Harry Potter RPG
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Check-up de routine

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Accueil Poudlard Le Château [En Cours] Check-up de routine
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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Il avait pas prévu d'y aller. En fait il avait plutôt prévu de pas y aller. Mais y a des injonctions qu'on peut pas vraiment ignorer. Cinq ans qu'il aura trainé quand même, avant d'enfin daigner obéir au fabuleux courrier pour la santé et la sécurité de nos seniors. Senior. Aldebert Tinkerton, senior. Pis quoi ? Il a juste passé cinquante balais en fait. On a connu pire. Il est pimpant comme un jeune homme ok ? Bon. Le fait est que ça reste obligatoire. Il a dépassé la date butoir, certes, mais vu l'endroit où il compte passer son examen ça devrait pas tant poser de problème.

Adaline va pas l'emmerder. C'est pas une emmerdeuse. C'est l'opposé d'une emmerdeuse, si on lui demande. Il a confiance quoi. Plus qu'en de parfaits inconnus qui viendrait en prime lui faire des remontrances pour le temps qu'il a mis à venir se faire examiner. Déjà que la dernière fois qu'il s'est pointé à Sainte Mangouste ça a été pour demander les résultats d'un test de paternité. Nan il a plus vraiment envie d'y aller. Z'ont que des mauvaises nouvelles dans ces endroits.

Adaline elle aura pas d'mauvaises nouvelles.

La démarche est rapide, ses longues jambes l'entrainant au travers des couloirs dans le claquement sec de souliers parfaitement cirés. Il ne salue que brièvement les étudiants sur son passage, peu désireux de s'expliquer sur la raison de sa présence dans ce couloir. Le visage relativement fermé, il n'a pas grand chose de sa légèreté habituel. Les lèvres ne s'étirent d'aucun sourire, les poings sont implantés dans le fond des poches comme deux pierres, et le regard perçant ne semble briller d'aucun éclat. Il déteste tout d'un instant qui n'a pourtant pas commencé.

La porte grande ouverte l'accueille de toute sa hauteur, et il est immédiatement baigné des lumières douchées par les immenses fenêtres. L'infirmerie est un endroit agréable, si on occulte le fait qu'on s'y trouve généralement pour les mauvaises raisons. Les lits sont impeccablement alignés, faits au carré, les draps d'une blancheur immaculé. Aldebert s'avance soudainement prudemment, comme s'il s'attendait à être hameçonné par quelconque piège laissé là par un élève mutin absurdement posté derrière la porte. Il n'en est rien. Seulement du vide et du silence.

- Miss McBride ? Adaline ? Sa voix fait écho contre les murs de pierre, et semble vouloir se perdre au plafond.

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Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Je redresse la tête en entendant mon nom résonner dans l'infirmerie. Une voix grave, profonde, un brin rauque. Il n'y a pas trente-six personnes capables de donner à un simple « Miss McBride » des allures de citation dramatique. Aldebert Wickerson, professeur d'astronomie, venait enfin honorer l'injonction médicale qu'il avait ignorée avec un talent certain depuis des mois.

 

Je ne peux retenir un sourire en le voyant s'avancer prudemment entre les lits impeccablement rangés. Il a l'air d'un enfant pris en faute, ce qui ne manque pas d'ajouter une touche d'ironie à la situation. Lui qui surplombe ses élèves du haut de sa prestance se retrouve soudain minuscule au milieu des draps d'un blanc clinique.

 

Professeur Wickerson, entrez donc, je ne mords pas, dis-je d’un ton léger en fermant le registre sur lequel je travaillais.

 

J'approche, les mains croisées devant moi, dans une posture ouverte et dénuée de toute forme de jugement. Je sais bien qu'il préférerait être n'importe où ailleurs. Que cet examen de routine lui semble une contrainte absurde, un rappel inconfortable de ce fameux cap de la cinquantaine que certains vivent comme une agression personnelle.

 

Vous avez bien fait de venir, je sais que cela ne vous enchante pas, mais je vous promets que ce sera rapide. Pas de piqûre, pas de potion au goût douteux, juste quelques vérifications d'usage.

 

 Cinq ans. Cinq ans qu’il aurait dû passer ce fichu contrôle, et il se pointait maintenant avec l’air de quelqu’un qui s’attend à une corvée dont il ne pourrait réchapper. Je lui montre une chaise près de mon bureau, un espace délibérément dégagé pour que cette consultation ne prenne pas des allures de consultation médicale formelle. Je veux qu'il se sente à l'aise, ou du moins, le moins mal à l'aise possible.

 

Comment vous sentez-vous ? Physiquement, mais aussi moralement. On vous sollicite beaucoup en ce moment ?

 

Je préfère commencer doucement. S'il faut tâter le terrain avant de passer aux questions plus précises, je suis prête à prendre le temps nécessaire. Après tout, la santé de ceux qui veillent sur les élèves est tout aussi importante que celle des élèves eux-mêmes. L’infirmerie a ce talent étrange de rendre les adultes aussi nerveux que les élèves qui y débarquent pour une simple égratignure.

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Aldebert Wickerson

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La vision de Miss McBride l'apaise. Personne n'aime se rendre à l'infirmerie, voyez-vous, avec ce genre d'infirmière dans la pièce, il semble tout de suite plus aisé de relativiser la chose. Les lèvres étirées d'un sourire sincère, il presse le pas pour l'atteindre, prétextant subitement que s'il ne se focalise que sur le visage de la jeune femme il en oubliera les rangées de lits, les étagères de gazes, de seringues, de potions à l'apparence suspecte.

 

- Des promesses, des promesses, il grommelle faussement.

L'éclat de son regard pourtant fait contraste. Il est là volontairement. N'est-ce pas ? Certes, en retard d'une poignée d'années, mais volontairement tout de même. Accordez-lui au moins cette maturité. L'homme ne se fait pas prier pour prendre place dans le siège désigné, avec toute la théâtralité qu'on lui connait, ses longues jambes jetées l'une sur l'autre alors que ses deux bras s'étendent sur les accoudoirs. Les yeux clairs viennent se poser sur un environnement bien rangé, comme décidés à trouver n'importe quelle façon de combler le silence qui s'installera inexorablement entre eux dans les prochaines minutes.

