Homme
17 ans
Né-moldu
Britannique
Identité
-
- Septième année
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur
Message publié le 21/01/2026 à 22:03
Une drôle de montagne russe entraîna sur ses rails sinueux le cœur de Mellitus. Déboussolée, en bien ou en mal ? Pas à cause de toi. Tu es merveilleux. Tu es merveilleux. Il n'y avait, pour se raccrocher à quelque chose de palpable et réel, autour de lui que Nellie et le balai dans sa main. Ce fut ce dernier sur lequel se crispèrent les doigts du jeune garçon enivré par la chaleur de la voix et des paroles de la sorcière.
— Oui, en on... on en raperlera, reparlera, hum hum ! s'étrangla le Serdaigle dans la pire diversion possible pour dissimuler le feu qui lui brûlait les joues.
Comment faisait-elle pour sembler si à l'aise ? Elle avait bien admis avoir été déboussolée mais elle était toujours fidèle à elle-même. Gracieuse. Souriante. Capable de lui asséner sans ciller ce "tu es merveilleux". Et lui qui ne savait pas quoi dire. Ni comment ni quand. Pourtant, il y en avait des mots qu'il souhaitait poser sur tout ça. Sur les événements de l'autre soir et sur ce qu'il ressentait. Chaque chose en son temps.
Mellitus observa Nellie, une véritable sorcière, enchanter le terrain avec un aisance remarquable. Le moment était venu. Elle lui avait offert sa musique, c'était désormais à lui de l'emmener dans son monde de liberté. La concentration chassa le trac, tout était clair, sous contrôle. Le vol il connaissait. Ce qu'il ne connaissait pas, c'était l'effet qu'aurait sur lui l'étreinte douce de Nellie quand elle l'enlaça. Il s'en fallut de peu pour qu'il décollât à la verticale et tourbillonne d'allégresse inattendue. Il parvint toutefois à se maîtriser.
Dès son décollage, le balai s'avéra incroyablement docile, comme s'il répondait à la moindre pensée de son pilote. Mellitus par contre se redécouvrit la fougue du vol et dut se faire violence pour tenir sa promesse de se lancer en douceur pour Nellie. Il fit d'abord un tour de terrain à vitesse modérée. La sensation du vide sous ses pieds le libéra et lui prodigua la force nécessaire pour approcher, en essayant de ne pas brusquer les choses, le sujet qu'il lui brûlait de mettre au clair avec Nel. Le voltigeur se gava de cette sensation jusqu'à plus soif.
— Tu sais, j'ai beaucoup réfléchi depuis... tu sais. Il y a des choses que j'aimerais exprimer. Et d'autres qui me semblent... floues ? Attention, je vais accélérer et commencer des manœuvres.
Un peu plus vite. Zigzag, demi-tour, petit piqué ; pas trop piqué non plus. Pour s'éclaircir la gorge et trouver la voix calme et posée dont il avait besoin pour parler à Nellie, Mellitus l'ensevelit de conseils, de mots techniques, de ce qu'il connaissait sur le bout des doigts. Il avait besoin de pouvoir compter sur sa voix. Qu'elle ne tremble pas. Qu'elle exprime autant que les mots ce qu'il ressentait.
— L'autre soir, il s'est passé beaucoup de choses très vite. Je n'ai pas eu le temps de réaliser. Maintenant je sais. Quand tu jouais, j'ai comme perdu les pédales. C'était comme une ivresse. Et j'ai ressenti comme un besoin. Que tu me regardes, que tu me parles. C'est ça : j'avais besoin de toi. Et après, quand ça s'est calmé... c'était différent. Aujourd'hui je crois que je peux te donner une réponse à la question que tu m'avais posée. Sous l'effet de l'envoûtement, j'avais besoin de toi. Sans ça, j'ai envie de toi.
Pommier et statue de sel [cours]
Message publié le 20/01/2026 à 22:21
À gauche et à droite, le chaos. Un cours si passionnant, comment pouvait-on le saboter de la sorte ? D'accord, tout le monde ne partageait sans doute pas l'engouement de Mel pour le sujet de ce soir mais tout de même, ce n'était pas déraisonnable d'attendre de l'élite de Poudlard, comme l'avait dit le professeur Ravental, un brin de discipline ?
Au lieu de cela, ça s'énervait, ça jacassait, ça toisait et ça se balançait des fions à tout bout de champ. Le réfugié était excédé au-delà de toute raison et c'eût été facile de se dire qu'il était ce dont certains regards semblaient convaincus : un rustre goujat. Mais que ressentait-il au fond de lui ? Le plus sincèrement du monde, Mellitus compatissait. Il connaissait la colère et sa source, pour lui-même du moins. Alors il se dit que l'Ukrainien avait besoin de ce que le Britannique eût souhaité à sa place : une main tendue.
— Je crois qu'on a fait du bon boulot, Nellie. Si tu veux bien m'excuser...
Son congé prit auprès de sa partenaire, le Serdaigle approcha le Gryffondor avec les meilleures intentions du monde. Mais si. Celles qui pavent l'enfer.
À sa surprise, Nellie ne le laissa pas seul. Elle l'accompagna dans sa démarche, emplissant sans le savoir sans doute le jeune homme de fierté pour sa maison. Les aigles volaient à la rescousse.
— Ils ne sont vraiment pas gentils, souffla-t-elle au pauvre garçon martyrisé.
— Elle a raison. Si tu préfères vraiment travailler avec un fayot tu peux te joindre à notre binôme. Mais je vois que tu t'es très bien débrouillé déjà. Je suppose que tu as entendu ce que je disais au prof mais le sel m'intrigue moi aussi. Il a une forte signification dans la Bible mais dans le contexte du cours, j'ai du mal à établir le parallèle. Vu que c'est le sort qui a été réservé à la femme de Loth, on pourrait l'associer à la désobéissance. Peut-être que Ravental veut juste nous perturber avec. Ou alors, il veut nous proposer de manger ces pommes et elles sont tellement infectes que le sel est supposé aider à les faire passer.
Son sourire affable aux lèvres, le Serdaigle tendit la main à son prochain, comme il se le devait.
— Alors, tu marches ?
Mellitus s'attendait à ce que n'importe quoi puisse arriver durant le cours à ce stade. Sauf peut-être l'agitation qui recommençait de plus belle non loin, à son insu.
N.B. : la partie en italique est rédigée avec l'accord et sous la supervision de la personne concernée.
Message publié le 20/01/2026 à 20:07
Acculé. Les paroles implacables de Cassie résonnaient comme des arguments imparables que Mellitus n'avait d'autre choix que d'accepter. Non, pas question de briser le cœur de Sarah. Pas comme ça. Qu'elle se rende compte qu'il fût un gros nul, c'était une chose. Qu'il se comportât effectivement comme un gros nul en était une autre. Il appuya son index et son majeur entre ses sourcils, comme quand ne pas trouver de solution lui donnait la migraine. Dans le cas présent, la solution n'existait pas.
Pour ne rien arranger, la jeune fille ne lui laissa pas davantage le temps de réfléchir. Elle décréta qu'il avait accepté. Mais il n'avait rien accepté du tout encore ! Enfin, si. Il s'était résigné mais n'en avait encore rien dit. Cassie lisait-elle sur son visage comme dans un livre ouvert ? Ou peut-être était-elle legilimens, une perspective fort terrifiante s'il en était.
Vaincu, Mellitus leva à moitié la main quand l'oiseau de mauvaise augure fit volte-face et il balbutia quelques syllabes inintelligibles. Il finit par se reprendre quelque peu, quoiqu'encore abasourdi. Comme Cassie s'éloignait déjà sans se retourner, il parla plus fort pour couvrir la distance qui les séparait.
— D'accord, super. C'est Mellitus au fait ! Li, pas di. Et merci pour le trou !
Maintenant qu'il était averti, le Serdaigle détailla sa manche pour identifier l'emplacement de l'accroc qui n'avait rien de bien fâcheux. Il connaissait parfaitement le sortilège adéquat pour réparer ça. Il savait également où trouver du matériel de couture qui ferait tout aussi bien l'affaire et risquait moins de crever un œil à quelqu'un. La seconde option était beaucoup plus sûre et digne du moldu.
Madame Pieddodu, prochaine sortie à Pré-au-Lard, Sarah. "Génial," émit la voix sans conviction.
Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur
Message publié le 19/01/2026 à 22:07
Sans s'en apercevoir, Mellitus se mit à sourire dès qu'il aperçut Nellie s'approchant depuis l'accès au terrain. Pas celui qu'il choisissait d'arborer pour être avenant mais celui du plaisir simple et pourtant si doux de voir quelqu'un qu'on... apprécie. Beaucoup. Vraiment beaucoup. Des détails qui échappaient au jeune homme en toute autre circonstance lui apparaissaient avec une clarté vertigineuse. Les cheveux tressés, les joues rosées. Les yeux pâles qui l'envoûtèrent tant en s'approchant qu'un instant Mellitus se demanda si la magie de la demi-vélane opérait. Et le sourire. Quel sourire ! Celui-ci méritait qu'on se damnât pour le préserver.
La chaleur. Les doigts qui se mêlèrent dans les siens. L'aigle faillit en lâcher le balai. Ces doigts que, sous l'effet du charme surnaturel, il avait éprouvé le besoin de sentir sur sa peau ; qu'ils se glissassent ainsi dans sa main. C'était réel, tangible. Il n'était pas envoûté et il voulait toujours de ces longs doigts fins là où il s'étaient logés. Il avait envie de dire quelque chose. Mais Nellie le devança.
— Ça va. Enfin non. J'ai un de ces tracs. Ça fait un bail que je suis pas monté sur un balai et là c'est avec toi et j'ai peur d'être imprudent parce que je ne veux pas te faire mal ou même peur et que c'est le balai de compétition d'Isha que je connais pas mais ça devrait aller si on démarre en douceur pour pas risquer de te faire mal et d'un autre côté je sais que je peux m'emballer en volant ; j'ai pas déjà dit que j'avais peur de te faire mal ?
Le souffle un peu court, Mellitus réalisa qu'il avait légèrement négligé de respirer pendant qu'il parlait ou plutôt déversait le flot chaotique de ses pensées angoissées. Il essaya de se concentrer. De souffler. Les yeux pâles. Dut détourner le regard. Reprendre depuis le départ.
— Je ne te laisserai pas tomber.
Les yeux du Serdaigle trouvèrent la force de croiser à nouveau leurs homologues. C'était une promesse.
— Et toi, comment tu vas ?
Étrange sensation que de se sentir inconfortable dans un contexte aussi réconfortant. La présence de Nellie était précieuse, désirée. Mais comment diable devait-il se comporter avec elle ? Devait-il l'enlacer en guise d'accueil ? Observer une distance courtoise, en gentleman, au risque de paraître insensible ? Faire comme d'habitude, se contenter d'être un imbécile heureux ? Elle réaliserait bien assez vite qu'il n'y avait guère mieux que cela chez lui et se lasserait. Que faire ? Mellitus avait une réponse. Pas la réponse mais celle dont il devait se contenter car après tout, il n'avait pas offert mieux à Nellie. Apprendre.
Ses doigts furent les messagers des mots et gestes que l'adolescent ne parvenait pas à poser. Une petit pression sur ceux de Nellie, douce, tendre ; espérait-il.
— Je suis content de te voir. Tu es prête ? Je... j'aurais aimé enchanter le terrain avec un sortilège de coussinage mais la magie et moi ça fait deux. Tu crois que tu pourrais sécuriser une surface assez grande ? Je ne suis pas un débutant en vol mais quand même, je préfère pallier tout risque potentiel.
S'il y avait une chose avec laquelle Mellitus était à l'aise, c'était ce qu'il connaissait. Ce qu'il avait étudié. Et il avait justement préparé un résumé de ses projets pour ce petit cours de vol.
— On va démarrer doucement. Je dois m'habituer à manier ce balai. Puis je te montrerai quelques techniques de vol basiques que tu pourras reproduire aux commandes. Si tu sens que je m'emballe trop ou que tu as le moindre malaise, fais-moi signe et je nous poserai tout de suite, d'accord ? Et pour finir... on fera une ou deux acrobaties si le cœur t'en dit. Ça te va ?
Bizarrement, il était tout à coup moins pressé d'enfourcher le balai. Était-ce le trac ou la présence de Nellie qui lui suffisait ? Il enjamba le manche, résolu à faire passer un agréable moment à... Elle.
tl;dr : Mellitus accueille nerveusement Nellie. Essaie de retrouver sa contenance. Puis il présente ses plans à la jeune sorcière avant d'enfourcher le balai.
Pommier et statue de sel [cours]
Message publié le 19/01/2026 à 19:51
Nellie fut prompte à démontrer son efficacité dans l'exercice. Peut-être même un tout petit peu trop car le jeune homme n'avait pas eu le temps de discuter comme il l'aurait souhaité avec Monsieur Ravental. Peut-être que le professeur serait disposé à s'attarder pour une troisième mi-temps après le cours ? Mais il avait des responsabilités à assumer. Aussi s'approcha-t-il avec circonspection du pommier, en admirant pleinement la majesté de pareil arbre.
Le moment était critique, celui de faire de la magie. Quoi qu'il pût se passer en cueillant le fruit défendu, rien ne risquait d'être pire que les catastrophes que Mellitus se savait hélas capable d'accomplir bien malgré lui avec un baguette entre les mains. Anxieux mais déterminé, il saisit Farewell et la braqua dans la direction des branches, visant les tiges des fruits. Il prit une grande inspiration.
— Prête Nellie ? Fais attention à toi. Diffindo !
Le geste est précis et la prononciation correcte. Le sortilège atteint une tige et fait choir une pomme dans le carré de lin préparé par Nellie.
Mission accomplie ! Restait à découvrir le résultat de la cueillette.
Mellitus Cavell a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Farewell !
- Sortilège
- Sortilège de Découpe
- Difficulté
- 4
- Résultat D20
- 18
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 10
Le geste est précis et la prononciation correcte. Le sortilège atteint une tige et fait choir une pomme dans le carré de lin préparé par Nellie.
Mission accomplie ! Restait à découvrir le résultat de la cueillette.
Autres résultats possibles
Le geste est précis, fluide et la prononciation impeccable. Le sortilège atteint, sans doute plus par chance qu'autre chose, deux tiges parfaitement alignées et fait choir une paire de pommes dans le carré de lin préparé par Nellie.
Mission accomplie ! Restait à découvrir le résultat de la cueillette.
Le geste est trop hésitant et la baguette du Serdaigle se contente d'émettre un petit bruit sec sans résultat probant.
Mellitus soupire et va chercher le matériel nécessaire pour couper la tige d'une pomme en bon moldu qu'il est, manuellement.
Top hésitant, saccadé, le geste est loin d'être adéquat et Mellitus articule mal la formule. Le sortilège part néanmoins, dans la mauvaise direction. L'entaille touche le lanceur de sort au bras en lui infligeant une blessure superficielle mais impressionnante.
Pas de pomme pour lui. Et en plus, son incompétence pèserait également sur Nellie.
Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur
Message publié le 19/01/2026 à 03:25
Mellitus était assis en tailleur sur la pelouse, contemplant le splendide balai de compétition posé en travers de ses cuisses. Le Britannique avait peu d'ambitions : il ne savait même pas ce qu'il ferait après la fin de l'année alors comment envisager de construire quoi que ce fût de sa vie ? Néanmoins, posséder un jour — il ne savait comment mais chaque chose en son temps — un bolide pareil figurait clairement dans le haut de la liste.
Pour l'instant, il lui fallait se contenter de celui d'Isha. Ce n'est pas qu'il y eût de quoi se plaindre, il était tout simplement parfait pour les projets de la matinée. Le balai du batteur n'était pas le plus rapide du marché. C'étaient sa robustesse et sa maniabilité qui faisaient sa réputation. Et vu qu'aujourd'hui Nel et lui allaient voler ensemble dessus, ces qualités étaient de loin les meilleures qu'il pût avoir.
La presque irrépressible démangeaison de l'enfourcher et de voltiger devenait de plus en plus pressante à chaque seconde et l'aigle se refusait pourtant à y céder. Rien ne devait l'empêcher en réalité. Sauf lui-même et ses superstitions. Car s'il était ici à cet instant matinal, c'est parce qu'il avait un serment à respecter et sa part du marché à honorer. Et la dernière fois, quand c'était à Nel de s'acquitter de sa promesse, tout avait pris une tournure inattendue. La demi-vélane avait joué en attendant le jeune homme et celui-ci s'était retrouvé englué dans la toile d'une prédatrice capable de vous donner l'envie qu'elle vous dévorât. Au final, bien que mouvementée et incroyablement chargée en émotions, la soirée s'était conclue avec une douceur qui persistait sur les lèvres du garçon. Cependant, il n'y avait plus eu de musique. Et si Mellitus regrettait déjà de n'avoir pas davantage entendu Nel jouer, combien regretterait-il de gaspiller ce précieux temps dérobé à la providence afin qu'il puisse voler ?
