Homme
17 ans
Né-moldu
Britannique
Identité
-
- Septième année
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Mélodies et douceurs nocturnes
Message publié le 15/01/2026 à 08:22
Le temps semblait avoir ralenti sa course immuable pour céder du terrain à la seule personne au monde qui méritait que les lois de la physique s'articule autour d'elle. Les longs doigts fins de la musicienne s'attardèrent tendrement sur les touches de l'instrument que Mellitus se surprit à envier. Quelle grâce ce serait que de sentir la chaleur de ce contact contre sa joue. Une fierté incongrue s'empara de lui quand les pommettes délicates rosirent suite à son compliment. S'il maniait ses mots avec soin et qu'il parvenait à la flatter, peut-être qu'elle lui accorderait l'attention dont il se languissait tant. "Non, pas par-là ! Regarde-moi," vociférèrent les pensées du garçon sous le charme alors qu'elle détournait ses yeux.
Puis elle se pencha providentiellement vers lui avant de lui saisir la main. Si une inquiétude palpable avait marqué de son empreinte la voix transcendante de l'exquise sorcière, le transport de Mellitus le priva du loisir d'envisager de la dissiper. Ses doigts se refermèrent sur la main d'une douceur incomparable. Sans exagération mais fermement, comme pour lui signifier de ne pas le lâcher, qu'il voulait ne jamais plus ressentir l'absence de la chaleur que le contact de Nellie répandait dans ses doigts. Il voulut l'attirer vers lui. "Doucement, conduis-toi en gentleman," lui conseilla son dialogue intérieur. Inconsciemment, sa bouche s'était entrouverte en un sourire béat.
Un frisson d'extase le traversa quand elle prononça quelque mots en français. Ne rien comprendre lui était égal, il buvait et la voix et l'accent de l'anglo-française comme on déguste le plus fin nectar. Mais ce moment fut interrompu par la panique qui le gagna en apercevant les perles fluides s'échapper des ensorcelants yeux pâles posés sur lui.
— Ne pleure pas, je t'en supplie ! Quelque chose ne va pas ? J'ai... j'ai fait quelque chose de mal ?
Il lâcha la main à contrecœur. Peut-être qu'il l'avait serrée trop fort sans le réaliser ? Par chance, il avait des mouchoirs sur lui en cette période où il lui arrivait d'avoir le nez qui coule et il put en proposer un à son amie pour qu'elle sèche ses larmes. Ce bref instant de distraction provoqua un second éclair de lucidité chez le Serdaigle. "Quelque chose cloche," devina-t-il sans pour autant parvenir à recouvrer ses esprits. Captif du puissant envoûtement bien involontaire, sa seule préoccupation était de se faire complaisant, de rassurer Nellie — sans savoir comment car il ne comprenait pas la raison de ses pleurs — et d'établir avec elle une proximité ardemment désirée. Comment lui rendre le sourire ? Que pouvait-il dire ou faire qui puisse illuminer à nouveau le sourire radieux qu'il souhaitait revoir ?
— Ce n'est pas toi qui devrait pleurer, c'est l'astre lunaire qui se lamente de ne caresser ta chevelure céleste que de ses lointains rayons. Ce sont les hommes qui ne méritent pas la chance d'être effleurés par ton regard éblouissant. Il ne faut pas que tu pleures car tes larmes sont des perles nacrées qui occultent l'éclat des diamants et fendent le cœur des étoiles. Quand tu souris, le soleil paraît blême et le chant du vent loue ta grâce. Souris-moi, s'il-te-plaît, et je serai plus heureux que jamais personne ne l'a été.
S'il avait été en possession de ses facultés, jamais Mellitus n'eût osé divulguer l'une de ses piètres tentatives qui n'avaient de poétique que le nom qu'il voulait leur conférer. En d'autres circonstances, avoir laissé s'exprimer de tels mots l'aurait fait mourir de honte sur place.
tl;dr : désinhibé par l'envoûtement, Mellitus cherche à plaire et à rendre le sourire à Nellie. Pour cela, il tente d'improviser quelques louanges.
Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante
Message publié le 15/01/2026 à 07:01
La surprise lui fit rater un battement de cœur quand Nellie prononça quelques mots dans sa langue maternelle sans qu'il s'y attende. Ça sonnait bien. La prononciation de la langue latine, une noble racine, était chantante et l'accent séduisant. Hélas, Mellitus n'entendait rien au français. Il reconnu simplement le nom de l'auteur car il avait déjà lu certaines de ses pièces. La comédie, l'un des deux grand aspects du théâtre. Complémentaire à Shakespeare. Une lecture qu'il avait appréciée contrairement à Nellie. Pas de quoi la blâmer, le style était quelque peu éculé. Cela étant, le Britannique se demanda quelles subtilités du langage avaient été perdues dans la traduction et éprouva l'envie de lire Molière dans sa langue originelle. Apprendre une nouvelle langue ne pouvait pas être du temps perdu.
— L'hang dé Mowlear ? risqua-t-il avec une prononciation plus britannique encore que lorsqu'il parlait sa propre langue.
Une question épineuse malgré elle suivit. Elle s'inscrivait logiquement dans la conversation puisqu'ils parlaient de leurs centres d'intérêt et que Nellie pratiquait le sien. Pas étonnant dès lors qu'elle s'interroge sur une éventuelle expression artistique de sa part à lui. Et elle avait visé juste sauf que la réponse était embarrassante. Dans le sens où il employait une plume pour coucher des mots d'encre sur le parchemin, oui il écrivait. Ce qu'il eût aimé considérer comme de la poésie. Mellitus n'en tirait aucune fierté, il en avait même plutôt honte.
— Je me suis déjà essayé à l'exercice, c'est vrai. Je crois que j'ai juste massacré quelques pauvres parchemins qui n'avaient rien demandé.
Heureusement, le sujet changea assez rapidement pour lui épargner d'en arriver à livrer davantage de détails. Elle accepta gracieusement son geste altruiste et s'enveloppa dans la veste qui ne tarda pas à manquer à Mellitus. Ce dont elle s'inquiéta d'ailleurs. Dire qu'il n'avait pas froid eût été un mensonge mais son acclimatation rendait cela tolérable tout de même.
— Ne le répète à personne mais je suis secrètement un cyborg. Mon corps est d'acier. Le froid n'est qu'une information traitée par mon processeur. Conclusion après analyse : ça caille.
Étrangement, la voix interne ne reprocha pas de se donner en spectacle. Après tout, Nellie était restée. Elle n'avait pas pris la fuite en courant après qu'il eût fait le pitre, étalé sa science et ses opinions non sollicitées et qu'il se fût apitoyé sur son sort. La sorcière qui marchait à ses côtés à travers tout cela était vraiment d'une gentillesse et d'une patience de sainte à son égard. Mellitus lui en était reconnaissant. Pour une fois, il pouvait tomber le masque du bon élève intelligent qu'il arborait afin de se sentir valide. Il pouvait se permettre d'être idiot. C'était libérateur.