Car pour travailler convenablement, rien de plus nécessaire qu'un silence. Aldebert se plait à s'enfoncer à l'intérieur d'un silence. Aux grands classiques déployées par son vieux gramophone à tubes cuivrés peuvent se substituer des heures et des heures de silence. Un silence particulier, lourd comme une couverture confortablement enroulée autour du corps, qui l'accompagne dans ses observations célestes. Un silence qu'il se plait à couper, souvent, de longs monologues adressés le plus souvent à un Molière qui ne prête guère attention à la moindre élucubration, bien qu'il lui arrive occasionnellement de miauler ou de se mettre à pousser un ronronnement bienheureux.

Le silence qui va s'installer entre Adaline et lui-même cependant, il le pressent, n'aura rien d'une couverture lourde et confortable. Ce sera le silence froid et clinique d'un examen minutieux porté sur sa personne, alors qu'il devra se tenir bien tranquille. Un silence ponctué de mouvements d'instruments invasifs destinés à faire le bilan d'un corps on-ne-peut-plus exposé, n'est-ce pas. Un silence qui pèsera plus absurdement qu'un éruptif couvert de poils de demiguise, qui s'installera là dans la pièce, et ne laissera guère plus de place à la plus simple des conversations.

La bouche asséchée, Aldebert passe une langue sur ses lèvres avant d'acquiescer.

- C'est la rentrée, Adaline, tous les professeurs sont sollicités ! Son regard croise celui de l'infirmière, et il a l'élégance de grimacer. Je m'sens comme un charme, Miss McBride. Merlin sait combien le charme est un bois robuste. J'suis plus dans la fleur de l'âge, mais je passe mes journées à monter et descendre des escaliers en pagaille sans m'essouffler une seule fois. Croyez-moi que tout le monde peut pas en dire autant ! Non parce qu'on ne le disait pas assez souvent, mais avec le poste de professeur d'astronomie venait une certaine nécessité physique. Même certains élèves parmi les plus jeunes se plaignaient régulièrement de l'exercice.

Aldebert inspire légèrement avant d'ajouter :

- J'ai hum... quelques... faiblesses au niveau de ma... baguette, cependant. L'admission est formulée un ton plus bas, les doigts s’agrippant et se décrochant de l'accoudoir sans grande raison, un peu comme s'il en testait la solidité. Des ratés parmi les sortilèges parfois les plus basiques, voyez, il souffle sans regarder Adaline dans les yeux. Un lumos un peu fragile, un sortilège de lévitation un peu trop terre à terre, il redresse finalement la tête. Je pencherais plutôt pour un manque de concentration vous savez, j'ai eu pas mal de déboires cette été alors j'dirais que c'est juste ça. La déboire en question était unique, et répondait au nom de Balthazar Grimfire. Un fait qu'aucun membre du personnel ne pouvait ignorer puisqu'un changement d'adresse avait eu être officiellement opéré concernant le garçon, ainsi que plusieurs ajustements quant au tuteur direct de l'élève.

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Adaline McBride

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Je l’observe prendre place avec sa prestance habituelle, ses gestes mesurés et sa théâtralité qui ne le quitte jamais, même dans une situation qui lui est manifestement inconfortable. Il a cette manière de s’installer comme s’il se préparait à jouer un rôle, et pourtant, il n’a jamais semblé aussi vulnérable que maintenant, sous le poids d’un silence qu’il redoute autant que l’examen lui-même.

 

J’esquisse un sourire à sa boutade. Oh, je veux bien le croire, qu’il monte et descend ces escaliers sans jamais s’essouffler. Mais ça ne veut rien dire, pas vraiment. La fatigue, l’usure, ce sont des choses plus subtiles que cela. Elles s’insinuent dans les détails, dans les hésitations imperceptibles, dans ces aveux qui sortent plus bas qu’ils ne devraient, comme s’ils risquaient de prendre trop de place s’ils étaient dits à voix haute.

 

Et voilà qu’il me parle de sa baguette.

 

Je relève aussitôt la tête, mon regard accrochant le sien un bref instant avant qu’il ne l’esquive. Un problème de concentration, il dit. Je pourrais le croire, s’il n’avait pas cet air-là, celui de quelqu’un qui essaie de minimiser quelque chose qui le ronge plus qu’il ne veut bien l’admettre.

 

Des sortilèges qui ratent, je répète doucement, m’accordant quelques secondes pour réfléchir.

 

Je n’aime pas ce genre de choses. Pas parce que c’est alarmant en soi – ça pourrait être mille choses anodines, un simple contrecoup du stress, de la fatigue – mais parce qu’Aldebert n’est pas du genre à parler de ses propres faiblesses à la légère. S’il en parle, c’est qu’il y pense. S’il y pense, c’est que ça l’inquiète. Et si ça l’inquiète, je ne peux pas juste balayer ça d’un revers de main.

 

Je prends une inspiration, croise les bras, et d’un ton plus sérieux, je réponds :

 

Ce n’est peut-être qu’un manque de concentration, en effet. Tu as eu un été… chargé.  Mais si tu es là, c’est aussi pour s’assurer que ce n’est rien de plus, n’est-ce pas ?

 

Je m’approche, avec cette douceur calculée que j’adopte avec ceux qui n’aiment pas qu’on prenne trop soin d’eux. Je sais reconnaître quand il faut pousser, et quand il faut laisser l’autre arriver de lui-même à la conclusion qu’il a besoin d’aide.

 

Ce que je te propose, c’est qu’on vérifie tout ça en douceur. Pas de grande cérémonie, pas d’examen intrusif. Juste quelques tests simples pour voir où tu en es. Ensuite, on en reparle, et si c’est vraiment une histoire de concentration, tu pourras me dire « je te l’avais bien dit » et je serai ravie de l’entendre.

 

Un sourire, léger, sans pression. Juste une invitation à me laisser faire.

 

Ça te va ?

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Aldebert Wickerson

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La vérité, c'est qu'Aldebert ne peut qu'approuver Miss McBride. C'est pourquoi il a évoqué les difficultés, même mineures, qu'il serait tant en peine d'ignorer. S'il est un jour où il s'agit d'en avoir le cœur net, c'est sans doute celui-là.

- Qu'on soit bien clair, Adaline. Si  le problème vient d'ailleurs, hors de question de me balancer que tu me l'avais bien dit.