Car il en était convaincu : s'il montait sur ce balai avant que Nel n'arrive, c'en serait fini des acrobaties aériennes, d'une manière ou d'une autre. Non pas que lui eût un envoûtement magique capable de se déployer alors qu'il volait, bien entendu. Seulement, il établissait un parallèle entre les deux situations et la superstition lui disait de rester au sol.
Mellitus avait donc trois excellentes raisons d'être impatient. La première, c'était ce rendez-vous. Tout simplement de revoir Nel et de partager ce moment privilégié à deux. La seconde était d'enfin pouvoir voler. La dernière parce que l'adolescent avait eu le temps de réfléchir posément et de remettre un tout petit peu d'ordre dans ses idées. De faire la part des choses entre raison et sentiments. Il eut été bien de mettre en commun le fruit de ces réflexions et d'aller de l'avant à partir de là.
Ne tenant plus en place et sentant que l'appel des airs allait finir par prendre le dessus, le jeune homme se leva et arpenta le terrain avec intérêt. Quand il était seul, il aimait prêter sa bouche à la petite voix qui lui prodiguait tantôt conseils, tantôt remarques cyniques. Si ce n'était pas le débit habituel des insécurités et de l'auto-flagellation. De peur que s'il ne le faisait pas, celle-ci finirait par s'en arroger le droit au moment le plus inopportun. Superstitieux qu'il était.
— Va falloir demander à Nel si elle maîtrise bien le sortilège de coussinage. C'est pas parce que je suis sûr et certain de ne pas me planter que je peux me permettre de courir le risque. Qu'es-ce que je ferais si elle se blessait ? À cause de moi ? Mieux vaut pécher par excès de prudence que de confiance. Je trouverai forcément un moyen de saboter quelque chose, idiot que je suis. Mais au moins je l'aurai pas blessée. Je pourrais essayer de lancer le sort moi-même. Autant envoyer Nel directement à Sainte-Mangouste. C'est sûr que si je fais de la magie, ça finira mal. Concentré sur l'objectif. Faire voler Nel, lui partager cette extase de la liberté. Lui prêter mes ailes. Chevaucher ce balai, cette beauté de balai de compèt' avec elle. Elle et moi. Ensemble.
Ce mot, en français, ne quittait plus les pensées de Mellitus. Il était devenu comme un symbole. Le symbole de quelque chose d'important. Mais quoi ? Cela restait flou pour l'instant. Peut-être plus pour longtemps. Ensemble. Associé à l'autre mot, le nom qui importait. Nel.
tl;dr : Mellitus attend impatiemment sur le terrain l'arrivée de Nellie. Monter sur le balai le démange mais il s'y refuse sans son amie. Pour ronger son frein, il arpente le terrain en se parlant à lui-même.
Pommier et statue de sel [cours]
Message publié le 19/01/2026 à 00:09
Ouf, Nellie ne lui infligea pas le vent tant redouté. Il y avait des jours où mieux valait ne pas se lever et puis il y avait des jours comme celui-ci. Le Serdaigle s'en trouvait fort allègre. L'ambiguïté des paroles de sa voisine de classe, puisqu'il se planta à côté d'elle, passa bien au-delà de la considération de Mellitus qui connaissait pourtant fort bien les différentes significations attribuées au fameux fruit défendu. Ce qui, ironiquement, lui fit répondre par un large sourire entendu et encore plus ambigu à Nellie. Il allait lui répondre ce qu'il connaissait de ces pommes et de l'arbre mais la voix du professeur invoqua un silence respectueux de la part du bon élève.
Être en binôme avec Nellie lui convenait parfaitement. Il ne doutait pas un seul instant de la compétence de chacun des élèves présents, aussi était-il tout simplement content de faire équipe avec une personne connue qui lui était sympathique.
— Génial ! Avec toi, je suis sûr qu'on y arrivera.
Le plus difficile fut de ne pas se lancer dans de grandes explications bibliques qui n'eussent pas intéressé sa partenaire. C'était pourtant dans le livre sacré que Mellitus avait, pour le première fois, connu toutes les notions approchées lors de ce cours. Découvrir cet arbre magique au détour d'un livre dédié à la flore du monde arabe avait été un grand moment d'exaltation pour l'anglican. Qui avait vite déchanté, croyant que jamais l'occasion de contempler de ses propres yeux un tel spécimen ne se présenterait. À voix basse pour ne pas perturber le travail des autres groupes, il confia ses connaissances du sujet à Nellie sans toutefois se montrer trop sûr de lui. Connaître le sujet de fond en comble d'un point de vue sorcier aussi bien que moldu n'excluait pas qu'il puisse se tromper après tout.
— Je pense savoir à quoi on a affaire. Aucun doute concernant le linge, il faut l'enchanter avec de la chaleur. Un sortilège de Calidum ferait l'affaire d'après-moi. Puis faire tomber les pommes dessus. C'est là que je pense que ça se complique...
Mellitus désigna le sel en le pointant du doigt.
— Je ne sais pas ce qu'on est censés en faire. Et je doute que le prof ait mis ça là par hasard. À moins que ce soit un piège. Dans la Bible, la femme de Loth est changée en statue de sel pour avoir désobéi aux anges qui avaient donné pour instruction de ne pas regarder en arrière en fuyant la ville. C'est le seul lien que j'arrive à établir. Il représente la punition divine je crois. Mais à quoi peut-il servir dans la récolte ?
Le garçon fronça les sourcils. La possibilité que des conséquences fort fâcheuse puissent advenir d'une tentative de récolte mal menée l'inquiétait.
— Je crois... tu fais bien de t'occuper de la préparation. Je crois que tu as raison, il vaut mieux éviter de toucher les fruits ou même l'arbre. J'en couperai les tiges avec un Diffindo pour qu'elles tombent sur le linge enchanté. Assurons-nous d'être dans la lumière de la lune, ça devrait compter. Sodome a été détruite au lever du jour. Mais ce maudit sel m'intrigue ! Tu sais quoi ? Je te fais confiance. Et si t'as un doute, suis ton instinct. Je ne suis pas infaillible, je peux me tromper. Mais je suis sûr que toi tu peux le faire !
En fait, l'arbre le terrifiait autant qu'il le fascinait. Avec gravité, Mellitus capta le regard de Nellie.
— Ce n'est qu'une sorte de superstition mais... je crois que tu ne devrais pas regarder l'arbre quand je couperai la pomme. Si sa chute représente le souffre et le feu qui se sont abattus sur Sodome et Gomorrhe, il est possible, peut-être, que regarder provoque une pétrification. Je ne tenterais pas le Malin en tout cas.
Comme personne ne semblait se dépêcher à le faire, Mellitus éleva la main pour demander la parole au professeur. L'idée de discuter de philosophie biblique avec un homme de sa qualité lui était irrésistible.
— Allez, tu gères. Je vais parler au prof pendant que tu prépares.
Un peu trop enthousiaste que le professeur lui accordât la parole, le mélange explosif que formait un Serdaigle anglican dans ce contexte déborda quelque peu en un étalage qui ne faisait pas grand cas de se donner en spectacle ni d'émettre des conjectures tout à fait hypothétiques et potentiellement fausses. L'erreur faisait partie intégrante de la quête du savoir.
— Monsieur, le Pommier de Sodome est une plante originaire de Jordanie, où l'on situe théoriquement les villes bibliques de Sodome et Gomorrhe que Dieu détruisit pour les péchés de leurs habitants. Ses fruits exigent des conditions de récolte très stricte pour ne pas tomber en cendre et auraient un grand pouvoir magique. Celui de plonger quelqu'un dans une forte transe spirituelle lorsqu'il est consommé. Celle-ci peut d'ailleurs être dangereuse. Il est difficile de ne pas voir un lien avec le fruit défendu que Nahash le serpent convainquit Ève de goûter. Je n'en sais pas plus sur l'arbre mais des choses m'intriguent. Le sel. Il me fait penser à la punition que connaît la femme de Loth dans la Genèse. Changée en statue de sel. Je ne comprends pas comment il intervient dans la récolte. Et puis... existe-t-il un risque de subir le même sort en cueillant le fruit ?
tl;dr : Mellitus reste près de Nellie et exprime son aise de faire équipe avec elle. Il explique tout ce qu'il sait à sa partenaire et la conseille en essayant de ne pas avoir l'air trop sûr de lui ni de lui donner des instructions. Ensuite il lève la main pour obtenir la parole et se lance dans un long discours si le professeur la lui octroie.