Est-ce que c'était difficile d'être né-moldu ? Probablement. Cela avait surtout créé un irrémédiable bouleversement et la magie n'était certainement pas son point fort. Et puis il ne se faisait pas d'illusion quand à son intégration à Poudlard : il demeurait un intrus. Un plongeur parmi les poissons. D'accord, il avait appris à nager mais il n'était pas né pour. Simple et implacable darwinisme. Quand elle l'encouragea sur son parcours, il lui sourit avec gratitude sans toutefois l'interrompre. Et il fit bien. Les mots suivants de Nellie l'atteignirent à la fois en plein cœur mais surtout résonnèrent dans son esprit, ce qu'il pouvait bien plus facilement assimiler. Son existence pouvait importer. La sagesse avec laquelle elle s'exprima était bien la preuve que Nellie était digne de la fondatrice de leur maison. Il suffisait de prendre un peu de recul, de changer de point de vue et tout ce qu'il croyait sur lui-même pouvait se montrer sous un jour nouveau. Mellitus chercha les mots pour répondre et n'en trouva qu'un, lourd de sens, dans lequel il tenta d'insuffler tout ce qu'il ressentait grâce à elle.
— Merci.
Il profita qu'elle enchaîne avec son approche de la musique pour l'écouter en absorbant ces émotions qu'elle avait suscitées en lui. Ainsi, elle était autodidacte en la matière. Cela le renvoyait à sa propre approche des techniques de vol mais il s'abstint de lui en faire part. Ce moment de leur dialogue était à propos de Nellie et sa volubilité quand elle parlait avec une passion évidente de son domaine de prédilection enchantait son auditeur.
Puis la météo impitoyable finit par convaincre la sorcière de revenir sur ses pas. À moins que ce ne fut la faim puisqu'elle lui suggéra d'aller dîner. Mellitus acquiesça et lui emboîta le pas mais ils ne tardèrent pas à s'immobiliser. Tournée vers lui, Nellie lui proposa un accord avec la main tendue. Celui-ci ne comprenait que des avantages pour lui : il aurait le droit de découvrir le talent musical de son amie et ils seraient donc amenés à se fréquenter de nouveau. Il profiterait alors encore de la conversation agréable dont elle faisait preuve et la seule contribution qu'elle attendait en retour était un cours particulier de vol. La neige qui l'avait poudrée à frimas donnait au contour de la silhouette de la sorcière un aspect éthéré. Le sourire qui n'avait brièvement quitté Mellitus qu'à l'évocation de ses déboires depuis le début de leur promenade s'élargit alors qu'il tendait la main droite vers Nellie afin de sceller le pacte d'une poignée solennelle.
— Marché conclu ! Mais je te préviens...
Son sourire se mua pour se faire plus malicieux alors que son regard s'appuyait intensément dans les yeux clairs qui l'observaient.
— Ça va décoiffer.
tl;dr : Mellitus s'essaie à répéter la locution française et poursuit la conversation en contournant tant bien que mal les sujets de ses exercices littéraires et du froid qui le harcèle après avoir cédé sa veste. Il remercie du fond du cœur Nellie pour ses douces paroles et accepte le marché qu'elle propose avec enthousiasme.
Mélodies et douceurs nocturnes
Message publié le 14/01/2026 à 19:33
À pas feutrés, Mellitus se faufila hors du dortoir livré à Morphée, aussi silencieux et léger qu'une ombre. Le court trajet à parcourir jusqu'à la salle commune eut le temps de dessiner un sourire ravi sur son faciès. Le sentiment d'être privilégié gonflait son moral : tout le monde n'avait pas la chance d'être convié à un concert privé. Nellie accaparait alors ses pensées déchaînées. Le souvenir heureux de leur promenade qui avait été le théâtre de tant de choses refaisait surface. Il n'avait pas seulement appris à connaître la douce sorcière, celle-ci lui avait montré à travers ses yeux qu'il pouvait encore compter d'une certaine manière. Elle s'était conduite en véritable amie. Oui, voilà ce qui le rendait si allègre ce soir : il allait rejoindre une amie.
Le rendez-vous précédent s'était conclu par un pacte que Nellie honorait la première en cette belle nuit propice à l'émerveillement. Le Serdaigle appréciait ces banalités quotidiennes qu'on oubliait trop souvent d'observer. La lune dissimulée derrière les nuages, dont on ne devinait la présence que par le halo diffus, presque imperceptible, qui filtrait tout juste à travers les volutes célestes. L'ambiance lui paraissait tout à fait appropriée pour l'occasion.
D'ailleurs, sa tenue l'était aussi pour une fois. Rompant avec une véritable tradition de ne jamais arpenter la tour des aigles autrement qu'en pyjama ou en survêtement quand le choix s'offrait à lui, il avait respectueusement revêtit un pantalon de toile gris surmonté d'une élégante chemise bleu nuit aux motifs discrets. Faute d'en posséder d'autres plus adaptés, il portait visible son seul bijou : un discret pendentif arborant une croix de Canterbury. C'était un moment important pour Nellie. La bienséance lui imposait une apparence décente.
Quelques pas plus tard, les premières notes audibles lui parvinrent avant qu'il puisse encore voir la sorcière qui les produisait. Un irrépressible doute lui fit consulter sa montre. Non, il n'était pas en retard. Peut-être jouait-elle pour elle-même cet air qui lui donnait un premier aperçu de ce qu'était l'univers musical de Nellie. Bien que Mellitus ne chercha pas à dissimuler son irruption dans la pièce baignée d'une lueur de feu, sa présence sembla échapper à l'attention de la musicienne. Ou bien elle l'avait vu mais continuait de se dévouer entièrement à son art.
Bien qu'il appréciât la musique de manière générale, il n'en mesurait pas toutes les subtilités et la savourait en profane. Cela n'empêcha pas que Nellie l'emmène complètement dans sa représentation. Touché jusqu'au fond de son être par l'harmonie des notes qui se succédaient, Mellitus fit l'expérience mystique d'être transporté par la mélomane qui investissait tout son être dans la pratique de sa passion. L'impression d'avoir approché l'âme ainsi dévoilée de son amie s'empara de lui. Et ce ne fut pas son seul ni son plus grand trouble.
Quelques jours plus tôt, il avait vu la beauté de la jeune femme pour ce qu'elle était. Objective et irréfutable. Une apparence dénuée d'imperfection qui lui était apparue dans un tourbillon enneigé. Cette nuit, c'était différent. Tout était plus intense, irrésistible même. Était-ce par qu'elle se trouvait dans son élément ? Existait-il une forme de magie canalisée par la musique dont il ignorait tout ? Il se jouait sous ses yeux quelque chose d'infiniment plus profond que ce qu'il avait aperçu la première fois. La nature de Nellie se révélait dans toute sa splendeur à l'insu de Mellitus qui n'avait plus qu'un mot à l'esprit. Divine.
Il lui sembla découvrir quelque chose d'inédit en son sein. Une chose qu'il ne comprit pas tout de suite car il ne l'avait jamais connue auparavant. De l'attirance. Tout à coup, il brûlait d'envie de lui plaire. Pas simplement d'être agréable avec elle ou de la divertir en bon ami. Un puissant désir de retenir l'attention de la magnifique jeune femme l'anima. Il voulait l'impressionner, il avait besoin qu'elle le regarde.
