Femme
25 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : Frey', Yaya
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 19/01/2026 à 00:22
— Tu verras, s'était contenté de répondre Freya en souriant malicieusement au Gallois avant de lever un sourcil face à son stockage de confiseries. Au moins, elle pouvait être sûre que l'idée du magasin de bonbons avait fait mouche (au caramel) ! Et pendant qu'il a continué de dévaliser les rayonnages, elle a rangé leur bordel à l'aide de quelques sortilèges. Tes poches sont pleines, j'crois. Il était temps de passer à la suite. La rouquine a pris deux minutes pour remercier et saluer sa complice, la vieille propriétaire d'Honeydukes, et ils sont retournés tous les deux dans les ruelles sombres du village.
Les voici en route vers la colline surplombant Pré-Au-Lard, un mystérieux sac en toile beige accroché aux épaules de l'aînée Carter. L'infime croissant de lune flotte toujours entre les nuages cotonneux. C'est de là qu'j'entends l'mieux quand on se smartphone, dit-elle en désignant un banc perdu au milieu des buissons. Mais ils passent le banc sans s'arrêter et Freya utilise sa baguette pour créer un halo de lumière et éclairer leurs pas.
Athlétique, la Poufsouffle avale facilement le sentier qui commence à devenir plus abrupt sous leurs chaussures. J'arrive pas à m'dire qu't'es là avec moi, c'est improbable, ça t'fait pas bizarre toi ? Elle interroge Elliot d'un regard complice, mais retrouve vite sa concentration à suivre le bon chemin parmi les roches et les sapins. À ce stade, leurs respirations sont amples et leurs corps réchauffés. Quelques minutes après, un grand-duc hulule de façon distinctive. Ah, MacDuff doit être dans l'coin, commente Freya en levant la tête sans être capable de le trouver. Les sœurs Carter savent que le rapace veille sur elles lorsqu'ils les voit en dehors de la maison.
À la suite d'un passage un peu trop raide, l'Écossaise profite d'avoir eu l'aide d'Elliot pour ne plus lui lâcher la main. Leurs doigts entremêlés, elle ralentit l'allure. Ils progressent désormais le long de l'un des balcons de pierres entre Pré-Au-Lard et le village voisin, Little Hexley. À bonne hauteur, seules de minuscules cheminées et des points lumineux leurs parviennent à travers la cime des résineux. L'endroit où j't'emmène, en fait, c'est un endroit où j'vais pouvoir crécher de temps en temps, pour rester dans l'coin, mais avoir mon intimité, tu vois ? Son regard sonde celui d'Elliot malgré la pénombre. Elle sourit, excitée de lui partager ce secret.
— Ça s'appelle l'Observatoire, juste... bah parc'que c'est un ancien observatoire à créatures magiques quoi. Tu verras, c'est un peu aménagé, fin à l'ancienne quoi, en fait mes parents l'ont eu d'un pote à eux qu'est parti vivre en Roumanie y'a genre 20 ans, et qui leur a filé. Ça fait une cabane en forêt, loin des journalistes, caché et tout. Mon père veut plus v'nir à cause des souvenirs avec ma mère, mais moi en vrai, j'étais trop p'tite quand on venait, j'ai pas de souvenirs là-bas. Donc il a dit qu'j'avais qu'à l'prendre pour me faire un coin tranquille. À mesure qu'elle a parlé, la route est redevenue escarpée. Obligée de lâcher les doigts du Gallois, Freya passe devant lui et ouvre le chemin en direction de l'observatoire, impatiente d'y arriver, et impatiente d'avoir son avis sur l'endroit.
Message publié le 16/01/2026 à 15:37
Le rire d'Elliot détrône la Couinesouris. Freya s'en délecte, amoureuse de l'entendre s'marrer et de le voir faire des pitreries juste pour provoquer le sursaut de ses tâches rousses, encore une fois. Ils sont idiots, mais être idiots ensemble, ça prend tout son sens. Alors à débattre des règles et à jouer sans aucun sérieux, le bilan est terrible - du côté de l'aînée Carter du moins. Essuyant une larme de rire, elle renifle, faussement désespérée. Nan mais vas-y ! Quatre minutes pour moi et huit minutes pour toi, concède la sorcière en fixant le tas de bonbons déjà bien entamé. Ses phalanges éloignent une fée trop curieuse, et saisissent la boîte Éléphant à bicyclette, qu'elle montre au Gallois. On s'garde ça pour après ? Faut dire qu'ils ont avalé un paquet de sucre en une heure de temps. La totalité des mouches caramel ont disparu, et une grande partie des fudges aussi. P'tain j'ai toujours un vieux goût de poisson sur la langue, c'est deg' là, dit-elle avant de croquer une poignée de billes explosives aux fruits.
Compétitrice mais pas rancunière, la rouquine pose un index contre sa bouche dans laquelle résonne un bruit sourd de pétarade et fait mine de réfléchir en roulant des yeux à droite et à gauche. Qu'esch'qu'ch'vais bien pouvoir te demander pendant quak're looongues minutes ? Elle mâchonne malicieusement, puis commence à glisser les confiseries dispersées sur le comptoir à l'intérieur d'un grand sac logoté Honeydukes blanc à rayures rose. On reste pas ici hein, poursuit-elle, affairée au-dessus des bonbons. J'ai prévu autre chose. Son regard scrute rapidement la réaction du batteur. Jusqu'à maintenant, Freya peut estimer que la soirée se déroule au mieux. Elle sourit en coin alors qu'une fée chahute entre les mèches foncées d'Elliot. Même en privatisant le magasin tu trouves le moyen d'te faire harceler quoi, ralalaaa, la célébrité. Le ton est gentiment moqueur, car elle sait bien en réalité à quel point l'omniprésence des fans peut être étouffante.
