



13 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété
Le lendemain, dès l'aube, Basil s'était éveillé. Trempé de sueur, persuadé d'avoir vogué sur Bételgeuse, zeppelin immense de plus de vingt-quatre mètres de long, aux mats qui s'étaient écroulés sur le pont dans un fracas terrible et brutal. Il s'était alors rappelé de sa promesse de rejoindre Nikolaï avant le petit déjeuner, et il n'avait pas hésité plus de cinq minutes avant de se lever définitivement de son baldaquin. S'il voulait un jour obtenir ce cliché tant convoité, pensait-il, il était essentiel qu'il suive l'entrainement du russe. Il n'avait aucune idée de l'heure qu'il était, bien que le jour n'avait clairement pas point sur l'horizon, et que l'ensemble de ses camarades dormaient encore à points fermés. Optant pour un simple jogging et un tee-shirt blanc, Basil quitte la pièce sans faire cas de peigner ses cheveux, et s'avance dans une salle commune entièrement déserte. Ses baskets blanches sont visiblement usées.
Les élèves sont en droit de se lever plus de deux heures avant le petit déjeuner, aussi n'a t-il aucun problème à rejoindre le hall d'entrée, puis le parc, dont les températures glaciales lui font échapper un frisson. Un instant, Basil se prend à regretter sa décision, bien que sa vision lui confirme clairement qu'elle était inévitable. Comment, sinon, finira t-il par obtenir la confiance de Nikolaï, et sa confirmation d'un portrait dans les prochains jours ? Avancé sur le chemin, il s'arrête pour observer le lac au loin. Le soleil semble en réalité non loin, puisque l'horizon est bercé d'une lueur presque surnaturelle. Basil a, à vrai dire, l'habitude de se lever avant tout le monde, et de se coucher avant tout le monde, ne serait-ce que dans l'idée de capturer ces lumières uniques qui parsèment le paysage anglais à des heures incongrues. Il regretterait presque de ne pas avoir emporté son Mekapteur.
C'est au dernier instant qu'il se rappelle que Nikolaï lui a donné rendez-vous devant la porte, et il remonte le sentier d'un pas pressé pour retrouver le russe. Fidèle au poste, ce dernier semble l'image même de l'entrainement militaire qu'on lui devine, figé ainsi dans l'éclaircie matinale. Un sourire se dessine sur le visage de Basil, qui secoue une main conviviale bientôt retombée contre son flanc. Les lèvres tirées par une anxiété soudaine et impromptue, Basil ne tarde pourtant pas à saluer son camarade de vive voix, un peu curieux de ce qu'il va advenir dans les prochaines minutes, ou même dans la prochaine heure.
- Salut. Bon, on commence par quoi ?