Élément supprimé
Message publié le 18/01/2026 à 11:40
Depuis une petite semaine, le monde jusqu'ici relativement ordonnée du Serdaigle, exception faite de quelques aléas inhérents à la vie, avait été chamboulé, retourné, saccagé. Au point qu'il ne savait plus où il en était, à tous les points de vue. Le goût des lèvres de Nellie comme imprégné sur les siennes, tout était à la fois sens dessus-dessous et banalement normal. Les cours continuaient, les ASPIC l'accaparaient, l'évier de la salle de bain était bouché. L'occasion de parler avec la demi-vélane, de vraiment prendre le temps d'analyser ce qu'il s'était passé quelques nuits plus tôt et ce que cela impliquerait dorénavant ne s'était même pas encore présentée.
Est-ce que quelque chose avait changé ? Avec Nel, il n'aurait su le dire sans que les mots fussent prononcés. Mais il s'était passé autre chose, avant le baiser. Mais avec Nel tout de même. Qui ne concernait pas directement Nel Cependant. Pourquoi le nom de la jeune fille résonnait autant dans sa tête, remplaçant un mot sur deux de ce qu'il pensait ? Bref. Autre chose avait changé. Mellitus avait fait la paix avec lui-même. Grâce à Nel ("Encore ?"), il avait trouvé le recul nécessaire pour se remettre en question et admettre que c'était sa seule médiocrité en tant que sportif qui avait contraint Isha à lui préférer une autre joueuse. Et il était temps que cette paix soit rétablie avec son ami aussi.
Il trouva, comme il savait pouvoir s'y attendre, le capitaine de l'équipe de Quidditch dans le dortoir, occupé à se pouponner pour aller impressionner la quarante-deuxième fille depuis le début de l'année. Incorrigible. Mellitus se surprit à sourire. Son don Juan d'ami lui avait manqué, l'air de rien.
— Yo, mec. Ça va ?
L'anglo-indien se tourna vers lui, une expression béate sur le visage. Impromptu, mais c'était bien la première fois depuis longtemps que l'apparition de Mellitus ne provoquait pas la disparition du sourire d'Isha.
— Hey, Melli. Trop ! J'ai rencontré la femme de ma vie. La vraie, tu vois. Un missile. Mais pas une petite pimbêche tu vois, une Dame. Elle va venir me voir au prochain match. Faut que je trouve une bague de fiançailles.
"Le veaudelune !" Il avait l'habitude de voir son camarade épris mais là ça dépassait l'entendement. Mellitus, sans le savoir alors, eût pu dissiper bien des malentendus futurs s'il n'avait pas été si pressé d'en venir au sujet qui l'amenait et s'était intéressé à son ami et à "la femme de sa vie". Comme l'aurait fait un véritable ami, d'ailleurs.
— Trop cool ! Bonne chance, frangin. T'es le meilleur joueur de l'école, elle ne peut que craquer pour ta belle gueule.
Hélas, c'était là la triste vérité de la relation qui unissait les deux jeunes hommes. Une amitié florissante en surface mais creuse au fond. Des faux-semblants. Jouer un rôle pour complaire à l'autre, pour s'aligner à son caractère.
Après quelques banalités d'usage, Mellitus adopta un ton plus sérieux, trop pour le garçon même. Et miraculeusement, peut-être transporté par son nouvel intérêt romantique, Isha l'écouta attentivement.
— Je te dois des excuses. J'ai été injuste envers toi, hypocrite même. Un vrai petit con. T'avais raison depuis le début. Val est une super poursuiveuse, meilleure que je ne le serai jamais. T'as bien fait de la prendre. J'étais... un vrai cognard contre mon camp, dans cette équipe. Je suis sûr que ça a été dur pour toi et j'aurais tellement dû t'en parler, te dire ce que je ressentais. Alors voilà : j'ai été vexé de devoir quitter l'équipe. Mais j'ai compris. T'as fait le bon choix, cap'taine.
Un instant de flottement. Les yeux d'Isha s'agrandirent comme si Mellitus venait de lui offrir l'or, la myrrhe et l'encens. Et puis, l'imprévisible se produisit.
— Nan ! Mais t'es trop à côté de la plaque. Je suis à côté de la plaque, tu vois. T'sais quoi ? Les performances de Val étaient pas terribles aux derniers entraînements. Je veux que tu reviennes, frère. Tu dois revenir. Entraînement ce week-end, amène ton boule. J'espère que t'as pas oublié comment tenir un manche, tu vois ?
Le capitaine illustra son propos ambivalent d'un geste obscène qui arracha un rire exaspéré à Mellitus, plus dérouté par le soudain changement d'avis providentiel de son ami que par son humour graveleux.
— T'es con ! Mais... sérieux ? Juste comme ça, là ? Tu veux me reprendre ?
Le Serdaigle n'en revenait pas. Ne comprenait pas. Alors qu'il venait d'envisager d'accepter qu'il ne volerait plus jamais. Pile au moment où il renonçait. Comme si... comme si dans la rédemption, Dieu l'avait gracié.
— Et puis mon meilleur pote m'a manqué. Ho ! faudra que j'te présente cette beauté dont je t'ai parlé ! J'aurai toutes mes chances que grâce à toi, tu vois. Je suis que la moitié de moi-même sans mon ailier !
"Faire-valoir. C'est ça le mot approprié," songea Mellitus sans amertume cependant en se souvenant des nombreuses fois où il avait, au détriment de sa dignité, aidé Isha à conclure. Car à côté du terne Mellitus, le médiocre Isha brillait comme Alpha Tauri.
Quelques plaisanteries furent échangées, souvenirs du bon vieux temps. Il restait une chose dont Mellitus avait besoin. Car sa réconciliation avec son ami n'était pas que désintéressée.
— Au fait, heu... est-ce que tu serais ok de me prêter ton balai ? Juste une demi-journée, quand ça t'arrange.
— Mais quand tu veux, Melli ! Tout de suite, même. T'as raison de vouloir te remettre en selle avant l'entraînement. Tu vois, c'est ça qu'est bon chez toi !
— Ho c'était pas pour ça. Enfin j'en profiterai pour, t'inquiète. Mais j'ai promis de filer, genre, un cours de vol. À une...
"Une quoi, Mel ?" Question pertinente. Qu'étaient-ils à la fin, Nel et lui ? Face à Isha, le plus simple était de ne pas entrer dans les détails ambigus de la situation.
— ... amie.
La réaction ne se fit pas attendre. Mel aurait même dû la prévoir. Mais ce qu'il pouvait avoir la tête ailleurs ces derniers temps.
— Elles est bonne ?
Rarement le jeune aigle s'était emporté. Calme et posé, l'une des rares choses qu'il était incapable de tolérer était qu'on insulte quelqu'un à qui il tînt. Son sang ne fit qu'un tour, ses poings crispés plantèrent ses ongles dans sa paume.
— C'est une amie, Isha, feula-t-il, mâchoire serrée.
— Ok ! Ok. Est-ce qu'elle est mignonne ? Elle te plaît ?
— Laisse tomber mec.
Mellitus tourna les talons, excédé. C'eût été bête de s'engueuler avec son ami immédiatement après leur réconciliation. Il devait partir, diriger ailleurs la colère sourde qui grondait en lui. La voix retentit dans son dos.
— T'as conclu ?
L'adolescent furieux tourna si vite sur lui-même qu'il en perdit l'équilibre. Puis il explosa.
— OUI ! ET JE L'AIME ! Alors pour une fois, boucle-là. Et file-moi ce putain de balai. Connard.
Malgré la rage et l'insulte, c'était le langage qui parlait sans doute le mieux à Isha. Dans un sourire entendu, il emporta le dernier mot de leur échange avec la voix empreinte d'une fierté que Mellitus ne goûta pas du tout.
— Beau gosse !
Un échange de mauvais procédés
Message publié le 18/01/2026 à 11:40
Depuis une petite semaine, le monde jusqu'ici relativement ordonnée du Serdaigle, exception faite de quelques aléas inhérents à la vie, avait été chamboulé, retourné, saccagé. Au point qu'il ne savait plus où il en était, à tous les points de vue. Le goût des lèvres de Nellie comme imprégné sur les siennes, tout était à la fois sens dessus-dessous et banalement normal. Les cours continuaient, les ASPIC l'accaparaient, l'évier de la salle de bain était bouché. L'occasion de parler avec la demi-vélane, de vraiment prendre le temps d'analyser ce qu'il s'était passé quelques nuits plus tôt et ce que cela impliquerait dorénavant ne s'était même pas encore présentée.