— T'as rien contre une p'tite randonnée ? questionne l'Écossaise en s'approchant du brun. C'pour rééquilibrer ta diète sportive. Et accessoirement, j'avais envie d'aller marcher avec toi. Leurs prunelles se croisent, celles de Freya brillantes à cause de leurs rires et des sentiments qui frappent à son cœur. Éprise d'Elliot, elle tend ses lèvres et quémande silencieusement un bisou.
Message publié le 15/01/2026 à 08:24
— Elliot Blackburn, ce ne sont pas nos capacités qui déterminent ce que nous sommes, ce sont nos choix, avait récité Freya, l'index dressé au-dessus de lunettes imaginaires, imitant le tableau du vieil Albus Dumbledore accroché à Poudlard. Leurs rires partagés ont tellement agités les fées d'éclairage, qu'elles sont sorties du bocal pour voler joyeusement entre les rayonnages du magasin, dessinant des boucles lumineuses dans l'air rempli de sucre. Hé-hé-hé, ta-ta, intervient la Poufsouffle hilare après la dégustation théâtrale d'Elliot, nan, c'pas une minute à chaque fois, c'est une minute quand JE joue, mais quand tu joues, tu gagnes rien ! Et, quoi ? Un Oscar ? Elle le fixe, puis sa main dramatiquement levée retombe afin de piocher une dragée au hasard, les yeux fermés.
Lorsqu'elle ouvre les paupières et voit la danse du brun, Freya pouffe en cachant sa bouche. Tu m'fais rire aussi, ça compte pas ! Attends ! proteste-t-elle, empêtrée avec le bonbon qui lui colle aux dents. Heureusement, c'est supportable cette fois - savon peut-être ? un mauvais-bon goût, comme on dit. La rouquine assure, et singe même le léchage de doigts du Gallois. Moi aussi, un pur délice, chantonne-t-elle fièrement. Elle fouille distraitement parmi les confiseries étalées devant eux.
— J'vais prendre une Couinesouris par simple gourmandise, j'précise, car ma dragée était pas dégueux du tout ! Elle croque le fondant sucré parfum framboise et un couinement distinctif s'échappe d'entre ses molaires. Conk'rairement à toi, ch'pense que ch'peux gagner au moins k'rois ou quak're minutes, prononce Freya avant de repousser la boîte de dragées surprises vers Elliot. Elle termine sa bouchée. Tu devrais avoir super peur, Blackburn. Une fée téméraire frôle sa joue dans un virage mal négocié.
Message publié le 13/01/2026 à 19:39
— Ça f'sait longtemps tiens ! qu'elle avait pas entendu Elliot utiliser l'une de ses expressions de gosse mal élevé des quartiers pauvres de Cardiff. En troisième année, l'explication du Gryffondor à propos du terme moldu "brouteuse de gazon" avait plongé l'ensemble du groupe d'amis dans un fou-rire incontrôlable et enflammé Freya jusqu'au bout des oreilles. Elle tenait difficilement les poker face à l'époque, ça n'a pas tellement changé. D'ailleurs, elle rigole déjà, amusée d'avance, et suit le Gallois au comptoir du magasin. Le parc et les Trois B ? Nan, j'ai mieux, assure distraitement la sorcière en admirant leur sélection de confiseries étalée devant eux. Sa paume saute sur le triton évincé qu'elle récupère prestement. Oh j'confirme, j'préfère être moi maintenant, qu'moi avant quand même. Sans plus de cérémonie, elle croque la queue du bonbon au gingembre tandis qu'Elliot se concentre. Il est ridicule. Elle rit. Jamais dans l'excès hein ! Cependant, son regard détaille les faits et gestes du brun, à savoir, est-ce qu'il triche ou pas ?
Les prunelles brillantes, la rouquine cherche un signe, le début d'une grimace, n'importe quoi pour accuser Elliot d'avoir craqué, mais en vain. Tu commences à avoir des rides au coin des yeux, là, nan ? se contente-t-elle de siffler, l'air de rien, alors qu'il mâche sa dragée. Ça le déstabilise pas tant. Il est fier de réussir. Freya applaudit mollement, sa bouche retenant un sourire. Oui oui, bravo. Par contre t'as encore oublié un truc, on gagne quoi, on perd quoi, mh ? Elle le dévisage malicieusement en prenant la boîte de bonbons entre ses doigts.
— Ok j'sais, débute-t-elle en tapotant le couvercle. Pour chaque grimace que j'fais, tu gagnes une minute pendant laquelle t'es maître de la situation, tu décides c'qu'on fait, j'ai pas l'droit d'protester. Et l'inverse si tu fais une grimace bien sûr. On compte les minutes et on f'ra ça après, ok ? Sa tête penche légèrement de côté, gamine, tandis qu'elle ferme les paupières et pioche un bonbon avant même d'écouter l'avis du batteur. Elle lance la dragée contre sa langue.
Dès la première seconde, Freya regrette. Clairement la bouffe pour chien. Elle ouvre les yeux, se jette sur une mouche au caramel et la mâche rapidement en essayant d'avaler les deux. Putain ! Nan mais moi j'ai directement l'pire quoi ! J'suis sûre qu't'as eu confiture t'étais trop serein ! Elle reprend une autre petite mouche sucrée et la mordille frénétiquement. C'est dégueux putain ! Pour la poker face, faudra repasser. La rouquine se marre en remarquant l'expression victorieuse d'Elliot. Hey j'ai pas dit mon dernier mot, si ça s'trouve j'aurai que des bons après hein. Allez, à toi, ajoute-t-elle en lui filant la boîte.
