Harry Potter RPG

Liste des messages de Freya Carter

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Le match caritatif

Message publié le 04/01/2026 à 21:08

— Un seul peut-être, mais six chupabra-chubrapa-chu-..râh ! Bref, six, ça se plante là, partout, ça lui suce le sang, j'te jure qu'il peut rien faire ton pansedefer ! rétorque Freya dans un grand mouvement du bras, les joues plaquées de rouge et la capuche de son manteau à fourrure qu'elle remonte soudain, surprise par la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur. Par contre ils sont trop nuls en créatures les moldus !!! Ils connaissent la licorne, le dragon - comme si y'en avait qu'un seul, le troll, et voilà quoi, c'est pas faute d'avoir essayé de mimer une chimère, sauf qu'aucun n'a compris ce qu'elle voulait dire avec sa fourrure d'un côté et ses nageoires de l'autre. 

 

N'empêche que ce soir, Freya Carter peut se targuer d'avoir retrouvé l'état d'esprit Pouffy, quoiqu'en pense Elliot en la qualifiant de Serpentard. Elle appartient à la maison des épicuriens, de ceux qui savent s'amuser, jamais derniers pour une connerie. Dans les bras d'Elliot, elle étire un sourire en coin. T'as peur d'en avoir une toute petite à cause de l'eau froide, Blackburn ? La rouquine se marre, et se marre encore lorsqu'il joue la comédie, et que sa voix sort étouffée par la capuche tant il a enfoncé sa tête loin contre son cou. Ça paraît si naturel qu'aucun d'entre eux n'a besoin de réfléchir, et que leurs corps s'aimantent, se cherchent, se collent, bercés d'une tendresse bien présente depuis plus de dix ans. Si c'est des loups aussi mignons qu'mon frère sous potion, je gère, répond-elle en caressant distraitement la nuque du brun. Autour d'eux, la brume envahit les alentours du bar, et la houle bringuebale les voiliers du port Haliguen, à seulement quelques enjambées. 

 

— Hey les British ! Vous faites quoi après ?! Vous dormez où ?!! s'exclame un client du bar accompagné du grand tatoué. Il presse ses mains sous son oreille et prétend ronfler devant Elliot et Freya. Mal de mer ? Vomir ? Cinq longues minutes de language des signes et de Franglais après, les sorciers comprennent que les deux hommes possèdent des bateaux amarrés au port, et leur proposent l'hébergement gratuit. Vous allez jamais trouver d'hôtel là, tout est fermé à c't'heure-ci !

 

— Oh oui vas-y, t'as dit qu't'avais jamais fait de bateau ! Ils comprennent pas tout, sauf qu'ils décident d'aller jeter un œil, persuadés qu'il peut rien arriver à deux sorciers armés de leurs baguettes face à deux moldus, aussi musclés soient-ils. Nous on va crécher là, moi j'peux vous prêter l'mien pour la nuit, continue joyeusement le plus bavard en désignant tour à tour des voiliers amarrés non loin l'un de l'autre. 

 

Alors voilà, en un froissement de paupières, Elliot et Freya se retrouvent emmitouflés sous une épaisse couverture, assis à même le pont du bateau dans lequel ils vont dormir cette nuit. L'Écossaise lève sa tête vers le ciel. Des étoiles françaises, marmonne-t-elle, rieuse, blottie contre le brun. L'homme du bistrot a allumé un chauffage d'appoint au cœur de la minuscule cabine avant de quitter le voilier en gardant les clés du contact avec lui. C'est au tour de la rouquine de promener son nez au creux du cou d'Elliot. 

 

— T'vois, j'étais fairplay, j'ai gagné le bras d'fer, mais j'ai fait exprès de perdre aux fléchettes. Du coup égalité, c'pour ça qu'il nous héberge, murmure-t-elle encore, alors que quiconque l'a déjà vue jouer aux fléchettes sait pertinemment qu'elle est simplement nulle à ce jeu. Bon alors, t'en penses quoi d'ce date ? 


Le match caritatif

Message publié le 04/01/2026 à 11:27

Mais t'es trooop deg' ! s'exclame Freya, la tête penchée en arrière d'hilarité, un rire de gosse bananant ses lèvres humectées de vin français. Elle se tord le cou afin d'éloigner sa joue d'Elliot et l'essuyer, le nez retroussé. J'vais puer l'escargot ! râle-t-elle encore sans franchement quitter les bras du Gallois. Il en faudra plus pour la déloger d'ici. Leurs chaussures se chevauchent maladroitement le temps qu'ils retrouvent l'équilibre, et la rouquine se marre, finalement bel et bien collée à son batteur préféré. Une boule à facettes concurrence ses tâches de rousseur avec autant de points lumineux projetés sur leurs silhouettes enlacées. Ils ignorent le tintamarre des autres clients jusqu'au dernier refrain qui monte dans les aigus et fait lever les sourcils de Freya. Elle capte l'air tout aussi éberlué d'Elliot, et s'en amuse, louchant pour provoquer son rire. 

 

Puis au milieu des couples en pleine interprétation mélodramatique, l'Écossaise tend le menton et embrasse le brun aussi lentement que leurs corps tournent l'un contre l'autre. Une fois, deux fois, trois fois, elle picore ses lèvres amoureusement. Et à nouveau, la musique s'éteint, et elle rouvre les yeux, un peu paumée. Bien sûr, ça ne lui a pas échappé que les mains d'Elliot ont commencé à devenir baladeuses, qu'elle a aimé ça, et qu'un dérapage pourrait arriver vite entre eux. Un sourire badin au visage, Freya essaye de garder le contrôle. J'sais qu't'as trop envie d'sucer et d'lécher des trucs là, mais calme-toi ; la France, c'est le pays de l'élégance, chuchote-t-elle au creux de son oreille en retirant les mains du sportif accrochées à ses reins. Elle retient un rire en comprimant ses lèvres, et fixe les alentours, l'air de rien. La réalité, c'est qu'elle préfère résister plutôt que de finir comme Petra Frostwell et les autres filles dont Elliot a fini par obtenir ce qu'il voulait. Et soudain le karaoké reprend, et Freya remarque un attroupement près d'une table. 

 

— Putain ils font un bras de fer là-bas ! Elle hallucine, se fraye un chemin à travers les épaules des spectateurs, et tombe sur deux trentenaires rouges vifs, penchés, paumes serrées et phalanges blanches. Les tatouages du premier s'animent lorsqu'il contracte son muscle, et la jugulaire du deuxième a l'air de vouloir sortir de son cou. C'est lui qui perd, à peine quelques secondes plus tard. On demande un volontaire, et allez savoir pourquoi, elle n'hésite pas une seule seconde avant de rejoindre la place en face du gars tatoué. C'est pour toi Bébé, déclame-t-elle avec toute la beauferie du monde en fixant Elliot alors que des sifflements retentissent encore, mais pour l'encourager cette fois. On lui parle, elle comprend rien, et visiblement, l'homme s'amuse d'avoir une Anglaise sortie de nulle part en adversaire. Loin de se démonter, Freya retire son pull, exhibant un vieux t-shirt marron rayé de jaune. Elle fait mine de relever sa manche qui retombe aussitôt. Les clients attroupés sont euphoriques tandis que la sorcière et l'homme tatoué s'agrippent les mains. 