Quand l'écho de la dernière note s'évanouit, Mellitus retrouva juste assez sa lucidité pour retenir les gestes et les paroles insensées que lui avait inspirés cette étrange et déstabilisante émotion. Il voulu applaudir mais son corps lui parut trop étranger pour le mouvoir. Tout ce qu'il put exprimer dans l'immédiat fut une onomatopée admirative.
— Je n'ai jamais vu... ENTENDU, se reprit-il tardivement en murmurant plus fort qu'il n'aurait souhaité. Je n'ai jamais rien entendu d'aussi beau. C'était... indescriptible.
Mellitus aurait voulu pouvoir détacher son regard de Nellie ne serait-ce qu'un instant. Pour cacher son embarras. Et sa peur. Dans sa poitrine, le muscle cardiaque se déchaînait furieusement au point de lui faire mal. Dans son esprit, plus rien ne fonctionnait. Plongé abruptement dans l'inconnu, il était tétanisé et en proie à une angoisse existentielle. Ne pas comprendre ce qu'il ressentait et le phénomène qui venait de se produire l'effrayait au plus haut point. Il lui sembla devoir faire appel au courage de dix Gryffondor réunis pour ne pas prendre ses jambes à son cou. Ou bien celles-ci refusaient tout simplement de lui obéir.
tl;dr : Mellitus rejoint Nellie dans la salle commune, les douces réminiscences de leur premier rendez-vous à l'esprit. Il est envoûté par le charme surnaturel de la demi-vélane et la complimente avec un lapsus trahissant son trouble.
Message publié le 14/01/2026 à 17:22
La sollicitude de Cassie eût pu toucher l'ancien joueur en d'autres circonstances. Ses questions n'avaient rien de malintentionné puisqu'elle ne pouvait pas savoir à quel point l'éviction de l'équipe l'avait affecté, et continuait d'être la racine de la discorde froide qui régnait entre Mellitus et son ami. C'était pour ce genre de raison que lui-même s'excusait tout le temps quand il s'inquiétait pourtant sincèrement pour autrui. La compassion était parfois malvenue et dans ces cas là il était difficile d'en informer son interlocuteur avec tact. Quelque part dans les yeux du Serdaigle se manifestait la supplique tacite de passer à autre chose.
— Si, bien sûr que ça me manque. Mais de toute façon avec les ASPIC mieux vaut que je me concentre sur l'étude. Les entraînements prenaient du temps. Je préfère tirer un trait là-dessus et voir ce que l'avenir me réserve.
La torture perdura jusqu'à ce qu'enfin la demoiselle abrégeât les cordialités d'usage pour clarifier la raison qui l'amenait à avoir cette conversation. Celle-ci partit alors de Charybde en Scylla et le malheureux garçon se retrouva au supplice en apprenant que tout cela découlait d'un inoffensif béguin qu'il avait apparemment suscité à son insu. Cette partie là de leur échange n'allait pas l'aider à se ressaisir, bien au contraire. Cette Cassie venait en émissaire et bousculait en toute innocence Mellitus loin, à mille lieues même, de sa zone de confort. Lui qui y tenait tant et ne sentait en sécurité que quand tout était simple et évident, voilà qu'il était jeté en pâture, sacrifié sur l'autel impitoyable de l'amour. Enfin, il était un peu tôt pour parler d'amour. Il s'agissait d'une attirance tout au plus, sans doute guère davantage qu'une curiosité. Sa bouche s'ouvrit, refusa d'émettre un son et se referma comme s'il venait de perdre toute faculté de communication.
— Ho ! je... suis, heu, flatté.
C'était comme si une ardoise vierge venait de prendre la place de son vocabulaire. Les mots s'égaraient, il ne savait quoi dire et peinait à articuler. Au moins ne mentait-il pas. Ce genre d'attention atteignait son ego. Seulement, ce n'était pas forcément positif. Et cerise sur le gâteau, cela le ramena directement à sa période de Quidditch ; quand quelques groupies lui déclaraient inopinément leur flamme de temps en temps. Une notoriété qu'il n'avait pas goûtée du tout.
— Et, heu, je la connais ? Qui est-ce ?
La question sans détour de Cassie le désarçonna encore davantage alors qu'il se croyait déjà au fond du gouffre. Mellitus était plutôt aguerri en terme de célibat.
— Non, j'ai pas de copine. Mais qu'est-ce que... enfin, non, je vois ce que tu veux dire. C'est pour envisager de se voir ou quelque chose comme ça ? Elle est, genre, sûre ? Je voudrais pas la décevoir mais... donc. Alors. Bref. Qu'est-ce que je disais ?
Sujet, verbe, complément. Ce n'était pourtant pas bien compliqué de formuler une phrase. Comment se sortir de là sans être un goujat ou se ridiculiser ? La situation ne lui plaisait pas et le gênait même profondément. Mais de quel droit pouvait-il s'esquiver sans considération aucune pour la personne concernée ? Le sentiment de s'être fait fourré dans les mains l'estime de soi de l'inconnue l'envahit. À la moindre maladresse, celui-ci risquait d'être brisé. C'était fragile ces choses-là, il en savait quelque chose.
— On peut toujours envisager de boire un thé ensemble et, je sais pas, voir ce qu'il advient ?
Ce qu'il adviendrait, Mellitus pouvait se le figurer sans peine. La jeune femme découvrirait sa vraie nature passablement dénuée d'intérêt et freinerait des quatre fers avant de rebrousser chemin. Ainsi, tout rentrerait dans l'ordre. Elle serait désabusée mais pas blessée et lui serait tranquille. Qu'est-ce que ça lui coûtait de partager un thé ? C'était l'équivalent de s'arracher un pansement vite fait. Mais dans un contexte social. Quelle angoisse !
Réflexion faite, la météo était un excellent sujet de conversation. Maintenant qu'il avait fourni un semblant de proposition, autant retourner sur des sentiers plus insignifiants.
— Ouais, l'été c'est cool. Les personnes vespérales peuvent profiter du soleil. C'est bon pour le moral. Et les vitamines. Et puis on caille moins en faisant du sport.
Mellitus força un bref rire comme s'il venait de faire une blague dont il était fier. Conscient d'être ennuyeux, il se dit que mieux valait un moment barbant qu'un moment gênant.
tl;dr : Mellitus fait son possible pour éluder le sujet du Quidditch et perd complètement pied suite à la déclaration de Cassie. Il tombe magistralement dans le panneau puis s'empresse d'essayer de passer à autre chose.
Message publié le 14/01/2026 à 09:01
Cassie ? Non, cela ne rappelait rien au blond qui se demandait toujours quel était l'objet à propos duquel la jeune femme au large sourire voulait l'entretenir. Le sien s'évanouit brusquement lorsqu'elle mentionna le Quidditch et son appartenance à l'équipe qu'elle ignorait manifestement n'être plus d'actualité. Si elle ne savait pas que cela faisait plus d'un an désormais qu'il ne jouait plus pour Serdaigle, c'est qu'elle ne s'intéressait pas beaucoup au sport sur balai. Autant s'offrir le loisir de changer rapidement de sujet, celui-ci étant bien trop sensible pour le joueur déchu qui s'était crispé à sa seule évocation.