Message publié le 12/01/2026 à 23:30
— Elliot Blackburn, j'ai effectivement privatisé une confiserie, confirme Freya en opinant du chef, à la fois fière de son idée et heureuse d'entendre l'excitation du Gallois. Panier sous le bras, elle le suit dans les rayons, un sourire de con gonflant ses joues tâchées de rousseur, tandis qu'elle regarde distraitement les formes et les couleurs des bonbons. Un sachet attire son attention. À ce moment précis, Elliot brandit une barre de pâte à mâcher à la bave d'escargot devant son nez, et la balance au fond du panier. Elle rit. Arrête j'allais prendre les gommes de limaces ! Mais après réflexion, elle jette plutôt son dévolu sur un paquet de Chococuisses de grenouilles, une fossette malicieuse au coin des lèvres.
Plus loin, le Gryffondor commence déjà à se goinfrer. Elle récupère le sac de bonbons explosifs et le dépose avec leur sélection en lançant son menton vers la gauche. Là-bas, juste à côté des fondants. Et avant, j'ai rien entendu à cause du bruit, répond-elle, visiblement amusée, et pas trop désolée de foirer le taux de sucre dans le sang d'Elliot pour cette soirée.
Elle attrape une boîte en métal sur laquelle apparaît l'inscription "Éléphant à bicyclette", sachant pertinemment qu'elle contient des confiseries en formes d'animaux et de locomotives aux effets fulgurants. Sans réfléchir davantage, elle la met dans le panier. Tu t'souviens d'mon parfum préféré de Bertie Crochue ? balance ensuite l'aînée Carter en se rapprochant à nouveau du brun.
Herbe, contre toute attente. Deal on s'en fait une ? Elle grimace d'avance, mais ne peut s'empêcher de vouloir reproduire leurs fou-rires de pré-adolescence. Par contre j'vais prendre des mouches au caramel pour faire passer les mauvais goûts alors, commente l'Écossaise en se dirigeant vers une étale de vrac. À son tour, elle saisit une pelle et remplit un sac de mouches, de Couinesouris, et de fudges à l'Alihotsy. Après l'avoir mis avec le reste, ses prunelles noisette glissent le long des jarres de gommes au fruit, et elle ouvre l'une d'entre elles, alléchée par une Patacitrouille, qu'elle enfourne directement dans sa bouche. Mhr, cha hait une flombe futain ! Surveillant du coin de l'œil Elliot, Freya continue sa promenade parmi les rayons qu'elle connaît bien, pour y avoir traîné une partie de son enfance.
— Alors, t'penses quoi d'pouvoir revenir ici en toute tranquillité ? s'enquière quand même la rouquine, toujours soucieuse de l'avis du joueur de quidditch.
Message publié le 12/01/2026 à 19:25
L'excuse d'Elliot pour leur premier bisou avec la langue ? Goûter le parfum de glace choisi par Freya au printemps de ses treize ans. Ils étaient juste sous l'arbre, presque au banc du dirico. Elle avait lui avait pas laissé un seul gramme de sorbet sureau-fraise dans le pot, il en a profité. Elle était rouge comme un fanion Gryffondor après ça. C'est l'genre d'expérience qui rend un peu con, un peu accro. C'était meilleur que le sorbet sureau-fraise, et Freya n'a jamais oublié.
Front contre front, elle se demande s'il se souvient, un sourire timide au coin des lèvres, qu'il dévore vite. Elle laisse sa tête basculer doucement dans la paume d'Elliot, et succombe, les doigts sur son épaule. Oui, ses joues s'empourprent, et oui, les mains du Gallois la font sentir vivante. Ça change des posters qui se contentaient de lui jeter des clins d'œil débiles les dix dernières années. Un nuage de vapeur enveloppe leurs gueules amourachées. Freya croise à peine le regard embué du sorcier, qu'il replonge déjà, et l'entraîne vers une deuxième vague, plus chaude, plus passionnelle encore. Rien à voir avec Jun, évidemment.
C'est difficile de s'arrêter. Un nouvel hululement lui rappelle la présence de MacDuff au-dessus de Pré-Au-Lard, et d'autres paires d'yeux intrusifs, potentiellement. Elle retient Elliot d'une main douce autour de ses mâchoires, et le fixe, un peu fiévreuse, un peu con, un peu accro. T'embrasses bien pour un puceau, raille-t-elle gentiment en référence à leur appel de dimanche soir.
— J'te rassure, j'ai pas prévu que l'banc, continue l'Écossaise qui se détache du batteur et se redresse en rajustant sa cape sur d'elle. À nouveau, il fait froid.
Un coup d'œil aux alentours suffit de constater qu'ils sont toujours seuls. Pour autant, prudente, elle range ses mains au fond de ses poches, et guide Elliot en direction du village. Sur la route, elle ramasse un escargot. Tiens, l'apéro, dit-elle en le tendant à son voisin.
Très vite, les habitations familières bordent le chemin de pavés. Freya contourne la rue principale et emprunte une ruelle plus sombre, plus étroite. Attention aux caisses, prévient-elle à proximité des arrières de certains magasins. Enfin, elle s'arrête devant une petite porte en bois et toque trois fois. Son regard trouve celui du Gryffondor brièvement. T'es pas au régime j'espère ! Un grincement empêche Elliot de répondre. Une femme âgée vêtue d'une robe longue et d'un gilet de laine épaisse les accueille dans les réserves de la boutique de bonbons. Au milieu des stocks de confiseries magiques, elle donne une accolade à la rouquine avant de faire entrer la célébrité qu'elle salue poliment. Le ton est bienveillant ; c'est clairement une dame qui a vu grandir Freya et qui lui rend un service avec plaisir. Elle signale que les rideaux sont tirés, puis désigne la porte menant au magasin et souhaite un bon moment "aux deux jeunes", qu'elle sera à l'étage quand ils voudront partir.
