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La marche des empereurs

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

Ma cape d'obsidienne, maintenue fermée par une broche délicatement travaillée et marquée du sigil emblématique de Valcourt, ne dissimule que partiellement mon chemisier en organdi de soie ivoire, d'une légèreté éthérée - les poignets sont brodés de fils d'or fins. Noué autour de mon cou gracile, le foulard signature de la maison, en crêpe de soie enchantée d'un bleu nuit profond, dans lequel j'enfonce un menton glacé. Mon pantalon, taillée avec une précision parfaite dans une gabardine de laine noire, met en valeur ma silhouette élancée tout en me protégeant d'un automne qui se fait rigoureux. Du bout de mes bottines en cuir verni - réhaussées de délicats motifs gravés à l'aide d'un sortilège d'embossage -, je bute contre la pierre d'un muret dressé là et à demi tombé en ruines. 

Je suis en avance bien sûr. Je le suis toujours. À cette heure matinale, Pré-Au-Lard est complètement désert, et le froid semble avoir pris possession de chaque chose. Mon regard se dresse sur l'horizon, et alors que ma montre indique neuf-heure moins deux, je te vois remontant le sentier d'un pas assuré. Ta ponctualité, impeccable, n'a rien de bien surprenant. Ni en retard, ni en avance, tu arrives précisément à l'heure prévue. J'envie, quelque part, cette faculté que j'estime porutant tout à fait déraisonnable. Les imprévus sont si vite survenus que je préfère pallier à toute éventualité en me rendant à tous mes entretiens avec un minimum d'un quart d'heure d'avance. Tournée vers toi, je lève un menton fier, patiente jusqu'à ce que tu arrive à ma hauteur pour te saluer. Une main tendue, un sourire de courtoisie, un regard incisif sur ta tenue que je juge plutôt peu à la hauteur au vu de l'endroit où nous nous rendons.

 

- Lyle.

 

Je m'écarte pour révéler la pièce de cuivre qui fera œuvre de notre départ vers la France. Un portoloin réclamé des mois plus tôt par Papa, prévu pour neuf heures précise à cet endroit. Heure que nous avons atteint pratiquemment à la seconde où nous nous sommes serrés la main. Immédiatement donc, et d'un mouvement communs, nous touchons les bords de l'objet minuscule avant de nous faire happer par un crochet violent qui nous entraine à des kilomètres d'ici. Bien que j'ai l'habitude de ces méthodes de transport - barbares si on me demande mon avis -, j'en ressens toujours une profonde nausée. De la poche de mon pantalon, je tire une boîte métallique dont je tire une pastille sensée me faire recouvrir un semblant d'équilibre intérieur, et d'un geste je t'en propose une. Tu ne peux que les connaître. La boîte est refermée d'un claquement sec une fois la transaction effectuée, et je claque mes bottines sur un sol bétonné sans doute un peu triste. La météo est aussi grisonnante qu'elle ne l'était en Écosse, et il fait bien plus sombre du fait du décalage horaire. Ici, le soleil n'a pas fini de se lever.

 

- Voici l'ambassade. Nous allons être pris en charge tout de suite, nous rencontrerons mon père après le shooting. Ainsi que Gary, évidemment, j'ajoute en t'observant avec insistance. Les règles sont simples. Porte ce qu'on te demande de porter, obéis au photographe. Ce n'est pas un travail compliqué. En apparence, du moins. Le mannequinat a tendance à dissimuler ses mauvais côtés. L'obligation de bienséance, la nécessité d'être parfait en tout point, à tout instant. L'absurdité de demandes parfois étranges, qui vous font tenir des positions abominables pendant plusieurs minutes bien trop longues, parfois plusieurs heures. Si tu as des questions, je suppose que c'est maintenant qu'il faut les poser, j'ajoute en entamant l'ascension des marches.

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Lyle Sørensen

18 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serdaigle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

S'il y avait un point de départ dans la vie, Lyle avait l'impression d'aller à la rencontre du sien tandis qu'il se préparait pour retrouver le Portoloin avec Viviane Valcourt. Il avait l'impression que tout le reste de son existence n'avait été qu'une introduction, une mise en contexte qui l'avait préparé à ce voyage vers Paris.

 

Ce ne serait pas la première fois qu'il verrait la capitale française : son grand-père avait pris soin de l'y emmener à deux reprises et de lui faire visiter les grands monuments et musées qu'il se devait de connaître pour son éducation. Mais Oswald Sorensen ne l'avait jamais introduit réellement dans la haute société diplomatique, malgré le désir grandissant de Lyle. Le vieil homme avait répété que pour sa propre légitimité, c'était à Lyle de se construire son réseau, sans l'aide d'un coup de pouce qui ne serait perçu que comme un privilège parmi les autres Aurors. Autrement dit, il devait en baver autant que lui quand il était jeune, sinon le jeu n'en valait pas la chandelle. Lyle comprenait cette logique, même s'il avait parfois eu l'impression qu'Oswald avait cherché à le dissuader d'entamer une telle carrière. Mais pouvait-il lui en vouloir de seulement désirer protéger d'un métier dangereux la progéniture de sa propre descendance ? Probablement pas. Lyle avait déjà fait son choix de toutes les manières ; il prouverait à son grand-père qu'il pouvait traverser les mêmes difficultés, et se hisser dans cette société-là à la sueur de son front, à la finesse de son éducation et à toute la ruse que lui conférait la détermination qu'il prenait soin d'entretenir.

 

Aussi avait-il passé un temps fou à préparer une valise à main étendue, pour y emmener ses affaires les plus belles : une robe de sorcier pour soirée, avec des broderies d'argent ; sinon, des tenues formelles. Costume trois pièces, robe de sorcier fine, manteau long à capuche. Au cas où, il avait aussi soigneusement ajouté dans le sac des gants blancs au cas où il devrait participer à une cérémonie diplomatique. Et bien sûr, de quoi cirer ses chaussures et gominer ses cheveux clairs comme le plumage d'une colombe.

Il avait dû, enfin, se faire violence pour ne pas arriver trop à l'avance. Oswald ne l'avait pas regardé quitter le manoir. Il s'était obstiné à rester devant sa cheminée, un verre à la main, pestant sur les nouvelles qu'annonçait la Gazette.