— C'est pas pour le Quidditch. J'ai quitté l'équipe l'année passée, grinça-t-il en s'efforçant de ne pas paraître trop amer.
Inutile de préciser que la décision avait été prise contre son gré. Mellitus marqua une pause le temps de réfléchir à ses options pour dévier la conversation. Il ne voulait pas la brusquer et donner l'impression de vouloir couper court en lui demandant pourquoi elle l'avait abordé. Mais tout ce qu'il pouvait se figurer de Cassie, c'était ses goûts vestimentaires et ce n'était vraiment pas un domaine dans lequel il pouvait confortablement disserter. Même la maison à laquelle elle appartenait lui échappait. Dommage, c'eût été un début pour avoir au moins une vague idée la concernant. La seule chose à faire, c'était de s'aventurer prudemment en terrain neutre en espérant qu'elle en vienne sans trop tarder aux faits.
— Men sana in corpore sano, récita-t-il académiquement. La dixième satire de Juvénal. Je m'entraîne pour ne pas avoir tout dans la tête et rien dans les muscles. Et, heu, toi ? Qu'est-ce qui t'amènes dans la fraîcheur hiémale de si bonne heure ? Sans indiscrétion je veux dire, tu as peut-être des raisons personnelles.
Dire que Mellitus était mal à l'aise eût été un malhonnête euphémisme. Son inconfort de la situation redoublait à cause des efforts qu'il mettait en œuvre pour le dissimuler, exécrablement mal au demeurant, afin de ne pas incommoder son interlocutrice. Il s'en serait voulu que son malaise devienne contagieux. Trop conscient de lui-même dans l'instant, il remarqua que ses lèvres s'étaient affaissées et que la chaleur avait déserté sa voix. Ce n'était pas le genre d'impression qu'il voulait donner. Il ambitionnait d'être de ceux qui illuminent les journées d'autrui, pas qui les gâchent. Il força sur ses zygomatiques afin d'afficher une expression plus enjouée.
— Au fait, je crois bien que les premiers flocons ne tarderont plus. J'ai hâte que le parc enfile son pâle manteau et de regarder les jeunes faire des batailles de boules de neige. Ça me rend nostalgique, pas toi ? On est trop matures et trop occupés pour ça à notre âge mais quelque part ça me manque. Tu aimes la neige ?
C'est officiellement que le fond avait été atteint. La voix qui résonnait toujours impromptue dans sa tête s'exprima sous forme d'applaudissements lents et sarcastiques. S'il est bien un art que Mellitus pratiquait malgré lui avec grand brio, c'était celui d'avoir la conversation assommante de banalité. Il commençait à éprouver de la peine. Pas tant pour lui que pour la malheureuse Cassie qui devait subir cela stoïquement.
tl;dr : Mellitus perd son sourire et répond qu'il a arrêté le Qudditch à Cassie. Il essaie ensuite de changer de sujet en dissimulant mal son malaise.
Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante
Message publié le 14/01/2026 à 01:52
Le rire de Nellie avait tout l'air d'être franc et rassurait Mellitus. Cela devait être le signe qu'il n'avait jusqu'alors pas encore commis d'impair rédhibitoire. Lorsqu'elle évoqua la beauté du ballet minutieusement chaotique des flocons virevoltant dans les cieux, il prit le temps de savourer le spectacle également.
— J'ai toujours adoré la neige. Elle a ce don d'être belle tout en soulignant les qualités esthétique de ce qu'elle recouvre. Elle n'éclipse pas, elle met en valeur. Et le monde se transforme brièvement, on découvre les choses différemment. C'est d'autant plus poétique que c'est éphémère.
Voilà que maintenant il parlait trop en s'épanchant sur son opinion non sollicitée de la neige. La neige. Qui avait envie de philosopher sur un phénomène météorologique, franchement ? Ce n'était pas sans raison qu'il s'agissait du sujet banal abordé dans toutes les discussions creuses qu'on échange juste pour meubler le silence. Tout le monde s'en fichait royalement de la météo. Heureusement, Nellie aborda d'autres sujets. Ça en faisait au moins une des deux qui savait entretenir la discussion. Et elle se montrait bon public, se prêtant gracieusement au jeu de l'humour. S'il parvenait à se contenter de répondre avec plus de concision, elle ne remarquerait peut-être pas à quel point il était ennuyeux.
Il fallut qu'elle le dise explicitement pour que Mellitus comprenne qu'elle était française, au moins partiellement. La culture d'outre-Manche lui était quasiment inconnue. En tout cas ne l'avait-il pas expérimentée puisque qu'il n'avait jamais traîné ses boucles blondes jusqu'au continent.
— Je trouve ton anglais impeccable, l'encouragea-t-il. Tu dois être une véritable Shakespeare en français alors. Non, plutôt une artiste de là-bas. Je ne sais pas qui est la référence littéraire en France, admit-il en se jurant de remédier au plus vite à cette lacune de culture.
Ainsi avait-elle étudié à la fameuse académie de Beauxbâtons. Son parcours était surprenant. Quel courage cela avait dû lui demander de venir étudier à Poudlard ! Cependant, l'épatement céda le terrain à la compassion quand son interlocutrice évoqua les propos affreusement durs proférés par sa maman à son encontre. Et c'est la sollicitude qui s'invita au moment où elle laissa en suspens sa phrase concernant la maison qu'elle avait rejoint. Mellitus interpréta cette interruption comme un manque de confiance en soi, sentiment horriblement dévorant, et un doute quant à la décision du Choixpeau. Il voulu faire son possible pour la rassurer.
— Le Choixpeau ne se trompe jamais. Il n'y a pas que des intellos dans notre maison. Et les meilleurs d'entre nous ne sont pas les plus intelligents non plus. Il y a d'autres qualités qui définissent Serdaigle et surtout... on pourrait dire que ce n'est qu'une étiquette. Ce n'est pas parce qu'on l'a collée sur toi qu'elle définit ta valeur. Moi je pense que tu as de l'intelligence et aussi un sacré courage. Un peu aigle et un peu lionne ; t'es une griffonne. Si ça c'est pas la grande classe, tu vas faire des envieuses.
"Mais oui, bombarde-là de ton avis. Elle te connaît à peine, ce qu'elle peut s'en cogner de ce que tu penses d'elle." Mellitus soupira. Si seulement il connaissait un moyen sain de mettre en sourdine le petit diable qui susurrait au creux de son oreille, quel répit ce serait. Nellie était probablement dans une période compliquée, bouleversée par le changement et le doute. Elle n'avait pas besoin d'ondes négatives autour d'elle.
Si le chocolat chaud lui parut délicieux, cela semblait naturel au Serdaigle qui en connaissait la provenance. Pas tout à fait sans reproche, il lui était arrivé, lui arrivait encore, de visiter les cuisines de l'école où il avait fait la rencontre de Nap, le plus curieux des elfes. Celui-ci avait la particularité d'être quelque peu fainéant, un trait rare parmi ses congénère, et d'être très friand de boissons sucrées. Sa recette du breuvage le plus réconfortant qui soit était incomparable. Mel avoua son secret à Nellie. Pas question de s'approprier le mérite d'autrui.