Est-ce que quelque chose avait changé ? Avec Nel, il n'aurait su le dire sans que les mots fussent prononcés. Mais il s'était passé autre chose, avant le baiser. Mais avec Nel tout de même. Qui ne concernait pas directement Nel Cependant. Pourquoi le nom de la jeune fille résonnait autant dans sa tête, remplaçant un mot sur deux de ce qu'il pensait ? Bref. Autre chose avait changé. Mellitus avait fait la paix avec lui-même. Grâce à Nel ("Encore ?"), il avait trouvé le recul nécessaire pour se remettre en question et admettre que c'était sa seule médiocrité en tant que sportif qui avait contraint Isha à lui préférer une autre joueuse. Et il était temps que cette paix soit rétablie avec son ami aussi.
Il trouva, comme il savait pouvoir s'y attendre, le capitaine de l'équipe de Quidditch dans le dortoir, occupé à se pouponner pour aller impressionner la quarante-deuxième fille depuis le début de l'année. Incorrigible. Mellitus se surprit à sourire. Son don Juan d'ami lui avait manqué, l'air de rien.
— Yo, mec. Ça va ?
L'anglo-indien se tourna vers lui, une expression béate sur le visage. Impromptu, mais c'était bien la première fois depuis longtemps que l'apparition de Mellitus ne provoquait pas la disparition du sourire d'Isha.
— Hey, Melli. Trop ! J'ai rencontré la femme de ma vie. La vraie, tu vois. Un missile. Mais pas une petite pimbêche tu vois, une Dame. Elle va venir me voir au prochain match. Faut que je trouve une bague de fiançailles.
"Le veaudelune !" Il avait l'habitude de voir son camarade épris mais là ça dépassait l'entendement. Mellitus, sans le savoir alors, eût pu dissiper bien des malentendus futurs s'il n'avait pas été si pressé d'en venir au sujet qui l'amenait et s'était intéressé à son ami et à "la femme de sa vie". Comme l'aurait fait un véritable ami, d'ailleurs.
— Trop cool ! Bonne chance, frangin. T'es le meilleur joueur de l'école, elle ne peut que craquer pour ta belle gueule.
Hélas, c'était là la triste vérité de la relation qui unissait les deux jeunes hommes. Une amitié florissante en surface mais creuse au fond. Des faux-semblants. Jouer un rôle pour complaire à l'autre, pour s'aligner à son caractère.
Après quelques banalités d'usage, Mellitus adopta un ton plus sérieux, trop pour le garçon même. Et miraculeusement, peut-être transporté par son nouvel intérêt romantique, Isha l'écouta attentivement.
— Je te dois des excuses. J'ai été injuste envers toi, hypocrite même. Un vrai petit con. T'avais raison depuis le début. Val est une super poursuiveuse, meilleure que je ne le serai jamais. T'as bien fait de la prendre. J'étais... un vrai cognard contre mon camp, dans cette équipe. Je suis sûr que ça a été dur pour toi et j'aurais tellement dû t'en parler, te dire ce que je ressentais. Alors voilà : j'ai été vexé de devoir quitter l'équipe. Mais j'ai compris. T'as fait le bon choix, cap'taine.
Un instant de flottement. Les yeux d'Isha s'agrandirent comme si Mellitus venait de lui offrir l'or, la myrrhe et l'encens. Et puis, l'imprévisible se produisit.
— Nan ! Mais t'es trop à côté de la plaque. Je suis à côté de la plaque, tu vois. T'sais quoi ? Les performances de Val étaient pas terribles aux derniers entraînements. Je veux que tu reviennes, frère. Tu dois revenir. Entraînement ce week-end, amène ton boule. J'espère que t'as pas oublié comment tenir un manche, tu vois ?
Le capitaine illustra son propos ambivalent d'un geste obscène qui arracha un rire exaspéré à Mellitus, plus dérouté par le soudain changement d'avis providentiel de son ami que par son humour graveleux.
— T'es con ! Mais... sérieux ? Juste comme ça, là ? Tu veux me reprendre ?
Le Serdaigle n'en revenait pas. Ne comprenait pas. Alors qu'il venait d'envisager d'accepter qu'il ne volerait plus jamais. Pile au moment où il renonçait. Comme si... comme si dans la rédemption, Dieu l'avait gracié.
— Et puis mon meilleur pote m'a manqué. Ho ! faudra que j'te présente cette beauté dont je t'ai parlé ! J'aurai toutes mes chances que grâce à toi, tu vois. Je suis que la moitié de moi-même sans mon ailier !
"Faire-valoir. C'est ça le mot approprié," songea Mellitus sans amertume cependant en se souvenant des nombreuses fois où il avait, au détriment de sa dignité, aidé Isha à conclure. Car à côté du terne Mellitus, le médiocre Isha brillait comme Alpha Tauri.
Quelques plaisanteries furent échangées, souvenirs du bon vieux temps. Il restait une chose dont Mellitus avait besoin. Car sa réconciliation avec son ami n'était pas que désintéressée.
— Au fait, heu... est-ce que tu serais ok de me prêter ton balai ? Juste une demi-journée, quand ça t'arrange.
— Mais quand tu veux, Melli ! Tout de suite, même. T'as raison de vouloir te remettre en selle avant l'entraînement. Tu vois, c'est ça qu'est bon chez toi !
— Ho c'était pas pour ça. Enfin j'en profiterai pour, t'inquiète. Mais j'ai promis de filer, genre, un cours de vol. À une...
"Une quoi, Mel ?" Question pertinente. Qu'étaient-ils à la fin, Nel et lui ? Face à Isha, le plus simple était de ne pas entrer dans les détails ambigus de la situation.
— ... amie.
La réaction ne se fit pas attendre. Mel aurait même dû la prévoir. Mais ce qu'il pouvait avoir la tête ailleurs ces derniers temps.
— Elles est bonne ?
Rarement le jeune aigle s'était emporté. Calme et posé, l'une des rares choses qu'il était incapable de tolérer était qu'on insulte quelqu'un à qui il tînt. Son sang ne fit qu'un tour, ses poings crispés plantèrent ses ongles dans sa paume.
— C'est une amie, Isha, feula-t-il, mâchoire serrée.
— Ok ! Ok. Est-ce qu'elle est mignonne ? Elle te plaît ?
— Laisse tomber mec.
Mellitus tourna les talons, excédé. C'eût été bête de s'engueuler avec son ami immédiatement après leur réconciliation. Il devait partir, diriger ailleurs la colère sourde qui grondait en lui. La voix retentit dans son dos.
— T'as conclu ?
L'adolescent furieux tourna si vite sur lui-même qu'il en perdit l'équilibre. Puis il explosa.
— OUI ! ET JE L'AIME ! Alors pour une fois, boucle-là. Et file-moi ce putain de balai. Connard.
Malgré la rage et l'insulte, c'était le langage qui parlait sans doute le mieux à Isha. Dans un sourire entendu, il emporta le dernier mot de leur échange avec la voix empreinte d'une fierté que Mellitus ne goûta pas du tout.
— Beau gosse !
Message publié le 18/01/2026 à 08:24
Pour me distraire du froid, plus prégnant dans l'immobilité qui précédait le départ, je comptais les canetons. Trois, quatre... Bonjour. Une salutation adressée d'une petite voix à tout le monde et personne à la fois me sembla-t-il. Je tournai le regard en direction de sa source et fut surpris de voir deux yeux pâles braqués sur moi. "C'est à moi qu'elle s'adressait ?" Aucune certitude. Aucune raison que ce soit le cas non plus. Quoique... ce visage avait pour moi l'écho d'un souvenir paradoxal. Comme s'il m'était familier, quotidien mais sans l'être tout à fait assez. Je parvins à le resituer dans le contexte de la salle commune mais pas aussi ancré dans le mobilier de la tour que s'il y avait toujours été. Pourquoi ?
Personne ne lui répondit et elle me regardait. Ce n'était donc que politesse et non méprise de lui répondre avec un sourire. Mon sourire de tombeur m'avait souvent taquiné Isha, avant. Mais c'était faux. Ce n'était qu'un sourire affable, offert à mon prochain. Dénué d'autre intention que celle d'être agréable. Comme si j'étais le genre de mec qui faisait tourner les têtes.
— Salut !
Et le moment gênant. Est-ce que j'avais contracté l'obligation sociale d'échanger quelques mots supplémentaires, de discuter de banalités avec elle ? Mais les banalités m'ennuyaient et probablement que mes banalités ennuyaient quiconque pût avoir le malheur de s'y trouver confronté. L'arrivée de l'infirmière constitua une distraction qui chassa momentanément ces préoccupations. Je devais lui parler, lui demander quelque chose. La supplier si nécessaire.