Boudeur, il maintient même son index en l'air comme pour insister sur ce point. Il n'est pas bien sérieux, bien sûr. Jamais. Trop peu souvent, en tous les cas. Sous ses airs de vieux gamin capricieux cependant, il se prend à imaginer le pire. Un instant fugace. Une seconde hargneuse qui file incruster une idée sous les nerfs, s'éparpillant bientôt dans l'entièreté de son cortex. L'idée tient en deux mots, vraiment. Insidieux, minuscules. Et si. Et si un Lumos fébrile du dimanche après-midi pouvait dissimuler une magie toute entière qui flanche pour le reste de sa vie ? Et si l'examen démontrait des origines plus graves à ces lévitations ras-du-sol, des conséquences plus tragiques le plaquant, lui, contre terre ? Et si ces menues frémissements faisaient crouler son univers tout entier ?

Il inspire, les lèvres pincées, expire aussi, toujours par le nez.

- Bon. Ça se passe comment ?

Aldebert n'a rien contre Adaline McBride elle-même. Adaline McBride est une jeune femme extraordinaire, voyez. D'une douceur infinie, ses gestes toujours aussi mesurés que ses paroles, son regard incapable de transporter le moindre jugement. Aldebert apprécie beaucoup Adaline. Il apprécie aussi bien sûr, le travail d'infirmier, et même de médicomages, qu'il tient d'ailleurs en très haute estime. Où l'astronome se doit rapidement de saisir l'infinité de son ignorance, égalée par un potentiel de découvertes toujours plus incroyables et incongrues entre deux étoiles naines ou peut-être sous quelque galaxie, le médicomage tient rien moins que des vies entre ses mains. À bien des égards, il trouvait les domaines similaires, mais tout à fait différent.

Ce qu'il y a, c'est que l'observation appuyée d'une seconde lune n'aura jamais, au grand jamais, les mêmes conséquences qu'un examen médicomagique approfondie de sa personne. Par exemple, il n'irait guère annoncer à sa lune qu'elle sera éclipsée par le soleil sous peu, et peut-être imploser sous les forces gravitationnelles de saturne. Adaline McBride avait ce pouvoir là, et c'était bien suffisant à Aldebert pour ne se sentir pas à son aide sous son regard aussi doux soit-il. Le problème n'était pas Adaline McBride, le problème était ce qu'Adaline McBride serait capable de voir que lui n'aurait jamais pu, et qu'il aurait peut-être préféré ne jamais savoir. Il affiche un sourire, pourtant, le sourire d'un soldat qui s'en va à la guerre.

À moins que ce ne soit le sourire d'un type qui se sent vieux, parce qu'une infirmière doit vérifier ses aptitudes depuis que la société le considère comme senior.

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Adaline McBride

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D’accord, d’accord, concédé, pas de « je te l’avais bien dit », je promets solennellement, je réponds en levant les mains dans un geste pacificateur.

 

Je pourrais en rire, et en un sens, je le fais, mais doucement. Juste assez pour alléger l’atmosphère sans l’étouffer. Il est doué pour ça, Aldebert. Tout faire passer pour une plaisanterie, s’entourer d’un jeu de mimiques et de bravades qui laisse croire que rien ne l’atteint vraiment. Bien qu'on ne soit pas spécialement proche, je le connais assez pour savoir que ça fait partie du personnage. Mais je le connais aussi suffisamment pour voir ce qui dépasse de son masque.

 

C'est un élément que je mets un point d'honneur à maîtriser : l'observation. Il n’est pas nécessaire de connaître quelqu’un intimement pour en apprendre beaucoup sur lui. À Poudlard, les visages finissent toujours par devenir familiers, même ceux avec qui l’on échange peu. Il suffit de les voir évoluer dans les couloirs, de noter leurs habitudes, leur démarche, la façon dont ils interagissent avec les autres ou dont ils occupent l’espace. Un élève qui baisse la tête en traversant la Grande Salle mais s’anime dès qu’il rejoint ses amis, un professeur dont les pas résonnent avec assurance sauf lorsqu’il pense être seul, un regard qui s’attarde un peu trop sur une porte avant de s’engouffrer à l’intérieur… Chaque détail est une pièce du puzzle. Je ne prétends pas tout comprendre, mais en tendant l’oreille aux silences et en prêtant attention aux gestes, il est souvent possible de voir ce que les mots ne disent pas.

 

Il ne veut pas être ici. Personne n’aime les bilans médicaux, bien sûr, mais il y a une différence entre l’agacement qu’on peut ressentir face à une formalité ennuyeuse et cette tension sourde qui s’installe sous la peau quand on redoute ce qu’on pourrait découvrir. Il a beau s’installer avec toute la désinvolture du monde, bras négligemment jetés sur les accoudoirs, jambes croisées comme s’il assistait à un spectacle, je vois son regard qui accroche une fraction de seconde de trop sur le bureau, les fioles bien alignées sur l’étagère, la lumière qui filtre à travers les rideaux immaculés. Comme si chaque détail devenait une échappatoire potentielle à ce qui l’attend.

 

Alors, je garde mon ton léger, le plus neutre possible, pour lui laisser une porte de sortie s’il veut en faire une simple formalité.

 

Ça se passe simplement, je dis en m’installant face à lui. D’abord, quelques questions. Ensuite, un ou deux tests, rien d’envahissant. Pas d’éclats de lumière dans les yeux, pas de sortilèges étranges.

 

Les adultes ont une manière bien particulière d’aborder ces consultations. Ils pensent être plus rationnels que les élèves, mais en réalité, ils se comportent souvent de la même façon. Les enfants entrent ici en cherchant déjà la sentence dans mes yeux. Certains exagèrent leur douleur pour se donner un peu plus d’importance, d’autres minimisent leurs blessures en espérant qu’un simple « ça ira » suffira à leur éviter une potion au goût douteux. Ils ont peur de l’inconnu, peur du verdict, peur que quelque chose d’insignifiant se transforme en catastrophe sous mes mots.

 

Les adultes, eux, ont simplement perfectionné l’art du déni. Ils plaisantent, roulent des yeux, minimisent tout. Comme si en riant assez fort, ils pouvaient rendre une vérité gênante inexistante. Comme si ne pas nommer un problème lui ôtait toute son importance.

 

Aldebert est de ceux-là. Je ne lui en veux pas. Mais je ne le laisserai pas esquiver non plus.

 

Tu dors bien ?

 

La question est posée avec légèreté, presque comme si elle m’intéressait à peine. Mais je sais que la fatigue est souvent à la racine de ces petits dysfonctionnements magiques, surtout chez ceux qui passent trop de temps à ressasser les choses.

 

Des migraines ? Des vertiges ? Des sensations étranges quand tu fais de la magie ? Des fourmillements au bout des doigts ?

