



25 ans Sang-Pur Italienne Notoriété
Quarante-et-un jours. Voilà quarante-et-un jours que j’avais posé mes valises à Londres après un long périple italien. En manque d’activités pertinentes, je m’étais procuré quelques jours plus tôt un billet pour la finale de la coupe du monde de Quidditch au marché noir. Des années que je n’étais pas montée sur un balai, mais je n’avais jamais cessé d’assister à des matchs, de hurler ma colère, crier ma joie parce que ce sport avait cette faculté de créer une ribambelle de ressentis différents. C’est une sensation que j’adore éprouver et la retrouver aujourd’hui ici, en Angleterre, semble à la fois irréel et à la fois tellement naturel. Jamais je n’aurais cru que je reviendrais ici. Je pensais avoir définitivement tiré un trait sur ma vie anglaise, préférant la nouveauté à ce qui me rattachait ici. Je m’étais doutée que personne ne m’accueillerait à bras ouverts. D’ailleurs, personne ne m’avait accueillie du tout, ce qui était parfait. Je n’avais aucune envie de justifier ce départ, surtout parce qu’il n’y avait pas vraiment d’arguments qui tiennent la route. J’étais juste…partie, comme ça parce que l’envie s’était dessinée dans ma tête avant de m’endormir. Qui aurait cru que je serais de nouveau ici après tout ce temps ?
Après avoir passé la journée à passer de tente en tente, à chercher des vendeurs ambulants d’objets sans intérêt, le match avait enfin commencé. Je suis venue ici dans l’optique de passer un bon moment, de renouer avec les passions de mon passé qui m’avait lâchée ces dernières années. Japon, Norvège, Norvège, Japon, je n’y accorde peu d’importance si l’Angleterre n’est pas dans la compétition. Pourtant, étant ce que je suis, je ne peux m’empêcher de commenter chaque fait et geste des joueurs et quand tu ne soutiens aucune équipe, eh bien ce sont les deux qui prennent. Mais apprends à chopper le souaffle !! ou encore le gardien n’a pas dû comprendre le principe de son rôle. Vous voyez où je veux en venir. En l’espace de quelques minutes seulement, j’étais passée de la fille discrète venue pour prendre du bon temps, à l’insupportable et habituelle gueularde qui s’agace à la moindre faute. Du côté des supporters, certains me jettent des regards en coin, agacés, d’autres rient, se joignant même à moi afin qu’on s’égosille à l’unisson. Je ne comprendrais jamais ceux qui assistent aux matchs, payent leurs billets - parfois une fortune - et qui se contentent de rester assis sans bouger. Autant suivre le résumé dans la Gazette du Sorcier le lendemain. Demain, c’est l’extinction de voix assurée, mais qu’est-ce que c’est agréable de renouer avec le sport, le Quidditch, et la sensation que procurent les matchs.