 

La différence de taille entre leurs doigts n'impressionne pas la fille du quasi-géant Carter. Elle sourit en observant son challenger. Personne n'y croit. Ils ont raison, à égalité, ce serait impossible. 

 

Sauf que l'Écossaise possède un atout que les moldus ignorent, la manumagie

 

Elle sait qu'elle devrait pas. Mais qui va s'en rendre compte, à part Elliot ? Elle lui jette un regard malicieux alors que certains spectateurs tapent la table pendant que le combat fait rage. L'autre en face se crispe, pige rien, marmonne des trucs en Français, et s'évertue à garder le sourire. 

 

Les pieds ancrés dans le sol, le dos tendu en avant, elle tire la langue, concentrée pour doser sa magie davantage que pour contracter ses muscles. Le gars transpire. La musique fait trembler les murs. Les clients crient et rient, et puis soudain, elle abat la paume de son adversaire contre la table sous l'ovation générale de la petite foule du bistrot. 

 

Quelques minutes plus tard, au bar, on leur offre des verres d'un alcool appelé Chouchen. Freya trinque avec Elliot. Cul sec ? Dans ses yeux, elle capte la revendication silencieuse et s'offusque faussement. Quoi ? T'avais dit balai interdit, baguette interdit, et passer pour une complète moldue... j'ai rien transgressé hein ! s'exclame la Poufsouffle avant de descendre la boisson d'un trait. 


Le match caritatif

Message publié le 03/01/2026 à 17:12

— J'préfère les écouter massacrer Freddie Mercury que d't'entendre dire des conneries sur ma sœur ! aboie la sorcière à travers la musique trop forte, un sourire vengeur aux lèvres. Elle fixe Elliot, les yeux brillants, et l'imite en avalant quelques gorgées de vin, juste avant de protester, faussement excédée. Ouais mais s'ils nous resservent à chaque fois aussi, on peut pas compter les verres ! Moi j'ai des transplanages après hein ! Elle n'en pense rien, décidée à se payer un hôtel si ça lui permet d'allonger la soirée en compagnie du batteur aux yeux ténébreux. Son menton opine au rythme de la guitare électrique tandis qu'elle fredonne en préparant la prochaine huître qu'elle mangera, lorsque son regard s'arrête sur Elliot, en train de lécher un troisième escargot. T'es sérieux ? ricane-t-elle, les joues rougeoyantes, tu vas tous les sucer comme ça ?! On va s'faire virer ! Davantage pour illustrer son propos que par réelle inquiétude, elle jette un œil vers les membres du staff. Puis elle pouffe, et aspire son huître au goût d'eau de mer face à la grimace du brun. Moi au moins j'fais honneur à la nourriture française, tssss ! Elle se beurre un morceau de pain en évitant soigneusement le regard du Gallois qui pourrait la faire mourir de rire en une seconde. M'en reste encore trois, tu vas survivre ? se moque la rouquine entre un couplet haché au couteau et un refrain chaotique. Ils font pas semblant de bousiller l'accent anglais. Elle se retient de cracher la prochaine huître tellement c'est horrible. J'préfère p't'être t'entendre dire des conneries sur Alison en fait. Nan tais-toi j'ai rien dit ! Deux huîtres avalées plus tard et le même nombre d'escargot léchés par Elliot, le serveur revient remplir leurs verres - il termine d'ailleurs la bouteille

 

L'Écossaise tend son bras pour trinquer avec le brun, une fossette creusant sa joue couverte de tâches rousses. T'as dit que Française et moldue c'est un truc de dingue, mais moi j'crois que c'est pas ça le vrai truc dingue de la journée, lâche-t-elle quand leurs verres s'entrechoquent. Puis les clients décident de s'attaquer à The Clash, et Freya avale une grande gorgée de vin avant de se lever, saisie par l'envie de rejoindre la piste de danse improvisée. ...you got to let me know... Should I stay or should I go?!! commence-t-elle à chanter en mimant la guitare qui divise les couplets, ses yeux dans ceux d'Elliot. Elle attend qu'il se décide à venir, et s'il ne vient pas, elle recule quand même, rapidement au milieu d'autres fêtards. 

 

La sensation d'enivrement est trop bonne pour qu'elle puisse prétendre garder le contrôle, un sourire mou aux lèvres, ses cheveux lâchés sur ses épaules. Autour d'elle, les gens dansent et acclament le couple derrière le micro. 

 

Lorsqu'enfin son ancien camarade d'école surgit, les dernières notes de musique retentissent malheureusement. Trop tard, beugle l'aînée Carter à côté de l'enceinte. Et les chanteurs cèdent leur place, et très vite, une douce mélodie enveloppe le bar. Un slow. Freya rougit. Un instant, ils se fixent bêtement - de vrais adolescents. Les couples se forment à gauche et à droite, et des sifflements retentissent. Elliot et Freya ne comprennent pas les paroles qui racontent l'histoire d'un gars dont les draps se souviennent encore du rêve qu'il a fait de son amante, et c'est mieux comme ça. Elle s'approche, accroche ses bras autour des épaules du Gallois et laisse sa tête dodeliner. Tu sens l'escargot.


Le match caritatif

Message publié le 24/12/2025 à 10:22

Être ici, le nez enfoncé dans un verre de vin français, les prunelles vissées sur l'explication d'Elliot à propos du karaoké, ça semble irréel, comme une parenthèse trop précieuse - qui ne durerait qu'un temps, et dont il faut conserver chaque seconde en mémoire. Freya observe son... son... ancien (?) petit ami, goûter bravement l'escargot en grimaçant. Putain, t'l'as fait, rit-elle en posant son verre pour saisir à son tour la minuscule fourche de métal au bout duquel gît un gastéropode recroquevillé sur lui-même, que le serveur a bien voulu sortir de sa coquille en démonstration. Attends, j'vais te dire, mais déjà, le vin ? C'est trop bon, nan ? Ils sont coupés par le chant des clients et l'Écossaise ricane encore. Elle jette un œil amusé à l'ensemble de la salle sans rien comprendre aux paroles de la musique. C'est un air entraînant et certains se prennent bras dessous, bras dessus, pour se balancer avec ferveur.