 

J’observe sa réaction. Certains froncent les sourcils, d’autres répondent trop vite pour être honnêtes. Il y a ceux qui hochent la tête, ceux qui prétendent que tout va bien avant d’ajouter un détail « anodin » qui en dit long sur le reste.

 

Je croise les bras, un sourire au coin des lèvres, et je lui laisse une dernière porte de sortie.

 

Et en dehors de tes petits soucis de baguette, tu as remarqué autre chose ? Ou alors tu veux me dire que tu te portes comme un hippogriffe en pleine santé et qu’il ne faut pas que je m’inquiète ?

 

Je ne le force pas. Il répondra ce qu’il veut, de la façon qu’il veut. Mais je suis là pour écouter.

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Aldebert Wickerson

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- Mh, mh, il se contente de répondre en acquiesçant de la même manière qu'il aurait approuvé la bonne réponse d'un élève à l'examen.

Comme si, d'une manière ou d'une autre, Aldebert avait le pouvoir d'approuver la façon qu'aurait Adaline d'évaluer son état de santé générale. La première question le fait lever les yeux au ciel, bien qu'il ne tarde pas à trouver sa répartie.

- Dormir ! Dormir est une activité chronophage qui nous empêche de profiter de la splendeur de tout un univers observable, Miss McBride, j'ai arrêté ce genre de sottise depuis belle lurette. Mais, croisant son regard insistant il abdique. Je dors. Bien assez. Bien trop. Six heures par nuit au moins. Par nuit, ou par jour. Mais vous conviendrez la nécessité d'un décalage au vu de mon activité, Adaline. L'on n'observe peu d'étoiles sur l'heure de midi.

Les horaires de ses cours se couplaient aux premières heures de la nuit, pour le laisser vaquer à moult autres occupations pour les heures suivantes, avant qu'il ne s'effondre au plus souvent de bon matin, pour ne paraitre parmi le reste du personnel et des élèves que sur ladite heure de midi. Aldebert avait toujours été, de toute manière, un homme nocturne.

- Le seul fourmillement que je ressens au bout de mes doigts, c'est devant les imbécilités que me sortent mes pires olibrius.

Decker, pour ne citer qu'un exemple. L'énergumène pouvait sans nul doute être qualifié de cancer, en ce qui le concernait. Savoir que le type faisait partie du cercle d'amis proches de Balthazar ne faisait rien pour alimenter l'espoir d'Aldebert concernant l'avenir du fils prodige.

- Je ne dirais pas que je me porte comme un hippogriffe, mais je me porte plutôt bien. En dehors de ces quelques ratés dont je vous ai parlé je n'ai rien à signaler. Je ne suis pris de vertige qu'en haut d'un de ces satanés balais magiques, et je n'ai subi la moindre migraine de toute ma vie.

Expédiées, les questions, comme d'un revers de main, prouvant à Adaline comme à lui-même qu'il se portait effectivement bien, s'il n'avait rien de tel à signaler. Mais alors qu'il darde un œil presque fier sur l'infirmière, il se détourne brusquement en fermant et rouvrant la main, pinçant les lèvres pour dissimuler sa grimace. Il poursuit tout de même.

- J'ai bon appétit, une consommation modérée d'alcool, je ne fume pas, et je sors marcher une fois par jour avant le coucher du soleil. Je ferais l'impasse sur la fréquence à laquelle je me rends à la selle bien sûr. Les doigts époussètent distraitement des poussières invisibles sur ses manches avant qu'il ne replie et rouvre la main de nouveau, poussant un soupir avant d'annoncer. J'ai des crampes. Par moment. Au niveau de mes mains, de mon dos, et de mes jambes. Fugaces. C'est tout.

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Adaline McBride

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Ah, évidemment, je soupire en levant légèrement les yeux au ciel. Comment ai-je pu oublier que dormir était une entrave au génie scientifique ?

 

Je le taquine, bien sûr. Mais je note quand même la nuance. Il dort, oui, mais de façon chaotique. Il s’adapte aux exigences de son métier, aux nuits passées l’œil vissé à un télescope, aux horaires inversés qui finissent par décaler l’organisme tout entier. Ça ne signifie pas nécessairement un problème, mais le sommeil fragmenté et décalé peut parfois avoir des répercussions subtiles. Des faiblesses passagères, un esprit un peu plus lent à récupérer… ou une magie qui vacille par moments.

 

Je le laisse parler, détailler son état avec une certaine assurance, et j’écoute sans l’interrompre. Il balaie mes questions comme s’il passait un contrôle de routine sans intérêt, alignant les réponses comme on récite une leçon. Aucun vertige, aucune migraine, une hygiène de vie globalement raisonnable… Il a réponse à tout.

 

Presque.

 

Car il y a ce geste, furtif mais pas assez pour m’échapper. Cette crispation discrète, cette main qui se referme et se rouvre dans un mouvement qu’il aimerait anodin. Il détourne le regard, signe immanquable d’un aveu qu’il préfère minimiser.

 

Puis il finit par le dire. Les crampes. Fugaces, selon lui. Mais elles existent.

 

Je reste silencieuse une seconde, juste assez pour laisser la dernière phrase flotter entre nous, pour lui donner le poids qu’il tente de lui retirer.

 

Des crampes, je répète doucement, sans jugement, comme une simple constatation.

 

Je pourrais le questionner immédiatement, chercher à savoir à quelle fréquence, à quelle intensité, si elles se manifestent plutôt après l’effort ou au repos. Mais je sais que le brusquer maintenant serait la meilleure façon de le voir se refermer. Alors, je me contente d’hocher la tête et de me lever tranquillement, me dirigeant vers un petit meuble où sont rangés quelques potions et onguents.

 

Ce n’est peut-être rien, effectivement, je dis en tirant doucement un tiroir. La fatigue musculaire, un manque de minéraux… ou une posture de travail pas adaptée. J’imagine que tu passes des heures dans la même position à observer les étoiles ?

 

Je reviens vers lui, posant un flacon sur le bureau avant de reprendre ma place en face.

 

On va tester quelques mouvements, voir comment tes muscles réagissent. Je veux juste m’assurer que ce n’est pas lié à un problème plus profond.

 

J’adopte un ton neutre, presque détaché, comme si je parlais de la pluie et du beau temps. Pas question de lui laisser croire que j’imagine déjà un mal incurable. Juste un bilan, un simple constat.