 

- Ils n'en disent pas le quart ! ronchonnait-il quand Lyle lui avait fait savoir qu'il était sur le point de partir. Ont-ils bien conscience, ces idiots, qu'ils font venir sur le sol anglais des espions ennemis ?!

- Afi, fit Lyle, sa grosse besace en cuir dans la main, tandis que de l'autre il tenait la poignée de la porte du grand salon qu'il venait d'ouvrir. As-tu entendu ? J'ai dit que je partais.

- Eh !

 

Oswald ne prit pas la peine de se retourner. De là où il était, Lyle ne voyait que le crâne dégarni qui dépassait d'un gros fauteuil en velours vert. Le rayonnement de la cheminée illuminait la pièce et réchauffait l'endroit douillet. Sur une table basse, une tasse de café fumait, intacte, tandis qu'un elfe de maison d'une taille minuscule, aux traits aussi ridés et affaissés que ceux du grand-père, déposait avec une pince en métal une série de petites viennoiseries sur une assiette.

 

- Je n'suis pas encore sourd, Lyle, rétorqua Oswald avec un grognement. Et puis, ne faisons pas comme si tu partais en mission pour des mois : tu vas faire une visite à Paris avec ta copine, et demain soir tu seras revenu avec des déceptions plein ta besace, au mieux ! Alors garde ton sentimentalisme pour demain !

 

Lyle soupira. Il était habitué aux accès de mauvais humeur de son grand-père.

 

- Ouais, à demain Afi.

- Snöri va s'inquiéter, lui, croassa l'elfe, mais Lyle avait déjà refermé la porte.

 

 

 

 

 

Retrouver Viviane ne lui avait fait ni chaud ni froid : Lyle était pressé d'arriver sur les lieux, et Viviane n'était dans ce plan qu'un instrument aussi utile - et aussi insipide - que le portoloin qu'ils utiliseraient pour cela. Toutefois, soucieux de conserver ses apparences, il l'avait salué avec la même froideur, la même indifférence que lors de leur précédente rencontre, à la bibliothèque.

Le voyage se passa sans encombre, et le froid de Paris les accueillit, légèrement plus sec qu'en Ecosse, avec une morosité qui ne pouvait calmer l'excitation intérieure de Lyle. Aussitôt, son regard s'attacha au grand bâtiment de l'autre côté de la rue : l'Ambassade. En haut de quelques marches, le bâtiment était un immeuble haussmannien comme il y en avait tant dans cette capitale : trois étages, des fenêtres hautes au travers desquelles on devinait des lustres imposants, allumés même en ce début de journée. Un drapeau britannique flottait au balcon en métal travaillé d'une salle de réception où l'on devinait que des silhouettes se pressaient - peut-être pour mettre en place le fameux shooting dont Viviane lui rappelait l'existence.

Lyle ne put empêcher une brève grimace, comme s'il s'était souvenu qu'il devait en passer par là avant de pouvoir parvenir à ses fins. Il n'eût d'autre choix que d'emboîter le pas à la jeune femme qui s'exprimait avec la même froideur que la sienne : au moins, pas d'ambiguïté entre eux. Ils étaient réunis pour les affaires et uniquement les affaires.

 

- Ca va durer longtemps ? demanda-t-il. Et nous allons travailler dans une salle close, n'est-ce pas ? Il n'y aura pas de passage L'Ambassadeur doit être très occupé en journée, je suppose.

 

Il craignait soudain que ce dernier ne vît Lyle en train d'exécuter des poses dans lesquelles il ne serait certainement pas à l'aise. Il nourrissait subitement le désir ardent que toute cette mise en scène ne durât qu'une ou deux heures tout au plus. Avec un peu de chance, le personnel mettrait beaucoup de temps à s'installer et...

 

- Ah, les voici ! Par ici, nous n'avons pas de temps à perdre !

 

Les doubles portes en bois venait de s'ouvrir sur une femme vêtue de noir qui leur fit un signe pressé de la main. Ils passèrent entre deux gorilles qui les scrutèrent un instant, mais l'accueil qu'on leur faisait les dissuada de demander un examen plus poussé. La femme portait un chignon noir qui lui étirait les traits du visage comme un papillon épinglé dans une collection entomologique, effet renforcé par les couleurs vives dont elle avait affublé ses yeux.

 

- Miss Valcourt, quel plaisir de vous accueillir. Vous avez tant changé, quelle splendeur, quel raffinement depuis la dernière fois que je vous ai vue ! Et oh, vous devez être...

 

La femme leva un morceau de parchemin à hauteur d'yeux, qu'elle recula un instant pour mieux y voir.

 

- Lyle So-ren-sen, lut-elle avant de tendre une main vers le jeune homme qui la serra après une brève hésitation. Je suis Miss Penelope Kingsley, directrice artistique de la nouvelle campagne de communication Valcourt et bien sûr de plusieurs précédentes qui ont connu un grand succès.

 

Avant de les emmener plus loin, Penelope s'arrêta pour détailler Lyle : elle en fit le tour, estima brièvement la largeur de ses épaules à l'aide d'un pouce et d'un auriculaire écarté comme instrument de mesure.

 

- Plutôt pas mal, approuva-t-elle avec un signe de tête. J'aime les yeux, nous pourrons les mettre en valeur, mais c'est dommage qu'il soit si fin, ce ne sera pas facile à mettre en valeur pour la séquence Lingerie, nous allons devoir tricher avec les postures pour qu'il n'ait pas l'air gringalet. Allons, ne perdons pas de temps, suivez-moi !

 

Et la femme s'en alla devant eux à pas vifs, pour s'engager vers de larges escaliers en colimaçon, en marbre. Viviane allait suivre, mais Lyle la retint par le coude, les traits écarquillés d'ahurissement.

 

- Quoi ?! grinça-t-il en tâchant de conserver la voix basse pour ne pas rompre la quiétude raffinée du lieu. Quelle séquence lingerie ? De quoi elle parle Viviane ?