Alors soudain, Elliot et Freya se retrouvent chez Honeydukes, la mythique confiserie de Pré-Au-Lard dont chaque gamin rêve pendant toute sa scolarité. Les lumières sont tamisées ; à peine quelques lanternes et le grésillement d'un globe de fées. La rue est camouflée derrière plusieurs rideaux. Les bonbons n'attendent qu'eux et l'aînée Carter saisit un panier. Tu veux quoi ? Ses propres yeux brillent comme ceux d'une petite fille.
Message publié le 09/01/2026 à 02:11
Fin septembre donne déjà des températures hivernales à Pré-Au-Lard et Freya remarque la vapeur qui accompagne chaque parole prononcée par Elliot. En l'écoutant parler, elle crochète son pied du sien, affectueusement. Ça l'empêche aussi de faire rouler des cailloux sous sa propre ranger ; ils ont toujours été plus doués à deux, pour se canaliser. Hornette, ton remplaçant ? On n'entend jamais parler d'lui, commente la rouquine branchée en permanence sur Radio Quidditch au magasin. Qu'est-ce qu'il fout à c'poste, déjà ? Les batteurs c'est des bourrins - ou des bourrines, en général, pas des trouillards. Elle le dit sans arrière-pensée, ayant une connaissance naturellement assez pointue des compositions d'équipes de quidditch du monde entier. Chaque place requière une personnalité adaptée et rares sont les exceptions chez les joueurs de haut niveau. Ils ont beau s'amuser parfois à réinventer des équipes entre membres du personnel OCQ, ils refoutent souvent les mêmes numéros aux mêmes postes. Ou alors, il décale en France. À Quiberon j'les ai trouvé presque, ...délicats ? Elle pourrait causer de quidditch comme ça pendant des heures en vérité, mais Elliot glisse d'un sujet à l'autre, plus ou moins subtilement.
— Tu veux parler de Jun ? demande Freya, persuadée que son ex-petit ami Japonais deviendrait un sujet tabou désormais. Elle range une mèche de cheveux roux derrière son oreille sous sa capuche, et réfléchit aux trois derniers jours en compagnie du synthétiste. On a bossé ensemble mardi et aujourd'hui parce que lundi j'étais en boutique. Écoute ça va. Après il est pas du genre à faire du forcing, 'fin, même quand on était supposés être ensemble... bah il s'passait quasiment rien quoi. À haute voix, ça semble encore plus ridicule, et l'Écossaise s'en rend compte, détournant le regard vers le gargarisme de l'eau quelques secondes. J'te jure, y'a eu plein de moments où j'me demandais c'que j'foutais avec lui, avoue-t-elle avant de ricaner honteusement. Au loin, un hibou pousse son "ouh" distinctif. La sorcière frissonne. Elle affronte de nouveau les yeux sombres d'Elliot. C'est hyper égoïste hein, mais j'crois que j'voulais juste pas être seule, j'l'admets. Elle hausse les épaules, son pied toujours contre celui du brun.
Puis d'un geste spontané, Freya laisse son coude glisser jusqu'à toucher le coude d'Elliot, et se rapproche pour coller leurs fronts ensemble. Tu m'en veux beaucoup ? murmure-t-elle à la seule intention du Gallois. Son parfum l'envahit, son cœur tambourine sans prévenir. Le ruisseau s'est tu. Elle ferme les yeux. Tu m'en veux beaucoup d'avoir tout rendu compliqué ? T'as l'droit tu sais.
Message publié le 08/01/2026 à 17:04
Elle se redresse dès qu'elle aperçoit Elliot, le même sourire que lui au coin des lèvres, sa semelle de chaussure qui joue avec un petit caillou au sol jusqu'à ce qu'il soit assez proche. Salut, répond Freya, avant d'imiter le brun et de jeter un œil au banc. Il demande s'ils vont chasser le dirico et la sorcière ricane. C'est ça, se contente-t-elle de dire tandis qu'il la prend dans ses bras et l'embrasse au-dessus du sourcil. Elle inspire machinalement son parfum et dépose un baiser sur sa joue rasée en laissant sa main glisser le long de son épaule. Tu sais pas, ça a p't'être changé, depuis l'temps. L'arrivée du Gallois signe le début d'un état second où le cœur dépasse l'entendement et la raison. L'Écossaise le sait, mais refuse de céder aussi facilement.
— On s'pose un peu ? On ira au chaud après, propose-t-elle en s'asseyant, une jambe pliée sous sa fesse pour rester face au sportif. Non loin d'eux, le ruisseau continue de gargouiller, et un groupe d'insectes fredonne une mélodie de fin de journée. Freya pose un coude sur le dossier du banc, sa tête contre sa paume, elle observe amoureusement Elliot. C'est bizarre qu'tu sois là. J'aime bien. C'est un village qui ne représente que l'école de Poudlard aux yeux du batteur, mais qui représente pratiquement toute la vie de la Poufsouffle. Ça fait aussi partie des endroits impossibles à fréquenter pour Elliot en pleine journée, sans sortilège de dissimulation. Elle rajuste sa cape sur ses jambes, visiblement détendue d'être dans un endroit qu'elle connaît par cœur, en comparaison à Cardiff ou Quiberon. Tes entraînements s'sont bien passés ? demande-t-elle naturellement, sincèrement intéressée d'entendre l'ancien Gryffondor lui parler de sa vie quotidienne chez les Catapultes de Caerphilly. On a encore signé pour équiper trois clubs de ligue au printemps là, et j'ai eu un courrier de Mahoutokoro lundi, ça les intéresse d'avoir un modèle de 500 à l'école en démo. Pas peu fière, la rouquine sourit, son pied libre qui remue sous le banc.