 

— Dans tes rêves Blackburn, ce soir j'garde le contrôle, assure-t-elle, malgré la bouteille d'alcool qu'ils s'apprêtent à partager à deux. À son tour d'affronter l'escargot. Elle le fixe, louche un peu, le renifle, et recule sa tête. Ça m'rappelle quand Joy a bouffé la queue d'une salamandre en cours de potion, elle avait la même forme, j'vais mourir ! Elle cache sa bouche, tourne les yeux, et croise le regard d'un serveur posté plus loin, qui l'encourage à essayer d'un geste muet. Bon, j'suis coincée, déclare alors Freya en passant l'animal entre ses lèvres. Séduite par la saveur du beurre persillé, elle mâche, croque, et confirme immédiatement l'impression d'Elliot. Oh ouais putain, c'est chelou. C'est bon, j'crois, mais la texture... on dirait la peau du Haggis - un plat traditionnel écossais fait à partir d'une panse de brebis farcie d'abats de moutons. Elle en mange directement un deuxième, qu'il faut aller chercher au fond de sa coquille grâce à la petite fourche, et prend le temps de l'analyser. Si t'en bouffes pas tous les jours, j'pense que l'beurre là, avec les herbes dedans, c'est addictif ça par contre, c'est trop bon, ça m'fait penser au garlic bread le goût, commente-t-elle, investie, avant de prendre une huître qu'elle détaille scrupuleusement. T'as déjà testé ? On en mangeait des fois avec mes parents avant, mais ça fait mille ans qu'j'ai pas re-goûté. À l'aide du couteau, elle détache l'huître de la coquille, puis y dépose une cuillère de vinaigre aux échalotes en expliquant à Elliot qu'il peut aussi mettre du citron s'il préfère. Pour terminer sa bouchée, la rouquine avale une gorgée de vin. J'me sens Français, ça y est, plaisante-t-elle en faisant tourner le liquide dans son verre. 

 

Du côté des enceintes, la musique change. Les premiers mots d'un classique de Brassens retentissent et illuminent le regard de Freya. J'la connais celle-là ! Fin j'la connais. J'peux pas chanter hein, mais j'la reconnais plutôt. Horace m'l'a déjà chanté, j'en suis sûre, s'émerveille-t-elle. Encore une fois, la plupart des clients accompagnent joyeusement les refrains, et elle se surprend à taper en rythme ses mains l'une contre l'autre pour les imiter. Finalement, la vie de moldu, c'est assez facile jusqu'à maintenant. Un serveur vient resservir leurs verres en vin blanc et leur demander si tout va bien, et les lumières de l'établissement finissent par se tamiser, laissant place à une ambiance plus festive. 

 

L'aînée Carter saisit un morceau de pain dans le panier qu'ils ont à disposition, près de la terrine et des rillettes. Baguette baguette, rit-elle, avant de s’extasier en le faisant croustiller à sa propre oreille. Nan mais wah, mais pourquoi on n'a pas ça en Écosse ?! Elle recommence à côté de l'oreille d'Elliot. Écoute ! J'te jure, y'a un business de boulangerie française à ouvrir à Pré-Au-Lard, ce serait l'feu ! Les habitants s'y presseraient à la recherche de viennoiseries dès le matin, à l'heure du goûter, et au soir, en rentrant chez eux. 


Le match caritatif

Message publié le 17/12/2025 à 10:03

Il regrette rien. La rouquine se gausse bêtement, car, quel espèce de gars regretterait d'avoir passé ne serait-ce qu'une nuit avec Miss Petra Frostweel et ses deux boobs en forme de souafles ?!! Bien sûr, un seul prénom vient à ses lèvres ; Jun, qui aurait probablement renvoyé la bimbo à ses tapis de défilé, totalement imperméable - eunuque, certains diraient. Nan mais j'pense bien qu'vous avez dû avoir des "conversations... profondes", s'amuse encore Freya en ponctuant sa phrase de guillemets mimés entre ses doigts. Elliot sait pertinemment qu'elle n'est pas dupe, de toute façon, et qu'il vaut mieux éviter de la baratiner. 

 

Dans la voiture, l'Écossaise fronce les sourcils en essayant de comprendre quelques mots, et le nom du bar conseillé par les moldus. Elle donne une dernière caresse affectueuse au chien avant de sortir sur le trottoir lorsqu'ils arrivent. Dehors, au moment où Elliot désigne l'enseigne du BaraGwin, un vendeur de jouets lumineux fait sursauter la sorcière en agitant sa balle sous son nez. Putain j'ai eu peur ! ...euh, non merci, refuse-t-elle poliment en secouant sa main devant l'homme tandis qu'ils s'engouffrent à l'intérieur du bistro. Immédiatement, ses yeux captent plusieurs personnes avec des verres à pieds remplis de liquide rubis ou légèrement doré. On va boire du vin français ! sourit Freya, enjouée à l'idée de tenir elle-même l'un de ces élégants verres. En un rien de temps, ils se font guider vers une table, cartes et menus tendus à chacun d'entre eux. Un groupe de clients plus agités que les autres lui rappelle l'ambiance d'un pub. Au fond de la salle, quelque-chose se prépare. 

 

Sur un trépied, une tige, et au bout, un amplificateur sonore- un. Attends. un.. râh, souffle-t-elle, le mot oublié parmi sa liste de vocabulaire moldu. Des deux côtés, des blocs noirs bordés de lumières colorées, et à l'arrière, un écran où les pixels défilent pour donner le titre de musiques principalement en Français et un peu en Anglais. Y'a un concert ? elle questionne Elliot pendant que le groupe de clients bruyants est penché autour d'un classeur répertoriant des centaines de chansons du monde entier. 

 

On revient déjà prendre leur commande. Du vin ? tente Freya, des picotements d'excitation et de chaleur aux joues, en posant son index en haut de la liste des boissons où un dessin de verre à pied donne le ton. 

 

Après un échange hasardeux et quelques minutes d'attente, ils ont deux verres servis, le reste de la bouteille de blanc posée dans un seau à glaces près d'eux, et plusieurs petites assiettes sous les yeux, dont une avec 6 énormes escargots et une autre avec des huîtres. L'aînée Carter jette à Elliot un regard incertain. Bon. Elle se marre, soudain perplexe. On goûte le vin d'abord ? On trinque ? demande-t-elle en soulevant son verre comme - selon elle - une Française le ferait. Ses prunelles agrippent celles du brun, presque romantiques, et pile à cet instant, le crissement du micro trop proche de l'enceinte leur arrache une grimace de douleur. C'était quoi ça ?! s'inquiète-t-elle, avant de constater que personne n'a l'air paniqué. Au contraire, des applaudissements joyeux encouragent la femme qui vient de se placer derrière le micro. C'est une soirée karaoké. 


Le match caritatif

Message publié le 15/12/2025 à 12:56

— T'en sais rien du tout ! Elliot 1 - Freya 0 ; elle tient pas l'alcool, certes, mais pour sa défense, elle a jamais eu franchement d'adolescence, et voir son père vomir du whisky pur feu en chialant l'absence de Kate Carter, c'était une entrée en matière assez rédhibitoire. Elle a fumé. Elle fume encore parfois ; d'ailleurs elle a même un pied de cannabis au milieu des autres plantes du jardin - cadeau de Colt après son séjour en van au 76 Grand-Rue. Le bocal rempli de têtes sèches traîne nonchalamment sur l'une des étagères de son placard, comme s'il s'agissait d'une simple réserve de cookies dans laquelle l'Écossaise pioche de temps en temps sa récompense en fin d'une rude semaine.