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
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Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

- Qu'est-ce qu'une journée de travail, Lyle ? Mon ton condescendant devrait suffire à te rappeler ce pourquoi tu es là. Les conditions ont été posées dès le départ, on-ne-peut plus claires. Tu rencontres ton précieux piston dans les hautes sphères, ton corps est à la disposition de la marque. Une transaction vieille comme le monde, tu ne trouves pas ? Mon sourire est presque amusée lorsque je me tourne vers toi gracilement, te surplombant d'une marche. Ce sera terminé quand j'annoncerai que c'est terminé. Ah, oui, je ne te l'ai pas dit ? Ma satisfaction est primordiale aujourd'hui. C'est moi qui ai dessiné plus de la moitié des modèles, alors bien sûr on me lègue certaines responsabilités. Mais ne t'en fais pas, même si on doit faire des prises de vue en extérieure, on sera chouchouté. On est les stars du show ! Enfin. Moi plus que toi. Bref.

Si Gary doit passer pendant que tu t'étends sur un long sofa dans mon fabuleux boxer glamour, c'est la vie mon chéri.

L'intérieur de l'ambassade est prestigieux. Ornée de multiples moulures dorés, de boiseries en chêne foncé, d'un parquel ancien qui craque subtilement sous les pas, elle est immense. Des lustres en cristal ensorcelés sont suspendus au plafond, vertigineusement haut. Plusieurs tapisseries mouvantes parent les murs, représentant là le duel célèbre de Dary Levison contre le géant Ulrich, ou encore ici la rencontre qui aura scellé la première collaboration entre le ministre de la magie britannique, et celui de la France. Bien sûr, nous ne sommes pas laissés à nous-même dans ce décor imposant qui ne me fait finalement ni chaud ni froid.

 

- Poppy, darling ! Je feins l'enthousiasme comme personne. Papa m'a bien appris. La bise que j'offre à la directrice artistique Valcourt, que je sais arrivé là par son talent naturel pour le léchage de pompes, est purement aérienne. Mon regard ne demeure pas bien longtemps sur son visage, et c'est sans attendre mon camarade de tournage que je commence à m'avancer vers la pièce, en véritable propriétaire des lieux. Je suis cependant arrêté par ta main terrifié, et ton regard m'aurait échappé un rire s'il ne m'avait pas tiré une grimace de mépris. La lingerie, Lyle. Ce sont les articles que tu portes sous tes vêtements, au niveau de tes parties intimes ? Mon explication a tout de celle d'un professeur à un élève particulièrement lent, et j'esquisse un fin sourire indulgent avant de rejoindre Penelope. Gary est arrivé ?

 

L'effervescence de l'endroit est effroyable pour quiconque n'a jamais mis les pieds sur un plateau de shooting. Moindre qu'une scène moldue dans laquelle on aurait vu courir des fils d'un bord à l'autre de la pièce, on peut toutefois percevoir la présence de nombre de projecteurs enchantés qui flottent occasionnellement dans l'air, leur luminosité ajutée par quelques techniciens à la pointe de leur domaine. Les appareils, tous cernés de runes complexes qui leur permet de capturer les instants dans une qualité parfaite au visuel léché, sont déjà en place face à ce que l'on peut décemment supposer être le premier endroit dans lequel nous allons devoir nous installer, Lyle et moi.

- D'abord vous filez vous changer, Assia est là pour le maquillage et les enchantements corporels. On va commencer par la pièce maîtresse, évidemment.
- La robe caméléon. Oui, c'est ce que j'avais conseillé. Les sortilèges sont complexes, il faut profiter que les équipes soient au meilleur de leur forme.
- Exactement.
- Miss Valcourt.
- Bonjour, sourire polie, de circonstance. Baya, je suppose ? 
- Oui, Miss Valcourt. Est-ce que ça vous ennuie si je commence par votre collègue ?
- Pourquoi n'a t-on qu'une maquilleuse ? Cordial mais ferme. Mon regard perçant se tourne vers une Penelope soudainement tendue.
- La... Nous en avons deux. L'autre ne devrait pas tarder. Un problème de transport apparem...
- Je vois.
- Elle sera là bientôt, Miss Valcourt.
- J'espère pour elle.

Je m'installe dans le siège qui jouxte celui sur lequel est inscrit le nom de Sørensen en toutes lettres, croise une jambe sur l'autre avant de rencontrer mes yeux dans le miroir.

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Lyle Sørensen

18 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serdaigle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

 Non seulement les réponses de Viviane Valcourt ne lui convenaient pas, arrachant à Lyle un froncement de sourcils menaçants, mais en plus il ne put même pas répliquer : déjà, ils se retrouvaient dans un tourbillon de personnels qui leur indiquaient le chemin à prendre, de dispositifs volants encadrants le lieu de la scène où ils devaient tourner, et de conversations professionnelles qui emplissaient l'espace majestueux dont Lyle avait l'impression qu'elles souillaient les lieux. En de pareils magnifiques endroits, sur d'aussi beaux fauteuils et canapés de cuir, ne devait-on pas avoir des conversations de la plus haute importance ? Du genre de celles qui décidaient de l'avenir des nations, de la survie des valeurs idéologiques de la société, du destin tortueux des sorciers de la planète entière ?

 

Pas aujourd'hui, bien visiblement.

Il s'installa dans le fauteuil orné de son nom, non sans une certaine gêne qu'il cacha d'un raclement de gorge discret. La maquilleuse était une jeune femme brune aux cheveux si tirés en arrière pour son chignon qu'elle donnait l'impression de s'être étiré le visage à s'en faire souffrir, ses deux yeux asiatiques chargés de couleurs qui variaient à peine perceptiblement à la lumière des lustres. Lyle recula le menton.

 

- Est-ce que c'est vraiment nécessaire ?

 

La maquilleuse arrondit de grands yeux en observant Lyle.

 

- Evidemment. Votre front brille et ce teint ! On vous croirait malade. Ne bougez pas et fermez les yeux.

 

Le Serdaigle s'exécuta, non sans une moue insatisfaite. Bien qu'il ne la voyait plus, il devinait Viviane à côté de lui - ainsi que son impatience caractéristique. Il sentit les poils d'un pinceau lui passer sur le front, et une poudre douce couvrir sa peau.