Message publié le 08/01/2026 à 00:08
La foule hurle son nom, pourtant ce n'est pas Owen que le public encourage aujourd'hui. Les CARTER appartiennent à sa progéniture, Alison, la deuxième de ses quatre enfants. Il la fixe sur l'écran en silence alors que Freya et Marley se joignent aux cris des supporters résonnant autour du stade. Le colosse marmonne intérieurement, pétrifié à l'idée qu'il puisse arriver quelque-chose de grave à sa fille. Ignorant le reste du stade, ses épaules se tendent quand la Serpentard avance dans la brume. Faut qu'elle dégage ça, commente nerveusement Freya, juste avant de tourner la tête en direction d'un élève qui s'adresse à eux.
— Il veut quoi ? questionne Owen Carter en dévisageant son aînée, puis l'enfant vêtu aux couleurs de Gryffondor. Mais son attention est vite ravalée par les écrans. C'est Charli, salut Charli ! C'est le petit frère d'Elliot Blackburn, explique Freya tandis qu'elle attrape la vieille carte de l'ancien capitaine d'équipe d'Écosse de quidditch, et sourit tendrement. Ça va Charli ? T'veux un autographe ? Elle surveille d'un œil la progression d'Alison qui s'enfonce plus loin à l'intérieur du dédale de pierres. T'as un crayon, une plume ? Papa. Papa. Mhr. Difficile de détacher Owen de l'épreuve, contrairement à Marley, occupé à observer le jeune Charli Blackburn de la tête aux pieds.
— Charli, j'te présente Marley, il a 12 ans.
— C'est pas Charlie.
— Il s'appelle Charli aussi.
— Ah.
Intrigué, le petit rouquin regarde la carte toujours entre les mains de Freya. Ta rentrée s'est bien passée ? demande cette dernière au benjamin Blackburn. J't'ai pas encore croisé c't'année ! Papa ? Pa- qu'est-ce qu'elle a ? J'sais pas. Sans raisons apparentes, Alison vient de s'arrêter entre deux monolithes cernés de brume.
Pendant ce temps, Marley s'est levé pour s'approcher de Charli, rattrapé par le bras par Freya qui se décale contre son père. Reste ici Marl', mets-toi assis à côté d'moi. Charli, mets-toi aussi assis sinon ils vont t'virer. Elle fait en sorte de laisser assez de place aux garçons, mais ne lâche pratiquement pas les différents écrans des yeux. Regarde, la fille de Uagadou, elle a enlevé le brouillard. Ça revient, commente Owen en direct tandis que Marley observe envieusement la tenue Gryffondor de son voisin. Il s'exprime prudemment. Toi, tu fais d'la magie ?
Message publié le 07/01/2026 à 20:33
«Hi :) Rendez-vous mercredi au banc du dirico, 7pm. Dress code : relax. Bon repos et bon entraînement à toi ! PS : j'ai hâte <3 » avait envoyé Freya Carter mardi matin, après dix minutes de galère pour écrire le SMS parfait, sans faute d'orthographe ridicule et sans ponctuation hasardeuse.
Loin de maîtriser l'objet bourré de technologie moldue, elle a réussi en quelques semaines à s'approprier l'espace de messagerie avec son unique contact : Elliot Blackburn. Quand viendra le temps d'introduire à Marley l'usage du téléphone, elle saura au moins lui montrer comment communiquer, envoyer une image, et même avoir une conversation à haute voix. Mais d'abord - Dirico, Di-ri-co, regarde, c'est ça, là, pointe-t-elle du doigt en désignant l'oiseau rondelet en train d'apparaître et de disparaître du vieux bestiaire illustré de Charlie, à côté d'autres créatures dont la première lettre du nom est aussi un D. Il vole pas, constate Marley, allongé dans le lit de la Serdaigle sous une voûte étoilée. Tu devrais essayer d'lire toute cette page, et la suivante, et j'demande à Papa de venir t'écouter d'ici dix minutes, et de t'en lire un peu, ok ? Ok. Toi tu viens pas ? Nan, j'sors ce soir. J'vais voir quelqu'un. Assise sur le matelas, Freya rabat affectueusement les cheveux roux de son jeune frère en arrière. Qui ? Un ami, que j'connais depuis mes onze ans. Onze ans ! Les prunelles grises de Marley s'illuminent face à l'information. Enfant docile, au lieu de broncher, il enlace sa grande sœur avec plaisir, et la laisse quitter la pièce.
Après un tour par sa chambre, Freya s'arrête au salon. Son père est caché de l'autre côté d'une pile de papiers qu'il a entrepris de trier. Papa, t'vas y arriver, j'crois en toi, souffle l'aînée, amusée, avant de lui donner les dernières instructions concernant Marley. Immédiatement, Owen lève la tête et acquiesce. Naïvement, il essaye d'obtenir des renseignements. Mh, t'm'as dit qu'tu voyais qui déjà ? J'te l'ai pas dit Papa, j'te l'dirai pas. On en a parlé, j'ai b'soin de ma vie privée. J'reste dans le coin, j'serai là demain. Le rappel est entendu et l'homme donne sa bénédiction en souhaitant une bonne soirée à sa fille. Elle dévale les escaliers jusqu'à l'arrière-boutique, jette un œil à la pendule indiquant 18h48, enfile une longue cape chaude, et rejoint le jardin en réactivant les sortilèges de protection derrière elle. Son date avec Elliot Blackburn commencera bientôt.