 

Sans transition, la sorcière lève deux sourcils dubitatifs à la défense du Gallois concernant sa solide réputation de séducteur frivole. Ouais tu sors jamais avec des filles pour leur physique, j'avais oublié, prétend faussement Freya, avant de se tourner légèrement et de coller sa main fermée contre ses lèvres, rieuse. Petra Frostwell ! elle tousse, évoquant l'une des apparitions d'Elliot en compagnie d'une mannequin américaine à la poitrine XXL, il y a même pas deux ans de ça. Pardon, j'ai un truc dans la gorge, continue-t-elle, toujours amusée.

 

Sa chaussure heurte un caillou qui cavale devant eux. Oh r'garde, c'est tout p'tit, si ça s'trouve c'est le cerveau de Petra, merde. L'aînée Carter se marre, chahutée par le batteur, jusqu'à ce qu'il fasse une vraie proposition de date : un date entièrement moldu, annoncé sur un ton digne d'Elliot Blackburn lorsqu'il a une idée costaud en tête. Elle fait rouler ses yeux. Le pire, c'est qu'tu crois que j'vais pas m'en sortir, c'est ça ? Elle ramasse le caillou en passant à côté, et l'enfonce dans sa poche. J'vais embarquer l'cerveau de Petra au cas où le mien suffise pas, annonce-t-elle le plus sérieusement du monde, ou presque, un sourire pinçant ses lèvres. 

 

Et tandis qu'ils marchent au bord d'une route rythmée par le passage des voitures embarquant tous les promeneurs de retour du bout de la presqu'île, la rouquine en profite pour questionner le Gryffondor, à propos de la manière dont sont alimentés les réverbères éclairant leur trajet à cette distance du continent, de l'utilité des plaques d'immatriculation, ou encore des problèmes de réseau téléphonique qu'elle a rencontré en voyageant quelques semaines auparavant. Elle voit pas le temps défiler, mais Elliot décide qu'ils doivent faire du stop et Freya le prend comme l'épreuve numéro une de son date 100% moldu. Sans Magicobus j'imagine, commente-t-elle en se tournant vers la ribambelle d'automobiles. 

 

Elle secoue sa main pour attirer le regard des conducteurs, et le joueur de quidditch lui rappelle qu'il faut tendre le pouce lorsqu'une, puis deux voitures se contentent de klaxonner joyeusement en passant devant eux. Tendre le pouce ? Ça paraît ridicule. 

 

L'Écossaise jette un regard suspicieux à Elliot. Elle se sent bête, le pouce tendu.

 

Sauf qu'effectivement, le résultat est rapide. Une voiture moyenne s'arrête, et la vitre du côté passager s’abaisse pour révéler une quinquagénaire brune et souriante, et un homme du même âge au volant. Après quelques secondes d'un mélange de langue des signes et d'Anglais maladroit, les voici assis de chaque côté d'un gros chien poilu, mouillé, et très sociable, sur un fond de variété française. Bon bah tu vois, murmure la Poufsouffle en caressant l'animal qui lui lèche la joue, j'me suis débrouillée, nan ? Elle éloigne un peu le museau du chien, et observe l'intérieur de l'habitacle en se retenant d'avoir l'œil trop curieux. Un sapin suspendu au rétroviseur attire son attention - drôle d'objet de décoration.


Le match caritatif

Message publié le 13/12/2025 à 09:21

Elle a balayé les doutes du batteur d'un geste de la main, façon "laisse tomber", parce qu'elle sait qu'il va l'raconter à personne, mais elle devait s'entendre lui demander de rien dire, pour sa propre conscience à elle. Ouais, j'm'accroche à l'idée qu'il aura qu'du mieux maint'nant, ne s'rait-ce qu'une famille ; nous, les filles, Papa, même Horace et Bart. Ça compte. Et franchement il encaisse bien, il est résilient d'fou, ça rend les choses faciles, conclue Freya d'une moue approbatrice alors qu'Elliot termine d'ingérer la nouvelle, et d'avaler les Millions cola. La stigmatisation des personnes atteintes de lycanthropie dans le monde magique existe toujours, malheureusement, mais l'aînée avait la certitude que son ancien camarade de classe serait assez tolérant avec son nouveau petit frère pour pouvoir lui en parler ouvertement. Elle se sent soulagée de l'avoir fait.

 

L'esprit plus léger, elle laisse le Gryffondor la blottir contre lui, et fixe le coucher du soleil français, jusqu'à ce qu'il prétende qu'ils sont en date. Mh-mh. Silencieuse et écarlate, Freya retient un sourire con de fendre ses lèvres, et se retrouve avec une fossette en virgule au coin de la bouche, qu'elle camoufle finalement derrière une vieille répartie. Quoi t'as peur qu'elle te vole la vedette, ta meuf ? Franchement, on m'a dit qu'la bière dans les bars français, on dirait de la pisse de gobelin malade, c'est dommage de rater ça hein, plaisante-t-elle, les bras amoureusement passés autour de la taille d'Elliot, le temps qui file beaucoup trop vite au-dessus de leurs têtes, et aussi quelques mouettes

 

Difficile de dire s'ils sont restés muets trois minutes ou trois quart d'heures après ça, mais l'océan a roulé un paquet de fois contre les rochers, et le soleil s'est noyé définitivement, et l'aînée Carter n'a pas décollé ses semelles d'un millimètre de celles des baskets du Gallois - entre nous, un exploit pour deux personnes habituellement remuantes comme eux. Alors le retour du bain de minuit transformé en bain de dix-neuf heures anime soudain la sorcière qui lève un sourcil. Mister Elliot Blackburn, va falloir repenser tes activités d'dates, là on dirait juste qu'tu cherches un prétexte pour m'foutre à poil, mais j'suis pas ce genre de fille, t'as remarqué, mh ? chantonne-t-elle, amusée malgré le fond de vérité derrière ses paroles. Parce qu'il est bel et bien ce genre de gars, à vouloir déshabiller des nanas avant même d'apprendre leur prénom, et qu'un tas de filles le font avec lui sans broncher, de toute façon. Tu proposes quoi en dehors de ça, en truc où on garde nos vêtements ? demande encore la rouquine, un sourire badin aux lèvres. 