Au fil du dialogue, la demoiselle vint à parler de son intérêt pour la musique et sa pratique du piano. Dans cet instant délié, elle exulta soudainement en ne tarissant plus sur ce qui devait être son sujet de prédilection. Mellitus s'étonna de n'avoir jamais entendu la mélomanie nocturne de Nellie s'exprimer. Pourtant, il lui arrivait de veiller tard, absorbé par un chapitre croustillant qui débouchait sur un autre et ainsi de suite. Était-il si distrait pendant la lecture qu'il en devenait sourd ? Il ne jugea pas pertinent d'interrompre le discours passionné de la musicienne pour lui dire qu'il aimerait l'écouter jouer. Si elle attendait l'assoupissement du château pour cela, c'est qu'elle ne désirait pas avoir de public.
Vint le moment fatidique où sa curiosité lui rebondit dans les jambes. S'il eut préféré que Nellie continuât à parler d'elle, il ne se voyait pas esquiver son tour. C'était l'occasion de manifester implicitement son soutien et sa compréhension à propos de la relation parentale apparemment compliquée qu'elle entretenait avec sa maman. En essayant de ne pas avoir l'air de la prendre en pitié pour autant, personne ne voulait de la pitié.
— Mon parcours n'est pas aussi impressionnant que le tien. Je viens de Cambridge et... disons que je n'y suis plus le bienvenu. Le type qui m'a donné la vie m'a excommunié quand j'ai été admis ici. Il s'est contenté d'être déçu et m'a au moins épargné les insultes. Donc j'ai construit mon identité ici, sur le fait d'être un sorcier. Mais je suis un naze en magie. Peut-être qu'à la fin de l'année je laisserai tout ça derrière moi pour de bon et que je reprendrai ma vie de moldu, confia Mellitus en embrassant d'un geste ample le château tout en s'efforçant de ne pas laisser transparaître la lamentation. Bah ! j'ai encore quelques mois pour étudier la question. À part ça...
Il bruita un roulement de tambour suivit du tintement victorieux d'une cloche pour changer de sujet.
— T'as vu juste, j'adore la lecture. Original pour un Serdaigle, ouais je sais. Je crois que l'essence de la nature humaine réside dans l'écriture. La faculté de perpétuer notre histoire et nos connaissances, c'est un miracle quand on y pense. Sans ça, peu ou prou de progrès. Voilà, t'as devant toi un gars qui rentre parfaitement dans le moule de la maison. Alors tu vois, c'est pas plus reluisant que ça.
Que dire d'autre ? Il faisait pâle figure à côté de l'aventurière qui pratiquait un art aussi beau et exigeant que la musique. Lui, c'était quoi son talent ? Le vol. Et on lui avait arraché ses ailes sans une arrière-pensée. Nul autre que la personne en laquelle il avait le plus confiance. Qu'il aimait. Une idole, un ami, un frère. "Jadis."
Non. Ce n'était pas juste. Mellitus ne pouvait indéfiniment rejeter la faute. Le temps de se remettre en question était venu. Il devait reconnaître que c'est sa seule médiocrité qui l'avait ramené sur terre. Passer aux aveux.
— J'aime bien voler sinon. C'est ce que j'ai préféré en arrivant à Poudlard. Fendre les cieux sur un balai, cette sensation de liberté, c'était ça pour moi la magie. J'ai fait partie de notre équipe de Quidditch pendant un court moment. Mais... j'avais pas le niveau. J'ai pas été sélectionné l'année passée. C'est pas plus mal. Ma remplaçante est vraiment douée.
"Ok, ça devient gênant. Rideau." Un amas d'amertume s'était lové en boule dans la gorge du blondinet, menaçant d'altérer sa voix en cri étouffé de chevreau malade. Aucune diversion ne rattraperait cet élan pathétique mais ça n'allait pas l'empêcher d'essayer de donner le change et d'inciter Nellie à parler d'elle. Ou d'autre chose, n'importe quoi. Il délogea d'un geste rendu habile par l'habitude sa veste de ses épaules et la proposa à son amie. Pas sûr qu'elle le soit de son point de vue à elle mais Mellitus avait envie d'y croire. Un animal errant tel que lui ne pouvait que vouloir manger dans la première main tendue dans sa direction.
— Tu veux ? Si tu viens de France tu trouves peut-être le climat écossais un peu froid alors... 'Fin, je crois que c'est les français qui ont créé la galanterie alors je peux toujours essayer de faire amende honorable au nom des britanniques. Et donc tu joues quel style de musique ? Tu composes toi-même ?
Le regard du sorcier était devenu fuyant. Cela prendrait quelque instant avant qu'il n'assume la honte d'avoir subitement étalé ses déboires sans intérêt. Là si Nellie ne s'enfuyait pas... non, inutile de conjecturer sur une possibilité inexistante. Elle trouverait un prétexte plus au moins bien élaboré en fonction de sa gentillesse pour prendre congé et retourner au chaud, débarrassée du pleurnichard.
tl;dr : Mellitus essaie de réagir avec empathie aux paroles de Nellie et de positiver. Il fait tout son possible pour l'encourager, la soutenir à demi-mots et qu'elle se sente perçue à sa juste valeur. Puis il lui parle de ses origines moldues, de l'écriture et enfin de son amour du vol. Gêné, il tente une diversion et propose sa veste à prêter en relançant le sujet de la musique.
Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante
Message publié le 13/01/2026 à 18:13
Un sourire. Il semblait à Mellitus que le dernier qui lui avait été adressé avec sincérité remontait à si longtemps qu'il échappait à sa mémoire. Et bon sang ce que cela lui fit plaisir. Il croyait fermement que les sourires étaient contagieux et qu'en offrir un était la plus belle façon de dire aux gens qu'ils comptaient. Alors, tout naturellement et sans qu'il s'en rende compte, la contrition fit place à la joie sur le visage du garçon.
Cela n'empêchait pas ses méninges hyperactives d'analyser les gestes et les paroles de Nellie, comme il ne pouvait généralement pas s'en empêcher quel que fût le contexte. "Trop familier, mec," se tança-t-il dans le tumulte de ses pensées tandis qu'elle répondait par un cordial bonjour à son approche beaucoup moins formelle. Heureusement, la gourde de chocolat sembla lui faire plaisir et c'était tant mieux. L'expressivité de sa condisciple était plus que bienvenue pour Mellitus qui avait trop tendance à se faire des idées sur l'écart entre ce que les autres pensaient et ce qu'ils partageaient ouvertement. La citation d'un auteur qui disait qu'il y avait une chance sur dix que deux personnes se comprennent mais que cela valait la peine d'essayer traversa le fil de sa réflexion. Si seulement les individus étaient aussi simple à comprendre que les livres...
Elle affirma être contente de le revoir, sentiment qu'il partageait et glissa rapidement dans l'échange pour ne pas interrompre son vis-à-vis. Puis elle dit avoir peur de... de quoi ? D'arriver en retard ? Ce qu'il ne pouvait que comprendre car lui-même angoissait concernant la ponctualité. Être en retard, c'était un manque de respect. Encore un enseignement patriarcal qui avait été déterminant dans la personnalité du jeune homme.