 

Je le regarde avec un sourire en coin, reprenant volontairement sa propre logique.

 

Et puis, quitte à être ici, autant me prouver que je n’ai aucune raison de te dire « je te l’avais bien dit », non ?

 

Je me lève et fais signe à Aldebert de se redresser à son tour. Ces tests ne sont rien de bien sorcier, et surtout, je veux éviter qu’il se sente comme un patient en observation. Je commence par quelque chose de simple :

 

Lève les bras à l’horizontale, paumes tournées vers le sol, et garde-les ainsi quelques instants.

 

Un test basique pour observer d’éventuels tremblements, un relâchement musculaire involontaire, ou même une asymétrie dans la posture. Puis, j’ajoute :

 

Maintenant, ferme et ouvre les mains plusieurs fois, lentement, puis plus rapidement.

 

Je note les tensions, les petits blocages éventuels. Parfois, ce genre de gestes simples révèle bien plus que ce que les gens pensent. Une crampe peut être anodine, mais des muscles fatigués, crispés ou un relâchement nerveux peuvent en dire long.

 

Maintenant, appuie tes paumes contre les miennes et pousse légèrement. Je veux juste voir si tes muscles réagissent de façon homogène.

 

Un test de résistance tout aussi anodin en apparence, mais qui pourrait me donner une meilleure idée de la force qu’il exerce inconsciemment sur ses muscles. S’ils sont fatigués ou s’ils présentent une faiblesse inhabituelle, je le sentirai immédiatement.

 

J’observe son visage pendant ces gestes, autant que ses mouvements. Aldebert est un homme d’orgueil, il minimisera toute gêne, mais un froncement de sourcils, un tressaillement à peine perceptible, ou une hésitation dans l’exécution suffiront à me donner des indices.

 

Je ne cherche pas à l’alarmer, juste à comprendre.

 

Parce qu’aussi brillant soit-il, aussi capable de jongler avec les étoiles et les constellations qu’il est, son corps, lui, reste une mécanique comme une autre. Et une mécanique, même bien huilée, mérite parfois un ajustement avant que quelque chose ne se dérègle pour de bon.

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Aldebert plisse légèrement les paupières. Une fraction de seconde, il laisse flotter le silence entre eux, comme s’il pesait la portée réelle du mot crampes maintenant qu’il n'est plus seulement dans sa bouche mais dans celle d’Adaline. Ce simple écho suffit à en faire une réalité plus tangible qu’il ne l’aurait voulu. Il expire doucement, avant d’acquiescer.


- Des crampes, oui, il concède finalement, le ton plus calme. Rien de bien inquiétant.
 

La nuance est subtile, mais présente : il aurait pu dire des crampes, rien du tout. Au lieu de ça, il choisit une phrase qui atténue sans totalement balayer la possibilité d’un problème. Une petite concession face à la ténacité d’Adaline, peut-être.

- Il n'y a pas mille et une manières de regarder les étoiles, comme tu peux l'imaginer, il affirme avec une pointe de sarcasme, mêlé d'amusement.

Lorsqu’elle lui explique vouloir tester quelques mouvements, Aldebert se redresse sans protester. Il ne se débat pas, ne joue pas l’irréductible. Adaline est bien trop douce et posée pour qu’il ait besoin de faire preuve d’une résistance exagérée. Mais il n’en affiche pas moins une légère réserve, qui transparaît dans son léger hochement de tête, dans ce temps qu’il met à se lever comme s’il hésitait encore à se prêter à l’exercice. Il se met finalement en position.
 

- Très bien, très bien, allons-y, lance-t-il, comme s’il acceptait une fatalité.
 

Il tend les bras à l’horizontale, paumes vers le sol, et garde la position, attentif à ses propres sensations. C’est un geste anodin. Si anodin qu’il ne devrait même pas y prêter attention. Pourtant, il sent son corps différemment, comme si le simple fait d’être examiné faisait apparaître des tensions qu’il ignorait d’ordinaire. Lorsque vient le moment d’ouvrir et fermer les mains, il s’exécute avec application. Un, deux, trois mouvements. Tout est normal… ou presque. Une résistance infime, une rigidité dans le bout des doigts qu’il n’avait pas pris le temps d’analyser auparavant. Il n’a pas mal, non, mais il sent que ce n’est pas aussi fluide qu’il l’aurait voulu. Il serre un peu plus la mâchoire, détourne les yeux une seconde, le temps de faire comme si de rien n’était.


Puis vient l’exercice des paumes contre celles d’Adaline. Un simple test de résistance. Rien de bien sorcier. Rien qui ne devrait lui poser le moindre problème. Et pourtant, lorsqu’il appuie, il sent une légère dissymétrie. À peine perceptible, mais bien là. Une force inégale entre ses deux mains. Un infime tremblement sur la gauche, presque invisible à l’œil nu. Mais il sait. Il sait qu’Adaline l’a senti. Il n’a pas besoin de la regarder pour le comprendre. Un silence s’installe. Il ne commente pas immédiatement. Peut-être parce qu’il ne sait pas encore comment formuler ça sans donner plus d’importance à la chose qu’elle n’en mérite. Puis, dans un soupir mesuré, il se racle la gorge et desserre enfin ses paumes.
 

- Bon, je suppose que tu vas vouloir m’assommer de questions à présent, n’est-ce pas ?


Le ton est léger, mais pas railleur. Une simple tentative de détourner l’attention. Il recule d’un pas, tente de faire bonne figure, mais son regard est déjà plus sérieux qu’il ne voudrait le laisser paraître. Parce que ce n’est pas qu’une formalité, au fond. Parce que cette histoire de crampes commence à l’agacer autant qu’à l’inquiéter. Et parce qu’une partie de lui, tout au fond, a déjà compris que ça ne va pas s’arrêter là.

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Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

Je ne réponds pas immédiatement. Je l’observe, je l’écoute, mais surtout, j’analyse. Ce tremblement dans sa main gauche… Ce n’est pas juste une crampe passagère. Ce n’est pas une simple fatigue musculaire due à ses habitudes nocturnes ou à ses heures passées à scruter les étoiles. C’est quelque chose de plus profond, de plus insidieux.  

 

Et Aldebert l’a senti. Je le sais. 

 

Il joue encore la carte de l’humour, tente de détourner mon attention avec son ton léger, mais il n’a pas besoin de parler pour que je comprenne. Son propre corps vient de lui souffler une vérité qu’il préférait ignorer.  