 

Elle se retient à peine de le dévorer des yeux, en vérité. Elle a envie de l'embrasser, de longer sa mâchoire, glisser dans son cou. Elle a envie qu'il la déshabille. Qu'il suive des chemins empruntés par ses propres mains, tellement de fois, en pensant à lui


Le match caritatif

Message publié le 12/12/2025 à 09:34

— T'es chiant. Elle l'a bousculé lorsqu'il a ironisé avec les tabloïds, et s'est efforcée d'enfouir loin toutes ses appréhensions concernant la médiatisation de leur relation. Mais au fond, Freya sait que le sujet reviendra tôt ou tard, qu'il leur prendra la tête plus d'une fois, et que les journalistes sauront s'inviter entre eux, quoiqu'il se passe. C'est ce qu'ils ont toujours fait, depuis sa naissance et jusqu'à maintenant, en pointant du doigt la moindre faille du foyer Carter. Et elle les voit aujourd'hui, se jeter sur Spike Ryder, sur Elliot Blackburn, sur d'autres joueurs, pour recommencer exactement la même chose ; des articles sensationnels, et sensationnellement destructeurs. Alors peut-être qu'à 15 ans, qu'à 20 ans, qu'à 25 ans, on s'en fiche de savoir qu'une gazette nous titre de perturbateur - au contraire, sauf que les mots ne cessent de s'endurcir, jamais assez foudroyants aux yeux des lecteurs avides d'émotions. Donc Freya l'enfouit, et balaye son pessimisme en renvoyant ses cheveux en arrière d'un geste brouillon.

 

Elle regarde distraitement Elliot s'enfiler une bonne poignée de Millions d'une seule bouchée, et pose la main contre son épaule lorsqu'il s'étouffe face au nouveau chapitre de la vie des Carter : "Éduquer un enfant cracmol atteint de lycanthropie chez les sorciers". T'inquiètes, moi aussi j'ai failli m'éplucher le pouce au rabot quand mon père m'a lâché ça au milieu de l'atelier. Ils savent jouer sur l'effet de surprise dans cette famille. Elle le laisse reprendre ses esprit, lui pique même une petite poignée de confiserie au passage, et hoche la tête assez vigoureusement. Ouais ouais, ch'a va. Il est déclaré et tout ; mon père ch'est chargé des démarches au Ministère, le nouveau prof de potion prépare le tue-loup, et y'a une nana qui peut faire un suivi apparemment, dit la rouquine en terminant d'avaler la pâte à mâcher juste avant de piquer un fard alors qu'il affirme qu'elle l'incite à venir au 76 Grand-Rue par tous les moyens. Hein mais nan ! N'imp', se défend-elle en réalité à peine. C'est son inconscient qu'invite Elliot à répétition, pas elle, ok ?!

 

— Fin bref, ajoute-t-elle en s'assurant d'un regard que personne ne les regarde, il peut pas nous faire de mal avec la potion. C'est même plutôt lui qui souffre, le pauvre. Faut qu'il supporte ça toute sa vie, d'être potentiellement dangereux, et avant qu'on le récupère, il prenait rien, ils le laissaient se transformer et l'enfermaient, fin l'enfer, il est un peu trauma quoi, normal. Donc on fait de notre mieux pour lui donner les bonnes conditions maintenant. Les mots s'échappent, rapides, comme une confidence lourde à porter, qu'elle aurait eu besoin de décharger sur quelqu'un de confiance, quelqu'un qui ne dira rien à personne, et qui ne se permettra pas de les juger bêtement. Pas la peine de t'dire de garder ça aussi pour toi hein, lâche-t-elle avec un sourire contrit en remettant (encore) ses cheveux derrière son oreille, étonnée par sa propre façon de s'épancher sur sa vie devant le batteur. Fin voilà, bredouille Freya, un peu gênée, un peu persuadée d'emmerder Elliot à base d'histoires d'adolescentes et de gosses inadaptés, presque à chaque fois qu'ils se voient. 


Le match caritatif

Message publié le 11/12/2025 à 08:50

— Bah merde, réagit la rouquine en fixant connement son téléphone en panne de batterie. Faut dire qu'elle a jamais pris de précautions depuis qu'elle l'a, et que l'appareil vogue entre ses poches et les établis du 76 Grand-Rue lorsqu'il n'est pas connecté au chargeur externe filé par Elliot. J'ai pris le bloc, l'truc, le j'sais-plus-quoi pour remettre l'énergie, il est vide, j'devais t'l'envoyer t'sais et- sauf qu'il la coupe en plein bégaiement et lui demande la pire chose qu'on puisse demander à Freya Carter : poser sur une photo. Anwh, t'es sérieux ?!! Elle range le téléphone et ronchonne, incapable d'avoir quelconque relation avec sa propre image, son visage, son corps, dont elle ne prend pas spécialement soin, qu'elle considère juste comme un outil, loin d'avoir une fonction esthétique - aux antipodes de sa petite sœur Alison. Alors Freya se tient là, un brin boudeuse, un brin mal à l'aise, devant l'océan et derrière l'objectif d'Elliot. Heureusement, une femme les interrompt. 

 

Sa veste irisée semblable aux écailles bleues et violettes d'un occamy ferait pâlir Charlie d'envie. L'Écossaise comprend brièvement l'échange et sourit, jusqu'à se retrouver malgré elle sur une autre photographie, en compagnie du brun cette fois. Elle salut l'inconnue avant d'observer les miniatures dans l'écran du Gryffondor. Par Merlin cette tronche, commente-t-elle, pas convaincue. Tu les gardes pour toi hein ? Évidemment, il répond en débitant une connerie, et il réclame des bonbons. Freya se penche à la recherche de friandises, tâtonnant ses multiples poches que n'importe quel moldu attentif pourrait trouver suspectes - heureusement, les moldus ne sont jamais attentifs à rien. J'rigole pas Elliot, en vrai, on garde ça pour nous s'te plaît, répète encore la rouquine allergique aux journalistes. Elle sort un tube de Millions au cola de son cargo et lui tend. Il vont tous nous tomber dessus sinon. "Elliot Blackburn et la fille d'Owen Carter, ensemble !!!" imagine déjà l'aînée avec horreur.

 

Et comme le batteur ouvre le paquet de pâtes à mâcher qu'il s'enfile de moitié sans attendre, elle le désigne d'un signe du menton. T'sais c'est quoi ça ? À discrétion, elle se penche vers son oreille. J'ai un bébé LG à la maison, ça l'aide à faire passer l'goût du tue-loup, murmure Freya, surveillant la réaction du brun. Elle étire un sourire face à sa curiosité. Ouais, Marley, Marlito, il est pas seulement cracmol, reprend-t-elle sérieusement en jetant des coups d'œils autour d'eux pour éviter d'être entendue par les moldus. Bon on va gérer, on gère. J'veux trop l'aider à s'accepter quoi. Il est encore petit donc y'a moyen qu'il grandisse bien dans sa tête, tu vois. Pis même, il est méga chou, faudra qu'tu l'vois un jour, s'emballe un peu la sorcière tandis que le ciel n'en finit plus de rosir. Elle remet correctement son écharpe de supporter autour de son cou en prêtant attention à un panneau installé non loin. 