Ce soir, il n'y a quasiment pas de lune. Un infime morceau de croissant argenté flotte entre deux nuages cotonneux. La silhouette encapuchonnée de Freya passe devant les commerces de Pré-Au-Lard, pour la plupart fermés depuis 17h30 ou 18h - des horaires tout à fait acceptables en milieu de semaine dans un village d'Écosse. En dehors des tavernes, seules les habitations aux volets ouverts et quelques lanternes illuminent encore le pavé des ruelles.
Elle se presse de remonter en direction du banc, un battement étrange au cœur.
Le banc du dirico est stratégiquement situé à mi-chemin entre le cœur de Pré-Au-Lard et la Cabane Hurlante, proche d'un ruisseau, loin des oreilles indiscrètes. Au premier abord, c'est un banal banc, gravé par des générations et des générations de jeunes sorciers en sortie providentielle au village. Aux yeux de Freya, d'Elliot et leurs amis d'école, ça restera à jamais l'endroit où Tray pensait un jour avoir vu un dirico, un vrai, alors que c'était sûrement juste un gros pigeon, et qu'ils se sont foutus de sa gueule longtemps après ça.
Assise à l'endroit précis où ils passaient des heures à bouffer des bonbons magiques en bande de six ou huit, la rouquine se rappelle comment Elliot l'avait amadouée à traîner avec eux en milieu de troisième année. C'était le weekend de leur premier bisou en cours d'astronomie." Viens parce que j'sais pas nager, et si j'tombe dans le ruisseau, j'vais m'noyer. " Elle avait rit, elle était venue.
Onze ans et demi plus tard, elle l'attend là.
Message publié le 06/01/2026 à 09:49
Elle est terrifiée à l'idée qu'il l'envoie chier, terrifiée quand il se débarrasse de ses doigts pour se redresser et s'éloigner, encore. Freya reste conne, sur le banc, dans l'incompréhension du moment. Elle comprime nerveusement ses phalanges entre elles, et regarde Elliot s'agacer de la situation. On dirait leurs conversations de l'école, fin quatrième, début cinquième, lorsqu'il s'énervait à pas comprendre pourquoi elle ressemblait à un fantôme soudain. Pourquoi ses idées convergeaient plus dans le même sens que lui, et qu'il avait l'impression qu'elle en avait rien à foutre, mais c'était pas vrai. C'pas vrai, nie-t-elle d'ailleurs, j'garde personne sous le coude. Son visage se durcit. Elle refuse de pleurer une deuxième fois devant le Gallois, alors que son cœur se noie face au fiasco de leur explication.
Ça la blesse qu'il l'imagine calculatrice.
Elle fait pas exprès, elle lui a dit hier déjà.
À son tour, l'aînée Carter se lève, désemparée. J'vais lui parler j't'ai dit, j't'ai dit ça hier, comment tu crois qu'j'aurais fait pour lui parler entre temps puisqu'on a passé la soirée ensemble ? Elle soupire ; c'est un cauchemar. C'est la dimension où rien n'est facile.
— Et tant mieux Elliot si t'arrive à être juste toi, parce moi, en dehors de Pré-Au-Lard, j'sais même pas qui j'suis, et c'est sûrement ça l'problème au fond. J'ai des trucs à régler. Sa voix déraille. Elle essuie des larmes imaginaires, persuadées d'être en train de pleurer. Ses joues sont sèches ; idiote. Mais t'as raison, j'ai ton numéro, j'vais pas t'faire courir, c'pas c'que j'veux, tant pis si tu crois l'contraire. C'qu'on a eu hier, c'est tout c'que j'veux ; délirer, être proche de toi, m'en foutre des autres, comme avant. Elle détourne les yeux en se rendant compte qu'elle vit peut-être dans le passé. Honteuse, Freya se prépare à prendre la route vers le point de transplanage du stade de quidditch. Elle enfile sa capuche, mais s'approche une dernière fois d'Elliot, les mains au fond des poches de son manteau. Leurs regards sont paumés. Mon père vient d'rentrer, il repartira plus maintenant, et j'vais avoir le temps de m'occuper de moi, et m'occuper de moi, ça veut dire être avec toi, je le sais, j'l'ai su dès qu'on s'est revus. Jun c'est- c'est une erreur. C'est juste qu'il était là, mais c'est pas lui qui compte au final, souffle-t-elle, avant de jeter un œil derrière le brun où les mâts des voiliers dansent inlassablement.
Le vent déplace ses mèches rousses qui lui bouffent la moitié du visage. Elle les dégage, et s'agrippe brièvement à la veste d'Elliot, le temps de hisser un baiser rapide à la commissure de ses lèvres. On s'revoit vite, murmure-t-elle, prête à s'en aller le long du port.
Message publié le 05/01/2026 à 22:00
Son esprit bégaye à cet instant. Les idées se heurtent dans sa tête, chaotiques, certaines en dévorant d'autres avant même qu'elles ne soient complètes, et Freya se contente d'hocher du menton bêtement. Elle imprime des mots ici et là. Jun. Le numéro d'Elliot. Il était sérieux. Il attendra pas.
Par mimétisme, la rouquine se rassoit en même temps que le Gallois, les croissants définitivement abandonnés aux mouettes qui les ont emporté plus loin sur le sol. Il veut être son mec. Il lui retourne la question. Et elle, elle veut quoi ? Son cœur continue de hurler, et alors que vient son tour de parler, sa tête se vide, subitement. Y'a rien, y'a plus rien. Elle sait pas pourquoi ça fait ça. Habituée à gérer un par un les problèmes du quotidien depuis ses quatorze ans, y'a un domaine qu'elle a toujours mis de côté, jusqu'au retour d'Elliot dans sa vie.
