quoi faire, alors même qu'elle était face à celui qui, il y a des années de cela, n'était rien d'autre que son meilleur ami. Elle ne lui avait jamais donné la moindre nouvelle. Ni à lui, ni à personne, bien trop honteuse de ce qu'elle était devenue. La honte, c'était quelque chose de puissant, que l'homme avait qui elle vivait savait faire grandir comme personne. Et bien qu'elle s'était enfin enfuie, qu'elle ressentait une certaine fierté pour la force qu'elle avait fini par trouver bien enfouie au fond d'elle, la honte revenait ici, face à Alec. 

 

Que pouvait-il penser d'elle, qui l'avait fait disparaître de sa vie sans même un hibou ? D'elle, qui n'était qu'à peine coiffée en cette matinée. D'elle qui courrait dans les rues à la recherche d'un croup dont elle était censée gérer la réhabilitation. Elle qui avait vieilli bien plus vite que les années ne s'étaient écoulées à cause de la lassitude qui lui faisait courber le dos et qui affaissait ses épaules. Elle, qui n'était plus que l'ombre de l'adolescente qu'elle était, qui s'était ouverte au contact des autres, et s'était refermée dès sa scolarité terminée. 

 

Elle avait toujours aimé Alec. N'avait jamais rien dit. Pensait avoir trouvé un amour plus réciproque dans les bras du père de Mila. La chute fut rude. Elle baissa légèrement les yeux, incapable de tenir le regard de son ami. De personne, en fait. C'était quelque chose qu'il lui fallait réapprendre.

 

- Je vis un peu plus loin. La... La vieille maison avec le chenil, finit-elle pas répondre doucement, comme si elle avait peur que sa voix fasse trop de bruit. Comme si elle n'avait pas vraiment le droit de parler.

 

Elle ferma un instant les yeux. Pourquoi est-ce que c'était si difficile de se confronter à son passé ? Elle prit sur elle pour inspirer profondément, rouvrir les yeux, les planter quelques secondes au moins dans ceux d'Alec.

 

- J'suis arrivée l'été dernier. J'pensais pas te trouver là non plus. Je... Lily va bien ? demanda-t-elle naïvement.

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Un village en banlieue de Londres, Mardi 10 Octobre 2124

C'est lunaire. Pas qu'un peu. Alec est un gars bourru. Pas forcément gêné de devoir faire la conversation, pas vraiment du genre à la rechercher non plus. Du moins, c'est l'homme qu'il est devenu. Depuis l'départ de Lily, environ. D'avant, peut-être bien Il saurait pas  dire. Plus jeune, il avait eu toute une bande de copains avec laquelle il adorait faire les quatre cent coups. Même là, on le connaissait pas comme un grand causeur. Mais il avait été plus avenant. Plus souriant. Jules ? Jules l'avait connu à l'époque. Il l'avait connu à l'époque. Marrant comme la vie repousse loin certains souvenirs. Comme en quelques instants, ils peuvent être ravivés. Sauf que bien sûr, Jules a changé. Au même titre que lui. Forgée par une existence dont il ne connait rien.


Perdue, l'adolescente tranquille qui semblait vous défier du regard, une réplique mordante et pleine d'humour au bord des lèvres.

 

Elle esquive son regard. Le jette au sol, comme embarrassée. La voix faible, les syllabes qui s'accrochent, l'assurance qui prend congé. Alec fronce les yeux, les détourne brièvement à son tour, comme pour guetter les contours de la maison dont elle parle, qu'il sait se dresser plus loin sur le sentier. Elle vit là. Jules vit là, à quelques dizaines de mètres à peine de sa propre maison. Depuis l'été dernier. Depuis des semaines. La question le prend de court. Le heurte de plein fouet. Son visage se tort d'une grimace vive, mais brève, aussitôt effacée. Il la ravale avec amertume alors qu'il s'éclaircit la gorge, détourne le regard, prend une seconde pour se recomposer. Il connait pas de bonne manière d'annoncer les choses quand il s'agit de Lily, alors il se contente de balancer la nouvelle avec brutalité.

- Elle est morte. Accident d'la route. Ça fait sept ans.

Jour pour jour, il n'ajoute pas. Préfère passer à autre chose, pour ne pas s'étaler sur un sujet que de toute façon n'importe qui préfèrerait éviter.

- Tu la retape ? La maison. Il énonce en levant le menton vers le paysage. D'mémoire elle est dans un sale état.

Il a dix mille questions qui se bousculent sous son crâne, pourtant Alec demeure fixé sur des faits simples de la vie de tous les jours, à poser les mêmes questions qu'il poserait à un nouveau voisin qui viendrait s'installer. Parce qu'il saurait pas faire autrement. Parce qu'il imagine que Jules avait ses raisons de disparaitre de leur vie comme elle l'a fait, et que c'est pas sa place de demander. Les gens ont le droit d'avoir leurs secrets. Leur intimité. Toujours il a respecté ça. Mais bordel, c'est lunaire, et pas qu'un peu, et il meurt d'envie d'savoir. Où elle a été tout ce temps. Qu'est-ce qui l'a amené ici au milieu d'la campagne de la banlieue londonienne, à acheter une maison avec un chenil ? À quoi ressemble sa vie ? 

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