 

— Ah bah, on peut pas nager ici, regarde, un bonhomme barré. Ton bain de minuit tombe à l'eau, si j'peux dire ça... dommaaaaage, exagère-t-elle, railleuse. 


Le match caritatif

Message publié le 10/12/2025 à 10:23

C'est d'Elliot le Pitre dont Freya est d'abord tombée amoureuse au fil de leurs premières années. Son humour un peu naze, un peu con, sur sa gueule un peu belle, et son acharnement à la faire rire, à la faire chier, à la surprendre, sans relâche ; c'est ça, le début de ses sentiments pour lui, et ceux qui s'éteindront sûrement jamais. Suffit de voir la tête qu'elle tire alors qu'il l'entraîne par la main vers la côte sauvage de Quiberon - plein ouest, et qu'il cause du soleil français. Elle se marre, parce que, bien sûr qu'elle se marre. Les larmes sèchent au coin de ses tempes et ses phalanges cramponnent la main du batteur. À nouveau, la sensation l'envahit, comme sur le balai en décembre dernier, comme dans les rues de Cardiff y'a deux semaines, qu'il pourrait l'emmener au bout du monde, n'importe où, la changer d'univers, et qu'elle le suivrait.

 

Et pendant qu'Elliot comble le vide et attend que Freya retrouve définitivement son sourire, et oublie ses peurs absurdes, et balaye Jun de son esprit, le soleil descend vers l'Arche de pierre de Port Blanc, s'apprêtant à leur offrir une vision digne des cartes postales de la presqu'île. Arrête, ça va être beau, commente distraitement l'aînée Carter qui remarque d'autres touristes amassés ça-et-là, pour la même chose qu'eux. 

 

— Et là, c'pas un bike, c'est "bicyclette", j'te jure, c'est Horace qui m'a appris, c'est drôle, "bicyclette", répète-t-elle en reprenant Elliot sur sa tentative d'accent français. Forcément, il continue de se foutre de sa gueule, et ils chahutent, jusqu'à ce que le Gryffondor lui demande de traduire un petit objet cubique fixé au sommet d'un casque de l'un des cyclistes. Euh, j'connais même pas c'truc en Anglais, rigole Freya en fronçant des yeux pour essayer d'observer la caméra moldue. Elle y comprend rien. C'est p't'être un genre de girouette, comme ça il a la direction du vent. Ou alors ça le prévient d'la météo en avance ? Ce serait incroyable ! La technologie non-maj échappe à la sorcière, enfin presque, car voir autant de gens avec leurs téléphones en main lui rappelle l'existence du sien. Fatalement, elle lâche la main d'Elliot, et sort l'appareil de l'une de ses poches. Attends, attends, me dis rien, s'empresse-t-elle de prévenir, tout en déverrouillant habilement l'écran. Alors, "ok Google", c'est quoi un truc carré accroché au dessus d'un casque ? - si tu vois un truc carré accroché au-dessus d'un casque, il s'agit sûrement d'une caméra destinée à - AH ! Ah et "ok Google", comment on dit caméra en Français ? - en Français "caméra" se dit "caméra" - AH ! Tu vois, tu vois, on en apprend tous les jours, mhmh, rétorque l'Écossaise en jetant un œil au Gallois. Et comme ce dernier se marre, et qu'il donne une autre phrase à traduire à Freya, elle essaye, à moitié naïve. 

—  J'sens qu'c'est une grosse connerie mais bon. "Ok Google", ça veut dire dire quoi "Voul'vou couche avec toi ce soir ? - si tu parles de l'expression anglo-saxonne "Voulez-vous coucher avec moi ce soir ?", cela signifie en Français "Voulez-vous coucher avec moi ce soir ?" Elle est surtout connue comme étant le refrain de la chanson américaine. Freya fixe Elliot en retenant un rire gêné tandis qu'elle étouffe la voix du téléphone contre ses mains. MAIS ! Ok, ok, alors c'est ça qu't'avais préparé comme phrase pour aller au bar ce soir, mh ? Et tu crois qu'les Françaises se laissent convaincre aussi facilement peut-être ? Elle rabat une série de mèches en promenade sur son visage pendant que non loin d'eux, le soleil continue de plonger en direction des vagues et des rochers. 


Le match caritatif

Message publié le 09/12/2025 à 08:32

Elle a l'impression d'être une gosse face à un adulte. C'est comme s'il avait grandi, et qu'elle-même était restée émotionnellement bloquée à Poudlard, à quinze ans. Freya se rend compte du ridicule de la situation. Entendre Elliot parler du tableau comparatif prouve à quel point il trouve ça irrespectueux - c'est insupportable de savoir qu'il l'imaginerait presque calculatrice, alors qu'elle est juste complètement paumée. Elle veut disparaître sauf qu'elle est plantée là, devant ses propres démons, à décevoir encore celui qu'elle aime, à gâcher leurs retrouvailles depuis l'année dernière, parce qu'elle a peur. Parce qu'elle a vu ses parents se déchirer et se perdre à plusieurs reprises, même fous amoureux l'un de l'autre, et parce qu'elle a du mal à faire confiance, inévitablement.  

 

Elle en est réduite à secouer le menton de gauche à droite, incapable de parler, juste pour qu'il sache qu'elle fera pas de tableau comparatif et rien de tout ça. Elle déteste qu'il soit aussi abrupt, mais elle doit admettre qu'elle l'a mérité. Ça déclenche définitivement ses larmes de l'écouter dire qu'elle est pas cool, ni avec Jun, ni avec lui. Il a raison. Elle essaye d'essuyer ses yeux, en vain. J'suis déso, chouine-t-elle alors qu'il la ramène contre lui.

 

L'odeur d'Elliot l'envahit immédiatement, étourdissante, exactement comme ses gestes, ses paroles, sa façon de la serrer dans ses bras, d'embrasser son front. La vérité, c'est qu'elle n'a jamais ressenti ne serait-ce qu'une goutte de ça avec Jun. Parce que c'est Elliot, parce que ça a toujours été Elliot. Elle ferme les yeux, se cramponne aux bras qu'il passe autour de ses épaules et le retient de s'éloigner à nouveau. J'vais lui dire, chuchote-t-elle en se calmant, concentrée sur le contact des lèvres du brun contre son front. Elle inspire longuement. Elle penche un peu la tête en arrière pour que la bouche du batteur soit guidée vers l'arête de son nez, et ses pommettes mouillées. J'arrête, j'promets, souffle Freya, abandonnée à la tendresse d'Elliot. J'vais lui parler. Elle ouvre les yeux, ses cils roux encore chargés de larmes chaudes, les phalanges crispées à son manteau. J'veux pas m'foutre de vous, j'suis pas comme ça, t'sais bien qu'j'suis pas comme ça. Une mouette raille en passant. La capuche de l'Écossaise glisse et ses mèches s'envolent autour de son visage, chahutées par le vent. Elle expire lourdement l'écume d'un dernier sanglot perdu au fond de ses poumons. 