 

- Ca a intérêt à en valoir la peine et que je ne ressemble pas à un clown, grommela Lyle. Si j'avais su qu'il y avait des sous-vêtements dans le lot, je ne serai peut-être même pas venu. Tu n'as pas été tout à fait fair-play là dessus, Viviane. Je te jure que si poser en caleçon a un impact négatif sur ma carrière je saurai te le faire regretter.

 

Comme il n'avait pas de réponse, Lyle rouvrit un oeil pour décocher un regard à Viviane : son siège était vide. Elle avait dû s'éclipser pendant son monologue et il émit un claquement agacé avec sa langue, tandis que la maquilleuse se fendait d'un petit sourire d'excuse.

 

- Elle est partie mettre sa robe.

- Comment vous faites pour travailler avec des gens aussi désagréables ?!

 

La maquilleuse interrompit un coup de pinceau pour avoir un petit gloussement embarrassé.

 

- Hum... Travailler pour la maison Valcourt est un grand honneur, souffla-t-elle à voix basse, comme si elle avait eu peur d'être entendue. Ils sont très exigeants mais c'est pour de bonnes raisons. La qualité des résultats d'ailleurs...

- Pff, épargnez-moi le discours appris par coeur que vous vous servez entre vous pour survivre dans ce monde de basilics. Vous vous appelez comment ?

- Assia. Vous voulez un enchantement pour changer la couleur de vos yeux ?

- Qu... Quoi ? Pourquoi faire ?

- Ben pour qu'ils aient l'air un peu moins... Un peu plus vivants, quoi.

 

Lyle toisa Assia, un peu dépité.

 

- Sûrement pas, grommela-t-il au bout d'un moment, et il détourna le regard pour s'observer dans le miroir.

 

Avec la poudre magique d'Assia, il avait l'air certes moins pâle, mais ses pomettes et ses mâchoires paraissaient plus saillantes. Il tourna la tête à droite et gauche, lentement, comme pour essayer de voir son profil. Est-ce qu'il avait les yeux morts ? Il finit par secouer la tête.

 

- Ca ne vous plaît pas ?

- Hein ? Ah si, si, merci.

- Bien. Alors je vais vous demander d'aller vers les cabines là-bas, quelqu'un va venir s'occuper de vous pour la tenue.

 

Les cabines étaient formés de rideaux qui flottaient dans un coin de la pièce, formant de drôles d'urnes à l'intérieur de laquelle il disparut. Il s'attendait à un petit carré intime, mais à l'intérieur, l'espace était beaucoup plus grand qu'on aurait pu le deviner : il y avait un grand miroir qui permettait de se voir de pied en cap, un portant avec des tenues sur des cintres ainsi que deux femmes qui en discutaient de l'ordre à respecter sous des lueurs si vives que Lyle dut cligner des yeux.

 

- Ah, le voilà ! fit une petite femme replète d'un certain âge, qui tenait en l'air une petite baguette magique courte.

- Parfait, claironna l'autre - une femme beaucoup plus jeune, d'une trentaine d'années qui sembla évaluer Lyle de pied en cap. Il n'était pas censé être plus grand ?

- Avec les rayures sur la robe, ça donnera l'impression. Mais sinon, j'adapterai visuellement avec un sortilège d'allongement, dit la première, et elle s'approcha pour saisir Lyle par la manche comme pour regarder la tenue dont il était revêtu. C'est vieillot ça non ? Ca ne va pas avec l'ambiance parisienne.

- On s'en fiche, ce n'est pas ce qu'il va porter.

- Je suis là, hein.

- Oui, oui, sourit la femme. Allez au travail, déshabillez-vous, on va commencer les essayages.

- Ok.

 

Lyle regarda les femmes. Les femmes le regardèrent. Alors Lyle les regarda en retour, et elles insistèrent d'un sourire qui traduisait tout sauf leur patience.

 

- Qu.. Vous allez rester ?

- Il faut bien qu'on ajuste tous les détails au plus près du corps.

 

Lyle gonfla ses joues pour évacuer un lent soupir silencieux.

Viviane, je te déteste.

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Viviane Valcourt

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Un soupir m'échappe alors que l'enchantement de ma robe caméléon se réajuste sous les doigts experts de la couturière, modifiant subtilement les nuances du tissu en fonction de la lumière. Un bleu nuit profond, aux reflets mordorés sous certains angles, qui glisse sur ma silhouette comme une seconde peau. Sublime. Évidemment. Ma main gantée s’élève avec une nonchalance étudiée, venant effleurer mon propre reflet dans le miroir, tandis qu’une assistante ajuste l'attache délicate d'une manche. Dans mon dos, j'entends des bribes du drame qui se joue de l’autre côté des rideaux.


Il faut bien qu'on ajuste tous les détails au plus près du corps.


Je ne peux retenir un sourire amusé. Pauvre Lyle. Voilà que tu découvres, sans doute pour la première fois de ta vie, le concept même de l’inconfort social. Qu’est-ce qui est plus humiliant que de se tenir en sous-vêtements devant une équipe de stylistes aux mines cliniques ? Absolument rien.

D’un pas gracile, je m’éloigne du miroir et quitte ma cabine, laissant dans mon sillage un parfum luxueux de bergamote et de lys blanc. La scène qui se joue devant moi est aussi délicieuse que je l’espérais : Lyle Sørensen, bras croisés, crispé dans une tentative dérisoire de préserver sa dignité, encerclé par deux femmes aux mines bien trop professionnelles pour qu’il ose les envoyer promener.


Un ravissement.
 

- Vous êtes adorables, dis-je en arrivant dans l'encadrement des rideaux, ma silhouette parfaitement mise en valeur par l’éclairage flatteur de la cabine. Mais vous risquez d’attendre longtemps.
 

Tu relèves les yeux vers moi avec une expression mi-exaspérée, mi-désespérée. Mes doigts se posent sur ma hanche, et mon regard glisse sur toi comme une créatrice jaugerait une ébauche prometteuse mais inachevée.
 