 

Je prends une inspiration mesurée avant de répondre, adoptant un ton volontairement calme, presque détaché.  

 

T’assommer de questions ? Tu me connais mal, Aldebert. Ce n’est pas mon genre.  

 

Je laisse planer un léger silence avant d’ajouter, plus doucement :  

 

Mais je vais en poser une, tout de même.  

 

Je m’avance légèrement, sans jamais être intrusive, et je pose simplement la question :  

 

Ce n’est pas la première fois, n’est-ce pas ?  

 

Je le fixe avec douceur, mais fermeté. Il a beau être un homme fier, il n’est pas du genre à se voiler totalement la face. S’il est là, s’il s’est laissé examiner, c’est qu’une partie de lui savait déjà qu’il y avait quelque chose à vérifier.  

 

Ces crampes… ces tremblements… Ça fait combien de temps qu’ils sont là ?  

 

J’attends. J’attends parce que je sais que, malgré son envie de minimiser, il n’est pas homme à mentir effrontément.  

 

Et puis, doucement, je me redresse et m’éloigne vers l’une des étagères où sont entreposées diverses potions. Mes doigts effleurent les flacons, cherchant quelque chose de précis, avant d’en sortir une petite fiole d’un bleu argenté aux reflets scintillants. Je l’observe un instant, comme si elle pouvait contenir une réponse à elle seule.  

 

La Potion Harmonisante de Magnus.  

 

Je la pose sur la table, entre nous, un symbole silencieux de ce que je soupçonne.  

 

Elle est utilisée pour stabiliser le flux magique, pour atténuer les effets d’une maladie bien connue des médicomages.  

 

Je lève les yeux vers lui, cherchant à capter sa réaction avant d’énoncer enfin ce qui flotte dans l’air depuis quelques minutes déjà.  

 

La Synchrolyse.  

 

Les mots sont prononcés sans brusquerie, sans emphase dramatique. Juste comme une possibilité que je ne peux ignorer.  

 

Ce que je viens de voir correspond aux premiers stades, je continue d’un ton mesuré. Ce n’est pas un diagnostic, pas encore, mais… il y a des signes. Une fatigue musculaire qui va et vient, des crampes aux extrémités, des ratés dans la magie… 

 

Je ne dis pas le reste. Pas encore. Il sait pertinemment que cette maladie est dégénérative, que si c’est bien ce dont il souffre, cela ne disparaîtra pas d’un simple repos ou d’un ajustement de rythme de vie.  

 

Je m’assois à nouveau, posant les coudes sur la table, les mains jointes devant moi.  

 

Si tu veux qu’on écarte cette possibilité, il va falloir faire des tests plus poussés. Mais si c’est bien ça… on peut ralentir les effets.  

 

Je pousse doucement la fiole vers lui.  

 

La potion n’est pas un remède, mais elle aide. Elle stabilise la magie et soulage les crampes. Tu pourrais l’essayer quelques jours. Si tes symptômes diminuent… on saura qu’on est sur la bonne piste.  

 

Je marque une pause, puis ajoute avec un sourire léger :  

 

Et comme ça, tu pourras me prouver que je me trompe et que ce n’est que de la fatigue.  

 

Une manière de lui laisser une porte de sortie, sans lui enlever le contrôle. Parce que je sais qu’Aldebert Wickerson n’est pas du genre à se laisser dicter quoi que ce soit. Mais il est aussi trop intelligent pour ignorer ce qui est en train de se passer.  

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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

D'abord, Aldebert demeure silencieux. Adaline peut bien conclure ce qu'elle veut de ce silence. En conclure ce qui est à conclure. La vérité c'est que si c'était une première fois, Aldebert n'aurait jamais évoqué ces crampes. Il aurait joué d'humour, annoncé qu'il faisait trop frais dans la pièce, que ses mains étaient gênés par la simple pression du regard d'Adaline McBride sur leurs rides sinueuses, que le reste du temps elles se portaient parfaitement bien. Bien sûr, il avait évoqué les crampes. Parce qu'elles l'avaient pris au détour d'un examen minutieux de sa personne, et qu'elles paraissaient de plus en plus vives, de plus en plus régulières, de plus en plus envahissantes, et qu'il aurait été stupide de ne pas évoquer les crampes. Alors Adaline nécessitait-elle vraiment une réponse à sa question ? Ce n'était pas une première fois. C'était loin d'une première fois.

Le silence persiste, et signe. Parafe chacune des pages de sa modeste vie, même, avant d'enfin se briser, dans une grimace qui lui donne un ton sec et tranché :

 

- Plusieurs années je suppose.

Il ne les avait pas noté immédiatement bien sûr. Au départ, il les avait mis sur le dos de faiblesses passagères. Il y avait toujours eu de belles excuses à brandir pour démanteler l'assaut mental d'inquiétudes qui n'avaient qu'enfler avec le temps. La fatigue avait eu bon dos. Mais la vérité c'est que voilà déjà un temps qu'il avait compris qu'elle n'était pas vraiment la source de ses problèmes. Pas plus que la météo capricieuse, ou une baguette de mauvaise humeur, ou la simple ingestion de caféine en excès. Non, les crampes survenaient et repartaient comme bon leur semblait, sans logique aucune, de même que les insidieux tremblements qui parfois lui faisait planquer ses longues mains dans le fond de ses poches, ou prétexter au devant des élèves qu'il attendait d'abord qu'ils démontrent avant de leur montrer l'exemple, le vrai, le bon. Parfois, il parvenait à les oublier tout à fait.

Les iris, d'un bleu électrisé, se posent sur la potion déposée là par l'infirmière, et il hausse un sourcil interrogateur. Un nom tombe. Pas franchement familier. Pas non plus tout à fait inconnu. Chuchotement légendaire que l'on tourne à la dérision dans les dîners professionnels. Il connaissait au moins trois sorciers dans son propre domaine qui avait entendu ce même diagnostic. Il ne les avait jamais côtoyé d'assez près pour savoir précisément de quoi il retournait, simplement que la maladie avait eu un certain impact sur leur existence. Un impact tel que deux d'entre eux avaient quitté la profession, et que le dernier l'envisageait depuis déjà plusieurs mois. Figé, Aldebert reste observer Adaline avec un air teinté de stupéfaction. Incapable de formuler le moindre mot, il reste là, ses sourcils broussailleux froncés au devant du front, ses lèvres retroussées en prémisse de rictus.

- Je vois.