Est-ce qu'il allait bien depuis le cours de Monsieur Ravental ? Ni plus ni moins qu'avant supposait-il tout en répondant sobrement par l'affirmative avant de retourner la question avec un véritable intérêt pour la réponse. La convention sociale voulait généralement que la réaction polie soit "oui" et que le sujet fût ainsi clos. Mais Mellitus ne posait pas cette question par simple étiquette : il espérait obtenir une confirmation sincère ou, à défaut, se voir confier un peu du fardeau qu'on portait en silence et dans la solitude. Prêter une épaule pour partager celui-ci avec son prochain, c'était ce à quoi il aspirait. Ce qui le définissait en tant que personne honorable à son sens, l'une de ses rares certitudes.
Finalement, Nellie suggéra de marcher. Il approuva tout en amorçant le mouvement. Une promenade accompagnée sous la neige, c'était une bonne façon de passer un agréable moment. Hélas, comme le sorcier ne lisait pas dans les pensées, il rangea la gourde qu'il avait conservée sans se douter de la retenue dont faisait preuve sa camarade. Il n'avait pas encore eu le temps de se préoccuper du froid.
— Bonne idée la marche. En restant sur place on pourrait bien finir en décoration cryogénisée du parc. Tu nous imagines à la place des sangliers ailés qui surplombent les grilles du château ?
Mellitus prit brièvement une posture rigide qu'il voulait comique, aussitôt abandonnée pour ne pas couper l'élan de la marche. Mais sa conscience de soi en profita pour le rattraper et il s'excusa au sujet de sa manière de parler.
— Désolé, on me dit tout le temps que je m'exprime comme un vieux livre. Oncques ne puis-je néanmoins m'en préserver, loin s'en faut ! surjoua-t-il comme pour souligner son propos et faire preuve d'auto-dérision. Au fait, j'espère que tu voudras bien pardonner ma curiosité si elle est déplacée. Mais j'ai l'impression de ne jamais t'avoir croisée avant récemment au château. C'est... tellement indiscret, je n'aurais pas dû demander.
Depuis qu'il l'avait rencontrée, vraiment rencontrée, l'attention de Mellitus s'arrêta pour la première fois sur la personne de Nellie sans distraction et sans qu'autre chose ne l'accapare. Là, dans un tourbillon immaculé provoqué par un coup de vent, le temps lui-même parut suspendu un instant. Une atmosphère féerique plana subrepticement dans l'expression d'une magie toute autre que celle enseignée à Poudlard. L'indomptable beauté des Highlands épousa la silhouette qu'on eût dit dessinée du plus délicat pinceau de la Création. Les traits ineffables de Nellie quant à eux se détachaient des environs avec une netteté impromptue. Dans cet instant propice, il sembla à Mellitus que cette dernière avait quelque chose de surnaturel sans qu'il parvienne à mettre un mot dessus. Le trouble s'empara de lui. Une question sans réponse. Une question qui ne pouvait être posée. C'était à la fois déstabilisant et amusant. Quels secrets cachaient la sorcière ? Peut-être qu'un jour, s'il ne la décevait pas elle aussi comme tous les autres jusqu'à présent, lui ferait-elle suffisamment confiance pour envisager de converser de choses aussi profondes.
Le cisaillement du vent suivant ramena avec lui la réalité. Ils avaient convenu ensemble de cette entrevue amicale. Mellitus avait donc le devoir de se révéler d'agréable compagnie afin que Nellie ne se soit pas extirpée du doux confort qu'elle eût pu préféré à lui en vain. Plus facile à dire qu'à faire, la conversation mondaine n'était pas vraiment son point fort.
— Et donc, heu, c'est quoi tes hobbies ? La légende raconte qu'il existerait quelque part une ou un élève de Serdaigle qui ne dégaine pas un bouquin à la moindre occasion. Pourrais-tu être la fascinante personne de ce mythe ? tenta-t-il avec une maladresse évidente.
"Et si elle aime lire, ce qui ne serait pas étonnant, ça sous-entendrait qu'elle n'est pas intéressante. Bien joué, génie. Du grand art," se martela le Serdaigle en regrettant aussitôt sa plaisanterie. Mieux valait sans doute éviter de s'exercer à l'humour avant de connaître davantage la jeune femme. C'était risqué sans rien savoir de sa sensibilité et la dernière chose qu'il souhaitait était de heurter Nellie.
tl;dr : Mellitus répond à Nellie et entame la promenade. Il tente ensuite de s'intéresser à elle avec des questions maladroites sur son passé et ses centres d'intérêts.
Message publié le 13/01/2026 à 02:05
S'il y a une chose à laquelle ne s'attendait pas Mellitus, c'était d'être interpellé pendant sa séance de sport. Les gens avaient tendance à choisir un autre contexte pour aborder autrui. Avant de répondre, il dut réprimer l'écho de la sévère voix paternelle qu'il entendait claironner : "Excusez-moi, c'est un ordre. Quand on est bien élevé on demande pardon." Si lui avait acquis l'habitude d'observer systématiquement cette discipline, il ne s'offusquait pas que d'autres ne soient pas si rigides en s'adressant à lui. Soit, la jeune fille qui l'avait sollicité devait avoir une raison et celle-ci était possiblement d'une certaine importance compte tenu des circonstances.
À l'aide de la serviette qu'il portait autour du cou, il épongea sommairement son visage luisant puis sa nuque. Une bourrasque glaciale lui arracha un frisson tout en déclenchant son réflexe pilo-moteur, parsemant sa peau d'une texture granuleuse. Quelle riche idée d'aller se faire suer dehors dans pareilles conditions météorologiques.
— Me parler à moi ? Enfin je veux dire, oui bien sûr. À quel propos ?
Le Serdaigle observa plus attentivement son interlocutrice. Elle avait quelque chose de vaguement familier. Après bientôt sept ans passés presque cloîtré dans ce château avec quasiment toujours les mêmes personnes, tous les élèves d'un âge avoisinants avaient quelque chose de familier. Mais là c'était un peu plus évident que cela, ils avaient dû se croiser récemment. Ils ne se connaissaient pas davantage pour autant. La demoiselle était vêtue avec un certain goût, du mauvais goût selon les critères de Mellitus mais il s'interdirait formellement de jamais le mentionner. Sa coquetterie apparente laissait le jeune sorcier dubitatif. Pourquoi s'infliger une tenue aussi peu commode ? Peu importe, cela ne le regardait pas. Elle avait délibérément choisi de s'habiller de la sorte, cela devait donc lui convenir à elle et il n'y avait rien à redire à cela.
Le regard de Mellitus s'arrêta sur un détail impromptu. Quelque chose jurait dans le cadre qu'il fallait reconnaître assez idyllique de l'école. Quelque chose de minuscule, insignifiant même. Et pourtant cela avait capté son attention.
— Tu veux bien m'excuser un instant s'il-te-plaît ? Il y a... un truc. Là.