- Oh, mais tu es tendu, darling. C’est donc la première fois que tu enlèves ta chemise devant des inconnues ? C’est fascinant. Mon sourire s’étire, incisif. Voyons, Lyle, il va bien falloir que tu t’y fasses. C’est la norme dans ce genre d’environnement. À moins que tu préfères que je reste pour te superviser personnellement ?


Je papillonne des cils, faussement ingénue, sachant pertinemment qu’il préférerait mille fois être réduit en cendres par un Feudeymon plutôt que d’accepter cette offre perfide. Puis, haussant légèrement une épaule, je décide de l’achever.
 

- Après tout, j’ai moi-même été contrainte de supporter l’impudeur d’un shooting en lingerie il y a quelques mois. Crois-moi, tu t’en remettras. Mieux encore, ça pourrait même donner un peu de vitalité à ton allure froide et inabordable. Un silence. Ne me regarde pas comme ça, Lyle. Je t’offre une leçon précieuse aujourd’hui. Être un Sørensen ne te protégera pas toujours du regard des autres. 

Puis, d’un geste aérien de la main, je tourne les talons avec une élégance naturelle, mon sourire flottant comme un vestige triomphant.
 

- Allez, mesdames, ne lui laissez pas trop de répit. J’aimerais que ce shooting démarre avant le coucher du soleil.
 

Et sans plus attendre, je quitte la cabine, te laissant derrière moi évaluer les différentes manières de m’étrangler dans mon sommeil.

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Lyle Sørensen

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Lyle n'avait rien répondu, se contentant de jeter à la froide Viviane un regard aussi glacé qu'il en était capable. Le pire était de constater que les deux femmes présentes, tout au contraire, se fendaient de rires amusés à chacune des remarques de la jeune femme - rires que Lyle jugea forcés. Il se contenta d'aspirer ses lèvres entre ses dents pour se les mordre. Simple précaution pour éviter de dire quoi que ce fût qui pourrait le mettre en difficulté avant ce moment capital qui consistait à rencontrer l'Ambassadeur. Mais dès que Viviane eût disparu, il se mit à se déshabiller avec des gestes agacés. Les deux magicouturières ne commentèrent pas la façon un peu brusque qu'il eût de jeter ses vêtements sur le siège voisin, mais leurs regards désapprouvaient certainement.

 

- Il va falloir enlever le caleçon aussi, et enfiler celui-ci à la place, commenta la plus âgée des deux dès qu'il se fût retrouvé torse nu.

- Et faites attention, le tissu est fragile.

 

Lyle émit un sifflement dépité, mais il s'exécuta tout de même, tournant le dos aux deux femmes qui n'étaient de toute façon pas émues le moins du monde par cette nudité passagère.

Le caleçon qu'il revêtit était d'un tissu si délicat qu'il avait l'impression d'enfiler une deuxième peau de soie, douce et légère. Le vêtement était moulant et les striures noires et blanches qui enveloppèrent ses fesses se déformèrent pour former des volutes semblables à de la vapeur qui semblait lécher sa peau. Il avait beau détester ce qu'il était en train de faire, il devait admettre en baissant les yeux sur son entrejambe qu'il avait l'air... mieux fichu que d'habitude.

 

- Et après ? demanda-t-il, déjà prêt à enfiler sur sa peau frissonnante la robe de sorcier qu'on lui avait préparé, mais les femmes semblèrent se jeter sur lui d'une manière qui le firent sursauter.

- Pas si vite jeune homme !

- Levez les bras, nous allons ajuster cela à vos hanches.

- Tu ne trouves pas qu'il descend un peu trop bas sur les cuisses ?

- Si, raccourcis d'un centimètre, ça devrait aller...

 

Lyle avait levé les paumes comme si un shériff le pointait de son revolver, et il fusillait de nouveau intérieurement Viviane. A cause d'elle, jamais femmes ne s'étaient autant intéressées à son corps, mais ce n'étaient pas exactement les femmes et la situation qu'il aurait souhaité. De plus, elles lançaient vers son entrejambe des sortilèges qui ne cessaient de l'inquiéter.

 

 

 

 

 

 

- Mesdames et messieurs, en place ! EEENN... PLAAACE !

 

Quand Lyle fit son apparition dans le salon principal, il dût d'abord cligner des yeux pour s'habituer à la lumière qui avait radicalement changé. La pièce avait été magiquement plongée dans l'ombre, et seule une portion de celle-ci était illuminée de projecteurs aux lueurs douces, tamisées : là où se trouvait un canapé couvert d'un velours pourpre. Une table basse en bois massif, travaillée d'anciennes runes, soutenait deux coupes de champagne et quelqu'un poussa Lyle vers cette scène improvisée. Après le cri de la directrice du shooting, un drôle de silence s'était abattu sur l'endroit, et Lyle eut l'impression d'être projeté dans une pièce comme s'il était seul - en réalité, derrière des voiles de pénombre étaient dissimulées différents mages dont chacun jouait sa partition pour que les images fussent les plus élégantes et les plus fluides possibles.

 

Au centre de cette image, il se tenait donc, debout près d'un canapé dont il ne savait que faire. Il était vêtu d'une robe de sorcier lourde et élégante, mais dont l'allure noire n'était que discrètement brodée de fils caméléons, dont la texture et les couleurs miroitantes étaient aussi reprises sur son noeud papillon et un mouchoir cousu dans la poche sur sa poitrine gauche ou encore au niveau des boutons de manchettes qui brillaient de la même manière ; non pas comme une cape d'invisibilité ; mais la matière semblait absorber les couleurs entourant Lyle pour les reproduire, mouvantes et scintillantes, de façon discrète. Discrète, car ce qu'il portait n'était qu'un support pour souligner le vraie pièce maîtresse du shooting : la fameuse robe caméléon, dans laquelle Viviane Valcourt apparut.

 

Le moment qui suivit, Lyle la regarda, bouche bée. Elle venait d'apparaître à l'opposé du canapé, mais un instant il n'avait plus l'impression de faire face à l'élève de Poudlard qui l'avait amené ici : c'était une femme aux formes élégamment enveloppées du même tissu miroitant, aux effets scintillants et lorsqu'elle se mût pour s'approcher, elle donnait l'impression d'avancer comme un fantôme vaporeux mais au teint beaucoup trop vivifiant pour être irréelle. Lorsque ses cils papillonnèrent dans sa direction, il eut l'impression que des étincelles discrètes avaient soutenu son regard, et il finit par refermer la bouche.