C'est bien tout. Aldebert Wickerson, déballeur de grands monologues insondables, maître de l'esquive des sujets fâcheux, n'a rien de plus à dire que cela. Je vois. Mais bientôt, il s'éveille, se met en branle, son corps entier comme agité de sa torpeur par un quelconque sursaut mental :
 

- Aucun autre test alors ? J'veux dire j'ai tenu mes bras devant moi, j'ai poussé sur tes mains, et voilà ? C'est ça la grande panoplie pour laquelle on m'assomme de courriers depuis des semaines ? Des mois, bon. Nan mais des crampes et des faiblesses magiques, t'vas pas m'dire que ça peut être que ça ou d'la fatigue. Le problème voyez, c'est qu'il sait que c'est pas de la fatigue. A éliminé cette possibilité y a longtemps. Alors. J'connais ce truc ok ? J'ai pas ce truc. Mon père l'a pas eu par exemple. C'est pas héréditaire comme machin ?

Il sait plus tellement où il a entendu ça, mais sûr il l'a entendu. Ça et le fait que c'est le genre de merde qui démarre doucement avant de vous en faire baver tous les jours vraiment salement. La vérité c'est qu'il en sait rien, si son père a eu la Synchrolyse, parce qu'ils jamais parlé sérieusement plus de dix minutes de leur vie. Pis il l'a pas vu depuis déjà plusieurs années maintenant. Alors.

Alors.

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Adaline McBride

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Je le laisse parler. Je le laisse même s’emporter un peu. C’est un bon signe, en vérité. Cela prouve qu’il est encore dans le combat, pas dans la résignation. 

 

Je ne dis rien tout de suite, parce que ses questions, même posées avec virulence, sont légitimes. Non, ce n’est pas un diagnostic officiel. Et non, je ne peux pas affirmer, d’un simple regard et de quelques gestes, qu’il souffre de cette maladie. Mais je peux observer. Je peux croiser les signes. Et je peux surtout lui proposer une chose essentielle : la clarté.  

 

Alors, doucement, sans me formaliser de son ton, je réponds :  

 

Non, Aldebert, ce n’est pas tout. Ce n’était qu’un premier test. Une manière de confirmer mes soupçons... et de te donner, à toi aussi, une impression concrète. Ce que tu viens de ressentir dans ta main, ce n’est pas moi qui l’ai imaginé. C’est toi qui l’as senti.  

 

Je me lève calmement, et d’un geste souple de la baguette, je fais apparaître un petit plateau médical enchanté, flottant juste à côté du bureau. Deux fioles vides s’y matérialisent, ainsi qu’un parchemin roulé qui se déroule lentement en l’air pour y inscrire les résultats d’un sort d’analyse.  

 

Je te propose qu’on aille un peu plus loin, et qu’on fasse les choses proprement. Il existe un enchantement d’analyse appelé Efflueo Videre . Il permet de séparer les éléments d’un liquide biologique — dans ton cas, une ponction légère — afin de détecter d’éventuels agents pathogènes, ou des signes spécifiques liés à certaines affections magiques.  

 

Je me rapproche, posée, tout en gardant une certaine distance pour ne pas empiéter sur sa liberté de décision.  

 

Pour cela, j’aurai besoin d’utiliser un autre sort, Punctura . Il s’agit d’un sortilège de ponction, très précis. Je le pratiquerai au niveau de l’avant-bras, là où le flux magique se concentre souvent chez les adultes. Rien de douloureux, simplement une légère pression. Une goutte de liquide à analyser, rien de plus.  

 

Je marque une pause, mes yeux cherchant les siens, sans forcer, mais sans détourner non plus.  

 

Ce ne sont pas des sorts anodins. Ils requièrent précision et consentement. Je ne le fais que si tu es d’accord, et je te garantis que je ne prendrai aucun risque.  

 

Je tends doucement la main vers le plateau flottant, effleurant l’une des fioles vides.  

 

Et pour répondre à ta question… La Synchrolyse semble avoir une composante héréditaire, oui. Mais ce n’est pas une règle stricte. On pense surtout que certains types de magie, ceux qui sollicitent une concentration constante et une grande finesse de manipulation — comme l’astronomie magique — peuvent en accélérer l’apparition. C’est peut-être aussi une question d’exposition prolongée à certaines énergies… on en sait encore peu, malheureusement.  

 

Je m’assois de nouveau, plus près de lui cette fois, et ma voix baisse d’un ton.  

 

Ce n’est pas un verdict, Aldebert. C’est une recherche de vérité. Tu dis que tu ne l’as jamais vu chez ton père… mais parfois, les choses sautent une génération. Parfois, elles changent de forme. Ce n’est pas une condamnation, c’est juste un pas vers la compréhension.  

 

Et enfin, plus doucement :  

 

On fait le test. Tu bois la potion ensuite, si tu veux. Et ensuite, on voit. Ensemble.  

 

Je lui laisse le temps. Ce n’est pas une urgence immédiate, mais c’est une décision importante. Je vois ses doutes. Je vois son orgueil, froissé à l’idée d’être peut-être diminué. Mais je vois surtout quelqu’un qui a peur d’avoir raison. Alors je reste là, calme, stable, un point fixe auquel il pourra se raccrocher s’il choisit d’avancer.  

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Un grommellement lui échappe, et rien de plus. Tout son corps s'affaisse de nouveau, la révolte calmée par la perspective d'autres examens, sans doute. Toute son attention est vissée sur le vocabulaire employé par Adaline tandis que ses doigts martyrisent l'accoudoir sur un rythme connu de lui seul. Il hoche la tête, ici et là. Analyse. Ponction. Voilà qui semble dessiner quelque chose de plus concret qu'une simple poussée de paume contre paume. Certes, l'hérédité n'est pas certaine, et cela écarte d'emblée l'imaginaire confortable dans lequel il se serait volontiers rétracté : si mon père n'a pas été malade, je ne peux pas l'être à mon tour. Sans doute est-ce une bonne nouvelle, pourtant, à l'égard de sa nouvellement découverte progéniture.

 

- J'imagine, j'imagine, il répond à la quête de vérité.