Le Serdaigle contourna sa condisciple pour s'approcher en fronçant les sourcils de ce qui l'intriguait. Un simple bâtonnet tombé par terre. Vu la propreté impeccable du terrain scolaire, découvrir un déchet équivalait à tomber sur un trésor perdu quoique sans valeur. Néanmoins, cette idée amusa Mellitus qui se surprit à sourire et ramassa le détritus pour le jeter plus tard à un endroit approprié. Il reporta ensuite son attention vers la jeune fille en lui présentant le bâtonnet comme s'il s'était agi d'une relique.
— Merci d'avoir patienté. Ça doit être pour ça que les bonbons collent : pour éviter que nos cadets ne les perdent par mégarde. C'est la première fois que je vois une ordure traîner. Elle a dû échapper à la vigilance de nos amis les elfes, la coquine. Mais je me comporte en malotru. Mellitus, et toi ?
L'intéressé essuya soigneusement sa main sur sa serviette avant de la tendre à cette pauvre jeune fille apparemment un peu timide qu'il avait irrévérencieusement fait attendre. "C'est marrant, sa tenue contraste avec son attitude réservée," remarqua-t-il ce faisant.
tl;dr : Mellitus éponge sa sueur, demande à son interlocutrice de patienter un instant et ramasse un détritus avant de se présenter.
Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante
Message publié le 13/01/2026 à 00:30
Le problème avec les rendez-vous, c'était l'étiquette ambiguë qui en régissait les convenances. Bien sûr, interdiction formelle d'être en retard. Jusque là c'était facile ; pas de quoi s'interroger. Mais se pointer à l'avance pouvait, paraissait-il, avoir des implications tacites plus ou moins négatives. Trop tôt ? Potentiellement malpoli voire pire. Pile à l'heure, cela demandait une organisation méticuleuse et ne laissait aucune marge à l'imprévu. Et puis Mellitus trouvait cela un peu rigide. Pour ne pas dire psychopathique. Mais quand y aller alors ?
L'esprit vagabond revint à l'objet de la réflexion qui avait dérivée. Il fallait opter pour le manteau dont il se couvrirait pour braver la rudesse de l'hiver écossais. La cape en laine jurait avec sa tenue mais avec la veste rembourrée... "avoue, t'as l'air d'une dinde de Noël mal farcie là-dedans". À quoi bon tergiverser, il n'y avait rien de formel à aller prendre l'air avec une camarade de classe alors autant couper court aux élucubrations stylistiques et se rendre service en optant pour la praticité. La dinde allait être servie.
Emmitouflé en bon moldu, le jeune homme emporta deux petites gourdes isothermes avant de gagner les portes du château d'un pas décidé en consultant sa montre. Il aurait un peu d'avance. Bien. Et quand il parvint à celles-ci, soudainement tout n'allait plus bien. Nellie était déjà là à faire le piquet et alors que Mellitus commençait à distinguer la morsure rougeâtre du froid sur le bout de son nez, il se demanda depuis combien de temps elle l'attendait et quelle était l'ampleur du retard qu'il avait pris. Sa montre était-elle déréglée ? Paniqué, il pressa le pas et héla la demoiselle autour de laquelle dansaient les premiers flocons de cet hiver.
— Hey, Nellie ! Ça fait longtemps que tu attends ? Je te prie d'accepter mes excuses, je croyais être à l'heure. T'as l'air frigorifiée. Attends...
Ce qui lui avait plus tôt semblé être superflu allait finalement peut-être se révéler une prévoyance providentielle. Mel extirpa de ses profondes poches les deux gourdes qu'il tendit à sa congénère avec un sourire contrit et des yeux de biche qui suppliaient l'absolution.
— Chocolat chaud. Bien sucré, pas trop sucré, précisa-t-il en soulevant légèrement les contenants respectifs l'un après l'autre.
tl;dr : Mellitus se pose trop de questions inutiles avant de rejoindre Nellie, croit être en retard et profère des excuses maladroites avant de lui proposer du chocolat chaud.
Message publié le 12/01/2026 à 21:18
Enfin le week-end ! Nombre d'élèves partageaient la joie de cette pause bienvenue entre deux semaines de cours bien remplies mais concernant Mellitus, la raison divergeait peut-être un peu de ses congénères. Il adorait les cours, chaque infime détail du monde magique l'émerveillait comme un enfant. Non, ce qu'il appréciait vraiment pendant le week-end, c'était de pouvoir laisser son uniforme traîner en boule au pied de son lit et de se prélasser dans ses fringues moldues.
Quoique prélasser n'était pas tout à fait le terme de circonstance. Malgré les températures basses de la saison, l'adolescent avait profité d'un temps dégagé pour se vider l'esprit le temps d'un bon footing revigorant et de quelques exercices de musculation. Mel goûtait la sagesse de Juvénal et se faisait un devoir d'entretenir son corps et son esprit à égale mesure, ce qui impliquait une pratique régulière du cardio pour rivaliser avec son investissement académique.
Le prix à payer quant à lui était pour le moins désagréable : dégoulinant de sueur, il reprenait son souffle dans la cour de l'horloge avant d'attaquer sa prochaine série, le vent mordant le harcelant de ses assauts glacés contre la chaleur moite de l'effort fourni. Le contraste était fort déplaisant en termes de sensations mais Mellitus s'en accommodait sans sourciller. La douche qui ne manquerait pas de suivre n'en serait que plus délicieuse encore.
Ses dernières séries complétées quelques minutes plus tard, le Serdaigle se livra aux étirements adéquats tout en haletant de grosses volutes blanches qui s'épanouissaient brièvement dans l'air avant de faner et mourir aussi vite. Leur vue insuffla à Mellitus l'irrépressible envie d'enfourcher un balai et d'embrasser la liberté des nues qui lui demeurait hélas inaccessible. Il ne disposait pas de son propre balai et déchu qu'il était de son équipe de Quidditch, les occasions d'en emprunter un ne s'offraient guère plus à lui, le clouant implacablement au sol.
Égaré dans ses songeries après avoir été concentré sur l'effort, l'accroc qu'il avait malencontreusement fait dans la veste d'un rouge tape-à-l'œil de son survêtement échappait encore à son attention. Rien qu'un reparo ne puisse résoudre, une formule que Mellitus connaissait sur le bout des doigts. Dans les faits, il peinait pourtant encore à l'exécuter fiablement.
tl;dr : Mellitus fais de l'exercice à l'extérieur et s'arrête dans la cour de l'horloge pour ses étirements sans remarquer la déchirure, petite mais ostensible, dans ses vêtements.
Pommier et statue de sel [cours]
Message publié le 11/01/2026 à 23:35
"J'ai pas signé pour ça," maugréait l'adolescent en jetant sa cape en laine par dessus ses épaules afin de braver l'hiver nocturne et de gagner les serres pour le cours de botanique. Le soir c'était fait pour s'alanguir paresseusement dans un fauteuil douillet en pyjama et en bonne compagnie : Mary Shelley, Georges Orwell, Emily Brontë... ou même Homère. C'était toujours sympa de lire une nouvelle édition de l'Odyssée et de comparer les traductions et interprétations. Surtout en cette saison où l'on pouvait ajouter au nécessaire de confort un délicieux chocolat chaud devant l'âtre.