 

- Sørensen, avancez ! souffla quelqu'un dans son dos.

 

Alors, se rappelant les consignes brèves qu'on lui avait donné à la fin de ses essayages, il s'avança effectivement d'un pas lent vers elle, avant de se courber vers la table pour saisir les deux coupes de champagne. Avec lenteur, il se redressa pour lui en offrir une, dont Viviane ne se saisit pas immédiatement. Elle avait levé, la main, mais elle hésitait, et ce temps d'hésitation lui parut interminable. Viviane finit par recourber ses doigts délicats sur le pied en cristal, tandis que Lyle, conformément aux consignes reçues, ne la lâchait pas du regard. Ce doit être la star du show. Tous les regards vont converger vers elle et le vôtre est le premier signe que c'est elle et son charme qui doivent fasciner. Compris Sorensen ?

Il comprenait mieux maintenant pourquoi on l'avait choisi : son propre teint, sa propre sobriété de traits et de formes quasi inexistantes n'étaient là que pour souligner la fraîcheur discrète des pommettes de Valcourt, l'allure distinguée de sa robe et sa chevelure élégamment réhaussée qui dévoilait un cou laissé nu, sans bijou, pour que toute l'attention fut portée sur la robe. Les yeux de Lyle glissèrent sur cette nuque pâle, laissée nue jusqu'aux épaules et sur un décolleté qui disparaissait dans la robe vaporeuse.

 

- Approchez ! souffla encore la voix pour le rappeler à l'ordre. Le bras, le bras !

 

Lyle fit un pas, et il était si proche que lorsqu'il présenta son bras à Viviane, il frôla sa hanche. Celle-ci déposa comme prévu sa main libre sur son avant-bras après avoir fait mine d'humer l'odeur du champagne. Au contraire de lui qui ne la quittait pas du regard, elle ne lui accordait pas une oeillade : elle semblait contempler un moment la coupe de champagne, puis le bras qui lui était présenté, puis d'autres convives au loin.

 

- Ensorcelé Sørensen ! Vous êtes censé être envouté ! Le bras autour de la taille ?

 

Lyle déglutit mais s'exécuta. Malgré la coupe qui l'encombrait, il fit passer son bras derrière les reins de la jeune fille pour la rapprocher de lui : soudain ils étaient pressés l'un contre l'autre, et elle semblait ne pas le remarquer. Elle plongeait ses lèvres délicates dans le champagne tandis qu'il ne pouvait plus toucher à son verre maintenant qu'il avait Viviane entre ses bras.

Ils restèrent un moment ainsi, titubant imperceptiblement, tandis que quelques flash les éblouissaient. Le shooting devait se tourner en une seule longue fois : il permettrait ainsi de décliner la campagne dans toutes les modalités possibles : courtes images animées dans les journaux, longues scènes colorées dans les magazines de modes, voire, dans certaines très grandes boutiques Valcourt, de pouvoir traverser par enchantement la scène afin de pouvoir examiner de près le détail des coutures. Pour cela, la scène devait être parfaite.

 

- La suite, la suite ! Passez derrière !

 

Lyle se sentait complètement désemparé. Il avait beau avoir écouté toutes les consignes, il avait complètement oublié le fil directeur. Sans ces rappels de la part de l'un des sorciers dissimulés dans l'ombre, il n'aurait plus su quoi faire du tout.

 

Il libéra toutefois Viviane, puis lui retira sa coupe pour reposer les deux verres sur la table basse - comme l'aurait fait un majordome tandis que la jeune femme semblait contempler une foule inexistante. Lyle passa derrière elle et d'un geste lent - mais terriblement tremblant - il porta ses mains dans le dos de Viviane.

Vous devez dénouer chaque bouton, lentement, puis faire glisser les bretelles sur les épaules avec lenteur, en la regardant intensément. Comme si vous déballiez le cadeau le plus fragile mais le plus beau de votre vie. Compris ?

Certes, il avait compris, mais maintenant il peinait à retirer chacun des petits boutons des boucles de tissu caméléon : celui-ci semblait disparaître entre ses doigts à cause de la réverbération des couleurs, et il dût s'y reprendre à plusieurs fois. Il avait perçu cependant le frisson qui avait parcouru le haut du dos et la nuque de Viviane - probablement à cause de ses doigts froids.

 

Au bout d'un moment, toutefois, il y parvint : il fit glisser les bretelles sur le corps émacié de Viviane, mais il avait du mal à contenir sa propre émotion : sa respiration s'était accélérée et son coeur battait la chamade maintenant que la robe était tombée aux pieds de la jeune fille. Une dentelle fluide couvrait ses fesses, en découvrant néanmoins la ligne fine au-dessus de ses cuisses. Viviane s'écarta de lui : contrairement à Lyle, elle semblait connaître parfaitement chacun des mouvements qu'elle devait exécuter sans avoir besoin de rappel ; elle marcha pour contourner la table basse, fit mine de se contempler dans un miroir invisible tandis que Lyle dénouait son noeud papillon.

Se dévêtir fut un enfer. Loin de l'aide que Viviane avait reçue pour se retrouver en sous-vêtements, lui devait se débrouiller tout seul et si retirer sa robe était facile une fois déboutonnée, il ne put probablement pas retirer son pantalon d'une manière aussi fluide et élégante. Mais enfin, il y parvint tout de même, et fit ce qu'on lui avait dit de faire. Une fois en sous-vêtements, il prit place dans le canapé, se pencha pour récupérer les deux coupes avant de se laisser aller contre le dossier, une jambe repliée à ses côtés.

 

Alors, Viviane se retourna. Son soutien-gorge était une dentelle brodée du même tissu caméléon, luxueux, qui dissimulait à peine deux tétons qui, plus sombres, se devinaient sous le tissu. Lyle pria pour que le champagne ne trahît pas davantage ses tremblements.