Voyez-vous, Aldebert en sait des choses, sur la quête de vérité. Des années il aura cherché la sienne, arpentant le monde en cumulant des activités plus diverses que variées, ne trouvant jamais vraiment ce qui pourrait le faire vibrer au point de ne plus jamais vouloir s'en détacher. Son dévolu s'était jeté, sur le tard, dans un domaine qui devenait aujourd'hui un symptôme. Paradoxalement, sa quête de vérité l'avait directement épinglé aux étoiles, brillantes jusque loin dans la mort, et oh comme elles allaient pouvoir se gausser de lui. De la virulence avec laquelle il les avait scruté. De la concentration et de la précision qui n'allaient pas tarder à se retourner contre lui au travers de sorts chirurgicaux. C'était à lui d'être charcuté, disséqué, pour que l'on comprenne enfin de quoi était fait Aldebert Wickerson.

 

Lamentable ironie.

 

- Vas-y, Adaline, il énonce comme un homme qui voudrait rapidement passer à autre chose. Faisons ce glorieux pas vers la compréhension.

 

Sarcastique, la réplique ne l'était qu'à moitié. Puis, alors que l'infirmière se prépare, qu'il replie et replie sa manche, il tâche de se divertir.

 

- Au moins Balthazar serait hors de cause. C'est pas à lui qu'on va imputer finesse et concentration. Il rit. Pour lui même, sûrement. Se râcle la gorge. Une simple pression n'est-ce pas ? Un pincement ? À tout moment je m'éveille dans la peau d'un Aldebert de vingt ans qui n'aura fait qu'un mauvais rêve je suppose. N'hésite pas à pincer très fort Adaline.

Il dramatise, préfère se montrer amusant que terrifié. Et puis qui sait. Peut-être bien que c'était possible. Qu'il retrouverait les rondeurs de sa vieille cabine, à bord du Boutefeu Viennois, que le capitaine viendrait le harceler pour qu'il viennent ensorceler les voiles, cirer le pont, tenir la barre, éplucher des pommes de terre hurlantes. Peut-être toute cette existence s'apprêtait à se retourner sur elle-même à la manière d'un gymnaste ambitieux. Aldebert n'y croyait guère. Son imagination pourtant continuait de l'emporter loin, loin des murs lisses et blancs qu'il trouvait terriblement tristes.

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Adaline McBride

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Je ne réponds pas. Son sarcasme, même s’il m’arrache un sourire discret, n’est pas un appel à être contredit. C’est une stratégie de survie. Une manière de détourner la gravité du moment, de la draper d’humour pour qu’elle devienne plus supportable. J’en ai vu d’autres. J’en ai vu des dizaines, des centaines même, d’élèves, de professeurs, de visiteurs de passage, tous essayant de transformer leurs inquiétudes en farces. C’est une ruse bien humaine. Et une ruse que je respecte, tant qu’elle ne devient pas un mur.

 

Une simple pression, oui, je murmure avec un sourire tranquille. Je te promets qu’on ne va pas te transformer en spécimen d’étude. Même si… je suis curieuse de voir de quoi est fait un Aldebert Wickerson.

 

Je prépare le sort avec méthode. Il ne voit pas mon visage à ce moment précis, occupé qu’il est à retrousser sa manche avec un mélange de lassitude feinte et de tension réelle. Moi, je vérifie les fioles, ajuste l’angle de la lumière magique qui flottera au-dessus de l’échantillon une fois ponctionné.

 

Ma baguette décrit un mouvement lent, précis. J’effleure son avant-bras avec deux doigts, cherche le bon point de pression, là où le flux magique se concentre en nappes fines sous la peau. Lorsqu’il évoque Balthazar, je lève à peine les yeux, le regard attendri.

 

Il faudra que tu lui dises ça toi-même. Je doute que ce soit bien reçu, mais je veux voir sa tête.

 

Un dernier sourire, puis je reviens à la tâche.

 

Tu vas sentir un picotement. Pas plus fort qu’une piqûre de moustique.

 

Je me concentre.

 

Punctura , avant-bras, point nerveux médian.

 

Un fin filament de lumière s’échappe de ma baguette pour venir se déposer contre sa peau. Il s’y fond lentement, à peine visible, jusqu’à ce qu’une goutte d’un liquide pâle, nacré, perle à la surface. Je la recueille aussitôt dans une fiole, que je scelle d’un geste net. Pas une goutte de sang, pas de douleur visible — juste une trace de magie condensée, brillante, un reflet de lui-même.

 

Je murmure ensuite :

 

Efflueo Videre .

 

La fiole s’illumine doucement tandis que le contenu se sépare, en couches fines, presque translucides. Le parchemin suspendu à côté du plateau réagit immédiatement, des symboles runiques apparaissant les uns après les autres, formant des lignes d’analyse que je suis du regard. Les signes se lisent comme une partition. J’avance doucement les yeux, attentive à la moindre anomalie.

 

Je ne dis rien tout de suite. Je veux être sûre. Il y a des indices. Rien de flagrant, rien d’écrasant, mais des schémas apparaissent dans les couches énergétiques. Un ralentissement de l’afflux magique dans les cellules motrices. Un résidu de flux instable, typique des interférences neuromagiques. Ce ne sont pas des preuves… mais ce sont des empreintes. Et elles mènent toutes à la même piste.

 

Je repose le parchemin flottant, le regard plus grave, mais toujours mesuré. Je ne veux pas trancher trop vite, ni jouer au devin. Je le regarde, le vrai, pas le patient. L’homme, là devant moi, qui vient de poser sa confiance sur la table.

 

Les résultats montrent une instabilité magique localisée. Ce n’est pas encore avancé, mais... ce n’est pas non plus rien. Je pense que la potion de Magnus t’apportera un soulagement net. Si c’est bien la Synchrolyse, elle l’atténuera suffisamment pour te permettre de fonctionner normalement. Du moins, dans cette phase-là.

 

Je laisse les mots s’installer, sans les enfoncer. Puis j’ajoute :

 

Ce qu’on vient de faire, c’est une photo, Aldebert. Un instantané. Il va falloir suivre l’évolution. Voir si les symptômes s’aggravent, ou si on peut les stabiliser.

 

Je referme la fiole, la place soigneusement dans une boîte étiquetée à son nom, que je rangerai dans les archives médicales. Il reste silencieux. Peut-être que le silence est la seule réaction possible, maintenant.

 

Alors je fais un pas vers lui, simplement, sans le brusquer.

 

Tu veux que je te laisse un moment ? Ou… que je reste ?

 

Ma voix est douce, basse. Parce que parfois, la meilleure façon d’aider, c’est juste d’être là. Pas pour répondre, pas pour expliquer. Juste pour ne pas laisser quelqu’un seul avec cette nouvelle part de vérité.

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