Cependant, s'il regrettait le doux foyer de la tour des Serdaigle, sa curiosité était piquée. Le professeur Ravental ne semblait pas être homme à faire les choses par hasard ou excentricité. Quelle raison pouvait bien avoir ce dernier d'organiser son cours au clair de lune ? La plupart des plantes préféraient Hélios à Séléné, aussi cela laissait-il supposer que le cours concernerait l'une des quelques qui s'épanouissaient la nuit et Mellitus employa son trajet à essayer de deviner de laquelle il s'agirait. Son opinion n'était pas encore arrêtée quand il franchit le seuil de la serre numéro trois et découvrit la réponse à ses interrogations.
— Le Fruit du Péché... murmura-t-il audiblement en apercevant le pommier, ne pouvant s'empêcher de sourire pour lui-même. Bonsoir professeur, bonsoir tout le monde, ajouta le Serdaigle en remarquant seulement que les lieux étaient déjà bien remplis.
L'ironie de la chose l'amusait beaucoup et il était désormais ravi d'avoir été arraché au confort de son foyer scolaire pour un sujet si intrigant. Quoiqu'il n'en trouvait pas l'uniforme plus seyant pour autant et s'empressa d'ôter sa cape, résistant à peine à l'impulsion de se débarrasser dans la foulée de sa robe, défaire sa cravate et déboutonner sa chemise. L'objet du cours soulevait de nombreuses interrogation tout de même. Ravental inviterait-il les élèves à tenter l'expérience transcendante de croquer la pomme ? Cela entraînait des risques et surtout... "Succomberais-je à la tentation ?"
Le regard du blondinet balaya l'assistance. Il ne connaissait que vaguement les élèves présents mais il lui semblait reconnaître des personnes qui, selon ce qu'il avait pu entendre au détour des conversations, disposaient d'un certain statut. Lui, il n'était personne à Poudlard et cela lui convenait parfaitement. À Cambridge, il fut une époque où il était "fils de" et il abhorrait cela. Aujourd'hui, il y était plutôt persona non grata et c'était très bien ainsi. Il ne rechignait pas le moins du monde à se mêler aux autres, indépendamment des classes sociales ou des maisons qui étaient, à son grand désarroi, parfois prétexte à la ségrégation mais il ne refoulait pas pour autant un côté communautaire qui l'attirait plus facilement vers les autres Serdaigle. Deux élèves de sa maison se trouvaient là et l'une d'elle s'esbaudissait auprès des bien-nés. Autant ne pas les déranger. Il se rapprocha donc nonchalamment, un sourire avenant aux lèvres, de la seconde qu'il avait par ailleurs déjà croisée lors de la sortie à Pré-au-Lard précédant la reprise des cours.
— Salut ! On a un sujet des plus intéressant ce soir, pas vrai ? lança-t-il en désignant d'une œillade l'arbre qui trônait fièrement au centre de la serre. Tu penses que Monsieur Ravental a l'intention de nous faire goûter au fruit défendu ?
"Si elle te met un vent, tu prétextes une crampe d'estomac et tu t'éclipses cinq minutes avant de revenir avec un cache-nez et des lunettes de soleil," planifia Mellitus en son for intérieur. Depuis l'an dernier, il se découvrait une phobie du rejet qui gangrénait la moindre de ses interactions sociales.
tl;dr : Mellitus arrive dans la serre, sourit en découvrant l'arbre et salue à la cantonade avant d'aborder Nellie Butler.
Message publié le 03/01/2026 à 23:58
C'est d'une humeur plutôt maussade que je descendis de la tour qui abritait la salle commune des Serdaigle. Isha m'avait envoyé paître une fois de plus, la quatrième depuis le début des vacances et je commençais à me demander si cela valait encore la peine d'essayer de lui proposer quoi que ce fût. Au fond, notre relation s'était dégradée depuis l'année dernière et je le soupçonnais de m'en vouloir de m'être fâché après qu'il m'eut évincé de l'équipe de Quidditch. C'était ridiculement puéril de sa part. J'avais bien le droit de m'insurger que mon meilleur ami m'ait jeté comme un malpropre, non ?
Quoi qu'il en fût, l'heure du rassemblement avant de partir pour le village approchait et je n'allais pas laisser Isha m'empêcher de profiter de cette sortie. Certes, l'école était paisible pendant les vacances et les avantages à y demeurer ne manquaient pas mais les occasions de s'ennuyer étaient tout aussi nombreuses et visiter Pré-au-Lard me ferait le plus grand bien. J'y voyais aussi l'occasion de faire de nouvelles rencontres. Mes potes habituels étant rentrés chez eux, je n'avais personne pour m'accompagner et aucune intention de m'accommoder de la solitude.
J'arrivai dans la cour parmi les premiers. Manifestement, le professeur Ravental nous accompagnerait pour cette excursion hors du château. C'était quelqu'un d'impressionnant avec sa carrure massive et son allure austère. Le genre d'homme respectable et inspirant pour qui j'avais énormément de respect. Et surtout, auquel j'espérais ne jamais ressembler car tout chez lui m'évoquait mon cher géniteur. Je m'approchai néanmoins de lui, conscient que ma dégaine plus que décontractée ne devait pas être à son goût.
Un bonnet estampillé New Orleans Pelicans me coiffait, encadrant mon visage à moitié dissimulé par l'écharpe de ma maison qui surmontait une veste en duvet bien isolante mais achetée d'occasion et dont l'état trahissait ses années de bons et loyaux services rendus à son propriétaire original. Mes mains gantées étaient enfoncées dans les poches d'un épais training dont j'avais minutieusement calé les jambes dans mes bottines. J'avais l'air d'un ado moldu en somme.
— Bonjour professeur. Mellitus Cavell pour la sortie à Pré-au-Lard, je suis inscrit. Isha m'a demandé de vous prévenir qu'il ne se joindrait finalement pas à nous.
Ce n'était pas tout à fait vrai, celui-ci s'était contenté de marmonner dans son oreiller quelque chose d'à peine intelligible mais qui voulait dire sans équivoque qu'il n'avait aucune intention de se lever. Soit, une fois présenté à l'enseignant, je m'éloignai afin de laisser le pauvre homme tenir à jour sa liste de présence sans être cerné d'élèves grouillants dans ses guiboles. Il me semblait que les troisièmes en particulier avaient tendances à s'agglutiner auprès des accompagnants comme des canetons craignant de perdre de vue maman cane. Ou en l'occurrence plutôt papy canard.
Mon regard s'égara dans la foule naissante à la recherche de quelqu'un. N'importe qui vraiment. Une personne prête à recueillir sous son aile un chat errant, affamé de compagnie et complètement paumé, qui ne savait même plus s'il était ne serait-ce que le pote de son meilleur ami. En résumé, un déchet qu'on n'aurait pas eu la décence de déposer dans une poubelle. Tss ! c'toi le caneton, Mel, songeai-je.
tl;dr : Mellitus arrive dans la cour, se présente au professeur Ravental et cherche quelqu'un ou un groupe auquel se greffer en essayant de ne pas avoir l'air désespéré.