Faut qu'elle creuse pour trouver quoi dire, ou plutôt, comment le dire. C'est elle qui s'approche du Gryffondor finalement, en glissant vers lui de quelques centimètres sur le banc. Elle ose pas le regarder. Elle regarde leurs genoux collés en prenant une petite inspiration. J'rends tout compliqué, j'sais. J'suis désolée. Ça suffira jamais à retenir Elliot, mais ça suffira à éclaircir la voix de Freya, enrouée de gêne. Elle se racle la gorge, et puis pose sa main sur le genou du brun, et dessine des cercles invisibles sur son pantalon de survêtement. Y'a une différence entre toi et Jun, un truc important, dit-elle, les yeux toujours vissés sur le jeu de ses doigts. Doucement, les mots arrivent, les uns après les autres, sincères.
— Je- j'suis pas amoureuse de Jun, tu vois. Baboum, frappe son cœur au même moment. Elle tente de l'ignorer, et puisqu'elle est lancée, autant aller jusqu'au bout maintenant. Sa paume caresse le genou et le bas de la cuisse du batteur. Et j'réalise que j'avais besoin de savoir que c'était sérieux pour toi, parce que c'est vrai, j'sais qu'on dirait pas, mais c'est sérieux pour moi. Une expiration la surprend, vidant sa poitrine d'une certaine lourdeur. C'était nécessaire. P't'être qu'on devrait s'voir en dehors du taf, et en dehors d'une soirée, j'veux dire, sans alcool... sans s'cacher. Ses phalanges froides attrapent finalement celles d'Elliot en douceur, le vent de Quiberon qui balade ses mèches échappées de l'élastique contre son front. C'est pas possible qu'à chaque fois j'me réveille en me demandant comment on a fini la nuit, et l'image qu'tu vas garder d'moi. Et si tu vas la ranger dans la case des Petra, inévitablement. Incertaine, Freya affronte les iris du brun en penchant un peu la tête vers lui.
Message publié le 05/01/2026 à 20:14
Elle regrette d'avoir dit ça. Elle se rappelle de leur conversation d'hier sur la plage, quand elle a promis d'arrêter de reculer, de s'enfuir - mais c'est plus fort qu'elle, ça la dépasse, et ça gâche tout régulièrement. Colt s'est pas barré pour rien après avoir posé son van dans le jardin du 76 Grand-Rue. Lui aussi, il s'est pété les dents à essayer d'avoir "un truc" avec Freya. Elle reste insaisissable, elle fait même pas exprès. Elle regarde Elliot, et son expression amère, mal camouflée derrière un humour de merde. Elle ravale sa salive puisque le gobelet est définitivement vide, et qu'Elliot se tire. Si ça avait été Jun, il aurait accusé le coup, rectifié le tir à la place de Freya, aurait assuré que nan, que c'était bien sa copine d'hier, d'aujourd'hui, de demain - ce dont elle a besoin.
Sauf qu'Elliot sourit, crispé, et congédie Freya. Elle acquiesce, paumée. Euh, ouais, j'vais finir par y'aller. Ses yeux ont terminé leur course au fond du gobelet. Immobile, elle le laisse dire que c'était cool, et redresse la tête au moment où il embrasse sa joue. Elle s'en veut d'être ahurie. À plus ? Son cœur hurle et la rouquine se lève brusquement, les pommettes toujours plaquées de rouge.
— Nan mais attends. Attends quoi ? Elle le fixe comme une carpe en dehors de l'eau en cherchant ses mots. L'écharpe enroulée d'un seul tour à son cou pendouille de chaque côté. Il attend. Ceci-dit, il attendra pas bien longtemps, elle le sait. Contrairement à Jun, qui attend sagement en Écosse depuis leur conversation. On fait quoi, du coup ? se mouille-t-elle, tout entièrement, même que l'eau est gelée. Elle enfonce les mains dans les poches de son manteau et trouve l'ancien gant de quidditch d'Elliot qu'elle serre pour se donner le courage de continuer. J'veux dire, on retente ou on retente pas ? Une dizaine de mouettes se foutent de leur gueule et atterrissent au pied du banc en visant clairement les restes du sac de croissants. Freya s'en fout, focalisée sur le Gallois. Elle est terrifiée à l'idée qu'il l'envoie chier, et ça se voit à ses yeux qui sondent la moindre de ses réactions.
Message publié le 05/01/2026 à 17:31
Une chose est sûre : elle portait son pantalon au réveil, et son soutif aussi. Le t-shirt gisait au sol, accompagné de leurs autres vêtements éparpillés dans la cabine, écharpe BLACKBURN incluse. À bien y réfléchir, ils ont dû s'endormir comme des cons qu'auraient trop tourné autour du pot, étourdis à force de pas savoir comment s'y prendre pour clôturer un date à peine croyable. C'est quelque-chose qu'a toujours échappé à leur couple : la sexualité. D'abord trop jeunes, puis trop occupés, et trop séparés par des vies opposées, et maintenant trop quoi ? Trop effrayés sûrement, de traverser le mur, de gâcher un truc tellement fragile qu'il a l'air d'exister seulement dans l'autre dimension - celle où c'est facile, vous suivez ?