 

— J'ai peur de tout foirer et j'fais d'la merde. J'ai peur qu'on y arrive pas et qu'on s'fasse du mal. J'veux pas qu'on s'fasse du mal, dit-elle, de nouveau émue aux larmes. 


Le match caritatif

Message publié le 08/12/2025 à 17:35

Leurs chaussures se font face, plantées là sur la presqu'île française où Freya fixe Elliot en acquiesçant un peu bêtement. Est-ce qu'ils se sont bien démerdés au final ? Sûrement. Ils ont taffé, ils ont rien lâché, et l'opinion populaire considérerait qu'ils ont réussi. Elle, à redresser l'image d'OCQ pour offrir un confort de vie à sa famille, lui, à sortir de la misère pour réaliser son rêve d'être un grand joueur de quidditch. Y'a un truc qu'ils ont sacrifié, que la rouquine tarde à voir arriver, même lorsqu'Elliot parle de retenter. Son cœur sursaute pourtant au moment où il hésite, parce qu'elle comprend à la dernière seconde seulement, qu'il va l'embrasser, là, contre l'Océan Atlantique, maintenant. E-il interrompt son souffle en posant ses lèvres sur les siennes, comme si c'était la première fois qu'ils faisaient ça. C'est loin d'être la première fois, sauf que ça y ressemble drôlement. Elle ferme les yeux, transportée dans un monde dont elle rêve sans jamais oser y croire.

 

Un monde où Elliot Blackburn l'embrasserait, là, sur une plage française, fébrile. 

 

Et puisqu'elle le retient par la veste, il s'arrête pas, et elle sent ses bagues glisser le long de sa mâchoire pour dégager des mèches rousses intrusives, et son esprit chavire le temps de quelques roulements longs et lents des vagues, juste à côté. Que c'est bon. Sauf qu'elle devait lui dire un truc d'abord. Elliot, attends, murmure-t-elle finalement au bout d'une poignée de secondes, les sourcils contrits. 

 

Ils sont un peu essoufflés l'un et l'autre, un peu coupés dans leur élan. 

 

L'Écossaise reste près du Gallois, son front collé au menton de ce dernier pendant qu'elle réunit les mots nécessaires, le plus rapidement possible. J'ai parlé à Jun, commence-t-elle, la voix superposée au tumulte de l'océan. Elle y perd ses prunelles encore embuées de fièvre en cramponnant la veste d'Elliot, terrifié à l'idée de tout gâcher. 

 

— J'lui ai dit qu'j'avais besoin de couper, que j'dois d'abord savoir où j'vais. Elle racle sa gorge en sentant le brun se dérober légèrement. Évidement, il veut pas entendre Freya mentionner Jun maintenant, pas après s'être jeté à l'eau comme ça. Il a dit, ok, qu'il attendrait de savoir si.. fin, si j'reviens vers lui quoi. Est-ce qu'elle aurait préféré qu'il décide de ne pas l'attendre ? Pas sûr. Ses doigts laissent reculer le batteur, visiblement déçu par la tournure des évènements. Attends. Laisse-moi terminer, Elliot, implore la rouquine en le fixant tristement. Bien sûr, avoir Jun entre parenthèses quelque-part là-bas représente un confort inespéré pour celle qui craint tant les départs et les abandons. J'sais qu'c'est pas cool, avoue-t-elle en enfonçant ses mains dans ses poches. J'sais qu'j'aurais dû parler d'toi, mais- mais quoi ? Mais elle avait peur de les perdre tous les deux. Au moins j'te l'dis. Pis, moi aussi, j'ai envie d'retenter, et j'veux pas démarrer sur un mensonge, j'peux pas, lâche soudain Freya, la poitrine au bord de l'explosion. J'voulais pas t'faire croire que j'suis venue complètement seule, parce que j'suis pas vraiment seule, y'a Jun qu'attend, c'est vrai, il attend à cause de moi, car j'ai pas eu le courage de lui dire qu'ça servait à rien d'attendre. Elle continue et ses joues s'empourprent d'émotion, et les larmes montent à ses yeux fuyants. 


Le match caritatif

Message publié le 08/12/2025 à 14:44

— M'parle pas d'gueule de bois, j'ai des mauvais souvenirs là, rigole l'aînée Carter, entraînée par le Gallois vers l'ouest de la presqu'île. Leurs semelles passent du béton aux rochers, puis à l'estran, sans jamais qu'Elliot ne lâche les épaules de Freya, et sans jamais que Freya ne quitte le creux du bras d'Elliot. Sur le mélange de sable mouillé, d'algues, et de cailloux, les promeneurs sont moins nombreux, le vent plus fort, les pensées balayées par le bruit lancinant des vagues à quelques mètres seulement.

 

Sous sa capuche, la rouquine aux mèches indisciplinée essaye de réfléchir aux paroles du batteur. Elle fixe leurs pieds avançant au même rythme, côte-à-côte, comme ça n'était pas arrivé depuis longtemps. Bah, j'pense aussi qu'j'aurai intégré une équipe de quidditch. P't'être pas aussi vite que toi, p't'être que j'aurais refusé au début parce que j'ai toujours eu peur qu'on dise que j'suis pistonnée, mais en vrai, ouais, j'crois que j'aurais eu un p'tit temps un poste d'attrapeuse quelque-part, confie la sorcière en cherchant brièvement le regard du brun, une moitié de son visage avalée derrière ses cheveux en bordel. J'serais allée dans une équipe bien écossaise, genre les Vagabonds, on se s'serait retrouvés en face à face en match t'imagines, vous auriez pris cher hein, sourit-elle, prête à encaisser la riposte d'Elliot. Il riposte en baissant sa capuche devant ses yeux pendant qu'il raconte une connerie qu'elle entend à peine, en train de se débattre au milieu du tissu et de sa tignasse envahissante. Bordel tu m'fais bouffer mes cheveux ! Elle tourne vivement la tête contre son épaule et retire son poignet qu'elle garde entre ses doigts avant d'envoyer un rire vers le ciel. Une mouette semble lui répondre. Elle se marre encore. Ses phalanges ne lâchent plus le poignet d'Elliot, mêlées aux maillons épais de sa gourmette en métal et autres bracelets. Elle-même ne porte pas trop de bijoux, contrairement à lui. 