À la fin de cette année, ma scolarité serait terminée et j'aurais atteint la majorité. J'étais déjà, d'après la législation magique, adulte en tant que sorcier. Mais l'autre majorité, celle du moldu. Celle qui délestait l'évêque de l'obligation de pourvoir à son excommunié de fils. Je n'aurais plus aucun foyer et aucune foutue idée de quoi faire de ma vie ni d'où aller. J'étais dans les déjections de veaudelune jusqu'au cou.
J'avais imaginé que je pourrais demander une sorte de stage auprès de l'infirmière. En tant qu'observateur et assistant. Pour apprendre davantage et me rendre utile. Juste dans l'espoir d'être encore hébergé et nourri au château. Fût-ce un mois. Quelles autres options s'offraient à moi ? C'était ma seule et unique chance. Sur laquelle je ne misais pas gros. Quelle utilité allait avoir l'infirmière d'un assistant durant l'été alors que le château serait désert ? Elle-même n'y demeurerait probablement pas. "Faut revoir tes plans, mec." Je n'allais de toute façon pas aborder le sujet là comme ça.
Le professeur Ravental donna le départ et quelques instructions préventives. Formez des groupes ? Mais je suis tout seul, moi ! Je n'allais quand même pas me taper l'incruste dans une bande d'amis en leur expliquant que j'étais un loser un peu asocial qui avait besoin de les accompagner juste pour respecter les consignes du prof.
Une réponse presque trop évidente se tenait non loin de moi. On s'était salué, elle n'avait pas l'air accompagnée... Non, c'était vraiment déplacé. Et puis je n'avais pas le courage de parler à des inconnus. Mais elle n'était pas si inconnue que ça. On partageait les murs du château, la table de la Grande Salle, le feu de l'âtre ; même si ce n'était que de loin. Je pris un grande inspiration et m'approchai de la jeune sorcière au yeux clairs qui avait dit bonjour.
— Salut ! Enfin, re-salut. Heu... le prof a dit qu'on devait former des groupes et, hum, mon pote s'est pas levé alors... Je veux pas que tu penses que je te prends pour un bouche-trou hein ! Juste, faut pas qu'on reste seuls et... et en fait y a sans doute quelqu'un avec toi et je suis carrément en train de, genre, m'incruster. Désolé, je voulais pas t'embêter. Je vais... désolé, je te prie de bien vouloir m'excuser. Alors voilà, je te laisse tranquille. Désolé pour le dérangement.
Ouaip ! La sortie était cool. Temps de retourner au château maintenant. Ridicule, tête baissée. Mais où je pourrais au moins m'enfouir avec ma honte et ma stupidité sous mes draps. "Formez des groupes." J'aurais moins tremblé devant un peloton d'exécution.
tl;dr : Mellitus salue Nellie, se perd dans ses pensées en voyant l'infirmière et dans l'attente du départ. Paniqué à l'idée de devoir former des groupes, demande maladroitement à Nellie s'il peut l'accompagner avant d'envisager de renoncer à la sortie et d'aller se cacher.
Mélodies et douceurs nocturnes
Message publié le 18/01/2026 à 07:15
La caresse du souffle devint celle de la chair. Nellie avait choisi, avait scellé le serment. Mellitus ferma les yeux, se laissa guider par son amie. N'était-elle encore qu'une amie ? Le baiser fut chaste, innocent, inexpérimenté de la part du Serdaigle qui se demandait dans quelle mesure Nellie savait mieux que lui ce qu'elle faisait. Mais surtout, il était intime. Quelle était sa signification ? N'était-ce que, d'après les vers de Rostand, un secret qui prenait sa bouche pour des oreilles ; ou plutôt une question qui tâtonnait à la recherche d'une réponse ? Ou encore le début de quelque chose ? Union des lèvres ; union des êtres tout entiers, cœurs et âmes.
Dans les mains de Mellitus, le cœur de Nellie. Sur les lèvres de Nellie, le cœur de Mellitus. Comme prisonniers, otages d'une promesse tacite que, par un concours de circonstances impromptues, les deux jeunes gens avaient décidé de préciser. Volontairement ou non. Et au moindre faux pas dorénavant, crac. Survivait-on à un cœur brisé ? Était-ce pour ne pas avoir à découvrir la réponse à cette question que jamais Mellitus ne s'était attaché à quiconque ?
Les yeux clairs de la sorcière fichés dans ceux du garçon, aigus comme un diamant traversant le cristal ; leurs doigts noués... Combien de temps la nuit retint son souffle pour laisser ces adolescents qui se découvraient à la fois eux-mêmes et l'un l'autre savourer l'instant ?
Malgré lui, Mellitus rompit l'enchantement. Il avait beau ne pas vouloir abandonner Nellie, il n'y avait pas tant qu'il possédât la force d'encaisser, de porter. Le vertige finit par terrasser l'aigle qui avait besoin de se reposer. Trop de questions le tourmentaient et l'empêcheraient de fermer l'œil cette nuit. Faible il demeurait, aussi demeurer ne pouvait-il. Un sourire timide en guise d'excuse, ses doigts se délièrent de ceux de... "Qu'est-elle ? Que sommes-nous l'un pour l'autre à présent ?" Y avait-il un protocole, une façon adéquate de se retirer d'un moment aussi intense ? Quand bien même, Mellitus n'était plus capable d'éloquence ce soir, comme s'il avait épuisé tout ce qu'il était en mesure d'offrir.
— Bonne nuit, Nel. À demain.
Pas de conclusion, pas de justification. Seulement l'espoir que le regard perçant de la jeune fille avaient lu dans le garçon son incapacité à repousser davantage ses limites malgré sa volonté d'essayer. Simplement, il se leva, fit un pas un arrière, trébucha d'avoir continué à regarder Nellie plutôt que là où il allait et se dirigea vers son dortoir.
Une dernière chose, avant de partir. Le Serdaigle s'arrêta. Un désir qui devait s'exprimer et en même temps le besoin de confirmer que le lendemain ils ne seraient pas de nouveau des étrangers.
— Dis, est-ce que j'aurai encore la chance de t'écouter jouer ?
Il n'avait pas besoin de la réponse. Pas forcément tout de suite. C'était moins une question que l'affirmation que quoi qu'il advînt, entre Nellie et Mellitus, il y aurait un "ensemble".
Mélodies et douceurs nocturnes
Message publié le 17/01/2026 à 02:39
Désemparé comme il ne l'avait jamais été auparavant, Mellitus agrippait son amie qui ne semblait pas plus que lui maîtriser quoi que ce fût en cette nuit. Tout ce qu'il estimait pouvoir faire, c'était d'être là, de ne l'abandonner d'aucune sorte ni sous aucun prétexte. De lui faire sentir sa présence. Lui épargner de se sentir seule. Il pensait pouvoir y parvenir, il y croyait vraiment car il se fichait de s'exposer aux risques, que ce qu'il se passât ici soit plus tard une cicatrice de plus dans son existence.
Mais Nellie ne lui rendit pas la chose aisée. Une seule phrase, peut-être même fugitive, prononcée dans un moment d'abandon et de vulnérabilité, suffit à briser les épaules du Serdaigle. S'il était du genre long à la détente quand quelqu'un lui manifestait de l'affection implicite ou ambiguë, Nellie ne laissa aucune place à l'interprétation. Soudain, Mellitus se vit confier le cœur de la demi-vélane. Quelque chose dont la précieuse importance le disputait à la fragilité et qui volerait forcément en éclats à la moindre maladresse. Une maladresse à laquelle Mellitus était fort malheureusement disposé. Voilà qu'il était investi d'une responsabilité incommensurable qu'il ne savait pas comment gérer.
— Tu n'es pas idiote, voyons, la tança-t-il avec douceur.
Comme si cela ne suffisait pas, Nellie court-circuita complètement les facultés de raisonnement du blondinet en lui posant la pire question possible. Une question dont il ignorait la réponse tout en sachant qu'il n'avait pas le droit de se tromper en la donnant. Il ne pouvait pas l'éviter, n'y pas répondre. Elle avait besoin d'entendre quelque chose. Il savait ce qu'elle eût voulu qu'il lui dise et c'eût été facile, tellement plus facile, de simplement lui offrir ce qu'elle désirait. Mais Mellitus ne pouvait pas lui mentir.
La déclaration avait à l'insu du jeune homme produit de nombreuses réactions chez lui. Son visage irradiait d'un rubis intense et sa voix tremblait d'émotion. Il n'y avait pas été insensible, loin de là. Seulement, il ne comprenait pas. Il ne comprenait déjà pas ses propres émotions alors comment pouvait-il seulement contempler celles de Nellie qui lui ouvrait son cœur alors qu'elle avait le pouvoir de mettre le monde entier à ses pieds ? La vie l'avait-elle si profondément brisée qu'elle ne se savait pas digne de mieux que lui ? Les mots qui devaient sortir de sa bouche détermineraient s'il serait un bourreau ou un sauveur pour la jeune femme. Et Mellitus était la pire personne à qui pouvait incomber cette responsabilité. Acculé, il inspira profondément avant de se prononcer.