Freya se souvient ; ils ont enflammé la scène. Elle rit. Les Beatles putain, c'était l'gage des fléchettes, le massacre ! Ouais j'me rappelle pas tout, mais ça m'revient, commente-t-elle en frottant ses yeux alors qu'Elliot s'installe contre elle sur le banc. Elle lui jette un regard de biais avant de retourner à son observation du port, le café encore brûlant enveloppant leurs narines. Du haut d'un mât, une mouette piaille, et bientôt, un vélo passe, et la rouquine se demande si le Gallois rame autant qu'elle à savoir comment lui dire au-revoir. Soudain, sa question semble la réveiller. Hein ? Elle tourne vivement la tête en direction d'Elliot, légèrement ahurie. Il enchaîne. Elle prend le sachet posé à coté d'elle pour le mettre sur les cuisses du brun. Tiens, j'ai résisté à goûter sans toi. J'pense que tu vas préférer ça aux escargots et aux huîtres, assure-t-elle avec légèreté en ouvrant un peu le papier qui dévoile les viennoiseries chaudes et croustillantes. Faudra faire un top d'ailleurs, entre, ça, les espèces de pancakes d'hier, le vin blanc aussi, la baguette... - la baguette, par Merlin, j'peux plus vivre sans baguette j'crois. Ouais, les conneries passent mieux que les discussions sérieuses. Puis ça permet d'oublier qu'elle a un bézoard au fond de l'estomac.
Elle ouvre d'ailleurs le couvercle du gobelet prudemment avant d'y poser ses lèvres pour avaler une gorgée de café. Oh ça fait du bien ! souffle Freya en gardant un moment ses yeux fermés. Quelques minutes s'écoulent, ponctuées de souvenirs d'hier jetés à la volée, d'une dégustation de croissant qui les fera encore saliver longtemps, d'une chute de café évitée, et au détour de l'anecdote du bras de fer, ça lui échappe. T'étais fier de dire qu'j'étais ta copine quand j'ai gagné alors arrête de rabâcher qu'j'ai triché ! lâche-t-elle, d'abord joyeuse, puis écarlate. Fin, ta copine d'hier soir quoi. Elle se racle la gorge et enfonce son nez tâché de rousseur à l'intérieur du gobelet pour terminer les dernières gouttes de café, aussi imaginaires soient-elles.
Message publié le 05/01/2026 à 11:47
P't'être qu'il avait raison de s'inquiéter. P't'être qu'elle s'est tirée. Elliot se réveille avec la pâteuse et le barreau, mais sans Freya. Un édredon serré entre les bras, il est dans le petit lit vide d'une cabine de voilier qui tangue, et tangue, et n'en finit plus de tanguer. Dehors, les chaînes tintent contre les coques en plastique, et les mouettes piaillent bruyamment. Quiberon s'éveille.
De toute façon, fallait s'en douter ; leurs vies sont incompatibles, nan ? Ils habitent carrément pas dans le même pays l'un et l'autre ! Et Freya qui fuit, ce serait pas la première fois.
Soudain, le rayon de soleil rempli de poussière traversant la porte d'entrée de la cabine disparaît, et la rouquine apparaît, vêtue comme la veille, ses cheveux attachés en queue désordonnée, son manteau ouvert jusqu'en bas. Putain ça ballotte ici, commente-t-elle en croisant le regard un peu con d'Elliot. Elle prend soin de refermer la porte et s'assoit sur les marches de l'escalier. Bien dormi ? J'suis réveillée depuis 7h j'crois, fallait qu'je sorte, ça m'a filé la gerbe à force, pas toi ? Elle l'observe, un sourire fugace aux lèvres. Elle sait pas trop c'qu'elle fout là, et comment ils vont gérer leurs souvenirs, et leurs trous noirs, suite à la soirée. À tout moment, ils feront style de rien, se diront au-revoir, et prétendront que ça n'a jamais existé. Il est 9h45, tu devais partir quand ? demande-t-elle en désignant un petit réveil posé sur l'une des étagères de la cabine.
On est samedi, donc Charlie rentrera tôt ou tard à Pré-Au-Lard.
La boutique va être blindée de clients, et Jun passera sans doute à l'atelier dans l'après-midi.
Freya se frappe les cuisses en même temps qu'elle se redresse. Bon ! Moi j'me suis lavée vite fait à l'évier au-dessus des toilettes, tu verras c'est drôle, y'a une mini douche, plaisante-t-elle, étrangement détachée. Y'a un truc un peu lunaire, comme s'ils avaient subitement quitté la dimension facile pour atterrir brutalement au milieu de la dimension où ils se comprennent jamais. Et sinon j't'ai volé des euros, et j'suis allée acheter du café et des cwoissantes, mais j'vais t'attendre dehors, y'a un banc, moi j'peux plus rester là hein, annonce finalement Freya avant de disparaître à nouveau. Sur le pont, elle inspire l'air frais en fermant brièvement les yeux, puis récupère les deux gobelets de boisson chaude, et le sachet en papier avec les croissants.
Ses rangers foulent le sol stable de la presqu'île, à quelques mètres du ponton. Baguette au fond de la poche de son pantalon cargo, elle a continué de jouer la femme moldue, incapable de savoir si des infrastructures magiques sont assez proches d'eux pour risquer un sortilège ou pas. Un soupir lui échappe lorsqu'elle se laisse tomber sur le banc face au port. D'un geste, elle éloigne une mouette un peu trop curieuse. Hey, c'mon p'tit dej ça, pas l'tien ! Des touristes en balade arpentent déjà le bord de l'eau, et les commerçants sortent leurs panneaux, déploient leurs stores, et la vie de Quiberon reprend. En fixant les mâts ballottés par les vagues, elle sent un vide l'envahir. Son esprit se perd, et l'aînée Carter sort l'un des cafés pour l'envelopper de ses paumes - geste réconfortant. La tête dans le cul, elle attend Elliot, sans vraiment savoir si elle l'attend réellement.
Quand il arrive, elle sait qu'elle l'attendait.
Elle fixe sa silhouette, sa démarche, et détourne le regard, gênée. Alors qu'il est assez proche, elle lui tend un gobelet coiffé d'un couvercle en plastique. Tu t'rappelles si on a chanté toi ? questionne-t-elle, en faisant style de rien.