Viviane s'avançait. Pour la dernière scène, elle devait s'asseoir sur lui de façon suggestive, avant de prendre la coupe de champagne et de la porter à ses lèvres pour la terminer sous le regard éperdu mais soumis de son partenaire qui la soutenait.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

Familière de l'orchestre Valcourt, je suis en place avant même que n'en parvienne l'ordre. Mon entrée ne pourra être que remarquable. À l'image de ma personne. Immédiatement mon regard se porte sur toi. Tu es nerveux. Je le vois. Je veux le voir. Tu crispes tes doigts sur ta coupe, et moi, je guette le moindre tremblement. Pourquoi ? Pourquoi cette tension dans tes épaules, cette manière de serrer la mâchoire, ce regard qui cherche à s’accrocher quelque part sans jamais trouver d’ancrage ? Est-ce le shooting ? Les projecteurs ? Est-ce moi ? C’est moi, n’est-ce pas ? L’idée me plaît. M’effleure. M’enivre. Je devrais m’en contenter. Mais non. Je veux plus. Alors j’avance. Lentement. La robe glisse sur ma peau, je sens son poids, son éclat, son rôle. Je suis la robe. Je suis ce qu’ils veulent voir. Je suis ce tu dois voir. Tu me regardes, Sørensen ?

J’espère bien.

Je prends place contre toi, et je veux croire que c’est la chose la plus naturelle au monde. Que ce n’est rien. Je n'ai jamais été si proche d'un garçon, pas comme ça. Je te sens. Ta chaleur à travers le tissu. Ton souffle, là, tout près. Je tends la main vers la coupe, et je guette. Ce tremblement, furtif. À peine visible. Mais il est là. C’est moi. C’est bien moi qui te fais ça. Je devrais être satisfaite. Je le suis. Alors pourquoi ai-je aussi l’impression que je n’arrive plus à respirer ? Je détourne le regard. Reprend mon rôle à la perfection pour mieux me distraire. Bois une gorgée de champagne. Le monde appartient à celui qui prétend le mieux le connaitre, dis toujours Papa. Alors bien sûr, je me dois de prétendre. Je suis la force inquisitrice de ce jour. La pierre angulaire des créations qui nous couvrent à peine le corps.  Je suis Viviane Valcourt. J'ai déjà posé pour des magasines, j'ai déjà fait la une de la presse, mon visage est apparue en trois par deux dans le réseau magique de Paris. Je n'ai peur de rien. Mais voilà. Tu es là. Vraiment là. Ce n’est pas du bluff, pas du théâtre, pas du paraître. Ça me dérange. Tu me déranges, Lyle Sørensen.


Alors je fais ce que je sais faire de mieux. Je reprends le contrôle.


Un sourire. Un angle précis. Une mise en scène parfaite.
 

- Tu sais, Sørensen, c’est fascinant…
 

Le silence est voulu. Calculé. Il te force à m’écouter.
 

- Certaines personnes sont faites pour être des ombres, d’autres pour briller.
 

Je lève ma coupe.
 

- À ta discrétion.
 

Je termine mon verre d’un seul trait. Le champagne est glacé. Mais pas assez pour calmer cette chaleur qui me brûle la peau. Les flashes s'éternisent, puis la fin de la scène est annoncée, et je m'élève presque brusquement.

- Le plus dur est derrière toi Lyle, j'annonce avec condescendance.

À présent, il s'agissait de s'habiller et de reprendre des postures normales, dans des accoutrements complexes qui nous couvriraient davantage que ce que nous portions sur le dos. Esquivant ton regard, je m'échappe en loge avec un pas dramatique, prétendant m'inquiéter de l'alignement des textures du prochain vêtement.

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Lyle Sørensen

18 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serdaigle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

La scène s'était achevée aussi subitement qu'elle avait débuté, laissant un Lyle frissonnant. Le hall reprit son éclairage normal avec une telle brutalité qu'un instant, il fut complètement ébloui - mais bientôt, il retrouva sa vue et avec elle, les nombreuses personnes qui avaient créé la magie de la scène. Brusquement, il était en caleçon devant un parterre de sorciers en tous genres, qui malgré sa gêne, ne semblaient déjà plus s'intéresser à lui. Lyle se leva brusquement du canapé pour ramasser les vêtements tombés au sol et s'enfuir vers les rideaux qui l'avaient dissimulé un peu plus tôt.

 

 

Le reste de la journée avait été moins laborieux, mais la succession d'essayage et de clichés, séparément ou avec Viviane, devait se faire à un rythme effréné pour libérer la pièce pour la soirée, avant que ne débutasse un autre genre de représentation. Lyle dût enfiler plusieurs robes de sorciers, costumes, mais heureusement plus aucun sous-vêtement.

 

Lorsqu'enfin l'heure était au rangement et qu'il avait retrouvé ses vêtements d'origine, Lyle sentait son esprit brouillon, saturé des sollicitations de la journée, des lumières changeantes, et une drôle de courbature s'était insinuée dans ses mâchoires qu'il avait dû serrer sans s'en rendre compte toute la journée. Aussitôt que le shooting s'était terminé, tout le monde s'était désintéressé de lui, et il se retrouvait planté au milieu du hall que l'on débarrassait à la hâte, cherchant des yeux quoi faire, ou bien où fuir ; à quelques pas de là, Viviane donnait quelques instructions à quelques personnes et même sans l'entendre, Lyle devinait la voix suffisant de la jeune femme, la même condescendance que lorsqu'elle s'était adressée à lui à la fin de la toute première scène. Sous sa cape de sorcier, il enfonça ses mains dans les poches de son pantalon à pinces derrière Viviane, et attendit patiemment qu'elle finît de se débarrasser des dernières personnes de la maison Valcourt qui voulait se plier en quatre pour elle - ou plus vraisemblablement, pour son père dont l'aura était présente même s'il n'était pas sur les lieux.

 

  • - Tu as eu ce que tu voulais ? demanda Lyle quand Viviane, enfin seule, se retourna vers lui.

 

Ce n'était qu'à moitié une question. Il estimait qu'il avait, en ce qui le concernait, pleinement rempli son rôle. Lyle désigna le hall dans lequel ils se trouvaient en levant les yeux, dans un mouvement circulaire.