— Je ne sais pas. Je ne connais pas la réponse, Nellie. Je sais ce que tu me demandes. Je ressens beaucoup de choses pour toi, ce que je t'ai dit était sincère. Mais ça... c'est quelque chose dont j'ignore tout.
Son besoin d'analyser et d'expliquer les choses l'urgeait de se justifier. D'essayer de mettre des mots sur ce qu'il ressentait et faire comprendre par une longue dissertation pourquoi il n'était pas en mesure de lui donner ce qu'elle attendait. Mais c'eût été faire bien pire. C'en était déjà bien assez qu'à l'instant, il eût enfoncé la dague de la déception dans le cœur de son amie en la regardant dans les yeux. Quelque chose se brisa en lui. Sa gorge l'étrangla brutalement alors qu'il refoulait de toutes ses forces l'incongru sanglot qui menaçait de faire voler sa contenance en mille morceaux. Quelle indélicatesse c'eût été de pleurer en égorgeant l'agnelle.
C'est quoi l'amour ? Était-ce ce qu'il avait ressenti sous le coup de l'envoûtement ou la douleur de blesser quelqu'un qui compte pour nous ? Est-ce que cela lui faisait si mal d'infliger cette peine à Nellie parce qu'il l'aimait ? Quelle était la différence entre l'affection qu'on éprouvait pour une amie et celle qu'on éprouvait pour plus qu'une amie ?
Mellitus eût aimé que ce soit simple. Comme dans un film où les amoureux savent ce qu'ils ressentent, où les protagonistes sont romantiques. Le Serdaigle était tout sauf romantique. Il était analytique. Pragmatique. Curieux. Désireux d'apprendre. Voilà. C'était la réponse la plus satisfaisante dont il était capable et il se prépara à ce que Nellie le gifle pour ça, il ne l'aurait pas volé. Mais faute de mieux, peut-être que l'amour s'apprenait.
— Et si on le découvrait, ensemble ?
Le dernier mot avait été prononcé dans la langue maternelle de Nellie. Le jeune homme n'avait pas tardé à s'intéresser au français après leur entrevue et ce mot lui avait plu. Il l'avait donc mémorisé. Appris à le prononcer. C'était un joli mot "ensemble". Qu'il envisageait d'employer pour inviter son amie. Peu importe que ce fût pour dîner côte à côte, refaire une promenade dans le parc, étudier même. Tant qu'il pouvait terminer la proposition par "ensemble".
Ce qui ne pouvait sans l'ombre d'un doute qu'être la pire des idées lui passa par la tête mais il sembla à Mellitus qu'il devait faire quelque chose d'insensé. D'autant plus qu'il ne l'avait jamais fait et n'avait pas idée de comment s'y prendre. Doucement, avec toute la tendresse du monde, il se pencha vers elle. Les yeux de son amie l'intimidait alors que leurs regards s'approchaient. Leurs lèvres aussi.
"Un baiser, mais à tout prendre qu'est-ce ? Un serment fait d'un peu plus près, une promesse plus précise..." Les mots de Rostand s'imposèrent à sa mémoire. Un auteur français, c'était à propos. Toutes les réponses ne se trouvaient pas dans les livres mais il fallait bien commencer quelque part. Mellitus ne s'arrogea pas le droit de conclure le geste amorcé. Le souffle de Nellie lui effleurait les lèvres. Elle seule pouvait décider de préciser cette promesse.
Message publié le 16/01/2026 à 13:39
Pour une profane qui ne s'intéressait pas au sport, elle s'attardait décidément bien longtemps sur le sujet. Et elle sembla être venue à la conclusion que le jeune homme avait quitté l'équipe de sa propre initiative. Mellitus avait l'impression de lui mentir et presque envie de la détromper mais il devait bien admettre qu'il espérait justement ne pas avoir à avouer qu'il s'était fait jeter en employant des euphémismes et des demi-vérités.
Il se focalisa plutôt sur la description vague que Cassie lui fit de son amie Sarah. Celle-ci ne l'aida aucunement à se faire la plus insignifiante idée de la personne dont il pouvait bien s'agir. Une fille qui n'attirait pas l'attention, pour lui qui n'était déjà pas attentif à la gent féminine ; ça lui faisait une belle jambe ! "Je sais même pas c'est quoi ta maison !" s'insurgea la voix qui heureusement était dénuée d'une bouche pour s'exprimer publiquement. Sarah. Mellitus n'en connaissait aucune mais ne doutait pas pour autant que s'il criait ce nom dans un couloir bondé de l'école, une vingtaine de têtes se tournerait vers lui. La moitié concernée, l'autre par curiosité de voir l'idiot qui aurait crié dans ledit couloir.
— Désolé, elle ne me dit rien. Mais je suis sûr qu'elle est charmante.
Les trappes de la potence se dérobèrent sous ses pieds quand Cassie asséna le coup de grâce. Mellitus se sentit tellement tomber qu'il en perdit réellement l'équilibre et trébucha sur place en se rattrapant à la prise la plus proche qui n'était pas Cassie. Sérieusement, qui trébuche sans bouger ? Un rendez-vous chez Madame Pieddodu, vraiment ? Le coin des amoureux que le Serdaigle n'avait jamais approché qu'en compagnie d'Isha qui y emmenait systématiquement ses conquêtes, jamais deux fois la même soit dit en passant. La proposition l'enchantait d'autant moins que la prochaine sortie n'aurait pas lieu avant longtemps et qu'il n'avait aucune intention de maintenir le statu quo pendant des semaines alors que cette Sarah poireautait. Ou alors c'était le bon plan pour que cette dernière se ravise ou rencontre quelqu'un d'autre. Un vrai mec. Mais miser sur des paramètres hypothétiques ne convenait guère au garçon pragmatique.
— Pieddodu ? Haha, ricana-t-il nerveusement. C'est peut-être, comment dire... relativement inadéquat ? C'est juste pour discuter et puis on ne retournera pas à Pré-au-Lard avant un moment. Ce serait mesquin de ma part de la faire attendre. Je connais quelqu'un qui fait de délicieux chocolats chaud et la neige... pas quelqu'un qui fait de la neige. Ce que j'essaie de dire, c'est la neige, elle va tomber et...
S'il y avait un cours de gestion du stress à Poudlard, les résultats de Mellitus feraient baisser sa moyenne générale toute entière sous le seuil de réussite. "Tu prends les mots, tu les mets dans l'ordre, ça fait une phrase. Ça ira mon grand ?" Non ça n'allait pas, pas du tout du tout.
— Du coup il va neiger, parce que la neige se forme dans des nimbostratus comme ceux qui se profilent en ce moment. Et comme c'est beau la neige, je me disais que ce serait bien de boire la neige en regardant du chocolat chaud tomber. Enfin, l'inverse. Genre depuis l'intérieur si elle est frileuse. Sarah, pas la neige. Parce que je parle de neige et que ça peut prêter à confusion mais la neige peut pas être frileuse, haha. Ou s'asseoir sur un banc du parc. Quelque chose comme ça. Non ? Je sais pas si c'était clair.
Après sa longue explication sans queue ni tête, Mellitus dévisagea Cassie avec un sourire niais. Il se sentait, se savait, ridicule. Ce n'était peut-être pas plus mal. Si Cassie courait prévenir son amie que le Serdaigle était en fait un débile bien infiltré, celle-ci pourrait laisser tomber cette idée saugrenue de rencart.
tl;dr : Mellitus laisse Cassie conlure qu'il a quitté volontairement l'équipe, ne parvient pas à mettre un visage sur le prénom Sarah et panique de plus belle à la mention du Salon de Madame Pieddodu. Il propose une alternative en démontrant sa résistance au stress inexistante par une tirade inintelligible.
Mélodies et douceurs nocturnes
Message publié le 15/01/2026 à 21:40
L'enchantement était brisé. Pour l'instant. Dans le sillage de ses débris, Nellie n'était pas plus indemne que Mellitus et cela transparaissait avec une cruelle limpidité. Le jeune homme était écartelé par une guerre inopinée entre sa raison et ce qu'il ressentait. Ce qui était certain, c'est qu'il avait besoin de temps pour faire le point et se livrer à une analyse tristement froide et détachée de ce qui venait de se produire. C'était désolant de s'en rendre compte mais Mellitus était incapable de gérer ce qu'il ne comprenait pas. Néanmoins, l'urgence se trouvait de toute évidence ailleurs. Peu lui importait de se blesser dans la manœuvre, il devait plonger ses mains nues dans les décombres et tout faire pour en extirper Nellie. Tout de suite.