 

— Ou les Orgueil de Portree, ils sont sur l'île de Skye, c'est canon là-bas, poursuit Freya, son index qui joue doucement avec un médaillon accroché à l'un des bracelets du Gryffondor tandis qu'ils continuent de marcher le long du bord de mer. Fin bon, t'sais, j'réfléchis pas à c'que j'aurais pu faire si j'avais pas dû m'occuper du mag et d'mes sœurs, c'est un peu déprimant sinon. Ça a quand même gâché pas mal de trucs au fond, finit-elle par admettre, sa remise en question des dernières semaines ayant porté ses fruits. Elle regarde devant eux, le littoral irrégulier, mais elle pense à ce qu'elle a sur le cœur depuis quelques jours, et se lance, sans oser affronter tout de suite la réaction du batteur. Toi aussi, j't'ai un peu abandonné en vrai. Fin t'étais occupé avec le sport, et t'arrivais à trouver du temps pour me voir, et moi, j'crois que j'avais mis des distances dans ma tête, parce que j'devais gérer le reste, et j'étais plus sur le même plan que toi, que personne en fait, et quand j'ai essayé d'revenir, bah c'était sûrement trop tard, j'sais pas. Y'a eu c'truc avec Victoire, ça m'a terminé même si c'était un gros quiproquo de merde. Et voilà. Et avant j'pensais qu'c'était juste d'ta faute, qu't'étais pas compréhensif, mais là j'ai pris du recul, et j'ai réalisé que j't'ai pas facilité la tâche, pas du tout même. Sa gorge se serre pendant qu'elle parle, et elle inspire longuement après ça, déjà un peu soulagée d'avoir pu ouvrir la discussion sans trop flancher. 


Le match caritatif

Message publié le 01/12/2025 à 17:01

N'importe quel prétexte pour chahuter avec Elliot est valable aujourd'hui. Les prunelles automnales de la jeune femme suivent les yeux du batteur proche, très proche, trop proche, jusqu'à ce que leurs regards s'accrochent, les pupilles écarquillées. Elle a deux plaques rouges sur les joues, elle le sait, elle sent son visage brûler sous la capuche qu'il vient de desserrer juste avant de s'éloigner. Elle l'imite et se remet droite, face à l'horizon. J'l'ai pris ouais, quand j'étais petite, pour aller en Amérique et au Canada avec mes parents. Mais j'm'en rappelle à peine, ça date, confie Freya en faisant glisser à son tour ses mains au fond des poches de son pantalon, évoquant une époque lointaine, maintenant irréelle. C'était y'a vingt ans putain, calcule-t-elle soudain, un rire étourdi au coin des lèvres en jetant un œil nostalgique au Gallois. Est-ce qu'il sent que le temps lui échappe, lui aussi ? En décembre Alison s'ra majeure. La phrase tombe, lourde de sens pour la rouquine séparée de sa cadette par huit longues années. Et fatalement, Charlie suivra, dans seulement deux ans et demi

 

— L'avantage, c'est qu'l'une ou l'autre, elles pourront faire c'qu'elles veulent d'leur vie, on aura même l'argent d'leur payer des études après les ASPIC grâce au 500, ajoute l'aînée Carter en fixant un chien de berger qui joue à chasser les vagues au loin. Le sentiment du travail accompli, et la sensation de vide qu'il laisse derrière lui font prendre une longue inspiration à Freya. C'est bizarre d'me dire qu'elles auront bientôt plus b'soin d'moi. J'ressemble à une vieille daronne en dépression nan ? Quand les gosses quittent la maison t'sais. Elle se marre à moitié, cherchant la réaction d'Elliot pour savoir ce qu'il pense de tout ça. Est-ce qu'il la trouve chiante, avec ses sujets de conversation trop prosaïques ? Comme secouée par des mains invisibles, elle se redresse vivement. Bon, on bouge ?!

 

Elle inspire l'air marin et balaye la côte d'un regard curieux. Tu veux aller vers où ? Ses yeux longent la courbe du soleil fragile de cette troisième semaine de septembre. Dans moins de deux heures, il sera passé de l'autre côté du globe. Freya pointe l'ouest de la presqu’île de Quiberon. Le coucher de soleil sur l'horizon, c'est là-bas, dit-elle, sans vraiment savoir ce qu'elle veut faire, tant qu'elle peut profiter d'être en compagnie du Gryffondor. 


Le match caritatif

Message publié le 29/11/2025 à 08:41

Une étincelle s'est rallumée au fond de l'esprit de Freya depuis que son père est rentré, rapportant avec lui la fin d'une quête longue de dix ans. Alors oui, sa mère est morte - le couple qui a pris soin de Marley en a certifié - mais morte, ça permet au moins de mettre des mots, et d'abattre une parenthèse dans laquelle l'aînée Carter était enfermée. Elle termine son deuil en recollant un à un les morceaux de son caractère oubliés depuis sa quatrième année d'école. Petit à petit, elle redécouvre un personnage drôle, un peu clownesque, enterré derrière trop de responsabilités, et le poids de la dépression d'Owen. 

L'effet Elliot Blackburn, ajouterait Freya, toujours plus maladroite, plus imprévisible, et plus joyeuse, en compagnie du joueur de quidditch. Peut-être que leurs routes n'ont pas attendues dix ans pour rien avant d'à nouveau s'entremêler. 

 

— T'en fous partout ! s'écrie-t-elle en riant tandis qu'il manque de croquer le triangle en carton avec la crêpe. Elle lèche son poignet, ridicule mais bien vivante, et enflammée par l'envie de simplement profiter du moment. Et quand le brun lève son pouce, elle sourit. Il lui rappelle un poster vieux d'il y a 4 ou 5 ans. Sauf que sur le poster, c'est le doigt d'honneur qu'il brandit. L'Écossaise accepte de goûter à la crêpe au chocolat d'Elliot, à peine plus élégante que ce qu'il vient de faire alors qu'elle évite le carton au prix d'un filet de pâte à tartiner au milieu du menton. Quoi, ch'ma nouvelle barbichette française, ch'suis chic comme ch'a, nan ? plaisante-t-elle, une dent couverte de chocolat. Évidemment, un sortilège de nettoyage est impossible avec autant de moldus autour d'eux. La sorcière doit se résoudre à utiliser ses doigts, sa langue, et sa serviette, empêtrée dans la procédure. Ch'est bon hein, mais ch'est hyper chiant à manger ! 

 

Quelques minutes après, alors qu'ils viennent de terminer leur goûter improvisé sur la promenade du bord de mer, Freya aperçoit un groupe composés des journalistes britanniques présents au stade. Oh nan, râle-t-elle soudain en faisant volte-face en direction du paysage. D'un geste rapide, elle enfile la capuche de son manteau et tire les cordons au maximum pour faire disparaître presque entièrement son visage. Chuuuut ! Car bien sûr, qu'il se marre. Tourne-toi, ils vont nous voir ! rouspète la rouquine en tapant vaguement la cuisse d'Elliot d'un poing bon enfant. 

 

Par le minuscule trou qu'il reste autour de ses yeux noisette, elle fixe l'océan Atlantique. Elle s'entend respirer et ricaner, des mèches coincées en vrac contre ses joues et son cou. Au loin, une dizaine de voiles jouent entre les vagues. T'as déjà pris le bateau ? demande-t-elle au brun avant de lui jeter un coup d'œil à travers sa capuche absurdement serrée. 

 

Derrière eux, les journalistes s'éloignent. 

Liste des messages de Freya Carter