 

  • - Je crois que le reste des festivités se passe ici, si j'ai bien compris. Il va y avoir une réception, et l'ambassadeur ainsi que son épouse et ses invités vont débarquer d'ici quelques instants, dès qu'ils auront installé les buffets.

 

En vérité, le personnel de l'Ambassade s'impatientait de l'autre côté de hautes doubles portes aux moulures dorées que l'équipe du shooting vidât complètement les lieux avant de s'installer à leur tour.

 

  • - Il me semble que j'ai fait ma part de faire-valoir, prononça-t-il soudain très sérieusement, tandis qu'il s'approchait de Viviane d'un pas - il était alors obligé de baisser la tête, car elle était plus petite que lui. A ton tour, maintenant.

 

Lyle leva un bras pour lui offrir son coude plié.

 

  • - Quoi de mieux pour me présenter à l'Ambassadeur que faire comme si nous étions déjà sagement rangés entre gens de bonne famille, mmh ?

 

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

Je repose mon regard sur toi. Un instant, j’avais oublié que tu existais encore. Tu es là, devant moi, le dos droit, le menton relevé comme si tu voulais me signifier que tu existes, toi aussi, dans cet univers. Et voilà que tu tends ton bras. Quoi, tu crois vraiment que ça fonctionne comme ça ? Tu veux jouer ? Tu crois pouvoir inverser les rôles ? Un sourire étire mes lèvres. Lentement. Cruellement.
 

- On ne range pas Viviane Valcourt, darling.
 

Je prononce ça avec cette légèreté mordante, celle qui caresse avant de mordre, celle qui dit : je ne fais pas office de faire-valoir, moi. Mes doigts effleurent à peine ton coude, comme un caprice d’un instant, une caresse fantôme. Puis je le repousse.

- Gary le sait très bien.
 

Je pivote légèrement, j’ôte toute consistance à ta tentative. Tu es là, mais je ne t’y laisse pas de place. J’incline la tête, amusée. Les flashes sont éteints, mais je demeures sous le feu des projecteurs, tu ne vois pas ? Je ne t’accorde pas un regard de plus. Les projecteurs s’éteignent les uns après les autres, avalés par l’arrivée d’une toute autre lumière, plus feutrée, plus dorée. Les tables apparaissent, nappes tendues d’un claquement de doigts, chandeliers dressés comme des sceptres de cire, et tout autour de nous, les serveurs s’affairent déjà, comme une nuée parfaitement synchronisée. Un ballet de mains gantées qui ajuste, dispose, polit, perfectionne. Un monde qui se construit en temps réel.
 

Mon monde.
 

L’agitation vibre dans l’air, bruits feutrés de porcelaine, éclats métalliques de couverts qu’on aligne à l’infini, murmures précipités de ceux qui veulent s’assurer que tout sera parfait avant qu’il n’arrive. Je n’ai pas besoin de lever les yeux pour savoir que c’est Gary Oldmore que tous attendent. Et puis, il entre. Un pas lourd, une présence qui impose un silence instantané. Lord Oldmore n’a pas besoin de mots pour s’annoncer : il occupe la pièce. Ventripotent, massif sans être maladroit, il porte son embonpoint avec une assurance qui le rend imposant. Son ventre s’arrondit sous les broderies fines d’un veston soigneusement ajusté, mais ce sont ses yeux qui frappent. Vifs. Scrutateurs. Toujours en mouvement. Des yeux qui prennent tout, qui savent exactement qui compte et qui ne compte pas. Ses tempes grisonnantes ne l’alourdissent pas : elles l’anoblissent. L’âge ne l’a pas affaibli, il l’a huilé, poli, aiguisé. L'absence de sa femme n'éveille chez moi qu'un haussement de sourcil imperceptible.
 

- Gary.
 

Mon sourire est plus large, plus sincère. Il tourne la tête, et c’est comme si tout le reste du monde s’effaçait un instant.


-Viviane !
 

Sa voix résonne et tout ralentit autour de nous. Un instant, je suis une enfant qui accourt dans ses bras sous les plafonds trop hauts des salons d’été. Un instant, je suis celle qu’il a toujours connue, qu’il a vue grandir dans cet univers de velours et de dentelle. C’est mon espace. Il m’ouvre les bras, et j’y glisse avec aisance.


- Par Merlin, te voilà encore plus ravissante que l’été dernier.

- Je n’ai pas grandi d’un centimètre, je ne peux pas t’avoir manqué tant que ça.


Je ris, légère, et tout le monde écoute. Ils doivent écouter. Autour de nous, les verres s’emplissent en silence, les assiettes se posent avec une précision chirurgicale, et je sais que la mécanique du dîner tourne autour de notre conversation.


- Tu brilles autant que ton père, je suis certain qu’il est très fier de toi.

- Il l'est.
 

C’est une évidence que je m'efforce d'assener chaque jour lorsque je croise mon reflet. Je n’ai guère besoin d’humilité, de doute. Quelque chose brise ce moment. Un détail. Un regard. Celui de Gary qui dérive légèrement. Derrière moi. Je sais ce qu’il voit. Un garçon. Toi. Une silhouette mal intégrée au tableau.
 

- Et ce jeune homme est… ?


Je pivote. Mon regard se pose sur toi. J’évalue. Je pèse mes mots. Puis je parle.
 

- Lyle Sørensen. Le nom se détache dans l’air comme un fil de soie tendu entre nous. Petit-fils d’Oswald Sørensen. Le célèbre auror.

Je laisse cette information s’installer, comme un titre inscrit en lettres d’or. Son héritage est là, son ambition aussi. Le reste, il devra le gagner lui-même.
 

- Il voulait te rencontrer.


Autour de nous, les premiers invités commencent à s’installer, le cliquetis discret des chaises repoussées accompagne le mouvement. Un serveur passe, ajustant un centre de table trop imposant, et je sens déjà l’effervescence du dîner qui se prépare. Mais je n’en perds pas une miette. Je t’offre ton entrée. À toi de voir si tu sauras la traverser avec élégance, ou trébucher sur le seuil.

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