Ho ! comme il eût aimé être ce genre d'homme capable de se retrousser les manches et d'agir promptement. Mais ses muscles étaient toujours plus lents que son cerveau et il ne parvint qu'à ouvrir la bouche et la refermer plusieurs fois sans rien articuler d'intelligible, soumettant à son amie une imitation involontaire de poisson hors de l'eau. Elle avait comparé le phénomène à un philtre d'amour. Le souvenir d'avoir lu dans un traité sur les plus dangereux poisons qu'aucun n'était pire que l'amortentia refit surface. Il avait trouvé cela amusant à l'état de théorie. Il ne comprenait maintenant que trop bien l'exactitude du propos après en avoir éprouvé l'application pratique.
Des fois, il se demandait s'il pouvait vraiment se targuer d'être aussi intelligent qu'il aimait le croire. Il n'avait pas davantage compris pour les origines vélanes de Nellie que pour son héritage français. Pourtant, il y avait bien eu des indices, non ? Ce qu'il avait vu quelques jours plus tôt, la beauté évidente de la jeune fille... était-ce le ballet de la neige qui l'avait sublimée ou sa nature magique ? Comment le savoir, quels indices permettaient de faire la distinction entre le vrai et le faux ?
Chaque questions qui s'imposait à lui, chaque pas qu'il esquissait à tâtons vers un semblant de réponse révélait un pan plus horrifiant encore que le précédent du drame qui se jouait. Le pire, c'était que lui le découvrait à peine. Quelles souffrances avaient été celles de Nellie qui vivait prisonnière de son propre piège ? "Bouge ! Dis quelque chose." Mellitus s'avança, fébrilement mais décidé. Cette fois, c'est lui qui amorça l'étreinte. Maladroitement, comme s'il craignait de briser une œuvre d'art en porcelaine.
— Je te crois. Je te fais confiance. Je suis moi-même cette fois, j'agis de mon plein gré.
Pas sûr que la demi-vélane avait besoin d'entendre des arguments rationnels dans cet instant mais c'était la seule chose que le Serdaigle pouvait lui offrir.
— Ça n'avait rien de douloureux. Au contraire. À part la tachycardie mais ça c'est une réaction physiologique qui... hum ! Pardon. Ce que je veux dire, c'est que je me suis senti poussé des ailes. Il n'y a rien de mal à cela. Le plus dur, c'est de t'avoir fait pleurer. Je t'avais bien dit que mes tentatives d'écriture étaient nulles alors désolé de t'avoir infligé de l'improvisation.
Ce n'était vraiment pas pertinent de se retrancher derrière l'auto-dérision alors que Nellie était en proie à un malaise manifeste dont la profondeur était insondable d'un point de vue extérieur. Mellitus avait l'impression de ne pas être à la hauteur pour l'insurmontable difficulté qui consistait à la réconforter alors qu'il n'était déjà pas doué pour ce genre de choses et qu'il se remettait à peine de l'envoûtement.
— Ce ne doit pas être simple pour toi. Combien de fois as-tu pu douter de la sympathie des autres parce que... parce que tu pourrais la provoquer malgré toi ? Alors, s'il-te-plaît, crois mes paroles. Je suis heureux d'être ici avec toi. Que tu m'aies offert un aperçu de ta belle musique. Mon seul regret s'envolera quand tes larmes sècheront. C'est dur de te voir pleurer parce que...
Les yeux de Mellitus cherchèrent à capter le regard de Nellie. À s'ancrer. C'était une déclaration rapide et peut-être qu'elle s'en offusquerait car ils ne se connaissaient que depuis peu et ignoraient encore tant l'une de l'autre. Mais il le pensait et il se justifierait plus tard si elle l'exigeait.
— Je tiens à toi.
tl;dr : Mellitus peine à se ressaisir. Il tâche de rassurer Nellie, lui exprime sa compassion et rassemble son courage pour lui dire l'importance précoce qu'elle a pour lui.
Mélodies et douceurs nocturnes
Message publié le 15/01/2026 à 13:11
Un compliment de la part de Nellie ! Un brasier dévora le visage du jeune homme flatté qui prit une complexion écarlate.
— Mais non voyons. Tenter de poser des mots sur tes qualités est une insulte à ta perfection.
Qu'entendait-elle par "ce sera bientôt fini" ? Est-ce qu'elle allait le laisser là, abandonné à la nuit et désespéré dans l'attente d'un nouvel instant partagé avec elle ? Pourtant elle l'emprisonna ensuite dans une étreinte chaleureuse qu'il lui rendit sans se faire prier. L'attitude de Nellie envoyait des signaux mitigés que Mellitus ne comprenait pas. En fait, il ne comprenait plus grand chose, comme si ses neurones avaient brusquement quitté le navire. Et voilà qu'elle lui demandait pardon. "Qu'est-ce qui cloche ?"
C'est parce qu'il avait le visage à moitié enfoui dans la chevelure de son amie qu'il remarqua un phénomène interpellant. Les reflets dorés de ceux-ci s'assombrissaient et révélaient ce faisant leur teinte châtain naturelle. Comme si l'engrenage de son cerveau venait de repartir à toute allure après avoir broyé le grain de sable qui l'enrayait, il comprit soudainement. La révélation l'inonda en apportant dans son sillage l'horreur de la lucidité. Le sentiment qui l'avait tétanisé, les larmes de Nellie, son envolée lyrique...
S'il écoutait la voix redevenue pernicieuse de son esprit, Mellitus se serait dégagé des bras qui l'enlaçaient pour aller se réfugier n'importe où tant que ce fût loin. Mais elle pleurait et implorait son pardon. S'il cédait à son instinct, qui sait quelle irréparable blessure il risquait de lui infliger ? Il dut se faire violence mais prit sur lui de ne pas plonger la situation dans un chaos encore plus destructeur.
— Ce... tout va bien. Ce n'est pas grave.
Avec toute la douceur dont il pouvait faire preuve, il s'écarta lentement de Nellie pour affronter son regard. Peu lui importait qu'elle puisse lire dans le sien la peur et la honte. Seule la sincérité avait une chance de les extraire du puits dans lequel ils venaient de chuter. Une discussion s'imposait et elle serait difficile. Mellitus tendit un nouveau mouchoir à son amie.
— Est-ce que j'ai vraiment fait ce que je pense avoir fait ? C'est particulièrement gênant, je te demande pardon. Tu n'aurais pas dû avoir à entendre ça.
Tout affluait désormais si vite que faire le tri dans ses pensées l'épuisait. Elle avait l'air aussi désemparée que lui, elle n'avait donc manifestement pas déployé cet envoûtement sciemment. Et malgré cela, elle s'était emparée de sa faculté de réfléchir et de ses sentiments avec un facilité tellement déconcertante. Le pouvoir qu'elle possédait était légitimement terrifiant. Et fascinant en même temps. La main de Mellitus gagna l'emplacement de son cœur encore frénétique sur sa poitrine. Le seul symptôme subsistant des émotions qui l'avaient submergé. L'éphémérité de tout cela était elle due à la magie de Nellie où le cours naturel des choses ? C'était sans doute stupide et même déplacé dans l'immédiat mais le Serdaigle ne savait pas gérer les questions sans réponse, aussi posa-t-il celle qui le taraudait.
— Est-ce que je viens d'avoir un coup de foudre ?
Au diable la conversation sérieuse. Enfin, non. Mais qu'elle attende. Mellitus avait besoin de temps pour redescendre sur terre et espérait dédramatiser un tant soit peu l'incident en se réfugiant derrière son humour idiot.
— Si c'est ça, j'espère que t'as un peigne sur toi parce que je dois avoir les cheveux en pétard.
La main quitta la poitrine pour partir à la recherche de celle de Nellie. Elle avait de son propre chef effacé la barrière des échanges tactiles, il espérait pouvoir se permettre cette familiarité. Pourvu qu'elle ne se dérobât pas.
— Co... comment tu vas ? Tu as l'air bouleversée. Je m'inquiète pour toi.
tl;dr : Mellitus réalise qu'il a été envoûté alors que le charme s'estompe. Paniqué, il cherche avant tout à rassurer Nellie et éprouve de plein fouet la gêne occasionnée par sa désinhibition. Il essaie un brin d'humour pour dédramatiser mais son inquiétude pour son amie prend le pas.